Profonde préoccupation par rapport à la législation syndicale cambodgienne

Ce projet de loi est sévèrement critiqué par les syndicalistes, la Confédération syndicale internationale ainsi que par l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour être à l’origine de restrictions qui pourraient être utilisées pour étrangler les syndicats du pays.

IndustriALL, qui compte dix syndicats de la confection au Cambodge, indique que ses affiliés sont inquiets face à certaines dispositions de cette législation et veulent qu’elles prennent davantage en compte les travailleurs et travailleuses.

Non seulement cette nouvelle loi oppose de graves restrictions au droit de grève, mais les syndicats en attente de leur enregistrement seraient empêchés d’agir.

Elle signifierait aussi que si des leaders élus agissent dans l’illégalité, l’ensemble de l’organisation syndicale pourrait être dissoute. Elle impose également des exigences déraisonnables en termes d’audits financiers des syndicats, qui pourraient être aisément manipulés pour les harceler et les appauvrir.

De plus, les sanctions maximales contre les employeurs sont si faibles qu’elles en seraient inoffensives (1.250 dollars), alors que pour les syndicats elles pourraient être fatales.

Dans un courrier adressé au Premier Ministre du Cambodge, M. Hun Sen, le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, écrit :

“IndustriALL Global Union exhorte le gouvernement cambodgien à consulter de manière significative les syndicats et à s’assurer que toute proposition de loi les touchant soit conforme aux Conventions 87 et 98 de l’OIT avant de la proposer à l’adoption. Toute législation qui ne respecterait pas pleinement ces droits attirerait à coup sûr l’attention et l’opposition tant sur le plan domestique qu’international.”

IndustriALL a tenu sa réunion de Comité exécutif dans la capitale cambodgienne Phnom Penh  en décembre 2015 en solidarité avec ses affiliés du secteur de la confection du pays.

IndustriALL met en garde l’Argentine contre tout affaiblissement de la législation du travail

Durant un séjour à Buenos Aires les 16 et 17 mars, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Jyrki Raina a rencontré le Ministre du Travail et le Secrétaire à l’Industrie du nouveau gouvernement, a rendu visite aux syndicats du pays et s’est entretenu avec le conseil national des affiliés d’IndustriALL pour l’Argentine.

Alors qu’une récession touche l’ensemble du continent, la croissance de l’Argentine a été freinée par la contraction de l’économie brésilienne. L’Argentine dépend fortement des échanges avec le Brésil et ceux-ci ont chuté depuis 2014.

La baisse des exportations a déjà conduit à des pertes d’emploi dans l’industrie et les syndicats craignent que bien davantage encore soient à venir. Des signes indiqueraient que le nouveau gouvernement pourrait ne pas vouloir maintenir les mécanismes qui protègent les travailleurs des licenciements.

Au cours d’une rencontre avec le Ministre du Travail argentin, M. Jorge Triaca, Jyrki Raina a mis en garde le gouvernement contre la tentation d’affaiblir la législation du travail et la protection sociale, actuellement parmi les meilleures en Amérique latine.

“Elles ont contribué à des relations sociales équilibrées et à la paix sociale dans le pays,” a indiqué Jyrki Raina.

M. Triaca a assuré que le gouvernement allait continuer à traiter les choses en consultation avec les syndicats et les employeurs, le but étant d’éviter les licenciements et de prendre soin des travailleurs.

Dans un entretien avec le Secrétaire à l’Industrie, M. Martin Etchegoyen, Jyrki Raina a souligné l’importance de politiques actives destinées à maintenir et développer la solide assise industrielle de l’Argentine, qui contribue pour pas moins de 29% au produit intérieur brut du pays.

M. Etchegoyen a dit que le nouveau gouvernement avait foi dans le succès durable des industries diversifiées du pays, avec une forte présence dans les industries automobile, sidérurgique, chimique et textile. La situation au Brésil complique les choses, les infrastructures nécessitent des investissements mais les finances et la capacité d’emprunt restent un problème important.

