Des ouvriers de Nissan manifestent à Paris contre la politique antisyndicale de l’entreprise

Le 28 juin, environ 40 syndicalistes se sont rassemblés pour protester contre la politique antisyndicale conduite par la direction de Nissan dans sa plus importante usine américaine, localisée à Canton, dans le Mississippi. L’affilié d’IndustriALL, United Auto Workers Union – UAW, a organisé une action pour répondre à l’appel de solidarité lancé par les militants syndicaux et communautaires de Canton pour soutenir leur action visant à établir un syndicat à l’usine Nissan.

Les deux constructeurs automobiles, qui font partie de l’Alliance Renault-Nissan, sont dirigés par le même PDG, Carlos Ghosn. Bien que cela ne fût pas prévu au programme, les militants syndicaux espéraient que celui-ci se présenterait à la réunion du Comité de Groupe Renault et ils s’étaient préparés à lui expliquer les préoccupations des ouvriers.

Le jour précédent l’action syndicale à Paris, M. Ghosn est intervenu dans la soirée du 27 juin à la réunion prévue le 28 juin avec le Comité. Lors de cette réunion, des représentants des ouvriers de Renault ont exprimé leur solidarité avec les ouvriers de Nissan à Canton en soulevant le problème des mauvais traitements subis par ces derniers au sein de leur usine, et exprimé leur appui à la demande de l’UAW de fixer une réunion avec la direction des ressources humaines. Cependant le PDG de l’Alliance Renault-Nissan a refusé de discuter de la question, déclarant rapidement que la réunion ne concernait pas Nissan et ajoutant que le groupe japonais agissait toujours dans le strict respect de la législation nationale.

Pendant le rassemblement à Paris, les membres de l’UAW ont donné plusieurs exemples de pression morale exercée sur les ouvriers comme la diffusion sur le lieu de travail de vidéos menaçant les travailleurs de fermer l’usine au cas où ils décideraient d’établir un syndicat, ou comme l’interdiction faite aux ouvriers de venir au travail vêtus de t-shirts pro-syndicalistes, bien que la direction ait affirmé ultérieurement que le port de l’uniforme n’est pas obligatoire au sein de l’entreprise.

Les travailleurs sont entre autres préoccupés par les longues heures de travail imposées, les problèmes de santé et de sécurité, et les pratiques d’emploi injustes. Actuellement, l’usine Nissan-Mississippi emploie seulement la moitié de ses 5 000 employés directement, des agences tierces fournissant l’autre moitié des ouvriers, dont les conditions d’emploi sont pires et la vulnérabilité aux manipulations exercées par la direction est extrême.

L’UAW conduit une campagne de syndicalisation à l’usine et demande la neutralité de l’entreprise dans le processus. Malheureusement, la direction de l’entreprise recourt, en violation de la liberté syndicale, à des tactiques antisyndicales extrêmement agressives et bloque toutes les tentatives de syndicalisation.

Les infractions commises antérieurement par l’entreprise comme des déclarations et actions coercitives ont été enregistrées par le National Labor Relations Board (NRLB, Bureau national des relations de travail des Etats-Unis) qui a déposé une plainte à l’encontre du constructeur automobile japonais.

La campagne de syndicalisation des ouvriers de l’industrie automobile de Canton, dans le Mississippi, conduite par l’UAW a trouvé un large soutien de solidarité auprès du mouvement syndical international, y compris en Amérique latine et en Europe.

L’action menée à Paris a été largement couverte par les médias nationaux, notamment les chaînes vidéo et radio d’information.

En solidarité avec les ouvriers de Nissan, le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré : « Nous continuerons à soutenir les droits légitimes de nos affiliés à se syndicaliser, que ce soit aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde. Un préjudice à l’un d’entre eux est un préjudice à tous. C’est notre mission de solidarité mondiale. Nous continuerons aussi longtemps qu’il le faudra, nous ne renoncerons pas et finalement nous gagnerons ».

