Dénonciation du harcèlement sexuel des travailleuses de la confection en Inde

Ces reportages confirment ce que les travailleuses, leurs syndicats et les militantes des droits des femmes ont toujours dit à propos de l’environnement de travail hostile auquel sont confrontées les travailleuses de la confection pour gagner leur vie.

Des témoignages courageux de travailleuses de la confection, dont certaines sont occupées par des usines qui fournissent de grandes enseignes internationales, ont révélé une culture de travail sexiste et implacable fortement ancrée ainsi que son impact psychologique sur les femmes.

Les femmes ont raconté le calvaire que représente le harcèlement sexuel avec des avances physiques, des demandes de faveurs sexuelles et des remarques à caractère sexuel faites par des contre-maîtres masculins sur le lieu de travail. Les auteurs promettent un traitement préférentiel en échange de faveurs sexuelles et menacent de représailles celles qui refusent leurs avances.

Des audits menés par les enseignes ont échoué à traiter de manière adéquate ces problèmes, ce qui souligne l’inadéquation des processus d’audit des entreprises. Des témoignages de travailleuses ont révélé qu’elles recevaient des instructions et étaient obligées d’occulter les faits au moment des audits.

En 2013, la Loi sur le harcèlement des femmes sur le lieu de travail (prévention, interdiction et réparations) a été actée par le gouvernement indien avec des dispositions détaillées pour prévenir et traiter le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Cette loi, qui est applicable à la main d’œuvre tant formelle qu’informelle, impose à tous les établissements qui emploient plus de dix travailleurs la constitution d’un Comité interne de réclamation (CIR) et à ceux qui comportent moins de dix travailleurs d’avoir recours au Comité local de réclamation (CLR) au niveau du district pour recevoir les plaintes concernant le harcèlement sexuel et les traiter. Cette législation offre également des procédures clairement établies pour traiter le harcèlement sexuel sur le lieu de travail.

Les reportages ont révélé que la plupart des ateliers de fabrication de vêtements n’avaient pas de mécanisme approprié pour prévenir les cas de harcèlement sexuel et leur donner réparation  comme prescrit par la Loi de 2013 et sont en contravention avec celle-ci.

Souvent, la stigmatisation sociale et culturelle autour du harcèlement sexuel ne permet pas aux travailleuses de briser le silence sur cette problématique. Des environnements de travail hostiles et précaires dans les ateliers de confection et le laxisme des autorités gouvernementales par rapport aux plaintes formulées par les travailleurs renforcent la vulnérabilité de ces travailleuses et conduisent à davantage de victimisation.

Les syndicalistes présents dans la confection disent que les travailleuses y sont confrontées à la peur et l’intimidation et sont soumises à des traitements gravement discriminatoires lorsqu’elles adhèrent à un syndicat ou se plaignent de harcèlement sexuel. Les directions syndicales, très majoritairement constituées d’hommes représentent également un facteur d’inhibition. Dans ces circonstances, la plupart des femmes préfèrent garder le silence et ne se tournent pas vers les syndicats pour obtenir du soutien.

Très récemment, fin juin, le gouvernement indien a annoncé un ensemble de mesures de 60 milliards de roupies (900 millions de dollars) pour les secteurs du textile et du vêtement avec l’intention de générer cent millions d’emplois en trois ans, d’attirer pour 11 milliards de dollars d’investissements et de générer pour 30 milliards de dollars d’exportations. Ce paquet de mesures ne représentera rien pour la population active à moins que le gouvernement ne s’assure que les droits des travailleuses soient protégés.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

La loi doit être appliquée en Inde de sorte à s’assurer que les travailleuses se plaignant de harcèlement sexuel soient soutenues, aient accès à une procédure et obtiennent justice. Les gouvernements, les employeurs et les enseignes devraient collaborer avec les représentants des travailleurs pour prévenir le harcèlement sexuel sur le lieu de travail et créer un environnement au sein duquel les travailleuses puissent exercer librement leurs droits statutaires. IndustriALL va œuvrer avec les syndicats de la confection pour s’assurer que le harcèlement sexuel des femmes soit une problématique prioritaire des syndicats.

