Les lois sur le DDDH, un second souffle pour les droits des travailleurs

Les lois sur le DDDH s'ajoutent de manière innovante aux instruments qui permettent aux travailleurs de s'adresser à la justice depuis leur lieu de travail. Au siècle dernier, les entreprises affichaient leurs valeurs dans des codes de conduite qu'elles avaient adoptés unilatéralement et dont le but était de montrer à leurs clients qu'ils se souciaient de leurs travailleurs alors qu'elles continuaient à les exploiter. La plupart de ces codes ne parlaient même pas des droits syndicaux les plus fondamentaux, le droit de s'organiser et celui de négocier collectivement.   

Une fois dénoncés, la pression de la société en général a contraint les gouvernements et les entreprises à chercher des moyens plus convaincants de témoigner du respect des droits fondamentaux des travailleurs. Ce sont les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales, le Pacte mondial des Nations unies, la Déclaration de l'OIT sur les entreprises multinationales et les Principes directeurs des Nations unies.

Tous ces textes passent au crible le fonctionnement des entreprises, mais ils conservent néanmoins un caractère essentiellement volontaire. Aussi, leur utilisation est ardue et laborieuse; elle nécessite des ressources et d'être connecté. Les syndicats des pays en développement, qui représentent ces travailleurs exploités, n'ont rien de tout cela, même s'ils sont affiliés à des Fédérations syndicales internationales (FSI). Les FSI elles-mêmes ont élaboré des outils tels que les accords-cadres mondiaux, plus efficaces mais dont la portée reste toutefois limitée.

Des promesses creuses à une redevabilité réelle

Le DDDH pourrait changer la donne. Il est question d'une législation qui permettrait de pénaliser les entreprises qui ne respectent pas les normes qu'elles prétendent défendre.

Mais une grande interrogation subsiste. Pendant des années, nous avons été induits en erreur par des firmes d'audit effectuant des contrôles superficiels de l'application de codes de conduite, d'obligations internationales et de respect de normes établies. Ces risques existent aussi pour la législation sur le DDDH. De nombreuses lois permettent ce genre de validations, mais si les syndicats les acceptent, nous risquons de nous retrouver avec un instrument inefficace de plus, aussi inopérant que ce qui existe déjà.

Ce qui fait du DDDH un concept révolutionnaire est qu'il incorpore une participation active des syndicats. Il n'est pas question d'audits commandés à l'extérieur ni d'autodiscipline, simplement une validation exacte par ceux affectés directement par les violations au travail. En associant les syndicats, à la fois ceux du pays d'origine et ceux des sites d'exploitation, on peut obtenir une image plus fidèle et non filtrée de la réalité sur le terrain, des risques encourus et des mesures nécessaires pour une amélioration réelle.

Pour que le DDDH fasse réellement changer les choses sur le terrain, il faut une participation active des syndicats. Or, beaucoup n'ont pas les connaissances, l'expérience et la confiance nécessaires pour suivre efficacement ses procédures. Le Centre de compétence sur le DDDH peut contribuer à y remédier et jouer un rôle crucial. Mais cela ne suffit pas. En tant que syndicat mondial, nous devons inciter les syndicats des pays d'origine à prendre en charge leurs chaînes d'approvisionnement tout en convainquant les affiliés des pays de production que le DDDH peut changer la donne. Étant donné les déceptions causées par d'autres instruments, nous devons être conscients de leur scepticisme et le respecter tout en leur montrant que, cette fois, les choses peuvent changer.

Mais imaginez qu'une entreprise s'acquitte de son devoir de diligence dans une grande usine d'un pays de production en y associant pleinement le syndicat et les travailleurs du lieu. Le résultat sera alors une représentation fidèle de la réalité dans cette usine, une vérité que l'entreprise ne pourra pas masquer. Nous savons que la plupart des usines ont à relever des défis dont la société-mère n'est peut-être même pas consciente. Soumises à une législation forte, les entreprises seront forcées d'agir, leur devoir de rendre compte devenant une obligation légale et non plus un choix.

Si elle est bien mise en œuvre, je suis certain que la législation sur la DDDH sera bénéfique pour les grandes entreprises européennes. Elles attendent beaucoup de leur engagement en faveur des droits humains et beaucoup investissent déjà dans les pratiques éthiques, pourtant elles sont mises à mal par des concurrents qui n'assument pas leurs responsabilités sans en subir les conséquences. Une législation contraignante mettra tout le monde à égalité et, de ce fait, rendra les chaînes d'approvisionnement résilientes, ce qui sera bénéfique pour l'ensemble de la chaîne.

La législation sur le DDDH renforcera aussi la crédibilité des initiatives lancées à l'échelon mondial par les syndicats. L'Accord sur la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments, qui a vu le jour au Bangladesh et a été étendu au Pakistan – et à un troisième pays sous peu – donne aux marques participantes une avance dans la mise en conformité avec les obligations de DDDH. De même, les mécanismes de recours prévus dans la coopération ACT avec diverses marques renforcent la redevabilité. Cette approche profite à la fois aux travailleurs et aux entreprises responsables par un rapport gagnant-gagnant dont nous devons faire activement la promotion auprès d'autres marques.

Renforcer la puissance syndicale par le Centre de compétence sur le DDDH

Le Centre de compétence sur le DDDH jouera un rôle fondamental en conseillant les syndicats à propos de la nouvelle législation, en leur expliquant comment l'utiliser et comment protéger les droits des travailleurs. Il sera aussi essentiel pour l'élaboration de matériels de formation et de renforcement des capacités dans nos syndicats. Il pourrait aussi prendre de l'importance auprès d'entreprises soucieuses d'agir dans le bon sens.