Le rapport d’IndustriALL Global Union sur la durabilité sectorielle

Le Secrétariat d’IndustriALL a réalisé une analyse complète de chacun des secteurs qu’il représente. Le « rapport d’IndustriALL Global Union sur la durabilité sectorielle» a été distribué à tous les membres du Comité exécutif d’IndustriALL en tant que document d’orientation et adopté tel quel à sa dernière réunion.

« L’année 2015 nous a donné l’Accord de Paris sur les changements climatiques, et le Programme pour le développement durable à l’horizon 2030. En adoptant ces deux initiatives importantes, et d’innombrables autres initiatives plus modestes, le monde a indiqué son intention de changer en mettant en place une transition vers une façon durable de faire les choses. Néanmoins, si la transition est certaine, il appartient au mouvement syndical de garantir une transition juste » a déclaré Brian Kohler, directeur d’IndustriALL pour la santé, la sécurité et la durabilité.

Le concept de transition juste veut que les travailleurs, leurs familles, leurs communautés et leurs syndicats demeurent ensemble si l’emploi est touché par suite des mesures prises pour protéger les biens environnementaux communs. La question est foncièrement de savoir qui paie pour la transition vers la durabilité et qui en bénéficie. IndustriALL veut un avenir optimiste, c’est-à-dire un avenir qui soit attrayant pour les travailleurs actuels et futurs. Un avenir pessimiste n’est pas "juste" par définition ».

Une transition juste repose sur trois grands piliers, à savoir des politiques industrielles durables, des protections sociales solides et des politiques d’adaptation en matière d’emploi novatrices. La transition la plus juste possible sera toujours celle permettant de défendre les travailleurs et les travailleuses actuels dans les emplois qu’ils occupent, en revendiquant une transformation industrielle qui crée, développe ou maintien des emplois durables. Certains secteurs expérimenteront bientôt des changements radicaux et, si nous ne sommes pas disposés à lutter pour une transition juste pour ces travailleurs et ces travailleuses, il est quasi certain qu’ils feront face à une transition injuste.

Les questions de durabilité et du changement climatique ne sont pas une nouveauté pour IndustriALL. Ses prédécesseurs et affiliés ont ouvert la voie. IndustriALL a la responsabilité de poursuivre cette tradition. Aucun emploi ne peut subsister sur une planète morte, et aucun avenir n’est possible pour ceux qui s’efforcent d’être les derniers défenseurs de l’indéfendable. La durabilité, dans toutes ses dimensions, n’est plus une préférence. Elle est indispensable.

Cliquez ici pour lire le rapport complet

Turquie: IndustriALL pleure et condamne le massacre perpétré à l’aéroport d’Istanbul

En l’espace d’une année, 294 personnes ont été tuées dans 17 attentats à la bombe en Turquie. C’est plus que suffisant !
 
« IndustriALL Global Union condamne le massacre barbare commis à Istanbul », a déclaré Jyrki Raina, Secrétaire général.  

« Nous pleurons toutes les personnes qui ont perdu la vie et présentons également nos condoléances à nos affiliés et au peuple turc.  
 
« Ces actes doivent cesser. La communauté internationale doit redoubler d’efforts pour parvenir à instaurer une paix véritable dans le monde, notamment au Moyen-Orient, où des millions de personnes ont perdu la vie et sont aux prises quotidiennement avec ces tragédies. Le terrorisme est désormais un phénomène mondial et doit être vaincu.
 
« IndustriALL Global Union a réaffirmé sa mission fondamentale de défense de la démocratie, de la paix, de l’égalité, des droits de l’Homme, de l’unité et de la solidarité. Nous nous joignons aux syndicats turcs lorsqu’ils déclarent:

« Nous sommes tristes, indignés, endeuillés, insurgés, mais nous ne céderons pas à la peur, nous ne baisserons pas les bras, nous n’oublierons pas ». 

Ici Rio de Janeiro : A luta continua!

