Mobilisation cette année des femmes syndicalistes en Asie du Sud-Est

Lors d’une réunion tenue à Manille les 15 et 16 février, le Comité des femmes de IndustriALL aux Philippines, dirigé par une nouvelle équipe de responsables, s’est engagé à renforcer la position des travailleuses par la création de comités des femmes. La mise en application de la Convention de l’Organisation internationale du Travail sur la protection de la maternité (183) a été soulignée comme étant la principale question à soutenir.  Une résolution a également été prise pour l’allocation de 5 pour cent du budget aux femmes et aux programmes destinés aux femmes, et pour appuyer une résolution concernant un quota de 40 pour cent en faveur des femmes au Comité mondial des femmes lors du prochain congrès mondial de IndustriALL qui aura lieu en octobre.  La résolution sera présentée aux dirigeant(e)s des affiliés en vue de son  adoption. 

Quinze dirigeantes syndicales dans les industries du textile, du vêtement, de la confection et des mines (IWFM et MWFM) au Myanmar ont participé à la réunion annuelle de planification et d’évaluation à Yangon les 18 et 19 février. Les participantes ont dit qu’une attention particulière sera portée à la prise de conscience du concept d’égalité entre femmes et hommes et sur les réponses apportées aux questions et aux préoccupations des travailleuses lors les activités préliminaires. Elles prévoient également de constituer des comités des femmes dans les deux syndicats IWFM et MWFM dans le cadre de leur plan d’action. Les syndicats prévoient également de réaliser des documents d’information accessibles sur la législation de protection de la maternité et sur l’égalité entre femmes et hommes pour être distribués aux membres en vue de commémorer la Journée internationale de la femme le 8 mars.

Les trente dirigeantes syndicales et membres qui ont participé à la réunion de planification et d’évaluation au Cambodge ont élaboré un plan concret d’action pour identifier, syndiquer, renforcer les capacités, faire campagne et recommander une orientation, comme autant de priorités majeures pour l’année. La syndicalisation inclut la constitution de comités des femmes sur les lieux de travail avec des réunions régulières de femmes et l’organisation de sessions d’études sous forme de cercles d’études. Le renforcement des capacités vise à améliorer la confiance en soi des travailleuses par une formation destinée à renforcer les compétences pour assumer des fonctions de direction et en matière de communications. Les campagnes pour obtenir la ratification de la Convention de l’OIT sur la protection de la maternité et pour la régularisation des contrats à court terme des travailleuses seront prioritaires et destinées à leur intégration dans les conventions collectives. 

Les dix affiliés de IndustriALL au Cambodge ont également prévu d’organiser des mobilisations simultanées devant des lieux de travail pour donner le coup d’envoi aux actions prévues pour la Journée internationale de la femme.

Ailleurs en Asie du Sud-Est, les dirigeantes syndicales des affiliés de IndustriALL en Indonésie se réuniront le 7 mars 2016.

Grande victoire pour les travailleurs de Donglian Fashion au Bangladesh

Dans un protocole d’accord conclu entre Donglian Fashion (BD) Ltd et la SGSF le 10 février 2016, l’entreprise accepte de réintégrer les travailleurs avec l’ensemble de leurs rémunérations et autres prestations dues. Les douze travailleurs, au nombre desquels se trouvaient le président et le secrétaire général du syndicat, avaient été forcés à démissionner de l’entreprise en raison de leur implication dans des activités syndicales.

Après la formation par les salariés du Syndicat des travailleurs de Donglian Fashion (BD) Ltd. Sommilito en novembre 2014, ses adhérents et mandataires ont été dans certains cas soumis à des démissions forcées, à des attaques physiques et même à des menaces de mort. L’entreprise a également obtenu une décision d’une haute cour qui restreint les activités syndicales dans les emprises de la société.