Il est important que le nouveau gouvernement allemand reste déterminé et ne fléchisse pas s'agissant d'une législation considérée comme la plus prometteuse dans ce domaine. L'ambition manifestée par l'Union européenne avec sa  Directive sur le devoir de vigilance des entreprises ne doit pas faiblir. Pour la première fois, le devoir de diligence devient une obligation porteuse d'un réel espoir pour des millions de travailleurs.

Nous ferons notre part. Le Centre de compétence sur le DDDH fera sa part. Et si les gouvernements assument finalement leurs responsabilités, nous pourrons obliger les entreprises à rendre des comptes. Cela pourrait être l'aube d'une ère nouvelle pour les droits syndicaux.  

Hommage à Praveen Rao : un héritage de bonté, d’engagement et de solidarité

For decades, Praveen devoted his career to fighting for the rights of working people, always striving to create a fairer, more just world. His journey in the labour movement was one of commitment and impact. Before joining IndustriALL, he worked extensively in labour research and education, playing a key role in training trade union leaders, mapping industry trends and advocating for vulnerable workers. From his early days at the Maniben Kara Institute, where he conducted extensive research on wages, precarious work and the rights of informal workers, to his impact in major international projects, Praveen’s contributions to the labour movement were deep and far-reaching.

Praveen played an important role in IndustriALL’s work in South Asia. He started in 2014 as a project coordinator, focusing on precarious work, an issue he took on with passion and determination. He believed that every worker deserved dignity, stability and fair treatment, and he worked hard to make that a reality. His commitment continued as he led projects on union building, multinational supply chains and shipbreaking, always with a sense of purpose and justice.

But Praveen’s legacy goes far beyond the work he did, it is the way he did it that people will remember most. He had a quiet strength, a calming presence that reassured those around him. Even in high-pressure situations, he carried himself with grace, showing that stress would not solve problems, but collective action and solidarity could.

Colleagues remember his ever-present smile, his generosity and his willingness to help others. He made a point of expressing gratitude, appreciating those who assisted him just as much as he was always ready to assist others. He embodied the very essence of trade unionism, not just fighting for workers’ rights, but fostering a spirit of mutual support and humanity.

Based in Mumbai, Praveen was genuinely connected to the realities of workers in India and beyond. His work was rooted in a profound understanding of the struggles faced by those in precarious employment in supply chains and in the shipbreaking industry. 

This sudden loss is a heavy one for IndustriALL and for the broader labour movement, but more than anything, it is a personal loss for all who had the honour of knowing him. We will remember Praveen not only for his work but for the warmth, kindness and integrity he brought into every interaction.

Praveen leaves behind his beloved wife and sons, who were his greatest pride. Our thoughts and deepest condolences go out to them during this difficult time. May they find comfort in knowing how much he was respected, admired and loved by all who had the privilege of working alongside him.

In the spirit of solidarity that, we will continue the fight for the values he stood for. And as we mourn, we also celebrate a life well lived, a life dedicated to justice, equality and kindness.

Rest in power, Praveen. Your impact will not be forgotten.

Les actions de la Journée de la femme en témoignent : la lutte pour l’égalité est quotidienne

Il ne s’agissait pas d’une journée internationale de la femme comme les autres. Il s’agissait d’un appel mondial à l’action.

Dans le cadre des actions mondiales marquant la Journée internationale de la femme, Christiane Benner, Vice-présidente d’IndustriALL et Présidente du syndicat allemand IG Metall, a livré un message vidéo puissant soulignant la lutte permanente pour l’égalité des sexes. Elle a mis en exergue les principales réalisations, notamment l’augmentation de la représentation des femmes dans les instances dirigeantes des syndicats, les victoires obtenues dans le cadre des négociations collectives en faveur de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ainsi que les changements structurels intervenus au sein d’IG Metall pour soutenir les femmes dans des secteurs traditionnellement dominés par les hommes. Le message de Christiane Benner a renforcé l’importance de l’action collective pour façonner un avenir plus inclusif et plus équitable pour tous.

Lors de la Commission de la condition de la femme des Nations unies (CSW69/Beijing+30), les fédérations syndicales internationales ont été clairs : le temps des promesses est révolu. Elles militent en faveur d’un contrat social qui transforme les questions de genre, qui ne se contente pas de belles paroles en faveur de l’égalité, mais qui apporte des changements réels et structurels.

Les femmes travailleuses d’Indonésie ont pris des mesures audacieuses, revendiquant la justice dans l’industrie de la confection, où les cas de violence et de discrimination fondées sur le sexe persistent. En Afrique du Sud, la conférence nationale des femmes du NUM s’est engagée à lutter contre le patriarcat et la violence sexiste au travail, réaffirmant que la lutte n’est pas seulement une question de politique, mais qu’elle concerne la réalité quotidienne des travailleuses.

Ensemble, les fédérations syndicales internationales revendiquent :

Femmes dirigeantes : de la présence au pouvoir

Cette année, le thème d’IndustriALL, “Femmes dirigeantes ”, célèbre les femmes qui brisent les barrières. Elles dirigent des syndicats, négocient des lieux de travail plus équitables et prouvent que l’égalité des sexes ne consiste pas seulement à être présent à la table des négociations, mais aussi à tenir un discours qui façonne l’avenir.