Les préparatifs pour le deuxième congrès d’IndustriALL Global Union tournent à plein régime. Nos 600 affiliés viennent de recevoir une série de documents pour se préparer à cet important événement.

Le Congrès est l’organe de décision le plus élevé d’IndustriALL. Il approuve un plan d’action, des résolutions et des changements statutaires, de même qu’il élit une nouvelle direction et un nouveau Comité exécutif de l’organisation.

Nous avons choisi de tenir le deuxième congrès d’IndustriALL au Brésil, qui possède un des plus puissants mouvements syndicaux d’Amérique latine. Cette force s’est bâtie au cours de luttes, après des années de dictature militaire.

Au cours de la dernière décennie, les syndicats brésiliens sont parvenus à obtenir des augmentations de salaire considérables par le biais de l’unité d’action entre différentes centrales syndicales. Les politiques progressistes du Président Lula da Silva et de la Présidente Dilma Rousseff ont permis de sortir 40 millions de personnes de la pauvreté.

Actuellement, le pays se trouve en plein tourment politique et économique. En mai, le Comité exécutif d’IndustriALL a adopté une résolution qui exprime sa solidarité avec le peuple brésilien en rejetant fermement le coup d’État dans le pays. Le nouveau gouvernement a déjà commencé à démanteler les acquis en matière de politiques sociales des dernières années.

C’est pourquoi nous serons aussi présents au Brésil pour montrer notre soutien à la démocratie ainsi qu’aux travailleurs et travailleuses du Brésil et leurs syndicats.

Lorsque la grande famille qu’est IndustriALL se réunira à Rio de Janeiro pour y célébrer ses quatre premières années d’actions et de victoires, elle va également débattre de ses stratégies futures et de la lutte mondiale sans répit en vue d’une vie meilleure pour les travailleurs et leurs familles.

Par notre unification, nous avons voulu donner le coup d’envoi d’une nouvelle ère de solidarité mondiale pour nous assurer que chaque travailleur et travailleuse ait le droit d’adhérer librement à un syndicat et de recevoir la protection d’une convention collective, avec un salaire vital, un temps de travail raisonnable et un lieu de travail sûr et sain.

Au sein d’une société mondialisée gangrenée par toujours davantage d’inégalité, de cupidité, de pauvreté, de chômage et d’injustice sociale, nous savions que nous devions plus que jamais nous renforcer et travailler ensemble par-delà les frontières nationales.

Sachant que seulement 7% de la population active mondiale est syndiquée au sein d’organisations libres et indépendantes, notre priorité absolue a été d’organiser syndicalement et de faire croître les effectifs pour renforcer notre légitimité en tant que porte-parole du monde ouvrier. Les projets de renforcement syndical d’IndustriALL ont aidé nos affiliés à organiser syndicalement des centaines de milliers de travailleurs et travailleuses et à créer une culture de la syndicalisation.

Nous voulions qu’IndustriALL soit une organisation qui syndique et fait campagne. Chaque semaine, nous avons mené des actions contre des entreprises et des gouvernements qui prétendent priver les travailleurs de leurs droits fondamentaux. Nous avons construit des réseaux syndicaux, combattu le travail précaire et lancé le travail sur la Transition juste après l’accord de Paris sur le changement climatique.

A Rio de Janeiro, la grande famille qu’est IndustriALL Global Union va s’engager à continuer de militer pour des sociétés reposant sur la démocratie ainsi que la justice économique et sociale dans l’esprit du slogan de notre Congrès La lutte continue – A Luta Continua!

Jyrki Raina

Secrétaire général

Les femmes d'Asie-Pacifique réitèrent leur demande pour une représentation à 40%

Toute modification des statuts devra être approuvée à la majorité des deux tiers au Congrès d’IndustriALL qui se tiendra à Rio de Janeiro en octobre.

La réunion de Bangkok, que présidait Akiko Gono (Japon), avec Wati Anwar (Indonésie) comme co-Présidente, a discuté de différentes options pour l'amendement des statuts, comme par exemple un quota obligatoire ou un objectif de 40 pour cent de représentation.

