En Inde, les travailleurs de Honda victimes de violences policières dans leur combat pour les droits syndicaux

 

Plus de 2.000 travailleurs de l'usine Honda de Tapukara, au Rajasthan, protestent après l'assaut donné contre leur lieu de travail qui a déclenché une série d'événements marqués par des arrestations et des violences policières.

Les autorités gouvernementales ont interdit toute action de protestation et les travailleurs sont à la recherche d'un lieu où tenir une manifestation pacifique pour réclamer la libération de leurs collègues emprisonnés, le retrait des fausses accusations portées contre eux et le droit de créer un syndicat.

Le 16 février 2016, un travailleur contractuel a été agressé par son contremaître parce qu'il refusait de faire des heures supplémentaires. Son refus était motivé par le fait qu'il avait déjà effectué des heures supplémentaires en continu et qu'il ne se sentait pas bien. La direction a contesté cette version des faits dans une déclaration aux médias.

Pour protester contre l'agression de leur collègue, les travailleurs ont procédé à une occupation des locaux l'après-midi même. Les représentants du syndicat appelés à négocier avec la direction ne sont pas revenus et les travailleurs n'arrivaient pas à les contacter. Entretemps, un millier de travailleurs venus prendre leur travail pour les pauses B et C commençaient à s'amasser devant les grilles de l'usine.

La direction a appelé la police qui a pénétré dans l'usine et demandé aux travailleurs d'évacuer les bâtiments, mais les travailleurs ont réclamé le retour de leurs collègues syndicalistes. Les policiers ont alors fait usage de ce que la direction qualifie de "force modérée" pour les expulser, blessant plusieurs travailleurs par la même occasion.

La police a appréhendé et arrêté des centaines de travailleurs. Bien que certains aient été remis en liberté par la suite, 44 restent en prison, dont le Président du syndicat, Naresh Kumar Mehta.

Après qu'une juridiction de première instance ait refusé une libération sous caution, la Cour suprême du Rajasthan l'a accordée à tous les travailleurs. Des procédures ont également été ouvertes contre de nombreux travailleurs, parmi lesquels des syndicalistes. Une centaine de travailleurs accusés de sabotage ont été suspendus par la direction. Beaucoup ont reçu des lettres d'avertissement leur intimant de se présenter au travail ou d'assumer les conséquences.

Ces événements sont le résultat des initiatives prises par les travailleurs pour fonder un syndicat. L'entreprise emploie 3.000 personnes dont seulement 466 permanents, les autres étant des travailleurs précaires. Selon les travailleurs, la direction ne suit pas la procédure établie de régularisation des travailleurs précaires qui doivent subir un processus complexe de tests écrits et d'interviews, et l'attribution du statut permanent est laissée en grande partie à la discrétion de la direction.

De même, la structure des salaires est étudiée pour garder la haute main sur les travailleurs. Les cadences de travail et l'octroi des congés posent aussi gravement problème aux travailleurs.

En août 2015, les travailleurs ont créé un syndicat, le Honda Motorcycle and Scooter 2f Kamgar Union Tapukara, avec l'aide du All India Trade Union Congress (AITUC) et demandé son enregistrement auprès des autorités. La régularisation des travailleurs précaires est une de ses principales revendications.

Or, un recours en justice a été introduit contre l'enregistrement du syndicat que celui-ci n'a toujours pas obtenu. Depuis, 4 travailleurs statutaires et 800 contractuels ont été licenciés.

Les travailleurs font actuellement l'objet d'une terrible répression policière. Les policiers fouillent les domiciles pour les interpeler et terrorisent du même coup leurs familles.

Dans un grand élan de solidarité, le 19 février, une cinquantaine de syndicats de la région de Gurgaon et Manesar ont organisé une manifestation de protestation des travailleurs de Honda devant le siège de l'entreprise, à Gurgaon. Des travailleurs de Maruti-Suzuki, de Riico et de l'usine Honda de Manesar ont également participé à la manifestation. Depuis, la police interdit la tenue de défilés de protestation ou de manifestations.

Un comité composé de 13 personnes, dont des représentants des centrales syndicales, de l'usine Honda de Manesar et de Maruti Suzuki, s'est constitué pour donner une impulsion aux activités des travailleurs.