Le réseau syndical d’Akzo Nobel fait tomber des barrières qui freinent la syndicalisation en Colombie

Le réseau, qui sert de référence, se réunit chaque année et communique régulièrement. La dernière réunion a regroupé IndustriALL et des syndicats du Brésil, d’Argentine, du Mexique, d’Uruguay et de Colombie et a proposé une session de dialogue social avec la haute direction d’Akzo Nobel à l’usine de Mauá, São Paulo. Le réseau a souligné les problématiques de chaque pays et une priorité clé a été définie visant à assurer que les travailleurs et travailleuses de Colombie puissent librement former un syndicat et rejoindre le réseau.

Comme suite à cette revendication, le Directeur des Ressources humaines d’Akzo Nobel pour la Colombie, l’Équateur, le Chili et le Pérou, Carlos Toro, a rencontré les coordinateurs du réseau, IndustriALL Global Union et le syndicat colombien USTI ce 19 juillet à Medellin, en Colombie.

Lors de cette réunion constructive, M. Carlos Toro a déclaré à la délégation syndicale que la porte de la direction était toujours ouverte pour recevoir les plaintes des travailleurs, que ceux-ci avaient répondu positivement lors d’une récente étude sur la satisfaction au travail et qu’il existait une procédure à l’intérieur de l’usine en vertu de laquelle un représentant des travailleurs désigné par rotation pouvait s’adresser à la direction à propos des problématiques liées à l’emploi.

Le message de l’entreprise est “pourquoi des étrangers devraient-ils venir dans notre usine pour y former un syndicat alors que nos travailleurs n’en veulent pas”. Ce à quoi la réponse syndicale a été que la revendication est simplement de donner aux travailleurs de l’usine la liberté de choisir s’ils veulent ou pas former un syndicat, en conformité avec le code de conduite de l’entreprise.

Le représentant de l’affilié d’IndustriALL USTI a informé le Dr Toro que les travailleurs d’Akzo Nobel de son usine colombienne disent craindre la réaction de la direction face à la création d’un syndicat mais que celle-ci est nécessaire.

Sergio Carasso, coordinateur du réseau, a expliqué la proposition syndicale qui est de tenir une première réunion dans l’usine avec IndustriALL, l’USTI et la direction de l’usine. L’étape suivante serait de rencontrer les travailleurs et d’établir bien clairement qu’il n’y aurait pas de représailles de la direction à la formation d’un syndicat. Le Dr Toro a accepté de répondre à la proposition dans les 45 jours.

Tom Grinter, responsable d’IndustriALL pour l’industrie et la recherche a indiqué :

“Nous devons cette occasion de lancer le processus de syndicalisation des travailleurs et travailleuses d’Akzo Nobel en Colombie à la force de notre affilié brésilien et à des années de bon travail mené par le réseau régional. Nous sommes déterminés à imposer à Akzo Nobel son propre code de conduite et à créer l’espace requis pour syndiquer en dehors toutes menaces ou représailles au sein de cette usine."

IndustriALL défie les principales entreprises d’installation et d’entretien des ascenseurs et des escaliers roulants sur la sécurité

Dans une lettre à leur attention, IndustriALL a fourni à ThyssenKrupp, Otis, Schindler et Kone une liste détaillée d’objectifs à atteindre pour renforcer la sécurité en matière d’installation et d’entretien des ascenseurs et des escaliers roulants, et offert de discuter ensemble sur la manière d’atteindre ces buts.

Adoptée par les représentants des affiliés d’IndustriALL pour le secteur à la Conférence sur l’ingénierie mécanique, qui s’est tenue l’année dernière à Berne, la résolution incluant les demandes a été élaborée et est maintenant publiée. Dans cette résolution, intitulée ‘Work and Technical Security in the Lifts and Escalators Sector (travail et sécurité technique dans le secteur des ascenseurs et des escaliers roulants)’, les syndicats demandent instamment aux employeurs du secteur de collaborer avec eux pour garantir la sécurité des travailleurs, des techniciens et des clients.

