Des experts pour activer les droits syndicaux dans la chaîne d'approvisionnement d'Inditex

Cet accord qui fera date, unique en son genre dans le secteur de la confection, a été signé par le P-DG d'Inditex, Pablo Isla, et le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, ce 25 avril à Bruxelles.

Les experts syndicaux seront là pour assurer un meilleur contrôle du respect des droits des travailleurs dans une convention qui élargit l'application de l'accord-cadre mondial (ACM) qui lie IndustriALL Global Union à la firme espagnole Inditex. Cet ACM couvre plus d'un million de travailleurs de près de 6.000 ateliers de confection travaillant pour les huit marques du groupe, parmi lesquelles Zara, Pull&Bear et Massimo Dutti.

L'ACM entre IndustriALL et Inditex a été signé en 2007 et reconduit et renforcé en 2014. Il vise à promouvoir les droits des travailleurs, la liberté syndicale et la négociation collective chez ses fournisseurs.

Les experts syndicaux opéreront dans différentes régions (ou groupes) pour favoriser une meilleure application de l'ACM et le respect effectif des droits au travail dans toute la chaîne d'approvisionnement d'Inditex. Le premier Contrat de groupe a aussi été signé pour la Turquie.

Les experts veilleront aussi à faire appliquer le Code de conduite pour les fabricants et fournisseurs d'Inditex et auront un rôle de coordination auprès des syndicats, aux côtés des Équipes de durabilité d'Inditex situées dans les différentes régions.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, déclare :

"Cet accord témoigne de la volonté authentique et sans précédent d'Inditex d'améliorer les droits des travailleurs de l'habillement dans les ateliers de ses fournisseurs. C'est un grand pas en avant pour la promotion des droits des travailleurs de la chaîne d'approvisionnement d'Inditex et il contribuera à renforcer la capacité des travailleurs à négocier leurs salaires et leurs conditions de travail avec les employeurs. Seul le renforcement des travailleurs et des syndicats permettra un changement réel dans l'industrie mondiale du vêtement.

Le P-DG d'Inditex, Pablo Isla, dit quant à lui :

"Cette nouvelle initiative est un jalon majeur dans l'amélioration de la chaîne de production mondiale de la confection. Il faut la replacer dans le contexte de l'accord fondamental conclu avec IndustriALL en 2007, qui s'est avéré l'instrument le plus efficace pour l'accompagnement et la formation de nos fournisseurs à l'échelle de la planète. Je suis certain qu'avec ce renforcement organisationnel, nous allons poursuivre des objectifs sociaux plus ambitieux encore".

La signature a eu lieu lors de la Conférence de haut niveau sur la gestion responsable de la chaîne d'approvisionnement du secteur de la confection organisée par la Commission européenne et à laquelle Pablo Isla et Jyrki Raina ont présenté des exposés.

EN CHIFFRES :

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Léonie Guguen, Responsable de la communication, IndustriALL Global Union, [email protected]

Tél. : +41 79 137 54 36

Les mineurs commémorent le 10e anniversaire de la tragédie de Lázaro Cárdenas

Le Syndicat national des mineurs et métallurgistes (SNTMMSRM, plus connu sous le nom de Los Mineros, et affilié à IndustriALL Global Union) a organisé une marche et une messe pour célébrer la commémoration d’Alberto Rodríguez Castillo et de Héctor Álvarez Gómez.

Tous deux ont été victimes des affrontements qui ont eu lieu le 20 avril 2006 lorsque la police a chassé par la force les travailleurs des locaux de Sicartsa, devenu Arcelor-Mittal.

Les travailleurs de la section 271 étaient en grève depuis plusieurs mois quand ils ont été pris au dépourvu par la police.

« Cela ressemblait à une scène de guerre avec de la fumée, des hurlements et des personnes qui couraient dans tous les sens. La police a expulsé les travailleurs qui surveillaient l’accès à l’usine et les ont pourchassés dans les rues… »,

se rappelle Raúl Alejandro Delgado Rojas, un employé syndicaliste de la compagnie.