Les principales revendications exprimées par les travailleurs lors des dernières manifestations sont au nombre de cinq :

1.     Libération de tous les travailleurs emprisonnés.

2.     Retrait de toutes les fausses accusations portées contre des travailleurs.

3.     Réintégration de tous les travailleurs suspendus ou licenciés.

4.     Une enquête impartiale sur l'agression par la police des travailleurs qui manifestaient pacifiquement le 16 février et des sanctions contre les coupables. Indemnisation de tous les travailleurs qui ont été blessés.

5.     L'arrêt du harcèlement et des représailles contre des travailleurs pour leur participation à des activités syndicales.

Un syndicat russe en lutte pour l'emploi minier

Avec 6.500 travailleurs, le Complexe minier et de transformation des minerais de Kachkanar (EVRAZ KGOK) est le principal employeur de cette ville située en Russie. Avec ses 40.000 habitants, elle a été fondée en 1957 en vue de l'exploitation de gisements miniers.

La direction de l'usine veut supprimer 500 postes et réduire les salaires de 15 pour cent. La plupart des familles de la ville vivent d'un emploi à la mine et s'inquiètent des changements qui s'annoncent.

La manifestation était organisée par la section locale du Syndicat des travailleurs de la mine et de la métallurgie de Russie (MMWU), affilié à IndustriALL.

D'après Anatoly Pyankov, le responsable local du MMWU, la production et les profits de l'usine sont en augmentation. En 2015, elle a connu une production record, avec 59,3 millions de tonnes. Pourtant, la direction prétend devoir réduire ses coûts en raison de la crise que subit l'industrie, principalement ses coûts salariaux.

Pour le responsable du syndicat, elle n'a pas respecté la convention collective et n'a pas consulté le syndicat sur ses projets de réduction de l'effectif et des salaires.

Anatoly Pyankov précise que 150 travailleurs ont déjà quitté leur emploi avec des indemnités proposées par la direction. Certains ont été forcés de prendre des congés sans solde, ce qu'ils ont fait par crainte de perdre leur emploi et de ne rien trouver d'autre dans la petite ville.

Le programme de production présente encore des chiffres élevés, mais les travailleurs ne perçoivent aucun supplément de salaire alors qu'ils doivent faire en plus le travail de ceux qui ont été licenciés ou obligés de prendre un congé sans solde.

Si la direction ne renonce pas à son projet de réduction de l'effectif et des salaires, le syndicat est prêt à déclencher une grève du zèle, aussi appelée "grève à l'italienne".

EVRAZ KGOK est un producteur de minerai de fer et de vanadium. L'usine appartient à EVRAZ, un groupe minier et sidérurgique implanté en Fédération de Russie, en Ukraine, aux États-Unis, au Canada, en République tchèque, en Italie, au Kazakhstan et en Afrique du Sud, et qui emploie quelque 100.000 personnes.

Les syndicats canadiens font campagne pour une loi anti-briseurs de grève

Le NPD est un parti politique d’opposition au sein du parlement canadien favorable aux syndicats. Ce parti a présenté un projet de loi d’initiative parlementaire à la Chambre des Communes en vue d’amender le Code du Travail du Canada pour empêcher le recours à des travailleurs de remplacement pendant les grèves et les lock-outs.

L’USW engage ses membres et sympathisants à faire pression sur leurs représentants politiques pour qu’ils soutiennent ce projet de loi. L’intention est de mettre la pression sur le Parti libéral du Premier Ministre Trudeau pour qu’il adopte un code du travail plus progressiste.

“L’USW soutient ces modifications au Code du Travail du Canada. Si elle est adoptée, cette loi empêchera le comportement déloyal des employeurs qui ont recours à des travailleurs de remplacement lors des grèves et lock-outs. Merci au NPD pour avoir à nouveau introduit ce projet de loi qui bénéficiera aux travailleurs et employeurs et contribuera à la productivité de notre nation,” a déclaré Ken Neumann, Directeur national de l’USW.

