Philippines : renforcement des capacités de négociation pour les femmes

Cette formation, organisée dans le cadre du projet sur la protection de la maternité de la région Asie du Sud-est d’IndustriALL, a permis à ces dirigeantes syndicales de mieux aborder et comprendre les législations et politiques relatives aux femmes, dont celles qui concernent la discrimination, le harcèlement sexuel, la protection de la maternité, les familles mono-parentales, le congé de paternité, l’allaitement maternel, la santé maternelle, le planning familial ainsi que la violence à l’égard des femmes et des enfants, entre autres sujets. Des débats sur les législations concernant les questions des genres et les problématiques existant sur le lieu de travail ont permis aux participantes d’identifier les divergences et les manquements au niveau de l’application et du respect de ces lois.

Des jeux de rôles sur les négociations ont permis aux participantes de se plonger dans le processus de négociation de conventions collectives de travail (CCT), en en soulignant des aspects pratiques comme la collecte et l’analyse de données, l’évaluation des coûts et le contrôle financier, la hiérarchisation des revendications, la détermination de ce qui est non-négociable, le choix de l’équipe de négociation et la formulation des règles de base.

Pour la transition de la négociation à la formulation de revendications sous forme écrite, les participantes ont bénéficié dans le cadre du programme d’une formation à l’écriture de clauses de CCT et d’un exercice de négociation de CCT.

L’ensemble de l’activité a souligné le rôle de la négociation collective en tant qu’outil efficace pour l’intégration systématique de l’égalité des genres au travail et pour permettre aux femmes travailleuses l’accès effectif à des prestations que la loi leur octroie de longue date, y compris la protection de la maternité.

Le programme s’est conclu par la présentation par chaque organisation de ses prochaines démarches par rapport aux questions de genre et aux outils disponibles en vertu des CCT actuelles. Nonobstant la durée de validité restante des conventions, le but commun est de pousser à la conclusion parmi les affiliés d’IndustriALL de CCT fondées sur les besoins et plus attentives aux questions de genre, qui puissent assurer aux femmes travailleuses un accès sans restriction à toutes les dispositions en leur faveur qui leurs sont dues en vertu de la loi. Des dispositions comme des prestations complémentaires de maternité, des services de santé reproductive, des allocations et des congés complémentaires pour les parents isolés sont quelques-unes des priorités pour les CCT formulées par les participantes.

IndustriALL est solidaire des 40 000 grévistes de Verizon

Les travailleurs, qui sont membres du syndicat des travailleurs des communications des Etats-Unis (CWA) et de la Fraternité internationale des ouvriers en électricité (IBEW), protestent contre les propositions de l’un des plus gros fournisseurs de services de communication à large bande, sans fil et de téléphonie mobile aux Etats-Unis de fermer les centres d’appel aux motifs d’externaliser ses services et de délocaliser le travail à l’étranger.

Les syndicats protestent également contre le projet de Verizon de faire travailler ses techniciens à 700 km de leur foyer sur une base rotationnelle de 2 voire 4 mois, alors que cette mesure devrait entraîner de graves bouleversements dans leurs vies et dans celles de leurs familles.

En outre, la compagnie, qui a réalisé 39 milliards de US$ de bénéfices sur les trois dernières années, demande à des employés de ses centres d’appel de faire le déplacement domicile-travail jusqu’à 2 heures à l’aller et 2 heures au retour s’ils veulent conserver leurs emplois.  

Les syndicats négocient avec Verizon depuis juin 2015 pour établir un nouveau contrat en remplacement de celui qui a expiré le 1er août 2015.

La compagnie a déjà délocalisé à l’étranger 5 000 emplois qui se trouvaient dans ses centres d’appel, principalement aux Philippines et à Mexico, et souhaite continuer d’externaliser ses services.

