Victoire syndicale chez Nexperia Philippines Inc après trois jours de grève

La grève avait débuté le 6 mars dans le parc industriel de Nexperia et hors de la zone économique de Laguna. L'entreprise a immédiatement privé les travailleurs dans la zone de production d'accès à la nourriture et aux médicaments. Un accord a été conclu le 8 mars et la direction s'est engagée à ne pas exercer de représailles contre les grévistes. 

Avant la grève, le syndicat avait participé, sans succès, à 21 cycles de négociation et à 3 audiences de conciliation. Il avait organisé des séances d'information pour ses adhérents, mais la direction avait licencié quatre dirigeants, dont la présidente, l'accusant de bloquer l'entrée et la sortie de l'entreprise. 

Le syndicat avait déposé plusieurs préavis de grève et participé, au ministère de l'Emploi et du Travail (DOLE), à des séances de médiation qui n'ont donné aucun résultat concret. Il a aussi critiqué l'intervention stérile du ministre du Travail dans le litige. 

Julius Carandang, le secrétaire de l'Alliance des travailleurs de la métallurgie des Philippines (MWAP), qui représente les travailleurs de Nexperia Philippines, a déclaré : 

"La grève chez Nexperia est justifiable parce qu'ils se battent pour leur droit de négocier et pour la réintégration de quatre dirigeants syndicaux licenciés illégalement. La direction de Nexperia n'est pas raisonnable dans ses négociations, même face au DOLE, parce qu'elle ne cesse de revenir sur ses positions précédentes qui auraient pu amorcer une solution. C'est ce qui a incité les travailleurs à lancer une action collective unifiée et forte." 

Le secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est, Ramon Certeza, a déclaré : 

"IndustriALL est solidaire des travailleurs de Nexperia Philippines en lutte contre l'antisyndicalisme et pour une convention collective décente. Nous demandons à Nexperia de réintégrer les deux derniers dirigeants syndicaux et de négocier la convention collective de bonne foi avec le syndicat."

Un nouvel outil pour les syndicats afin de lutter contre l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes

Basés sur la boîte à outils publiée par IndustriALL en 2022, les modules se concentrent sur trois stratégies essentielles pour mettre fin à l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes :

En septembre dernier, IndustriALL a déjà formé des affiliés en Afrique sub-saharienne et plus récemment en Turquie, en utilisant ces nouveaux modules.

Suite à la formation en Afrique sub-saharienne, les syndicats ont mené des enquêtes dans plusieurs entreprises en Ouganda, au Ghana et au Kenya afin d’évaluer l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes. Ils ont inclus cette problématique dans les négociations collectives en cours et ont plaidé pour des politiques de ressources humaines sensibles au genre, des révisions et des critères de promotion transparents afin de garantir l’égalité des chances pour les femmes.

“Ces modules fournissent aux syndicats et aux membres de leurs équipes de négociation collective des outils pratiques pour négocier la fin de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes. Je les encourage à utiliser ce nouvel outil. Il peut être facilement adapté à chaque contexte national,”

a indiqué Armelle Seby, Directrice d’IndustriALL pour les femmes travailleuses et les questions de genre.

La négociation collective est un outil important pour parvenir à l’équité salariale et à des systèmes de rémunération transparents. Des études montrent que lorsque les syndicats s’engagent dans des négociations collectives sur la question, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes se réduit.

Illustration : Shutterstock

Appel à un contrat social sexotransformateur à Beijing+30

Cinq exigences des syndicats mondiaux pour la Déclaration de Beijing+30 :

Égalité de genre pour la justice sociale, la démocratie et la paix

La démocratie est de plus en plus menacée par des régimes autoritaires tandis que la discrimination, fondée sur le sexe, la violence et la xénophobie progressent sans cesse. La déclaration doit constituer un engagement à protéger les droits fondamentaux, dont la liberté syndicale et la négociation collective, l'égalité de rémunération et l'accès des femmes aux postes de direction. En outre, elle doit s'attaquer aux défis particuliers que rencontrent les femmes dans les zones de conflits et préconiser qu'elles soient associées aux négociations de paix.

Les droits au travail des femmes sont des droits humains

Tous les gouvernements doivent défendre les principes fondamentaux de l'OIT, notamment en éliminant le travail forcé, en assurant des conditions de travail sûres et en éradiquant la discrimination fondée sur le genre dans l'emploi. Il est essentiel d'instaurer des systèmes de protection sociale universels, un congé parental rémunéré et des politiques qui reconnaissent les activités de soins non rémunérées si l'on veut instaurer la justice économique pour les femmes.

Du travail décent pour les femmes

Pour concrétiser l'égalité de genre, il faut que les gouvernements investissent dans la création de 575 millions de nouveaux emplois décents d'ici 2030, en particulier dans le secteur des soins. Une approche propre à transformer la dynamique hommes-femmes dans l'emploi doit porter sur des salaires équitables, une formalisation du travail informel et fournir des protections au travail pour toutes les femmes. Il faut aussi réglementer la transition numérique pour empêcher que l'automation défavorise les femmes de manière disproportionnée.

