ACM Inditex : Sur la voie d'un Réseau syndical national au Vietnam

Cette réunion du mois de mars rassemblait des responsables syndicaux d'établissements du VNUTGW des provinces méridionales du Vietnam pour discuter de la mise en application de l'actuel ACM et pour veiller à ce que les normes internationales du travail soient suivies par la centaine et plus de fournisseurs et sous-traitants d'Inditex.

IndustriALL Global Union, son affilié espagnol Industria-CC.OO, la centrale syndicale vietnamienne VGCL et la fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung (EFS) ont apporté leur expertise quant à l'organisation de la chaîne mondiale d'approvisionnement d'Inditex et de l'application de l'ACM au contexte local.

Le plan de développement du réseau se déroule depuis 2015, lorsque IndustriALL, la VGCL, le syndicat vietnamien du vêtement VNUTGW et la FES ont organisé une série d'ateliers afin de discuter de l'organisation de l'industrie de l'habillement et de la chaussure du pays.

La Directrice du département du textile et de l'habillement d'IndustriALL, Christina Clausen, a invité les participants à se servir de l'ACM pour mettre en place un réseau qui développe la solidarité et l'échange d'informations entre les responsables syndicaux d'établissements. 

Isidor Boix, d'Industria-CC.OO, qui est aussi le coordinateur d'IndustriALL pour la mise en œuvre de l'ACM avec Inditex, juge le réseau intéressant à la fois pour les travailleurs au Vietnam et pour le syndicalisme mondial.

Il s'agit de la défense des droits au travail dans la chaîne mondiale d'approvisionnement et d'organiser les travailleurs dans les usines qui fabriquent pour les grandes marques.

Les travailleurs des usines Inditex ont discuté des problèmes qu'ils rencontrent au travail, de la durée du travail trop longue, du recours généralisé au travail précaire, des bas salaires, de la chaleur, la poussière et le bruit dans le milieu de travail, des violations des droits des travailleurs, de l'absence d'une véritable négociation collective et de la réticence des employeurs à rémunérer des délégués d'atelier à plein temps et leur laisser du temps pour des activités syndicales qui sont le terreau de bonnes relations du travail.

Avec le projet de structuration syndicale d'IndustriALL, et en coopération avec la VGCL et le VNUTGW, la formation à la négociation collective des délégués d'atelier des fournisseurs d'Inditex se concentre maintenant sur les moyens d'améliorer la qualité de la convention collective. La mise en application de l'ACM dans les usines des fournisseurs, en familiarisant les délégués avec les normes internationales que sont les conventions fondamentales de l'OIT et les Principes directeurs de l'OCDE, constitue un thème tout aussi important.

Pour Erwin Schweisshelm, le directeur de la FES au Vietnam :

La FES appuie ce processus dans le cadre de son programme syndical mondial.

Les sidérurgistes allemands donnent de la voix

L’affilié allemand d’IndustriALL, IG Metall, a organisé une série d’actions de masse sous le thème “L’acier c’est l’avenir”, pour faire passer le message que l’industrie sidérurgique européenne existe et a un avenir.

À Duisburg, siège des plus grandes aciéries de ThyssenKrupp, 16.000 sidérurgistes sont venus montrer qu’ils sont unis solidairement pour une industrie sidérurgique forte en Europe et en Allemagne et qu’ils n’accepteront pas une désindustrialisation de l’Europe.

Voici leurs principaux arguments :

Il s’agissait là d’un signal fort donné aux responsables politiques allemands et européens, qui exige un changement de politique et un arrêt d’une désindustrialisation qui est synonyme de pertes d’emploi en Allemagne et en Europe, mais aussi d’un niveau plus élevé d’émissions de CO2 ainsi que d’une dégradation des conditions de travail.

Le Vice-Chancelier et le Ministre des Affaires économique allemands étaient présents lors du rassemblement et ont promis de se faire les porte-paroles de l’industrie sidérurgique et de ses travailleurs.

L’ensemble de l’Exécutif d’IG Metall était également présent à Duisburg. Dans un discours passionné en soutien à l’avenir de la production sidérurgique en Allemagne, le Président d’IG Metall, Jörg Hofmann a dit :

”Nous voulons un avenir pour nos emplois ! Nous voulons un avenir pour nos familles ! Nous voulons un avenir pour nos régions et pour la production manufacturière en Allemagne et en Europe et celle-ci n’est pas possible sans acier !