Une législation similaire existe, au niveau provincial, au Québec et en Colombie britannique. Elle a conduit à des conflits de travail moins fréquents, plus courts et moins violents. L’USW est convaincu qu’un amendement du Code du Travail pour interdire les travailleurs de remplacement au plan national constituera un important précédent pour les relations sociales et

L’USW a une expérience amère de l’ambiance délétère provoquée par des conflits interminables. Des adhérents de l’USW de Toronto ont tenu un piquet pendant 22 mois face aux tentatives de la multinationale de l’emballage Crown Holdings visant à imposer des modifications de la convention collective, dont une importante réduction des salaires. Le conflit a été nourri par les tentatives de l’entreprise de briser le syndicat en ayant recours à des travailleurs de remplacement et a été ainsi transformé en guerre d’usure.

Brian Kohler, qui est la personne de contact d’IndustriALL pour l’Amérique du Nord a indiqué : “Bien qu’il s’agisse d’un projet de loi d’initiative parlementaire, nous espérons et attendons du gouvernement Trudeau qu’il saisisse cette opportunité pour inaugurer une nouvelle ère plus progressiste de relations sociales au Canada. Nous soutenons les syndicats du Canada qui se battent pour ce changement.”

Colombie : IndustriALL soutient Sintracarbon dans sa lutte pour une convention équitable

Le 28 décembre, notre affilié colombien Sintracarbon a entamé des négociations collectives avec Cerrejon Limited, une compagnie minière contrôlée à parts égales par Anglo American, BHP Billiton et Glencore. Aucun accord ne se dessinant à l'horizon, le syndicat envisage de recourir à la grève ou à l'arbitrage.

Les négociations ont achoppé lorsque Cerrejon a annoncé vouloir maintenir ses coûts au niveau de l'an dernier et qu'elle n'acceptera qu'une hausse des salaires égale à celle de l'indice des prix à la consommation.

Cerrejon utilise aussi le prétexte de la crise internationale pour remettre en cause les droits acquis des travailleurs.

Dans une lettre à son président, Roberto Junguito Pombo, le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, écrit :

IndustriALL Global Union est parfaitement conscient de la gravité de la crise du secteur minier. Les travailleurs n'en sont pas la cause, mais ce sont eux qui souffrent le plus de son impact.

J'exhorte votre entreprise à éviter une grève et à reprendre la négociation pour rechercher une solution acceptable pour tous.

Sintracarbon s'est toujours dite soucieuse des intérêts des travailleurs comme de la rentabilité de l'entreprise. Le syndicat veut des négociations productives et une solution équitable pour les deux parties. Or, vu le refus de l'entreprise de continuer à négocier, il a décidé cette semaine de demander à ses membres de se prononcer sur la voie à suivre.

"Du 26 février au 3 mars, les travailleurs doivent concentrer leur énergie, rester solidaires et déterminés dans le processus démocratique qui choisira une des options légales : l'arbitrage ou la grève", a annoncé le syndicat.

Le cahier de revendications du syndicat porte sur les salaires, l'éducation et la santé, comme par exemple le droit aux soins de santé et la reconnaissance des affections professionnelles. Le syndicat réclame aussi des conditions de travail décentes pour la proportion élevée de travailleurs employés en sous-traitance dans le complexe minier.

Côte d’Ivoire : le syndicat du pétrole à l’affrontement avec Petroci

Cinquante des six cents salariés de Petroci ont été licenciés de manière illégale en janvier, l’entreprise ayant failli à respecter les procédures nécessaires dans de cas de licenciements pour motif économique.

L’entreprise aurait dû consulter le syndicat, les représentants du personnel et les autorités compétentes au sujet de ces licenciements et fournir des motifs clairs pour les justifier, entre autres mesures.

À l’issue d’une série de grèves de 72 heures le mois dernier, le syndicat a réussi à faire réintégrer une travailleuse enceinte et un représentant du personnel qui étaient protégés en vertu des législations nationales du travail.

Néanmoins, Petroci a de nouveau failli à ses obligations légales en ne prévoyant pas d’indemnisation adéquate pour les 48 salariés restants. L’entreprise a proposé des dédommagements et des indemnisations qui sont loin en dessous de ce qui est requis en vertu du code du travail.

Jérémie Wondjé, Secrétaire général du SYNTEPCI, a déclaré :

“Le directeur général de Petroci a reconnu que l’entreprise n’avait pas respecté la loi et qu’elle doit dès lors payer des dommages. Cependant, une fois encore, Petroci ne se conforme pas à la loi en proposant des indemnités dont le niveau est inacceptable.”