Égalité de rémunération pour un travail de valeur égale

La persistance de l'écart salarial entre hommes et femmes est un facteur majeur de la féminisation de la pauvreté. Il faut des approches systémiques pour combler cet écart, notamment en mettant en application des lois sur l'équité de rémunération, en appliquant des politiques de transparence salariale et en appuyant la participation des femmes dans des domaines dominés par les hommes, comme la science, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques (STIM).

Un lieu de travail exempt de violence et de harcèlement fondés sur le genre

La ratification et la mise en application de la convention 190 de l'OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail est une priorité. Il faut des politiques du lieu de travail robustes qui viennent en aide aux victimes de la violence domestique et rendent les auteurs comptables de leurs actes. Investir dans les programmes de prévention, dans les protections légales et dans des services publics qui luttent contre la violence est tout aussi nécessaire.

"Face à la montée des défis pour l'égalité de genre, nous insistons pour que la Déclaration de Beijing+30 comporte des engagements tangibles qui s'attaquent aux barrières structurelles et réaffirment les droits au travail des femmes. L'adoption d'un agenda porteur de transformations en matière de genre est pour les gouvernements l'occasion d'instaurer un monde du travail plus juste, inclusif et durable. La prochaine session de la CSW69 sera le moment crucial pour prendre des mesures décisives en vue d'un changement social et économique durable,"

a déclaré la secrétaire général adjointe d'IndustriALL Christine Olivier.

IndustriALL organisera parallèlement à la CSW une activité sur le thème des voies de recours qu'offrent aux travailleuses du textile et de l'habillement les accords contraignants. Pendant des décennies, les chaînes d'approvisionnement mondiales ont été la scène de violations systémiques des droits humains. Les régulations volontaires ont été incapables d'apporter un changement sérieux, laissant les travailleuses et les travailleurs sans recours. Une alternative robuste existe : des accords négociés entre entreprises et syndicats à l'échelon mondial. Ces accords, en particulier lorsqu'ils sont contraignants, garantissent la redevabilité, protègent les droits des travailleurs et promeuvent des solutions de nature à transformer la dynamique hommes-femmes.

 

Journée internationale de la femme 2025 : un mouvement, pas un moment figé

“Pour les femmes syndicalistes, ce combat ne se résume pas à une seule journée, mais à la réalité quotidienne de la revendication de l’égalité salariale, de la sécurité des lieux de travail et du droit de diriger dans nos syndicats. Il s’agit de briser les barrières, d’élever les autres en même temps que nous nous élevons et de veiller à ce que la prochaine génération de femmes syndicalistes n’ait pas à mener les mêmes batailles, encore et encore.

Notre lutte ne dure pas 24 heures. Elle dure toute une vie. Je le sais parce que je l’ai vécu.

J’ai commencé mon parcours dans le mouvement syndical en 1987 sur le terrain, dans une usine d’électronique en Afrique du Sud. Je suis devenue déléguée syndicale, dirigeante de section et, plus tard, la première femme Présidente régionale de la NUMSA pour le Cap-Occidental. J’ai vu de mes propres yeux ce que cela signifie pour les femmes d’accéder à des postes de direction et la résistance à laquelle nous sommes confrontées lorsque nous le faisons.

Je sais aussi que personne ne s’élève seul. Les progrès que nous avons accomplis ont été obtenus grâce au mentorat, à la solidarité et à l’action collective. C’est pourquoi nous devons continuer à aller de l’avant, pas seulement aujourd’hui, mais chaque jour.”

Mentorat : renforcer le leadership des femmes pour un changement durable

Chez IndustriALL, nous savons que le changement se produit au travers d’une action soutenue, de la solidarité et du développement du leadership. C’est pourquoi notre programme de mentorat est plus qu’une simple formation, c’est un mouvement visant à construire des femmes dirigeantes fortes qui pousseront au changement au sein de leurs syndicats et de leurs secteurs industriels.

Des femmes qui ont un jour douté de leur capacité à diriger accèdent aujourd’hui à des rôles de premier plan. Mildred Naa Adoley Addo, du Ghana, décrit comment le mentorat a transformé sa confiance en ses capacités de leadership :

“Ce programme de mentorat a fait passer mon niveau de confiance de 3 à 6,5 à ce jour ! Je continue d’apprendre, mais maintenant je vais de l’avant au lieu de me retenir. J’ai grandi en tant que leader : avant, j’aurais paniqué et évité les opportunités de leadership. Maintenant, je les saisis à bras-le-corps !”

Le mentorat ne se contente pas de former des individus, il crée un effet d’entraînement. Tracy Faustina Dadson (Ghana), qui a bénéficié d’un mentorat, encadre déjà une autre jeune femme sur son lieu de travail :

“Le programme de mentorat vaut chaque centime investi. Lorsque je vois mes collègues femmes ainsi encadrées, je vois des syndicats locaux et des familles qui ont été impactés. J’ai déjà commencé à encadrer une jeune femme au travail, en lui transmettant ce que j’ai appris. Nous avons besoin d’un plus grand nombre de programmes de ce type.”

