SWUTT se bat contre la mise à pied de 494 travailleurs à Trinité-et-Tobago

La manifestation avait pour but de faire pression sur l’entreprise pour obtenir la réintégration des 494 membres du personnel mis à pied du 3 février au 13 mars.

“Notre protestation, qui a été un succès, réunissait les salariés de trois entreprises touchées par AMPL Managing (ArcelorMittal, Centrin et Tube City). Nous nous élevons contre cette entreprise multinationale. Elle doit nous expliquer ce qu’elle prévoit de faire pour nos membres, qui sont autant ses salariés et des citoyens et citoyennes de Trinité-et-Tobago,” a dit Christopher Henry, président du syndicat.

L’entreprise a adopté une politique de mises à pied depuis la fin de 2015 en réponse à la crise internationale qui a frappé l’industrie sidérurgique. Quelques jours avant Noël, 480 travailleurs et travailleuses ont été informés qu’ils seraient mis à pied jusqu’à nouvel ordre.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL, a écrit à Robert Bellisle, directeur général de ArcelorMittal Point Lisas Limited, en exprimant sa vive inquiétude au sujet des mises à pied et de la façon dont l’entreprise agit. Il a demandé à l’entreprise de négocier avec les travailleurs et travailleuses pour trouver un moyen de les remettre au travail.

Grâce à la solidarité nationale et internationale, et à la pression exercée par les salariés de l’entreprise, les personnes mises à pied ont pu reprendre le travail. Toutefois, quelques semaines plus tard, l’entreprise a mis à pied 494 personnes jusqu’à mi-mars.

Bellisle a écrit à Raina pour l’assurer que l’entreprise croit au dialogue social et est déterminée à conserver de bonnes relations avec les syndicats et les représentants des salariés. IndustriALL a réitéré la nécessité de faire reprendre le travail aux personnes mises à pied, et a demandé à l’entreprise de rencontrer des représentants de SWUTT et de IndstriALL pout tenter de trouver une solution qui permettrait d’assurer la continuation de la production et de l’emploi. 

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL a déclaré :

Nous ne pouvons pas permettre à ArcelorMittal d’utiliser l’excuse d’une crise dans la sidérurgie mondiale causée par un dumping de la Chine, de la Turquie et d’autres pays, pour fermer son usine à Trinité-et-Tobago. Nous exigeons une action pratique de l’entreprise et du gouvernement pour maintenir la production à Point Lisas, parce que cela est d’une importance vitale pour le développement national et régional.

"Hidup Buruh !" proclament les syndicats du ciment indonésiens en lutte pour les droits des travailleurs

Ces représentants syndicaux de notre affilié FSP ISI étaient réunis pour un atelier de deux jours, les 10 et 11 février à Bogor, en Indonésie, avec un programme chargé pour la défense des intérêts des travailleurs de LafargeHolcim et d'Indocement (filiale indonésienne de HeidelbergCement) en Indonésie.

Indocement et LafargeHolcim représentent à eux seuls près de 50 pour cent du marché du ciment en Indonésie. À cette réunion, les dirigeants syndicaux de la plupart des usines des deux groupes cimentiers du pays ont discuté de la situation actuelle et future de leur marché.

En 2015, devant les nombreuses inquiétudes ressenties par les travailleurs et leurs syndicats avant et après la fusion des deux plus grands producteurs mondiaux de ciment, Lafarge et Holcim, et les carences du dialogue avec la direction, les syndicats mondiaux IndustriALL et IBB ainsi que la Fédération européenne FETBB ont lancé la campagne "LafargeHolcim, respectez les droits des travailleurs !" Pendant la réunion, les participants ont également discuté des projets d'activités et actions futures des syndicats indonésiens dans le cadre de la campagne mondiale.

Les militants du syndicat d'Indocement se sont aussi penché sur les conséquences du rachat annoncé fin juillet 2015 par HeidelbergCement du groupe Italcementi. Les travailleurs réclament un dialogue social digne de ce nom dans l'entreprise, non seulement au niveau local mais aussi à l'échelon mondial.