Cependant, une mobilisation inébranlable visant à défendre les droits des travailleurs de la part de la SGSF et l’intervention de l’affilié d’IndustriALL Global Union UA Zensen ont amené l’entreprise à la table des négociations pour signer un protocole d’accord avec le syndicat. UA Zensen, soutenant en cela la SGSF, a demandé à la société mère japonaise d’intervenir pour exhorter Donglian Fashion au Bangladesh à respecter les conventions de l’OIT et les normes fondamentales du travail sur la liberté syndicale et le droit à la négociation collective (Conventions n° 87 et n° 98).

Dans ce protocole d’accord signé entre MM. Ren Weidong, Président de Donglian Fashion (BD) Ltd et Nazma Akhter, Président de la SGSF, la direction a également accepté de prendre des mesures immédiates pour que soit retirée la requête judiciaire n°12244 de 2015 de la haute cour qui restreint les activités syndicales au sein de l’usine. Conformément à l’accord conclu, les mandataires syndicaux ont repris le travail le 19 février.

UA ZENSEN a déclaré “Nous sommes heureux que cette affaire ait été résolue avec l’acceptation de pratiquement toutes les revendications de la part de l’entreprise et nous espérons que le syndicat de Donglian Fashion pourra établir de bonnes relations sociales pour les travailleurs et travailleuses concernés. UA ZENSEN va continuer à apporter son assistance à la mise en place de syndicats et de relations sociales au Bangladesh.”

Projet Bunder de Rio Tinto : des promesses non-tenues pour les travailleurs et les communautés riveraines

Selon Rio Tinto, une fois en activité, la mine Bunder placerait le Madhya Pradesh parmi les dix premières régions productrices de diamant dans le monde.

Pendant cette visite à Chattarpur, les villageois des communautés riveraines ont exprimé une forte opposition au développement du projet Bunder et leur mécontentement par rapport à Rio Tinto, en écho au résultat d’une consultation organisée par les autorités il y a un an. Selon les articles de presse parus sur le sujet, seul sept villageois ont soutenu le projet contre deux cent cinquante qui s’y sont opposés.

La communauté riveraine est préoccupée par la politique d’emploi de Rio Tinto, faisant écho en cela à ce qu’IndustriALL a rapporté dès le début de sa campagne Rio Tinto il y deux ans. L’entreprise emploie actuellement environ 400 personnes pour la phase de prospection de Bunder, la majorité d’entre elles étant recrutées par le biais d’un sous-traitant local.

Rio Tinto prétend sur son site internet qu’il accorde la priorité à l’emploi local et que 70% des travailleurs de Bunder proviennent des communautés riveraines. Cependant, au cours de la visite effectuée par IndustriALL et l’INMWF, les villageois et PEHAL, une ONG impliquée dans la défense des communautés riveraines, ont indiqué que seul un tiers des travailleurs provenaient réellement des villages environnants.

Rio Tinto déclare également que l’emploi local est organisé sur base de rotations de sorte à bénéficier à davantage de familles. En réalité, les villageois se plaignent de ne pas pouvoir travailler plus de quatorze journées par mois, avec un salaire minimum quotidien de 375 roupies (US$ 5,5) pour les travailleurs qualifiés et de 235 roupies (US$ 3,4) pour les non-qualifiés. Ces conditions ne permettent pas un niveau de vie décent. De plus, les travailleurs qui prospectent à Bunder peinent à la tâche douze heures par jour. On a par ailleurs rapporté que certains travailleurs ont été favorisés et ont reçu le statut de travailleur qualifié simplement pour avoir été favorables à l’ouverture de la mine.

Les villageois ont rapporté que lorsque des travailleurs ont essayé de s’organiser en syndicat afin d’avoir de meilleures conditions, ils ont tous été mis à la porte par les sous-traitants.

“Il est malheureux qu’une multinationale minière du gabarit de Rio Tinto, venue avec la promesse d’apporter emploi et développement aux communautés locales, exploite en réalité les travailleurs pauvres des tribus et nuit aux moyens de subsistance de ces communautés locales. L’INMWF condamne ces pratiques dirigées par Rio Tinto à l’encontre des travailleurs et va poursuivre son combat en vue de protéger les droits des travailleurs” indique S Q Zama, Secrétaire général de l’INMWF.