Lorsque les femmes se voient en position de leadership, lorsqu’elles savent qu’elles bénéficient d’un soutien et lorsqu’on leur donne les outils nécessaires pour naviguer dans les structures du syndicat, elles changent le système de l’intérieur. C’est ainsi que nous brisons le cycle de l’exclusion et que nous poursuivons la lutte.

Rémunération équitable et justice économique : plus que des mots

Le mentorat ne suffit pas. Les femmes doivent également bénéficier d’une sécurité économique et d’une indépendance financière. L’équité salariale est l’un de nos plus grands combats, car dans tous les secteurs que nous représentons, les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes pour un travail de valeur égale.

Comme Tracy Faustina Dadson l’a appris de sa mentore, il ne suffit pas de négocier, la mise en œuvre est essentielle.

“La négociation est une odyssée sans fin. Les politiques en faveur du bien-être des personnes doivent être bien documentées et nous devons être des chiens de garde qui veillent à ce que tous les travailleurs obtiennent ce qui leur est dû.”

Les syndicats doivent revendiquer et négocier l’équité salariale en tant qu’élément central de la négociation collective. Les gouvernements doivent être tenus responsables de l’application des lois qui garantissent l’égalité salariale. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser cette lutte se réduire à des rapports et à des promesses, nous avons besoin d’actes.

Mettre fin à la violence sexiste au travail : plus de silence, plus de peur

Les lieux de travail ne seront jamais vraiment égalitaires tant que la violence et le harcèlement basés sur le genre (VHBG) ne seront pas éradiqués. Les femmes ne peuvent pas être autonomes si elles se sentent en danger, non respectées ou réduites au silence par la peur.

IndustriALL se bat pour que la Convention 190 de l’OIT devienne une réalité sur les lieux de travail du monde entier. Nous avons élaboré une politique globale pour mettre fin à la VHBG parce que les syndicats doivent prendre l’initiative de revendiquer des lieux de travail plus sûrs.

Maria John Bange (Tanzanie) décrit comment le mentorat lui a donné la confiance nécessaire pour faire face aux défis :

“Ma mentore m’a appris que, quels que soient les défis auxquels je suis confrontée, je dois continuer à aller de l’avant. Elle m’a aidée à comprendre que le leadership ne consiste pas à attendre la permission, mais à agir.”

Les femmes ne devraient pas avoir à se battre seules pour des lieux de travail sûrs. Les syndicats doivent négocier des protections solides, réclamer des comptes aux employeurs et soutenir les survivantes. Chaque femme a le droit de travailler sans crainte.

Un mouvement qui ne s’arrête jamais

La lutte pour les droits des femmes sur le lieu de travail et dans les syndicats ne peut être réduite à une seule journée. Il n’est pas question de célébration, mais de résistance, de pouvoir et de progrès.

Du côté d’IndustriALL, nous ne nous contentons pas de célébrer la Journée internationale de la femme, nous l’utilisons pour nous mobiliser pour l’avenir. Le programme de mentorat, la lutte pour l’égalité salariale et la campagne pour mettre fin à la VHBG ne sont pas des initiatives du moment, elles sont le fondement d’un mouvement qui ne cessera de croître.

À toutes les femmes de nos syndicats : votre combat compte, votre leadership est nécessaire et vous n’êtes pas seules.

À toutes les femmes dirigeantes : élevez les autres en même temps que vous vous élevez. Encadrez, soutenez et défendez celles qui vous succéderont.

À la prochaine génération : avancez, revendiquez votre espace et sachez que nous sommes à vos côtés.

Ce n’est pas juste une journée, c’est un véritable mouvement. Et nous ne nous arrêterons jamais !

 

Défendre les droits des travailleurs en temps de guerre : la résilience d'Atomprofspilka

"Avant que la guerre détruise notre monde, Atomprofspilka était un rempart pour les travailleurs ukrainiens. Notre mission, comme pour tous les syndicats, était de protéger, renforcer et militer. Nous nous sommes battus pour de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail et de meilleures protections légales tout en mettant en avant la réadaptation, la formation et l'engagement des jeunes dans nos industries,"

déclare Lesia Semeniaka, responsable internationale d'Atomprofspilka.

La guerre a transformé radicalement leur travail et leurs mondes. La dévastation industrielle, la destruction d'entreprises et les pertes d'emplois massives ont ravagé l'économie. Des milliers de travailleurs ont été forcés de fuir, de se battre ou de subir la brutalité de l'occupation. Beaucoup ont perdu leur foyer, leurs moyens de subsistance et la vie.

"Les attaques massives de missiles balistiques, les bombardements d'artillerie et les frappes de drones ont fait des usines des amas de débris. Des industries se sont totalement effondrées, que ce soit dans l'énergie ou la métallurgie, laissant leurs travailleurs sans salaires, sans sécurité et sans avenir. Beaucoup ont été incorporés, ce qui a encore affaibli les rangs du syndicat, réduit ses ressources et limité notre capacité à soutenir ceux qui restaient,"

explique Lesia Semeniaka.

