IndustriALL réclame la prise immédiate de mesures dans une mine meurtrière du Botswana

La mine, qui appartient à BCL, emploie environ 5 000 personnes, dont plus de 3 200 sont membres du syndicat des travailleurs des mines du Botswana (BMWU), affilié à IndustriALL Global Union.

Frustré par l’inaction du gouvernement, BMWU a organisé une manifestation le 6 juillet 2016, à Gaborone, capitale du Botswana, au cours de laquelle Jack Tlhagale, dirigeant syndical, a remis une pétition au vice-président botswanais Mokgweetsi Masisi.

« La mine est un problème depuis longtemps: la sécurité et la productivité ont diminué. Malgré les demandes des mineurs adressées à la direction de la compagnie et au gouvernement, aucune amélioration ne s’est produite. La compagnie menace également de licencier la plupart de nos membres et de fermer certains puits », a déclaré Tlhagale.

La pétition de BMWU est claire et prie le gouvernement de:

Le vice-président Masisi a assuré aux mineurs de BCL que le gouvernement enquêterait sur les problèmes relatifs à la détérioration de la sécurité: « Nous ne voulons pas que les employés se sentent en danger au travail. Nous ne voulons pas d’une situation où les mineurs vont au travail en se demandant s’ils vont pouvoir rentrer chez eux et revoir leur famille », a déclaré Masisi.

« C’est tout simplement insuffisant. Ce ne sont pas seulement les moyens d’existence des travailleurs qui sont en jeu mais aussi leurs vies. Si le gouvernement continue de différer la prise des mesures devant remédier à la détérioration des conditions de sécurité dans la mine, il est quasi certain que davantage de morts seront à déplorer »,

a indiqué le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina.

Dans une lettre adressée au vice-président botswanais, IndustriALL demande au gouvernement du Botswana d’impliquer BMWU dans l’application des mesures afin de garantir la mise en place immédiate des normes de santé et de sécurité au travail appropriées pour éviter tout nouvel accident évitable dans la mine. Il est tout aussi important de permettre au syndicat de participer à l’élaboration d’un plan permettant à la mine de devenir économiquement viable et garantissant la sécurité d’emploi des travailleurs.

Accord d’IndustriALL et d’ENI sur l’amélioration des droits et l’établissement d’un conseil d’entreprise mondial

Le premier accord-cadre mondial entre IndustriALL et le groupe pétrolier et gazier italien Eni a été signé en 2002, et renouvelé en 2004 et en 2009. Au cours de ces 15 dernières années, la compagnie a élargi ses activités d’exploration et d’extraction du pétrole et du gaz, de raffinage et électriques à de nouveaux pays réputés difficiles comme l’Algérie, l’Angola, le Congo, l’Egypte, le Ghana, le Kazakhstan, la Libye, le Mozambique, le Nigeria et le Venezuela.

Dans le même temps, la portée et le contenu des accords mondiaux signés par IndustriALL se sont élargis. Aussi, les parties ont convenu qu’il était temps d’actualiser l’accord-cadre.

L’accord-cadre mondial renouvelé, signé le 6 juillet 2016 à Barcelone par Eni, IndustriALL et ses affiliés italiens FILCTEM-CISL, FEMCA-CISL et UILTEC-UIL, renferme entre autres les avancées suivantes s’appliquant à toutes les filiales d’Eni à travers le monde:

L’accord reconfirme les droits fondés sur les conventions fondamentales de l’OIT, ainsi que sur l’égalité des sexes et des chances, la protection de la maternité, et la non-discrimination.

« Nous sommes satisfaits de constater qu’Eni prend ces mesures, avec IndustriALL et ses affiliés dans le monde entier, pour instaurer une responsabilité sociale d’entreprise sérieuse en partenariat avec la direction et les syndicats », a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina.

Justice enfin rendue pour les victimes de l’incendie de Tazreen

Selon le Tazreen Claims Administration Trust (Fonds en fiducie d’administration des demandes d’indemnisation des victimes de Tazreen), 2,17 millions de US$ ont été versés aux familles des 112 personnes tuées et travailleurs disparus, ainsi qu’aux 174 personnes blessées dans l’incendie.

Des travailleurs ont été brûlés vifs, pris au piège derrière des issues de secours verrouillées, tandis que d’autres ont sauté par les fenêtres au péril de leur vie dans l’une des pires catastrophes qui aient frappé l’industrie du textile dans l’histoire récente. Beaucoup souffrent de séquelles, les handicapant dans leurs vies, causées par l’incendie de l’usine qui employait 1 600 travailleurs.

