Formation des futures dirigeantes en Asie du Sud-Est

La formation, qui s’est déroulée du 6 au 12 mai dans les villes de Phnom Penh, Yangon et Jakarta, a porté sur l’accroissement du nombre de femmes aux postes à responsabilité et décisionnels dans les structures syndicales, la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes au sein des syndicats et sur le lieu de travail, ainsi que l’identification des stratégies de campagne visant à améliorer la protection de la maternité.

Les femmes, qui occupent toutes des postes à responsabilité et sont membres des syndicats affiliés à IndustriALL dans ces trois pays, ont renforcé leur compréhension en matière d’égalité des sexes et acquis des compétences de base dans l’exercice de responsabilités, notamment dans les domaines de la communication, de la facilitation et du règlement des conflits. Bien que la majorité des travailleurs employés dans les secteurs manufacturiers, en particulier les industries du textile, du vêtement et de l’habillement, au Cambodge, à Myanmar et en Indonésie, soient des femmes, ces dernières ne possèdent pas les qualifications appropriées pour exercer des postes à responsabilité et faire partie des structures décisionnelles aux niveaux des fédérations, des syndicats et sur les lieux de travail.   

Les participantes ont fait part de leurs expériences sur la manière dont elles sont considérées au sein de la société –  notamment par leurs homologues masculins –, dans la famille, dans la communauté et sur le lieu de travail. Les activités de groupe ont fait apparaître des problèmes de discrimination, de risques pour la santé au travail et de harcèlement. A cet égard, l’écart salarial, l’invisibilité, l’importance du volume de travail, la discrimination en matière d’avancement et de formation, ainsi que le harcèlement sexuel sont quelques-uns des problèmes et préoccupations soulevés par les participantes.

Figurent parmi les priorités de cette année 2016, l’amélioration de la protection de la maternité par la soumission de propositions législatives, l’inclusion de la question dans les négociations collectives et l’exercice de pressions sur leurs gouvernements respectifs en faveur de la ratification de la Convention (n° 183) sur la protection de la maternité de l’OIT. En outre, les participantes se sont prononcées pour l’augmentation du nombre de femmes dans les effectifs syndicaux, l’accroissement de la participation des femmes dans les structures dirigeantes et décisionnelles, et la sensibilisation des travailleurs hommes sur l’égalité des sexes. Elles se sont également engagées à œuvrer à l’accroissement, à 30 pour cent, de la participation active des femmes au sein des syndicats.

Par ailleurs, plus de 30 leaders syndicales et membres des affiliés d’IndustriALL en Thaïlande ont tenu, les 13 et 14 mai 2016, un atelier de planification visant à examiner le rôle et la position des femmes dans les structures syndicales. La Secrétaire régionale d’IndustriALL, Annie Adviento, a fait une présentation sur l’établissement de comités de femmes sur le lieu de travail, tandis que la Coordinatrice de projet, Lorna Ferrer, a expliqué le projet d’IndustriALL sur l’égalité des sexes et l’amélioration de la protection de la maternité en Asie du Sud, dont la mise en œuvre concernera les femmes thaïlandaises cette année. Les participantes à l’atelier ont élaboré des plans concrets pour accroître le nombre de femmes à des postes à responsabilité au sein des syndicats et ont identifié les questions, dont la protection de la maternité, devant faire partie de leurs campagnes prioritaires.   

Opérer une transformation radicale de l’industrie mondiale du textile et de la confection

Cent-trente-cinq représentants de plus de 60 syndicats du textile et de la confection de 35 pays se sont rassemblés pour débattre de la syndicalisation des travailleurs, des salaires décents et de la négociation collective à l’échelle de l’ensemble du secteur.

Dans de nombreuses régions du monde, l’industrie de la confection et du textile est synonyme de bas salaires et de précarité de l’emploi. Or, depuis sa création, il y a quatre ans, IndustriALL a obtenu des résultats majeurs dans les domaines de la garantie des droits des travailleurs et de la protection de leur droit à se syndiquer.