La Secrétaire générale adjointe et Directrice des affaires féminines d’IndustriALL, Monika Kemperle, a déclaré aux participantes que des stratégies concrètes et réalistes devaient être mises en place pour obtenir ces 40 pour cent de représentation. Elle a aussi recommandé que les femmes d'Asie-Pacifique s'intéressent à l'équité et à la visibilité des femmes dans les structures politiques d’IndustriALL ainsi que dans ses statuts. 

Elle a indiqué au Comité que certaines régions sont favorables à un quota obligatoire tandis que d'autres préfèrent un objectif de 40 pour cent.

Akiko Gono a répété que la région Asie-Pacifique a été la première à adopter une résolution réclamant une représentation de 40 pour cent pour les femmes à sa Conférence de 2014.

Les participantes se sont également penchées sur des rapports d'activités et sur les campagnes en cours en Asie du Sud et du Sud-est, ainsi que sur des rapports par pays d'Indonésie, du Japon et des Philippines. Ces rapports ont montré que les femmes ont besoin d'une meilleure information à propos de l'égalité hommes-femmes, des prestations sociales et de la protection des droits des femmes, comme par exemple une meilleure protection de la maternité, l'élimination de la violence au travail et la sécurité et la santé au travail. Les femmes doivent être plus nombreuses, non seulement dans le Comité, mais aussi dans les instances décisionnelles des syndicats.

Soulignant la nécessité d'une participation accrue des femmes au prochain Congrès de Rio, en octobre, Monika Kemperle et Akiko Gono ont rappelé aux membres du Comité des femmes de l'Asie-Pacifique que la participation ne se limite pas à être présentes au Congrès, mais qu'il s'agit aussi de faire la promotion des questions féminines et aussi d'une formule qui donne davantage de postes à responsabilité dans toutes les industries. Cela ne peut se faire que par une poursuite des actions de renforcement des capacités et de la confiance auprès de la base.

Pour terminer, Monika Kemperle a appelé le Comité des femmes de l'Asie-Pacifique à ne pas céder sur sa revendication d'une représentation de 40 pour cent de femmes dans les statuts d’IndustriALL.

Fouettés et emprisonnés : les travailleurs en Iran confrontés à la répression

Des ouvriers de la mine d’or de Tikaab, ville située dans le nord-ouest du pays, ont été fouettés pour avoir protesté contre le licenciement de 350 d’entre eux. Chacun a reçu entre 30 et 99 coups de fouet. Leur employeur avait porté plainte contre eux pour cette action de protestation et la sentence a été exécutée par les services de sécurité.

Neuf autres travailleurs de la mine de minerai de fer de Bafgh ont été condamnés au fouet pour avoir pris part à des actions de protestation en 2014.

La condamnation au fouet fait partie d’une montée de la répression à l’égard des militants syndicaux. En raison de cette répression des syndicats indépendants, IndustriALL ne compte pas d’affiliés dans le pays, mais y soutient l’émergence de syndicats libres.

En novembre de l’année dernière, Jafar Azimzadeh, un soudeur et dirigeant du Syndicat libre des travailleurs iraniens, a été emprisonné pour six ans en raison de ses activités syndicales, après avoir organisé une pétition signée par 40.000 travailleurs. Il a été reconnu coupable de “mise en danger de la sécurité nationale”.

M. Azimzadeh a été élu en tant que représentant des travailleurs à l’occasion de la 105e Conférence internationale du Travail (CIT) à Genève en juin 2016, mais il n’a pas pu s’y rendre en raison de sa détention et bien que les représentants de syndicats sous la coupe de l’État ont été en mesure d’y prendre part.

Il a entamé une grève de la faim le 29 avril pour protester contre la répression des travailleurs iraniens. Il y a de fortes inquiétudes quant à sa santé.