Rainer Wimmer, président d’IndustriALL pour le secteur du génie mécanique et président de l’affilié autrichien PRO-GE, a déclaré:

« La sécurité tant des techniciens et des installateurs des ascenseurs et des escaliers roulants, que des utilisateurs et des clients, doit être – cela va sans dire – au premier rang des priorités. Nous devons tout faire pour éviter les accidents et les décès au sein du secteur. C’est pourquoi nous demandons instamment aux employeurs d’adopter une approche commune. Entre autres choses, nous demandons, qu’à l’avenir, seuls les entreprises et les techniciens certifiés et agréés soient autorisés à installer et à effectuer l’entretien des ascenseurs et des escaliers roulants. De même, seuls les spécialistes au bénéfice d’une formation professionnelle doivent être embauchés en qualité de techniciens. La sous-traitance des entreprises ne disposant pas de l’expertise et qui, en guise de contrepartie, emploient des travailleurs non-qualifiés sous contrat doit cesser. »

La résolution comprend huit demandes fondamentales formulées par les syndicats d’IndustriALL actifs dans le secteur:

1. L’installation et l’entretien doivent être réalisés par des entreprises agréées respectant la réglementation en vigueur dans le secteur (comme la Directive ascenseur)

2. Les travailleurs doivent posséder les qualifications et les licences requises pour effectuer les installations et l’entretien. Ils doivent être employés par des entreprises contractantes agréées, et le travail en free-lance et en sous-traitance doit être minimisé. En outre, les entreprises doivent rendre compte aux autorités du respect de ces exigences.

3. Les entreprises agréées doivent communiquer périodiquement la liste des employés aux autorités de contrôle.

4. Il est essentiel que la transparence et l’accès à l’information en matière de respect des exigences de sécurité et de niveau de service par les entreprises agréées soient garantis. Nous devons favoriser la mise en place d’outils et de systèmes permettant d’assurer l’accès de l’ensemble des parties prenantes et des clients louant les services à ces informations.

5. Etudier les moyens de limiter et de réduire au minimum le recours à la sous-traitance de travailleurs en free-lance ou d’entreprises non-agréées au sein du secteur.

6. Les entreprises agréées doivent signer une assurance responsabilité et attester que celle-ci couvre les entreprises de sous-traitance mandatées pour l’installation et l’entretien, y compris leurs travailleurs.

7. Recommander le recrutement de délégués à la sécurité régionaux et demander l’application de procédures spéciales  pour les activités dangereuses effectuées au sein du secteur.

8. Réclamer le retrait des autorisations pour les entreprises qui connaissent des défaillances graves et répétés.

La coopération entre la direction et les travailleurs dans le secteur des ascenseurs et des escaliers roulants est fondamentale pour atteindre ces objectifs. La direction a besoin de l’expertise de ses employés, tandis que ces derniers et les clients ont besoin de voir que l’engagement de la direction ne reste pas un vœu pieux.

La résolution a évolué par rapport à la réunion de 2014, en Autriche, durant laquelle IndustriALL a énoncé les demandes dans sa Déclaration de Vienne.

Matthias Hartwich, Directeur responsable du secteur à IndustriALL, a indiqué:

« Nous avons fait plus que discuter et adopter une nouvelle résolution. Nous sommes parvenus à établir une discussion approfondie entre les représentants syndicaux et les comités d’entreprise du monde entier sur l’avenir de l’ensemble du secteur des ascenseurs et des escaliers roulants. Nous savons ce que nous voulons et ce dont nous avons besoin. Nous sommes très heureux d’avoir un groupe actif ayant réussi à créer, au fil des ans, ces relations de travail. Il s’agit maintenant pour les entreprises d’accepter notre offre et d’entamer un dialogue social, pour profiter vraiment du savoir et du dévouement de leurs employés et de leurs syndicats. J’espère qu’elles saisiront cette occasion unique ».