Les techniciens se plaignent de l’incapacité de Verizon à affecter le nombre adéquat de personnel au niveau des réseaux de téléphonie et d’être ainsi obligés d’effectuer des heures supplémentaires. Dans le même temps, CWA rapporte que les clients subissent des pressions pour renoncer à leurs lignes téléphoniques à leurs domiciles et passer aux fibres optiques, fournissant un prétexte à Verizon pour porter principalement son attention sur le développement de la fibre optique plutôt que pour maintenir les réseaux en place.

La pression exercée par la grève se ressent au niveau de la compagnie. Des piquets de grève ont été organisés dans près de 300 magasins de téléphonie mobile de Verizon, affectant, selon les syndicats, la fréquentation et les ventes. Au même moment, l’opinion des clients de Verizon sur la compagnie a atteint son plus bas niveau en trois ans avec des délais signalés, des méthodes de travail dangereuses et des prestations de mauvaises qualité fournies par un personnel d’encadrement de remplacement non formé.

Dans une lettre de soutien aux travailleurs de Verizon, Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, indique :

« Nous sommes fermement convaincus que Verizon a la responsabilité sociale de protéger les emplois pour la classe moyenne et de consolider sa compagnie par l’emploi de travailleurs qualifiés et expérimentés, plutôt que d’externaliser ses services.  Par ailleurs, la compagnie doit immédiatement entamer des négociations en bonne foi avec les syndicats pour sauvegarder durablement les emplois pour l’avenir ».

Les négociations entre les syndicats et Verizon se poursuivent. 

Les syndicats de Madagascar prêts à affronter Rio Tinto et Sherritt

Cette annonce fait suite à la mission approfondie de renforcement syndical d’une semaine à Madagascar de la part d’IndustriALL. Se déroulant du 23 au 29 avril 2016, c’était la seconde du genre, après une opération similaire en 2015.

Ces efforts en matière de renforcement syndical au sein du pays font suite à des attaques perpétuelles et sans relâche contre les droits syndicaux de la part des multinationales Rio Tinto et Sherritt Ambatovy, ainsi que de la compagnie minière locale Kraomite Malagasy.

IndustriALL a mené quatre ateliers dans ses secteurs des mines et du textile dans trois régions différentes du pays : à Fort Dauphin où Rio Tinto est l’opérateur de Madagascar Minerals (QMM), une mine d’ilménite, Ambatovy, où Sherritt International exploite une mine de nickel, et dans la capitale, Tananarive.

IndustriALL a pris part à un rassemblement des adhérents de ses affiliés destiné à recueillir les récits personnels de leurs conditions de travail chez Rio Tinto QMM. Deux travailleurs qui se sont publiquement livrés sur leurs épouvantables conditions de travail chez Rio Tinto QMM ont ensuite été menacés de licenciement pour s’être exprimés.

La FES Madagascar a organisé une conférence de presse qui a été extrêmement bien suivie pour souligner la mission d’IndustriALL à Madagascar. Les conclusions de deux très importantes études ont été livrées lors de cette conférence de presse. L’une était à l’initiative d’IndustriALL sur le secteur minier et l’impact du travail précaire sur la société malgache et l’autre, financée par la FES, sur le travail précaire dans le secteur textile à Madagascar. Les conclusions des deux études viennent à l’appui de l’appel d’IndustriALL à l’élimination du travail précaire au sein du pays.

L’explosion du travail précaire en tant que modèle économique et de production a des conséquences dévastatrices sur le marché du travail et la croissance économique de Madagascar. Elle bénéficie aux grosses entreprises multinationales comme Rio Tinto et Sherritt Ambatovy, les deux principaux promoteurs de cette pratique agressive.

Les affiliés d’IndustriALL sont sortis de cette semaine d’ateliers bien remplie déterminés à syndiquer les travailleurs précaires et à défendre les droits collectifs des travailleurs de Madagascar. Ils considèrent le travail précaire comme une menace pour la sécurité des travailleurs permanents et, par extension, comme une attaque à l’encontre des syndicats du pays. Ils se sont également engagés à protéger les deux travailleurs en sous-traitance qui ont été menacé de licenciement à la suite des révélations faites lors du rassemblement.

