Un tribunal brésilien innocente BHP, Samarco et Vale de crimes contre l’environnement à Mariana

Le barrage minier géré par Samarco, une société détenue par BHP et Vale, s’est rompu le 5 novembre 2015 près de Mariana, dans l’État de Minas Gerais, provoquant la plus grande catastrophe environnementale de l’histoire du pays et tuant 19 personnes.

Neuf ans plus tard, la section de Ponte Nova du tribunal fédéral brésilien a innocenté les accusés, les sociétés Samarco, Vale et BHP ainsi que 21 cadres et techniciens, dans le cadre de la procédure pénale. Selon le tribunal, il n’y avait pas de preuve d’actions individuelles permettant de déterminer la responsabilité pénale directe de la catastrophe.

“Après une longue enquête, les documents, rapports et témoins présentés comme preuves n’ont pas permis de démontrer que des comportements individuels ont contribué de manière directe et décisive à l’effondrement du barrage de Fundão. Dans une procédure pénale, s’il existe un doute raisonnable découlant des preuves analysées, le tribunal doit se prononcer en faveur des accusés”,

a écrit la juge Patrícia Alencar dans le préambule de son jugement, citée par la section judiciaire de Minas Gerais du ministère fédéral de la justice.

Dans sa décision, elle a souligné l’importance du travail technique et scientifique pour élaborer des stratégies préventives et éviter une nouvelle tragédie. Elle a également déclaré qu’il fallait se concentrer sur la réparation des dommages causés aux communautés. Elle a toutefois reconnu que même une indemnisation financière substantielle ne compenserait pas les pertes subies par les victimes et l’impact de la tragédie sur l’environnement.

Bien qu’il n’y ait pas eu de condamnation pénale, ce 25 octobre 2024, le gouvernement fédéral a signé un accord de règlement pour Mariana avec les entreprises, qui ont accepté d’allouer des milliards de reals pour réparer les dommages causés par la tragédie de Mariana.

Lucineide Varjão, Vice-présidente d’IndustriALL, a commenté cet accord :

“Neuf ans plus tard, cet accord n’a été possible que grâce aux efforts du gouvernement du Président Luiz Inácio Lula da Silva. Les syndicats et les mouvements sociaux devront veiller au respect des délais et des autres dispositions de l’accord conclu avec le syndicat.”

Selon le site officiel du gouvernement brésilien, l’accord prévoit le versement de 132 milliards de reals, dont 100 milliards que les entreprises impliquées dans la tragédie verseront au gouvernement sur 20 ans à diverses fins. Les entreprises mettront également de côté 32 milliards de reals pour couvrir l’indemnisation des personnes touchées et d’autres actions de réparation qui resteront sous leur responsabilité. Cette somme s’ajoute aux 38 milliards de reals qu’elles affirment avoir déjà versés.

Dans le discours qu’il a prononcé lors de la signature de l’accord de règlement, le Président Lula a déclaré :

“Nous réparons les dommages causés par une catastrophe qui aurait pu être évitée, mais qui ne l’a pas été, par irresponsabilité et par appât du gain. Ce qui s’est passé à Mariana était purement et simplement de l’irresponsabilité envers les habitants de la région. Nous ne pourrons peut-être jamais réparer tous les dommages que ces gens ont subis, parce qu’il y a aussi des dommages psychologiques. Outre les morts, les gens ont perdu des choses qu’ils aimaient, qu’ils ne reverront jamais et qui ne peuvent être remplacées. C’est pour cela que c’est important, mesdames et messieurs les ministres : nous avons le devoir de commencer à construire un avenir pour ces personnes”.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a pour sa part déclaré :

“Ces dernières années, IndustriALL s’est rendu à Mariana pour montrer sa solidarité, se joignant à des alliés de la société civile locale pour réclamer justice. Bien que ce soit tardif, nous sommes heureux que justice ait été rendue dans l’affaire de Mariana. Il est clair qu’une volonté politique forte peut apporter des résultats. Les entreprises doivent être susceptibles de rendre des comptes. Elles doivent prendre leurs responsabilités pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir”.