IndustriALL Global Union, qui représente les travailleurs du textile dans le monde, a dirigé les efforts pour obtenir l’indemnisation des victimes. Le Tazreen Claims Administration Trust est né d’un accord initial, signé en novembre 2014, par le détaillant de mode C&A, la Fondation C&A, IndustriALL et la Campagne pour des vêtements propres.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré :

« Finalement, nous avons obtenu une certaine forme de justice pour les victimes de cette effroyable tragédie. IndustriALL et le syndicat mondial UNI poursuivent, au moyen de l’Accord, leurs efforts pour rendre l’industrie de la confection sûre et durable au Bangladesh et ailleurs dans le monde, et veiller à ce que des catastrophes comme celle de Tazreen ne se reproduisent pas ».

Le processus d’indemnisation est basé sur le mécanisme utilisé pour compenser les milliers de victimes de l’effondrement de l’usine Rana Plaza au Bangladesh, en 2013, dont le calcul des pertes des revenus des travailleurs blessés, décédés et disparus a été fondé sur la Convention n° 121 de l’OIT.

Le Tazreen Claims Administration Trust a estimé qu’un total de 2,5 millions de US$ serait nécessaire pour payer les indemnités et permettre aux travailleurs blessés de bénéficier de soins médicaux à long terme. Cette somme a été versée par la Fondation C&A (à hauteur de 1 000 000 de US$), la Fondation Fung (à hauteur de 1 000 000 de US$), BRAC USA (à hauteur de 250 000 US$), KiK (à hauteur de 150 000 US$) et El Corte Inglés (à hauteur de 100 000 US$).

La Fondation C&A a également couvert les coûts administratifs et les frais de fonctionnement du Fonds séparément, afin que 100 pour cent de l’argent provenant des donateurs soient versés directement aux victimes et à leurs familles.

Colombie: USO remporte la victoire avec la nationalisation du gisement pétrolier à Campo Rubiales

« Notre unité, notre organisation et notre solidarité nous ont aidés à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés en matière d’exercice de la souveraineté, de construction de la démocratie et de renforcement du secteur public », a déclaré publiquement l’affilié d’IndustriALL Global Union, USO.

Ecopetrol a pris le contrôle des opérations à Campo Rubiales après l’expiration, le 30 juin, du contrat conclu avec la compagnie canadienne Pacific Exploration & Production. Ecopetrol prévoit d’augmenter la production pétrolière colombienne en forant plus de 1 000 nouveaux puits à Campo Rubiales.

Le 1er juillet, à midi, les travailleurs employés au gisement de pétrole ont laissé éclater leur joie, et USO a mobilisé ses sections dans tout le pays. Pendant ce temps, tous les écriteaux et emblèmes de la compagnie multinationale canadienne Pacific E&P ont été remplacés par ceux d’Ecopetrol.

USO a célébré la nouvelle et indiqué que les travailleurs continueront de lutter pour la défense du secteur public ainsi que le développement et la non-privatisation d’Ecopetrol », que nous avons tous créée et développée pour renforcer la souveraineté du pays et la dignité de la classe ouvrière, ainsi que pour promouvoir la justice pour tous. »

« IndustriALL et d’autres organisations nationales et internationales ont établi, en 2011, l’Alliance pour la restitution de Campo Rubiales à Ecopetrol. Aujourd’hui, nous nous joignons aux travailleurs de Campo Rubiales pour célébrer cette victoire et confirmons notre soutien à cette compagnie pour défendre le pays et la souveraineté nationale », a déclaré le coordinateur de projets d’IndustriALL en Colombie, Carlos Bustos.

Sri Lanka: des milliers de syndicalistes protestent contre les pratiques de discrimination antisyndicale dans les zones franches

L’alliance des syndicats indépendants, composée de six syndicats, a organisé une manifestation, le 22 juin, devant l’entrée principale de la zone franche de Katunayake, la plus importante zone franche au Sri Lanka.

Depuis l’élection présidentielle, en janvier 2015, et l’élection du nouveau gouvernement, en août 2015, un grand nombre d’employeurs du pays réclament une réforme du droit du travail pour se débarrasser des syndicats dans ces zones.

Les employeurs des zones franches ont intensifié leurs pressions sur les syndicats et leurs membres, notamment en refusant de reconnaître les syndicats, en menant une campagne publique de diffamation contre eux, en se livrant à des pratiques discriminatoires dans les ateliers, en recourant à l’intimidation, en menaçant les travailleurs d’agression physique, en les suspendant ou en les renvoyant. Un grand nombre de ces employeurs doivent encore augmenter les salaires de 2 000 roupies sri-lankaises (13 dollars américains), en application de l’annonce faite par le gouvernement au début de l’année. Selon les syndicats, une telle position anti-travailleurs de la part des employeurs est à l’origine également de l’augmentation de la fréquence des harcèlements sexuels sur le lieu de travail.