“L’acier, c’est l’avenir et c’est la raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui. Nous ne nous battons pas seulement pour les aciéries allemandes, nous nous battons pour la survie du secteur manufacturier en Europe !”

L’ensemble du Comité international de ThyssenKrupp, au sein duquel IndustriALL est représentée, a montré sa solidarité et a scandé en chœur “L’acier c’est l’avenir !”

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour l’ingénierie mécanique et les industries des matériaux, membre du Comité international de ThyssenKrupp, a déclaré :

“Vous pouviez sentir battre le cœur de l’acier au travers de ces 16.000 hommes et femmes rassemblés ici aujourd’hui à Duisburg. J’espère que ces battements de cœur ont été entendus de Duisburg à Berlin et même jusqu’à Bruxelles de sorte que les acteurs politiques agissent contre cette malsaine désindustrialisation de l’Europe. Ça faisait chaud au cœur d’être ici aujourd’hui.“

Le groupe de travail de IndustriALL sur la pâte à papier et le papier établit un programme d’action dynamique

Les syndicats de la pâte à papier et du papier des Etats-Unis d’Amérique, du Canada, de l’Australie, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de la Suède et de la Finlande ont tous fait part de situations difficiles auxquelles leurs membres font face en raison de la diminution de l’attrait de l’industrie pour les jeunes travailleurs.

Alors qu’un sous-secteur important de l’industrie se rétracte dû à l’augmentation des communications électroniques entre les personnes, les sous-secteurs du tissu et du conditionnement continueront à se développer bien qu’ils commencent à souffrir de surcapacité. Dans tout le secteur, la production se déplace géographiquement, passant, au niveau mondial, du Nord au Sud, et de l’Ouest à l’Est.

De nombreux emplois dans la pâte à papier et le papier en Amérique du Nord et en Europe ont été transférés en Chine. Néanmoins, la surcapacité de la Chine dans ce secteur, comme dans l’ensemble des secteurs industriels, s’est considérablement accrue en raison du ralentissement de la croissance nationale du pays, provoquant une sursaturation du marché et accroissant la menace sur d’autres emplois.

Les coprésidents d’IndustriALL pour le secteur, Leeann Foster, de l’USW, et Petri Vanhala, président du syndicat des travailleurs du papier finlandais Paperiliitto, ont mené les discussions.

La coprésidente Leeann Foster a déclaré :

« Nous ne pouvons garantir de bons emplois qui soient également sans danger et durables dans le secteur que si les travailleurs du papier sont solidaires dans tous les pays. De même que l’USW vise à syndicaliser davantage de travailleurs dans les multinationales du papier, nos campagnes doivent être pensées mondialement. »

Le groupe a examiné les accords-cadres mondiaux existants dans le secteur et ceux à venir, ainsi que les réseaux syndicaux à International Paper, Huhtamaki, Sappi, Smurfit Kappa, Mondi et dans la région d’Amérique latine.

Le Groupe de travail organisera des échanges d’informations réguliers et structurés sur l’emploi et la négociation dans le secteur.

La réunion a eu lieu à l’occasion de la Conférence de l’USW de 2016 sur le secteur du papier : « Stand Up. Speak Out. For Safety ». Les 550 délégués présents, représentant les membres de près de 30 principales entreprises de la pâte à papier et du papier, ont axé leurs discussions sur la sécurité, et rendu hommage aux 19 collègues décédés dans le secteur depuis la tenue, deux ans auparavant, de la dernière conférence.

En plus des débats approfondis qui ont eu lieu sur la syndicalisation et la négociation, la conférence a discuté de l’importance qu’il y a pour un syndicat à être actif politiquement.  

Lors de son discours à la conférence plénière, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré :

« Je vous salue, chers Collègues, pour le rôle mobilisateur que l’USW a joué au fil des ans au cœur du mouvement ouvrier mondial. Travailler dans l’industrie du papier peut s’avérer très dangereux. Nous devons constituer nos réseaux syndicaux dans les entreprises du papier afin non seulement de mettre en relation les travailleurs, de partager les expériences et les succès en matière de convention collective de travail, mais également d’agir de concert pour rejeter les installations et les usines qui sont dangereuses. » 

Le Réseau syndical de Sappi poursuit sur sa lancée

La société sud-africaine Sappi, spécialisée dans la pâte et le papier, est implantée en Europe, aux États-Unis et en Afrique australe. Presque tous ses 12.800 travailleurs sont syndiqués et plus des deux tiers sont couverts par des conventions collectives.