“Le silence des autorités est inquiétant, en particulier sachant que la loi est claire par rapport à ce qu’elle exige de chacune des parties, mais nous sommes encore plus préoccupés par le fait que le directeur général de Petroci a refusé notre offre d’un plan social pour les salariés victimes de la réduction d’effectifs,” a-t-il ajouté.

“Nous attendons une réunion avec le ministère du travail dans l’espoir que les choses évoluent positivement. Les actions de grève ont été suspendues, mais le combat continue,” a indiqué Wondjé.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Petroci n’est pas au-dessus des lois. Nous appelons Petroci à respecter la législation nationale et, surtout, les travailleurs et travailleuses qui sont en droit de recevoir une compensation équitable à la perte de leur emploi. Cette attitude n’est pas celle que l’on attend d’une entreprise publique.”

Turquie: Renault licencie des travailleurs en recourant à la violence policière au lieu de tenir ses engagements

À la suite d’un accord conclu le 4 février entre IndustriALL Global Union, son affilié turc Birlesik Metal-Is représentant la grande majorité des travailleurs et travailleuses à l’usine Oyak, et la direction de Renault, les salariés de l’usine devaient organiser des élections sur la représentation ouvrière le 29 février.

L’accord, qui portait également sur la composition et les fonctions d’un Comité de dialogue social, était le résultat des discussions sur la représentation des salariés et le droit d’organiser des élections.

D’une manière provocatrice, la direction de Renault a annulé les élections, quelques jours seulement avant leur tenue, en prenant prétexte de pressions reçues du ministère du Travail et de la Sécurité sociale de Turquie qui considérait les élections comme étant illégales. En outre, le géant de la construction automobile a mis à pied immédiatement dix travailleurs, parmi lesquels deux délégués du personnel.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a dit qu’il s’agissait d’un manque total de respect des travailleurs et travailleuses et du syndicat qui les représente:
“Il s’agit d’une véritable provocation du fait que le législation turque ne contient aucune disposition pour empêcher la tenue d’élections sur le lieu de travail.”

L’escalade du conflit s’est poursuivie avec la décision de la direction de l’usine Oyak de mettre à pied des membres du personnel; plus de 60 personnes ont perdu leur emploi avec en plus 100 autres ont été priées de partir avec des indemnités de licenciement.

La direction locale de l’usine a demandé à la police d’intervenir contre les personnes qui manifestaient pacifiquement, et de se livrer à des actes d’intimidation au domicile des travailleurs et travailleuses, et au début et à la fin de leur travail posté. Selon certains rapports, la police a arrêté, le 2 mars, 21 personnes à la fin du travail de l’équipe postée de nuit.

Raina poursuit:
“La violence à l’encontre des travailleurs et travailleuses ne sera jamais acceptée et doit cesser immédiatement. Le gouvernement turc échoue de nouveau quand on en vient à l’exercice des droits fondamentaux.”

“Nous demandons instamment à Renault de mettre en œuvre les accords réalisés ensemble au cours des derniers mois, de réintégrer les membres du personnel mis à pied et d’organiser des

élections libres à l’usine Oyak en accord avec leurs engagements.”

IndustriALL a conclu un accord-cadre mondial (ACM) avec le groupe Renault, qui consolide les engagements pris par l’entreprise dans le cadre des normes de travail de l’OIT, notamment en matière de liberté et de neutralité syndicales, et qui contient un certain nombre d’améliorations majeures concernant notamment les compétences, la formation, la santé et la sécurité, et la diversité.

Raina conclut:
“Les récents évènements et le manque d’action de Renault sont en contradiction directe avec l’ACM, et nous demandons à l’entreprise de respecter l’accord. Si la situation se poursuivait comme c’est le cas aujourd’hui, les conséquences pour Renault seraient encore plus grandes, avec le démantèlement de 20 ans de construction du dialogue social au niveau international.”

Russie: 36 travailleurs tués dans une tragédie minière

Le 25 février, deux explosions ont secoué la mine Severnaya à une profondeur d’environ 748 mètres où travaillaient 110 mineurs. Une fuite de méthane semble avoir été la cause des explosions.