Un certain nombre d’autres militants, dont Reza Shahab, le dirigeant du syndicat des conducteurs de bus de Téhéran VAHED, sont en prison et d’autres ont été convoqués devant la Cour révolutionnaire, qui sert à traiter les cas de sédition.

À l’issue des négociations sur son programme nucléaire, l’Iran a signé le Plan global d’action conjoint, aussi appelé accord sur le nucléaire. La conséquence en a été la levée des sanctions et l’afflux de capital étranger en Iran. Ces processus a causé une instabilité et, récemment, le fabricant historique d’électroménager Arj est tombé en faillite, entraînant la perte de nombreux emplois.

Après une visite récente du pays par des représentants du Fonds monétaire international, les syndicats sont d’avis que l’accentuation de la répression est destinée à créer une main d’œuvre plus docile pour les investisseurs étrangers.

Dans une déclaration publiée par le Syndicat des métallurgistes et mécaniciens d’Iran pendant la CIT il est dit :

“Les coups de fouet du Fonds monétaire international s’abattent sur le dos des travailleurs et sur notre industrie manufacturière.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina a déclaré :

"IndustriALL Global Union condamne dans les termes les plus forts le châtiment par flagellation de dix-sept ouvriers de la mine d’or d’Agh Dareh Gold en mai 2016. Ces mineurs ne faisaient qu’exercer leur droit légitime de protester contre des licenciements et revendiquaient une sécurité d’emploi.

"Neuf autres ouvriers de la compagnie minière Bafgh dans la province de Yazd ont également été condamnés ces jours derniers à un emprisonnement et à des dizaines de coups de fouets. De telles sentences inhumaines contre des travailleurs mécontents constituent une violation flagrante de droits de l’homme et de conventions concernant le droit du travail internationalement reconnus.

"Il est dès lors impératif que le Gouvernement d’Iran intervienne instamment pour mettre fin à ces violations flagrantes de droits de l’homme et de droit syndicaux, dont la flagellation d’ouvriers de la mine d’or d’Agh Dareh Gold Mine et de la compagnie minière Bafgh.

“Nous saisissons cette opportunité pour exhorter à nouveau le Gouvernement d’Iran à ratifier la Convention 87 de l’OIT sur la Liberté syndicale et la protection du droit syndical ainsi que la Convention 98 de l’OIT sur le Droit d’organisation et de négociation collective.”

Les syndicats mondiaux demandent à IKEA de respecter les droits des travailleurs et de stopper les activités antisyndicales aux Etats-Unis

Les employés d’un magasin IKEA situé à Stoughton, dans le Massachusetts, cherchent à former un syndicat et à se faire représenter par le syndicat des travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (UFCW). Mais, bien qu’une grande majorité des travailleurs aient clairement exprimé leur volonté d’être représentés par ce syndicat, l’entreprise ne le reconnaît pas et exige que les travailleurs votent.

La direction générale du groupe IKEA avait garanti que les travailleurs « pourraient bénéficier d’un environnement sain pour participer au processus électoral et pourraient exercer librement leur droit de vote lors de l’élection du syndicat ».

Néanmoins, en prévision du vote, IKEA Etats-Unis utilise, en faisant fi de son code de conduite et de ses valeurs, des méthodes antisyndicales pour empêcher la syndicalisation, en désinformant les travailleurs, en les effarouchement en leur faisant croire que la représentation syndicale peut leur faire perdre leurs avantages et traitements en place, et en interdisant au syndicat de leur parler, par exemple.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré :

La liberté syndicale des travailleurs doit être respectée. Une entreprise qui se veut le chef de file sur les questions sociales doit corriger cela immédiatement et laisser les travailleurs choisir le syndicat qui les représentera.

La déclaration souligne que, malgré le bon fonctionnement des relations du travail d’IKEA avec les syndicats dans de nombreux pays dans le monde, le groupe est très loin de répondre aux normes élevées qu’il a instauré en la matière.