Les deux problèmes les plus graves que citent les délégués syndicaux de toutes les usines sont le sous-effectif et la formation. Comme c'est le cas dans pratiquement toute l'industrie de la pâte et du papier, les entreprises augmentent la production mais réduisent les niveaux d'emploi.

La perspective de faire beaucoup d'heures supplémentaires conjuguée à l'insuffisance de la formation a pour conséquence une main-d’œuvre vieillissante, les jeunes travailleurs se tournant vers d'autres secteurs.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a invité les syndicats du réseau à se soutenir mutuellement dans leurs négociations.

"Nous allons vérifier les dates d'expiration des diverses conventions du groupe Sappi et exiger qu'il réponde aux préoccupations exprimées par nos camarades dans la négociation."

Les travailleurs des trois usines Sappi de États-Unis, à Cloquet, Somerset et Westbrook, sont tous représentés par l'USW, soit 2.060 personnes. Les sept usines de Sappi en Europe emploient 5.131 travailleurs qui étaient représentés à la réunion du réseau par un délégué d'IG BCE pour l'Allemagne, d'ACV et ABVV pour la Belgique, et par le président autrichien du comité d'entreprise européen. En Afrique du Sud, Sappi emploie 5.126 personnes dans sept usines et exploite 492.000 hectares de forêt.

Le syndicat sud-africain CEPPWAWU a signalé des suppressions d'emplois au cours des six derniers mois. L'usine Enstra Mill a été vendue à Corruseal, ce qui a entraîné la perte de 12 emplois. Celle de Cape Kraft a été vendue à Golden Era qui a accepté de ne pas supprimer d'emplois. Toutefois, depuis les rachats, les nouvelles directions ont toutes deux voulu imposer des mesures d'économie. Le CEPPWAWU mène des actions pour que les conditions soient maintenues et il a critiqué à la fois Sappi et les acheteurs.

Le Président du Réseau syndical de Sappi, l'Allemand Peter Schuld, d'IG BCE, déclare :

"Ce réseau poursuit une action importante d'échange d'informations et de coordination des travailleurs de Sappi. Plus nous bénéficierons de l'expérience des autres, plus nous serons forts. Nous allons continuer à rechercher une relation conventionnelle au niveau international avec l'entreprise par le biais d'un accord-cadre mondial."

Hugo Boss continue de traiter les travailleurs turcs comme des moins que rien

La marque établie en Allemagne a également accru sa pression sur deux autres syndicalistes clés, Fikri Mutlu et Murat Akgün. L’objectif est clair : contraindre par la peur les travailleurs à ne pas se syndicaliser.

La direction de la société Hugo Boss a indiqué à IndustriALL, son affilié Teksif ainsi qu’à de nombreux tiers qu’elle resterait neutre lors des campagnes de syndicalisation menées par Teksif à Izmir. Or, dans le même temps, intimidations, menaces, harcèlements et licenciements continuent de peser sur les travailleurs qui soutiennent le syndicat.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

« IndustriALL Global Union condamne avec la plus grande fermeté l’attaque anti-syndicaliste concertée menée par la direction de Hugo Boss à Izmir, en Turquie. Le dernier licenciement survenu de Meryem Bicakci, une supportrice du syndicat de l’usine bien connue, est une preuve de plus que la politique anti-syndicaliste de la direction d’Izmir n’a pas changé.  La direction de la société Hugo Boss qui se trouve à Metzingen soutient ou du moins n’est pas disposée à stopper les violations graves des droits des travailleurs qui surviennent quotidiennement dans sa plus importante usine de production. »

Comme il l’a fait pour Suleyman Budak et Abdullah Satan, mis à la porte au cours des derniers mois de 2015 pour avoir soutenu le syndicat Teksif, IndustriALL a, tout au long de l’année 2015, lors de réunions en face-à-face à Metzingen et à Genève, et par écrit, spécifiquement alerté Hugo Boss à propos des allégations sans fondement faites par la direction locale contre Meryem Bicakci.

La direction d’Izmir a essayé de forcer ces trois militants syndicaux à arrêter leurs activités syndicales en les effrayant. Devant l’inefficacité de la méthode, ceux-ci ont été mis à la porte sur des accusations sans fondement dans le but de faire comprendre au reste du personnel que tout soutien au syndicat sera sanctionné par un renvoi.