Après l’accident, 80 mineurs ont pu être remontés à la surface sans problème. Le même jour, deux travailleurs ont été retrouvés morts, ainsi que deux autres corps le lendemain matin.

Alors que 26 mineurs restaient bloqués sous terre, une opération de secours massive qui impliquait plus de 500 travailleurs, tentait de retrouver les mineurs manquants le 28 février, quand une troisième explosion eut lieu. Six membres du personnel de secours ont alors trouvé la mort et l’opération de secours a dû être arrêtée car un incendie avait lieu qui comportait le risque de nouvelles explosions.

Selon un communiqué de la direction de l’entreprise et du ministère des Situations d’urgence de Russie, les 26 mineurs manquants sont présumés morts, ce qui porte le nombre total de victimes de la tragédie à 36 travailleurs morts. Une période de deuil de trois jours a été décidée dans la région.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, a déclaré:
“Nous sommes profondément choqués et attristés d’apprendre que 36 mineurs ont perdu la vie dans ce tragique accident. Ce secteur industriel est encore la proie d’accidents qui fauchent plus de vies. Nous exprimons nos condoléances aux familles des mineurs.”

Rosugleprof, affilié à IndustriALL a exprimé ses condoléances aux familles, et le président, Ivan Mochnachuk, a déclaré:

“Nous accordons un soutien et une aide aux familles des victimes. Nous prendrons les mesures nécessaires pour déterminer les raisons de cette tragédie, afin d’empêcher que de nouvelles tragédies se produisent dans l’avenir, et pour réduire le plus possible les conséquences de l’accident à la mine Severnaya.”

Une commission spéciale d’enquête gouvernementale a été établie sous la direction de Arkadii Dvorkovich, Vice-Premier ministre de Russie.

Des paiements de l’ordre d’un million de roubles (environ 13.000 USD) provenant du budget régional sont en cours de versement aux familles des victimes. Des paiements  d’assurance complémentaire seront également effectués selon un accord fédéral industriel entre Rosugleprof et l’association des employeurs de l’industrie minière du charbon.

La mine Severnaya fait partie de Vorkutaugol, une entreprise minière du charbon, propriété du géant sidérurgique et minier Severstal de Russie.

Le syndicat albanais sauve 300 emplois dans les mines

Ce 8 février 2016, après cinq mois de difficiles négociations, l’affilié d’IndustriALL Global Union SPMSH (Syndicat indépendant des Mineurs d’Albanie) a signé au siège du Ministère de l’Énergie et de l’Industrie d’Albanie un accord avec l’entreprise BERALB concernant 300 mineurs de la région de Pukë (Fushë-Arrëz).

L’entreprise, qui a une concession de 30 ans avec l’État albanais pour l’exploitation des mines, voulaient toutes les fermer en raison du cours du cuivre qui est bas sur les marchés. Cette décision aurait sérieusement menacé les moyens d’existence des mineurs et de leurs familles dans ce qui est l’une des régions les plus pauvres d’Albanie, où règne un taux de chômage très élevé.

L’accord stipule qu’aucun travailleur ne sera licencié et que tous recevront un salaire de base assorti des cotisations à l’assurance santé et au fond de pension, du 1er février 2016 au 22 juin 2017, ce qui correspond à la période durant laquelle l’activité de la mine sera suspendue.

Lorsque cela sera nécessaire, les mineurs se chargeront du maintien en bon état de fonctionnement des installations, afin de permettre une reprise des activités en sécurité, et à l’issue de la période de suspension, voire avant si le cours du cuivre remonte, les 300 mineurs reprendront leur emploi à plein temps.

C’est une grande victoire pour le SPMSH et pour les syndicalistes en Albanie et, comme son président, qui est aussi celui de la centrale syndicale BSPSH, Gezim Kalaja, le souligne : “Cet accord ajoute du crédit aux valeurs du syndicalisme en Albanie”.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union a déclaré : “Nous félicitons notre affilié albanais qui, dans une lutte couronnée de succès, a affiché lors de cette campagne syndicale tout l’esprit et les traditions des mineurs”.

Cet accord a été conclu après cinq mois de négociations et l’action de protestation menée le 7 octobre 2015 en solidarité avec la Journée mondiale pour le travail décent qui a vu le soutien de la CSI, d’IndustriALL Global Union et de ses affiliés.