Du Brésil à la Turquie, des manufactures aux plus hauts niveaux de la direction des syndicats, les femmes réécrivent l’histoire. Leur message est clair :

La promotion du rôle dirigeant des femmes n’est pas seulement une priorité d’IndustriALL, mais un mouvement mondial. L’initiative “Femmes dirigeantes” de la CSI amplifie ce combat en reconnaissant que la représentation n’est pas suffisante, le vrai pouvoir signifie que les femmes dirigent les négociations, façonnent les politiques et conduisent le changement systémique. Les femmes syndicalistes du monde entier font progresser cette vision, en veillant à ce que les structures de direction reflètent la main-d’œuvre qu’elles représentent. La revendication est claire : les rôles dirigeants des femmes doivent être la norme et non l’exception.

Les femmes n’attendent plus de se voir offrir une place à la table, elles la prennent. En cette journée internationale de la femme, et chaque jour, nous nous battons pour un monde où les femmes occupant des postes à responsabilité ne sont pas une exception, mais la norme.

Briser les barrières, élever les autres

"Pour les femmes syndicalistes, ce combat ne se résume pas à une seule journée. Il s’agit de la réalité quotidienne de la revendication de l’égalité salariale, de la sécurité des lieux de travail et du droit de diriger. Il s’agit de briser les barrières, d’élever les autres en même temps que nous nous élevons et de veiller à ce que la prochaine génération n’ait pas à mener les mêmes batailles encore et encore.

“Notre lutte ne se limite pas à 24 heures. Elle dure toute une vie. Je le sais parce que je l’ai vécue”, a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

La solidarité entre travailleurs, la clé de la syndicalisation des cols blancs

Les recruteuses syndicales d’Asie du Sud ont renforcé ce message en organisant une session virtuelle de suivi pour élaborer une stratégie de syndicalisation des cols blancs malgré des défis tels que les réductions de financement et la fragmentation du lieu de travail. Les débats ont mis l’accent sur le pouvoir de la solidarité, la sécurité de l’emploi et la prise en compte des préoccupations des travailleuses par le biais d’un engagement direct.

En Europe, les syndicalistes ont réaffirmé leur engagement en faveur de l’égalité des sexes et du leadership des femmes. Ainsi, industriAll Europe a souligné l’importance de veiller à ce que politiques d’égalité ne restent pas lettre morte, mais se traduisent par des changements réels pour les femmes sur le lieu de travail. Le message est clair : l’égalité entre les femmes et les hommes est une question syndicale fondamentale et sa réalisation nécessite une action collective et une pression permanente.

Passer des mots à l’action

IndustriALL ne se contente pas de parler d’égalité, elle la concrétise. Cette année, l’organisation syndicale a lancé un nouveau module de formation sur l’équité salariale afin de doter les affiliés d’outils concrets pour lutter en faveur de salaires équitables et de la pleine reconnaissance du travail des femmes. Développés avec le soutien de la FES (Fondation Friedrich Ebert), ces modules sont plus que de simples supports de formation. Ce sont des plans pour le changement.

La lutte pour l’égalité des femmes n’est pas terminée. Il ne s’agit pas d’une tendance, ni d’un moment particulier. C’est une révolution.

Dans chaque usine, chaque syndicat, chaque pays, les femmes ont les droits, la dignité et le pouvoir qu’elles méritent.

Nous avons contacté les femmes des réseaux d’IndustriALL dans un grand nombre de nos secteurs, en posant des questions à des femmes dirigeantes et à des femmes qui ont été encadrées par des femmes dirigeantes d’IndustriALL. Les réponses ont afflué, si nombreuses que nous n’avons pas pu les présenter toutes à l’occasion de la Journée de la Femme. Restez donc à l’écoute pour entendre les nombreuses voix des femmes d’IndustriALL, car, pour reprendre les mots de Christina Olivier, il s’agit d’un mouvement, pas d’un moment figé. Nous n’avons pas besoin d’un jour spécifique pour partager cela, nous continuerons à le faire.

De la loi à l'action : Un nouveau centre pour renforcer les droits des travailleurs par la législation sur le devoir de diligence

UNI Global Union et IndustriALL Global Union collaborent avec les partenaires allemands du projet, la Fondation Friedrich Ebert et la confédération syndicale DGB. Des fonds de départ ont été apportés par l'Initiative pour la solidarité mondiale, un programme de la GIZ financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération et du Développement économiques (BMZ).

"Le passage des recommandations à une vigilance obligatoire en matière de droits de l'homme en Allemagne et en Europe est un moment historique pour les droits des travailleurs partout dans le monde. Nous avons maintenant un cadre légal pour permettre de demander réellement des comptes aux multinationales s'agissant du respect des droits humains dans l'ensemble de leurs chaînes de valeur et de leurs sites d'exploitation. Ce changement ne sera pas seulement une énorme impulsion pour le mouvement syndical mondial qui pourra ainsi mieux aider les travailleurs qui militent pour leurs droits, il aidera aussi les entreprises en mettant tous les concurrents sur un pied d'égalité. Il donne un coup de frein au nivellement par le bas destructeur dont les travailleurs sont les victimes dans le monde entier,"

a déclaré Alke Boessiger, la secrétaire générale adjointe d'UNI.

À la cérémonie du 20 mars, des dirigeants syndicaux, des décideurs politiques et des employeurs discuteront du rôle du Centre pour faire en sorte que les législations sur le devoir de diligence rendent les chaînes d'approvisionnement plus résilientes, équitables et comptables de leur gestion.