Rio Tinto semble avoir également brisé sa promesse envers la communauté riveraine. Dans l’un des villages visité par IndustriALL et l’INMWF, les habitants ont rapporté qu’au début du projet Bunder, Rio Tinto avait érigé un réservoir d’eau. Chaque famille a payé 1000 Roupies (US$ 15) pour être raccordée à la distribution d’eau ainsi que US$0,73 pour qu’un gardien s’occupe du réservoir. Cependant, lorsque les villageois ont commencé à se plaindre du projet minier, Rio Tinto a arrêté le système et emporté la pompe après seulement deux mois. Selon les habitants, l’entreprise a déclaré que tant qu’ils s’opposeraient au projet elle ne remplirait pas le réservoir d’eau. PEHAL a également indiqué que Rio Tinto avait renié sa promesse de planter des arbres fruitiers le long des chemins à proximité du projet.

Les conclusions de la visite effectuée par IndustriALL et l’INMWF ont montré que peu de choses ont changé depuis qu’un rapport publié par Partizans en 2013 avait critiqué l’attitude de Rio Tinto envers les travailleurs, l’environnement et les communautés riveraines de Bunder.

Le développement du projet Bunder n’est pas seulement confronté à l’opposition des communautés locales. Il y a aussi des fronts politiques et d’ONG pour dénoncer l’impact que ce projet pourrait avoir sur les moyens de subsistance de ces communautés. Selon certains rapports, plus d’un million d’arbres devraient être détruits si le projet devait aller de l’avant, causant une déforestation de grande ampleur et mettant à mal l’habitat et les déplacements de tigres constituant une espèce menacée. Il nécessiterait une quantité énorme d’eau dans une région qui connaît d’importantes sécheresses.

Le gouvernement du Madhya Pradesh a publié une lettre d’intention en 2012 qui donne un feu vert provisoire au projet. Mais avant que cette permission provisoire puisse être transformée en licence minière officielle, Rio Tinto doit obtenir des blancs-seins en matière environnementale et forestière pour voir son plan approuvé.

Les syndicats européens en lutte pour le droit de grève

Pendant trois ans, le groupe des employeurs a paralysé les travaux de l'Organisation internationale du travail (OIT) en prétendant que le droit de grève ne relève pas du droit international alors que, pendant des décennies, cela était universellement reconnu par les gouvernements, les travailleurs et les employeurs eux-mêmes. Après une campagne syndicale mondiale, les employeurs ont finalement fait machine arrière en février 2015.

Mais la bataille n'est pas gagnée pour autant. En novembre, le gouvernement conservateur britannique a présenté un projet de loi sur les syndicats qui remet gravement en cause le droit de grève. Outre les restrictions qu'il impose aux piquets de grève et aux actions de protestation, ce projet autorise le recours à des intérimaires pour remplacer du personnel permanent pendant les grèves. Dans les services publics, il faudrait que 50% des adhérents participent au scrutin et que 40% de la totalité votent la grève, ce qui revient à imposer un seuil de 80%.

En février, les syndicats britanniques ont touché des millions de personnes avec une campagne innovante, intitulée #heartunions, qui met en avant tous les acquis obtenus par les syndicats et leurs membres sur les lieux de travail et dans la société et rejette les tentatives du gouvernement pour les remettre en question.

En Espagne aussi, les syndicats ont dû agir parce les autorités ont ressorti une vielle loi de l'époque de la dictature franquiste pour poursuivre des grévistes. Le 16 février, un tribunal espagnol a acquitté 8 employés d'Airbus menacés de peines de prison de huit ans et trois mois chacun pour avoir participé à une grève pacifique en 2010.