Le NUMSA triomphe dans la bataille pour la réintégration chez Goodyear

La bataille a commencé le 31 mai 2021, lorsque des travailleurs et travailleuses membres du NUMSA, une organisation affiliée à IndustriALL, ont été licenciés par Goodyear après avoir rejeté une injonction exigeant d’eux de travailler avec des pauses décalées et de maintenir une production continue en faisant tourner les machines sans repos adéquat. Les travailleurs ont jugé cette politique déraisonnable et, dès lors qu’ils ont tenu bon, la direction a réagi par des représailles rapides et sévères.

Le syndicat s’est immédiatement saisi de ce cas et a déposé une plainte auprès de la Commission de conciliation, de médiation et d’arbitrage (CCMA).

En juin 2022, la CCMA a statué en faveur des travailleurs, estimant que si leurs actions pouvaient être considérées comme de l’insubordination, elles n’étaient pas assez graves pour justifier un licenciement.

Le Commissaire a également constaté que les travailleurs et travailleuses avaient reçu des avertissements écrits définitifs de manière injuste, qu’ils s’étaient vu refuser une représentation syndicale alors qu’ils l’avaient explicitement demandée et que les avertissements avaient été émis dans le cadre d’une stratégie plus large de Goodyear visant à préparer le terrain pour des licenciements collectifs. La procédure ayant été jugée fondamentalement injuste, les travailleurs ont eu droit à la réintégration.

Nullement découragée par la décision de la CCMA, la direction de Goodyear s’est adressée au tribunal du travail, tentant de faire annuler la décision et de refuser aux travailleurs leur réintégration légitime.

Prenant une décision historique pour les droits des travailleurs, le tribunal du travail a rejeté la requête de Goodyear. Cette décision signifie que les travailleurs qui avaient été licenciées à tort pour avoir défendu leurs droits retrouveront leur emploi.

“Le rôle du NUMSA dans cette victoire va bien au-delà des victoires juridiques ; elle est symbolique d’un syndicat qui se soucie véritablement de ses membres. Étant l’un des syndicats les plus militants d’Afrique du Sud, le NUMSA a apporté des contributions substantielles à l’élaboration de la législation sur le droit du travail et possède une histoire de lutte pour les droits de la classe ouvrière dont il peut être fier. Les ressources et les efforts du syndicat, inlassablement consacrés à la cause de la justice, ont été le moteur de cette victoire”,

a déclaré le syndicat dans un communiqué.

“Alors que le NUMSA se tient aux côtés des travailleurs et travailleuses, prêt à les défendre contre toute autre contestation, y compris le probable appel de Goodyear, le message du syndicat est clair : nous ne reculerons jamais. Cette affaire met en lumière le pouvoir de l’action collective et l’importance d’adhérer à un syndicat qui ne se contente pas de promettre la justice, mais qui la rend. Le NUMSA est un syndicat qui tient ses promesses, un syndicat qui se bat pour les droits des travailleurs et travailleuses à chaque instant”,

a déclaré Mziyanda Twani, Secrétaire régional du NUMSA pour le Cap-Oriental.

“Il faut féliciter le NUMSA pour avoir continué à défendre les droits des travailleurs en matière de santé et de sécurité au travail face à des multinationales qui utilisent de plus en plus les tribunaux pour revenir sur les acquis des travailleurs et travailleuses, qui ne doivent pas être victimisés pour avoir défendu leurs droits au travail”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Illustration : Flickr

“Les enfumer” ou légaliser l’exploitation minière artisanale en Afrique du Sud

La police a déclaré qu’elle se préparait à arrêter les creuseurs dès qu’ils remonteraient à la surface, comme cela s’est produit pour plus de 1.000 mineurs. Cependant, certains ont été secourus à l’aide d’un système de cordes et de poulies, déshydratés et émaciés, tandis qu’un corps décomposé a été récupéré dans la mine. La plupart des creuseurs sont originaires du Lesotho, du Mozambique et du Zimbabwe et travaillent aux côtés d’anciens mineurs sud-africains.

Dans le cadre de l’opération Vala umgodi – Isizulu signifiant “fermer les trous”, qui vise à lutter contre l’exploitation minière illégale, la police a scellé les entrées du puits, piégeant les mineurs, également connus sous le nom de Zama-Zamas. En raison de la présence de la police, l’eau et la nourriture n’ont pas pu être acheminées jusqu’au fond du puits.