"Le mouvement syndical mondial a tout intérêt à faire appliquer les lois sur le devoir de diligence pour renforcer les droits des travailleurs dans le monde entier. En collaborant avec d'autres syndicats mondiaux, nous pouvons combler l'écart qui sépare les syndicats des pays qui les ont adoptées, comme l'Allemagne, de ceux des pays des chaînes d'approvisionnement dans lesquelles les violations des droits humains sont les plus flagrantes. Le nouveau Centre de compétence sera une ressource essentielle en apportant des renforcements de capacités et une expertise juridique qui feront que les obligations relatives au devoir de diligence en matière de droits humains se traduisent en des améliorations tangibles des conditions de travail dans les chaînes d'approvisionnement mondiales,"

a déclaré Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL.

"Des lois fortes ont besoin d'une coopération forte pour que les travailleurs puissent réellement changer les choses. La création du Centre de compétence sur le devoir de diligence en matière de droits de l'homme témoigne de la force de la coopération entre les organisations syndicales, le ministère fédéral de la Coopération et du Développement économiques et la Fondation Friedrich Ebert en transformant les cadres juridiques en action concrète. En rassemblant expertise et ressources, ce Centre veillera à ce que les lois sur le devoir de diligence ne soient pas des enveloppes vides mais des outils puissants de renforcement des droits des travailleurs et de la redevabilité des entreprises dans les chaînes d'approvisionnement mondiales,"

a déclaré Yasmin Fahimi, la présidente de la DGB.

Le comité directeur du Centre de compétence, composé d'UNI, d'IndustriALL et de la DGB, se concentrera sur trois objectifs majeurs :

1.         Renforcer les capacités des syndicats dans les pays ayant une législation sur le devoir de diligence – en commençant par l'Allemagne – et dans toutes les chaînes d'approvisionnement mondiales pour leur permettre d'utiliser les obligations qui en découlent pour mieux défendre les droits des travailleurs.

2.         Appuyer les interventions stratégiques utilisant le DDDH pour défendre les droits des travailleurs et contrer les violations dans les chaînes d'approvisionnement hautement prioritaires.

3.         Préconiser une application effective du devoir de diligence en matière de droits de l'homme par les entreprises et les décideurs politiques.

Pour s'assurer d'une représentation et d'une collaboration larges, d'autres experts syndicaux et spécialistes de la question seront invités à faire partie d'un groupe consultatif qui aidera à élaborer la stratégie du Centre de compétence et coordonnera l'action si nécessaire.

Le Centre de compétence sera inscrit en tant que fondation sans but lucratif aux Pays-Bas; son fonctionnement sera virtuel, sans bureaux physiques. Il verra officiellement le jour pendant le quatrième trimestre 2025.

Historique

La loi allemande sur les obligations de vigilance des entreprises dans leurs chaînes d'approvisionnement est en vigueur depuis janvier 2023 et sera au cœur des activités du Centre. La Loi sur les chaînes d'approvisionnement impose aux grandes entreprises (plus de 1.000 salariés) une vigilance en matière de droits de l'homme afin d'identifier, d'atténuer et de prévenir les risques d'abus en la matière et de dégradations à l’environnement dans leurs sites d'exploitation du monde entier et leurs chaînes d'approvisionnement.  

La Directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité a été adoptée en juin 2024 et doit être appliquée par tous les États membres à partir de 2026. Le mandat du Centre sera élargi lorsque la directive européenne sera en vigueur. En février 2025, la Commission européenne a proposé une série de mesures "Omnibus" amendant l'ensemble des textes sur la durabilité, dont la directive européenne. Bien que le but affiché de cette proposition Omnibus soit de réduire la bureaucratie, les amendements proposés affaibliraient des dispositions essentielles de la directive, ce qui suscite une vive opposition des organisations syndicales et de la société civile.

Photo : Travailleurs dans une usine Saijoinx, fabricant de composants électroniques à Kyoto, au Japon. Copyright : Marcel Crozet, ILO.

IndustriALL demande des protections plus fortes pour les travailleuses du secteur de la confection lors de la conférence CSW69 de l’ONU

Selon l’OIT, le secteur du textile, de la confection, du cuir et de la chaussure emploie plus de 60 millions de personnes, dont une grande partie de femmes. Le secteur est le plus grand employeur de femmes travailleuses parmi tous les secteurs industriels.

Un panel réunissant Nazma Akter, Présidente du syndicat bangladais Sommilito Garment Sramik Federation, Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur, et Pinar Özcan, Secrétaire aux relations internationales du syndicat turc Öz İplik İş, a souligné comment les engagements volontaires des entreprises n’ont pas permis de remédier aux violations systémiques des droits humains, laissant des millions de travailleuses vulnérables à des conditions dangereuses, à des salaires de misère et à la violence basée sur le genre.

“Les femmes dans l’industrie de la confection continuent d’être confrontées à l’exploitation et à des conditions de travail dangereuses. Le seul moyen d’assurer un véritable changement est de conclure des accords contraignants qui obligent les enseignes à rendre des comptes,”

a déclaré Christina Hajagos-Clausen.

“Des engagements comme l’Accord international, ou encore l’Accord visant à soutenir des salaires négociés collectivement dans l’industrie de la confection, du textile, des chaussures et des articles de voyage au Cambodge (négocié dans le cadre de l’initiative ACT), ainsi que les accords-cadres mondiaux sont des exemples d’accords contraignants qui ont un impact sur les travailleuses de la confection.”