Mais le combat pour l'abrogation de l'article 315.3 du code pénal espagnol continue, et aussi pour que des procès similaires ne se répètent pas.

Il faut rester vigilants parce que ces attaques contre le droit de grève pourraient s'étendre à d'autres pays.

La crise économique mondiale a déjà offert un prétexte à plusieurs gouvernements de droite pour limiter les droits des travailleurs et amputer la protection sociale. La Roumanie a connu la destruction de droits la plus massive lorsque, en 2011, le Fonds monétaire international (FMI) a poussé le gouvernement à court-circuiter le parlement pour généraliser le travail précaire, abolir la négociation collective et restreindre le droit de grève.

La négociation collective a également été bannie en Irlande, au Portugal, en Espagne, en Grèce et à Chypre pendant les pires années de la crise. Depuis, les gouvernements irlandais et espagnol ont accepté de rétablir les mécanismes de négociation.

Ces exemples montrent que les droits syndicaux ne vont pas de soi, même en Europe où est né le mouvement syndical. Les attaques contre les droits syndicaux ont une dimension incontestablement idéologique et sont le fait de gouvernements plus attentifs aux consultants qu'à leur population. Et trop souvent, ces conseillers d'affaires préfèrent une main-d’œuvre docile, silencieuse et qui dit ce qu'on lui dit de faire, plutôt que de s'empêtrer dans des négociations lourdes.

La garantie des droits syndicaux donnera toujours lieu à un affrontement sur les valeurs et la volonté politique de construire des sociétés fondées sur la démocratie et la justice sociale. Dans ce combat, il nous faut continuer à organiser et mobiliser les travailleurs pour construire des syndicats forts.

Jyrki Raina,

Secrétaire général

Les travailleurs de Nissan ont recours au dialogue et à la manifestation pour faire avancer leur cause

Des milliers d’adhérents de syndicats affiliés à la CUT, à Força Sindical, à l’UGT, le Syndicat de l’automobile UAW et IndustriALL Global Union ont manifesté à l’occasion de la réunion du Comité organisateur de 2016 à Barra da Tijuca, Río de Janeiro, ce 18 février. Agitant des pancartes et des drapeaux, ils ont dénoncé des pratiques anti-syndicales de Nissan aux États-Unis et ont appelé l’entreprise automobile japonaise à se comporter d’une manière socialement responsable.

"Ensemble, nous pouvons faire pression sur cette multinationale pour qu’elle respecte les travailleurs et travailleuses du Mississippi, aux États-Unis. Si Nissan ne met pas fin à ses pratiques anti-syndicales, nous le dénoncerons lors des Jeux olympiques” a déclaré Miguel Torres, président de la CNTM-Força Sindical, affiliée à IndustriALL Global Union.

Edson Rocha, Secrétaire de l’Administration et des Finances de la CNM/CUT, également affiliée à IndustriALL, a indiqué que son syndicat avait déjà dénoncé auparavant les actes de Nissan aux États-Unis.“ Nous allons continuer à agir en solidarité avec nos collègues de l’UAW jusqu’à ce que Nissan respecte le droit des travailleurs à s’organiser au sein d’un syndicat”, a-t-il dit.

Dans le cadre de la manifestation, une vingtaine de représentants syndicaux ont rencontré l’Ambassadeur Agemar Sanctos, Directeur des Relations institutionnelles pour le Comité organisateur. La délégation a remis en mains propres un courrier qui déclare que l’intimidation à laquelle sont soumis les travailleurs et travailleuses de Nissan est en contradiction avec les principes énoncés dans le document Sustainable Supply Chain Guide (Guide pour une chaîne logistique durable) à l’intention des partenaires officiels des Jeux olympiques de 2016 à Rio de Janeiro (http://www.industriall-union.org/fr/nissan-nest-pas-digne-de-figurer-parmi-les-partenaires-officiels-des-jo).

