Europe : Les syndicats montent le ton contre General Electric avec une journée d'action le 8 avril

GE est devenu un acteur majeur de l'industrie de l'énergie européenne après le achat d'Alstom Power en novembre 2015 et sa présence en Europe est devenue aussi importante qu'elle l'est aux États-Unis. Trois mois à peine après avoir conclu ce rachat, il veut réaliser 3 milliards € d'économies en supprimant 6.500 emplois un peu partout en Europe.

Le groupe de coordination syndicale d'IndustriALL European Trade Union se mobilise pour une journée d'action qui aura lieu le même jour devant le siège de l'entreprise, à Paris, et plusieurs de ses sites en Europe.

Les syndicats demandent à la direction de GE d'arrêter ce plan de restructuration et d'adopter plutôt une stratégie industrielle cohérente et durable qui garantisse l'avenir de l'emploi et le secteur européen de l'énergie.

Cette mobilisation est l'étape suivante d'une série d'actions qui ont déjà été menées en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Suisse.

En plus des suppressions d'emplois, les travailleurs de GE sont confrontés à une direction qui refuse de dévoiler sa gestion d'entreprise, en particulier ce qui touche à l'investissement, à l'innovation, au financement, au lancement de nouveaux projets de technologie, ainsi qu'aux nouvelles capacités de production et de recherche qui s'imposent pour répondre à la demande croissante d'énergie renouvelable.

Les syndicats demandent que la direction de GE :

Ses bénéfices ont fondu dans le secteur pétrolier et gazier et GE procède à des coupes sombres dans les coûts de tous ses départements. Il compte recourir à l'informatique pour automatiser la fourniture d'énergie en devenant ce qu'il appelle une "entreprise industrielle numérique".

En plus des États-Unis, dans la foulée du rachat d'Alstom, GE consolide sa position dans le monde entier, en Inde notamment et dans toute l'Afrique. Il envisage également d'investir dans le pétrole et le gaz en Iran.

Les syndicats européens appellent à une action de solidarité des travailleurs de GE d'autres pays, l'objectif étant d'opposer une riposte internationale à l'entreprise.

"IndustriALL Global Union soutient ses affiliés dans cette journée d'action contre GE", a déclaré Kemal Özkan, son Secrétaire général adjoint. "General Electric doit entendre leur voix, accepter leur message et faire ce qu'il faut."

Si vous voulez participer à cette journée d'action, faites-le au moyen du hashtag #EUActionDay_GE.

IndustriALL soutient Lula contre les attaques de la droite

Le vendredi 4 mars 2016, Lula a été extrait par la force de son domicile après avoir subi une campagne de diffamation de la part de médias avec des allégations de corruption dans le cadre d’une action orchestrée par la droite pour saper son héritage de justice sociale.

Il s’agit d’une campagne menée par ses opposants politiques de droite dans le but de se servir du système judiciaire et de médias contrôlés par une élite aisée pour imprimer un retour en arrière par rapport aux progrès accomplis par le Brésil.

Né pauvre, Lula est un ancien métallo qui s’est élevé au sommet du Parti des Travailleurs pour devenir Président du Brésil. En tant que syndicaliste, il a conduit une vague de grèves qui ont ébranlé les fondements de la dictature militaire. Lula a entrepris de mener le Brésil dans une ère de démocratie. Il est un symbole de la lutte des gens ordinaires pour la justice, la dignité et l’intégration sociale.

Lula est cher au cœur des masses laborieuses du Brésil. Lorsqu’il a quitté ses fonctions en 2011, il était l’homme politique le plus populaire du monde avec 80% d’avis favorables. Cela tient aux changements spectaculaires et concrets qu’il a apporté dans la vie de la grande majorité du peuple.

Au cours de sa présidence, le gouvernement de Lula a tiré 30 millions de personnes de la pauvreté, réduit le travail des enfants, émancipé les femmes, augmenté le salaire minimum, réduit le chômage et instauré une sécurité sociale, la Bolsa Familia. Il est parvenu à cela en faisant prospérer l’économie du Brésil et en s’assurant que les dividendes de cette nouvelle prospérité soient distribués équitablement.