Or, malgré cette adversité, Atomprofspilka a refusé de baisser les bras.

"La guerre nous a mis en face d'une cruelle réalité. Soudain, la lutte pour la survie remplaçait les négociations salariales au centre de nos préoccupations. Des questions vitales se posaient d'urgence : Comment protéger les travailleurs et les lieux de travail contre d'incessants bombardements ? Comment fonctionner sans électricité, sans Internet et sans communications ? Où réimplanter les industries ? Comment transformer des caves en abris ? Comment protéger les travailleurs dans les territoires occupés ? Où trouver une aide financière pour les adhérents qui ont tout perdu, y compris leurs documents d'identité ?

ajoute Lesia Semeniaka.

Il n'était pas question de préoccupations logiques, mais de menaces existentielles. Le fardeau consistant à protéger, guider et soutenir des milliers de travailleurs au milieu d'une guerre devenait la nouvelle et urgente réalité.

Elle fut lourde de conséquences pour les travailleurs. Les centrales nucléaires sous contrôle ukrainien continuent de fonctionner dans une relative stabilité. Mais ailleurs, la situation est désastreuse. La production d'énergie thermique est détruite à 90 pour cent. Les conditions des travailleurs de l'énergie, des secteurs pétrolier et gazier, de la chimie, des mines et des personnels d'intervention sont pénibles et dangereuses. Beaucoup d'heures de travail, un environnement dangereux et la menace constante des attaques sont leur réalité quotidienne.

Malgré ces dévastations, Atomprofspilka refuse de se laisser abattre. Le syndicat s'est adapté, se fixant des priorités d'urgence, comme le soutien aux forces armées ukrainiennes, la solidarité avec les concitoyens dans la défense de la patrie, l'apport d'une aide directe aux travailleurs victimes de la guerre par l'obtention d'une aide financière et humanitaire et en adaptant toutes les activités syndicales aux réalités de la guerre, en continuant de promouvoir, protéger les droits des travailleurs et lutter pour ces droits de toutes les façons possibles.

"Pendant tout ce temps, nous n'étions pas seuls. IndustriALL Global Union et ses affiliés ont manifesté une solidarité indéfectible, nous apportant une aide essentielle pendant ces heures sombres que vit l'Ukraine. Leur attachement à la justice, aux droits des travailleurs et à la dignité humaine nous inspire dans la poursuite de la lutte,"

déclare Lesia Semeniaka.

"La guerre est loin d'être terminée. Aujourd'hui plus que jamais nous devons nous unir pour arrêter l'agression de la Russie et lui demander des comptes pour les crimes et le génocide contre la population ukrainienne. Nous reconstruirons, nous protégerons nos travailleurs. Nous ne céderons jamais dans notre combat pour la justice, la dignité et la paix," explique Lesia Semeniaka.

"Nous devons faire que l'Ukraine reste présente dans nos esprits et dans nos programmes, que les sacrifices de la population ukrainienne ne soient pas oubliés et qu'elle ne soit pas seule dans son combat pour la liberté. La bravoure, la résilience des travailleurs ukrainiens et de leurs syndicats relèvent de l'extraordinaire et leur combat est de ceux qui méritent notre soutien,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie.

Photos : Atomprofspilka


 
 

Afrique : les syndicats élaborent une stratégie sur la transformation économique et la justice sociale

Plus de 150 délégués de plus de 37 pays africains, ainsi que certains pay européens, ont participé à au forum dont le thème était : Employabilité, Salaire Vital, Paix et Transformation Économique pour la Justice Sociale en Afrique. Les discussions, tenues à la fois sur place et en ligne, se sont concentrées sur l’agenda du travail décent, en mettant l’accent sur le dialogue social.

Des syndicalistes, des universitaires et des fonctionnaires ont présenté des exposés sur diverses questions, notamment l’industrialisation basée sur les ressources naturelles, les politiques énergétiques durables, l’emploi des jeunes, le développement des compétences, notamment les compétences numériques et le travail via les plateformes. L’emploi des jeunes a été mis en avant, car plus de 60 % de la population du continent est âgée de moins de 25 ans.

Toutefois, sur les 15 millions de jeunes Africains qui entrent chaque année sur le marché du travail, la plupart travaillent dans l’économie informelle. L’annulation de la dette, l’inclusion de dispositions relatives au travail dans l’accord sur la zone de libre-échange continentale africaine et l’économie féminisée, qui garantit que le travail des femmes est rémunéré de manière égale, sont quelques-unes des questions qui ont été abordées.

Les intervenants de l’Organisation internationale du travail (OIT) se sont concentrés sur la recommandation 205 (sur l’emploi et le travail décent pour la paix et la résilience) qui traite des crises résultant des conflits et des catastrophes. En outre, ils ont exhorté les syndicats africains à rejoindre la Coalition mondiale pour la justice sociale.