Le Sri Lanka est l’un des rares pays où les syndicats sont présents dans les zones franches. Les syndicats sri-lankais ont joué un rôle de premier plan pour garantir le maintien des droits syndicaux dans ces zones.

Les syndicats demandent au gouvernement d’intervenir et d’empêcher les initiatives des employeurs visant à supprimer les syndicats dans les zones franches. Outre l’atteinte portée aux droits des travailleurs, les syndicats déclarent que les mesures des employeurs entraveront profondément les efforts consentis par le gouvernement pour bénéficier à nouveau du système de préférences généralisées (statut SPG+) de l’UE, que celle-ci lui a retiré au motif de violations des droits de l’homme.

Les manifestants demandaient aux employeurs de mettre un terme aux menaces d’agression physique, de reconnaître les syndicats en tant qu’agents négociateurs, de réintégrer tous les employés licenciés pour leurs activités syndicales, d’arrêter d’employer des travailleurs précaires en vue de porter atteinte aux activités syndicales, et de punir les fonctionnaires auteurs de harcèlement sexuel.

L’alliance des syndicats indépendants est constituée des affiliés d’IndustriALL Global Union, à savoir le Syndicat des employés des zones franches et des services généraux du Sri Lanka (FTZ&GSEU), Ceylon Mercantile and General Workers Union (CMU), la Fédération unie du Syndicat cingalais des employés de banque, le Syndicat des employés des postes et des télécommunications et Women Solidarity union.

La condamnation d'un leader syndical coréen soulève un tollé

Han Sang-gyun, Président de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), a été condamné sur des chefs d'accusation en rapport avec une série de manifestations antigouvernementales, dont le gigantesque Rassemblement populaire de novembre dernier.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré à ce propos :

Nous nous insurgeons contre cette scandaleuse condamnation de Han Sang-gyun qui est persécuté pour avoir exercé des activités syndicales légitimes. Le gouvernement, le monde des affaires et le pouvoir judiciaire sont complices de cette persécution à grande échelle dirigée contre les syndicats en Corée du Sud. Cette condamnation est un affront à la démocratie et un coup porté au droit de se réunir pacifiquement dans ce pays. Nous nous associons au mouvement syndical international pour réclamer la libération immédiate de Han Sang-gyun et l'abandon de toutes les charges retenues contre lui.

Han Sang-gyun est devenu la cible du gouvernement après que des dizaines de milliers de personnes soient descendues dans les rues de Séoul, le 14 novembre, pour protester contre la réforme du code du travail proposée par le Président Park Geun-hye. 20.000 policiers avaient été mobilisés et ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau contre les manifestants.

Après cette manifestation, Han Sang-gyun s'était réfugié dans le temple Jogyesa, avant de finalement se livrer à la police, le 10 décembre.

Pour avoir été un des organisateurs de la manifestation, il a été tenu responsable des actes de violence perpétrés par une minorité de manifestants.

Une soixantaine d'affiliés d'IndustriALL ont écrit au Président Park avant le prononcé du jugement pour protester contre les chefs d'inculpation retenus contre lui. En mars de cette année, le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a emmené une délégation internationale de dirigeants syndicaux en Corée pour exprimer leur soutien à la lutte syndicale dans le pays.

Réagissant à cette condamnation, le KCTU a déclaré que "l'histoire la retiendra comme un outrage à la démocratie, aux droits de l'homme et au monde du travail."

S'exprimant après sa condamnation, Han Sang-gyun a déclaré : "Je ne suis pas coupable tant que je ne le suis pas à vos yeux, camarades. La répression menée par le gouvernement en place est beaucoup plus dure et délibérée. Nous devons nous préparer à riposter."

Le KTCU prévoit de faire appel de ce jugement.

Eni

Fondée en 1953, ENI est une entreprise privatisée dans laquelle le gouvernement italien a conservé 30% des parts. Elle mène des activités d’exploration de pétrole et de gaz, de production, de raffinage, de commercialisation, d’ingénierie et de services sur les champs pétrolifères, de production d’électricité et est active au sein des industries pétrochimiques.