L’Argentine a souffert d’une forte inflation pendant des années et elle est estimée à au moins 30% en 2016, ce qui complique les décisions en matière d’emprunt. De plus, le nouveau gouvernement a levé les restrictions sur les devises en décembre, causant une dégringolade du peso de l’ordre de 35% par rapport au dollar américain.

Au cours de sa visite, Jyrki Raina a rencontré le conseil national d’IndustriALL pour débattre de la situation en Argentine et des préparatifs du Congrès d’IndustriALL qui se tiendra à Rio de Janeiro en octobre. Il s’est exprimé lors d’un atelier sur les réseaux syndicaux au sein des multinationales face à de jeunes militants en provenance d’Argentine, du Brésil et du Mexique. Il a également participé à la cérémonie d’intronisation des dirigeants du syndicat automobile SMATA et s’est entretenu avec des leaders syndicaux locaux de Bridgestone, Pirelli ainsi que d’autres manufacturiers de pneumatiques.

Kazakhstan : les dettes d’ArcelorMittal conduisent à des salaires impayés

ArcelorMittal Temirtau, importante compagnie minière et métallurgique au Kazakhstan, sous-paie ses vingt-quatre sous-traitants depuis trois ans, ce qui a conduit ceux-ci à retarder le versement des salaires à leur personnel. Le salaire moyen d’un travailleur en sous-traitance chez ArcelorMittal Temirtau est d’environ 30 à 40.000 tengues (100 à 115 dollars) par mois.

Soixante pourcents des travailleurs en sous-traitance concernés sont membres du Syndicat de la ville de Termirtau, affilié à IndustriALL Global Union par le biais du Syndicat des travailleurs des industries minières et métallurgiques de la République du Kazakhstan.

La dette d’ArcelorMittal Temirtau vis-à-vis de ses sous-traitants a été débattue à plusieurs reprises lors de réunions du Comité sectoriel pour le partenariat social et les relations sociales dans l’industrie minière et sidérurgique au cours de l’année écoulée. Des représentants d’ArcelorMittal Temirtau ont participé à ces réunions mais en ont ignoré les décisions. Chaque mois, l’entreprise verse moins de cinquante pourcents de son dû, de sorte que la dette totale n’a cessé de grimper pour atteindre 903,5 millions de tengues (2,61 millions de dollars) au 15 février 2016.

Ces sous-traitants sont dépendants d’ArcelorMittal Temirtau et en conséquence ne poursuivent pas, ni ne font appel au bureau du procureur, ni même à l’inspection du travail, de peur de perdre leurs contrats ou d’être eux-mêmes mis à l’amende, comme cela s’est produit en 2015.

Comme les arriérés de salaires conduisent à des tensions sociales, les syndicats exigent qu’ArcelorMittal Temirtau liquide immédiatement ses dettes vis-à-vis de ses sous-traitants et envisage une augmentation des prix.

Asylbek Nuralin, Président du Syndicat des travailleurs des industries minières et métallurgiques de la République du Kazakhstan, a déclaré :

“Des relations sociales basées sur un partenariat social, le respect des droits humains et une synthèse acceptable des intérêts des travailleurs et des employeurs peuvent générer un développement économique et social durable des entreprises industrielles.”

Ce 16 mars, le Syndicat des travailleurs des industries minières et métallurgiques de la République du Kazakhstan a de nouveau soulevé la question lors de la réunion du Comité tripartite pour le partenariat social et les relations sociales et les autorités régionales devraient se pencher sur la question et faire rapport de leurs conclusions auprès du Ministère de la santé et du développement social de la République du Kazakhstan d’ici au18 avril.