En réponse aux appels des communautés à envoyer de l’aide aux mineurs clandestins, Khumbudzo Ntshaveni, Ministre à la Présidence, a déclaré que le gouvernement ne viendrait pas en aide aux “criminels”. Elle a ajouté : “Nous allons les enfumer, ils sortiront”.

Cette déclaration a suscité l’indignation des syndicats, des organisations de défense des droits de l’homme et des groupements communautaires. Quoi qu’il en soit, une décision de justice a établi que le gouvernement avait la responsabilité de protéger les droits de l’homme en vertu de la constitution et de fournir de l’eau et de la nourriture aux mineurs.

Des équipes de secours miniers se trouvent actuellement sur le site de la mine pour participer aux activités de sauvetage.

L’Alternative Mining Indaba (Indaba alternatif des mines – AMI) a déclaré dans un communiqué :

“Il est décourageant de constater que dans une démocratie constitutionnelle comme l’Afrique du Sud, des atrocités de cette nature persistent malgré l’histoire douloureuse du pays, marquée par la dépossession violente des terres et l’exploitation économique raciale sous le régime de l’apartheid. L’impasse actuelle, marquée par la présence agressive des forces de l’ordre, ne permet pas de s’attaquer aux causes profondes qui poussent les gens à risquer leur vie dans des mines abandonnées”. L’AMI affirme qu’il existe plus de 6.000 mines abandonnées en Afrique du Sud, qui pourraient être exploitées pour assurer la subsistance des communautés.

Phillip Mankge, Secrétaire général adjoint par intérim du NUM (Syndicat national des mineurs) a déclaré :

“En tant que NUM, nous voudrions dire clairement que nous ne soutenons pas cette déclaration. En fait, il est inhumain et irresponsable de la part de la ministre de prononcer de tels paroles alors que des personnes sont piégées sous terre”.

Selon les informations à disposition, les creuseurs extraient de l’or pour une valeur de plus de 8 millions de dollars par an. Cet or est vendu sur les marchés de Suisse et des Émirats arabes unis.

Le Guide de l’OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque s’appliquent à l’Afrique du Sud compte tenu de la violence associée à l’EMAPE, car les sociétés minières et leurs agents achètent de l’or aux creuseurs. Des recherches et des procès ont confirmé que des gangs lourdement armés et des patrons miniers illégaux servent de façade à des acheteurs agréés aux niveaux national et international. Plusieurs Zama Zamas ont été tués dans des guerres de territoire entre bandes rivales, des fusillades ont eu lieu entre la police et les services de sécurité des mines et des cas de viol ont été signalés à leur encontre.

Le NUM, affilié à IndustriALL, a déclaré que les lacunes de la politique relative à l’EMAPE ont créé des situations dans lesquelles ce type d’exploitation minière est le fait d’organisations criminelles.

Kopano Konopi, Secrétaire provincial du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) pour le Nord-Ouest, où se trouve la mine, a déclaré :

“Le COSATU estime que le gouvernement devrait revoir les politiques minières du pays, car les produits extraits par des mineurs considérés comme illégaux trouvent leur place sur le marché, même s’ils sont achetés à bas prix. Le gouvernement devrait envisager de délivrer des licences d’exploitation minière artisanale aux creuseurs et aux coopératives.”

“Il existe des modèles qui peuvent être adoptés pour l’EMAPE en Afrique du Sud, notamment la mise en œuvre de politiques existantes par le département des ressources minérales. L’EMAPE doit être formalisée de manière à tenir compte des conditions socio-économiques du pays, caractérisées par un taux de chômage et une pauvreté élevés. L’exploitation minière ne doit pas être réservée aux multinationales, mais doit également profiter aux anciens mineurs concernées et aux communautés riveraines”,

a déclaré Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour le secteur des mines.

Il a également mis l’accent sur les recommandations de la Vision minière africaine, qui indique que des avantages peuvent être tirés de l’EMAPE, notamment des moyens de subsistance durables et la réduction de la pauvreté.

Pratiques antisyndicales et licenciements chez un fabricant thaïlandais de bus électriques soutenu par la Suisse

À plusieurs reprises, IndustriALL a soulevé la question des pratiques antisyndicales tant auprès du gouvernement suisse que de l’employeur thaïlandais. Absolute Assembly a perturbé les démarches syndicales et a refusé d’entamer des négociations collectives avec le syndicat EMUT, affilié au CILT/TEAM, lui-même affilié à IndustriALL.