IndustriALL condamne la tentative de coup d’État militaire en Turquie et appelle à une démocratie pleine et entière

Dans la soirée du 15 juillet, le Premier Ministre turc a annoncé une tentative de coup d’État menée par un groupe de membres des forces armées qui contrôlait différentes bases militaires ainsi que l’état-major à Ankara, certaines institutions publiques et des locaux de médias.

Des tirs ont éclaté en divers endroits et le parlement turc a été bombardé. Des informations parlent d’au moins 160 morts et de 1.500 blessés. De plus, près de 3.000 soldats ont été arrêtés.

La population est descendue dans les rues et s’est rassemblée au centre des villes, dans les aéroports et autour des bases militaires pour manifester contre le putsch. Tous les partis politiques se sont accordés pour dénoncer cette tentative et s’exprimer en faveur de la démocratie et des institutions démocratiques.

Kemal Özkan précise :
“Au cours des cinq ou six dernières années, la démocratie et l’infrastructure politique en Turquie ont été affaiblies. Les droits humains fondamentaux, comme la liberté d’opinion, d’expression, de rassemblement, d’association et de presse ont pour ainsi dire disparu. La bonne gouvernance a fait place à l’arbitraire.”

“IndustriALL Global Unions exige le retour d’une démocratie pleine et entière en Turquie, conforme aux normes et règles internationales. L’oppression et les restrictions apportées aux droits syndicaux doivent immédiatement être levées.”

“Notre fédération syndicale internationale apporte sa pleine et entière solidarité à ses affiliés turcs, à tout le mouvement syndical turc ainsi qu’au peuple turc. Notre lutte pour la démocratie continue.”

Le Comité des femmes d'Inde d'IndustriALL veut plus de leaders féminines

La réunion a mis l'accent sur le grave problème du harcèlement sexuel au travail qui sévit dans tout le pays et il a été décidé d'organiser des réunions afin de sensibiliser les travailleuses et les travailleurs à ce problème et de les familiariser avec la législation indienne, la Loi de 2013 sur le harcèlement sexuel des femmes au travail (prévention, interdiction et réparation). 

Les membres du comité ont réclamé une intensification de la campagne pour la ratification de la Convention 183 de l'OIT sur la protection de la maternité. Les participantes ont décidé d'insister sur l'ajout de mesures de protection de la maternité dans les conventions collectives, avec notamment un congé de maternité rémunéré et l'affectation à un travail plus léger pendant la grossesse. Elles ont aussi exprimé leurs préoccupations quant à la sécurité des femmes qui travaillent la nuit.

La Secrétaire générale adjointe d'IndustriALL, Monika Kemperle, qui participait à la réunion, a appelé le comité à faire en sorte que les femmes participent en plus grand nombre et soient représentées dans les activités syndicales. Elle a aussi souligné le rôle des syndicats dans la lutte contre la montée de la violence contre les femmes.

Les membres du comité des femmes d'Inde se sont jointes à l'appel pour un quota de 40 pour cent de femmes aux postes de direction d'IndustriALL. Afin d'obtenir une participation accrue des femmes au Congrès de Rio, en octobre 2016, elles ont décidé d'exhorter leurs fédérations et organisations syndicales à envoyer davantage de déléguées.

Les participantes ont exprimé leurs vives préoccupations à propos du manque de mesures de santé et de sécurité pour les travailleuses précaires dans les industries dangereuses. Les femmes qui manipulent des matières plastiques dans le processus de démantèlement de navires dans la zone de Bhavnagar de l'État du Gujarat travaillent sans équipement de protection et souffrent par conséquent de graves problèmes de santé. Celles employées à la fabrication des faisceaux de câbles et dans les industries chimiques souffrent d'affections de la peau et des yeux et de problèmes de santé reproductive. 

S'agissant des progrès généralisés de l'automation dans les usines et de la transformation des activités de production vers le passage à l'Industrie 4.0, Monika Kemperle a expliqué que les changements technologiques accélérés que connaissent les lieux de travail amèneront le remplacement de l'humain par des robots. Cette transformation impactera en particulier les travailleuses qui sont déjà confrontées à quantité de défis dans le monde du travail.

La réunion était présidée par Devika Singh, Présidente du comité des femmes d'Inde.