Le leader de la délégation d’IndustriALL et Directeur pour les Mines, Glen Mpufane, a déclaré :

“Les violations des droits des travailleurs et des syndicats, principalement du chef de Rio Tinto QMM et Sherritt Ambatovy, doivent cesser. Il est de notre devoir collectif de combattre les injustices à Madagascar. Il ne peut pas être légitime que Madagascar, si richement pourvu en ressources naturelles, reste un des pays les plus pauvres du monde, au sein duquel 70% de ses 22,6 millions d’habitants vivent avec moins de deux dollars par jour et 59% avec moins d’1,25 dollar. C’est un drame.”

Les syndicats des travailleurs du nucléaire commémorent le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl

Les délégués des syndicats des travailleurs de l’énergie de l’Afrique du Sud, du Canada, de la Corée du Sud, de l’Espagne, de la Grande-Bretagne, de la France, du Japon, de la Suisse et de l’Ukraine ont participé à la réunion des 19 et 20 avril sur les tendances mondiales dans le domaine du nucléaire.

Les discussions ont porté essentiellement sur le dramatique accident survenu, le 26 avril 1986, dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, située dans l’ancienne République socialiste soviétique d’Ukraine, ainsi que sur les conditions de travail des personnes toujours en activité à Tchernobyl.

La réunion a été accueillie par les travailleurs de l’énergie et de l’industrie nucléaires de l’Ukraine, Atomprofspilka. Sa présidente, Valeriy Matov, a présidé la réunion et fait un exposé sur la situation des travailleurs 30 ans après la tragédie de Tchernobyl.

Le lendemain de la réunion, les participants ont visité la zone d’exclusion de Tchernobyl.

Environ 6 500 employés de l’Etat travaillent actuellement dans divers bâtiments implantés dans cette zone, et 2 500 autres, dans les installations mêmes de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Maksim Orlov, président du syndicat local du Syndicat ukrainien des travailleurs de l’énergie et de l’industrie nucléaires à la centrale de Tchernobyl, a indiqué que le gouvernement ukrainien a pris, au cours de ces dernières années, la mauvaise décision de diminuer les aides financières publiques allouées à l’entretien de la centrale nucléaire, obligeant le personnel de Tchernobyl à travailler avec un déficit financier de 45 per cent.

Nikolay Teterin, président de l’organisation syndicale unifiée de Tchernobyl et représentant du syndicat ukrainien des travailleurs de l’énergie et de l’industrie nucléaires, a signalé que l’appui financier affecté aux travaux de restauration de la zone d’exclusion de Tchernobyl diminue de jour en jour. Or, dans le même temps, les problèmes de fond relatifs à Tchernobyl n’ont toujours pas été résolus par le gouvernement, qui réduit les prestations allouées aux habitants de la zone. 

Teterin a mentionné que des personnes pensent que la zone d’exclusion de Tchernobyl a été totalement décontaminée des radiations suite aux opérations de nettoyage, autorisant ainsi une reprise de l’activité économique, alors que d’autres font part de l’état de santé publique catastrophique, tout particulièrement en ce qui concerne la santé infantile. Selon certaines études, jusqu’à 80 pour cent des enfants âgés de 12 à 17 ans vivant à proximité de la zone d’exclusion de Tchernobyl souffrent de lésions  précancéreuses. Selon les chercheurs, il est fort probable que la zone ne soit pas habitée par des personnes de troisième génération. « La vérité est sans doute entre les deux », a conclu Teterin.

Jusqu’à aujourd’hui, l’aide financière a baissé de 30 pour cent, détériorant significativement les conditions de travail et de vie des travailleurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl. En outre, le gouvernement a élaboré un projet de décret qui priverait les travailleurs de bénéficier d’une retraite avantageuse. Teterin espère que le nouveau gouvernement ukrainien changera de position à l’égard des problèmes des travailleurs de la zone d’exclusion ; problèmes qui ont été soulevés par le syndicat à de multiples reprises.