IndustriALL a exhorté le gouvernement à prendre des mesures en accord avec son engagement déclaré à mettre en œuvre l’Accord de Paris et dans la lignée de la grande importance que la Suisse attache à la “promotion, au respect et à la mise en œuvre des principes et droits fondamentaux au travail, attendant en outre du secteur privé qu’il respecte les droits de l’homme en Suisse comme à l’étranger”.

Malheureusement, la situation continue de se détériorer. Absolute Assembly prévoit maintenant de licencier des centaines de travailleurs et travailleuses de son usine de fabrication de bus électriques pour les transports publics de Bangkok, sans engager de dialogue avec le syndicat EMUT.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Nous sommes profondément préoccupés et indignés par les plans d’Absolute Assembly visant à licencier des centaines de personnes et nous demandons à nouveau qu’il soit mis fin immédiatement aux violations des droits fondamentaux des travailleurs. Les travailleurs et travailleuses, représentés par leur syndicat, doivent être activement impliqués dans les discussions sur toute restructuration et l’entreprise doit garantir la pérennité de leurs postes de travail.”

En plus d’appeler Absolute Assembly à s’engager dans un dialogue avec le syndicat, IndustriALL a contacté les gouvernements suisse et thaïlandais pour les exhorter à intervenir.

Photo : Trafic à Bangkok, Flickr

Grève des métallurgistes sud-africains contre les suppressions d’emplois chez ArcelorMittal

Le mouvement a commencé par un piquet de grève à l’usine AMSA de Vanderbijlpark, à environ 70 km au sud de Johannesburg.

Ces licenciements ayant lieu peu avant les vacances de Noël, NUMSA, affilié d’IndustriALL, déclare qu’AMSA “fait preuve d’inhumanité à l’égard des travailleurs”. Selon le syndicat, cette attitude se manifeste par le refus de l’entreprise de s’engager dans la recherche d’alternatives aux suppressions d’emplois, par exemple en proposant aux travailleurs des indemnités de départ volontaire et des départs en préretraite.

“Seule une direction cruelle et insensible peut jeter des travailleurs dans la tourmente du chômage juste avant Noël et c’est pourquoi elle doit être fermement condamnée ! En précipitant les licenciements, AMSA a en fait annulé la fête de Noël pour ces salariés, aggravant ainsi la misère de leurs familles”,

a déclaré Kabelo Ramokhathali, Secrétaire du NUMSA pour la région de Sedibeng.

Le NUMSA confirme avoir contesté les arguments d’AMSA lors des consultations au titre de la section 189A. Au cours de ces consultations qui ont débuté en août, le syndicat n’a pas été convaincu que les suppressions d’emplois étaient la seule option possible. En outre, le syndicat a déclaré qu’AMSA n’avait pas divulgué toutes les informations susceptibles d’aider à sauver des emplois et à trouver d’autres postes pour les travailleurs concernés. L’article 189A de la loi sur les relations de travail exige que l’employeur motive ses licenciements en se fondant sur des exigences opérationnelles qui reposent sur les “besoins économiques, technologiques, structurels ou similaires de l’employeur.”

En raison des réserves qu’il a émises, le NUMSA s’inquiète des perspectives d’emploi futures pour les travailleurs licenciés, en particulier dans les conditions économiques difficiles actuelles de chômage élevé dont le taux élargi, qui comprend les demandeurs découragés d’encore rechercher un emploi, est de 41,9 pour cent.

En outre, l’économie stagne avec un taux de croissance estimé à 1,1 % et se caractérise par la pauvreté, les inégalités et le déclin de l’industrie manufacturière, selon la Banque africaine de développement.

Le NUMSA se dit également préoccupé par le fait que 200 travailleurs perdront leurs avantages lorsqu’ils seront transférés dans d’autres départements en raison des bas salaires et de l’externalisation de certaines des fonctions essentielles dans le cadre de la réorganisation en cours de l’usine de produits plats. Le syndicat affirme qu’AMSA n’a pas consulté le NUMSA et n’a pas fait preuve de transparence.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“AMSA doit considérer les licenciements comme un dernier recours et poursuivre le dialogue avec le NUMSA pour explorer les possibilités de pérennisation des emplois et protéger davantage les intérêts des travailleurs et travailleuses.”