Appel à une plus grande responsabilité des entreprises

La rencontre a mis en lumière l’Accord international, un cadre juridiquement contraignant qui a déjà démontré un impact mesurable sur l’amélioration de la sécurité et des droits sur le lieu de travail. Les principales réalisations de l’accord sont les suivantes :

Au Bangladesh, où la main-d’œuvre est composée à 60 % de femmes, environ 6.046 femmes sont membres des comités de sécurité des usines et près de 1.600.000 travailleuses ont été formées à la sécurité sur le lieu de travail. Dans le cadre du programme au Pakistan, où la main-d’œuvre est estimée composée à environ 11 % de femmes, 223 femmes sont membres de comités de sécurité et près de 2.000 travailleuses ont été formées.

Les discussions ont mis l’accent sur le rôle essentiel des syndicats dans la négociation et l’application des protections des travailleurs. Pinar Özcan a souligné l’importance des accords-cadres mondiaux pour garantir des lieux de travail plus sûrs aux travailleuses. Elle a mis en exergue les lignes directrices VHBG récemment élaborées conjointement avec H&M et leur mise en œuvre dans les usines des fournisseurs de l’enseigne.

IndustriALL demande que davantage d’enseignes signent des accords juridiquement contraignants et que les gouvernements imposent la responsabilité des entreprises au niveau de leurs chaînes d’approvisionnement.

“Les salariés du secteur de la confection, dont la majorité sont des femmes, méritent mieux. Nous avons besoin de syndicats plus forts, d’engagements contraignants et de mécanismes d’application qui garantissent leurs droits et leur sécurité,”

a déclaré Nazma Akter.

La rencontre s’est conclue par un appel à une plus grande collaboration entre les syndicats, les gouvernements et les enseignes de stature mondiale afin de mettre en œuvre des solutions qui favorisent l’égalité des sexes, des salaires équitables et des conditions de travail sûres.

Illustration : usine de confection au Vietnam © Better Work Programme

Conférence mondiale de l’automobile d’IndustriALL : priorité à la transformation et à la syndicalisation

Transformation et transition juste : les travailleurs ne doivent pas être laissés pour compte

La transformation rapide de l’industrie automobile, sous l’effet de l’électrification, de l’automatisation et de la numérisation, a été un thème central tout au long de la conférence. La transition vers les véhicules électriques (VE) bouleverse les modèles de production, les chaînes d’approvisionnement ainsi que l’emploi et les syndicats se battent pour que les travailleurs et travailleuses ne soient pas des victimes de ce changement.

Lorenza Monaco, experte en recherche, a expliqué que la transformation de l’industrie automobile mondiale est caractérisée par des incertitudes, notamment en ce qui concerne l’arrivée de nouveaux acteurs dans le secteur (et dans celui de la mobilité), la pression environnementale et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Malgré ces défis, en de nombreux endroits, en particulier dans les pays du Sud, on continue d’investir dans l’industrialisation et la technologie automobile afin de s’assurer un avenir dans ce secteur.

“La question clé demeure : comment les travailleurs, les travailleuses et leurs syndicats peuvent-ils influencer cette transition pour garantir des salaires équitables, la sécurité de l’emploi et des politiques industrielles durables ?”

s’est demandée Mme Monaco.

Dans un monde où les entreprises investissent des milliards dans l’électrification sans lignes directrices claires au plan politique et où la revendication des clients est fluctuante, les risques pour les travailleurs et travailleuses sont importants. Les syndicats doivent faire pression en faveur de la requalification, de l’amélioration des compétences et de mesures de transition proactives. Les syndicats revendiquent également l’accès aux données essentielles du secteur et des entreprises afin d’élaborer des stratégies fondées sur des données probantes pour garantir l’avenir de leurs membres.

L’un des principaux enseignements de ces discussions est que les syndicats ne peuvent à eux seuls assurer une transition juste. Les gouvernements, l’industrie et les partenaires sociaux doivent s’engager à garantir la sécurité de l’emploi, des salaires équitables et de solides protections du travail.

Lutte contre les pratiques antisyndicales et le travail précaire

Des participants du monde entier ont partagé des témoignages de première main sur les attaques incessantes contre les droits syndicaux. Des pratiques antisyndicales chez Mercedes aux États-Unis à la répression syndicale en Inde, au Mexique et ailleurs encore, l’industrie automobile reste un secteur hostile à la syndicalisation.

Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a souligné la nécessité d’une réponse stratégique aux attaques antisyndicales :

“Les entreprises déplacent les emplois vers des régions à bas coûts, utilisent des contrats précaires et font tout ce qu’elles peuvent pour affaiblir le pouvoir des travailleurs et travailleuses. Il s’agit d’une tendance mondiale et la seule façon de lutter est de s’organiser au plan syndical. Si nous ne sommes pas syndiqués, nous perdrons”.

Les travailleurs et travailleuses de Tesla en Suède mènent une grève historique depuis 16 mois, face à l’une des entreprises les plus antisyndicales au monde. Aux États-Unis, les travailleurs et travailleuses de Volkswagen (de Chattanooga) ont finalement obtenu une représentation syndicale lors de leur troisième tentative, tandis que les travailleurs de Mercedes (en Alabama) ont dû faire face à des pratiques antisyndicales extrêmes, à des actes d’intimidation et à une défaite frustrante lors d’un scrutin très serré. Malgré ces revers, les travailleurs et travailleuses restent déterminés à se syndiquer et à obtenir gain de cause.