Le P-DG d'Indocement, qui est aussi le directeur de la cimenterie Bogor-Holcim, a rencontré les participants; ils ont échangé leurs points de vue sur la situation du marché indonésien du ciment et sur les politiques d'entreprise et les politiques sociales des deux firmes. Un représentant du gouvernement indonésien assistait aussi à l'atelier et a répondu aux questions des participants sur des points particuliers de la législation du travail indonésienne, en particulier sur l'éventualité de licenciements. Pour finir, les participants se sont entretenus par téléconférence avec le Directeur des Relations de travail et des Affaires sociales de LafargeHolcim, Feliciano Gonzalez, et ont exprimé leurs préoccupations et leurs revendications.

À la fin de l'atelier, les dirigeants syndicaux ont adopté à l'unanimité un plan de travail ambitieux pour les années à venir qui prévoit notamment une unification des syndicats du ciment, l'obtention d'une convention collective qui englobe les travailleurs contractuels et une intensification des efforts d'organisation et de recrutement.

Pour Matthias Hartwich, Directeur à IndustriALL, "Cet atelier a été une source d'inspiration et d'énergie, non seulement pour les dirigeants syndicaux présents, mais aussi pour l'amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs du ciment en Indonésie : Hidup Buruh ! c’est-à-dire Vive le mouvement des travailleurs ! Je suis certain que nos camarades indonésiens mèneront à bien leur plan d'action. IndustriALL les y aidera chaque fois que ce sera possible et nécessaire." 

Soutien mondial à la campagne #heartunions des syndicats britanniques

La semaine d'action #heartunions commémore toutes les réalisations des syndicats sur les lieux de travail et dans la société au Royaume-Uni. Des adhérents de nos affiliés Unite, GMB et Community ont témoigné dans les médias sociaux du fait que devenir membre d'un syndicat a changé leurs vies.

La campagne a suscité une vague d'attention dans les médias sociaux, avec notamment jusqu'à 20.000 "tweets" par jour.

Mais elle a aussi suscité une levée de boucliers contre la proposition de Loi sur les syndicats, dont débat actuellement le Parlement britannique. Pour le TUC, il s'agit de "l'attaque la plus grave contre les syndicats qu'ait connu une génération et une menace pour le droit fondamental qu'est le droit de grève."

Le projet de Loi sur les syndicats vise à relever les minima pour les scrutins de grève, à permettre l'embauche d'intérimaires pour remplacer les grévistes, à réduire le temps dont disposent les délégués pour la représentation des travailleurs, à forcer les syndicats à mieux partager leurs informations avec les autorités et la police, et à supprimer le soutien financier qu'ils apportent au Parti travailliste, dont ils furent les fondateurs en 1900.

Le 11 février, la Secrétaire générale du TUC, Frances O'Grady, a déposé une pétition de 200.000 signatures appelant le gouvernement à revoir sa proposition de loi.

"Ce projet de Loi sur les syndicats n'a pas sa place dans une démocratie moderne. Ce n'est qu'en nous rassemblant et en faisant front que nous pourrons défendre notre droit vital de faire grève", a déclaré Frances O'Grady.

Le Conseil des Global Unions (CGU), composé des dirigeants de la CSI, du TUAC et de neuf syndicats mondiaux sectoriels, ont exprimé, à leur réunion des 11 et 12 février à Londres, leur total soutien à la campagne des syndicats britanniques contre ces attaques contre les droits fondamentaux au travail.

"Les syndicats sont un élément crucial de nos sociétés et on ne peut laisser des gouvernements antisyndicaux priver les travailleurs de leurs droits démocratiques", a déclaré le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, qui préside aussi le CGU.

"Nous soutenons les travailleurs britanniques et nos affiliés dans leur combat pour le droit de grève, qui est essentiel pour garantir des conventions collectives offrant des salaires minimums décents et de bonnes conditions de travail."

Pour plus d'informations sur cette campagne : http://heartunions.org 

Colombie : des travailleurs de Havells Sylvania empoisonnés au mercure

Cette manifestation de deux heures devant les bureaux de l’entreprise à Barrio Olarte, Bogota, s’est tenue le 5 février. Elle a vu la participation de 18 syndicats, dont l’affilié d’IndustriALL Global Union, SINTRAVIDRICOL, qui représente les travailleurs et travailleuses de Havells Sylvania.

Les travailleurs déclarent souffrir des effets d’une contamination par des niveaux élevés de mercure et de dommages irréversibles à leur santé après avoir été exposé à des vapeurs toxiques de mercure pendant de longues périodes au cours des 15 dernières années. L’entreprise utilise du mercure pour la fabrication de tubes fluorescents.