Les syndicats ukrainiens demandent à ce que les pouvoirs publics ne diminuent pas les droits, les garanties et les prestations des personnes affectées négativement par la tragédie de Tchernobyl ; résolvent les problèmes des pensions des travailleurs de Tchernobyl et des liquidateurs de l’accident ; allouent une aide financière publique permettant aux personnes victimes de maladies cancéreuses de bénéficier d’un traitement médical adapté ; et construisent des centres anti-cancéreux.

David Shier, président d’INWUN, s’est également exprimé sur les actions et les réalisations d’IndustriALL dans le secteur énergétique, alors que Diana Junquera Curiel, directrice d’IndustriALL pour le secteur énergétique, a fait une présentation sur les évolutions dans le domaine du nucléaire et de l’exploitation de l’uranium au niveau mondial. Une session extraordinaire a également été organisée durant laquelle Denryoku Soren, membre du syndicat japonais de la fédération des travailleurs de l’énergie et des industries connexes, a informé les participants sur l’évolution de la situation dans son pays trois ans après l’accident nucléaire de Fukushima.

Les participants à la réunion ont approuvé à l’unanimité une résolution visant à soutenir les travailleurs du nucléaire en Ukraine.

Une journée de deuil pour les morts et de lutte pour les vivants

Nous vous demandons d’observer une minute de silence en ce jour en mémoire de ceux et celles qui ont été tués ou blessés au travail.

Toutes les 15 secondes, un travailleur ou une travailleuse décède d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Cela fait 6.300 décès par jour.

Chaque année, 2,3 millions de travailleurs et travailleuses embrassent leurs êtres chers en partant travailler et ne reviennent jamais.

Toutes ces morts sont évitables. Personne ne devrait mourir au travail.

Cette Journée de Commémoration a été lancée par les syndicats pour souligner le terrible tribut en vies humaines payé par les travailleurs en raison de négligences et de réductions de coûts, ainsi que pour lutter pour la sécurité au travail.

Cette année, nous focalisons notre attention sur les pays qui doivent encore ratifier et mettre en œuvre la Convention 176 de l’OIT sur la sécurité dans les mines, pour les inciter à le faire.

En mettant en œuvre cette convention nous pouvons rendre les mines plus sûres. Rejoignez la campagne mondiale visant à mettre la pression sur les gouvernements pour qu’ils ratifient cette convention et légifèrent en faveur de la sécurité dans les mines.

Le 28 avril est une journée de mémoire pour ceux qui sont morts au travail et de lutte pour les vivants.

Partout dans le monde, les syndicalistes ont sorti les bannières, allumé des bougies, arrêté le travail, déposé des gerbes, mis les drapeaux en berne, sorti leurs bottes et casques de travail et mené d’autres actions solennelles et symboliques pour rendre hommage à leurs collègues disparus au travail et marquer l’impact dévastateur que cela a sur des proches qui ont perdu un être cher et un soutien de famille.

Nous vous demandons de faire de même.

Personne ne devrait mourir au travail. La faute en revient à la négligence d’employeurs aveuglés par le profit et le remède ce sont des syndicats se battant pour des conditions de travail sûres, le droit de refuser les tâches dangereuses et une législation solide en matière de santé et de sécurité.

Dans le courant de la semaine écoulée, nous avons commémoré le troisième anniversaire de la catastrophe de Rana Plaza au Bangladesh, dans laquelle 1.130 travailleurs et travailleuses de la confection ont péri, ainsi que le trentième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, qui a coûté la vie à un des milliers d’anonymes.

Nous nous rappelons de ceux et celles qui sont morts d’asbestose, de mésothélium, de cancers professionnels, d’une exposition aux pesticides ainsi qu’à d’autres produits chimiques dangereux.

Nous nous rappelons de ceux et celles qui ont été tués sur des chantiers de construction dangereux et sur les chantiers de démolition de navires.

Nous nous rappelons du terrible tribut en vies humaines dans le secteur minier, depuis les cas d’homicides industriels de masse comme la catastrophe de Soma en Turquie, jusqu’à la litanie permanente des décès dans les dangereuses mines de charbon du Pakistan, en passant par le Congo, la Russie, l’Afrique du Sud et le reste du monde.