Dix ans plus tard, le syndicat a commémoré la tragédie lors d’une manifestation soutenue par les syndicats Unite et United Steel Workers (USW), tous deux affiliés à IndustriALL. Le syndicat a indiqué que les autorités avaient violé l’autonomie syndicale, et exhorté le gouvernement à stopper la répression et les persécutions, à veiller à ce que justice soit faite et à reconnaître le droit de grève.

« Se souvenir des personnes décédées à Lazaro Cardenas nous rend plus forts dans la lutte »,

a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Fernando Lopes.

Faire en sorte que l'Accord-cadre mondial avec H&M fonctionne

IndustriALL a signé cet ACM avec H&M, le groupe suédois de l'habillement, en novembre 2015, afin de protéger les droits des 1,6 million de travailleurs de sa chaîne d'approvisionnement constituée de plus de 1.900 usines dans le monde entier.

Cet accord a joué un rôle essentiel pour la reconnaissance des droits des travailleurs en matière de liberté syndicale et de négociation collective dans des pays tels que le Bangladesh, le Myanmar et le Pakistan, en obtenant la réintégration de travailleurs qui avaient été licenciés pour avoir revendiqué leurs droits.

Cette première réunion du Comité national de contrôle (CNC), qui devra vérifier l'application de l'accord, a longuement débattu de thèmes tels que la structure de l'organisation, la stratégie nationale et le processus de mise en application. Le CNC se compose de représentants d'affiliés d'IndustriALL et de H&M.

Les participants ont pu développer leur connaissance des aspects critiques de l'ACM, comme le dialogue social, les relations professionnelles, le travail décent, les droits syndicaux et les obligations qui y sont liées, les droits et obligations de l'employeur, la prévention des conflits, le règlement pacifique des conflits et la négociation de bonne foi.

Le CNC a ainsi élaboré un plan à long terme pour promouvoir les droits des travailleurs à la liberté syndicale et la négociation collective dans la chaîne d'approvisionnement de H&M. Il a aussi arrêté des objectifs à court terme tels que l'éducation et la gestion des ateliers, le règlement complet des conflits et la formation initiale pour les affiliés de l'habillement et du textile du Conseil du Bangladesh d'IndustriALL.

Le CNC a décidé de se réunir périodiquement pour faire le bilan de l'application de l'ACM et de se réunir aussi en urgence pour examiner des situations de conflit au cas par cas.

Pour, Christina Hajagos-Clausen, la Directrice du secteur du textile et de l'habillement d'IndustriALL, l'ACM contribuera largement à améliorer le dialogue social, la paix sociale et à développer de bonnes relations professionnelles au Bangladesh.

Quant au Vice-président du Conseil du Bangladesh d'IndustriALL, Kutubuddin Ahmed, il estime que "avec l'ACM de H&M, IndustriALL a ouvert de nouveaux horizons. Correctement appliqué, il inaugurera une ère nouvelle pour le bien-être des travailleurs au Bangladesh".

Suivant les modalités d'application de l'ACM, ce sont les partenaires sociaux qui traitent des conflits du travail au niveau de l'atelier. Des CNC doivent être constitués afin de vérifier l'application au niveau national dans cinq pays : le Bangladesh, le Cambodge, l'Indonésie, le Myanmar et la Turquie.

Le Comité conjoint de développement des relations professionnelles, composé de représentants de H&M, d'IndustriALL et de IF Metal étudiera les questions d'ordre pratique de l'application de l'ACM au niveau mondial et, le cas échéant, fournira aide et conseils aux CNC.

Le gouvernement britannique accepte de nationaliser partiellement une aciérie après une campagne syndicale

L'effondrement des cours mondiaux de l'acier provoqué par la dumping chinois a poussé Tata Steel à se défaire de ses activités au Royaume-Uni, compromettant ainsi des milliers d'emplois.

Le plan de sauvetage a été annoncé par Sajid Javid, secrétaire d'État au commerce du gouvernement conservateur britannique. Cette prise de participation du gouvernement se veut un incitant grâce auquel il devrait être plus facile de trouver un acheteur pour l'entreprise.

Sajid Javid, qui avait tout d'abord exclu toute idée de nationalisation, est un libertaire économique qui a été critiqué pour sa confiance aveugle dans les forces du marché qui l'a fait s'opposer à des tentatives de sauvetage de cette industrie. Le gouvernement conservateur a mis beaucoup de temps à réagir à la crise et a aussi mis son veto à un projet européen de hausse des droits de douane sur l'acier chinois.