Ainsi, l’Accord innovateur sur la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh, négocié suite à l’effondrement du Rana Plaza, est un accord juridiquement contraignant entre les syndicats mondiaux et plus de 200 marques de mode multinationales visant à accroître la sécurité dans plus de 1 600 usines de confection.

Prenant la parole à la conférence, Rob Wayss, Directeur exécutif de l’Accord, a déclaré que celui-ci modifie le fonctionnement de l’industrie de la confection :

« Il [l’Accord] est concret et énergique. Il protège les travailleurs dans l’industrie bangladaise de la confection. A ce jour, plus de 1 600 entreprises ont été inspectées et de nombreuses mesures de sécurité essentielles ont été prises ».

« En tant que syndicats, nous avons lutté et surmonté cette tragédie, a indiqué Christina Hajagos, directeur d’IndustriALL pour le secteur du textile. « Le legs du Rana Plaza est de nous appeler à ne pas nous limiter à la responsabilité sociale des entreprises ».

Résoudre la question des capitaux mondiaux a été le fil rouge des deux jours de conférence. Lors d’une table ronde avec les leaders syndicaux et les représentants des entreprises de H&M et d’Inditex, les accords-cadre mondiaux ont été analysés comme un moyen d’accroître la solidarité syndicale mondiale.

IndustriALL a trois accords-cadre mondiaux dans le secteur, dont deux, qui protègent les droits de 3 millions de travailleurs de la confection, avec les confectionneurs les plus importants dans le monde, à savoir H&M et Inditex,.

Lors de sa  présentation de la stratégie d’IndustriALL en matière de salaires décents, laquelle vise à implanter, dans l’industrie toute entière, la négociation collective en lien avec le pouvoir d’achat des marques de confection, Jenny Holdcroft, Directrice des politiques pour IndustriALL, a indiqué qu’un changement réel peut se produire si les marques et les syndicats collaborent.

Athit Kong, de C.CAWDU, l’affilié cambodgien d’IndustriALL, a déclaré :

« Les marques mondiales dans le domaine de la confection doivent prendre leur responsabilité pour offrir des salaires décents aux travailleurs de la confection. La négociation est essentielle dans l’industrie pour empêcher les marques de négocier des prix plus bas sur la base de baisses de salaires ».

Les témoignages de participants à la conférence ont porté sur la négociation collective, le harcèlement sur le lieu de travail, l’augmentation du travail précaire, ainsi que les conversions réussies de contrats précaires en contrats à durée indéterminé, et le renforcement du pouvoir syndical par la syndicalisation.

Les délégués ont signé une bannière appelant Hugo Boss à respecter le droit des travailleurs à se syndiquer à l’usine d’Izmir. La bannière sera remise comme symbole de solidarité aux travailleurs licenciés.

Un plan d’action, axé sur les principaux objectifs stratégiques d’IndustriALL se rapportant au secteur, a été adopté.

Athit Kong de C.CAWDU, Cambodge, et Akiko Gono de UA ZENSEN, Japon, ont été élus en tant que coprésidents pour le secteur.

« Je me réjouis à la perspective de développer des relations efficaces entre les partenaires sociaux au sein de notre secteur », a déclaré Akiko Gono.

Les syndicats indiens vont intensifier la syndicalisation des secteurs du textile et de la confection

Syndiquer les travailleurs précaires est une priorité essentielle du projet de renforcement syndical d’IndustriALL mis sur pied avec l’association sans but lucratif suédoise Union to Union pour les secteurs du textile, de la confection, de la chaussure et du cuir en Asie du sud. Différentes initiatives prises par IndustriALL et ses affiliés pour combattre le travail précaire et défendre les droits des travailleurs ont été débattues au cours de l’atelier.

