Les travailleurs du ciment du Syndicat international des Métallos au Canada sont parvenus à un accord avec le groupe LafargeHolcim

Le mardi 10 mai, les travailleurs concernés ont, avec une majorité de 84 pour cent, voté en faveur de l’accord préliminaire conclu entre la Section locale 6658 du Syndicat international des Métallos et la direction de l’usine Ciment Lafarge, faisant partie du groupe LafargeHolcim.

Les travailleurs garderont leur régime de retraite, qui représentait un des principaux points de litige à l’origine du déclanchement de la grève, le 6 février 2016. Le syndicat international des Métallos s’opposait aux décisions de la direction d’amputer le régime de pension à prestations déterminées et d’instaurer un régime à deux vitesses moins avantageux pour les nouveaux travailleurs, alors même que la cimenterie est productive et rentable. Soixante-huit travailleurs ne bénéficient pas d’une convention collective depuis le 30 novembre 2015.

Les détails complets de l’accord doivent encore être communiqués, mais les représentants syndicaux ont fait part de l’accord de la compagnie de préserver le régime de retraite actuel, et du syndicat, de retirer les affaires judiciaires contre la direction pour son utilisation illégale de briseurs de grève durant la grève, en violation du Code du travail québécois.

« C’est grâce à la détermination de nos membres et aux nombreux appuis que nous avons reçus, si nous avons pu conclure la présente entente de principe », a fait valoir le président de la Section locale du Syndicat international des Métallos, Éric Boulanger.

Matthias Hartwich, directeur d’IndustriALL pour l’ingénierie mécanique et les industries des matériaux, a été prié d’établir un contact direct entre les syndicats locaux et la direction de l’entreprise. Hartwich a déclaré :

« Après que nos compagnons nous ait informés de la grève, IndustriALL a immédiatement pris contact avec la direction générale du groupe LafargeHolcim. L’emploi de briseurs de grève n’est pas conforme avec la politique de l’entreprise. Nous exprimons notre gratitude à la direction générale pour avoir réagi rapidement, et nous saluons la détermination et la force de nos compagnons canadiens dont le courage a permis de gagner cette bataille. Nous sommes heureux d’avoir contribué à ouvrir la voie à un nouveau dialogue ».

DERNIERES NOUVELLES: Selon le communiqué de presse du Syndicat international des Métallos, le nouvel accord prévoit des augmentations de salaire de 13,75 pour cent sur la durée des contrats, ainsi que de meilleures prestations. Les changements apportés au régime de pension à prestations déterminées incluront une majoration de la contribution à la charge de l’employé équivalente à 3 pour cent du salaire horaire. Le texte complet du communiqué de presse est disponible à l’adresse URL : http://www.usw.ca/news/media-centre/articles/2016/victory-steelworkers-win-pension-battle-at-ciment-lafarge

Vers la création de structures syndicales sectorielles à Bahreïn

Selon l’Autorité de régulation du marché du travail de Bahreïn, le pays comptait au total 725 113 travailleurs fin 2015, dont 60 per cent (566 785) de travailleurs migrants.

Les industries du pétrole et de l’aluminium, qui sont parmi les principaux secteurs d’exportation, jouent un rôle clé pour le produit intérieur brut (PIB) du pays. L’usine d’Aluminium Bahrain (ALBA), qui possède une des plus grandes fonderies au monde, emploie environ 2 800 travailleurs, parmi lesquels des travailleurs migrants. La compagnie pétrolière de Bahreïn (BAPCO), qui est la plus grande compagnie pétrolière du pays, emploie quant à elle 2 400 travailleurs, et les chantiers de la construction et de la réparation navales ASRY (Arab Shipbuilding and Repair Yard), jusqu’à 2 000 travailleurs. 

Les leaders syndicaux bahreïni, représentant les travailleurs de plusieurs entreprises, ont indiqué qu’ils avaient dû faire face au manque de coopération des employeurs avec les syndicats indépendants et démocratiques de la GFBTU, et rencontré des difficultés à syndicaliser les travailleurs dans les petites et moyennes entreprises (PME), qui sont de loin les plus nombreuses dans le pays.  