Malgré un arrêt du tribunal, les travailleurs d’IFFCO au Pakistan n’obtiennent pas justice

Pratiquement une décennie après le dépôt de la première requête, la Cour suprême du Pakistan a statué le 4 avril 2024 en faveur des travailleurs sous-traitants d’IFFCO. La Cour suprême a confirmé la décision de la NIRC (Commission nationale des relations sociales) de Karachi, adoptée en 2020, dans une affaire introduite par 90 travailleurs sous-traitants d’IFFCO contre des pratiques de travail déloyales et la violation du droit à la liberté syndicale.

La NIRC avait statué que “les travailleurs sont privés des avantages statutaires liés à leur fonction dont bénéficient les autres employés qui deviennent membres du syndicat titulaire de la CCT, et qu’ils ne sont pas autorisés à adhérer au syndicat titulaire de la CCT et qu’ils ne bénéficient pas des mêmes dispositions et avantages que les membres du syndicat titulaire de la CCT, bien que la nature de leur travail ou de leurs tâches soit la même, et qu’ils sont traités de manière déloyale.”.

L’entreprise a été sommée de verser 30.000 PKR (équivalent de 108 dollars) à titre de pénalité à chacun, de réintégrer les travailleurs et de leur verser des arriérés de salaire.

Au lieu d’appliquer la décision du tribunal, la direction d’IFFCO a fait appel à la Cour suprême pour qu’elle révise l’ordonnance. Le 16 octobre, la Cour suprême a rejeté la requête d’IFFCO tout en confirmant sa décision antérieure du 4 avril 2024.

L’affilié d’IndustriALL PCEM (Fédération pakistanaise des syndicats de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses) nous a informé que le mois dernier, le 23 octobre, lorsque 45 se sont présentés à l’usine IFFCO, l’entrée leur a été refusée et ils ont été emmenés par du personnel de sécurité armé dans des locaux désaffectés de l’entreprise. Ces personnes ont été confinées dans des locaux désaffectés, sans qu’aucune tâche ne leur soit assignée.

Par la suite, le 1er novembre, la direction a émis un avis demandant aux mêmes travailleurs de se présenter immédiatement à l’autre usine, les avertissant que s’ils ne le faisaient pas, ils seraient réputés absents. Cependant, lorsque les travailleurs se sont présentés à l’usine spécifiée, ils ont à nouveau été renvoyés de force. En outre, l’un des membres du bureau du PCEM a reçu des menaces de la part de la direction.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous demandons instamment à IFFCO Pakistan d’intervenir sans délai dans cette affaire. L’entreprise doit faire respecter la décision de la Cour suprême en réintégrant ces travailleurs et en leur délivrant des documents officiels d’intégration.”

IndustriALL dépose des plaintes auprès de l’OCDE contre des enseignes de mode pour violations des droits des travailleurs au Myanmar

IndustriALL, ainsi que les syndicats interdits du Myanmar CTUM et IWFM, ont déposé des plaintes contre trois enseignes, Next, New Yorker et LPP, auprès des Points de contact nationaux de l’OCDE dans quatre pays : le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne. Les plaintes portent sur la violation par ces entreprises des principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises, qui appellent, entre autres, les entreprises à agir de manière éthique et responsable en ce qui concerne les droits de l’homme et les droits du travail.

“Les enseignes qui restent au Myanmar bénéficient d’un environnement de peur, de travail forcé et d’exploitation. Il existe des rapports circonstanciés et exhaustifs sur les violations considérables des droits des travailleurs et il la liberté syndicale n’existe pas dans le pays. La diligence raisonnable en matière de droits de l’homme exige la participation des travailleurs et une vérification indépendante, ce qui est impossible sous le régime militaire,”

a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie.