La direction d’Izmir a procédé à ces licenciements tout en sachant que Abdullah, Suleyman et Meryam porteraient leur licenciement abusif pour leurs activités syndicales devant un tribunal et gagneraient au bout du compte. La direction préfère être condamnée par les tribunaux turcs plutôt que de permettre à ses travailleurs de soutenir librement un syndicat de leur choix.

Les tribunaux du travail locaux et la Cour d’appel ont récemment statué sur la réintégration des 20 travailleurs mis à la porte par Hugo Boss en raison du fait qu’il avait été mis fin à leurs contrats de travail pour syndicalisation.

Le rapport très critique de la Fair Labor Association (FLA) publié en janvier 2016 fait apparaître une longue liste de violations graves au droit turc, au code de conduite de la FLA et au propre code de conduite de Hugo Boss à l’usine d’Hugo Boss d’Izmir.

Quoique les violations en matière de santé et de sécurité, de contrats, de procédés d’embauches, de pratiques disciplinaires, d’horaires de travail et de salaires soient graves, nos griefs en matière d’actions antisyndicales, d’intimidations et de renvois opérés par la direction d’Izmir se voient reconfirmer par les données recueillies sur les relations sociales.

Hugo Boss étant un membre payant de la FLA, ces conclusions publiques renforcent considérablement celles faites, au cours de ces dernières années, par IndustriALL Global Union, Teksif, les tribunaux locaux turcs et la Cour d’appel.  

Bien que Teksif soit le seul à syndiquer les travailleurs d’Hugo Boss à Izmir, Hugo Boss a indiqué devoir rester neutre entre les nombreux syndicats dans le but d’affaiblir la demande de Teksif en matière de reconnaissance et de droits de négociations.

La poursuite d’un dialogue avec IndustriALL est une autre désinformation diffusée par Hugo Boss. Deux entretiens à huis clos et une correspondance par courriel n’équivalent pas à dialoguer.

Il n’y a jamais eu de dialogue parce que Hugo Boss a choisi de ne donner suite à aucune des demandes d’IndustriALL :

  1. Arrêter les intimidations faites et les menaces proférées au sein de l’usine à l’encontre des travailleurs qui se syndicalisent;
  2. Réintégrer les travailleurs renvoyés pour s’être syndiqués (comme mesure de réparation);
  3. Organiser une réunion au sein de l’usine avec IndustriALL, Teksif et les travailleurs licenciés afin de préparer leurs réintégrations et de se mettre d’accord sur une voie à suivre pour développer les relations sociales;
  4. Adopter un mémorandum commun entre Hugo Boss et IndustriALL sur la liberté d’association devant être communiqué conjointement par IndustriALL et Hugo Boss lors de réunions publiques avec le personnel;
  5. Permettre à IndustriALL de se rendre sur le lieu de travail.

Manifestations en Uruguay, en Argentine et au Brésil pour défendre la démocratie

Le 31 mars était une journée d’action et de lutte. En Uruguay, les manifestants, dont des membres des affiliés d’IndustriALL Global Union, la PIT-CNT et d’autres mouvements à vocation sociale, se sont rendus devant l’ambassade brésilienne. En Argentine, les manifestants se sont rassemblés devant l’Obélisque et ont marché en direction de l’ambassade brésilienne. Dans les deux pays, les manifestants sont allés remettre en mains propres des lettres de soutien à Dilma Rousseff et à l’ancien Président, Luiz Inácio da Silva.

Les plus grandes manifestations ont eu lieu au Brésil. Elles se sont tenues simultanément dans l’ensemble des 27 états qui composent le pays pour exprimer un soutien au gouvernement de la Présidente Dilma Rousseff ainsi qu’à l’ancien Président Lula da Silva.

Les manifestants protestaient contre le “coup d’État", allusion à la menace de destitution de la Présidente. Ils ont souligné leur attachement à la démocratie et à l’état de droit ainsi que leur opposition à ceux qui ont l’intention de destituer la Présidente sans aucune base légale.

La journée où cette action a été organisée n’a pas été choisie au hasard. Le 31 mars marquait le 52e anniversaire du coup d’État militaire qui a mis en place une dictature de 21 ans au Brésil. De nombreux pans de la société civile étaient dans la rue pour manifester leur opposition à une procédure politique qui tend à renverser un gouvernement qui a la légitimité des urnes. Ils ont déclaré leur volonté de lutter contre ce coup d’État et de défendre la démocratie, leur droits et un Brésil meilleur.