Nous sommes résolus à agir pour changer les choses.

Ratifiez la C176 de l’OIT.

Souvenez-vous des morts. Luttez pour les vivants.

Les sidérurgistes de la Trinité-et-Tobago se dressent pour lutter en faveur de leurs droits

La dernière action de protestation menée par le Syndicat des sidérurgistes de la Trinité-et-Tobago (le SWUTT) a eu lieu cette semaine.

Les licenciements massifs ont débuté avec la fermeture d’ArcelorMittal et se sont rapidement répandus aux autres entreprises du secteur, Central Steel Ltd (Centrin) et Tube City IMS. Les travailleurs, déjà effondrés par la perte de leurs emplois, ont alors appris que leurs employeurs refusaient de leur verser les indemnités de licenciement prévues la loi.

Le Président du SWUTT, Christopher Henry, a fustigé le fait que la seule indemnité versée à ce jour l’avait été à la famille de David Francis, un travailleur qui s’est pendu en début de semaine.

“Pourquoi l’entreprise n’a-t-elle pas fait ce qu’il convenait, poussant David à cette extrémité ? Combien de travailleurs devront-ils encore mourir avant que les entreprises ne versent ce qu’elles doivent ?”

“Les retombées sociales de ces licenciements massifs vont perdurer et empirer” a averti Henry.

Le syndicat exige que le gouvernement intervienne et oblige les entreprises à respecter la loi.

IndustriALL a exigé que les entreprises prennent des mesures pour s’assurer que les travailleurs n’aient pas à encaisser le plus gros de la crise et pour sauver un secteur qui est d’une importance vitale non seulement pour le pays mais aussi pour l’ensemble de la région des Caraïbes.

Les femmes africaines se battent pour améliorer leurs conditions

Les déléguées se sont félicitées de l’adoption du quota de 40 per cent par le Comité mondial des femmes d’IndustriALL en 2015, et ont convenu qu’elles résoudront leurs problèmes uniquement en étant unies.  

S’adressant aux participantes de la réunion, Issa Aremu, membre du Comité exécutif d’IndustriALL représentant les affiliés de la région, a souligné l’importance du travail des femmes et déclaré que : « les problèmes des femmes ne sont pas seulement les leurs mais également ceux des syndicats, et seront à ce titre supportés par l’ensemble de l’organisation ».

Monika Kemperle, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a mis l’accent sur la campagne d’IndustriALL pour la protection de la maternité, ainsi que sur la santé et la sécurité.

En particulier, elle a soulevé la question des besoins propres aux travailleuses en matière de santé et de sécurité, qui diffèrent de ceux des hommes. Evoquant les femmes de la région, elle a insisté sur leur besoin de bénéficier d’une meilleure protection de leur emploi durant leur grossesse. Aucun test de grossesse ne devrait être autorisé par les employeurs. Ces tests ne devraient pas constituer une discrimination à l’encontre des femmes, qui ne devraient pas non plus être licenciées du fait qu’elles soient enceintes. D’un autre côté, les employeurs devraient veiller au changement d’affectation des femmes enceintes à des tâches plus légères.

Selon les nombreuses indications de participantes, la réalité diffère avec les employeurs de leurs pays. Les femmes cachent souvent leur grossesse par peur de perdre leur emploi ou d’être rétrogradées au motif d’être devenues « inutiles ». Certaines ont indiqué que les employeurs de la région s’efforcent d’affaiblir les conventions collectives existantes en diminuant le nombre de congés maternité ou en ne mettant pas à disposition les équipements nécessaires aux femmes qui allaitent leur(s) enfant(s).  

Des syndicats de la région ont déjà négocié l’introduction de dispositions sur la protection de la maternité dans leurs conventions collectives. Néanmoins, davantage d’efforts doivent être entrepris pour promouvoir la ratification de la Convention n° 183 de l’Organisation internationale du travail (ILO), seuls 31 pays membres de l’OIT sur 187 l’ayant ratifiée à ce jour.