Les leaders syndicaux ont souligné l’importance de parvenir à une plus grande intégration des activités syndicales et des échanges entre les syndicats à l’échelle mondiale, et mis l’accent sur les principales priorités de développement des activités syndicales dans les secteurs de l’énergie et de la métallurgie. 

Les leaders syndicaux ont attribué la faible participation des femmes dans les secteurs industriels, malgré leur participation active à la réunion d’IndustriALL du 3 mars, à la nature des industries ainsi qu’aux changements économiques et sociaux qu’a connu le pays au cours des dernières décennies. Les leaders syndicaux ont donné un degré de priorité élevé à la hausse de la participation des femmes et des jeunes dans les activités syndicales ainsi qu’à leur accès à des positions de direction.

Les participants ont été informés sur les travaux en cours d’IndustriALL aux niveaux régional et mondial. Les accords-cadre mondiaux et les activités des entreprises multinationales ont également été examinés, notamment en ce qui concerne les activités à Bahreïn de la société ENGIE (anciennement GDF SUEZ), établie en France.

La lutte des travailleurs bahreïni remonte à plusieurs décennies, plus précisément avant la découverte du pétrole dans le pays en 1932. Ainsi, en 1938, les travailleurs de BAPCO réclamaient la constitution d’un syndicat, l’amélioration des conditions de travail, que les employeurs arrêtent de favoriser les étrangers, et l’octroi des emplois disponibles aux Bahreïnis. En 2004, ce combat a débouché sur la création de la GFBTU, qui syndicalise aussi bien les travailleurs bahreïni que les travailleurs migrants.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

« Bien que cette organisation soit relativement jeune, nos compagnons de la GFBTU démontrent un syndicalisme démocratique exemplaire dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.  IndustriALL Global Union prendra toutes les mesures nécessaires pour soutenir la GFBTU et ses structures sectorielles, dont la création devrait être imminente, qui représentent la véritable voix des travailleurs à Bahreïn ». 

Le poids du métal au Myanmar

La zone industrielle South Dagon Industrial (Zone 3) de Rangoun est un labyrinthe d'ateliers de métallurgie, de magasins et de petites usines. Personne ne peut dire combien de personnes travaillent ici. Certains parlent de 10.000, d'autres de 20.000.

C'est un antre de chaleur, de poussière et de métal que l'on découpe, travaille, soude et martèle à façon. Il produit des boulons comme des feuillards, des pylônes, des mâts et des tuyaux dans un ode à l'industrie et l'ingéniosité birmanes.

Mais c'est aussi l'image même de la tâche herculéenne qui attend le mouvement syndical naissant de ce pays, sous la houlette de la nouvelle centrale syndicale, la Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM), autrefois appelée Syndicats libres de Birmanie (FTUB), qui n'a obtenu sa reconnaissance officielle qu'en juillet de l'an dernier après 24 années d'exil en Thaïlande voisine. IndustriALL compte deux affiliés au Myanmar, tous deux affiliés à la CTUM : la Fédération des travailleurs de l'industrie du Myanmar (IWFM) et la Fédération des travailleurs de la mine du Myanmar (MWFM).

Dire qu'au Myanmar les travailleurs subissent une exploitation impitoyable serait un euphémisme.

Après six décennies d'un régime militaire brutal et de répressions dans ce pays d'Asie du Sud-est autrefois appelé Birmanie, il ne pouvait en aller autrement.

Or, étonnamment, la population – sans doute inspirée par l'avènement de la démocratie qui a suivi la victoire électorale d'Aung San Suu Kyi en novembre dernier – semble heureuse.

Et de fait, Ko Khin Zaw, un ouvrier métallurgiste de South Dagon Industrial, semble se satisfaire de son salaire de 5.000 kyats pour neuf heures de travail par jour, l'équivalent d'un peu plus de 54 $.

"Je gagne assez pour manger et me loger. Oui, ce serait bien d'avoir plus d'argent; mais cela me suffit, je suis heureux", déclare cet homme de 45 ans.