L’un des principaux enseignements de ces luttes est que les campagnes de terrain constituent le fondement d’une syndicalisation réussie. Les travailleurs et travailleuses doivent être au centre de chaque campagne et les syndicats doivent rester flexibles, en évaluant continuellement la situation et en ajustant leurs stratégies en fonction des besoins pour en maximiser l’impact.

Le rôle de la solidarité internationale

L’un des messages les plus forts de la conférence est que les réseaux syndicaux internationaux sont plus importants que jamais. IndustriALL a joué un rôle clé dans la mise en place de réseaux syndicaux dans les entreprises automobiles internationales, mais le financement reste un défi. Les participants ont discuté de la nécessité de créer davantage de réseaux et de la manière de les soutenir, en particulier dans des sous-secteurs tels que les motos et les véhicules commerciaux, ainsi qu’à travers les chaînes d’approvisionnement mondiales.

La conférence a souligné que la solidarité ne peut se limiter à des cas individuels ; elle doit également s’attaquer aux défis systémiques des chaînes d’approvisionnement, notamment en s’appuyant sur les politiques et la législation relatives à la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, ainsi que sur les questions spécifiques à chaque pays. De nombreux syndicats ont appelé à des campagnes mondiales plus stratégiques pour répondre efficacement aux préoccupations de l’ensemble de l’industrie.

L’inde : un modèle pour la force du syndicat

L’Inde représente l’un des marchés automobiles à la croissance la plus rapide au monde, mais le travail précaire, les bas salaires et la faiblesse des lois du travail restent des défis majeurs. IndustriALL soutient la création de syndicats en Inde depuis 2012.

L’Inde sert de modèle pour montrer comment un engagement syndical à long terme peut renforcer le pouvoir des travailleurs et travailleuses, mais la lutte est loin d’être terminée. Nombreux sont encore ceux et celles qui sont victimes d’une exploitation extrême et les entreprises continuent de recourir au travail en sous-traitance pour éviter d’avoir à assumer leurs responsabilités.

Une approche sexospécifique de la transformation industrielle

La conférence a également abordé la question de l’écart entre les hommes et les femmes dans le secteur automobile, reconnaissant que la transformation industrielle risque d’aggraver les inégalités existantes.

L’une des principales préoccupations est que les travailleuses risquent davantage de perdre leur emploi lors de la transition vers les nouvelles technologies. En l’absence de politiques proactives, l’automatisation et la restructuration pourraient aggraver l’écart de rémunération et l’insécurité de l’emploi pour les femmes.

Les syndicats ont partagé des stratégies visant à recruter et à retenir davantage de femmes au sein du mouvement syndical :

Indonésie : les syndicats font participer les femmes en organisant des activités de renforcement de l’esprit d’équipe, des formations au leadership et une éducation à la négociation.

L’une des principales conclusions des discussions sur l’égalité des sexes est que le partage du pouvoir dans les syndicats doit être une priorité.

“Si nous voulons que les femmes se sentent incluses dans les syndicats, nous devons changer notre façon de communiquer et de prendre contact avec elles,”

a déclaré un participant.

Les syndicats doivent également remettre en question les normes sociétales qui limitent la participation des femmes et faire pression pour des horaires de travail souples, de meilleures mesures de sécurité au travail et des politiques tenant compte de la dimension de genre dans le cadre de la transition vers les VE et la numérisation.

Prochaines étapes : syndicalisation, transition juste et solidarité mondiale

À l’issue de la conférence, les participants sont convenus que les travaux à venir nécessitaient des actions concrètes. Parmi les priorités :

“Malgré les tensions géopolitiques et les attaques de la droite contre les droits des travailleurs, nous devons continuer à nous battre ensemble,”

a déclaré Christine Olivier.

“Grâce à la solidarité mondiale, à la syndicalisation et à l’action stratégique, nous pouvons faire en sorte que les travailleurs et travailleuses ne soient pas laissés pour compte dans cette transformation.”

La conférence s’est achevée sur un message clair : le chemin à parcourir est semé d’embûches, mais avec solidarité et détermination, les syndicats continueront à renforcer le pouvoir des travailleurs par-delà les frontières et à jouer un rôle décisif dans la construction de l’avenir de l’industrie automobile.

Cliquez ci-dessous pour accéder aux photos de la conférence :

IndustriALL world automotive conference

Victoire syndicale sans précédent pour l'UWUA

Au Michigan, les techniciens assurant le fonctionnement et la maintenance des éoliennes Vestas ont voté massivement pour une représentation syndicale par l'Utility Workers Union of America (UWUA). Par cette décision inédite, les techniciens en éoliennes de Vestas sont les premiers à se syndiquer en Amérique du Nord.

"C'est une grande victoire pour ce groupe", a déclaré Deirdre Brill, la directrice en charge de l'organisation à l'UWUA, "De plus en plus de travailleurs des énergies renouvelables se rendent compte que les syndicats peuvent les aider à obtenir de meilleures conditions de travail et plus de sécurité."

Exaspérés par l'insécurité, par des postes de 16 heures de travail et de devoir travailler les jours fériés sans une rémunération adéquate, ces techniciens ont fait appel à l'UWUA. La sécurité et la formation seront les priorités du syndicat qui se prépare à négocier leur première convention pour que ceux qui assurent le fonctionnement des éoliennes soient bien protégés.