L’industrie du textile et de la confection est devenue un moyen important pour les dirigeants militaires du pays d’injecter de l’argent étranger dans une économie qui s’effondre. Entre-temps, la junte militaire du Myanmar a interdit les syndicats et arrêté des dirigeants syndicaux. Il n’y a pas de liberté syndicale ; les syndicats et autres organisations de travailleurs ne peuvent pas fonctionner. Des rapports font état de travail forcé, de violations des droits des travailleurs, d’une augmentation du travail précaire et d’un effondrement des salaires. Un outil mis au point par le Business & Human Rights Resource Centre assure le suivi des abus dans l’industrie de la confection au Myanmar. À la fin du mois de juin de cette année, 556 cas de violations présumées des droits de l’homme et du travail dans 266 usines liées à des enseignes internationales avaient été recensés.

“Nous avons exhorté les multinationales à se retirer du Myanmar, car leur présence sur place contribue aux graves violations des droits de l’homme et des droits du travail dans le pays. Les enseignes prétendent respecter les principes directeurs de l’OCDE et la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, ce qui est impossible sous une dictature militaire. Les zones industrielles sont soumises à la loi martiale et la liberté syndicale y est proscrite. La Commission d’enquête de l’OIT a confirmé les graves violations de la liberté syndicale et la présence de travail forcé au Myanmar et pourtant les entreprises poursuivent leurs activités et ignorent les lignes directrices internationales et les conventions de l’OIT,”

a déclaré la Présidente de l’IWFM, Khaing Zar Aung.

IndustriALL fait campagne pour que les enseignes se désengagent du pays en toute sécurité. En 2022, les discussions entre IndustriALL et plusieurs enseignes de confection opérant au Myanmar se sont conclues par l’adoption d’un cadre de principes pour un désengagement commercial responsable d’une marque, décrivant une sortie responsable du pays. Primark, New Look, Inditex, H&M, Lidl et Fast Retailing ont suivi cet accord.

“Il existe des preuves significatives de violations systémiques des droits des travailleurs et les enseignes qui restent au Myanmar ne peuvent pas prétendre ignorer ces abus. Les plus grandes enseignes de stature mondiale ont déjà quitté le pays, les marques qui restent donnent la priorité aux profits plutôt qu’aux droits de l’homme et des travailleurs. Nous envisageons de déposer davantage de plaintes concernant d’autres enseignes qui décideraient de rester,”

a indiqué Atle Høie.

Les femmes d’IndustriALL s’attaquent aux préjugés liés à l’IA et à la VHBG

Face à l’influence croissante de l’IA, le Comité des femmes a souligné la nécessité d’une approche transformatrice de l’intégration de l’IA sur le lieu de travail. Muriel Garnier, du Laboratoire de l’Égalité français, a mis en évidence les préjugés sexistes de l’IA et les risques de reproduction des stéréotypes dans les systèmes pilotés par ses algorithmes. Mme Garnier a déclaré que

“88 % des développeurs d’IA sont des hommes et lorsque les algorithmes sont conçus par des hommes, ils perpétuent souvent les stéréotypes et les préjugés sexistes.”

Elle a souligné l’importance de remédier au manque de représentation des femmes dans le secteur des technologies, puisque seulement 15 % des femmes en France travaillent dans les secteurs des technologies numériques.

Olle Brynja, du syndicat Unionen (Suède), s’est fait l’écho de ces préoccupations, soulignant le potentiel de l’IA à renforcer ou à démonter les mécanismes la discrimination sur le lieu de travail.

“Si les décisions de l’IA sont basées sur des données préjudiciables, la technologie risque de renforcer la discrimination au lieu de la briser”,

a déclaré Brynja.

Garnier et Brynja ont toutes deux souligné l’importance de la notion de responsabilité, appelant à des évaluations et des audits plus stricts des systèmes d’IA afin de s’assurer qu’ils ne perpétuent pas les inégalités. Cette approche s’aligne sur l’engagement d’IndustriALL à développer une politique d’IA qui promeut l’égalité des sexes comme principe fondamental dans sa conception et son déploiement.

Jane Pillinger a parlé de la boîte à outils d’IndustriALL pour prévenir la VHBG, en particulier dans la chaîne d’approvisionnement des batteries. Mme Pillinger a présenté la Convention 190 comme un cadre transformateur permettant d’intégrer la prévention de la VHBG dans la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, une étape essentielle pour promouvoir des lieux de travail sûrs et équitables.