Des vies en suspens

Fin 2015, IndustriALL a mené une petite étude sur les impacts sociaux du travail précaire au sein de la Zone industrielle franche (EPZ pour le sigle anglais couramment utilisé) de Cavite aux Philippines. 24 travailleurs et travailleuses âgé(e)s de 18 à 40 ans, occupé(e)s par 17 entreprises différentes ont participé aux entretiens, tout comme des figures issues du syndicat ou des communautés locales. 16 étaient des femmes et 8 des hommes. Pratiquement la moitié de ces personnes avaient entre 20 et 30 ans. La plupart d’entre elles n’étaient pas originaires de la province de Cavite.

Deux tiers des personnes interrogées étaient occupées dans l’industrie de la confection et le reste dans le secteur de l’électronique. Tous les participants ont été recrutés en direct par leur entreprise dans le cadre d’un contrat de courte durée, cinq l’ont été par le biais d’agences.

L’ensemble de ces salariés gagne juste assez pour survivre. Ils étaient payés au salaire minimum régional : 340 PHP (7 USD) par jour. Les études passées ont montré que ce montant est loin d’être suffisant pour pouvoir le considérer comme un salaire vital.

Les travailleurs et travailleuses permanents ont le même salaire minimum mais perçoivent des prestations auxquelles les travailleurs précaires n’ont pas droit. De plus, en période de ralenti, les travailleurs non-réguliers sont les premiers à souffrir. Le temps de travail est réduit à trois jours par semaine ou les contrats sont cassés. De plus, les travailleurs et travailleuses avec des contrats courts doivent payer tous les cinq mois le renouvellement des documents requis pour occuper un emploi.

Nombre des travailleurs et travailleuses interrogés ont rapporté qu’ils et elles envoyaient une grosse partie de leurs salaires à leur famille. Ce qui reste de leur rémunération couvre à peine les besoins de la vie courante. Les travailleurs précaires et les bénéficiaires du salaire minimum saisissent toutes les opportunités qui leur sont offertes de gagner davantage en prestant des heures supplémentaires.

Les travailleurs précaires doivent économiser sur leurs besoins de base. Ils vivent généralement dans de très petites pensions surpeuplées. Ceux et celles que nous avons interrogés ont déclaré économiser d’abord sur la nourriture. Il est courant que ces travailleurs achètent de la nourriture, souvent déjà frite, qui pourra être conservée et utilisée pour le petit-déjeuner ou le déjeuner du lendemain. En général les légumes ne sont consommés qu’une fois par semaine. Certains font du stop depuis chez eux pour économiser sur les coûts de transport.

Les jeunes travailleurs et travailleuses interrogés veulent fonder leur famille. Mais comme il est déjà difficile de joindre les deux bouts en étant célibataire, ils et elles reportent cette perspective. Les femmes reportent leurs projets de maternité. Les travailleuses précaires venant d’en dehors de la province de Cavite doivent parfois laisser leurs enfants à la famille dans leur province d’origine pendant de longues périodes. Si elles tombent enceintes, elles devront parfois partir parce que leurs contrats ne seront pas renouvelés.

Pour les travailleurs précaires qui ne sont pas originaires de la région, il est impossible d’économiser quoi que ce soit et emprunter sur de futures rentrées fait partie de leur mode de vie. Il n’est pas rare que les cartes bancaires de certains travailleurs soient en possession de personnes auxquelles ils doivent de l’argent. Les monts de piété, les usuriers et les institutions de prêt sont légions dans les environs des EPZ.

Les travailleurs précaires se sentent souvent seuls et isolés. Sur leurs lieux de travail, les travailleurs et travailleuses interrogés se sentaient citoyens de seconde classe. Ils ne peuvent pas envisager de congés de maladies ou de vacances comme le font des travailleurs réguliers. Dans certains cas ils et elles avaient dû payer pour leur tenue de travail. Ils et elles rapportent se sentir persécutés par les travailleurs réguliers. Ils doivent s’adresser à eux en leur donnant du “Monsieur” ou “Madame”.

Les figures marquantes des communautés riveraines de l’EPZ indiquent que les travailleurs et travailleuses non-réguliers se considèrent souvent comme des étrangers. Ils réfléchissent souvent à deux fois pour des activités de loisir, préférant rester dans leurs résidences ou prester des heures supplémentaires.