Le leadership de Lula a inspiré les syndicats du monde entier, en particulier dans les autres pays en développement, où son modèle d’investissement public destiné à améliorer la vie des gens ordinaires a mis en avant les revendications syndicales à l’égard du gouvernement.

Les forces réactionnaires au Brésil ne peuvent admettre le basculement du pays vers la démocratie et ont intensifié leurs campagnes à son encontre.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan a déclaré :
 
“Les attaques néolibérales sont sans limites. Les forces conservatrices intensifient partout leurs attaques contre le monde du travail. Leur nouvelle cible est le Camarade Lula qui est, avec sa famille, victime d’une campagne redoublée.

“Il est clair que Lula est une cible symbolique, du fait d’avoir apporté un immense progrès économique et social au Brésil.

“Il a montré qu’un autre Brésil et qu’un autre monde sont possibles. Les forces conservatrices au Brésil et partout dans le monde veulent imprimer un retour en arrière. Elles veulent prendre leur revanche sur le progrès social et démocratique accompli par le Camarade Lula.

Nous ne leur permettrons jamais de le faire”.

Les syndicats réunis pour protester à travers toute l’Inde contre les politiques anti-ouvrières

Les syndicats ont appelé à une journée de protestation à travers toute l’Inde ce 10 mars 2016, leur gouvernement étant resté indifférent aux revendications syndicales et ayant failli à présenter des ouvertures concrètes.

Depuis 2009, les centrales syndicales en Inde ont agi au-delà des différences idéologiques et des lignes partisanes et ont pris de nombreuses initiatives communes pour défendre les droits des travailleurs et travailleuses et pour protester contre les politiques anti-syndicales.

La journée d’action du 10 mars fait partie d’une série d’actions communes au niveau national, dont de grandes grèves et actions de protestation nationales les 2 septembre 2015, 5 décembre 2014, 12 décembre 201328 février 2012 et la marche historique sur le parlement du 23 février 2011.

En dépit de cela, le gouvernement indien poursuit ses politiques anti-syndicales et favorables au milieu des affaires, dont des projets d’amendement de législations du travail, des désinvestissements et des privatisations d’entreprises publiques et autorise les investissements étrangers directs au niveau de secteurs stratégiques, ce qui affecte directement le bien-être des travailleurs et travailleuses.

Les centrales syndicales indiennes ont exprimé leur profonde préoccupation par rapport au fait que même sans légiférer, de nombreuses dispositions anti-syndicales sont passées par le biais de décrets exécutifs et en invitant les organes dirigeants des états à mettre en œuvre des amendements favorables aux entreprises.

En contraste total par rapport aux revendications du monde du travail, dans le cadre du budget 2016-2017 le gouvernement avait rompu avec la tradition d’exempter fiscalement la Caisse de Prévoyance des Salariés (EPF) en proposant une taxe sur les retraits auprès de l’EPF sur 60% des versements effectués après le 1er avril 2016 auprès de l’EPF et des autres fonds similaires. Le gouvernement a été forcé de retirer cette proposition fiscale en raison de larges protestations.

Les centrales syndicales ont apporté leur soutien aux propositions d’appel à la grève des salariés du gouvernement central des secteurs des chemins de fer, de la défense et des services postaux à dater du 11 juillet 2016 ainsi qu’aux perturbations menées en commun par les salariés des charbonnages dont un jour de grève le 29 mars 2016.

BMS, INTUC, AITUC, HMS, CITU, AIUTUC, TUCC, SEWA, AICCTU, UTUC et LPF sont au nombre des centrales qui se joignent aux mouvements de protestation. Il est important de noter que le Bharatiya Mazdoor Sangh (BMS), aile syndicale du parti au pouvoir, s’est également joint aux actions.

Des affiliés d’IndustriALL parmi lesquels la Fédération Hind Khadan Mazdoor, les Fédérations nationales indiennes des Métallurgistes et des Mineurs ainsi que la Fédération des Sidérurgistes, Métallurgistes et Ingénieurs d’Inde ont tenu des manifestations.