Le syndicat indonésien adopte un quota de 40% pour les femmes

Cette décision novatrice prise par le syndicat des métallurgistes fait suite à une résolution, adoptée lors de la Conférence mondiale des Femmes d’IndustriALL à Vienne en septembre 2015, qui préconisait une représentation des femmes de 40% au sein des propres structures d’IndustriALL.

Le comité des femmes de la FSPMI a mené une difficile campagne pour atteindre ce quota de 40% en rencontrant et en faisant pression régulièrement sur l’organe national de la FSPMI et sa présidence. En novembre 2015, plus de 200 femmes s’étaient réunies en soutien de cette revendication et pour faire mettre fin à la discrimination fiscale envers les femmes travailleuses.

En mai 2014, les femmes des syndicats indonésiens avaient également voté en faveur d’un quota de 40% au sein des structures d’IndustriALL lors de la Conférence Asie-Pacifique des Femmes d’IndustriALL.

La Directrice pour les femmes et Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Monika Kemperle, a déclaré :

Nous félicitons la FSPMI pour avoir fait figure de précurseur en prenant cette mesure ainsi que les femmes qui l’ont rendue possible. Une représentation accrue des femmes aura pour conséquence d’attirer davantage d’entre elles à rejoindre la FSPMI pour y prendre part aux activités syndicales et y exploiter l’indéniable faculté des femmes à syndiquer et à occuper des postes de direction.

La FSPMI a indiqué :

un nombre croissant de femmes au sein de nos structures va nous renforcer ainsi que notre campagne visant à protéger les droits des travailleurs et travailleuses.

Des conditions de travail dangereuses continuent à tuer des mineurs au Pakistan

Les charbonnages de Duki sont devenus meurtriers, mettant souvent en danger la vie des travailleurs. Selon les informations communiquées par l’affilié d’IndustriALL Global Union, la Fédération syndicale centrale des mines du Pakistan (PCMLF), en janvier 2016 des accidents ont coûté la vie à trois travailleurs de la mine Sor-range de Quetta, propriété de la Pakistan Mineral Development Corporation, et à deux autres dans les charbonnages de Chamalang à Loralai. En février 2015, huit travailleurs avaient été tués et quatorze autres blessés dans l’effondrement de galeries à Duki.

En dépit du lourd tribut en vies humaines au cours des dernières années, le gouvernement pakistanais n’a pas pris les dispositions adéquates pour garantir des conditions de travail sûres au sein des mines.

La plupart des travailleurs des industries des mines au Pakistan sont des travailleurs précaires recrutés par le biais d’un système complexe de sous-traitance. Des conditions de travail insalubres et dangereuses, des bas salaires et l’absence de sécurité sociale sont au nombre des importantes problématiques auxquelles les travailleurs sont confrontés. Les trois victimes de l’accident le plus récent étaient originaires d’Afghanistan.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, déclare :

Il est inacceptable que la mort d’ouvriers mineurs soit devenue une part intégrante dans l’activité des charbonnages au Pakistan. IndustriALL fait part de ses condoléances et de sa solidarité aux familles des trois mineurs décédés lors de cet accident.

Nous appelons le gouvernement du Pakistan à ratifier de toute urgence la Convention 176 de l’OIT sur la Santé et la Sécurité dans les Mines, et à mettre en œuvre toutes affaires cessantes le Recueil de directives pratiques sur la sécurité et la santé dans les mines de charbon souterraines de l’OIT, tel que recommandé par la Réunion d’experts sur la sécurité et la santé dans les mines de charbon.

Le Président du Conseil d’IndustriALL pour le Pakistan (IPC), et Secrétaire général de la PCMLF, Sultan Muhammad Khan, a indiqué qu’environ 120 mines de charbon situées en différents endroits du Baloutchistan comportaient des mesures de sécurité défaillantes.

Le gouvernement doit prendre des mesures immédiates pour assurer des conditions de travail sûres afin d’éviter les accidents mortels dans les bassins houillers tels que ceux de Sor-range, Marwar, Duki, Mach, Chamalang et Sharigh, qui persistent à être des endroits où le travail est dangereux.