Robert Beugré Mambé, Premier ministre de Côte d’ivoire, a indiqué que le gouvernement du pays s’est engagé avec les syndicats et les employeurs dans le dialogue social, ce qui a permis d’instaurer la confiance et d’augmenter les salaires minimums.

Au cours de la marche pour la justice sociale, Joel Odigie, Secrétaire général de la CSI Afrique, a déclaré que la dette l’Afrique devait être annulée.

“Nous demandons à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international d’annuler ces dettes et d’affecter les fonds au développement du continent.

Nous voulons une Afrique résiliente, durable et prospère qui promeut l’égalité entre les hommes et les femmes et l’emploi des jeunes,”

a ajouté Rose Omamo, Vice-présidente d’IndustriALL et Vice-présidente de la CSI-Afrique.

Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“Les minerais de transition peuvent jouer un rôle dans la Transition juste vers des économies à faibles émissions de carbone, mais pour cela, il faut un dialogue social, une protection sociale, une répartition équitable des ressources et du pouvoir et un travail décent ainsi que le développement des compétences.”

Cependant, elle a ajouté que certains pays possédant des minerais essentiels avaient des politiques de valorisation médiocres qui empêchaient l’utilisation de ces minerais pour le développement économique. Par exemple, l’exploitation du cobalt en République démocratique du Congo est confrontée à des conflits et l’exploitation du lithium au Zimbabwe est entachée de corruption. Elle a également indiqué que la croissance des industries de fabrication de batteries qui favorisent les chaînes d’approvisionnement locales est importante pour la création d’emplois décents.

Les syndicats de l'automobile de l'Asie-Pacifique renforcent leurs liens en prévision de la conférence mondiale de l'automobile

Sur toile de fond d'une industrie indienne de l'automobile en plein essor, des syndicats du Japon, de Corée, de Malaisie, d'Indonésie, des Philippines et de Thaïlande étaient réunis pour échanger leurs expériences et bâtir un mouvement plus fort et mieux coordonné. Le message était clair :

"Les multinationales sont plus organisées que jamais et les syndicats doivent faire de même pour défendre les droits des travailleurs dans une industrie en pleine mutation."

Les débats ont été ouverts par Gopal Kishnam, du syndicat du transport de Malaisie et membre du comité exécutif d'IndustriALL, qui a insisté sur l'urgente nécessité d'une unité régionale. Il a mis en garde contre le fait que les employeurs coordonnent stratégiquement leurs efforts tandis que les syndicats restent fragmentés, rendant la négociation plus difficile, tout comme l'amélioration des conditions tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Au nom d'IndustriALL Global Union, il a remercié les affiliés d'être venus en Inde en soulignant que la collaboration est indispensable au renforcement du pouvoir de négociation.

Un message similaire est venu de Hideyuki Hirakawa, du Conseil japonais des syndicats de travailleurs de la métallurgie (JCM), qui a souligné la diversité sans pareil de la région Asie-Pacifique, qui est à la fois une force et un défi. 

"Les différences profondes entre les législations du travail, les structures économiques et les industries font qu'il est difficile d'appliquer des stratégies en commun; pourtant, les syndicats doivent trouver des moyens de coordonner leurs efforts pour la négociation collective et les droits des travailleurs."

Hyewon Chong, du Syndicat coréen des travailleurs du métal (KMWU), a attiré l'attention sur la présence croissante des constructeurs coréens en Inde, comme Hyundai, Kia et Renault Korea. Bien que cette expansion soit créatrice d'emplois, elle comporte aussi des enjeux parce que beaucoup de travailleurs connaissent les emplois précaires, les bas salaires et les mauvaises conditions, autant de situations que les syndicats coréens ont combattues dans leur pays.

Évoquant la réussite du KMWU, elle a expliqué qu'une stratégie au niveau de l'ensemble de l'industrie est essentielle pour réduire les inégalités salariales et améliorer les conditions. Les syndicats coréens ont remporté de grandes victoires, par exemple en éliminant le travail de nuit remplacé par un système de deux équipes de jour, en améliorant la santé des travailleurs et l'équilibre entre travail et vie privée. Elle a aussi mis en avant les conventions collectives conclues avec Hyundai, Kia et GM Korea assorties de salaires plus élevés, d'une participation aux bénéfices et d'une réduction du temps de travail.

Au-delà des salaires, Chong a alerté les participants sur le creusement des écarts de marge bénéficiaires entre les grands constructeurs automobiles et leurs fournisseurs, rendant plus difficile l'application de normes du travail équitables. Elle a appelé à une solidarité transfrontalière en exhortant les syndicats coréens et indiens à travailler ensemble pour demander des comptes aux multinationales et réclamer une Transition juste dans les domaines de l'automation et de l'électrification.

La question des salaires et du commerce équitable a aussi été évoquée par Tokuda Kazuhiro, de la Confédération des syndicats japonais des travailleurs de l'automobile (JAW), qui a mis en lumière les efforts du Japon pour combler les écarts salariaux entre les grands constructeurs et les petits fournisseurs. Avec ses 784.000 adhérents, la JAW est celle qui a le plus fait progresser les accords salariaux.