Avec le soutien d’un projet contre le travail précaire bénéficiant d’un financement externe, les affiliés d’IndustriALL aux Philippines font campagne en faveur d’un projet de loi visant à limiter le travail précaire.

Les syndicats ont eu raison des contrats zéro heure en Nouvelle-Zélande

Ceci met un terme à l’une des plus affreuses forme d’exploitation des travailleurs. Sous couvert de flexibilité, les contrats zéro heure sont employés pour contrôler les travailleurs, puisque les chefs ont totale discrétion sur qui va pouvoir effectuer une prestation.

La nouvelle loi prend effet au 1er avril et stipule que les employeurs doivent garantir un minimum d’heures par semaine et que les travailleurs peuvent refuser d’en prester davantage sans répercussions.

Cette victoire est le point culminant de plus d’une décennie de lutte de la part des syndicats de Nouvelle-Zélande. Les affiliés d’IndustriALL ont pris part à cette campagne à la tête de laquelle figurait le syndicat Unite, qui est présent dans la restauration rapide, l’hôtellerie, la vente au détail ainsi que d’autres secteurs caractérisés par les contrats précaires comme les centres d’appels, le gardiennage et le nettoyage.

Unite se bat pour obtenir des conventions collectives depuis 2003 et a mené des campagnes de grande visibilité contre McDonald’s, KFC ainsi que d’autres employeurs d’envergure. En 2005, par le biais de la campagne Supersize My Pay (qu’on pourrait traduire par : “Pour mon salaire, ce sera la grande portion”), le syndicat a obtenu ses premières conventions collectives avec les multinationales de la restauration rapide en donnant un coup de fouet au salaire minimum, en mettant fin au “barème jeune” et en garantissant un nombre d’heures prestées.

Mike Treen, Directeur national de Unite explique : “Nous sommes parvenus à nos fins pour les deux premiers points, mais toutes nos tentatives pour obtenir un nombre garanti d’heures ont été déjouées par les entreprises. On nous a promis par écrit dans nos conventions de proposer des heures au personnel existant avant d’engager de nouvelles personnes, mais c’est virtuellement impossible à faire appliquer dans des secteurs avec une telle rotation de personnel.”

Le syndicat a lancé une campagne contre les contrats zéro heure, qui s’est attirée la solidarité internationale et un large soutien de l’opinion publique. En 2014 et 2015, Unite s’est joint à des syndicats du monde entier pour Fast Food Global, une journée d’action en faveur des travailleurs et travailleuses de la restauration rapide. Cette problématique a obtenu davantage d’attention et de sympathie après qu’elle a été évoquée par la série télévisée Campbell Live Show, et que même des journalistes de droite ont commencé à s’opposer publiquement aux contrats zéro heure.

En 2015, Unite a conclu des conventions collectives de travail avec McDonald’s, KFC, Burger King et Pizza Hut, mettant fin aux contrats zéro heure et garantissant un certain nombre d’heures de prestation dans ces entreprises. La législation adoptée en 2016 étend cette victoire à tous les travailleurs.

Treen commente : “Ceci représente un tournant fondamental dans la relation d’emploi des travailleurs et travailleuses les plus vulnérables du pays.”

En parallèle à la campagne de Unite, l’affilié d’IndustriALL FIRST Union a mené une campagne intitulée Garantissez nos heures et a mis une forte pression pour obtenir un changement de législation.

“Nous sommes engagés dans une bataille serrée depuis neuf mois avec la chaîne de magasins de bricolage australienne Bunnings qui tente à tout prix de faire passer ses salariés à régime d’heures fixes à un régime de prestations flexibles” confie le Secrétaire général de FIRST Union Robert Reid.

“Cette nouvelle législation va nous apporter davantage d’eau au moulin pour cette lutte et d’autres similaires,” dit-il.