Marino Vani, Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL Global Union représentait l’organisation lors de la manifestation en Uruguay et il a déclaré :

La solidarité des travailleurs dans différentes régions du monde, en particulier en Uruguay et Argentine, renforce la classe ouvrière latino-américaine et fait barrage à ceux qui soutiennent un coup d’état “soft”, fomenté par les médias, le monde judiciaire et politique ainsi que les employeurs, sur le mode de ce qui s’est passé au Honduras et au Paraguay. IndustriALL soutient la lutte pour la démocratie. La lutte continue !"

Les Fédérations syndicales internationales revendiquent un dialogue social avec LafargeHolcim

Quelque 70 travailleurs et travailleuses meurent chaque année au travail chez LafargeHolcim, 90% de ces personnes étant employées indirectement. Les syndicats veulent que le géant du ciment signe un accord-cadre mondial d’ici à la fin de l’année pour permettre d’améliorer les droits des travailleurs ainsi que la santé et la sécurité partout dans le monde.

Cet accord devrait couvrir tous les salariés directs et indirects occupés sur l’ensemble des sites de l’entreprise de par le monde et offrir les conditions pour que les normes fondamentales du travail soient respectées.

Les syndicats revendiquent également qu’un organe bipartite syndicats-direction (comme un comité syndical mondial ou un conseil d’entreprise mondial) puisse assurer un dialogue social fructueux à niveau mondial.

Agissez et signez la pétition qui appuie les revendications des travailleurs qui sera remise à la direction de LafargeHolcim.

LafargeHolcim, respectez les droits des travailleurs !

La sécurité dans les mines : Il est temps de ratifier la Convention 176 de l’OIT

Le monde a retenu son souffle en 2010 quand 33 mineurs chiliens ont été secourus après avoir survécu 69 jours sous terre suite à l’effondrement de la mine de San José. Désormais le sujet d’une importante production hollywoodienne, ce qui aurait dû être une chronique sur le thème de la sécurité des mines a été tourné avec brio par le gouvernement chilien en un mélodrame réconfortant sur l’opération de sauvetage.

Or en ce moment-même trois travailleurs – dont deux femmes – bloqués sous terre dans la mine d’or Lily en Afrique du Sud ont bénéficié de nettement moins d’attention internationale : Ils restent piégés depuis un effondrement survenu le 5 février. Leurs familles maintiennent une veillée sur le site mais alors que des signes initiaux montraient qu’ils étaient encore en vie, l’espoir s’estompe rapidement.

2016 a encore été une année cruelle en termes d’accidents miniers mortels : Dans le Kentucky, aux États-Unis, un mineur de charbon est mort écrasé sous une excavatrice. À Komis, en Russie, 36 personnes ont été tuées dans une explosion. Au Congo, sept travailleurs ont péri suite à un effondrement dans une mine de cuivre à ciel ouvert appartenant à l’entreprise Glencore, l’une des principales multinationales minières du monde.

En avril, un coup de grisou dans une mine de charbon pakistanaise fait cinq morts – il s’agissait du troisième accident mortel survenu dans la même région du pays en autant de semaines. Il y a eu beaucoup d’autres accidents encore, dont la plupart auraient pu être évités : Au Pakistan, en Chine, au Mexique et ailleurs.

Or une solution existe depuis plus de 20 ans : La Convention 176 sur la sécurité et la santé dans les mines – avec le soutien de syndicats forts – est à même de changer la culture de la sécurité. Adoptée en 1995, la C176 fournit aux pays un cadre pour la création d’un environnement minier sûr, assorti d’obligations pour les entreprises et de droits pour les travailleurs.

La Convention met les gouvernements en charge de la création du cadre de mise en œuvre et les employeurs de garantir la sécurité dans les mines. Cependant, l’aspect le plus important de la C176 réside dans le droit des travailleurs à une représentation indépendante en matière de sécurité et le droit de refuser des tâches dangereuses. Cela fournit aux syndicats un espace pour s’organiser.

Et pourtant elle n’a encore été ratifiée que par 31 pays. Parmi les pays qui n'ont pas ratifié la Convention figurent certains qui affichent les pires bilans en matière de sécurité – comme le Pakistan, la Chine et le Chili.