“Je souffre de maux de tête, de dépression, de sautes d’humeur, de douleurs musculaires, de mouvements non contrôlés du bras droit et de fatigue chronique. Un an et trois mois après avoir arrêté le travail, ces symptômes n’ont toujours pas disparus ou diminués. Au contraire, je souffre de davantage d’effets secondaires,” a expliqué Alvaro Cubillos, un salarié de l’entreprise qui a maintenant une très mauvaise santé, ce qu’il met sur le compte de son travail avec du mercure.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé le mercure est l’un des dix principaux produits chimiques à pauser des problèmes de santé publique. Il est susceptible d’avoir des effets toxiques sur les systèmes nerveux, digestif et immunitaires, ainsi que sur les poumons, les reins, la peau et les yeux ou encore sur le développement du fœtus dans l’utérus. Une étude récente de l’Université centrale de Colombie a conclu qu’à Bogota, l’air et l’eau contenaient également des résidus de mercure.

Les travailleurs ont décidé d’organiser cette marche après n’avoir reçu que des réponses inadéquates à leur détresse de la part du gouvernement.

Le Coordinateur de projets d’IndustriALL en Colombie, Carlos Bustos, a indiqué :

Fatigués de voir leurs droits ignorés, ils ont décidé de tenir cette marche de protestation pour dénoncer le préjudice qu’ils ont subi. Ils ont demandé à IndustriALL de les rejoindre et de soutenir leur cause. IndustriALL va participer activement aux actions entreprises par les travailleurs et travailleuses et invite tous les syndicats à leur manifester leur solidarité.

IndustriALL demande au Pakistan de mettre fin à la répression brutale

Cela fait suite à la mort de deux employés de la compagnie d’aviation Pakistan International Airlines (PIA), Enayat Raza et Saleem Akbar, qui ont été tués le 2 février lors d’affrontements avec du personnel de sécurité. Ils avaient pris part à un rassemblement pacifique de travailleurs et travailleuses à Karachi, pour s'opposer à la décision du gouvernement de privatiser PIA. Beaucoup de gens, notamment des travailleuses et des journalistes, ont été blessés dans la répression violente décidée par les autorités.

Le même jour, quatre membres du syndicat de PIA ont disparu pour être ensuite remis en liberté par des hommes non identifiés six jours plus tard

Dans sa lettre au Premier ministre Muhammad Navaz Sharif, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, écrit:  

Nous condamnons fermement la répression violente des protestations pacifiques des travailleurs et travailleuses. Il faut mettre fin immédiatement à la criminalisation de leurs actions. En démocratie, le dialogue a cours et non la répression pour apporter des solutions durables aux problèmes urgents auxquels la population pakistanaise fait face.

IndustriALL a exprimé ses condoléances aux familles et aux collègues des personnes qui ont perdu la vie, et demande au gouvernement pakistanais de “mettre fin à la répression des travailleurs et travailleuses, et d’engager une consultation nationale avec les organisations ouvrières pour parvenir à des solutions amiables sur les questions soulevées par les salariés.”

IndustriALL a également demandé au gouvernement de retirer la loi sur les services essentiels concernant PIA, qui empêche dans la pratique tous les salariés de PIA à mener des activités syndicales au cours des six prochains mois.

En remerciant IndustriALL pour les messages de solidarité, Suhail Baluch du Comité conjoint d’action (Joint Action Committee – JAC), l’organe des salariés de PIA, fer de lance du combat contre la privatisation, a déclaré :

Les travailleurs et travailleuses pakistanais s’opposent au bradage des actifs nationaux. La privatisation, sous quelque forme que ce soit, qu’il s’agisse d’un partenaire stratégique ou de la vente de participations minoritaires, n’est pas acceptable pour les salariés. Le gouvernement devrait reporter d’une année la campagne de privatisation et donner aux salariés de PIA une véritable chance pour le redressement de la compagnie aérienne.

Le projet de privatisation de 69 entreprises du secteur public fait partie des conditions de prêt imposées par le Fonds monétaire international (FMI). PIA est l’une des 39 entités du secteur public touchées par la première mise en œuvre du programme de privatisation. En s’interrogeant sur le rôle du FMI, Raina écrit: “Le FMI est l’une de ces institutions qui n’ont pas réussi à prévoir la crise économique mondiale en 2008, et qui, avec une approche politique ‘unique applicable à tous’ continue à faire des ravages dans les économies de pays en développement.”