La déclaration demande à la direction générale du groupe IKEA de prendre des mesures immédiates pour veiller à ce que :

Hyundai doit faire cesser les pratiques antisyndicales chez ses fournisseurs

Han, qui avait été élu responsable syndical d’une section de l’affilié d’IndustriALL Global Union, le syndicat coréen des métallurgistes (KMWU), a été victime, durant cinq ans, d’intimidations, de répressions et d’attaques en représailles de ses activités syndicales au sein de l’usine YooSung Enterprise, un fournisseur clé de Hyundai Motor Company.

En janvier de cette année, des preuves ont révélé l’existence d’une conspiration entre Hyundai, YooSung Enterprise et Changjo, un cabinet de conseil en relations du travail, visant à briser le syndicat établi au sein de l’usine. Commencée en 2011, leur campagne antisyndicale, à la fois vaste et musclée, se poursuit encore aujourd’hui.

Quelques jours avant son suicide, Han avait été une nouvelle fois appelé à être interrogé par YooSung préalablement à la commission de discipline. Cette convocation représentait seulement un des nombreux moyens auxquels l’entreprise exerçait des représailles contre lui en raison de ses activités syndicales légitimes au sein de l’usine. Entre juillet et décembre 2013, YooSung a engagé, avec la police, 11 poursuites contre Han. Lorsqu’il s’est donné la mort, deux faux chefs d’accusation étaient toujours en instance.

La campagne antisyndicale permanente de YooSung comprend l’établissement d’un syndicat favorable à la direction, des mesures disciplinaires dégradantes et discriminatoires contre les travailleurs syndiqués, l’engagement de poursuites au pénal et au civil contre les militants syndicaux, ainsi que la surveillance et l’observation systématiques des membres du syndicat.

Le traitement des travailleurs membres du syndicat KMWU au sein de l’usine YooSung s’est tellement dégradé qu’une enquête de santé mentale a montré que 43 pour cent d’entre eux courent le risque de faire une grave dépression, alors que ce nombre tombe à 7 pour cent pour l’ensemble de la population de la Corée du Sud.

Selon les documents recueillis au cours d’une autre enquête menée par le Ministre coréen du travail en janvier 2016, la société Hyundai Motor recevait des rapports journaliers de l’activité antisyndicale au sein de YooSung et tenait des réunions régulières avec le PDG de YooSung et la direction de Changjo consulting.

Les syndicats coréens ont déclaré que Hyundai mène des campagnes antisyndicales chez ses principaux fournisseurs, dont Valeo ESK, Bosch Electrical Drives, Continental, Mando et Sang-shin Break.

Les leaders syndicaux et les représentants de KMWU célèbreront la mémoire de Han au cours d’une cérémonie organisée, le vendredi 24 juin, devant le siège social de Hyundai-Kia Motors, à Séoul, pour commémorer le 100e jour de sa mort.  

Demand #JusticeForHan et signez la pétition LabourStart exhortant Hyundai de faire stopper les pratiques antisyndicales de ses fournisseurs. 

Les syndicats philippins forment des organisateurs syndicaux

Vingt-huit organisateurs syndicaux – comprenant 11 femmes -, membres de 13 fédérations syndicales affiliées à IndustriALL Global Union, ont participé, du 20 au 22 juin 2016, sur les hautes terres de la ville de Tagaytay, à un atelier intensif sur l’organisation des travailleurs. La formation visait à accroître les capacités et les connaissances des organisateurs syndicaux locaux afin de leur permettre de mener avec succès des campagnes de syndicalisation dans des environnements difficiles.

La majorité des participants à l’atelier organisent les travailleurs dans des endroits et des usines cibles où ils sont confrontés à des préoccupations et des problèmes en matière de capacités d’organisation sur le lieu de travail. Une analyse des besoins en formation réalisée avant l’atelier pour identifier les lacunes existantes en matière de capacités et de connaissances met aux trois premières places de ces besoins, l’acquisition des compétences en matière de stratégies et de tactiques d’organisation des travailleurs, le processus d’organisation des travailleurs, et le rappel des notions élémentaires du syndicalisme.

