La compagnie pétrolière norvégienne DNO se sert de la crise yéménite comme une excuse pour ne pas payer ses employés

La compagnie, qui opère au Yémen depuis l’an 2000, a cessé ses activités dans le pays l’année dernière en raison de la guerre, et licencié 200 employés par texto et courriel le 27 avril 2015.
 
DNO n’a versé aucune indemnité de licenciement ou compensation à ses employés, qui ont été laissés sans système de protection sociale et économique dans un pays au bord du gouffre.
 
Bien que cette façon d’agir soit contraire au droit yéménite, la compagnie s’est servie de la situation sécuritaire du pays pour fuir ses responsabilités.
 
L’affilié d’IndustriALL, le syndicat général des travailleurs du pétrole, des minéraux et de la chimie au Yémen, a gagné sa reconnaissance à DNO en 2010, après un long combat. Le syndicat a protesté auprès de la compagnie et du gouvernement, mais selon le président du syndicat, Hassan Hendi, aucune mesure n’a été prise en raison de la guerre.
 
Le syndicat norvégien du secteur du pétrole et Industri Energi, l’affilié d’IndustriALL, ont lancé une campagne de solidarité en faveur de leurs collègues yéménites et écrit aux actionnaires de DNO basé en Norvège pour réclamer à la compagnie d’assumer ses responsabilités. Le fonds de pension de la compagnie pétrolière publique norvégienne Statoil figure parmi les actionnaires.
 
Industri Energi a fait part de son indignation vis-à-vis du comportement de DNO, indiquant que la compagnie causait du tort à la réputation de la Norvège, et attirant l’attention sur le fait que les autres compagnies internationales ayant des activités au Yémen, telles que Dove et Total, avaient assumé totalement leurs responsabilités envers leurs employés.
 
« Les autres compagnies pétrolières opérant au Yémen n’ont pas licencié leurs employés et leur ont payé leurs salaires. Elles ont pris au sérieux leur responsabilité sociale, et aident leurs actionnaires et les travailleurs. De cette manière, elles bénéficieront d’une main-d’œuvre qualifiée prête à démarrer la production lorsque le conflit sera réglé. En outre, elles ont soutenu ceux qui leur sont restés fidèles en ces temps difficiles. »
 
Les actionnaires de DNO ont ignoré ce message, laissant les travailleurs dans une situation délicate.
 
Kemal Ozkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

« Il est tout à fait scandaleux que cette compagnie ait abandonné ses travailleurs qui lui sont restés loyaux durant ce terrible conflit. »

Les syndicats de l’informatique, de l’électricité et de l’électronique se penchent sur “Industrie 4.0” et ses défis

15 syndicats en provenance de France, d’Inde, d’Indonésie, du Japon, de Malaisie, des Philippines, de Singapour, de Thaïlande et du Vietnam représentés par 41 participants se sont rencontrés pour le Comité de direction de l’informatique, de l’électricité et de l’électronique d’IndustriALL Global Union à Fuchu (Tokyo), au Japon.

Les problématiques principales débattues lors de la réunion étaient :

·   Les tendances mondiales et les activités sectorielles au sein des industries de l’informatique, de l’électricité et de l’électronique

·   La syndicalisation et la construction de la puissance syndicale

·   Le combat contre le travail précaire et la mise en place d’une stratégie par rapport aux chaînes d’approvisionnement

·   La création et le développement de réseaux syndicaux

·   Le futur dans la fabrication industrielle et la promotion d’un emploi durable

·   Suivi du Plan d’Action et activités futures

Dans le secteur de l’informatique, de l’électricité et de l’électronique 11 des 20 premières multinationales qui se déploient rapidement partout dans le monde sont issues de pays où la liberté syndicale (Convention n°87 de l’OIT) et le droit de négocier collectivement (Convention n°98 de l’OIT) ne sont pas respectés. Au sein de ces entreprises, la présence syndicale est très faible ou inexistante, réduisant la capacité des travailleurs et travailleuses à s’opposer à la direction. C’est une des raisons pour lesquelles le nombre de travailleurs non-syndiqués dans le secteur continue à grimper partout dans le monde et que le travail précaire se répand dans ses complexes chaînes d’approvisionnement.