Sa réaction à ce courrier a été positive et il a accepté d’organiser une autre rencontre à une date à préciser dans le courant de la semaine prochaine. M. Sanctos a également accepté de parler à la direction de Nissan pour chercher une réponse aux doléances avancées par les syndicats.

“La rencontre a été très productive, mais nous sommes prêts à manifester de nouveau pour être entendus. Et nous le ferons tout le temps qu’il faudra”, a dit Ricardo Patah, président de l’UGT, qui représente plus de 80% des concessionnaires Nissan au Brésil.

Les syndicats adressent également un courrier au Ministre du Travail, Miguel Rossetto. Les syndicats espèrent que le Comité va présenter un plan de mesures correctives à mettre en œuvre immédiatement par l’entreprise.

Marino Vani, Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, figurait dans la délégation qui a remis le courrier et était du nombre des manifestants. Il a déclaré :

“Nous ne protestons pas contre les Jeux olympiques ou le Comité, ni même contre Nissan. Mais nous sommes d’avis que les travailleurs et travailleuses ont des droits fondamentaux comme celui de se syndiquer et de négocier. Nous voulons du respect de la part du plus important partenaire officiel des Jeux olympiques.

La solidarité avec nos collègues de Nissan aux États-Unis est destinée à amener l’entreprise à négocier avec l’UAW et à permettre à ses salariés de se syndiquer librement. En tant que fédération syndicale internationale, IndustriALL a la mission et le devoir de défendre les travailleurs et travailleuses et de s’assurer que les Jeux olympiques sont une compétition juste et propre. Nous ne pouvons pas laisser la flamme olympique être transportée dans un véhicule produit par une entreprise qui entretient des pratiques anti-syndicales au sein de sa chaîne d’approvisionnement.

Nous espérons qu’avant l’ouverture des Jeux olympiques, un dialogue puisse être ouvert afin de trouver un moyen d’avancer et de réconcilier Nissan avec ses travailleurs aux États-Unis. Nous espérons que l’entreprise permettra au syndicat de recruter, qu’elle respectera les droits des travailleurs pour donner un exemple de l’esprit de paix et de respect symbolisés par la flamme olympique.”

IndustriALL proteste contre Nissan au CIO

Nissan a enfreint les principes directeurs pour les sponsors des Jeux olympiques et paralympiques de Rio en pratiquant une discrimination antisyndicale agressive à son usine de Canton, dans l'État du Mississippi, où 6.000 travailleurs tentent de s'organiser avec notre affilié United Autoworkers' Union.

IndustriALL demande au CIO d'intervenir et exhorte le Comité organisateur des Jeux de Rio 2016 à demander à Nissan de remédier à la situation à son usine de Canton. Il appelle aussi le CIO à retirer Nissan de la liste des sponsors si le constructeur refuse d'adhérer aux critères de responsabilité sociale des Jeux de Rio.

Interrogé, la semaine dernière, au Parlement français sur la discrimination syndicale, le P-DG de Nissan, Carlos Ghosn, a prétendu que les travailleurs peuvent se syndiquer librement, quel que soit le pays.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, a contesté cette réponse de Carlos Ghosn dans un discours prononcé devant le siège du CIO, à Lausanne :

"Hé bien, M. Ghosn, je suis allé à Canton, dans le Mississippi, et ce n'est pas ce que m'ont raconté les travailleurs. Ils ont parlé d'intimidation, de menaces de licenciement, et même de fermeture de l'usine s'ils veulent un syndicat. Ce n'est pas ça la liberté syndicale, et c'est contraire aux règles de l'olympisme. C'est pourquoi Nissan ne mérite pas d'être sponsor des Jeux olympiques. Nous exigeons que Nissan change de comportement tout de suite; sans quoi on peut éteindre la flamme olympique pour Nissan."

Jyrki Raina et la délégation d'IndustriALL ont été reçus par Ben Seeley, Directeur du marketing et de la communication au CIO, qui a promis de communiquer la lettre dans laquelle IndustriALL exprime ses préoccupations au Président du CIO, Thomas Bach.