“La violence et le harcèlement basés sur le genre ne sont pas seulement des problèmes sur le lieu de travail ; ce sont des violations des droits humains qui doivent être traitées dans l’ensemble des chaînes d’approvisionnement mondiales”,

a déclaré Pillinger.

Elle a présenté un processus en six étapes pour aider les entreprises à adopter des pratiques commerciales responsables, de la définition des politiques à l’atténuation et au suivi des résultats. Cette approche structurée permet aux syndicats de demander des comptes aux entreprises et de s’assurer que la prévention de la VHBG est intégrée à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement.

Jane Pillinger a également souligné le rôle des syndicats dans la promotion et la négociation d’évaluations des risques tenant compte de la dimension de genre, suggérant que “les syndicats peuvent aider à identifier les risques et fournir des preuves lorsque les entreprises manquent à leur devoir de protection des travailleuses et travailleurs”.

Cela a donné matière à réflexion en ce qui concerne les campagnes permanentes d’IndustriALL contre la VHBG, la misogynie et le sexisme, qui comprendront des initiatives de sensibilisation telles que les 16 Jours d’Activisme à venir et la campagne #NoExcuse.

Le deuxième jour a mis en lumière la nouvelle initiative de mentorat d’IndustriALL, soutenue par LO Norvège, visant à renforcer les capacités de 27 jeunes femmes en Tanzanie, au Malawi et au Ghana, en Afrique subsaharienne, ainsi qu’au Pérou et en Colombie, en Amérique latine. Les progrès du projet ont été soulignés par des témoignages tant de mentors que de bénéficiaires des mentorats dans les deux régions, mettant en évidence l’impact transformateur du programme sur le développement du leadership des femmes.

Mildred Addo, une bénéficiaire du programme issue du PUWU au Ghana, a expliqué comment le mentorat a renforcé sa confiance en elle.

“Le mentorat a permis à des jeunes femmes comme moi d’accéder au leadership, en nous donnant la confiance nécessaire pour exercer une influence au niveau national et international. Il y a six mois, je n’aurais jamais osé”,

a-t-elle déclaré.

Son expérience met en évidence le potentiel du programme de mentorat à créer un cycle de croissance, où les bénéficiaires du programme acquièrent des compétences qu’elles peuvent ensuite transmettre à d’autres.

Joyce Maku Appiah, du même syndicat qui encadre les jeunes leaders, a fait part de l’importance du mentorat dans le développement de l’indépendance et de la confiance en soi.

“Le mentorat ne consiste pas seulement à guider ; il s’agit de pousser les jeunes leaders à se débrouiller seules, à innover et à diriger avec confiance”,

a-t-elle déclaré.

Les Coprésidentes Hashmeya Muhsen Alsaadawe et Ilvana Smajlović ont souligné la nécessité d’une action collective pour mener le changement. Le Comité a examiné les campagnes en cours d’IndustriALL contre la VHBG et le sexisme, y compris des mises à jour sur le Centre des femmes de l’industrie de la confection de l’UGTT et le programme d’éducation IMAGINE du KTCU en Corée pour interpeller les hommes dans le cadre d’initiatives d’équité entre les sexes.

Les discussions ont également porté sur le Congrès d’IndustriALL, en mettant l’accent sur l’intégration de la dimension de genre dans les statuts et les plans d’action. Cette session a exploré les amendements proposés pour incorporer une perspective de genre plus forte. Enfin, le Comité a défini des priorités pour 2025, notamment des efforts visant à intégrer la dimension de genre dans la santé et la sécurité au travail et pour garantir des négociations salariales équitables.

“Nous nous engageons à créer des lieux de travail véritablement équitables et inclusifs”,

a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

“De l’établissement de politiques d’IA qui préviennent activement les préjugés à l’intégration de la diligence raisonnable en matière de droits humains dans la lutte contre la violence basée sur le genre, nos débats ont tracé une feuille de route puissante pour des progrès concrets en matière d’équité entre les sexes. Ce programme de mentorat inspirant est la preuve de la façon dont nous pouvons emmener les jeunes femmes vers l’avant, en leur donnant les moyens de diriger et de mener le changement. En unissant le plaidoyer politique, le mentorat et une diligence raisonnable solide, nous ouvrons la voie à un avenir où les femmes peuvent s’épanouir dans tous les secteurs.”