Le secteur fait également face à de gros défis comme la réorganisation du secteur et l’avenir dans la fabrication industrielle. L’explosion des fusions et des acquisitions dans le secteur ainsi qu’une nouvelle révolution industrielle, aussi connue sous le vocable Industrie 4.0, ont un impact énorme sur le volume d’emploi et les relations sociales (voir Section 1 IndustriALL, Kan Matsuzaki).

Shoji Arino, coprésident de la section a insisté :

“Nous devons renforcer les activités qui forcent les multinationales à assurer les droits syndicaux et des conditions de travail décentes dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Dans le même temps, une politique industrielle forte et durable est nécessaire pour relever les défis d’Industrie 4.0. Nous devrions promouvoir des actions de solidarité entre les pays développés et ceux en développement pour atteindre un emploi et un environnement durables pour le futur de la fabrication industrielle.”

Prihanani Boenadi, coprésidente de la section, a déclaré :

“Nous connaissons une âpre concurrence mondiale à la fois en termes de marché de l’emploi et de technologie industrielle. Le capital mondial dans ce secteur se déplace très souplement vers les pays qui promeuvent les bas salaires et la dérégulation de législation du travail. Nous devons construire entre nous un réseau unifié et trouver des solutions pour réduire l’impact négatif de ces problématiques.”

Un projet de syndicalisation sur cinq ans soutenu par la Commission européenne est dans sa troisième année. En 2014 et 2015, plus de 1.200 syndicalistes (dont 40% de femmes) en provenance d’affiliés d’IndustriALL d’Indonésie, de Malaisie, des Philippines, de Taïwan, de Thaïlande et du Vietnam ont été formés à la syndicalisation. Tout au long de ce projet, ces syndicats ont vu leur capacité à syndiquer s’accroître et des résultats positifs en matière d’effectifs ont été constaté en particulier en Indonésie, en Malaisie, en Thaïlande et aux Philippines.

La santé et la sécurité professionnelles sont un sujet problématique dans le secteur, en particulier en raison du manque de responsabilité sociale des multinationales à travers toute la chaîne d’approvisionnement. Un cas de lymphome en Malaisie, probablement causé par des expositions multiples à des produits chimiques a été rapporté lors de la réunion. Le Comité est convenu d’enquêter sur ce cas et va promouvoir les droits fondamentaux en matière de santé et sécurité professionnelles, dont l’accès illimité à l’information sur tous les matériaux des sites et des mécanismes équitables pour la protection des travailleurs et travailleuses.

Les participants ont également débattu activement de l’impact futur d’Industrie 4.0. De nouvelles technologies, comme la numérisation de la production avec l’Internet des Objets, l’impression 3D, la réalité virtuelle et augmentée, Big Data, les cobots (des robots destinés à collaborer dans leur travail avec des êtres humains) se développent et se répandent rapidement sur les lieux de travail.

En Europe, on estime que les technologies pourraient modifier les emplois d’un million de travailleurs (peut-être jusqu’à 54% des emplois) au cours des prochaines années. Au cours des débats de la réunion, il est apparu assez clairement que de nouveaux emplois hautement qualifiés allaient être créés, mais que les emplois faiblement qualifiés ou ceux représentant une forte intensité de main d’œuvre allaient y perdre rapidement. Les participants ont conclu que les syndicats se devaient d’avoir une politique industrielle forte à cet égard et de développer un dialogue tripartite avec les gouvernements et les employeurs en vue d’un futur durable avec de l’emploi décent.

Sur base des résultats des débats, le Comité de direction a décidé quels points devaient être renforcés pour le suivi du Plan d’Action adopté lors de la Conférence mondiale en 2015, comme la stratégie en matière de chaîne d’approvisionnement, le réseautage syndical, la santé et la sécurité ainsi qu’une politique industrielle durable (voir Section 6, IndustriALL, Kan Matsuzaki).