Cette action de solidarité vient après une manifestation de quelque 200 syndicalistes, le 18 février au Brésil. Des dirigeants syndicaux ont remis une lettre de protestation contre le comportement de Nissan à Canton aux organisateurs des Jeux olympiques de Rio 2016 qui débuteront au mois d'août. 

Le statu quo ébranlé avec la montée de TUMEC

Fondé en 201, TUMEC compte déjà plus de 10.000 adhérents répartis dans sept provinces. Ils ont été séduits par la promesse d’un changement. De tout temps, le syndicalisme congolais s’est enlisé dans ses controverses. Longtemps, il a été un instrument de l’État et conciliait tant bien que mal les intérêts des secteurs public et privé.

En 1990, le multipartisme a été rétabli dans le pays, le nombre des syndicats a augmenté jusqu’à dépasser les 600. Les syndicats faisaient figure de modèle d’entreprise pour le seul profit de leurs fondateurs, réputés soutenir tout autant les employeurs sans donner la priorité aux droits, besoins ou intérêts des travailleurs. Un système ouvert et accepté de cadeaux (ou pots-de-vin) aux travailleurs est trop souvent pratiqué pour acheter les suffrages dans les élections sociales.

TUMEC veut relever un défi; il va réformer, abattre les barrières et prendre une nouvelle direction. Il s’est attaché à mettre en place une nouvelle façon de faire les choses avec sa propre conception des relations du travail, de la représentation, de l’égalité et du leadership. Une direction exemplaire et un message clair et convaincant se distinguent dans le climat difficile et l’absence de représentation que les travailleurs ont toujours connus en RDC.

Grâce au Projet de construction syndicale d’IndustriALL financé par les camarades suédois et au Projet TUMEC financé par les Néerlandais, TUMEC a pu lancer des réformes progressistes et se consacrer davantage au service de ses membres, plutôt que l’inverse.

TUMEC entend appliquer une série de principes syndicaux qui contrastent totalement avec le climat de corruption régnant dans le système en place. Il met tout en œuvre pour instaurer un système plus démocratique et ouvert pour la nomination de ses dirigeants et la gestion d’un syndicat.

On notera surtout la lente mais minutieuse édification de systèmes syndicaux pratiquement inexistants jusqu’alors. TUMEC s’est attaché à renforcer l’obligation de rendre compte et la transparence de la gestion des affaires syndicales. Il s’est doté de mécanismes limpides pour combattre la corruption et renforcer la responsabilité redditionnelle. Il a su trouver les bonnes formules pour nouer le contact avec les travailleurs et les adhérents, non seulement sur le lieu de travail mais aussi dans la communauté, une démarche que les travailleurs ont appréciée.

Fernando Lopes, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, estime que l’action de TUMEC en RDC rompt avec le passé :

« Il y a beaucoup à apprendre de la conception de la construction syndicale qu'a TUMEC. Les défis restent nombreux, en termes d’expansion et de renforcement des capacités par exemple, mais il est clair que l’énergie mise à bousculer les vieilles traditions pour les remplacer par un syndicat moderne, actif et qui recueille l’adhésion de ses membres a été payée en retour. » 

Nissan n’est pas digne de figurer parmi les partenaires officiels des JO

Des représentants des syndicats brésiliens s’apprêtent à remettre une plainte à Carlos Nuzman, Président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Rio 2016, et à l’Ambassadeur Agemar Sanctos, Directeur des Relations institutionnelles, en main propre, aujourd’hui à 12h00. 

Le géant automobile japonais, qui opère dans le cadre d’une alliance avec le constructeur français Renault, fournit près de 6 500 véhicules aux Jeux Olympiques et Paralympiques qui auront lieu au mois d’août au Brésil ; il est le seul partenaire automobile de ces Jeux.