Sa décision a été bien accueillie par les affiliés d'IndustriALL comptant des adhérents dans le secteur et qui ont su mobiliser un soutien en faveur de l'industrie en rappelant les cadeaux faits aux banques dans le passé et l'importance de l'acier dans la chaîne d'approvisionnement.

Les syndicats réclament une politique industrielle à long terme, durable, qui lie la production d'acier aux marchés publics et au développement des infrastructures et fasse barrage au dumping.

Commentant cette opération, le Secrétaire général adjoint d'Unite, Tony Burke, a déclaré :

"L'annonce faite aujourd'hui n'est qu'une partie de la solution. Il faut maintenant trouver un acheteur qui veuille reprendre tout Tata Steel UK et assurer l'avenir à longue échéance de la sidérurgie au Royaume-Uni. Nos membres auront aussi besoin de garanties solides pour leurs pensions pendant la procédure de vente et aussi d'assurances que personne n'en sortira pénalisé.

"Le gouvernement a encore beaucoup à faire pour maintenir la sidérurgie en vie."

Roy Rickhiss, le Secrétaire général du syndicat Community, a dit :

"Nous nous félicitons de la volonté du gouvernement de soutenir le financement de la dette et de voir qu'il reste ouvert à la proposition d'une prise de participation de 25 pour cent dans l'entreprise. Les gouvernements doivent poursuivre leur collaboration avec Community parce que nous faisons tout ce que nous pouvons pour assurer l'avenir de notre sidérurgie."

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Fernando Lopes, a commenté la situation en ces termes :

"Il est paradoxal de voir un gouvernement conservateur et un secrétaire d'État au commerce fondamentalement libéral nationaliser partiellement la sidérurgie britannique. C'est ce qui se passe lorsque l'idéologie se heurte au mur de la réalité.

"C'est un premier pas, et un pas important qui démontre que nos arguments gagnent du terrain. Mais beaucoup reste à faire pour garantir la pérennité de cette industrie vitale."

Grève nationale réussie pour les métallurgistes italiens

Selon les affiliés d’IndustriALL FIM, FIOM ET UILM, la moyenne nationale de participation a dépassé les 75%. Dans de nombreux ateliers et bureaux, toutes les activités se sont trouvées totalement à l’arrêt. Des rassemblements et des meetings ont été organisés sur près d’une centaine de grand-places partout en Italie.

L’une des mobilisations les plus réussies a été celle de Comer Industries (en province de Reggio d’Émilie), l’entreprise de l’actuel président de Federmeccanica (la Fédération patronale italienne des industries de la métallurgie). Quelque 90% des 430 salariés étaient en grève et, chez GE Oil & Gas à Florence, l’entreprise dont est issu l’actuel directeur général de la Fédération patronale de la métallurgie, 70% du personnel était en grève.

Le mouvement était un signal clair de soutien aux négociations en vue du renouvellement de la convention nationale de la métallurgie. Les syndicats considèrent qu’il appartient maintenant aux directions de répondre aux revendications des travailleurs.

Marco Bentivoglio, Secrétaire général de la FIM a déclaré à l’issue du rassemblement à Naples : “Le nombre de participants à cette grève contredit les prédictions du Président de Federmeccanica, Fabio Storchi. Les travailleurs ont réalisé qu’il nous faut un changement, un accord décisif qui ne laisse personne sur le carreau. Federmeccanica nous avait jeté le gant, la réponse d'aujourd’hui est la plus forte que nous pouvions donner. Ce que les employeurs de la métallurgie devraient faire à présent, c’est rouvrir les négociations dès ce soir et conclure une convention.”

Maurizio Landini, Secrétaire général de la FIOM a déclaré du haut de la tribune installée devant Assolombarda (Association des Industries de la province de Milan) : “Il est temps pour le pays de redémarrer son économie. Le succès de cette grève montre combien les métallurgistes souhaitent le renouvellement de la convention nationale, auquel ils ont droit. Federmeccanica doit demain rouvrir les négociations. Je ne veux pas prendre la responsabilité d’un conflit dont le pays n’a pas besoin à ce stade.”