Les douze revendications des centrales syndicales sont :

  1. Pas de passage en sous-traitance de contrats de travail de nature permanente ou sans limite de temps. La nature de l’emploi, le paiement des salaires et prestations au personnel en sous-traitance doivent être au même niveau que pour le personnel régulier dans le secteur ou l’établissement.
  2. Amendement à la Loi sur le salaire minimum pour assurer une couverture universelle indépendamment des horaires. Le salaire minimum légal ne doit pas être inférieur à 15.000 roupies.
  3. Suppression de tous les plafonds pour le paiement et le droit à des primes et au fonds de prévoyance. Augmentation du montant des gratifications.
  4. Assurance d’une retraite pour tous et toutes.
  5. Mesures concrètes pour la création d’emplois.
  6. Application stricte de toutes les législations du travail.
  7. Couverture universelle de sécurité sociale pour les travailleurs et travailleuses non-syndiqués et création d’un Fonds national de Sécurité sociale.
  8. Enregistrement obligatoire des syndicats dans un délai de 45 jours et ratification immédiate des conventions de l’OIT n° 87 et 98.
  9. Mesures concrètes pour contenir la hausse des prix.
  10. Arrêt du désinvestissement dans les entreprises publiques tant au niveau central qu’à celui des états
  11. Pas d’investissement étranger direct dans les chemins de fer, la défense ou autres secteurs stratégiques.
  12. Pas d’amendements unilatéraux aux législations touchant au monde du travail.

Les centrales syndicales vont tenir une Convention nationale des Travailleurs à la Nouvelle Delhi le 30 mars prochain pour décider quelle sera la prochaine phase du programme d’action contre les politiques anti-ouvrières du gouvernement.

Les syndicats en première ligne du combat féministe

Le 8 mars a été célébrée aux quatre coins de la planète la Journée internationale de la femme pour réclamer le travail décent, l’égalité, la sécurité et le respect. Célébrée depuis plus d’un siècle, la Journée de la femme a son origine dans le mouvement syndical et dans les luttes des femmes des classes laborieuses.

Elle a gagné en ampleur ces dernières années, avec des revendications exigeant la fin de la violence envers les femmes et de la discrimination sur le lieu de travail et dans la société.

Le thème de cette Journée de la femme 2016 était l’égalité, le but étant d’arriver à la parité pour 2030. Très peu a été fait au cours des vingt dernières années pour combler les écarts entre hommes et femmes sur le lieu de travail. Nous ne faisons pas assez et une action s’impose d’urgence.

D’après un rapport de l’OIT publié le même jour, les femmes ont 27% de moins de chances que les hommes d’avoir un emploi rémunéré et, lorsqu’elles travaillent, elles gagnent moins et travaillent plus longtemps. En outre, les femmes ont des charges de famille et on attend d’elles des tâches de

compassion (servir le thé, faire montre d’empathie) nécessaires au fonctionnement harmonieux de la société.

C’est particulièrement le cas dans l’hémisphère Sud où les femmes font leur entrée dans le monde du travail à un rythme sans précédent, tout en devant par ailleurs assurer les rôles que leur impose la tradition. D’une manière générale, on assiste à une féminisation accélérée de la main-d’œuvre, les employeurs se servant du statut de soumission de la femme pour tirer les salaires vers le bas. Leur emploi est souvent précaire et exercé à domicile.

Le secteur le plus important d’IndustriALL est celui du textile où la main-d’œuvre est essentiellement féminine, surtout dans le Sud. Ces femmes constituent la catégorie la plus marginalisée et précaire au monde et nos affiliés de ces pays sont en première ligne du combat pour de meilleures conditions.

La Journée de la femme ne se limite pas à une revendication salariale; c’est aussi un combat pour la vie, un fait qu’a brutalement rappelé le viol et le meurtre d’une jeune fille en Inde, la veille de la Journée de la femme de cette année. En plus de leurs bas salaires, des conditions terribles qu’elles subissent et de leurs responsabilités familiales, les femmes, comme la femme mineur Pinky Mosiane, violée et assassinée en Afrique du Sud, sont confrontées à un niveau de violence indescriptible sur le lieu de travail.