Mes deux fils travaillent aussi. L'aîné, Htein Lin, a 22 ans et gagne 130.000 kyats comme laveur de voitures en ville et l'autre, Lumin Khant, a 16 ans et est métallo ici, comme moi; il gagne 5.000 kyats par jour. Donc, ensemble nous gagnons assez pour nous en sortir."

Or, comme la plupart des travailleurs auxquels j'ai parlé au cours d'une récente mission de quatre jours pour IndustriALL dans la zone industrielle de South Dagon Industrial, Ko Khin Zaw n'a pratiquement aucune notion de ses droits en tant que travailleur ou de ce qu'est le syndicalisme.

Et la santé et la sécurité ? lui ai-je demandé. L'espèce de casque en bambou sans forme posé délicatement sur sa tête le protège sans doute des rayons brûlants du soleil, mais certainement pas de la chute d'une pièce de métal.

Lui a-t-on fourni un casque de sécurité, des gants, des chaussures de travail ? La réponse est "non, non" et encore "non".

Que se passe-t-il si un travailleur est blessé ou tombe malade ? est ma question suivante.

"Oh, le patron s'en occupe", répond-il sur un ton péremptoire.

Les rues où habitent les ouvriers métallurgistes sont jonchées d'immondices. Les ordures s'entassent aux extrémités de chaque ruelle, en attente d'être enlevées. L'odeur putride de végétaux en décomposition, d'excréments humains, et même d'animaux morts pollue l'air.

Les moustiques prolifèrent dans des flaques d'eau stagnante. Les maisons des travailleurs sont des cabanes faites de tiges de bambou et de roseaux tressés pour le toit, ou de tôles récupérées et parfois même de feuilles d'amiante.

Des jeunes enfants jouent au milieu des détritus. Les femmes s'occupent du ménage, lavent les vêtements, balaient, cuisinent au bois ou au charbon de bois en attendant le retour de l'homme en fin de journée.

Le bruit sourd et omniprésent des machines traverse la clôture d'enceinte de la zone industrielle.

Ceux qui ont l'électricité se sont branchés illégalement sur des lignes aériennes proches. Quelques échoppes proposent à la vente un misérable assortiment de fruits et légumes.

Les distractions, s'il en est, se limitent à la télévision dans un grand "tea shop" à ciel ouvert qui sert du thé, du café, des boissons sans alcool, du riz frit et des nouilles.

Le travail des enfants est largement pratiqué à South Dagon Industrial. Tous les jeunes travailleurs auxquels j'ai parlé m'ont dit avoir 16 ans, une coïncidence à peine croyable.

L'un d'eux a finalement admis avoir 12 ans.

Kyaw Zaw Hein m'a raconté qu'il va à l'école le matin, pendant cinq heures, puis qu'il vient à l'atelier quatre heures par jour, pour à peine plus de 2 $ par pause.

"Je veux tout apprendre sur la mécanique. Je préfère cela à l'école. J'écris très mal et le professeur est tout le temps sur mon dos. Je suis mieux ici, au travail," m'a expliqué ce jeune travailleur.

Auparavant, j'avais vu le propriétaire de l'atelier, Sein Myint, tenter subrepticement de soustraire l'enfant à l'œil de l'appareil photo avant de reconnaître que "les familles les envoient ici pour apprendre le métier. À 18 ans, ils seront ouvriers qualifiés. C'est tout ce qu'elles demandent."

Partout dans la zone industrielle, j'ai vu des dizaines d'enfants à l'ouvrage, travaillant comme des adultes.

Soe Min Hewe était installé sur le trottoir, pulvérisant des pièces de machine avec une peinture toxique, sans gants, ni lunettes, ni masque.

Moe That Mying, le visage barbouillé de crasse et de graisse, marchait pied nus au milieu d'un fatras de chalumeaux oxhydriques allumés, d'énormes presses et des chocs assourdissants du métal contre le métal.

"La santé et la santé est un gros, gros problème, comme vous l'avez vu", me dit le Président de la CTUM, Maung Maung, un géologue de formation de 63 ans.