Ceci constitue une victoire significative contre le travail précaire, car elle intervient au départ d’un secteur qui est tristement célèbre pour la difficulté de s’y syndiquer. Les contrats zéro heure restent un problème grave dans de nombreux pays.

Selon le journal The Guardian, entre 800.000 et 1,5 millions de travailleurs et travailleuses au Royaume-Uni sont sous le régime des contrats zéro heure. Des contrats similaires existent dans bien d’autres pays.

Le libre-échange nécessite des normes du travail et un contrôle démocratique

Le libre-échange n’est pas une question facile pour les syndicalistes. Nous avons des opinions différentes au sein de notre grande famille mondiale. Les syndicats des pays qui dépendent des exportations, comme les pays nordiques et le Japon, sont en faveur du libre-échange, assorti de certaines conditions. D’autres, comme ceux d’Amérique du Nord disent avoir perdu un million d’emplois à cause de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

En décembre 2014, le Comité exécutif d’IndustriALL Global Union s’est accordé sur une série de principes pour les négociations des accords commerciaux tels que l’Accord de partenariat trans-pacifique (TPP), le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) entre les États-Unis et l’UE ou l’Accord économique et commercial global (CETA) entre l’UE et le Canada :

Malheureusement, le TPP conclu en octobre 2015 par 12 pays de la bordure du Pacifique au bout d’années de négociations menées en secret, est en-deçà de nos revendications. À la suite d’un appel du Comité exécutif d’IndustriALL en décembre, un certain nombre d’affiliés ont lancé une nouvelle action pour stopper la ratification de cet accord par les parlements des pays concernés.

L’une des dispositions les plus controversées du TPP est le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS pour le sigle anglais couramment utilisé). Elle donne la possibilité aux multinationales de poursuivre les États membres à concurrence de milliards de dollars auprès d’un tribunal arbitral privé si elles estiment que des législations ou politiques affectent leur profitabilité.

De telles dispositions ont été utilisées pour attaquer des mesures de santé publique, des réglementations environnementales et financières et des législations sur l’emploi ainsi que sur la santé et la sécurité. Le Canada reste le pays le plus poursuivi par les investisseurs étrangers. À l’heure actuelle, les compagnies américaines ont introduit des procédures en dommages et intérêts contre le gouvernement canadien pour un total de 6 milliards de dollars.

Nous ne pouvons accepter que le contrôle démocratique et la souveraineté nationale soient sapés dès lors qu’il s’agit de maintenir en bonne posture les normes sociales, environnementales ainsi que celles du travail.

Après avoir subi une pression considérable de la part des syndicats et d’organisations de la société civile, la Commission européenne a rendu plus transparente la procédure de négociation du TTIP, a lancé des consultations et publié une proposition concernant un système juridictionnel des investissements au lieu de l’ISDS. Cependant les leaders syndicaux européens et américains sont d’accord pour dire qu’un tel tribunal est inutile. Au contraire, le TTIP doit contenir des mesures de protections larges et exécutoires des droits du travail, des services publics et de environnement.

Le libre-échange devrait être équitable et uniformiser les règles du jeu, s’agissant des investissements et du développement, dans des proportions équitables et raisonnables pour permettre une concurrence loyale. C’est pourquoi la présence des droits fondamentaux du travail tels que la liberté syndicale devrait être un élément essentiel de tout accord commercial.

Jyrki Raina

Secrétaire général

Sintracarbón célèbre la victoire après les négociations à la mine de Cerrejón

Cette convention de deux ans, scellée le 15 mars, comprend une augmentation salariale ainsi que des améliorations en termes de santé, d’éducation et autres avantages. Cerrejón, une des plus vastes mines de charbon du monde, est une coentreprise entre Anglo American, BHP Billiton and Glencore.

Au début des négociations, Cerrejón a utilisé l’excuse de la chute des prix des matières premières pour faire une “ultime offre” qui exigeait des concessions significatives de la part des travailleurs en matière de droits syndicaux, de santé et autres.