En 2024, la JAW a négocié des hausses de salaires sans précédent depuis 1992, en faisant valoir les hausses des prix et les pénuries de main-d’œuvre. L'Offensive de printemps 2025 réclame que les PME puissent répercuter les hausses des coûts et payer des salaires équitables. Tokuda Kazuhiro a aussi montré que les pratiques abusives utilisées dans les chaînes d'approvisionnement empêchent les petites entreprises d'augmenter les salaires et de mieux investir dans leurs travailleurs. Pour lutter contre cette situation, la JAW préconise un système de "passation de prix équitable" qui fasse en sorte que les hausses de salaires et l'investissement des entreprises profitent directement aux travailleurs.

La JAW a aussi expliqué sa vision pour 2030 dont le but est de renforcer les relations travailleurs-employeurs et de protéger les droits des travailleurs dans les pays de l'ANASE, au Mexique et au-delà, en particulier dans les chaînes d'approvisionnement des multinationales japonaises. Pour elle, une coopération plus étroite entre les syndicats du Japon, d'Inde et d'autres régions est essentielle si on veut améliorer les conditions dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement mondiale de l'industrie automobile.

En Asie du Sud-est, les enjeux sont différents pour les syndicats. Gopal Kishnam, du syndicat malaisien NUTEAIW, a évoqué le travail précaire, les bas salaires et les mauvaises conditions en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines et en Thaïlande.

"Alors que l'industrie gagne du terrain, beaucoup de travailleurs restent confinés dans des emplois instables avec peu de protections."

Il prône un réseau régional plus fort et une plateforme qui permette aux syndicats d'échanger leurs informations sur la négociation collective et les droits des travailleurs. Il a aussi évoqué les efforts déployés pour appliquer à l'Asie un accord-cadre mondial (ACM) qui imposerait des normes du travail minimales aux entreprises multinationales présentes dans la région.

Une autre problématique très préoccupante est celle de l'inégalité de genre. La domination masculine de l'industrie impose des barrières à l'accès des femmes, avec des salaires inférieurs et peu de possibilités d'avancement. Gopal Kishnam a invité les syndicats à agir pour améliorer la représentation des femmes et faire en sorte qu'elles soient associées aux processus décisionnels.

Cette question a été examinée plus en détail dans une session spéciale sur les femmes dans le secteur de l'automobile, dirigée par la directrice d'IndustriALL en charge des questions féminines, Armelle Seby. Les femmes sont très sous-représentées dans le secteur où elles ne constituent que 9 pour cent de la main-d’œuvre.

En Indonésie, 40 à 60 pour cent de femmes travaillent dans la production, le contrôle-qualité ou l'encadrement du personnel, tandis que les hommes dominent dans les emplois bien rémunérés et physiquement astreignants. Aux Philippines, les femmes sont assignées aux fonctions d'assemblage de précision et les hommes au travail de levage et d'activation.

Les syndicats réclament des politiques tenant compte des spécificités de genre telles que le congé menstruel, les prestations de maternité et les protections contre la violence fondée sur le genre. Ils s'efforcent aussi d'augmenter la proportion de femmes dans leurs directions pour faire en sorte que la voix des femmes soit entendue dans la négociation et les politiques du lieu de travail.

Lors de la séance de clôture de la conférence de la région Asie-Pacifique, Georg Leutert, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur automobile, a souligné l'importance d'une coordination régionale en prévision de la conférence mondiale sur l'automobile. Il a rappelé aux participants que l'Inde a été choisie comme pays hôte de cette conférence en raison de sa place croissante dans l'industrie mondiale de l'automobile et que les stratégies discutées à Pune orienteront le débat général sur la syndicalisation, la Transition juste et la responsabilité dans les chaînes d'approvisionnement.

Le combat pour de meilleurs salaires, des conditions plus sûres et des réseaux syndicaux plus forts est un combat global, a-t-il dit en exhortant les participants à amplifier la dynamique entamée à Pune.

"Elle nous donne l'occasion d'écouter, d'apprendre et d'agir. Plus nous serons forts ensemble mieux nous pourrons lutter pour les travailleurs dans le monde."  

Malaisie : les femmes dirigeantes de syndicats dénoncent les conditions de travail dangereuses et insalubres

Les femmes syndicalistes malaisiennes ont indiqué que des produits chimiques inconnus étaient utilisés et que des équipements de protection individuelle n’étaient pas fournis dans certaines usines. Quelques travailleuses ont été diagnostiquées avec un cancer du sein, mais leurs employeurs ont déclaré qu’il ne s’agissait pas d’une maladie liée au travail. D’autres ont indiqué que la manipulation de lourdes charges sur les lieux de production leur provoquait des déplacements de cervicales.

Les participantes ont mis l’accent sur la discrimination sexuelle sur le lieu de travail, notant que les supérieurs exigeaient des preuves lorsque des femmes demandaient du temps pour changer de serviette hygiénique et utilisaient un système de scannage pour contrôler les pauses toilettes.