"Nous avons déjà aidé à créer 650 sections locales. Mais nous savons qu'il reste énormément à faire.

"Nous nous sommes relativement bien implantés dans les grandes entreprises industrielles, mais il est beaucoup plus difficile d'organiser ces petits ateliers. On a beaucoup mis l'accent, trop peut-être, sur le secteur de la confection. 

Le ministère du Travail ne dispose que de 70 inspecteurs et on ne peut pas se concentrer sur une seule industrie uniquement. Les conditions régnant dans ces ateliers me rappellent celles de la Thaïlande il y a 20 ans.

"Soixante années de dictature ont produit une main-d’œuvre docile et soumise qui fait ce qu'on lui dit de faire et ne sait même pas qu'elle a des droits."

Annie Adviento, la Secrétaire régionale d'IndustriALL en Asie du Sud-est, déclare :

Le travail dans les zones industrielles du Myanmar est difficile et dangereux et les conditions de vie y sont terribles. Des années de répression ont fait que beaucoup de travailleurs acceptent cette situation. Nos affiliés se battent pour montrer aux travailleurs que ce n'est pas une fatalité, et IndustriALL les soutiendra jusqu'au bout. Ces travailleurs méritent la sécurité et la dignité au travail.

Récit de David Browne à Rangoun

Les syndicats de Biélorussie dénoncent de nouvelles violations

Les dirigeants du Syndicat biélorusse des travailleurs de l’industrie de la radio et de l’électronique (REP), du Syndicat libre des métallurgistes et du Syndicat indépendant biélorusse des travailleurs des mines, de la chimie, des raffineries, de l’énergie, du transport, de la construction et des industries diverses ont révélé les conditions difficiles auxquelles sont confrontés les militants des syndicats indépendants en Biélorussie. Ces leaders syndicalistes ont aussi appelé à la solidarité en faveur des travailleurs persécutés par leurs directions en raison de leurs activités syndicales.

Un cas récent concerne Natalya Anikeyeva, une peintre de l’Usine de Tracteurs de Minsk (MTZ) et membre du syndicat REP. En février 2016, Natalya Anikeyeva a mis sur pied une section locale du REP chez MTZ.

Les travailleurs et travailleuses comptaient sur le soutien du syndicat pour obtenir des augmentations salariales et de meilleures conditions de travail. La section locale nouvellement créée a demandé à la direction d’entamer des négociations collectives pour amender la convention en termes de versement des salaires et de santé et sécurité. La direction ayant refusé de négocier, la section locale a envoyé un courrier au Ministre de l’Industrie.

Les salaires dépendent du nombre de pièces peintes au sein de l’usine. Si les peintres suivaient strictement les procédures techniques, ils ne gagneraient que l’équivalent de 77 euros par mois. Dès lors, de sorte à augmenter la production et leurs salaires, les travailleurs et travailleuses sont encouragés par la direction à violer les procédures et, en conséquence, à dégrader la qualité des produits.

Le Ministre de l’Industrie a inspecté l’usine et maintenant l’employeur essaie de se débarrasser de la militante syndicale en la transférant sur un autre site. Ses collègues sont amenés par la force à signer une lettre qui accuse Anikeyeva de rébellion. Mais Anikeyeva est convaincue que le but réel est de la mettre dehors pour ses activités syndicales. Elle craint que tous les travailleurs qui l’ont soutenue soient également mis à la porte.

Un autre cas concerne Mikhail Soshko, un militant syndical qui a travaillé à l’usine de peignage de Slonim pendant 30 ans et en a été licencié trois ans avant sa retraite, en contravention avec la convention collective. Ceux qui osent exprimer leur soutien à Soshko se sont aussi retrouvé sujets à la répression.

Le REP veut une attitude correcte de la direction envers les travailleurs, le respect du droit pour les travailleurs d’adhérer librement au syndicat et une solution juste sur la question des salaires.

Gennady Fedynich, Président du REP, a indiqué : "Nous devons mettre la pression sur la direction, par exemple en contactant les clients de MTZ à l’étranger. L’employeur devrait être rendu redevable de ses violations des normes internationales du travail.