Des sociétés multinationales de premier plan comme Glencore et RioTinto – qui devraient être les pionnières de l’industrie en termes de création d’une culture de la sécurité – en font malheureusement beaucoup trop peu pour empêcher les accidents mortels. Or la situation ne risque guère de s’améliorer d’elle-même : La crise des matières premières signifie que les bénéfices miniers sont menacés et la sécurité est souvent la première à être sacrifiée sur l’autel du rabaissement des coûts.

Le travail dans les mines est dangereux et le fait de signer un document ne suffit pas, à lui seul, à changer les choses. La Convention doit être appliquée, ce qui implique la création d’un cadre juridique et d’un mécanisme de contrôle au niveau national pour assurer que les mines soient aussi sûres que possible.

Des syndicats plus forts pour des mines plus sûres : La clé pour mettre en pratique la Convention et changer la culture de la sécurité dans l’industrie minière réside dans des syndicats puissants et des délégués syndicaux adéquatement formés. Les syndicats construisent une culture de la sécurité par le bas – voire même encore plus bas.

Nous avons déjà commencé à faire bouger les choses. En 2014, 301 mineurs ont été tués dans le tragique homicide industriel survenu à Soma, en Turquie. Pour mettre en exergue le total irrespect affiché par l’entreprise vis-à-vis de ses effectifs, les collègues des travailleurs morts ont été remerciés par texto à la fermeture de la mine. Toutefois, au terme d’une campagne syndicale menée d’arrache-pied par IndustriALL, la Turquie a ratifié la Convention.

C’est la première étape pour s’assurer que des accidents comme celui-ci – causés par l’avarice et la négligence – ne se reproduisent plus jamais. La Turquie affiche un piètre bilan en matière de sécurité et nos syndicats devront travailler dur pour faire en sorte que la mise en application conduise à un changement.

Le travail dans les mines sera toujours un métier dangereux mais il est possible de considérablement en augmenter la sécurité.

Le 28 avril marque la Journée internationale de commémoration des travailleurs morts et blessés au travail. Il est temps de nous rallier à l’appel en faveur de la ratification de la Convention 176. Faites pression sur vos législateurs pour qu’ils signent la convention et sur les employeurs pour qu’ils reconnaissent l’importance d’une culture de la sécurité menée par les travailleurs.

Il y a trop de morts qui pourraient être évitées. Il est grand temps de rendre l’industrie minière sûre.

IndustriALL garde le Cambodge sous surveillance

IndustriALL, en compagnie de nombreuses autres interlocuteurs, a fait savoir sans relâche sa préoccupation au gouvernement cambodgien par rapport à une législation qui ne rencontre pas les normes internationales fondamentales du travail, dont les Conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

En dépit de cela, le parlement a adopté le texte ce 4 avril, 67 députés du Parti du peuple cambodgien (KPK), au pouvoir, soutenant la proposition et 31 membres du Parti du Salut National du Cambodge (PSNC), dans l’opposition, votant contre. Aucun des amendements formulés par les syndicats n’a été incorporé à cette loi sur les syndicats, selon Ath Thorn, président de l’affilié d’IndustriALL C.CAWDU, syndicat de la confection.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré :

“La nouvelle loi sur les syndicats ne doit pas être utilisée pour affaiblir les travailleurs mais bien pour les renforcer. Le droit fondamental des travailleurs à s’organiser en syndicats et à négocier collectivement est vital pour obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail au Cambodge.”

Raina a depuis écrit aux dix syndicats de la confection du pays affiliés à IndustriALL pour leur dire :

“Je réitère l’engagement d’IndustriALL Global Union à continuer à œuvrer avec vous tous, la CSI, les grandes marques, les employeurs et les ONG qui militent pour les droits syndicaux, pour nous assurer que la nouvelle loi sur les syndicats respecte les principes fondamentaux de liberté syndicale et de liberté de négocier collectivement.”

IndustriALL a écrit au Premier Ministre Hun Sen le 17 mars pour communiquer un recueil de préoccupations par rapport à la loi qui sape le droit de grève des syndicats, pose des exigences déraisonnables et écrasantes par rapport à la fourniture de données financières et facilite la dissolution des syndicats. Les syndicats se montrent également préoccupés par le fait que trop peu de travailleurs et travailleuses sont couverts par cette législation.

Les sonnettes d’alarme avaient déjà commencé à retentir lorsqu’une première version du projet de loi avait été rendue publique en octobre 2014.