Imran Ali, secrétaire général du Conseil IndustriALL du Pakistan a déclaré: “Il faut s’opposer à la privatisation des entreprises du secteur public qui conduira à des pertes d’emploi et à une augmentation de l’emploi précaire”.

Après huit jours de grève et de manifestations dans tout le pays, le JAC a mis fin au mouvement de grève, le 9 février, en demandant à ses membres de reprendre le travail. Le JAC est actuellement engagé dans des négociations avec le gouvernement. Les revendications du JAC portent notamment sur une commission judiciaire chargée d’enquêter sur la mort de travailleurs, le retrait immédiat du projet de loi gouvernemental de privatisation de PIA, et de donner aux salariés de PIA la possibilité de réformer la compagnie aérienne. 

Les syndicats de Glencore se renforcent au Cap

Alors que les prix des matières premières continuent à chuter partout dans le monde, la crise minière s’intensifie.

Le Réseau mondial Glencore d’IndustriALL s’est réuni au Cap les 9 et 10 février. Des participants venus du Chili, d’Argentine, de Zambie, de Namibie, d’Afrique du Sud, du Canada, des États-Unis et d’Australie ont partagé leurs expériences glanées sur les sites d’activité de Glencore partout dans le monde et ont conçu un plan d’action syndicale.

“Ce sont nos emplois, notre gagne-pain,” a dit Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour les mines. “Des normes internationales existent pour s’assurer que les multinationales coopèrent avec les syndicats en temps de crise pour en minimiser l’impact sur les travailleurs et travailleuses. Malheureusement, Glencore fait semblant de ne pas voir ces normes.”

“L’entreprise a un long passif d’agressions envers les syndicats et la négociation collective est la première victime dès que le secteur souffre.”

Il y a seize mois d’ici, Glencore a mis en lock-out des membres de l’affilié nord-américain d’IndustriALL, les Métallos USW, après que le syndicat a rejeté la première offre de l’entreprise à la table des négociations. Depuis lors, Glencore, qui prétend être à la pointe de la santé et sécurité de son secteur, fait tourner la dangereuse usine de traitement texane Sherwin Alumina avec des jaunes qui ne sont pas formés. À présent, la multinationale tente de gruger les travailleurs ainsi que d’autres créanciers à hauteur de dizaines de millions de dollars en transférant la propriété d’une filiale de Glencore à l’autre en vertu du Chapitre 11 du Code américain des faillites.

Le réseau a exprimé sa solidarité avec l’USW et appelé Glencore à assurer une résolution du conflit.

De plus, le réseau a exprimé sa solidarité avec le SUTRACOMASA, un syndicat d’Antamina au Pérou qui fait partie de l’affilié d’IndustriALL FNTMMSP, dont les dirigeants ont été confrontés à des menaces de mort au moment d’entreprendre des négociations collectives.

De nombreux participants ont fait état de salariés permanents ayant été remplacés par des travailleurs en sous-traitance avec des salaires et conditions moindres. Un nombre croissant de travailleurs précaires conduit par ailleurs à une moindre densité syndicale : dans de nombreux pays, il est impossible de rejoindre un syndicat en ne disposant que d’un contrat de travail précaire.

Le réseau a aussi été informé d’évolutions positives, comme lorsqu’en Argentine, l’affilié d’IndustriALL AOMA a négocié pour les travailleurs en sous-traitance des conditions identiques à celles des salariés permanents.

Comme Andrew Vickers, président de la section des mines d’IndustriALL et Secrétaire général de l’affilié d’IndustriALL CFMEU, l’a fait remarquer, le mouvement syndical international ne fuit jamais le combat.

“Les campagnes mondiales des réseaux sont une manière de remporter une lutte. Et c’est aussi une occasion pour les syndicats de recruter et de monter en puissance.”

Le Réseau mondial Glencore a adopté une résolution de solidarité en relation avec les trois mineurs bloqués sous terre à la mine Lily en Afrique du Sud, souhaitant leur retour sains et saufs à la surface et appelant à mettre un terme à la mauvaise gestion et la négligence flagrante de la sécurité des travailleurs au sein de l’industrie minière.

Glencore est l’une des entreprises du secteur des mines et des matières premières les plus importantes et diversifiées au monde.

Espagne: Des milliers à Madrid manifestent contre le procès des syndicalistes

Les huit travailleurs, qui appartiennent aux affiliés de IndustriALL Global Union, CC.OO de Industria et MCA-UGT, sont accusés d’avoir rejoint un piquet de grève à l’entrée d’Airbus à Getafe, dans la banlieue de Madrid, dans le cadre d’une grève générale le 29 septembre 2010.