Monika Kemperle a déclaré, “On ne peut tolérer que des entreprises ignorent les droits des travailleurs et affichent aussi peu de respect pour les législations du travail. IndustriALL va mettre en œuvre tous les outils possibles pour mettre fin aux violations des droits des travailleurs dans ces deux entreprises.”

Monika Kemperle s’est rendue en Biélorussie du 28 au 30 avril à l’invitation du Syndicat biélorusse des industries de la chimie, des mines et du pétrole, un autre affilié d’IndustriALL. Elle a pris part à la conférence internationale sur le thème “Interactions entre employeurs, autorités et syndicats sur la prévention des maladies, lésions et accidents professionnels et sur la création de conditions de travail respectueuses de la santé et de la sécurité”, où elle a présenté les conclusions d’une étude sur les pratiques mondiales en matière de santé et sécurité pour les femmes.

La situation en Biélorussie sera vraisemblablement examinée par l’OIT lors de la Conférence internationale du Travail qui se tient en juin à Genève.

Industrial Chile soutient un projet de loi pour faire du lithium une ressource stratégique nationale

Le 3 mai, des représentants d'Industrial Chile et de la CTC ont déposé, avec les députés du PC IC Daniel Núñez et Karol Cariola, un projet de loi qui déclarerait le lithium et la SQM une ressource stratégique nationale.

Historiquement, il s'agit d'une étape cruciale dans les tentatives lancées pour reprendre le contrôle de cette entreprise. Elle est aussi d'une extrême importance pour nous parce que la SQM persécute notre syndicat,

a déclaré le Secrétaire général d'Industrial Chile (Constramet), Miguel Soto.

Il a aussi ajouté que, depuis pas mal de temps, Industrial Chile est en conflit avec des entreprises de Julio Ponce Lerou. Il précise que ces entreprises se rendent coupables de pratiques antisyndicales et rappelle que la Cour suprême les a condamnées pour attaques contre la négociation collective et violations de la Constitution.

Si le projet de loi est adopté, la SQM sera déclarée ressource stratégique nationale, ce qui permettra au gouvernement chilien d'intervenir légalement pour mettre fin à toute violation des droits syndicaux. Si l'entreprise et le lithium sont déclarés ressources stratégiques nationales, cela permettra au gouvernement de diversifier l'utilisation des minéraux du Chili et d'exercer une influence sur la production de cette matière première qui a une importance stratégique pour le développement du pays.

"Le lithium est un minéral d'une importance stratégique pour le Chili, tant du point de vue économique qu'énergétique. Les salants constituent le plus grand dépôt de cette ressource qui se présente sous forme de saumure, ce qui facilite une production qui est la moins chère au monde" explique le projet de loi.

Pour le Secrétaire régional adjoint d'IndustriALL, Marino Vani :

"Il s'agit d'une excellente initiative syndicale visant à réglementer et déterminer la production et l'utilisation des ressources naturelles du pays. Le syndicat ne se limite pas à des revendications salariales. Cette initiative a pour but de répartir la richesse du pays et d'instaurer l'équité et la justice sociale et économique au Chili".

IndustriALL organise des ateliers dans tout le Kirghizistan

IndustriALL s'est rendu dans plusieurs régions pour y tenir une série d'ateliers d'un jour pour des sections locales du MMTUK. De ce fait, plus nombreux ont été les syndicalistes qui ont pu participer et contribuer au développement de l'esprit d'équipe au sein de leur section.

Au cours de cette tournée, le secrétaire régional d'IndustriALL, Vadim Borisov, et un formateur syndical, Eduard Vokhmin, ont aidé à l'organisation des ateliers. Il ont fait profiter chaque section locale de leurs conseils, ont utilisé des méthodes de formation participatives et réparti les tâches pour l'avenir sur base des plans adoptés.