Rocco Palombella, concluant le rassemblement devant le siège de l’Union des Industries de Reggio d’Émilie a déclaré : “Federmeccanica, modifiez votre offre, en commençant par les salaires, et appelez-nous le plus rapidement possible à la table des négociations. Il est inacceptable que les dirigeants de la métallurgie proposent la division au million six cent mille travailleurs et travailleuses du secteur en faisant des offres différenciées comprenant des augmentations de salaires différentes.”

Dans sa lettre de soutien aux métallurgistes italiens en grève, Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, déclare :

“IndustriALL Global Union soutient pleinement vos revendications, qui appellent les associations patronales Federmeccanica et Assistal, à reconsidérer une proposition qui reviendrait à refuser à 95% des métallurgistes une possible augmentation stipulée dans la nouvelle convention. Elle limiterait la négociation aux seuls niveaux local ou de l’entreprise et restreindrait les droits des travailleurs et travailleuses temporaires et en sous-traitance.”

IndustriALL intervient dans la crise de l’industrie sidérurgique

La réunion, qui a eu lieu le 18 avril 2016, visait à examiner les stratégies mondiales devant être mises en place pour répondre à la surcapacité du secteur sidérurgique et opérer l’ajustement structurel requis. Elle a rassemblé des représentants des gouvernements, des producteurs d’acier, des travailleurs et des communautés concernées.

Holly Hart, de United Steelworkers, qui représentait IndustriALL à la réunion, s’est exprimée sur la manière dont la crise sidérurgique a engendré une vague de destructions industrielles, supprimant des emplois de qualité à l’échelle mondiale et érodant systématiquement les droits des travailleurs et leurs conditions de travail.

La crise trouve son origine dans la surcapacité de production d’acier qui a entraîné un  baisse de son prix de 20 pour cent, rendant sa production difficilement rentable et faisant perdre au secteur de nombreux emplois.

Bien que la demande soit faible, en raison du ralentissement économique, la production augmente, la Chine produisant de l’acier à des prix inférieurs au prix coutant dans le but d’acculer ses concurrents à la faillite.

L’acier chinois est produit par des entreprises sous contrôle public en violation des règles de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), des normes fondamentales de travail de l’Organisation internationale du travail (OIT), des normes environnementales et des droits de l’homme fondamentaux.

Même si cette crise devrait être de courte durée, des mesures urgentes doivent être prises dès aujourd’hui pour éviter la destruction de l’industrie. L’acier, dont le multi-usage va des voitures aux frigidaires en passant par la construction, constitue la deuxième plus importante branche d’activité industrielle. Sa consommation mondiale devrait augmenter de 50 pour cent d’ici à 2050. Il s’avère essentiel à la préservation d’une chaîne d’approvisionnement d’une valeur élevée permettant de conserver des emplois de qualité.

Les gouvernements doivent élaborer des stratégies industrielles à long terme qui tiennent compte de l’acier, dont la réalisation indispensable d’investissements massifs en matière d’infrastructures et de formations. En outre, ils doivent cibler leurs interventions pour venir au secours des populations sidérurgiques menacées de disparition par les fermetures d’usines.

Les gouvernements et les organismes mondiaux doivent aussi examiner les conséquences climatiques de la fermeture d’aciéries satisfaisant aux normes environnementales et aux normes de qualité sévères, alors qu’est autorisée, dans le même temps, une croissance non maîtrisée se moquant de ces normes.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

« La sidérurgie est absolument essentielle à la santé économique de nombreuses communautés et crée, aussi bien directement qu’au niveau des chaînes d’approvisionnement, des emplois de qualité indispensables à la vie de milliers de personnes.

« Il apparaît fondamental d’élaborer une stratégie industrielle qui protège l’industrie de la concurrence déloyale. Les gouvernements doivent s’employer à résoudre sans délai et de manière proactive la crise avant que l’industrie soit détruite et que nous perdions des milliers d’emplois de qualité pour toujours ».

Pourquoi boycotter les enseignes n’aidera pas les travailleurs de la confection

La Fashion Revolution Week commémore le troisième anniversaire de Rana Plaza, la plus grande tragédie de l’industrie de la confection, qui a coûté la vie à plus d’un millier de travailleurs et travailleuses au Bangladesh.