Les syndicats qui organisent les femmes dans de telles conditions sont en première ligne dans le combat féministe. Ils se battent non seulement contre des employeurs exploiteurs mais contre des sociétés foncièrement sexistes. D’où l’importance qu’un syndicat indonésien adopte un quota de 40% de femmes, ou qu’une femme soit élue présidente d’un syndicat irakien des électriciens et techniciens.

Des femmes ont manifesté au Guatemala, au Brésil, au Chili et dans toute l'Amérique latine. En Thaïlande, en Corée du Sud et au Cambodge, les travailleuses et leurs syndicats ont fait entendre leur voix pour s’élever contre la discrimination et réclamer des allocations de maternité.

Au Bangladesh, les syndicats du textile ont manifesté bruyamment, mais ils ont aussi organisé des ateliers sur l’autonomisation des femmes. En Inde et au Sri Lanka, les femmes se sont rassemblées pour réclamer leurs droits.

Au Pakistan, des manifestations ont eu lieu à Karachi, Multan et Hyderabad, et l’IndustriALL Pakistan Council et la All Pakistan Labour Federation ont célébré la Journée de la femme par une conférence à Quetta. Les participantes ont ainsi appris que les femmes sont en butte à la discrimination dans toutes les sphères de la vie, y compris dans le mouvement syndical. C’est un frein de plus pour le mouvement parce que les employeurs exploitent le statut inférieur de la femme pour en tirer le maximum de profit et diviser les travailleurs.

À la manifestation d'Hyderebad, les orateurs ont expliqué comment, dans les zones tribales, les femmes sont traitées comme du bétail et servent de monnaie d'échange pour régler des conflits. Certaines sont aussi emprisonnées et soumises à des tortures sexuelles.

Des travailleuses à domicile transforment leurs foyers en ateliers pour des employeurs et travaillent de 12 à 14 heures par jour pour de bas salaires et aucune prestation. Notre affilié National Trade Union Federation soutient les efforts déployés par la Home Based Women Workers' Federation pour syndiquer les travailleuses précaires à domicile.

La Secrétaire générale adjointe et Directrice du département des femmes d’IndustriALL, Monika Kemperle, déclare :

"Nous saluons le travail fait par nos affiliés, qui créent des précédents en matière de droits des femmes dans leurs sociétés.

"Les femmes font souvent le travail le plus mal payé et le plus précaire. Elles subissent aussi une répression impitoyable en dehors du lieu de travail, dans des sociétés profondément sexistes. Pour pouvoir s'y opposer, il nous faut un mouvement syndical puissant pour organiser les travailleuses. Nos syndicats ont besoin de femmes aux postes de direction; des femmes capables de prendre les décisions nécessaires pour transformer nos lieux de travail et la société."

Ces syndicats changent la vie des femmes en leur permettant de se faire entendre et en les rassemblant pour lutter pour leurs droits. Très souvent, ils luttent contre le poids cumulé de traditions séculaires et contre la puissance économique d'entreprises multinationales qui pratiquent une spirale infernale.

Le tribunal reconnaît le caractère illégal du licenciement du dirigeant syndical au Kirghizstan

Dans sa décision du 9 mars, la cour a également ordonné qu’Ahmetov soit indemnisé pour perte de salaire pendant sa mise à pied. Dans le même temps, le tribunal a rejeté de précédentes accusations de diffamation et de préjudice porté à sa réputation que l’entreprise avait portées contre Ahmetov.

Fin août 2015, la direction de Zhongda avait licencié Ahmetov sans motif spécifique. Dans le même temps, la direction avait mis en cause l’enregistrement de la section locale, mis la pression sur les travailleurs et empêché l’accès du dirigeant syndical à l’entreprise.

En réponse à la pression mise par l’entreprise, IndustriALL et son affilié, le MMTUK, ont mené une campagne de solidarité sur LabourStart, qui a reçu le soutien de près de 8.000 militants de par le monde. IndustriALL avait également adressé une lettre de protestation à la direction de l’entreprise pour exiger la réintégration de Zhanaidar Ahmetov.

Zhanaidar Ahmetov loue le MMTUK et l’expérience de ses avocats qui ont permis cette victoire. Il a déclaré : “J’ai une gratitude particulière à l’égard d’Eldar Tadzhibayev [le président du MMTUK], grâce aux efforts de son équipe, nous avons obtenu la victoire”.