Gagner la confiance des travailleurs par rapport aux syndicats est un défi majeur rencontré par les recruteurs syndicaux. Une sécurité sociale en faveur des travailleurs précaires est l’une des revendications clé soutenue par les syndicats. En l’absence de sécurité d’emploi, l’intervention des syndicats pour que les travailleurs précaires obtiennent l’accès à des programmes de sécurité sociale à l’initiative du gouvernement a eu un impact positif sur la syndicalisation des travailleurs et travailleuses.

En différents endroits, les syndicats sont également confrontés au défi de fermetures d’entreprises, en particulier de tanneries, en raison de réglementations environnementales. Les travailleurs précaires se retrouvent en pareil cas sans indemnisation ni offre d’emploi alternative. Les syndicats ont décidé de traiter les fermetures d’entreprise au cas par cas et de se battre pour des indemnisations appropriées ainsi que pour obtenir des offres d’emploi alternatives pour les travailleurs précaires.

Les participants ont également débattu des bienfaits et des inconvénients de conventions collectives sectorielles ou particulières à des entreprises.

Prenant la parole lors de l’atelier, Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL, a incité les participants et participantes à construire des syndicats forts au niveau des entreprises. Elle a indiqué :

“Dans le scénario actuel, les secteurs du textile, de la confection et du cuir connaissent une croissance rapide, mais leur main d’œuvre y fait face à de graves défis en matière de précarité de l’emploi. Les migrants, les jeunes et les femmes deviennent l’incarnation de la main d’œuvre de ces secteurs et nous devons les syndiquer d’une manière qui soit adaptée à cette nouvelle génération de travailleurs et travailleuses.”

Des détails concernant les accords-cadres mondiaux d’IndustriALL avec H&M et Inditex ainsi que les moyens de les utiliser pour défendre les droits des travailleurs au sein de leurs chaînes d’approvisionnement ont été mis en évidence lors de l’atelier.

Des partenaires syndicaux de première importance pour le projet ont pris part à l’atelier : SEWA, NTGLWF, INTWF, INGLWF, HMS NCR, TWFI et INTUC Kolkata. Les participants et participantes sont résolus à amener davantage de travailleurs précaires dans le giron syndical.

Répression et violence chez Maghreb Steel au Maroc

Les tensions sociales au sein de Maghreb Steel ont dégénéré à un point tel que les actions de sit-in des 12 et 17 mai ont été violemment prises à partie par la police.

Le Syndicat de Maghreb Steel, affilié à la centrale syndicale Union Marocaine du Travail (UMT), a mené des actions de sit-in devant les bureaux des banques qui ont renfloué l’entreprise sidérurgique en péril. Les actions des 630 travailleurs et travailleuses ont été prises à partie par la police et il y a eu plusieurs blessés.

Maghreb Steel a été constitué en 1975 et est parvenu à résister à la syndicalisation jusqu’en mars de l’année dernière lorsque des travailleurs affiliés à l’UMT y ont ouvert un bureau syndical. Le syndicat a mené une première grève en août 2015 après que des adhérents ont été licenciés pour avoir réclamé une augmentation salariale. Ensuite, une réunion de conciliation entre des représentants de l’entreprise et du syndicat a abouti à la signature d’une charte éthique et sociale par laquelle la direction s’engage à respecter le droit des travailleurs et travailleuses à se syndiquer.

L’entreprise a mangé sa parole et licencié sept travailleurs, y compris des dirigeants syndicaux, en novembre, ce qui a déclenché une seconde grève qui a débuté en décembre de l’année dernière. Les attaques contre le syndicat se sont multipliées et l’entreprise est maintenant en contravention avec la loi, refusant de payer les militants syndicaux et engageant des jaunes pour remplacer les grévistes, en violation du Code du Travail du Maroc.