Par cet accord, ENI confirme son engagement à respecter et mettre en œuvre les droits humains et sociaux fondamentaux tels que magnifiés dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies et les Conventions du Travail fondamentales adoptées par l’OIT, dont le droit des travailleurs à se syndiquer et à négocier collectivement, l’interdiction du travail forcé et celle du travail des enfants ainsi que la non-discrimination. De plus, l’accord prévoit des « efforts constants pour améliorer » et pour « garantir les normes les plus élevées » de santé et de sécurité pour tous les travailleurs au sein de ses activités partout dans le monde.

L’accord porte l’engagement des parties à « travailler à l’élaboration de pratiques de travail susceptibles de promouvoir le progrès économique et social. » Ceci comprend des programmes de développement des qualifications des travailleurs, la gestion de la diversité et la promotion d’objectifs dans le cadre d’un développement soutenable. S’agissant des sous-traitants, l’entreprise entend « formuler des garanties adéquates contre les violations » dans le cadre de l’accord. Toute violation des termes repris dans l’accord fera l’objet d’un rapport et les mesures de remédiation entreprises par la direction seront communiquées au syndicat. L’accord fera l’objet d’une communication à l ensemble des sites d’activité en ayant recours à la fois aux réseaux de l’entreprise et ceux des syndicats.

Le vote sur le Brexit montre qu’un autre monde est nécessaire

La campagne pour sortir de l’UE a été déplorable en raison de sa malhonnêteté, de son racisme occasionnel et de l’arrogance des nationalistes, atteignant son niveau le plus bas avec le meurtre de la députée travailliste britannique Jo Cox, une internationaliste et humaniste.
 
La crise économique a conduit à l’austérité et aggravé les conditions des travailleurs en Grande-Bretagne, comme dans beaucoup d’autres pays. Les immigrants et l’UE ont été le bouc émissaire facile de l’échec de la mondialisation des entreprises à offrir la dignité et la sécurité.
 
Le monde entier connaît la même dynamique, accompagnée du populisme bon marché et dangereux détournant l’attention des gens des véritables causes de la crise.
 
Ce vote est un tremblement de terre politique et une rupture importante du consensus sur la mondialisation. Il est la conséquence politique de la crise financière de 2008, et doit servir d’avertissement au monde et aux dirigeants politiques européens. Les gens se sont sentis aliénés et privés de leur autonomie par un système qui accorde la première place aux intérêts des entreprises.
 
A l’évidence, quitter l’UE ne résoudra pas les problèmes du Royaume-Uni, et l’extrême droite profitera de la rupture. La spéculation financière a conduit à l’effondrement de la livre britannique, et l’économie réelle est menacée de détérioration. En outre, les agressions racistes au Royaume-Uni enregistrent déjà une montée inquiétante.
 
Les conséquences du vote sont loin d’être claires, mais un vide politique a été créé qui doit être occupé par des voix progressistes. Cette brèche offre des opportunités pour demander une alternative.
 
Les syndicats sont à la tête de l’appel au changement pour montrer qu’une autre Europe, et qu’un autre monde, sont possibles. Les syndicats au Royaume-Uni et à travers l’Europe se sont engagés à défendre les droits des travailleurs indépendamment du résultat.
 
« Nous collaborerons avec nos syndicats britanniques du secteur industriel pour garantir l’avenir de l’industrie britannique, de ses millions de travailleurs et de leurs familles, afin que les travailleurs ne paient pas le prix du Brexit », a indiqué Luc Triangle, Secrétaire général d’IndustriAll pour l’Europe.

Le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), Luca Visentini, a déclaré:

« L’Union européenne doit bénéficier à nouveau aux travailleurs pour qu’une société plus juste et plus égalitaire voit le jour, pour investir dans des emplois et des services publics de qualité, et offrir de réelles opportunités aux jeunes.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a souligné:
 
« Les personnes ont besoin d’espérer une vie meilleure, faute de quoi nous risquons l’exclusion et la radicalisation comme cela s’est produit dans les banlieues de Paris, de Bruxelles et d’ailleurs. Les gens ont besoin de sentir que la société se préoccupe de leur bien-être et est équitable. C’est pourquoi il est si important de réduire les inégalités en s’assurant que les individus et les entreprises qui sont riches paient leur juste part des impôts, et pour que tout un chacun gagne un salaire décent.
 
« Un monde et une Europe plus sociaux et humains sont également sensés d’un point de vue économique. L’Europe a le potentiel de créer de bons emplois et d’apporter le bien-être à ses citoyens, y compris les immigrants, mais elle doit subir une transformation. Autrement, elle demeurera le bouc émissaire aux yeux des populistes, et se désintégrera peu à peu ».