Alors que nous posons la question #whomademyclothes (qui a fabriqué mes vêtements), l’attention se porte sur les millions de travailleurs et travailleuses de la confection qui fabriquent les vêtements que nous portons.

Mais que pouvons nous faire pour ces travailleurs, qui sont à 80% des femmes ?

Certainement pas nous limiter à acheter des vêtements vintage ou de seconde main, comme deux égéries de la mode l’ont récemment proposé lors d’une émission de radio de la BBC. Les travailleurs et travailleuses de la confection ont désespérément besoin de leur emploi. Ils et elles veulent travailler. Dans de nombreux pays, l’industrie de la confection est l’une des rares voies vers l’indépendance financière pour les femmes.

Ce que les travailleurs et travailleuses de la confection ne veulent pas, ce sont des salaires de misère, des temps de travail excessifs et des usines dangereuses.

Selon les Principes directeurs des Nations Unies, les entreprises multinationales sont responsables des conditions de travail chez leurs fournisseurs. Pourtant, de nombreuses enseignes de mode ont peu de contrôle, voire pratiquement aucune idée, de combien les travailleurs et travailleuses sont payés, de leur temps de travail ou du niveau de sécurité de leurs usines et une volonté insuffisante d’y changer quoi que ce soit.

Des délais courts, des changements de dernière minute aux spécifications de production et l’absence générale de considération pour l’impact sur les travailleurs et travailleuses que posent les exigences formulées par les enseignes mettent une pression impossible à gérer sur les épaules des femmes qui fabriquent nos vêtements.

Pourquoi les travailleurs et travailleuses de la confection doivent-ils subir des salaires et des conditions de travail médiocres en dépit de leur contribution aux bénéfices phénoménaux des grandes marques mondiales ? Amancio Ortega, fondateur de Zara, est le deuxième homme le plus riche du monde avec une fortune personnelle de 70 milliards de dollars.

Tout changement apporté à l’industrie de la confection doit être systémique et exécutoire. Agir seul ne conduira pas aux changements nécessaires à l’amélioration de la vie des travailleurs et travailleuses de la confection.

Chanter sur tous les toits les mérites de vos propres références en matière de responsabilité sociale est sans intérêt, à moins que vous ne collaboreriez avec vos concurrents pour modifier le mode sur lequel les vêtements sont commandés et commercialisés.

Les usines de confection dans des pays tels que le Cambodge et le Bangladesh produisent pour différentes marques. Si une usine augmentait ses prix de manière significative, d’autres vendraient moins cher et elle partirait en faillite.

Il faut atteindre une masse critique d’enseignes qui s’éveillent aux réalités et se rendent compte que le fonctionnement de leurs chaînes d’approvisionnement est abusif et intenable.

L’effondrement du Rana Plaza le 24 avril 2013 a marqué un tournant dans l’industrie de la confection et a démontré que l’auto-régulation et l’auto-contrôle par les enseignes des usines de leurs fournisseurs avaient été une faillite catastrophique.

C’est ce qui a rendu possible l’Accord du Bangladesh sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments, un accord innovant, juridiquement contraignant entre des Fédérations syndicales internationales et plus de 200 enseignes de mode multinationales en vue de l’inspection et de la mise en conformité de plus de 1.600 usines de confection.

Ce sont des collaborations entre les enseignes et les syndicats, comme dans le cas de l’Accord du Bangladesh, qui ont les meilleures chances de succès et de susciter un réel changement.

Mon organisation, IndustriALL Global Union, collabore maintenant avec un groupement d’enseignes engagées qui comprennent Top Shop, Primark et Next dans un processus appelé ACT, qui a le potentiel de révolutionner les chaînes d’approvisionnement mondiales de la confection.

Le but est de mettre en place des négociations salariales au sein des pays fournisseurs de vêtements qui impliquent les syndicats, les usines et les enseignes sur base sectorielle. Fixer des salaires plus élevés dans l’ensemble du secteur empêche les usines et les enseignes prises isolément de négocier des prix inférieurs reposant sur des salaires plus bas.

Pour y parvenir, les enseignes doivent réformer leurs politiques d’achat de manière à ce que les usines puissent payer davantage leurs salariés. Un accord sectoriel fournit la possibilité de négocier de meilleures conditions de travail ainsi que des gains de productivité.