La Constitution marocaine garanti la liberté syndicale et le droit de grève. Le Maroc a en outre ratifié les Conventions 98, 135 et 154 de l’OIT. Celles-ci protègent le droit de grève, reconnaissent les représentants syndicaux, promeuvent la négociation collective et protègent contre un traitement préjudiciable des militants syndicaux.

Maghreb Steel est la seule usine du Maroc qui produit la tôle d’acier nécessaire à la construction automobile. Elle fournit l’acier de l’usine Renault de Tanger. L’entreprise a également le projet bien avancé de fournir PSA Peugeot Citroën, qui doit construire une usine d’assemblage dans le nord du Maroc. IndustriALL a des accords-cadres mondiaux avec ces deux entreprises, qui couvrent toute la chaîne d’approvisionnement, et entend se servir de ceux-ci pour mettre la pression sur l’entreprise.

Cette aciérie a souffert financièrement et a récemment fait appel au gouvernement marocain en vue de mesures de sauvegarde contre le dumping.

Les travailleurs et travailleuses de Maghreb Steel revendiquent :

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous soutenons les travailleurs et travailleuses de Maghreb Steel dans leurs revendications pour la dignité et des droits syndicaux fondamentaux. Nous avons écrit à l’entreprise, au gouvernement marocain et aux clients pour exprimer notre consternation face à cette attitude et pour exiger que l’entreprise reconnaisse le syndicat et réintègre les militants licenciés.”

L’action antisyndicale d’Hugo Boss en Turquie « nuit à la marque »

Hugo Boss poursuit une politique antisyndicale de longue date à Izmir, où de nombreux travailleurs syndiqués ont été licenciés illégalement depuis que l’affilié turc d’IndustriALL Global Union, Teksif, a commencé ses activités syndicales à l’usine en 2011.

« Le comportement antisyndical d’Hugo Boss à Izmir menace la valeur actionnariale. Les violations actuelles des droits des travailleurs ont suscité une couverture médiatique négative. Plus de 107 000 consommateurs potentiels d’Hugo Boss ont signé une pétition exigeant de la société qu’elle respecte les droits des travailleurs. Plus ces violations continueront à Izmir, plus grand sera le risque que la réputation de la marque Hugo Boss soit endommagée », a expliqué le Directeur de syndicalisation et de campagnes pour IndustriALL, Adam Lee, lors de la réunion.

Sur les 163 procès intentés pour licenciements abusifs depuis octobre 2011, les tribunaux turcs ont donné raison aux travailleurs dans 76 pour cent des affaires conclues. Dans un rapport daté de janvier 2016, l’Association pour le travail équitable, auquel Hugo Boss est affilié, a également conclu qu’un grand nombre de ces licenciements sont liés aux activités de syndicalisation.

Malgré les décisions des tribunaux et le rapport de cette Association, Hugo Boss assure qu’il n’y a aucun problème à l’usine d’Izmir.

« Hugo Boss n’a pas modifié son comportement à Izmir. L’entreprise a licencié Suleyman Budak et Abdullah Satan à la fin de l’année 2015, et Meryem Bicakci au mois de mars de cette année en raison de leurs activités syndicales. L’intimidation et le harcèlement exercés à l’encontre des militants syndicaux à l’usine d’Hugo Boss à Izmir sont toujours aussi graves », a fait savoir Lee aux actionnaires.

En réponse, le PDG d’Hugo Boss, Mark Langer, a affirmé qu’Hugo Boss a respecté et reconnu Teksif, et a invité le syndicat à participer à une réunion des actionnaires.

Plus tôt dans la semaine, Hugo Boss a rencontré Teksif à Istanbul. Cependant, aucun accord n’a été trouvé, contrairement aux affirmations d’Hugo Boss à la réunion des actionnaires.

« Il ne suffit pas de parler. Nous voulons des actions pas des mots », a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina. « Hugo Boss n’a pas honoré les engagements qu’il a pris envers nous et n’est pas parvenu à conclure un accord avec notre affilié, le syndicat Teksif.