L’OIT au Cambodge, qui a assisté le gouvernement lors de sa rédaction du projet de loi sur les syndicats entre 2014 et 2015, a publié une déclaration ce 4 avril, après l’adoption de la loi, qui dit :

“Bien que quelques améliorations significatives ont été enregistrées au niveau des projets qui ont vu le jour pendant cette période, l’OIT a attiré l’attention du gouvernement sur certaines préoccupations et manquements clés. Ceci est lié principalement à une protection insuffisante du droit pour tous les travailleurs et employeurs de fonder librement des organisations de leur choix et au droit pour ces organisations de décider de leurs affaires internes sans interférence, comme l’obligation en incombe au Cambodge en vertu des Conventions de l’OIT qu’il a ratifiées.”

Encore une explosion dans un charbonnage au Pakistan : cinq morts et huit blessés

Cinq mineurs ont été tués et huit blessés lors d’une explosion dans une mine appartenant à la Sheraz Coal Company, dans la région de Doli de l’Agence d’Orakzai, dans la province de Khyber Paktunkhwa, au nord-ouest du pays.

IndustriALL a rapporté un accident similaire dans la même région le 12 mars de cette année, à la suite duquel 10 travailleurs ont été tués. Ensuite, un autre accident le 20 mars dans la région de Doli a tué sept mineurs et en a blessé de nombreux autres. À la suite de cet accident, les mines de la région de Doli ont été fermées. Ceci étant, le propriétaire de la mine a redémarré les activités de manière illégale, sans obtenir d’autorisation officielle.

Treize travailleurs se trouvaient à l’intérieur de la mine lorsque l’explosion de méthane s’est produite, les prenant tous au piège. Une opération de secours, menée par l’administration publique et du personnel du Corps des Frontières, a procédé au sauvetage de huit mineurs blessés qui ont été transférés en urgence dans un hôpital proche et a récupéré les dépouilles des cinq tués.

Les personnes décédées ont été identifiées comme étant Ihsanul Haq, Hussain Ahmad, Syed Alam, Arshad et Amanullah. Les noms des blessés sont Saqi Rehman, Ameer Rehman, Nasir Ahmad, Mohammad Ayaz, Mohammad Afzal, Bakht Zameen, Noor Ahmed et Sohail. Quatre des cinq tués sont originaires du village de Zara Dherai dans le district de Shangla, le cinquième étant de Dir.

Selon nos informations, le propriétaire, l’exploitant et le directeur de la mine ont été arrêtés et la licence d’exploitation de l’entreprise a été invalidée. Six autres propriétaires de mines qui fonctionnaient sans autorisation ont également été arrêtés.

Une étude portant sur les accidents survenus depuis 2010 montre qu’au moins 240 travailleurs sont décédé à la suite de 40 accidents. En moins de quatre mois, les mines pakistanaises ont déjà en 2016 coûté la vie à 30 mineurs.

Le directeur des mines d’IndustriALL, Glen Mpufane a déclaré :

“Ce nouvel accident dans une période aussi courte souligne l’attitude sans scrupule, à la fois du gouvernement et des employeurs, par rapport à la sécurité au sein des mines pakistanaises.

“Nous condamnons cette indifférence et ces pertes de vie évitables et exigeons une nouvelle fois que le gouvernement du Pakistan ratifie immédiatement la Convention 176 de l’OIT sur la Santé et la Sécurité dans les Mines.

“Le gouvernement doit aussi s’assurer que les victimes reçoivent une indemnisation correcte, que des dispositions médicales soient prises en faveur des blessés et que des sanctions implacables soient prises à l’égard des employeurs négligents.”

IndustriALL est convaincue que la ratification de la Convention 176 est un élément clé d’un changement de la culture de la sécurité au sein des mines. Le gouvernement doit aussi appliquer de toute urgence le Recueil de directives pratiques sur la sécurité et la santé dans les mines de charbon souterraines de l’OIT, tel que recommandé par la Réunion d’experts sur la sécurité et la santé dans les mines de charbon.

La ratification de la Convention 176 créerait une culture de la sécurité par laquelle les travailleurs auraient accès à des informations et des formations ainsi qu’à une véritable consultation et participation par rapport aux mesures de santé et sécurité destinées à lutter contre les risques dans les mines.

La convention fait valoir également auprès des employeurs le besoin d’assurer des mesures de prévention et de protection au sein des mines et de prendre toutes les mesures nécessaires pour éliminer ou minimiser les risques pour la santé et la sécurité au sein des mines sous leur contrôle.