La réunion s’est conclue par une visite de l’usine de Toshiba du Complexe de Fuchu, qui produit des systèmes et des composants pour l’énergie, le transport, la radio-télé-diffusion et les communications ainsi que pour l’eau et l’environnement. La délégation a rencontré les leaders syndicaux locaux et la direction. La délégation a également visité le Centre de recherche et développement de l’hydrogène comme énergie et a été informée sur un système de pile à combustible à hydrogène qui ne produit pas d’émissions de dioxyde de carbone, ce qui est considéré comme le dernier cri en matière d’énergie propre.

Nouveau décès d'un travailleur dans un chantier de démolition navale au Bangladesh

Le 15 avril 2016, Biplob (22 ans) et Jasim (27 ans) ont été exposés à des gaz toxiques alors qu'ils travaillaient au chantier naval de la Premium Trade Corporation, dont Manik est propriétaire, dans la région de Baro Aowlia.

Selon la Fondation pour la santé, la sécurité et l’environnement professionnels du Bangladesh, l'accident est survenu aux environs de 15h30 et la direction a envoyé les travailleurs affectés à l'hôpital du Collège médical de Chittagong pour y être soignés. Mais Biplob est décédé sur place alors que Jasim est dans un état grave.

À ce jour, six travailleurs ont perdu la vie depuis le début de l'année dans les chantiers de démolition navale du Bangladesh.

Le 28 mars, un ouvrier a péri dans un accident au Kabir Steel Yard et sept personnes ont été blessées lorsque des vigiles ont ouvert le feu sur des travailleurs et des habitants qui protestaient contre ce décès. À cette occasion, le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, a condamné cet incident dans les termes les plus vifs et, dans une lettre au Premier ministre du Bangladesh, il a appelé le gouvernement "à veiller à ce que les victimes de l'accident soient convenablement indemnisées et à punir les employeurs qui font preuve d'une négligence coupable dans les chantiers de démantèlement de navires".

Or, un autre décès survenu immédiatement après confirme que ces employeurs n'appliquent pas des normes de sécurité suffisantes. L'inaction du gouvernement, qui n'impose pas des conditions sûres pour les travailleurs de la démolition navale, ne cesse de coûter des vies.

Kan Matsuzaki, le Directeur chargé de la construction et la déconstruction navales à IndustriALL : "Nous allons intensifier notre action pour combattre ces conditions de travail inacceptables au Bangladesh. Il faut que le gouvernement fasse ce qu'il a promis et protège la vie des travailleurs; tout de suite !"

IndustriALL réitère ses revendications et exhorte le gouvernement à appliquer immédiatement la nouvelle Loi sur le recyclage des navires de 2015. Il faut qu'il accélère les choses pour ratifier la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires.

Au Koweït, les syndicats du pétrole annoncent une grève illimitée

Ces derniers mois, le gouvernement koweïtien a élaboré un nouveau projet de loi sur l'emploi dans le secteur public baptisé Alternative stratégique à l'échelle salariale, et qui comporte des mesures d'austérité visant à réduit les coûts par une "harmonisation" des salaires.

Or, de nombreux éléments du service public – dont les militaires, les médecins et les ingénieurs – échappent à ce nouveau plan. Au Koweït, les travailleurs du pétrole font l'objet d'une législation du travail distincte qui devrait les en exempter aussi. 

L'inquiétant est que la société d'État Kuwait Petroleum Corporation (KPC) a imposé ce nouveau plan de manière unilatérale et adopté de nouvelles dispositions sans avoir consulté les syndicats. Ces dispositions vont entraîner des baisses de salaires pour les travailleurs du pétrole et la perte de prestations en vigueur depuis longtemps.

Les travailleurs du pétrole sont représentés par notre affilié Oil and Petrochemical Industries Workers Confederation (OPIWC), le plus important syndicat du pétrole du pays et le seul à représenter les travailleurs des compagnies pétrolière, gazière et pétrochimique de l'État. L'OPIWC a immédiatement entamé des négociations avec la KPC et le ministre du Pétrole faisant fonction en exhortant les autorités à maintenir les textes légaux existants et à :

L'échec des négociations a contraint l'OPIWC et les travailleurs du secteur à agir. Le 11 avril, le syndicat a convoqué un congrès extraordinaire qui a voté la grève à durée indéterminée à dater du 17 avril.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, a envoyé un message de solidarité à L'OPIWC et fait part de son mécontentement au ministre koweïtien du Pétrole.