Kemperle a également insisté sur le fait que les employeurs doivent prêter plus d’attention aux effets du stress et des contraintes psychosociales sur la santé des femmes. Les congés maternité payés ne devraient pas être l’objet de mépris par les hommes, et les différents types de familles devraient être pris en compte. Les pères doivent assumer leur part de responsabilités pour, au minimum, soulager les femmes de leur double charge de travail : leur emploi professionnel et les tâches ménagères.

Les syndicats de la région devraient renforcer leurs activités en faveur des femmes en matière de prévention du VIH/sida, et les travailleurs doivent assumer leur part de responsabilités maternelles en se rendant à des consultations médicales. Un plus grand travail d’éclaircissement de la question du VIH/sida doit être réalisé pour lutter contre les préjugés et la stigmatisation de cette maladie, qui ruinent les tentatives de résolution appropriée du problème.

La question de la violence et du harcèlement sexuel demeure très importante et doit être traitée de façon systématique. Les femmes occupant des emplois à prédominance masculine bénéficient généralement d’une bonne éducation, mais doivent continuer de lutter contre les préjugés sexistes.

Les participantes ont convenu qu’une formation particulière sur la lutte contre le harcèlement devrait être mise en place à travers les réseaux syndicaux et les conventions collectives mondiales pour résoudre les problèmes évoqués. En outre, IndustriALL devrait diriger la lutte continue contre la violence faite aux femmes.

A la fin de la réunion, les participants ont discuté d’un plan d’action concret et d’un document stratégique sur la manière de résoudre les problèmes soulevés. Avec l’appui d’IndustriALL, les militantes de la région subsaharienne :

Parallèlement, les syndicats de la région appliqueront le quota de 40 pour cent, et développeront une plateforme d’échange.

Les syndicats bangladais font progresser les revendications pour des salaires décents

L’atelier, organisé conjointement par IndustriALL et la fondation Friedrich Ebert Stiftung, a rassemblé les représentants syndicalistes de différents secteurs : textile et confection, acier, chimie, énergie et démantèlement des navires.

Les participants ont débattu en profondeur de l’octroi de salaires décents aux travailleurs au Bangladesh. Face aux hausses des prix et à la diminution du montant des salaires réels, le salaire minimum actuel – l’un des plus bas au monde – est trop faible pour pouvoir répondre aux besoins essentiels des travailleurs. Les représentants syndicaux ont convenu que l’augmentation des salaires constitue l’enjeu fondamental pour les travailleurs de tous les secteurs au Bangladesh.

Les militants ont évalué les luttes menées par le passé pour faire augmenter les salaires. Ils se sont penchés sur les salaires actuels et les mécanismes de fixation des salaires, et ont analysé les avantages et les inconvénients de l’utilisation de structures de fixation des salaires minima, et de l’établissement de conventions collectives sectorielles pour faire avancer les demandes d’augmentation des salaires.

Les syndicats ont souligné la nécessité de disposer de données techniques exhaustives, appuyées par des études concrètes sur les salaires, afin de définir un salaire décent correspondant aux travailleurs des divers secteurs, et de soutenir les demandes des travailleurs au niveau national.

Prenant la parole lors de l’atelier, Jenny Holdcroft, directrice des politiques d’IndustriALL, a appelé les syndicats à mesurer l’impact des pratiques d’achat des marques, du fait qu’elles absorbent la part la plus importante des bénéfices dans le secteur du prêt-à-porter.

La capacité des employeurs à payer dépend de ce qu’ils reçoivent des acheteurs. Holdcroft a fait valoir que les syndicats doivent organiser la pression internationale sur les marques dans le but d’aider à garantir un salaire décent aux travailleurs au Bangladesh.

Les participants se sont mis d’accord pour convoquer une réunion du Conseil du Bangladesh d’IndustriALL, composé d’affiliés bangladais, pour examiner la question des salaires décents avec les représentants syndicalistes des différents secteurs, commander des études dans ce domaine, et obtenir un consensus sur les revendications en la matière.