Les affiliés d’IndustriALL apportent leur soutien au leader syndical coréen

Sang-gyun, qui doit être jugé le 4 juillet, encourt une peine de huit ans de prison à requête du procureur. Sang-gyun a été mis en examen pour des chefs d’inculpation liés à sa participation dans plusieurs rassemblements contre les réformes antitravailleurs du droit du travail. Celles-ci comprennent l’obstruction au devoir public, la destruction des biens publics, les entraves à la circulation et à l’accueil d’un rassemblement dans un lieu défendu.
 
Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré : « Nous déplorons que tous les faits retenus contre Han soient relatifs aux activités syndicales légitimes et pacifiques qu’il a menées en sa qualité de dirigeant syndical. Malheureusement, Han n’est pas le seul syndicaliste faisant l’objet de poursuites pénales pour ses activités syndicales. Nous savons que près de 600 dirigeants et membres syndicaux ont été arrêtés pour leur participation dans de récentes manifestations, parmi lesquels 20 ont été placés en détention, sept sont toujours emprisonnés, alors que 13 autres ont été reconnus coupables et condamnés à une sentence de huit mois à un an et demi de prison ».
 
En décembre 2015, le Comité exécutif d’IndustriALL, réuni à Phnom Penh, a adopté une résolution appelant à soutenir les syndicats en Corée du Sud qui luttent contre les mesures de répression gouvernementales. Des affiliés d’IndustriALL ont également essayé d’obtenir des entretiens à l’ambassade de Corée du Sud dans leur pays, tandis que d’autres ont cherché à entrer en contact avec l’ambassade de leur pays d’origine en Corée du Sud. IndustriALL et d’autres Fédérations syndicales internationales agissent de concert pour protester contre la peine requise à l’encontre de Sang-gyun.
 
Au mois de mars de cette année, IndustriALL a pris la tête d’une délégation syndicale internationale en Corée du Sud par solidarité avec les syndicats sud-coréens dont les dirigeants ont été emprisonnés, les bureaux envahis et les droits à la libre réunion, à la libre association et à la libre expression réprimés.
 
Dans sa lettre au Président Park de Corée, Raina a ajouté : « Nous enjoignons votre gouvernement d’abandonner toutes les faits retenus contre Han Sang-gyun et d’autres syndicalistes pour les actions qu’ils ont menées dans le cadre de leurs activités syndicales pacifiques et légitimes. En outre, nous vous exhortons de réviser le cadre juridique national en consultation avec les syndicats et les organisations de la société civile afin d’empêcher que de telles violations des droits ne se reproduisent à l’avenir ».

IndustriALL condamne l’assassinat de la dirigeante syndicale au Guatemala

Estrada n’est pas la première victime de la persécution du mouvement syndical en 2016. Trois autres leaders syndicaux ont été tués pour la même raison. La Confédération syndicale internationale (CSI) place le Guatemala au rang des dix pires pays au monde pour les travailleurs.

Le 19 juin, Estrada Tambiento a été tuée alors qu’elle était sur le chemin du retour après avoir déposé son père, le leader syndical Jorge Estrada, à un arrêt de bus dans la ville de Guatemala.

Brenda Marleni Estrada Tambiento était la coordinatrice adjointe de la Commission de conseils juridiques de l’Union syndicale des travailleurs du Guatemala (UNSITRAGUA/HISTORICA). Elle était également membre du groupe des organisateurs syndicaux du Guatemala et de l’équipe juridique continentale de la Confédération syndicale des travailleurs et travailleuses des Amériques (CSA).

L’édition 2016 de l’indice de la CSI des droits dans le monde place le Guatemala parmi les dix pires pays au monde pour les travailleurs, en raison de l’affaiblissement des droits des travailleurs et de la répression permanente des libertés de parole et de réunion.  

L’Organisation internationale du Travail (OIT) a publié des informations concernant les violations extrêmement graves et systématiques de la liberté syndicale dans le pays. Bien que le gouvernement du Guatemala ait promis de protéger les droits des travailleurs, ces derniers continuent d’être victimes de violences physiques, d’intimidations, de kidnappings, de menaces de mort et de meurtres.

Jorge Almeida, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, a écrit au Président du Guatemala, Jimmy Morales Cabrera, demandant au gouvernement d’intervenir pour mettre un terme aux persécutions du syndicat et du mouvement social dans le pays.

IndustriALL prie les autorités de mener à bien une enquête approfondie et impartiale de l’assassinat, de rendre les résultats publics et de traduire les responsables en justice. Nous vous exhortons de prendre des mesures pour empêcher que cela ne se reproduise,

a déclaré Jorge Almeida.