Les affiliés d’IndustriALL Global Union au Brésil déclarent que le comportement antisyndical agressif de Nissan au sein de son usine de Canton, dans le Mississipi, va directement à l’encontre du Sustainable Supply Chain Guide (Guide pour une chaîne logistique durable) à l’intention des sponsors et des fournisseurs des Jeux Olympiques et Paralympiques de Rio de Janeiro, qui inclut, entre autres normes, la liberté syndicale.

L’action programmée le 18 février à Rio de Janeiro verra les syndicats brésiliens UGT, Força Sindical, CUT, le Syndicat national des athlètes, ainsi que l’United Auto Workers (UAW) et IndustriALL unir leurs forces pour soutenir les travailleurs de Canton victimes des pratiques d’intimidation et de réprimande adoptées par Nissan afin de sanctionner les activités syndicales. Les ouvriers de Nissan dans le Mississipi assisteront eux aussi à l’événement. 

Bien que l’entreprise autorise la représentation syndicale sur d’autres sites de Nissan dans le monde, y compris au Brésil, le manuel des collaborateurs de Nissan en Amérique du Nord recommande expressément aux travailleurs de ne pas se syndiquer.

Morris Mock, employé de l’usine Nissan de Canton :

« Nous demandons simplement à être traités avec autant de respect que nos collègues syndiqués employés sur les autres sites de Nissan et Renault dans le monde. Je suis fier d’être ici présent aux côtés de mes collègues brésiliens pour demander au Comité olympique de mettre ses valeurs en pratique. »

En décembre 2015, au terme d’une enquête de six mois, le National Labor Relations Board aux Etats-Unis a déposé une plainte officielle à l’encontre de Nissan accusant l’entreprise d’enfreindre la loi en menaçant les employés de licenciement en raison de leurs activités syndicales, en menaçant de fermer l’usine suite à ces mêmes activités et en imposant illégalement une politique uniforme en réponse aux centaines d’ouvriers de Canton qui avaient revêtu des tee-shirts pro-syndicat.

« En attaquant le syndicat, en instaurant un climat de crainte à Canton et en refusant le dialogue, Nissan traite ses salariés américains comme des citoyens de seconde zone. J’espère que Nissan adoptera les principes des Jeux Olympiques de Rio et que l’entreprise changera d’attitude dans le Mississipi, » a déclaré Mock, employé de Nissan à Canton.

Les ouvriers souhaitent l’établissement d’un syndicat afin d’exprimer leurs préoccupations en matière de santé et de sécurité à Canton et pour améliorer les droits des travailleurs intérimaires, qui représentent 40 pour cent de la main-d’œuvre de la chaîne de production. Les lignes directrices relatives à la chaîne logistique, qui s’adressent aux partenaires des JO de Rio, font également mention du travail formel et de la sécurité des conditions de travail.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré :

Les organisateurs des Jeux Olympiques de Rio ont, à juste titre, placé la responsabilité sociale au cœur des Jeux mais Nissan est loin d’être à la hauteur des standards attendus des partenaires. Les lignes directrices définies par le Comité international olympique exigent le respect des droits des travailleurs et nous appelons Nissan à faire de même. Nous exhortons les organisateurs des JO de Rio à demander à Nissan de mettre en place un plan de mesures correctives à Canton, qui permettra ainsi à l’entreprise de figurer dignement parmi les partenaires officiels des Jeux. 

Espagne: acquittement des 8 d’Airbus

Les huit syndicalistes, membres des affiliés de IndustriALL Global Union, CC.OO de Industria et MCA-UGT, étaient accusés d’avoir rejoint une centaine de travailleurs lors d’une grève générale, en septembre 2010, contre les mesures d’austérité et les changements au code du travail espagnol.

Les huit hommes ont toujours nié les accusations portées contre eux ‘d’action violente’ et ‘d’attaque au droit de travailler’, après quoi le tribunal  a décidé, le 12 février, de prononcer l’acquittement des 8 d’Airbus.