"Nous sommes à vos côtés, totalement solidaires avec votre grève", écrit-il.

"IndustriALL Global Union déplore les récentes mesures unilatérales adoptées par le gouvernement, notamment l'élaboration d'une nouvelle loi dite 'Alternative stratégique' qui entamerait gravement des prestations acquises de longue date, ainsi que les salaires, et permettrait d'imposer des licenciements".

Les syndicats du secteur de l'automobile de la région MENA, en plein essor, réunis au Maroc

À cet atelier organisé par IndustriALL Global Union avec le soutien de la FES assistaient aussi des dirigeants de syndicats de la métallurgie et de l'automobile de Tunisie, du Maroc, d'Allemagne, de France et d'Espagne.

Après la première réunion sur les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs de la région MENA, qui s'était tenue en avril dernier à Beyrouth, les participants à celle de Casablanca ont examiné en profondeur le développement et l'expansion de l'industrie automobile et de sa chaîne d'approvisionnement en Afrique du Nord.

Des dirigeants syndicaux et des travailleurs de plusieurs entreprises transnationales, dont Kromberg & Schubert, PSA, Ford, Leoni, VETE, Renault, CFCA, CAC, Auto Nejma (distributeur exclusif pour le Maroc de Mercedes-Benz, SsangYong, Jeep, Dodge, FAW), Yazaki, Irizar Maroc S.A, Dräxlmaier, VALEO, BMW et CFAO Motors Maroc (distributeur exclusif pour le Maroc d'Opel et Chevrolet) et Volkswagen, ont discuté de l'amélioration des conditions de travail des travailleurs de la chaîne d'approvisionnement de la construction automobile par la mise en œuvre d'accords-cadres mondiaux (ACM), les réseaux syndicaux, la coopération et la solidarité syndicales.

Ces deux jours de réunion ont permis des discussions fouillées sur la législation du travail, les structures syndicales, les conventions collectives et accords d'établissement ou d'entreprise, la ratification des conventions 87 et 98 de l'OIT, les garanties de la liberté syndicale dans la législation nationale, les principales législations du travail et la protection des syndicalistes. Ces échanges détaillés serviront de base de départ pour un renforcement et un élargissement de la coopération entre les syndicats européens et ceux de la région MENA. Des exemples de coopération réussie entre les syndicats français et marocains de Renault et les syndicats tunisiens et allemands de Leoni ont été présentés.

Les débats ont aussi porté sur l'industrie mondiale de l'automobile et ses fournisseurs, sur ses grands acteurs et ses tendances futures, sur les problèmes et les défis pour les travailleurs de la région MENA, sur les expériences de coopération syndicale, le renforcement et la montée en puissance dans le secteur.

Les femmes ont participé activement à cette réunion et quatre d'entre elles ont présenté des exposés pendant l'atelier.

L'Algérie, l'Égypte, le Maroc et la Tunisie sont les principaux acteurs du secteur dans la région MENA, ce qui s'explique par la croissance rapide du marché de l'automobile au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, l'augmentation du revenu disponible, l'urbanisation, mes mesures d'incitation à l'investissement, le faible coût de la main-d’œuvre et la constance des investissements dans les infrastructures.

La Tunisie compte 84 entreprises employant plus de 60.000 personnes dans l'industrie, avec un chiffre d'affaires de 2 milliards de dollars. Au Maroc, près de 200 entreprises emploient 85.000 travailleurs pour une production annuelle de 167.000 véhicules. L'Égypte produit chaque année 100.000 véhicules et compte 26 usines de montage en plus des 338 usines sous-traitantes qui emploient plus de 70.000 personnes. L'Algérie attire plus de constructeurs et de fournisseurs alors que Renault projette de tripler sa production d'ici 2019 en la portant à 75.000 véhicules. De même, Daimler se propose d'augmenter sa production dans ce pays.