Ces dirigeantes, issues de huit syndicats malaisiens, s’engagent à prendre des mesures pour dénoncer les conditions de travail dangereuses et insalubres. Elles sont convenues que le Comité des femmes du Conseil d’IndustriALL pour la Malaisie doit jouer un rôle de premier plan en renforçant la prise de parole des travailleuses et en défendant leurs droits.

Idawati Idrus, Présidente du Comité des femmes du Conseil d’IndustriALL pour la Malaisie, a déclaré :

“Les réunions du Comité des femmes sont une plate-forme importante pour débattre des questions concernant les travailleuses. Nous avons le droit de dire ce que nous pensons et d’exprimer notre mécontentement sur toute une série de questions. Nous devons procurer davantage de formation pour favoriser un leadership féminin fort et former des jeunes femmes pour prendre la relève.”

La politique d’IndustriALL sur la violence et le harcèlement basés sur le genre, la misogynie et le sexisme ainsi que les points saillants des conventions 190 et 183 de l’OIT ont été partagés lors de la réunion. Des représentants du département malaisien de la sécurité et de la santé au travail et de l’organisation de la sécurité sociale étaient également présents et ont fourni des informations sur les procédures de plainte et les régimes de sécurité sociale.

Ramon Certeza, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“Les femmes dans le leadership syndical est le thème de la journée des femmes d’IndustriALL pour 2025. Le bureau régional fournira le soutien nécessaire en matière de formation pour permettre aux femmes d’accéder à des postes de direction. Nous travaillerons en étroite collaboration avec les affiliés malaisiens pour aborder les questions de santé et sécurité et faire campagne en faveur des normes internationales du travail.”

Les syndicats indiens de l'automobile s'unissent pour renforcer les droits et les conditions des travailleurs

Ce séminaire national, organisé par IndustriALL Global Union et Union to Union, rassemblait 13 syndicats d'usine et 4 affiliés d'IndustriALL – INSMM&EEF (INTUC), WPTUC, SMEFI (HMS) et SEM – ainsi que des syndicats en formation dans différentes multinationales, afin de mettre en place un comité de coordination et élaborer un plan précis pour lutter contre le travail précaire, améliorer les salaires et réclamer des lieux de travail plus sûrs.

"L'industrie indienne de l'automobile est florissante, mais cette réussite repose sur le travail précaire et la dangerosité du travail. Les travailleurs en paient le prix tandis que les entreprises en profitent. Nos syndicats se battent pour que cela change,"

dit Ashutosh Bhattacharya, le secrétaire régional d'IndustriALL.

L'Inde est le quatrième marché mondial en taille pour l'industrie de l'automobile et il devrait croître de 20 pour cent chaque année, avec un marché des véhicules électriques estimé à 150 milliards $ d'ici 2023. Malgré de tels gains économiques, les conditions de travail demeurent précaires :

Le comité de coordination qui a été mis en place a arrêté des priorités d'action claires :

Les syndicats participants, présents dans des entreprises telles que Maruti Suzuki, Toyota, Volvo, Renault-Nissan, Yamaha et Bosch, se sont engagés à accroître leurs efforts de syndicalisation et à lutter contre la crise des relations professionnelles dans le secteur.

"Les syndicats indiens de l'automobile font preuve d'une détermination incroyable. Des femmes et des jeunes ont des emplois de clos-blancs précaires, contraints de travailler dans des conditions précaires avec très peu de droits en matière de SST. Il n'est pas seulement question d'avoir plus d'emplois, mais de dignité, de salaires équitables et d'un avenir pour les travailleurs du secteur,"

déclare Ashutosh Bhattacharya.

"En nous unissant, nous pouvons faire reculer le travail précaire et réclamer des emplois plus sûrs, plus stables pour tous."

Pour la suite, les syndicats vont dresser une carte du secteur pour le mois de septembre, en se servant des données recueillies pour affiner leur stratégie de syndicalisation et promouvoir les droits des travailleurs. Fort d'une expérience de plus de dix ans dans le soutien au secteur de l'automobile en Inde, IndustriALL veut contribuer à la constitution d'un réseau national puissant, qui permettra aux travailleurs indiens de l'automobile d'avoir leur mot à dire dans l'avenir de leur industrie. 

Gagner est important : nos victoires syndicales en 2024 nous donnent de l’espoir pour l’avenir

By Atle Høie, IndustriALL Global Union general secretary

Et lorsque nous gagnons, cela change des vies.

Si l’on se penche sur 2024, nos affiliés du monde entier ont mené et remporté des batailles importantes. Ces victoires ne nous ont pas été octroyées : elles ont été obtenues grâce à la détermination inlassable de travailleurs et travailleuses qui ont refusé de reculer. Chacune de ces victoires est la preuve que l’action collective fonctionne, que la solidarité est notre plus grande force et que, même dans les moments les plus difficiles, les travailleurs et travailleuses peuvent l’emporter et l’emportent effectivement.