« Nous prions le nouveau PDG d’Hugo Boss, Mark Langer, de faire cesser les intimidations et les menaces proférées à l’encontre des sympathisants syndicaux au sein de l’usine, de réintégrer les travailleurs licenciés, et de collaborer avec IndustriALL et Teksif pour régler le problème des violations illégales des droits des travailleurs à l’usine d’Izmir. Nous réclamons la justice et le respect des droits fondamentaux, notamment celui de la liberté d’association ».

Des mineurs piégés sous terre dans une mine d’Impala Platinum en Afrique du Sud

Neuf travailleurs ont été piégés par l’éboulement d’une galerie dans une mine d’Impala Platinum ce mardi 17 mai. Sept ont pu être secourus avec succès. L’exploitation de la mine a été suspendue et les opérations de sauvetage se poursuivent.

Quatre mineurs sont décédés lors d’un incendie dans les galeries de cette même mine le 22 janvier de cette année.

Les mineurs manquants à l’appel sont des foreurs, l’un des métiers les plus dangereux au sein d’une mine. Les mines sud-africaines sont parmi les plus profondes et les plus dangereuses du monde.

Trois mineurs sont également restés piégés sous terre à la mine d’or de Lily en Afrique du Sud à la suite d’un éboulement survenu le 5 février. L’exploitation a été suspendue et les mineurs ont été encouragés à accepter une très faible indemnité de licenciement, ce qui a conduit à la formation d’importants piquets de grève sur le site.

IndustriALL est préoccupée par la vague d’accidents miniers qui déferle dans le monde entier cette année. La crise mondiale des matières premières a affecté les bénéfices du secteur minier, conduisant les exploitants à rogner sur les coûts.

Livhuwani Mammburu, porte-parole de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat national des mineurs (NUM), a déclaré :

“Les grandes multinationales, comme Impala Platinum, qui devraient être des porte-drapeaux du secteur en termes de création d’une culture de la sécurité, en font bien trop peu pour la prévention des accidents mortels. Du reste, la situation ne va pas s’améliorer d’elle-même.

Nous appelons l’inspectorat du département des ressources minérales à tenir le secteur minier pleinement responsable de ses manquements et à adopter une approche sensée en ce qui concerne les accidents entraînant des invalidités et des décès dans le secteur minier.

Le directeur d’IndustriALL pour les mines, Glen Mpufane, a indiqué :

“Être mineur reste l’un des métiers les plus dangereux du monde, parce que les compagnies minières placent le profit avant la sécurité des mineurs. Une approche sur base volontaire n’arrangera pas les choses : il faut que les pays ratifient et mettent en application la Convention 176 de l’OIT sur la santé et la sécurité dans les mines.

“Mettre en application cette convention créera une solide culture de la sécurité à tous niveaux, en partant de la base, et instaurera des sanctions sévères pour les compagnies qui failliront à prendre au sérieux la sécurité”.

Une vidéo de 14 secondes considérée comme trouble à l’ordre public en Biélorussie

Ce 17 mai, 40 adhérents de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat biélorusse indépendant (SBI), ainsi que des sympathisants locaux ont assisté à une audience de la cour municipale de Salihorsk afin d’y soutenir les militantes du SBI accusées d’avoir violé la loi sur les manifestations publiques.

L’accusation repose sur un message vidéo enregistré par des militantes en face du siège du SBI à Salihorsk le 19 avril contre le relèvement de trois ans de l’âge de la retraite en Biélorussie, annoncé par décret présidentiel en 2016. La vidéo a été publiée par le syndicat à la fois sur sa chaîne YouTube et sur son site internet.

Peu de temps après cette publication, les huit militantes, toutes issues du réseau des femmes de l’entreprise de fertilisants JSC Belaruskali, ont été convoquées à l’hôtel de police de Salihorsk.