1.700 emplois menacés dans une mine d’or sud-africaine

Le NUM s’est déclaré choqué et attristé par l’annonce reçue de Sibanye Gold du licenciement de pratiquement l’ensemble de la main d’œuvre du site de Westonaria, à l’ouest de Johannesburg.

Dans une déclaration datée du 11 juillet, le NUM appelait le Ministre des Ressources naturelles et minières, Mosebenzi Zwane, à intervenir instamment pour arrêter ces licenciements qui laisseraient des centaines de mineurs et les communautés avoisinantes dans une situation de dèche.

"Le NUM va se battre bec et ongles pour s’assurer que ses membres ne soient pas licenciés à la légère. Le NUM reste déterminé, engagé, dévoué et inébranlable dans la défense des mineurs. Le NUM ne veut pas voir des mineurs se faire licencier. Nous allons interpeler Sibanye Gold,” déclare le syndicat.

Sibanye a l’intention de fermer le puits déficitaire de Cooke 4 pour se concentrer sur les activités de Cooke 1, 2 et 3. Cependant, le NUM affirme que la mine a été déficitaire en raison d’une mauvaise planification au niveau de la main d’œuvre et de la production.

Le NUM indique que l’entreprise a négligé de fournir l’équipement adapté aux besoins pour atteindre les objectifs de production et que les opérations de pompage de l’eau coûtent 18 millions de rands (1,25 million de dollars) par mois.

Cooke 4 pourrait pourtant dégager des bénéfices, soutient le NUM, si Sibanye recrute de nouveaux salariés qualifiés, modifie l’infrastructure et résout les problèmes géologiques posés par le sous-sol.

“Alors que tant d’emplois et de moyens de subsistance sont en jeu, nous exhortons Sibanye Gold à explorer toutes les voies possibles pour sauver la mine de Cooke 4 et à consacrer les personnes et les ressources qui conviennent pour y parvenir,” a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan.

Le NUM tiendra sa première réunion avec Sibanye Gold sous les auspices de la Commission de Conciliation, de Médiation et d’Arbitrage ce 20 juillet. Le NUM rencontrera tous les salariés concernés.

Turquie : des mineurs en colère protestent contre la privatisation des charbonnages

Le rassemblement était organisé par l’affilié d’IndustriALL Global Union, le Syndicat général des Mineurs (Genel Maden-Is), qui représente les mineurs des charbonnages de la région.

Il faisait suite à une autre grande manifestation de mineurs au centre de Zonguldak, fin juin, pour protester contre une étude du gouvernement qui recommande la privatisation et la possible fermeture de l’Agence turque du Charbon (TTK). La TTK est en charge des mines de charbon qui sont la propriété de l’État en Turquie. Genel Maden-Is a réitéré sa revendication visant à augmenter la production et à employer 5.500 travailleurs et travailleuses supplémentaires pour optimiser les activités minières dans la région.

Zonguldak est la capitale turque du charbon, dont l’exploitation est la principale activité économique de la région du Nord-Ouest de la Mer Noire depuis 1849.

Après cette annonce, l’Agence turque pour la Privatisation, gérée par le cabinet du Premier Ministre, a envoyé un courrier à la direction de la TTK pour lui demander d’envoyer un inventaire de ses avoirs, avec une attention particulière pour Karadon, dans la région de Zonguldak. Genel Maden-Is est d’avis qu’il s’agit d’un signal clair de la privatisation et de la fermeture imminente de la mine de Karadon.

“Jamais nous ne le permettrons,” a déclaré Ahmet Demirci, Président général de Genel Maden-Is. “Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour arrêter cette folie, la TTK ne peut pas être privatisée.”

En période de difficultés économiques, Zonguldak et ses mines de charbon ont subi la pression des gouvernements successifs. Au début des années 90, des milliers de mineurs et de membres de leurs communautés ont organisé une marche historique qui a forcé le gouvernement à retirer ses plans de privatisation et de fermeture des puits.