La première de ces réunions a eu lieu à Bichkek, le 25 avril, à la section locale du syndicat de l'opérateur de téléphonie mobile Sky Mobile Ltd, filiale de VimpelCom Ltd connue sous la marque Beeline. Cette section du MMTUK est la seule organisation syndicale présente chez VimpelCom, groupe mondial de télécommunications présent en Russie, en Italie, en Ukraine, au Kazakhstan, en Ouzbékistan, au Tadjikistan, en Arménie, en Géorgie, au Laos, en Algérie, au Bangladesh, au Pakistan et au Zimbabwe. Les participants ont discuté d'actions syndicales propres à renforcer le partenariat social, des possibilités pour la section locale de contribuer au développement de l'entreprise, et de l'extension de tarifs spéciaux pour les syndicalistes.

Le MMTUK a conclu avec l'opérateur un accord qui offre beaucoup d'avantages et la quasi gratuité des appels à ses membres. "Cette création d'un syndicat dans une entreprise de téléphonie mobile est un cas tout à fait exceptionnel, unique, et si les choses se passent bien et que de bonnes relations et des conditions avantageuses pour tous se concrétisent, le syndicat pourra encore prospérer et obtenir des conditions de travail décentes pour les travailleurs de l'entreprise", a déclaré Vadim Borisov.

L'atelier de la section locale du MMTUK du combinat minier de Kara-Balta s'est tenu le 26 avril. Son but principal était de connaître la position des travailleurs quant à la possibilité d'un arrêt de la production et d'une fermeture de l'entreprise. 70 travailleurs sont en chômage technique et ne reçoivent que deux tiers de leur salaire. 200 autres travaillent à temps partiel. Du fait de l'absence de matières premières, l'entreprise est au bord de la faillite. Les militants ont discuté des possibilités de sortie de la crise pour reprendre la production dès que possible afin de garantir l'emploi et d'éviter des licenciements.

 La réunion avec les syndicalistes de la mine d'or d'Altynken a eu lieu le 27 avril. Sur le millier de mineurs, 720 sont affiliés au syndicat. Les participants ont discuté de la manière d'améliorer le dialogue social entre le syndicat et la direction.

Les militants de la mine d'or de Kumtor ont participé à l'atelier le 28 avril. Cette année, la section locale du syndicat est sur le point de signer une nouvelle convention collective. Les organisateurs de l'atelier ont fait part de leur expérience des actions syndicales menées à l'échelle internationale dans des entreprises multinationales et ont essayé d'aider la section locale à renforcer sa position et à obtenir des conditions de travail décentes.

Cette tournée syndicale auprès des sections locales du MMTUK s'est achevée le 29 avril à Bichkek. Elle a été l'occasion pour le syndicat d'approuver la demande d'affiliation du Syndicat des géologues.

Le MMTUK a aussi publié les résultats d'un concours de la meilleure vidéo consacrée au syndicat dans trois catégories : social, musique et humour. Dans le cadre de sa campagne de promotion, le MMTUK a aussi diffusé une vidéo syndicale pour karaoké.

Le Kirghizistan a été retenu par IndustriALL Global Union comme pays prioritaire pour un projet de syndicalisation et, depuis, le MMTUK ne cesse de voir ses effectifs grandir.

Les syndicats du pétrole et du gaz de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) renforcent leur solidarité

La réunion du réseau du pétrole et du gaz de la région MENA, qui s’est tenue avec le soutien de la fondation Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), a rassemblé 31 représentants des syndicats de la région MENA, de la Turquie et de la Norvège.

Les discussions ont porté principalement sur les implications sociales de la baisse des prix pétroliers et les réponses des syndicats au niveau mondial et de la région MENA. La réunion a également rendu compte des avancées du réseau au cours de sa première année d’existence, ainsi que des progrès accomplis en matière de réseautage durable aux niveaux national, régional et entrepreneurial.  

Les délégués de plusieurs sociétés multinationales opérant dans la région, dont DNO, ExxonMobil, Fenosa, Total et Shell, ont participé à la réunion et établi des mécanismes de coopération en réseau au niveau des compagnies implantées dans la région.