Alors que le procès commençait aujourd’hui, IndustriALL a rejoint les syndicats espagnols, avec IndustriALL Europe et des membres des syndicats d’Airbus unions en Belgique et en France, dans une marche animée jusqu’aux tribunaux de Getafe pour soutenir ‘Airbus 8’.

Il s’agit du début d’une série de manifestations prévues pour les quatre jours du procès qui doit se terminer vendredi.

La sévérité de la sanction demandée par le procureur,  qui est de huit ans et trois mois de prison pour chaque travailleur, est jugée tout autant comme une attaque des autorités espagnoles sur les syndicats et le droit de grève.

Les huit syndicalistes, Tomás García, Enrique Gil, Rodolfo Malo, José Alcazar, Raúl Fernández, Armando Barco, Jerónimo Martín et Edgar Martín, sont tous inculpés selon l’article 315.3 du code pénal espagnol, qui prévoit une peine de prison pour participation à un piquet syndical de grève.

Plus de 300 syndicalistes font face actuellement à des peines de prison en Espagne en vertu de la même loi, qui n’avait servi jusque-là que du temps de la dictature du général Franco.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré:

“Il est incroyable que l’Espagne puisse avoir recours à une législation obsolète et oppressive pour emprisonner des travailleurs qui ne font qu’exercer leur droit de grève fondamental. Les tentatives des autorités espagnoles pour réduire au silence les syndicats et intimider les travailleurs et travailleuses sont un triste retour en arrière pour la démocratie.”  

Les huit accusés ont été rejoints par plusieurs centaines de travailleurs et travailleuses devant Airbus qui protestaient contre les mesures anti-austérité et les changements apportés au code du travail dans le cadre de la grève générale en Espagne. La protestation pacifique a pris fin dans la panique quand les forces de police anti-émeute ont tiré des coups de feu en l’air provoquant la fuite des gens pour se mettre à l’abri et que plusieurs personnes ont été blessées dans la cohue. Les huit hommes nient fermement les accusations portées contre eux ‘d’action violente’ et ‘d’attaque au droit de travailler’.

La marche organisée aujourd’hui était conduite par le secrétaire général de la confédération espagnole CCOO, Ignacio Fernández Toxo, et par le secrétaire général de la confédération UGT, Cándido Mendez. La manifestation a coïncidé avec une puissante campagne des médias sociaux sur le thème “Faire grève n’est pas un crime” (#LaHuelgaNoEsDelita) et “Ils ne sont pas 8, nous sommes des milliers” (No son 8, somos miles).

Les travailleurs d’une verrerie en grève en Géorgie

Depuis septembre 2015, notre affilié, le Syndicat des travailleurs de la métallurgie, la mine et l'industrie chimique de Géorgie (TUMMCIWG), essaye de convaincre la direction d'entamer la négociation d'une convention collective et d'une hausse des salaires. Mais ces mois d'efforts sont restés sans effet.

Prêt à lancer la grève, le syndicat a d'abord entamé une procédure de conciliation, comme l'y oblige la législation géorgienne. Deux réunions ont eu lieu entre le syndicat et la direction, en présence d'un médiateur désigné par l'État.

Le 30 novembre, la direction avait promis de donner réponse, pour le 15 janvier 2016, aux revendications des travailleurs et du syndicat, à savoir :

La réunion suivante était fixée au 15 janvier, mais la direction l'a reportée au 28 janvier. Lorsque le Directeur général a balayé de la main les questions en suspens qui avaient fait l'objet d'un accord en novembre, le syndicat a ordonné une grève "au finish".

L'usine de verre d'emballage de Ksani (JSC MINA) est la propriété du groupe turc Şişecam présent dans 13 pays, qui emploie 20.000 personnes et exporte vers 150 pays.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, déclare :

"Nous appuyons les revendications de notre affilié géorgien et exhortons l'entreprise à entamer au plus tôt avec ce syndicat un dialogue social qui porte ses fruits et à signer une convention collective afin de pérenniser l'activité de la verrerie."

Le blocage perdure à l'unique raffinerie de pétrole du Maroc

IndustriALL Global Union a écrit à la direction de la raffinerie SAMIR pour réclamer la reprise de la production et a demandé l'intervention du gouvernement marocain pour trouver une solution.