"Ces travailleurs ont fait un grand pas en avant pour regagner de l'influence,"

a déclaré le président de l'UWUA, James Slevin. "Ils devaient faire face à une campagne antisyndicale virulente. La direction a utilisé toutes les vieilles ficelles pour les convaincre de voter contre le projet de syndicalisation. Nous souhaitons la bienvenue à ces techniciens de Vestas et nous sommes impatients d'exprimer leurs préoccupations majeures lorsque nous négocierons leur première convention."

Les techniciens de Vestas assurent le fonctionnement et la maintenance de 128 éoliennes, avec le remplacement d'éléments vitaux.

"Nous avons été solidaires des techniciens de Vestas qui se sont courageusement organisés pour faire respecter leurs droits et améliorer leurs conditions de travail. Nous les félicitons pour leur détermination et les accueillons à bras ouverts dans la famille syndicale. Nous resterons résolument à leurs côtés lorsqu'ils négocieront leur première convention,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie.

L'an dernier, des affiliés d'IndustriALL du monde entier étaient réunis à Vienne pour discuter d'une campagne de syndicalisation dans le secteur de l'énergie éolienne. Cette conférence avait principalement pour but de discuter des dernières tendances dans le secteur, et les stratégies de syndicalisation du personnel et d'organisation dans des entreprises comme Vestas sont un pas dans la bonne direction.

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IndustriALL appelle le gouvernement provisoire du Bangladesh à respecter l'esprit de la feuille de route

La feuille de route donne la priorité à quatre domaines d'intervention, à savoir : (i) la réforme de la législation du travail, (ii) l'enregistrement des syndicats, (iii) l'inspection du travail et le contrôle de l'application des règles, (iv) la lutte contre les actes de discrimination antisyndicale, les pratiques déloyales en matière de travail et la violence à l'égard des travailleurs. Le gouvernement du Bangladesh est prié de faire rapport à l'OIT deux fois par an sur les progrès accomplis s'agissant de ces quatre piliers.

Le dernier rapport du gouvernement, daté du 17 février 2025, indique que les amendements à sa législation du travail seront finalisés pour le mois de mars 2025, ce qui semble toutefois improbable.  

Les affiliés d'IndustriALL n'ont eu cesse de souligner que bon nombre de leurs recommandations

 n'ont pas été prises en compte à ce jour. Le rapport du gouvernement mentionne aussi l'accord tripartite en 18 points conclu en septembre de l'an dernier pour répondre aux préoccupations des travailleurs et en lequel il voit une avancée majeure, tandis que les affiliés s'inquiètent de ce que son application ne soit été uniforme dans tous les secteurs de l'industrie.

S'agissant de l'engagement du gouvernement à faciliter l'enregistrement des syndicats, les affiliés d'IndustriALL indiquent que, contrairement aux prétentions du rapport du gouvernement, la procédure de demande d'enregistrement hors ligne n'est pas en rapport avec la procédure en ligne. Après avoir soumis la demande en ligne, il est impératif de déposer la demande sur papier dans les trois jours, faute de quoi la procédure en ligne doit être recommencée.

De plus, le traitement des demandes prend souvent plus longtemps que les 55 jours requis par la loi. Le rapport du gouvernement affirme aussi qu'entre juillet 2020 et décembre 2024, 46.000 personnes, dont des travailleurs, ont suivi une formation sur la procédure d'enregistrement. Or, les affiliés d'IndustriALL, qui représentent plus de 80 pour cent des travailleurs de la confection dans le pays ignorent pour la plupart l'existence de telles formations.

Le rapport du gouvernement cite un total de 15.576 inspections effectuées de juillet à décembre 2024. Cela veut dire qu'environ 85 inspections auraient été réalisées chaque jour sur la période concernée, ce qui est très sujet à caution, sachant que le nombre d'inspecteurs du travail disponibles est de 441, comme l'indique le rapport, et compte tenu du travail que requièrent la préparation et le suivi d'une inspection. Concernant la résorption de l'arriéré des juridictions du travail, les affiliés d'IndustriALL font remarquer qu'elles souffrent toujours d'une pénurie de juges et de procureurs et qu'il ne sert à rien d'en ouvrir de nouvelles là où il y a moins d'usines que dans d'autres zones industrielles du pays.

S'agissant de la lutte contre la discrimination antisyndicale, les pratiques déloyales en matière de travail et la violence à l'égard des travailleurs, l'attention du gouvernement semble aller en totalité à des programmes de formation dont les résultats ne sont mentionnés nulle part dans le rapport. En outre, les syndicats n'ont pas été du tout consultés pour l'élaboration du cursus de ces programmes.

Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL, déclare :

"IndustriALL exhorte le gouvernement provisoire du Bangladesh à appliquer tous les éléments de la feuille de route en concertation avec les affiliés d'IndustriALL."

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4ème Congrès d'IndustriALL à Sydney, 2025

Le Congrès servira de plateforme pour discuter et adopter le Plan d'action d'IndustriALL pour 2025-2029, qui arrêtera les objectifs et actions stratégiques pour combattre les inégalités croissantes, promouvoir les droits des travailleurs et renforcer le pouvoir syndical par l'organisation des chaînes d'approvisionnement mondiales. Ce plan étudiera aussi les moyens de faire contrepoids au monde du capital par le biais de campagnes et de modeler l'avenir avec une Transition juste en préconisant des politiques industrielles et une transition énergétique durables ainsi que l'égalité de genre dans les secteurs d'industrie.