Devant le caractère à la fois économique et politique de la question de l’augmentation des salaires au Bangladesh, les participants ont décidé de nouer le dialogue avec les responsables politiques aux fins de les amener à appuyer la demande des travailleurs.

Ils ont également fait part de la nécessité de communiquer ce message aux travailleurs et aux gens ordinaires du pays pour obtenir un soutien le plus large possible.

Les travailleurs exigent la justice au troisième anniversaire de l’effondrement du Rana Plaza

Plus de 1.100 travailleurs et travailleuses ont péri et plus de 2.500 ont subi des blessures lors de l’effondrement de l’usine de l’immeuble Rana Plaza de Dacca le 24 avril 2013.

Les affiliés d’IndustriALL Global Union du secteur de la confection et du textile, ensemble avec ceux de la métallurgie, de la chimie et de la démolition des navires, se sont réunis sous la bannière du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh (IBC) dans une chaîne humaine et à l’occasion d’une conférence de presse au Club national de la Presse à Dacca.

Au Pakistan, l’affilié d’IndustriALL, la centrale syndicale NTUF, a organisé un rassemblement et une conférence de presse au Club de la presse de Karachi pour apporter sa solidarité et exiger la justice pour les victimes, à la fois, du Rana Plaza et de l’incendie de Ali Enterprises au Pakistan, qui a coûté la vie à 254 travailleurs et travailleuses le 11 septembre 2012.

Les travailleurs et travailleuses qui manifestaient à Dacca ont fermement exigé que le gouvernement du Bangladesh entame le procès du propriétaire du Rana Plaza, car la justice en faveur des victimes décédées et blessées ne sera pleinement rendue que lorsque les personnes responsables auront été condamnées.

Les leaders syndicaux ont exprimé de sérieuses craintes quant au fait que de nombreuses usines de confection ne sont toujours pas en ordre de sécurité. Bien que l’Accord a livré de nombreuses améliorations à la sécurité des usines, il reste beaucoup à faire de la part des propriétaires des usines, des enseignes et du gouvernement.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, Apoorva Kaiwar, a dit aux syndicats réunis qu’il était inacceptable que, même après Rana Plaza, les travailleurs de la confection restent confrontés à de sérieux défis pour exercer leur droit à la liberté syndicale et souffrent de salaires extrêmement bas et de conditions de travail médiocres. “IndustriALL se tiendra aux côtés de ses affiliés, en particulier dans le secteur du prêt-à-porter, et soutiendra de toutes les manières possibles les actions menées par l’IBC,” a-t-elle dit.

Christina Hajagos-Clausen, la Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection, a fait part de la solidarité des affiliés d’IndustriALL des secteurs du textile et de la confection partout dans le monde et a appelé les travailleurs et travailleuses à renforcer leur unité.

La Directrice politique Jenny Holdcroft a indiqué : “Nous ne tolérerons jamais que ce qui s’est passé au Rana Plaza soit oublié. Grâce à la solidarité de tous les syndicats de l’IBC, non seulement ceux du secteur de la confection, mais aussi ceux de la sidérurgie, de la démolition des navires et de la chimie, nous sommes forts. La plupart des travailleurs et travailleuses de la confection n’ont pas encore de syndicat et il est de notre responsabilité de les syndiquer.”

Le Président de l’IBC, Nazrul Islam Khan, a salué les efforts d’IndustriALL visant à faire indemniser les victimes ainsi que le soutien solidaire jamais démenti pour obtenir justice en faveur des victimes du Rana Plaza et des droits syndicaux pour les travailleurs et travailleuses de la confection.

Les travailleurs de Tchernobyl avaient aussi besoin d’une Transition juste

Dans la nuit du 26 avril 1986, l’enfer s’est déchaîné au sein de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine.

À l’issue d’un test de sécurité qui a particulièrement mal tourné, une explosion et un incendie dans le réacteur n°4 ont répandu des particules radioactives dans le voisinage et, par l’action des vents, à travers toute l’Europe.