“En réalité, Ahmetov a été licencié pour avoir formé un syndicat et tenté de protéger les droits des travailleurs kirghizes au sein de l’entreprise,” a expliqué Tadzhibayev. Il a rappelé une autre affaire au sein de la même entreprise : le dirigeant syndical Almazbek Nurayev a également été mis à pied pour des motifs légers. En octobre 2015, Nurayev a été réintégré après une décision de justice en sa faveur. Malheureusement, l’entreprise n’est pas prompte à se soumettre aux décisions de justice et elle a déjà fait appel auprès d’une juridiction supérieure.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré “Nous félicitons notre affilié, le Syndicat des Mines et de la Métallurgie du Kirghizstan et Zhanaidar Ahmetov. Nous espérons également que cette fois la direction de Zhongda respectera la décision du tribunal, la considérera définitive et n’essaiera pas de se pourvoir en appel comme pour l’affaire concernant Nuraev. Nous savons que le MMTUK est prêt à se battre pour ces causes même auprès de la cour suprême s’il le faut et nous l’assurons de notre soutien indéfectible dans sa lutte pour les droits des travailleurs au Kirghizstan.”

3.500 travailleurs mexicains en grève contre Arcelor Mittal

IndustriALL assure de son total soutien les quelque 3.500 travailleurs qui ont entamé cette grève le 4 mars en réponse aux licenciements et violations de leur convention collective de la part de l’entreprise.

Les travailleurs avaient programmé le début de leur grève pour le 4 mars à midi. Cependant, une heure avant son déclenchement, le Conseil fédéral de Conciliation et d’Arbitrage (JFCA) les a informés qu’il avait estimé cette grève inacceptable. Cela ouvrait la possibilité pour le JFCA de déclarer la grève nulle et non-avenue.

Jorge Almeida, Secrétaire régional d’IndustriALL, a écrit au Président du Mexique, M. Enrique Peña Nieto, le jour même pour lui demander d’intervenir immédiatement pour garantir le respect du droit des travailleurs à faire grève et de condamner fermement les violations de la convention collective de la part d’Arcelor Mittal México Hierro.

“L’OIT précise que le droit de grève est l’un des moyens légitimes fondamentaux ouvert aux travailleurs et à leurs organisations pour pouvoir défendre et promouvoir leurs intérêts économiques et sociaux,” écrit Jorge Almeida.

Les travailleurs ont organisé une marche dans l’artère principale de la ville en direction des bureaux d’Arcelor Mittal pour dénoncer les plus de 300 licenciements abusifs perpétrés depuis 2015 et les violations de la convention collective. Ils maintiennent toujours un piquet devant les bureaux de l’entreprise.

Le Département du Travail et de la Sécurité sociale, par le biais du JFCA, a décrit la manifestation comme “l’occupation des locaux d’Arcelor Mittal par les travailleurs” et a exhorté Los Mineros à donner la priorité au dialogue. Dans un communiqué officiel, l’entreprise a décrit la manifestation comme un “blocage illégal” et a déclaré être ouverte à des pourparlers avec le syndicat, en relation directe avec les autorités, au sujet de la reprise des activités.

Le syndicat a publié une déclaration dans laquelle il indique qu’il a tenté à plusieurs reprises une conciliation mais qu’il avait opté pour la grève parce que l’entreprise n’avait pas répondu de manière satisfaisante :

“La grève n’est pas le conflit, elle fait partie d’une procédure pour trouver une solution au conflit. S’il n’en était pas ainsi, les travailleurs n’auraient aucune possibilité de se défendre contre la négligence de l’entreprise à se conformer à la convention collective officielle,” a-t-il expliqué.

Le syndicat a écrit au gouvernement pour lui demander d’assurer le respect du droit national et universel à faire grève, de dénoncer les représailles contre les grévistes et de favoriser la conciliation et le dialogue de sorte à trouver une solution au conflit. Il attend toujours une réponse.

Les femmes d’IndustriALL mettent leur journée à profit

Les femmes syndicalistes ont mis la journée à profit pour revendiquer de meilleurs droits par rapport à la maternité, un salaire égal, et la fin de la violence et de la discrimination à l’encontre des femmes et des jeunes filles, entre autres problématiques.