Des procès-verbaux administratifs ont été rédigés à leur encontre pour violation de l’ordre établi en matière de tenue de manifestations publiques.

Un haut responsable du district de police a tenté d’établir s’il s’agissait d’un piquet résultant d’un acte planifié ou d’une action spontanée. Lorsque les femmes accusées ont demandé qui avait porté plainte auprès de ses services, l’officier de police a parlé “d’organes spécialisés”, ce qui est la façon dont on se réfère de manière officieuse en Biélorussie à la sûreté de l’État.

Lorsque les femmes concernées se sont rendues au département de la police de Salihorsk le 13 mai, elles ont été directement emmenées au tribunal. Elles ont été détenues pendant une heure dans les couloirs du tribunal et ont plus tard été informées que leur audience était fixée au 17 mai.

Au cours de l’audience, les femmes ont expliqué qu’elles n’avaient jamais imaginé que leur action puisse être considérée comme un piquet, sachant que toutes les participantes sont des militantes syndicales de longue date et ont une idée précise que ce qu’est un piquet.

Le juge les a reconnues coupables de violations d’articles du code administratif du pays. L’enregistrement d’appels vidéo en public a été considéré par la cour comme un piquet non-autorisé. Selon le juge, si l’appel vidéo avait été enregistré à l’intérieur des locaux, aucune charge n’aurait été retenue contre les militantes.

Sept militantes syndicales ont reçu une peine administrative sous forme d’un avertissement. Une décision similaire a été prise concernant Viktoryja Yarashevich, dont le cas était du ressort d’un autre juge.

Monika Kemperle, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL et directrice pour les femmes travailleuses a indiqué : “IndustriALL est choquée et scandalisée par l’attitude des autorités biélorusses envers ces femmes dont la seule faute est d’avoir eu les tripes de se battre pour leurs droits. Nous condamnons les actes posés par la police et la décision du juge, qui tentent de museler ces femmes et de les réduire au silence. Nous exprimons toute notre solidarité avec les militants syndicaux de Biélorussie qui se battent pour les droits des femmes et les droits humains.”

Dynamiser les syndicats au Vietnam

Tous les deux ans depuis 2006, la réunion rassemble la Confédération générale du travail du Vietnam et ses partenaires de la coopération internationale pour échanger des informations et coordonner les activités dans le but de protéger et de promouvoir les droits des travailleurs au Vietnam.

La réunion de coordination de 2016 a porté sur le programme de réforme des syndicats qui devrait avoir lieu au cours des prochaines années pour répondre aux défis posés par l’intégration internationale. Les partenaires ont donné leur accord de principe sur l’adoption d’une plateforme commune en matière de partenariat pour développer la coopération entre les syndicats au Vietnam.

La plateforme conjointe fournit des principes communs en matière de partenariat visant à accroître l’efficacité de la coopération dans le pays avec la Confédération générale du travail du Vietnam et les syndicats en voie de constitution dans la période à venir.

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL, a déclaré que la participation d’IndustriALL à la réunion  visait à promouvoir une coopération efficace avec la Confédération générale du travail du Vietnam ainsi qu’une coordination efficace entre les autres Fédérations mondiales de syndicats (GUFs) et les organisations de soutien et de solidarité avec les syndicats (TUSSOs) :

« Nous nous félicitons de l’approche préventive suivie par la Confédération générale du travail du Vietnam pour amorcer les changements au niveau de leur structure, plans d’action et stratégies dans les années à venir.  

« IndustriALL continuera de collaborer avec la Confédération générale du travail du Vietnam et nos trois affiliés pour établir des syndicats puissants, démocratiques et durables au Vietnam ».

La réunion s’est déroulée alors même que des réformes importantes relatives aux relations du travail sont planifiées. Des exemples sur les nouvelles méthodes d’organisation et de négociation collective de la Confédération générale du travail du Vietnam ont été portés à la connaissance des participants. Ces résultats ont été rendus possibles grâce à l’étroite collaboration avec les partenaires internationaux, due à l’adaptation de la Confédération générale du travail du Vietnam aux besoins des travailleurs dans le contexte de l’économie de marché.