Sur la base des résultats préliminaires du questionnaire préalablement distribué aux syndicats de la région MENA, les délégués de l’Algérie, de l’Egypte, de l’Iraq, de la Jordanie, du Liban, du Maroc, de la Mauritanie, de la Palestine, de la Tunisie et du Yémen ont fait part des réponses des syndicats sur les sujets retenus : le travail et le droit syndical, la santé et la sécurité, les salaires, la main-d’œuvre et la syndicalisation, les structures syndicales, le travail précaire, les compagnies multinationales, les femmes et les jeunes, le dialogue social, et les conventions collectives.

Le syndicat turc du pétrole, Petrol-İş, et le syndicat norvégien, Industri Energi, ont partagé leurs expériences sur les sociétés transnationales ayant des activités dans la région ainsi qu’en matière d’établissement d’une force syndicale internationale.

Au cours des derniers mois, les travailleurs de l’industrie pétrolière et gazière régionale ont dû mener plusieurs combats au niveau sectoriel et de leurs entreprises. Les délégués ont examiné certains litiges clés en cours et conclu des résolutions de solidarité avec les grévistes koweitiens du pétrole de la société de raffinage SAMIR au Maroc, et les travailleurs de DNO au Yémen. Il ont également soutenu la lutte actuelle des travailleurs du syndicat général des travailleurs du pétrole et de la chimie de la Jordanie.  

Les participants ont perfectionné le plan d’action pour la période à venir et souligné l’importance de promouvoir et de développer les réseaux multinationaux et l’échange d’information au niveau de la région, de soutenir le renforcement des capacités des syndicats du pétrole et du gaz de la région MENA nouvellement affiliés, d’accroître la participation des femmes ainsi que la solidarité régionale.

La réunion du réseau d’avril a suivi la réunion du Comité de direction du pétrole et du gaz de la région MENA ayant eu lieu en décembre 2015, à Amman, en Jordanie.

Le comité FAIR discute du suivi et de la mise en œuvre de l’ACM Total

Le Comité dit “FAIR” (Faciliter l’Application, l’Implication de tous et la mesure régulière des Résultats de l’accord) se réunit une fois par an.

Cette réunion de suivi avait pour but d’examiner l’application des dispositions de l’accord, d’identifier les bonnes pratiques et de proposer des actions pour les promouvoir. Les résultats du Groupe et ses orientations stratégiques ont également été largement évoquées.

Le Comité FAIR est composé de représentants de syndicats affilés à IndustriALL Global Union et désignés par elle. Actuellement, le comité comprend un représentant d’IndustriALL, trois salariés de pays situés hors Union européenne (Indonésie, Argentine et Nigeria) et de quatre membres du Conseil d’Entreprise européen (France, Allemagne, Belgique et Espagne).

Certaines des questions soulevées par les délégués syndicaux auprès de la direction concernaient la portée de l’accord par rapport aux différentes entreprises comme Hutchinson en Espagne. Les délégués ont exprimé leurs préoccupations quant à la garantie de la pluralité dans les pays où l’entreprise est active mais où les syndicats sont interdits. Des questions ont également été soulevées quant à savoir qui vérifie que les sous-traitants et fournisseurs respectent l’accord.

Les accords-cadre mondiaux (ACM) sont l’un des outils les plus importants que les fédérations syndicales internationales négocient pour garantir le respect des droits des travailleurs auprès des multinationales et de leurs fournisseurs. En signant l’ACM, Total s’est engagé à promouvoir le dialogue social, à pleinement respecter et appliquer les conventions de l’OIT 87 et 98, tout en maintenant une stricte neutralité par rapport au fait syndical et en reconnaissant la liberté syndicale de tous ses salariés, dont le droit de former, rejoindre et quitter des organisations de leur choix, ainsi que celui de promouvoir et protéger leurs intérêts sur le lieu de travail.

Total interdit toute communication déloyale visant à influencer les décisions de ses salariés par rapport à la représentation syndicale. L’entreprise s’engage à exclure toute forme de discrimination basée sur l’activité syndicale au niveau du recrutement et des pratiques concernant la gestion de carrière et interdit toute discrimination à l’égard de salariés ou de leurs représentants qui feraient état de revendications concernant des droits stipulés dans l’accord. L’entreprise attend aussi de ses sous-traitants et fournisseurs qu’ils adhèrent au même accord et à des principes identiques ou équivalents. Total garanti à tous les salariés du Groupe une assurance-vie qui couvre les risques liés au décès.