Une assemblée du Conseil des affiliés sri-lankais d’IndustriALL réunie pour la Journée de la Femme a adopté une résolution pour l’amélioration de la législation relative au congé de maternité et a décidé de mener campagne jusqu’à ce que ces revendications aboutissent au parlement. Le Conseil a également voté une résolution pour la création d’une aile féminine.

Le salaire vital, la protection sociale et de meilleurs services de garderie d’enfants ont été au centre des préoccupations pour les affiliés du textile et de la confection du Bangladesh. L’industrie dominante du pays, la confection, repose pour 80 à 90% sur les femmes travailleuses.

L’exploitation et l’extrémisme ont été cités comme principaux obstacles à la libération de la femme lors d’un grand meeting à Hyderabad au Pakistan, qui rassemblait plusieurs syndicats. Nasir Mansoor, de l’affilié pakistanais d’IndustriALL NTUF, a déclaré devant la foule rassemblée que les femmes avaient toujours joué un rôle fondamental au sein du mouvement ouvrier.

Les syndicats présents au meeting ont appelé à l’abolition de toutes les lois discriminatoires à l’égard des femmes au Pakistan. D’autres revendications portaient sur la reconnaissance légale et l’attribution de droits aux femmes travailleuses exerçant à domicile, un salaire égal, la fin des mariages des mineures et de la traite des femmes et des jeunes filles, et la criminalisation de la discrimination contre les femmes sur base de l’ignorance issue de coutumes et traditions.

Au Cambodge, des femmes en provenance des dix affiliés d’IndustriALL ont organisé durant la période précédant le 8 mars des mobilisations simultanées sur les lieux de travail, devant les usines, en mettant principalement en exergue la protection de la maternité.

Les affiliés d’IndustriALL en Corée du Sud, notamment la FKMTU, la FKCU et le KNEWU, ont participé à un congrès de plus de 1000 participant(e)s organisé par la Fédération des Syndicats coréens. Les femmes ont ensuite défilé en faveur des droits des femmes travailleuses.

En Thaïlande, les affiliés d’IndustriALL se sont joints à une mobilisation de centaines de syndicalistes. Les thèmes centraux du 8 mars étaient la fin du harcèlement sexuel sur le lieu de travail ainsi que celles des violations des droits des femmes enceintes.

Trop c’est trop ont fait savoir en République Dominicaine les affiliés d’IndustriALL, qui ont défilé dans les rues pour appeler à la fin de la violence à l’égard des femmes, du travail précaire, de la discrimination et de l’impunité.

Ailleurs en Amérique latine, l’affilié Guatémaltèque FESTRAS a organisé une marche pour le droit des femmes à un travail décent, alors qu’au Brésil, un programme d’activités d’un mois visant à l’émancipation des femmes syndicalistes a été lancé par la FEQUIMFAR.

IndustriALL a encore soutenu d’une part l'action syndicale à l’occasion de la Journée internationale de la Femme au Maroc, qui appelait à la fin de la discrimination à l’égard des femmes, ainsi que d’autre part des activités en Tunisie et en Égypte ce 8 mars.

La Secrétaire générale adjointe et Directrice des Femmes d’IndustriALL, Monika Kemperle, se trouvait aux États-Unis pour la Conférence des Femmes du syndicat de la métallurgie USW qui a exhorté les femmes à franchir le pas vers leur syndicat. Une marche organisée en soirée a vu un millier de participantes descendre dans les rues de Pittsburgh pour revendiquer des droits pour les femmes et l’égalité des salaires.

“Il est réellement stimulant de voir comment les affiliés d’IndustriALL montrent la voie en soutenant les droits des femmes en de si nombreux pays. Tout au long de l’année, des campagnes sur des problématiques affectant les femmes et leurs droits sont intégrées au sein de l’ensemble de nos activités,” a indiqué Monika Kemperle.

“La protection de la maternité et la violence faite aux femmes ont été des thèmes récurrents de la Journée internationale de la Femme. Nous devons insister pour que davantage de gouvernements signent la Convention n° 183 de l’OIT sur la Protection de la Maternité et nous devons appeler à une tolérance zéro par rapport à la violence. Pour y arriver, nous avons besoin de davantage de femmes aux postes de direction et de décision.”