“Aujourd’hui, c’est un grand jour pour la démocratie,” a déclaré José Alcazar, président du comité d’entreprise d’Airbus et l’un des syndicalistes accusés. “C’est important, non seulement pour les huit accusés, mais pour tout le mouvement ouvrier dans notre pays.”

Les huit travailleurs, Tomás García, Enrique Gil, Rodolfo Malo, José Alcazar, Raúl Fernández, Armando Barco, Jerónimo Martín et Edgar Martín, étaient accusés sous l’article 315.3 du code pénal espagnol, qui prévoit des peines de prison pour les syndicalistes présents sur un piquet de grève.

La loi qui date du régime de Franco, a été qualifiée d’attaque contre les syndicats et le droit de grève par le mouvement syndical.

Les syndicats ont protesté avec véhémence en Espagne contre les accusations avec le soutien du mouvement ouvrier international. Le 9 février, des milliers de personnes, parmi lesquelles des représentants de IndustriALL Global Union et de industriAll Europe, ont défilé dans les rues de Madrid pour protester contre le procès.

“C’est une victoire pour les syndicats espagnols et pour les travailleurs qui ne faisaient qu’exercer leurs droits fondamentaux,” a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union. “Mais nous continuons de soutenir les revendications de nos affiliés concernant l’abandon des accusations portées dans d’autres affaires identiques et l’abrogation de l’article 315.3, qui criminalise le droit de grève.”

Toujours le déni de justice, dix ans après l’homicide de Pasta de Conchos

Combien d’autres tragédies devront-elles encore se produire avant que justice soit faite et qu’un terme soit mis à cette impunité ? L’idéal serait que le gouvernement mexicain dirigé par M. Enrique Peña Nieto trouve une solution définitive à cette situation injuste,

a indiqué Napoleón Gómez Urrutia, Président du Syndicat mexicain des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM), affilié à IndustriALL Global Union.

Le 19 février 2006, une explosion s’est produite au Charbonnage n°8 appartenant à la compagnie minière Grupo Mexico à Pasta de Conchos, dans l'état de Coahuila. Soixante-cinq mineurs sont décédés et neuf ont souffert de multiples brûlures. Des années plus tard, les corps de 63 des mineurs disparus sont toujours ensevelis 100 mètres sous terre parce que l’entreprise a suspendu les tentatives visant à récupérer les dépouilles.

Ce 18 février, à la veille de ce dixième anniversaire, le Premier Forum national des Mines, celui de 2016, se tient au siège du syndicat Los Mineros, auquel des membres du Comité exécutif national, du Conseil général de Vigilance et de Justice, ainsi que des personnalités nationales et internationales prennent part. Le Secrétaire régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Jorge Almeida, y représente IndustriALL Global Union.

De plus, le 19 février se tiendra une marche de protestation en direction des Ministères de l’Intérieur, du Travail et de la Sécurité Sociale ainsi que du siège de Grupo Mexico. Les participants réclameront la récupération des corps, une indemnisation équitable pour les familles des disparus et la punition des responsables de cet homicide industriel.

Selon Napoleón Gómez Urrutia, l’entreprise a agi avec légèreté en suspendant les tentatives de récupération des corps et en refusant de remédier aux problèmes de sécurité au sein de la mine avant la catastrophe, ceux-ci ayant été rapportés par des membres du Comité conjoint de santé et sécurité à de nombreuses reprises : “le Syndicat des Mineurs a exigé des mesures immédiates, mais des dirigeants de l’entreprise pingres et arrogants, menés par Germán Larrea et Xavier García de Quevedo, ont refusé de faire quoi que ce soit”, a-t-il dit.

IndustriALL exhorte le gouvernement fédéral à mettre un terme à l’impunité, à respecter les droits des travailleurs, à s’assurer que justice soit rendue et à démontrer son respect par rapport à la dignité des disparus et de leurs familles.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré :

Los Mineros et IndustriALL continuent à exiger le châtiment des responsables, la récupération des restes humains et une indemnisation équitable pour les familles.