La réunion s'est conclue par un plan d'action destiné à soutenir l'activité sectorielle dans les pays de la région MENA, accroître la constitution de réseaux dans les entreprises ainsi que la coopération entre pays de la MENA et pays où les sociétés transnationales présentes ont leur siège, améliorer l'application des ACM existants en associant plus de syndicats de la région MENA à la coopération syndicale en place, en s'adressant davantage aux travailleurs des fournisseurs, et en accroissant la capacité des syndicats de la région à organiser les travailleurs de la chaîne d'approvisionnement de l'industrie automobile.

Le directeur du département de l'industrie automobile d'IndustriALL, Helmut Lense, a déclaré : 

"L'expansion de l'industrie automobile dans la région MENA est un fait positif pour ce qui est de la création d'emplois, étant donné le chômage élevé des jeunes dans cette région.Quoi qu'il en soit, la nature d'une industrie telle que celle-là, tributaire de chaînes d'approvisionnement mondiales, impose des défis de taille aux travailleurs. Les réseaux qu'IndustriALL a déjà constitués dans le secteur de l'automobile, les ACM et la solidarité des affiliés contribueront à une amélioration des droits des travailleurs dans le secteur automobile de la région MENA."

Soutenez la campagne de ratification de la C176 de l’OIT

Cette année déjà, de nombreux accidents mortels ont eu lieu dans des mines : aux États-Unis, au Pakistan, en Chine, au Congo, en Russie et ailleurs. La chute des cours des matières premières au plan mondial a mis une pression financière sur les compagnies minières et, souvent, la sécurité est la première sacrifiée.

Rien ne justifie qu’il en soit ainsi : tout accident est évitable. Lorsqu’un accident se produit, c’est parce que l’entreprise a failli à mettre en œuvre de façon appropriée des mesures de sécurité.

La meilleure solution est d’encourager les pays à ratifier la Convention 176 de l’OIT sur la Santé et la Sécurité dans les Mines.

Cette convention sur la sécurité fonctionne en :

Mais la C176 de l’OIT n’a été ratifiée que par 31 pays et nombre d’entre ceux qui comptent les pires statistiques de sécurité ne l’ont pas fait.

Si vous êtes utilisateur des médias sociaux, aidez-nous s’il vous plaît à faire passer le message concernant la C176 de l’OIT en soutenant notre Thunderclap. Cliquez sur Adhérer à ce Thunderclap, et choisissez ensuite “Soutenez via Facebook, Twitter ou Tumblr” (ou les trois).

Ce 28 avril, Thunderclap enverra alors un message au départ de votre compte pour demander aux différents pays de ratifier la C176.

Suscitons un élan et rendons les mines plus sûres.

Utilisez également les hashtags #MineSafety, #C176 and #IWMD16.

Lisez le dossier

La sécurité dans les mines : Il est temps de ratifier la Convention 176 de l’OIT

Journée d’action au Pakistan pour les victimes de l’incendie de Ali Enterprises

Quelque 254 personnes ont péri carbonisées et plus de 50 ont été gravement blessées après avoir été prises au piège dans l’incendie de l’usine de confection Ali Enterprises de Baldia (Karachi), le 11 septembre 2012.

L’affilié d’IndustriALL, la Fédération nationale des syndicats du Pakistan (NTUF), en lien avec l’Association des victimes de la tragédie de Baldia, a organisé différents rassemblements dans le cadre d’une journée d’action nationale à Lahore, Faisalabad, Multan, Hyderabad, Hub et Karachi même.

D’autres affiliés, au nombre desquels la Fédération des travailleurs du textile, du tissage et de la confection, ainsi que des groupements de la société civile du Pakistan ont également organisé des manifestations sur le thème de cette journée d’action.

Le discounter KiK, seul client confirmé de Ali Enterprises, n’a toujours pas versé les indemnisations à long terme qu’il a promises aux victimes et leurs familles, en dépit d’un engagement pris en signant un Protocole d’entente en décembre 2012.

“Il est regrettable que le détaillant allemand KiK, qui a conclu un accord avec les organisations de travailleurs et a accepté de verser des indemnisations, se détourne de son engagement,” déclare le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, dans un courrier de solidarité aux affiliés pakistanais.