Les syndicats appellent à des investissements publics et des politiques fiscales pour soutenir la reprise du secteur sidérurgique

La situation à laquelle sont confrontés les travailleurs de la sidérurgie et de l’industrie en général est la conséquence de décennies de politiques nationales mal conçues qui ont soutenu des capacités excédentaires dans la sidérurgie et favorisé une concurrence favorisée par les exportations au détriment de la demande nationale, des salaires des travailleurs et des conditions de travail. Les syndicats appellent à la fin de ces pratiques néfastes et à la création d’emplois industriels de qualité offrant des salaires équitables, des conditions de travail décentes et la sécurité d’emploi pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses.

Alors que la demande mondiale en matière d’acier s’est effondrée, la capacité excédentaire a atteint un nouveau record au plan mondial. Une intervention publique est nécessaire pour relancer les projets d’infrastructure et préserver l’emploi. Les mesures d’austérité, sous prétexte de responsabilité fiscale, conduiront à des coupes sombres dans les dépenses publiques, ce qui aura un impact sur la production industrielle et l’emploi. De telles mesures affectent de manière disproportionnée des personnes déjà vulnérables : les travailleuses et travailleurs qui fabriquent l’acier et construisent et entretiennent les infrastructures qui sont le moteur de nos économies.

Les syndicats appellent à une politique budgétaire expansionniste immédiate et exhortent les gouvernements à augmenter les faibles niveaux actuels d’investissement public afin de stimuler la demande d’acier. Les investissements publics sont vitaux pour des domaines clés tels que le développement des infrastructures, l’innovation technologique et la recherche et développement dans le secteur de l’acier. Les gouvernements doivent mettre en place les mesures nécessaires pour garantir une demande d’acier vert de bonne qualité, fabriqué par des travailleuses et travailleurs bénéficiant de conditions de travail décentes, notamment par le biais de systèmes de marchés publics.

Veronica Nilsson, Secrétaire générale du TUAC, a déclaré :

“Il faut que l’OCDE s’éloigne des réformes économiques qui réduisent les investissements publics et démantèlent les institutions du marché du travail. Si nous voulons un avenir pour l’industrie sidérurgique, nous devons accélérer les investissements dans les infrastructures, défendre les emplois de qualité et renforcer le pouvoir d’achat des ménages actifs pour qu’ils consomment réellement les produits que nous fabriquons.”

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a ajouté :

“Les sidérurgistes qui font tourner cette industrie ne doivent pas être les seuls à payer le prix des mesures d’austérité. Nous revendiquons des politiques qui favorisent la croissance à long terme, l’innovation et l’investissement dans un avenir durable pour la production d’acier. Les entreprises multinationales ne doivent pas se concentrer uniquement sur le versement de dividendes aux actionnaires ; elles ont la responsabilité de contribuer à l’effort commun. Le soutien public doit s’accompagner de conditions sociales solides, garantissant que les investissements dans la transition verte profitent aux travailleuses et travailleurs, avec de bonnes conditions de travail et de salaire, et pas seulement à quelques-uns faisant des profits.”

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’Industriall Europe, a conclu :

“Le secteur européen de l’acier est en crise, avec des réductions de production, des mises sous cocon d’usines et des fermetures de sites liées à une faiblesse record de la demande et à un niveau record des importations. Les sidérurgistes européens réclament des conditions de concurrence équitables et la fin d’une course à la production à moindre coût qui ne fait que monter les travailleurs les uns contre les autres. Nous voulons de l’acier vert fabriqué par des travailleuses et des travailleurs jouissant de bonnes conditions de travail, en Europe et ailleurs, et nous demandons aux gouvernements de procéder à des investissements dans l’acier vert en les assortissant de conditions écologiques et sociales strictes.”

16 jours d’activisme contre la violence sexiste

 L’année dernière, le comité d’experts des femmes du secteur TGSL a recommandé une campagne sectorielle spécifique – veuillez consulter le dépliant ci-joint pour votre utilisation pendant les 16 jours.
 
Envoyez-nous des photos de vos actions et lorsque vous publiez sur les réseaux sociaux, veuillez nous taguer ainsi que les deux hashtags #NoExcuse et ajouter #GarmentWorkersNeedSafeFactories