Le processus ACT est déjà en œuvre au Cambodge et il est prévu de l’étendre au Bangladesh, au Myanmar et au Pakistan.

Les travailleurs et travailleuses de la confection ont besoin d’un canal d’expression et doivent pouvoir utiliser leur force collective pour démontrer que, sans eux, rien en pourrait se faire. C’est pourquoi les enseignes aussi bien que les consommateurs doivent les soutenir dans leurs efforts visant à se syndiquer et à se battre pour de meilleurs salaires et conditions de travail.

Who made your clothes?

Trois ans après l’effondrement du Rana Plaza, l’Accord du Bangladesh sauve des vies

Le Rana Plaza a constitué un coup de semonce pour de nombreux partenaires : syndicats mondiaux et locaux, ONG et marques commerciales ont collaboré à l’établissement dudit Accord. UNI Global Union et IndustriALL représentent les deux syndicats mondiaux l’ayant signé.

L’Accord, qui est juridiquement contraignant pour plus de 200 marques, a apporté des améliorations quantifiables en matière de sécurité des bâtiments et de prévention des incendies. Il a permis de réaliser près de 3 700 inspections d’usines, parfois reconduites, ainsi que d’identifier et de résoudre des milliers de problèmes de sécurité.

De véritables améliorations sont réalisées sur le terrain : plus de 50 000 problèmes et 75 per cent des problèmes électriques ont été signalés comme ayant été résolus.

Les conséquences des incendies dans les bâtiments comme ceux de l’usine Pretty Sweaters Ltd et de Matrix Sweaters ont été considérablement réduites grâce à la mise en place de mesures de sécurité comme les systèmes d’extinction automatiques, les portes coupe-feu, les alarmes incendie et les améliorations structurelles.

L’absence de pertes en vie humaine dans l’incendie de Pretty Sweaters Ltd montre l’importance de l’action de l’Accord du Bangladesh. Les systèmes d’extinction et d’alarme incendie automatiques ont permis de contenir le feu au 7e étage de l’usine et de le maîtriser en une heure. Bien que certains de ces systèmes étaient déjà installés avant l’Accord, il en ressort que les mesures de sécurité mises en place peuvent créer un environnement plus sûr pour les travailleurs des industries du textile.

Le directeur du commerce de UNI Global Union, Alke Boessiger, a indiqué : « s’il est vrai que de nombreux retards inacceptables en matière d’amélioration de la sécurité et des conditions de travail dans l’industrie existent encore, il ne fait aucun doute que l’Accord du Bangladesh a permis de sauver des vies.

« Bien que beaucoup de progrès aient été réalisés, de nombreux problèmes demeurent du fait que les plans de réparation de la grande majorité des usines ont pris du retard. Les usines et leurs acheteurs qui ne respectent pas les dispositions sont tenus responsables et soumis à la procédure d’escalade de l’Accord ».

« L’Accord historique du Bangladesh, bien que résultant d’un drame mortel, a sauvé des vies depuis sa création » a déclaré Christina Hajagos-Clausen, directrice d’IndustriALL Global Union pour l’industrie du textile et de la confection.

« Sécuriser l’industrie de la confection est une tâche gigantesque et nécessaire. L’Accord veille à ce que les problèmes que connaissent les usines soient réparés, personne ne devant avoir à risquer sa vie au travail ».

L’anniversaire du Rana Plaza est l’occasion de rappeler au monde que des progrès tangibles ont été réalisés pour assurer la sécurité des travailleurs de la confection au Bangladesh malgré les difficultés et les retards à mettre en œuvre l’Accord du Bangladesh.

Le Comité d’Entreprise mondial Bosch traite les préoccupations des travailleurs

Il s’agissait de la quatrième réunion du Comité d’Entreprise mondial de Bosch. Les représentants des travailleurs de 37 pays ont échangé des informations sur les conditions d’emploi dans leurs pays respectifs et au sein des différents départements de l’entreprise.

L’immense entreprise allemande produit des équipements électroniques pour l’automobile.