Travailleurs, pas esclaves : Les syndicats turcs contre le système des courtiers de main-d’œuvre

Ce projet de loi autoriserait pour les entreprises des quotas de travailleurs intérimaires dans certaines circonstances. Mais les syndicats turcs craignent que cela mène à un recours excessif au travail intérimaire pour "une augmentation imprévue du volume d'activités de l'entreprise" ou "des crêtes d'activité périodiques" que les employeurs pourraient invoquer à tout moment dans un système de production.

Une commission parlementaire a approuvé ce projet de loi qui entérinerait le système de courtage de main-d’œuvre qui devrait être soumis à la Grande Assemblée nationale (TBMM). Si elle l'adopte, des millions de travailleurs vont se retrouver avec des contrats d'agence d'intérim plutôt qu'avec des contrats permanents.

Les syndicats turcs, parmi lesquels les affiliés d'IndustriALL Global Union, s'opposent à ce projet de loi et mobilisent leurs membres dans plusieurs campagnes.

Une généralisation du travail intérimaire affaiblit les normes internationales du travail et limite le champ d'application des conventions collectives, ce qui affecte gravement la capacité de négociation des syndicats.

Dans la lettre qu'il envoie au Premier ministre turc Ahmed Davudoğlu, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, écrit que ce projet est inacceptable et risque de créer un marché du travail proche de l'esclavagisme en Turquie :

"Avec nos affiliés de votre pays, nous sommes profondément inquiets et indignés des énormes conséquences que ce projet de loi pourrait avoir pour le marché du travail et les activités syndicales."

"Nous appelons le gouvernement turc à retirer le projet de loi autorisant un système de courtage de main-d’œuvre et à nouer un authentique dialogue avec toutes les organisations syndicales afin d'élaborer des politiques et des instruments favorisant l'emploi permanent, direct et sûr fondé sur les droits humains et syndicaux fondamentaux."

En 2009, le précédent gouvernement turc avait tenté de faire passer un texte similaire sans avoir consulté les principales organisations de travailleurs du pays. Le Président de l'époque avait finalement opposé son véto.

Nous avons foi en les femmes !

En ce jour, les affiliés d’IndustriALL Global Union célèbrent la Journée internationale de la Femme partout dans le monde en soulignant des problématiques clés qui concernent les femmes.

Cette date marquante trouve ses racines dans les luttes des travailleuses de la confection aux États-Unis qui, en mars 1908, sont descendues par milliers dans les rues de New York pour revendiquer de meilleurs salaires, un temps de travail moins long ainsi que le droit de vote. IndustriALL est fière de représenter des millions de travailleuses de la confection et de femmes travailleuses en général partout dans le monde.

Alors que le droit de vote pour les femmes a été acquis dans la plupart des pays, la lutte pour l’égalité des salaires et la parité en termes de représentation se poursuit.

Le thème pour la Journée internationale de la Femme de cette année est l’égalité des sexes. Il fait suite aux prévisions du Forum économique mondial selon lesquelles il faudrait 117 années pour combler l’écart pour atteindre la parité entre les sexes.

Alors que l’égalité des sexes est consacrée par la législation dans de nombreux pays, la réalité pour les femmes est radicalement différente. Pratiquement dans toutes les sociétés de ce monde, les femmes sont sous-représentées au niveau des postes de direction et de pouvoir. Et le niveau des salaires des femmes n’est que trop souvent plus bas que celui de leurs homologues masculins.

Les syndicats ont la responsabilité de s’attaquer à ces problématiques, de promouvoir le rôle des femmes, de s’adresser aux femmes. Les femmes elles-mêmes doivent agir et par-dessus tout être encouragées à participer aux activités syndicales et à s’en voir donner l’occasion. Nous devons être aux avant-postes de la promotion de politiques qui rencontrent réellement les besoins des femmes.

Les affiliés d’IndustriALL aux Philippines, au Myanmar et au Cambodge marquent ce 8 mars en revendiquant l’amélioration de la protection de la maternité pour toutes les femmes.