Total est l’une des plus grandes entreprises multinationale du pétrole et du gaz avec des activités dans plus de 130 pays et près de 110.000 salariés issus d’une large diversité de vécus et actifs au sein d’un vaste éventail de métiers. Les activités de Total couvrent toute la chaîne du pétrole et du gaz, depuis l’exploration et la production du pétrole brut et du gaz jusqu’à la production d’électricité, en passant par le transport, le raffinage et la commercialisation des produits pétroliers ainsi que le négoce du pétrole brut et de ses dérivés. Total est le deuxième plus grand acteur mondial au niveau de l’énergie solaire et un fabricant à grande échelle de produits chimiques.

Les syndicats de Rio Tinto tissent des liens de solidarité face à l’ouverture de la compagnie à leur égard

Les participants ont informé le réseau sur les luttes en cours.

Les représentants des syndicats de la France et de l’Islande ont évoqué les grèves qu’ils ont menées récemment à Rio Tinto. Les syndicats islandais ont remercié le réseau pour son soutien durant les grèves qu’ils ont organisées plus tôt dans l’année.

Les syndicats de tous les pays ont dénoncé une utilisation excessive des emplois précaires dans les sites d’activités de Rio Tinto. Les représentants du Canada, de l’Islande, de Madagascar et de la Namibie ont évoqué leurs conflits récents avec Rio Tinto sur cette question et l’absence de protection de ces travailleurs.

Le réseau a visionné un témoignage déchirant sur les luttes des travailleurs précaires à Rio Tinto à Madagascar, où ceux-ci continuent de travailler dans de mauvaises conditions bien que la compagnie ait investi des milliards de dollars.  

Le réseau s’est engagé dans un programme de travail ambitieux qui permettra aux syndicats de renforcer leur pouvoir à Rio Tinto au niveau mondial. Figurent parmi les mesures du programme, le renforcement continu des capacités des syndicats, le consentement de nouveaux efforts pour syndicaliser les travailleurs précaires de Rio Tinto, la finalisation des études sur les conventions collectives relatives à la compagnie et le soutien aux échanges continus entre les syndicats du réseau.

Une résolution de soutien à la campagne du syndicat maritime d’Australie (MUA) visant à faire revenir Rio Tinto sur sa décision de remplacer les marins australiens par des travailleurs étrangers exploités, payés à peine 2 dollars canadiens de l’heure, a été adoptée à l’unanimité.

Andrew Vickers, président du réseau syndical mondial de Rio Tinto et Secrétaire général des mines et de l’énergie du CFMEU, l’affilié australien d’IndustriALL, a fait part de la démarche d’ouverture récente des dirigeants de la compagnie Rio Tinto en direction des syndicats visant à l’établissement de nouvelles relations avec les syndicats à travers le monde. Des discussions en réaction à cette nouvelle approche de la compagnie sont en cours.

Le réseau a ensuite participé à l’assemblée générale annuelle des actionnaires qui s’est déroulée le 5 mai à Brisbane. Les participants du réseau ont posé des questions aux membres du Conseil d’administration de Rio Tinto, soulevant les inquiétudes des employés dans le monde entier.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a pris la parole lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires. Il a exprimé les préoccupations du réseau à l’égard de la persistance de l’utilisation excessive d’emplois précaires par Rio Tinto. Il s’est également félicité de la démarche d’ouverture récente de Rio Tinto en direction des syndicats à l’échelle mondiale.

Nous accueillons avec satisfaction la récente approche d’ouverture de la compagnie à notre égard, visant à établir des relations de travail constructives aux niveaux mondial, régional et local. Nous comptons sur un processus continu permettant d’aboutir à des résultats fructueux et concrets sur le terrain.

Solidarité mondiale en ce Premier Mai

Voyez les formidables photos de Colombie, Suisse, Turquie, Bangladesh, Australie, Chili, Uruguay, Mexique, Pakistan et bien d’autres pays encore.