Des syndicalistes et des enseignants expérimentés, invités pour renforcer les capacités des participants, ont expliqué  les concepts et les principes relatifs à l’organisation syndicale dans le contexte de l’économie mondialisée. Les différentes étapes du processus d’organisation des travailleurs ont été également présentées, et les stratégies et les tactiques basées sur des expériences concrètes ont été à l’origine de discussions et d’échanges animés entre les participants. Le coordinateur d’IndustriALL Philippines a rappelé que l’organisation des travailleurs est la priorité absolue de toutes les actions d’IndustriALL, et une composante clé du projet de renforcement des syndicats aux Philippines.

Les participants ont d’ailleurs acquiescé à l’importance de se perfectionner. Une jeune femme syndicaliste a indiqué:

 « Nous avons beaucoup appris des expériences des autres organisateurs syndicaux. Nous avons appris des choses que nous ignorions. Cet apprentissage nous sera très utile dans notre travail quotidien d’organisation sur le terrain ».

Pour conclure, les organisateurs syndicaux ont présenté leurs plans en matière d’organisation syndicale ainsi que l’état d’avancement de leurs activités, sur la base des objectifs existants et nouveaux.

De la sous-traitance à un emploi permanent : se battre pour les travailleurs de la chaîne d’approvisionnement

L’affilié d’IndustriALL FSP2KI représente 21.000 travailleurs et travailleuses dans l’industrie de la pâte et du papier en Indonésie, y compris ceux et celles des chaînes d’approvisionnement de Kaliguma et Tanjungenim Lestari.

L’entreprise sous-traitante West Point Security Agency fournit à Tanjungenim Lestari des agents de sécurité sur le port de Lampung. En mai 2016, l’entreprise a mis dehors huit travailleurs pour s’être affiliés au syndicat du Port de Tarahan Lampung (SPTT TL), lui-même affilié au FSP2KI. Quatre autres travailleurs ont été mutés vers d’autres postes.

Selon la direction de West Point, les agents de sécurité n’avaient pas le droit de rejoindre le SPTT TL, un syndicat qui représente aussi bien les ouvriers du port que des agents de sécurité.

Le FSP2KI a convoqué un rassemblement le 15 juin pour appeler à la réintégration des agents de sécurité licenciés. À la suite d’une réunion avec la direction de Kaliguma, qui gère le port de Lampung (pour Tanjungenim Lestari), les douze travailleurs ont été réintégrés et sont maintenant employés en direct par PT. Kaliguma.

Muhammad Ikhsan Prajarani, Secrétaire général du FSP2KI, a déclaré que l’objectif de son organisation était de syndiquer tous les travailleurs et travailleuses des chaînes d’approvisionnement de l’industrie de la pâte et du papier en Indonésie :

“Nous allons continuer à lutter pour les droits humains et des travailleurs, améliorer leurs conditions de travail et leur dignité d’êtres humains. Nos campagnes de syndicalisation n’auront pas de fin.”

Le 8 juin, le FSP2KI a conclu des négociations chez Pindo Deli Pulp and Paper Mills à Karawang. Pindo Deli emploie 1.000 travailleurs en sous-traitance et 5.000 salariés permanents. La nouvelle convention collective garantit le même salaire pour les travailleurs en sous-traitance qui travaillent aux côtés des permanents. À la suite de ces négociations, les travailleurs sous-traitants rejoignent maintenant le syndicat et le nouveau salaire de 3,8 millions de roupies (300 dollars) s’applique à tous les travailleurs.

6.000 autres travailleurs en sous-traitance, employés par six entreprises différentes sont occupés chez Pindo Deli. Ils ont des contrats de deux ans, bien que certains d’entre eux travaillent depuis plus longtemps sur les sites de Pindo Deli. Le FSP2KI les a aidés à former leur propre syndicat et 150 d’entre eux sont en train de rejoindre un syndicat.