Début mars, 98,3% des syndiqués ont voté en faveur d’une action de grève à défaut qu’un accord soit conclu à la table des négociations. Le syndicat n’a fait que se renforcer et s’unir à mesure que le conflit se creusait, enregistrant 300 nouveaux adhérents au cours de cette période.

Le Président du syndicat, Jairo Quiroz, précise que la force de mobilisation du syndicat, la légitimité de ses revendications ainsi que le soutien inaltérable de ses adhérents et de la communauté riveraine sont autant d’éléments qui ont contribué ensemble à la victoire. Sintracarbón a remercié IndustriALL Global Union et ses affiliés du secteur des mines pour la solidarité internationale affichée durant ce conflit portant sur les négociations collectives.

Entretemps, la lutte pour assurer une solution équitable pour les travailleurs et les communautés riveraines se poursuit. À peine deux jours après la signature de l’accord, Sintracarbón et ses membres sont descendus dans les rues dans le cadre d’une vaste action nationale de protestation soutenue par les syndicats, les groupements indigènes, les étudiants et autres. “Comment est-il possible dans une région riche en ressources naturelles comme La Guajira, qui abrite Cerrejón, que des enfants puissent mourir de malnutrition ?” demande Sintracarbón. “Nous exigeons que La Guajira soit perçue sous un autre angle et que ces problématiques soient prises en compte de toute urgence."

Crown expulse des travailleurs d’une usine marocaine

La police a commencé à expulser les travailleurs du site de l’entreprise à Agadir le 15 mars, selon l’Union Marocaine du Travail (UMT). Les travailleurs étaient en grève au sein des deux usines de Crown Packaging Maroc à Casablanca et Agadir depuis le 2 mars.

La grève avait été lancée à la suite d’une série d’annonces faites par la direction en l’absence de négociation et de concertation avec les représentants des travailleurs.

Ceux-ci sont particulièrement inquiets du manque de dialogue significatif avec la direction, le déplacement de matériel hors des usines sans concertation préalable et la non-application d’un accord préalablement signé en novembre 2014.

Les autres préoccupations concernent 60 licenciements annoncés sans concertation préalable avec le syndicat, la pression mise sur les travailleurs pour qu’ils prestent plus de 10 heures par jour et la limitation de l’accès des travailleurs à certaines prestations sociales.

Dans un courrier adressé à la direction de Crown Holding Inc, à Philadelphie, aux États-Unis, Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, s’aligne sur les revendications des travailleurs et écrit :

“Il est impératif que Crown Packaging Maroc prenne en considération les revendications légitimes de l’Union Marocaine du Travail. Crown doit engager un dialogue social digne de ce nom avec le syndicat et respecter les droits fondamentaux des travailleurs à la liberté syndicale et à la négociation collective.”

Les mineurs ukrainiens revendiquent un soutien pour l’industrie du charbon

Le piquet devant les bâtiments de la Rada a été organisé par le Syndicat des Travailleurs des Mines de Charbon d’Ukraine, un affilié d’IndustriALL Global Union.

Au cours de cette action, les présidents des sections syndicales locales se sont exprimés sur les problèmes du secteur dans leurs régions. Arriérés de salaires, retard de versement aux fonds de sécurité sociale et de pension, coupes dans la couverture sociale, absence de financement pour la modernisation de l’outil ainsi que la non-livraison de charbon ne sont que quelques exemples des problématiques.

Deux projets de loi d’importance pour l’industrie charbonnière figuraient à l’ordre du jour provisoire de la session du Parlement de ce 17 mars. Le premier projet, soumis par le Syndicat des Travailleurs des Mines de Charbon d’Ukraine, propose d’amender le budget de l’État pour 2016 et d’allouer un financement pour les entreprises charbonnières publiques d’un montant de 250 millions de hryvnias, l’équivalent de 9,3 millions de dollars. Ce projet de loi propose également d’allouer 100 millions de hryvnias (3,7 millions de dollars) à la construction de la Mine n° 10 de Novovolynsk.