Les victoires qui ont façonné 2024

L’une des victoires les plus importantes et les plus attendues de l’année est venue d’Indonésie en novembre, où les syndicats se sont battus avec succès contre la loi Omnibus, une loi très dure et injuste. Pendant des années, cette loi a érodé les droits des travailleurs et affaibli les protections, mais grâce aux efforts de nos affiliés en Indonésie, la Cour constitutionnelle a tranché en leur faveur, obligeant le gouvernement à promulguer une nouvelle loi. Il s’agit d’une victoire cruciale, non seulement pour les travailleurs et travailleuses indonésiens, mais aussi pour nous tous, car lorsque nous nous opposons à l’exploitation, nous créons un précédent que d’autres peuvent suivre.

Qu’est-ce que la loi Omnibus ?

En Indonésie, la loi dite Omnibus, officiellement appelée loi sur la création d’emplois, a été introduite en 2020 pour attirer les investissements en réduisant les réglementations. Cependant, elle a considérablement affaibli le droit du travail, permettant aux entreprises d’embaucher et de licencier plus facilement, de réduire les indemnités de licenciement et de recourir à l’externalisation. Elle a également réduit les protections environnementales. Les syndicats se sont fortement opposés à la loi, ce qui a donné lieu à des contestations judiciaires et à des manifestations de masse. En 2024, la Cour constitutionnelle d’Indonésie a tranché en faveur des syndicats, obligeant le gouvernement à réviser la loi.

Au Mexique, notre affilié Los Mineros a prouvé une fois de plus que l’union fait la force. En juillet, après deux mois de grève persistante, les travailleurs et travailleuses d’ArcelorMittal ont obtenu de meilleures conditions de travail et de salaire. La bataille a été rude, mais elle a démontré le pouvoir de la grève en tant qu’outil pour forcer les entreprises à respecter leur main-d’œuvre.

Pendant ce temps, au Nigeria, les syndicats se sont battus et ont obtenu une augmentation salariale attendue depuis longtemps, en faisant passer le salaire minimum de 30.000 naïras (19 dollars) à 70.000 naïras (43 dollars). Dans un pays où l’inflation monte en flèche, cette victoire permet aux travailleurs et travailleuses de conserver leurs moyens de subsistance et de lutter contre l’injustice économique.

Et il ne s’agissait pas seulement de salaires, mais aussi de dignité. En Turquie, nos affiliés de la métallurgie ont obtenu un accord historique malgré une inflation record. En Tunisie, les travailleurs et travailleuses du textile ont obtenu une augmentation de salaire de 20 %, ce qui montre que les syndicats des pays du Sud continuent à aller de l’avant en dépit d’une pression immense.

Dans le secteur automobile, nous avons assisté à un événement historique aux États-Unis, où les travailleurs et travailleuses de Volkswagen (à Chattanooga, dans le Tennessee) ont voté massivement en faveur de l’adhésion à l’UAW. Il s’agit d’une victoire monumentale dans une région historiquement hostile aux syndicats, qui prouve que le vent tourne pour les travailleurs et travailleuses américains, qui réclament leur droit de se syndiquer.

En Italie, les travailleurs et travailleuses d’Enel ont lutté contre les menaces pesant sur la sécurité de l’emploi, obtenant un accord crucial pour protéger des milliers de postes. Au Sri Lanka, les syndicats ont obtenu un accord très attendu qui réaffirme les droits des travailleurs et travailleuses dans une économie en pleine mutation.

Le pouvoir de la victoire

Ces victoires sont importantes, car elles nous rappellent une chose fondamentale : le combat en vaut toujours la peine.

En période de lutte, il est facile de ne voir que ce qui ne va pas, de se concentrer sur les crises, les revers et les attaques des entreprises contre nos droits. Mais chaque victoire, quelle que soit son ampleur, est un pas en avant. Gagner, ce n’est pas seulement obtenir de meilleurs salaires ou de meilleures conditions de travail ; c’est aussi prouver que le changement est possible. Il s’agit de montrer aux travailleurs et travailleuses du monde entier qu’ils ne sont pas seuls.

Bien que nous ayons remporté de nombreuses victoires dont nous pouvons être fiers en 2024, le combat est loin d’être terminé. Les défis auxquels nous sommes confrontés sont de plus en plus nombreux, l’automatisation, l’impunité des entreprises ou les législations antisyndicales, mais notre force l’est tout autant. Alors que nous nous tournons vers l’avenir, portons ces victoires avec nous comme preuve de ce que nous pouvons accomplir ensemble.

À nos affiliés, aux travailleurs et travailleuses qui ont tenu bon sur les piquets de grève, à ceux qui ont négocié sans relâche à la table des négociations : merci. Vos combats inspirent les travailleurs et travailleuses du monde entier et vos victoires ouvrent la voie à un monde plus juste.

J’ai hâte de vous présenter mon rapport lors de notre Congrès à Sydney en novembre 2025, où nous célébrerons les victoires inspirantes qui sont encore à venir.

Continuons à gagner !