“IndustriALL Global Union va œuvrer avec ses affiliés au Pakistan pour s’assurer que KiK assume ses responsabilités par rapport aux victimes de la catastrophe.”

KiK, qui compte 3.200 boutiques en Allemagne, Autriche et Europe de l’Est, est la seule enseigne liée aux trois des plus grandes catastrophes à avoir affecté l’industrie de la confection dans l’histoire récente : l’incendie de l’usine de Ali Enterprises au Pakistan, l’incendie de l’usine Tazreen au Bangladesh (2012) et l’effondrement du bâtiment de l’usine Rana Plaza, également au Bangladesh (2013).

En dépit des pressions internationales, KiK continue à paralyser les efforts visant à négocier un véritable plan d’indemnisation.

Les travailleurs de l’usine Volkswagen implantée à Chattanooga remportent une victoire importante

Les travailleurs de l’usine Volkswagen implantée à Chattanooga, aux Etats-Unis, se sont battus durant des années pour être représentés syndicalement, en dépit de l’opposition de politiciens antisyndicaux prêts à tout et de groupes d’intérêt financièrement puissants.

En décembre 2015, un groupe de 164 travailleurs qualifiés de l’usine a voté pour être représenté par United Auto Workers (UAW), l’affilié d’ IndustriALL Global Union, lors des négociations collectives, et remporté l’élection avec une majorité de 71 pour cent.

Néanmoins, Volkswagen a, avec un total mépris des résultats de l’élection, demandé à NLRB de les invalider.

Dans son arrêt du 13 avril, le NLRB a toutefois confirmé la légalité des résultats de l’élection de décembre, mettant clairement en évidence l’obligation pour Volkswagen de respecter la volonté des travailleurs et d’engager les négociations collectives dans cette usine.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré :

« Volkswagen doit accepter la décision du gouvernement des Etats-Unis, mettre fin à ses efforts pour contrecarrer la volonté de ces ouvriers et démarrer immédiatement les négociations en toute bonne foi pour parvenir à une convention collective honnête et équitable. »

Pour sa part, Mike Cantrell, président de la Section Locale 42 de l’UAW, a indiqué :

« Le NLRB a supervisé une élection impartiale dans les locaux de l’usine dont il a immédiatement validé les résultats. Nous sommes heureux de voir cette décision confirmée et nous attendons avec intérêt de rencontrer Volkswagen à la table des négociations collectives très prochainement. »

L’usine implantée à Chattanooga est la seule unité de production de Volkswagen dans le monde à ne pas être encore représentée au comité d’entreprise mondial du groupe Volkswagen, un organisme influent de représentants des salariés du monde entier.

Les travailleurs demandent la médiation d’un sénateur brésilien dans le conflit sur la reconnaissance syndicale chez Nissan

Après avoir organisé une manifestation et remis une plainte au Comité organisateur des Jeux olympiques 2016, les syndicats brésiliens ont franchi une étape dans leur campagne pour inciter Nissan à respecter la liberté syndicale au sein de l’usine du Mississippi de l’entreprise.

Ils ont promu la tenue d’une séance publique au Sénat, au cours de laquelle le Sénateur Paulo Paim, Président de la Commission des Droits de l’Homme du Sénat, a accepté de contacter le PDG de l’entreprise, Carlos Ghosn, pour l’encourager à dialoguer avec ses salariés.

Kristyne Peter, Directrice des relations internationales de l’affilié américain d’IndustriALL Global Union, l’UAW (syndicat de l’automobile), a présenté deux vidéos illustrant la campagne anti-syndicale de l’entreprise au Mississippi.

S’agissant de la campagne affectant les travailleurs, une salariée de l’usine américaine, Betty Jones, s’exprime sur le climat dans lequel évoluent les travailleurs :

De bien vilaines choses se passent au Mississippi. Ils intimident les travailleurs et travailleuses de sorte qu’ils ne s’approchent pas du syndicat.

Après avoir pris connaissance de ces pratiques anti-syndicales, M. Paim a accepté d’organiser une réunion avec l’ambassadeur Agemar Santos, Directeur des Relations institutionnelles au sein du Comité organisateur des Jeux olympiques de Rio 2016.