Le second projet de loi propose d’amender la législation ukrainienne des mines en ce qui concerne les clauses sociales pour les mineurs de charbon afin d’accorder une réduction de 50% sur le gaz, l’électricité et le chauffage, ramenée à la consommation moyenne, pour les travailleurs de l’industrie charbonnière qui ont droit à recevoir gratuitement du charbon à usage domestique.

Bien que le parlement n’a pas débattu de ces deux projets de loi ce jour-là, les syndicalistes ont rencontré les parlementaires et le Président de la Rada d’Ukraine, M. Volodymyr Groysman. Une autre rencontre entre le Syndicat des Travailleurs des Mines de Charbon d’Ukraine, le Ministre des Industries de l’Énergie et du Charbon, M. Volodymyr Demchyshyn et la Ministre des Finances, Mme Natalia Yaresko, est programmée pour ce 22 mars, où il est permis d’espérer une solution de compromis.

Les femmes syndicalistes au Maroc s’unissent pour peser sur une législation égalitaire

Trente femmes des secteurs du pétrole, de l’énergie, de la chimie, du gaz, du textile, de l’automobile et de la pharmacie se sont rencontrées le 6 mars à Casablanca pour un atelier qui marquait la Journée internationale de la Femme et intitulé : “Pour une autorité qui renforce l’égalité entre hommes et femmes et se bat contre toutes les formes de discrimination au travail.”

L’Article 19 de la nouvelle constitution du Maroc affirme qu’hommes et femmes bénéficient de droits et libertés égaux dans tous les aspects de la société, y compris dans les sphères civile, politique, sociale, culturelle et environnementale.

La constitution stipule qu’un organe doit être créé pour atteindre l’égalité entre hommes et femmes. Le Parlement marocain débat actuellement d’un projet de loi pour mettre sur pied l’Autorité pour la Parité et la Lutte contre toutes formes de Discrimination (APALD). Ce projet de loi subit de lourdes critiques de la part aussi bien des syndicats que des organisations féministes.
 
Latifa Benwakrim du SNIPGN-CDT, l’affilié marocain d’IndustriALL des industries du pétrole et du gaz, indique :
 
“Non seulement les syndicats ont été exclus des discussions autour de l’APALD, mais le projet de loi se limite à la vie publique et ne s’applique pas aux femmes au travail. Les femmes font face sur leur lieu de travail à des discriminations par rapport à leurs activités syndicales, leurs responsabilités familiales, leurs grossesses ou leurs congés de maternité, ce qui crée un environnement de travail hostile. Les femmes sont également confrontées à de la discrimination sous forme d’intimidation et de traitement cruel, inhumain et dégradant sur leurs lieux de travail."

Le but de l’atelier était de produire une liste de recommandations de sorte à ce que le projet de loi augmente la portée de l’APALD afin qu’il protège de toutes les formes de discrimination contre les femmes sur le lieu de travail aussi bien au sein de la société civile.

“Ce nouvel organe destiné à obtenir l’égalité entre sexes ne peut pas être contrôlé par le gouvernement. Il faut qu’il soit indépendant et doit s’appliquer aux femmes sur le lieu de travail. La nouvelle autorité doit également respecter la constitution ainsi que les normes et traités internationaux ratifiés par le Maroc.”

“Il existe de nombreuses discriminations à l’égard des femmes, en particulier dans les secteurs industriels,” ajoute Benwakrim. “C’est un environnement très masculin. Nous voulons de meilleures conditions de travail pour les femmes ainsi que des droits identiques.”

Les femmes présentes à l’atelier ont partagé leurs opinions sur l’APALD et débattu des différentes formes de discrimination subies par les femmes occupées dans les secteurs industriels. Elles travaillent maintenant à une liste de recommandations visant à mettre un terme aux discriminations pour les femmes au travail.