Au centre des préoccupations seront la lutte contre le travail précaire, une croissance économique et un partage des profits équitables.

"L'organisation est au cœur même de notre action; elle est la clé de la pérennité du mouvement syndical. Notre 4ème Congrès sera à l'image de notre détermination à rendre les travailleurs maîtres de leur destin par une syndicalisation forte. Le Congrès se penchera sur les grands enjeux que sont l'impact de l'automation sur l'emploi, la nécessité d'une formation qualifiante générale et l'application de normes du travail équitables dans toutes les industries,"

a déclaré Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL.

"Le choix de Sydney comme ville hôte de notre Congrès reflète notre conscience du rôle dynamique que jouent les syndicats australiens dans la défense des droits des travailleurs. Ce Congrès est rendu possible grâce au généreux soutien de nos affiliés d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Nous voulons aussi exprimer notre gratitude au gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud pour son aide inestimable."

Nos affiliés qui nous accueilleront à Sydney :

Les délégués participeront à des sessions ayant pour but de promouvoir des stratégies collaboratives et d'échanger leurs meilleures pratiques. L'objectif du Congrès est de doter les participants des outils et des savoirs nécessaires pour s'orienter efficacement dans les complexités du monde du travail contemporain.

En outre, le Congrès sera l'occasion de célébrer les réalisations d'IndustriALL et du mouvement mondial du travail et d'honorer la résilience et la solidarité des travailleurs du monde entier.

"Alors que nous préparons nos retrouvailles à Sydney, nous réaffirmons notre détermination à construire un avenir qui perpétue les droits et la dignité des travailleurs et dans lequel le progrès économique est partagé de manière équitable grâce à des syndicats forts,"

a déclaré Atle Høie.

Pour plus d'informations sur le 4ème Congrès d'IndustriALL et pour vous y inscrire, veuillez consulter notre site officiel.

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Afrique du Sud : la conférence nationale des femmes du NUM promet de combattre le patriarcat et la violence fondée sur le genre au travail

Cette conférence, à laquelle participaient des fédérations syndicales, des syndicats mondiaux et des organisations de la société civile, se tenait sur le thème "Les femmes de la classe laborieuse font progresser la transformation socioéconomique". Les travailleuses étaient exhortées à combattre et déraciner les systèmes patriarcaux et leurs pratiques dans le monde du travail en Afrique du Sud. "Le NUM poursuit la promotion de l'égalité de genre, conteste les rôles de genre traditionnels et s'engage à accroître la participation des femmes" peut-on lire dans certaines résolutions. Les participantes ont appelé les organes chargés de l'application des lois à venir à bout des cas de violence fondée sur le genre et de féminicide (VFGF) qui se multiplient.

La Fondation pour l'éducation civique en Afrique (ACEP), qui collabore avec le NUM, affilié à IndustriALL Global Union, à un programme de lutte contre la VFGF, a présenté des statistiques lugubres sur le viol et le harcèlement sexuel. D'octobre à décembre 2024, on a recensé 11.803 cas de viol et 2.188 agressions sexuelles signalés à la police sud-africaine.

Pour les syndicats, bien que l'Afrique du Sud ait des lois et des politiques pour l'élimination de la VFGF, leur application est médiocre. Sur le plan législatif, ce sont la Loi de 2007 amendant la Loi pénale (délits sexuels et assimilés) et la Loi de procédure pénale de 1997. L'Afrique du Sud a aussi une politique nationale de prévention du féminicide, qui dit que "Le féminicide, le fait de tuer des femmes et des jeunes-filles est la forme la plus extrême et la plus grave de violence fondée sur le genre."

Cette conférence, organisée à l'initiative de la structure des femmes du NUM, qui représente les travailleuses des industries de la mine, de l'énergie, de la construction et du métal, coïncidait avec la Journée internationale de la femme, que les participantes ont célébrée.

À son agenda figuraient des appels en faveur de l'égalité de genre et de la diversité, de la fin de la discrimination de genre, des revendications portant sur des salaires équitables, de la protection contre les pratiques déloyales du travail, de la protection de la maternité, de conventions collectives reflétant les intérêts des travailleuses, du comblement de l'écart de rémunération entre hommes et femmes, de programmes de formation et de perfectionnement des compétences inclusifs, de formations des femmes aux postes de direction dans les syndicats, d'une meilleure application des lois sur l'équité dans l'emploi, la santé et la sécurité, la sécurité sociale et d'un renouveau de l'organisation syndicale et de la solidarité. Les dimensions de genre de l'avenir du travail, du changement climatique et de la Transition juste ont également été discutées.

Les participantes ont réclamé une représentation à 50 pour cent des femmes dans les structures syndicales et davantage de possibilités de formation pour les femmes ainsi qu'un réexamen et une mise à niveau des programmes de formation en cours.

Magrett Gabanelwe, qui a été élue présidente de la structure des femmes du NUM pendant la conférence, a déclaré :

"Nous restons déterminées et unies dans la défense des droits des femmes dans le syndicat et au travail. Les femmes sont toujours exposées à l'exploitation sexuelle et à la violence fondée sur le sexe et au harcèlement et il faut que cela s'arrête."

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a ajouté :

"Nous exhortons le gouvernement sud-africain à faire appliquer sa législation et à y intégrer la convention 190 pour mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail. Que les crimes contre les femmes au travail et dans la société se multiplient sans que leurs auteurs soient jamais arrêtés est quelque chose d'effroyable."