Nombre parmi les sauveteurs sont morts ou ont contracté des problèmes de santé graves et permanents. Les experts ne peuvent toujours pas déterminer avec précision combien de cancers ont été causés par les radiations. Des centaines de milliers de personnes, peut-être des millions, ont vu leur santé affectée par la catastrophe de Tchernobyl.

La ville voisine de Pripiat où vivaient paisiblement 40.000 personnes, dont les travailleurs de la centrale et leurs familles, a été totalement évacuée. Aujourd’hui, les arbres poussent à travers les rues et les bâtiments. La nature a complètement pris le dessus sur la ville fantôme.

À sa place, à 50 kilomètres de Tchernobyl, une nouvelle ville appelée Slavoutytch a été construite. Il s’agissait d’un effort conjoint d’architectes et de travailleurs de la construction de différentes républiques de l’ancienne Union Soviétique. Slavoutytch est devenue une amusante combinaison de styles issus de l’Estonie à la Géorgie en passant par le Kazakhstan.

En 1993, le Syndicat ukrainien des Travailleurs du Nucléaire, Atomprofspilka s’est affilié à l’ICEM, une des organisations fondatrices d’IndustriALL Global Union. Je suis devenu le Responsable des Industries de l’Énergie de l’ICEM peu de temps après cela. C’est ainsi qu’en compagnie de mes collègues, j’ai commencé à travailler avec notre syndicat ukrainien.

C’était un défi que de convaincre les dirigeants de nos syndicats ukrainiens que les réacteurs restants de la centrale de Tchernobyl devaient être arrêtés. La technologie n’était pas sûre. Tchernobyl avait été une sorte de vaisseau amiral, avec de bons salaires et de bonnes conditions pour les travailleurs et leurs familles. Il était donc difficile, en particulier pour les dirigeants locaux, d’accepter que la centrale de Tchernobyl devait être abandonnée.

Mais le réacteur n°4, en dépit du sarcophage de béton construit autour de lui, fuyait. En 1997, les pays du G8 se sont mis d’accord pour créer le Fonds pour la réalisation d’un massif de protection à Tchernobyl (CSF) afin de construire un confinement sûr d’une valeur de plus d’un milliard de dollars. Les travaux ne sont toujours pas terminés.

Notre tâche principale, en tant que syndicats, était de nous occuper des travailleurs et travailleuses. Les réacteurs 1 à 3 ont été mis à l’arrêt un à un dans les annés 1990, à plusieurs années d’interval, ce qui a rendu la Transition juste plus simple. La plupart des travailleurs et travailleuses ont obtenu un emploi dans d’autres centrales nucléaires ukrainiennes, qui avaient recours à des technologies plus sûres.

Enfin, le parlement ukrainien a adopté une loi qui garantissait une retraite anticipée pour des milliers de travailleurs. Mais tout n’est pas parfait, car en raison d’une crise financière, le gouvernement a décidé de réduire ces prestations.

Aujourd’hui, 2.500 travailleurs et travailleuses sont toujours actifs sur le site, s’occupant de la sécurité et de la surveillance. La ville de Slavoutytch s’est développée et compte une population de 25.000 personnes, avec des micro-entreprises et de nouveaux emplois, grâce aux mesures de politique industrielle actives prises par les autorités.

J’ai visité plusieurs fois la centrale nucléaire de Tchernobyl et Slavoutytch à la fin des années 1990. Les peintures murales, réalisées sur commande de l’ICEM par l’artiste américain Mike Alewitz en 1996, restituent en grande partie l’émotion que nous ressentions à cette époque : “Sur les cendres du passé, nous construirons un monde nouveau, solidairement”.

Les travailleurs et travailleuses de Tchernobyl avaient besoin d’une Transition juste après la fermeture de leur centrale nucléaire. Prendre soin des travailleurs et travailleuses, de leurs familles et des communautés qui sont les leurs sera également une tâche importante pour la grande famille mondiale que constitue IndustriALL, dans le cadre des transformations que connaîtra l’énergie dans la foulée de l’accord de Paris sur le changement climatique.

Jyrki Raina
Secrétaire général