Marino Vani, Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL s’est exprimé lors de la séance. Il a indiqué :

Je suis ici au nom d’IndustriALL et de nos six confédérations affiliées au Brésil pour défendre un droit fondamental, qui est celui de se syndiquer et d’être représenté par un syndicat. Nous mettons en cause la politique de Nissan. Nous voulons que les entreprises qui parrainent les Jeux olympiques agissent en conformité avec le principe de responsabilité sociale. Nous voulons bâtir des ponts entre l’entreprise et le syndicat.

Relever le défi de la fixation de salaires décents en Ethiopie

Lors d’un atelier organisé par IndustriALL Global Union à Addis Ababa, les 11 et 12 avril, et financé par la fondation Friedrich Ebert (FES), les affiliés des secteurs du textile et de la confection, de la chimie, de l’électricité et des mines se sont réunis pour examiner les premières mesures à prendre pour élaborer des mécanismes de fixation des salaires exhaustifs et performants dans le pays.

Les affiliés ont tenu tout particulièrement à tirer les leçons des expériences des syndicats d’autres pays que le leur. Ils ont ainsi appris comment les systèmes de salaires minimums dans des pays comme le Cambodge et le Bangladesh se sont avérés inadéquates pour augmenter les salaires au niveau d’un salaire décent.

Une discussion approfondie sur les possibles avantages et désavantages qu’un mécanisme de salaire minimum national ainsi que la négociation collective à l’échelle de l’ensemble de l’industrie pourraient apporter à l’Ethiopie a eu lieu pour mieux comprendre les systèmes devant être développés par les syndicats éthiopiens.

Les affiliés considèrent le salaire minimum national comme un point de référence pour les salaires, impossible à remettre en question par les employeurs, ayant force de loi et garantissant aussi aux salariés des entreprises économiquement moins puissantes de recevoir le même salaire. La fixation d’un salaire minimum national montrerait la volonté du gouvernement à améliorer les conditions des travailleurs, et renforcerait la responsabilisation en matière fiscale et la transparence.

La non-participation des travailleurs à la fixation du montant, l’absence de flexibilité et la possibilité que le taux ne suive pas le rythme de l’inflation figurent parmi les défauts du système. Il existe un risque que les employeurs ne soient pas préparés à payer un montant supérieur au salaire minimum, y compris chez ceux au bénéfice de meilleures performances économiques.

Jenny Holdcroft, directrice des politiques d’IndustriALL, a déclaré :

« La négociation sectorielle a certains avantages, dont celui principalement de permettre aux travailleurs d’influencer l’issue du processus. Il a été observé que les accords collectifs ont un impact positif sur la qualité et la productivité du fait qu’ils sont fondés sur la confiance et la négociation. Il existe une certaine souplesse permettant de réexaminer les accords afin de tenir compte de la charge de travail, des qualifications et d’autres questions liées à l’industrie. Fait important, la négociation sectorielle aide à renforcer le pouvoir de négociation des syndicats.

Cependant, conclure ces accords prendra du temps en raison de l’absence actuelle d’un système en place pour y parvenir, et des efforts doivent être consentis pour accroître le pouvoir syndical. Les participants ont reconnu l’importance des deux systèmes pour contribuer à la stabilité dans l’industrie ainsi qu’à la sécurité des travailleurs et des investisseurs. »

Les affiliés éthiopiens ont convenu de poursuivre ces discussions et de nouer le dialogue avec la Confédération et l’Organisation internationale du Travail (OIT) afin de prendre de nouvelles mesures pour élaborer des mécanismes de fixation des salaires.

En attendant, les syndicats continuent de se battre pour leurs membres. Les négociations collectives qui ont eu lieu avec différents employeurs ont abouti à des succès en matière d’augmentations importantes de salaires de membres. Par exemple, le syndicat de l’usine de textile et de la confection d’Ayka est parvenu à augmenter le salaire de base de 600 à 990 birr alors que le syndicat de l’usine de Bahirdar a obtenu sa fixation à 915 birr. Néanmoins, les deux syndicats ont admis que ces augmentations restent insuffisantes pour permettre aux travailleurs de jouir d’un salaire décent.