Le Directeur d’IndustriALL pour l’Industrie automobile, Helmut Lense a déclaré :

“Au sein de cet organe, nous visons à améliorer la coordination entre les travailleurs de Bosch  dans l’ensemble de ses activités au plan mondial. Nous recevons de la direction générale des informations importantes sur les orientations de l’entreprise et la manière dont elles vont affecter les travailleurs. Et bien sûr, il s’agit d’une importante occasion de soulever auprès de la haute direction les préoccupations qui nous affectent partout dans le monde. Je souhaite que cette réunion ait lieu tous les deux ans au lieu de trois.”

Christoph Kübel, Membre du Conseil de Direction et Directeur des Relations sociales chez Bosch, a livré à l’assemblée un profil général ainsi que les politiques et stratégies de l’entreprise. M. Kübel a évoqué la façon dont les évolutions technologiques allaient affecter l’entreprise.

“Grâce à Industrie 4.0, le travail tel que nous le connaissons aujourd’hui va être transformé. Il sera de plus en plus guidé. Notre but est de former notre personnel, de protéger les emplois et d’utiliser ces nouvelles technologies pas à pas.”

Les représentants du personnel ont eu l’occasion de soulever des problématiques locales auprès de la direction générale, par exemple la suppression de 263 postes à Adugodi, en Inde, et les obstacles à la syndicalisation chez Bosch au Mexique.

Le Président du Comité d’Entreprise, Alfred Löckle a indiqué :

“La question n’est pas de choisir entre l’homme et la machine, c’est de voir comment intégrer ces deux composantes. S’agissant des questions syndicales, bien que le dialogue social a progressé sur la plupart des sites, nous entendons toujours de nombreux exemples de directions locales qui tentent de faire obstruction aux organes de représentation locale, régionale et internationale.”

Mise en place du réseau syndical mondial de Global Finmeccanica

Cette multinationale d’origine italienne représente 70% du secteur de l’aérospatiale et de la défense en Italie et a également une importante production au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France, en Allemagne, en Espagne, en Pologne, en Australie, au Canada et ailleurs encore.

Environ 38% de l’ensemble des 47.000 personnes composant ses effectifs sont syndiqués par des affiliés d’IndustriALL. L’entreprise vient de subir une période de restructuration. À présent, l’entreprise unifiée, établie dans sa forme actuelle depuis le 1er janvier 2016, aura pour contrepartie une main d’œuvre unifiée au plan international.

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur aérospatial, Brian Kohler, a salué l’entrée en lice du nouveau réseau :

“Le Plan d’Action adopté aujourd’hui par ce groupement établit une structure et un programme commun qui vont déterminer le dialogue social avec Finmeccanica par-delà les frontières. D’abord, nous appelons l’entreprise à mettre en place un véritable Conseil d’Entreprise européen, conformément à ses obligations légales, et a également reconnaître notre réseau mondial en prenant en compte nos préoccupations communes.”

Parmi celles-ci, on retrouve :

Ce nouveau réseau Finmeccanica rassemble différentes cultures et types de relations que connaissent les syndicats, et il va maintenant examiner de manière critique les engagements de l’entreprise par rapport aux normes du travail.

La question du vieillissement de la main d’œuvre est commune à tous les pays et les syndicats appellent à investir dans la formation et la recherche de nouvelles technologies pour assurer des emplois durables.

Tenue à l’invitation des affiliés italiens FIM-CISL, FIOM-CGIL et UILM-UIL, cette initiative  fait suite à une décision prise par la conférence mondiale des industries aérospatiales d’IndustriALL à Berlin en 2015.

Les industries de l’aérospatiale et de la défense dans leur ensemble sont appelées à croître dans les années à venir et continuent à être d’une grande importance dans l’industrie mondiale, employant directement 8,7 millions de personnes et générant au total 58,1 millions d’emplois.

Au cours de la réunion, dans le contexte du débat sur le commerce avec la Chine, les participants à la réunion ont exprimé leur solidarité et leur soutien par rapport aux métallurgistes européens et britanniques.

Le groupe a également exprimé sa solidarité avec les métallurgistes de la FIM, de la FIOM et de l’UILM qui vont mener une grève nationale ce 20 avril 2016 pour rejeter une proposition indigne émanant de l’association des employeurs italiens dans le cadre des négociations collectives.