IndustriALL met actuellement en place un projet de création de syndicats au Vietnam, et dispense une formation sur la négociation collective aux délégués syndicaux ou aux représentants syndicaux sur le lieu de travail.  

Au Koweït, les syndicats reprennent les négociations sur leurs revendications

La réunion a débouché sur la mise à l’étude immédiate d’un mécanisme à l’initiative du cabinet du premier ministre permettant la discussion des revendications des travailleurs. De plus, une commission tripartite composée du cabinet, de l’entreprise publique du pétrole KPC et de l’OPIWC a été constituée.

Après cette intervention des autorités politiques du Koweït et les promesses faites de négocier avec les syndicats sur leurs revendications ainsi que de ne pas appliquer de sanctions aux grévistes, la grève a pris fin le 20 avril.

La commission s’est réunie pour la première fois le 25 avril et elle a abouti à :

Saif al-Qahtani, président de l’OPIWC a indiqué :

“Nous apprécions les efforts des autorités politiques du Koweït visant à mettre fin au conflit actuel et appelons de nos vœux d’authentiques négociations pour garantir les droits des travailleurs du secteur pétrolier, de sorte à mettre un terme à ce litige.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré :

“IndustriALL suit de près la manière dont les négociations évoluent et affiche sa solidarité et son soutien envers les camarades de l’OPIWC ainsi qu’à l’égard de tous les travailleurs et toutes les travailleuses du secteur pétrolier du Koweït.”

Accord pour les travailleurs du pétrole du secteur public en Côte d’Ivoire

Après une série d’actions de grève et quatre mois de négociations avec Petroci et le Ministère du Travail, le syndicat SYNTEPCI a réussi à faire réintégrer deux travailleurs et à assurer un plan de licenciement d’une valeur approximative de deux millions de dollars pour les 48 autres travailleurs et travailleuses.

L’accord entériné le 1er mai prévoit :

  1. La réintégration d’une travailleuse enceinte et d’un représentant des travailleurs
  2. Un plan de licenciement avec 15 mois de salaire brut pour les 48 travailleurs
  3. Douze mois d’assurance santé pour les travailleurs licenciés
  4. Un plan de réintégration sociale pour les 48 travailleurs par le biais d’un programme de formation professionnelle
  5. Le financement par la Fondation Petroci du traitement médical d’un enfant et d’une épouse malades de deux des travailleurs licenciés.

Le plan complet pour les 48 personnes s’élève à plus d’1,2 milliards de francs (2 millions de dollars)

Le Secrétaire général du SYNTEPCI, Jeremie Wondje, a déclaré :

“Nous sommes fiers de tous les travailleurs et travailleuses de notre syndicat et leur sommes reconnaissant pour les actions menées et le soutien montré aux 48 personnes licenciées par Petroci.

“Je voudrais également remercier notre centrale syndicale, l’UGTCI, ainsi qu’IndustriALL Global Union pour leur soutien.

“Ensemble, nous avons refusé de permettre que les droits des travailleurs soient violés et nous vous remercions pour vos actions individuelles et collectives qui ont permis de restaurer la dignité des travailleurs.”

Petroci avait licencié des travailleurs de manière illégale et avait ensuite proposé des dommages et intérêts largement inférieurs à ce que prévoit la législation nationale du travail.

La directrice d’IndustriALL pour l’énergie, Diana Junquera Curiel, a dit :

“Nous félicitons le SYNTEPCI pour sa victoire durement acquise, qui a permis d’assurer un règlement juste et équitable pour les travailleurs et travailleuses. Petroci a appris qu’il n’est pas permis de fouler aux pieds les droits des travailleurs et que les législations du travail de la nation doivent être respectées par tous.”