Peu après la fermeture, l'administration fiscale marocaine a saisi les avoirs de SAMIR pour garantir le paiement de 1,3 milliard $ d'arriérés d'impôts et de cotisations sociales.

En octobre, il s'est avéré impossible de rassembler le milliard de dollars nécessaire à un programme de sauvetage qu'avait voté l'assemblée générale.

La raffinerie SAMIR, située près de Casablanca, produisait 200.000 barils par jour. Elle est contrôlée par le saoudien Corral Petroleum Holdings, qui détient 67 pour cent de son capital.

Jusqu'à présent, les travailleurs ont reçu leurs salaires, mais il est impossible de dire combien de temps cela va encore durer. Entretemps, 5.000 personnes dont les emplois dépendent de la raffinerie pâtissent du fait que le Maroc importe maintenant la totalité de son pétrole.

Notre affilié local, le Syndicat national des Industries du Pétrole & Gaz naturel (SNIPGN-CDT), est le principal syndicat de la raffinerie. Son Secrétaire général, Hussein Elyamani, déclare :

"Nous sommes inquiets pour l'avenir des travailleurs de SAMIR et appelons les autorités marocaines à entamer sérieusement des négociations avec le propriétaire de la raffinerie afin de régler le différend dans l'intérêt de toutes les parties, en particulier des travailleurs."

En 2015, le P-DG de Corral, le Cheikh Mohamed Houssein El Amoudi, était classé par le magazine Forbes deuxième homme le plus riche d'Arabie, avec une fortune personnelle de 10,8 milliards $.

Les travailleurs en sous-traitance de LafargeHolcim obtiennent un accord équitable en Inde

L’affilié d’IndustriALL Global Union, PCSS, qui représente la majorité des travailleurs en sous-traitance de la cimenterie propriété de LafargeHolcim, ACC Jamul, a passé un accord avec la direction sur le redéploiement et la réinsertion des travailleurs à l’issue d’un conflit de longue haleine.

Maintenant, plus de la moitié des travailleurs vont garder leur emploi. Selon l’accord du 22 janvier, 259 travailleurs en sous-traitance travailleront à la nouvelle usine de Jamul et 277 à l’ancienne. Les deux usines sont situées à proximité l’une de l’autre dans l’état de Chhattisgarh, en Inde.

L’accord prévoit également le réajustement progressif des salaires des travailleurs en sous-traitance pour que ceux-ci atteignent le niveau de l’accord national de l’industrie cimentière.

Les 458 travailleurs restants qui perdent leur emploi vont bénéficier d’une prime de départ et d’un soutien pour leur réinsertion.

Le PCSS, assisté d’IndustriALL, a négocié en permanence avec la direction locale depuis le début de 2015. Les pourparlers sont en partie le résultat d’une plainte déposée en Suisse auprès de l’OCDE à l’encontre de Holcim en 2012 par le PCSS et l’ICEM, une des organisations à l’origine d’IndustriALL.

Cette plainte, qui concernait également une autre usine indienne de l’entreprise, Ambuja Cement Ltd, se concentrait sur trois violations principales des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales de la part de Holcim :

Les travailleurs en sous-traitance sont protégés par la législation indienne ainsi que par une convention sectorielle qui interdit qu’ils soient affectés à des tâches de production essentielles et impose une rémunération égale à celle des travailleurs permanents.

La multinationale suisse Holcim a fusionné avec le géant cimentier français Lafarge en juillet 2015 pour former le plus important producteur de ciment au monde.

Matthias Hartwich, Directeur de Section d’IndustriALL indique

“IndustriALL transmet de cordiales félicitations au PCSS. La lutte a été longue, mais nous sommes heureux de cet accord pour nos collègues en Inde. J’espère qu’il s’agit d’un bon signe pour l’avenir du dialogue social au sein du nouveau groupe LafargeHolcim. Nous sommes particulièrement heureux, car cet accord fait justice à des travailleurs précaires vulnérables. IndustriALL va continuer à collaborer avec le PCSS et à le soutenir, ainsi que tous les autres syndicats cimentiers, dans leurs efforts pour résoudre le conflit à l’usine Ambuja. Nous appelons instamment LafargeHolcim à minimiser le recours au travail précaire et à respecter les dispositions du Conseil salarial du ciment d’Inde en faveur de l’ensemble de ses travailleurs.”