Ils appellent à des grossesses vécues sans risques de santé et sécurité, à de plus longues période d’allaitement maternel, à de plus longs congés de maternité, à la protection contre la discrimination et à la sécurité de l’emploi.

Comme nombre de nos affiliés, ils appellent également leurs pays à ratifier la Convention de l’Organisation internationale du Travail sur la protection de la maternité (n° 183).

Nous sommes également fiers des femmes de notre affilié indonésien, la FSPMI, qui ont fait campagne avec succès pour  40% de représentation pour les femmes au sein des structures dirigeantes du syndicat. C’est une victoire que nous allons amener devant le Congrès en octobre pour faire pression pour l’obtention de la même décision au sein des propres instances d’IndustriALL.

L’égalité des sexes est au cœur des objectifs de développement durable des Nations Unies pour 2030. L’objectif n° 5 parmi les 17 est de parvenir à l’égalité des sexes et à l’émancipation des toutes les femmes et jeunes filles. En plus d’appeler à mettre un terme à la discrimination, cet objectif souligne également le besoin urgent d’arrêter toute forme de violence à l’encontre des femmes et des jeunes filles.

Les femmes œuvrant au sein des secteurs relevant d’IndustriALL sont parfois soumises à une violence meurtrière, comme on a pu le constater dans des mines sud-africaines. Les syndicats ne peuvent pas se voiler la face par rapport aux abus sexuels, physiques et domestiques qui sont une réalité bien trop fréquente pour de nombreuses femmes, raison pour laquelle IndustriALL fait campagne pour mettre un terme à la violence faite aux femmes.

Cependant, la Journée internationale de la Femme sert à célébrer tout ce que les femmes ont accompli, économiquement, socialement et politiquement. Nous voyons l’énergie que nous apportent nos membres féminins. Nous constatons leur potentiel. Nous voyons ce qu’elles ont accompli.

Tout comme les syndicats ont tracé la voie pour les avancées en termes de temps de travail, de salaire ainsi que de santé et sécurité, ils doivent maintenant mettre les droits des femmes et la parité de leur représentation au cœur de l’ordre du jour syndical.

Des travailleurs agressés et menacés chez Fresnillo PLC après avoir gagné devant la juridiction du travail

Il y a huit ans, la compagnie minière Fresnillo PLC a licencié Javier Canales, Ramón Juárez et Noel Méndez. Après avoir entrepris une action en justice, ces travailleurs ont finalement gagné leur procès et, en février 2016, la cour a ordonné à l’entreprise leur réintégration. L’avocat du syndicat, Óscar Alzaga, a indiqué qu’ils avaient été frappés, insultés et menacés par une centaine de salariés de Fresnillo lors de leur retour au travail consécutif à leur réintégration.

Fresnillo est le plus grand producteur mondial d’argent primaire et est la propriété du magnat des affaires Alberto Bailleres González, qui a reçu de la part du Sénat mexicain en novembre 2015 la médaille Belisario Dominguez. Il est intéressant de noter qu’en principe, cette distinction est accordée aux “hommes et femmes mexicains ayant une carrière remarquable et qui ont particulièrement contribué au bien-être de la Nation et de l’humanité”

Me Alzaga a déclaré que l’agression chez Fresnillo avait été organisée par David Navarro et Gustavo Barrios, sur instruction du dirigeant du syndicat pro-entreprise Minero Metalúrgico Frente, Carlos Pavón Campos, mieux connu sous son sobriquet de “la Marrana” (la Truie), qui suit les ordres de l’entreprise.

Les dirigeants de Fresnillo PLC se comportent comme des bandits, permettant à des salariés de l’entreprise, dans les locaux mêmes de celle-ci, de menacer et d’agresser des adhérents syndicaux qui s’opposent au démantèlement de la convention collective de travail,

poursuit Me Alzaga.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré :

Cette affaire déplorable illustre à nouveau les défis auxquels sont confrontés notre affilié, Los Mineros, ainsi que tous les autres syndicats indépendants. Elle souligne également le besoin de prendre des mesures urgentes pour mettre fin aux contrats de protection et pour réformer les relations sociales.