La région de Zonguldak compte trois gisements principaux : Alacaagzi, Kozlu et Karadon. Elle est connue pour ses graves accidents miniers et on estime qu’environ 5.000 mineurs ont perdu la vie à Zonguldak. Les pertes humaines les plus récentes ont eu lieu en janvier 2013, avec huit victimes, et en mai 2010 avec 30 décès à déplorer. Le plus grand nombre de décès par suite d’un accident unique dans cette région a eu lieu en 1992 à Kozlu lorsque 263 mineurs ont été tués.

“En Turquie, Zonguldak est synonyme de charbonnage et vice-versa,” confie Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL. “Vouloir fermer les mines transformerait Zonguldak en ville-fantôme. Notre fédération syndicale internationale va continuer à offrir sa solidarité à Genel Maden-Is et ses membres dans le cadre de cette lutte.”

Des mineurs ont récemment mené une grève de la faim à propos du non-paiement de salaires au sein de deux mines de Zonguldak qui fonctionnaient sans autorisation.

L’entreprise finlandaise PKC ne tient pas compte du jugement rendu au Mexique et néglige de réintégrer des travailleurs

Alejandro Ojeda Ramírez, Ana María Méndez, Javier Díaz et María de la Paz Calvillo ont été licenciés en 2012, en compagnie de 118 autres collègues, en raison de leur soutien pour Los Mineros et en guise de représailles contre leur tentative de syndiquer la main d’œuvre de cette entreprise qui produit des faisceaux de câbles pour l’industrie automobile. Après une longue bataille juridique au niveau des cours fédérales de Mexico et une campagne internationale, les autorités se sont prononcées en faveur des travailleurs et ont prévu leur réintégration pour le 8 juillet.

L’avocat des travailleurs et le responsable de l’arbitrage en charge de l’assistance juridique spéciale auprès de la Commission de Conciliation et d’Arbitrage du Travail se sont rendus à la date prévue au siège de l’entreprise mais l’avocat de celle-ci ne s’y est pas présenté. Au lieu de cela, une personne qui a préféré ne pas décliner son identité a empêché les travailleurs de pénétrer dans l’usine.

Il s’agit d’un acte illégal de PCK, qui a refusé de reconnaître la décision de justice. L’entreprise est bien connue pour ses pratiques antisyndicales et ses violations des droits des travailleurs, qui pâtissent de conditions précaires, gagnent le salaire minimum et prestent de longs temps de travail. L’entreprise fonctionne également avec un syndicat dit de protection.

Los Mineros et leur président Napoleón Gómez Urrutia soutiennent les travailleurs et ont revendiqué, pour la seconde fois, le droit de les représenter lors des négociations collectives chez PKC Arneses y Accesorios. Leur victoire est attendue lors du scrutin qui doit se tenir dans quelques semaines pour décider quel sera le syndicat qui représentera les travailleurs.

Los Mineros sont confiants après la victoire récente de leur section 265 au sein de la mine Hercules. Ce résultat a conforté la position du syndicat en tant que dépositaire de la négociation collective au nom des travailleurs de la compagnie Minera del Norte.

Entretemps, les trois syndicats finlandais affiliés à IndustriALL ont envoyé un courrier au PDG du Groupe PCK, Matti Hyytiäinen, lui demandant de réintégrer les quatre travailleurs et travailleuses de Los Mineros qui ont été licenciés de manière illégale. Ils ont en outre exigé que lors du scrutin à venir PKC s’abstienne d’intervenir pour ou contre les syndicats impliqués et ont demandé que M. Hyytiäinen déclare publiquement que PKC respecte le droit à la liberté syndicale.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Fernando Lopes, a déclaré à propos du comportement antisyndical et illégal de PKC :

“Je voudrais savoir ce qu’il adviendrait d’une entreprise qui, en Finlande, ne se conformerait pas à une décision de justice. Pourquoi dès lors une entreprise finlandaise peut-elle ignorer la loi au Mexique ? IndustriALL Global Union soutiendra la lutte de Los Mineros jusqu’à la victoire.”

La campagne contre Rio Tinto continue face à la poursuite des abus

Néanmoins, Rio Tinto n’ayant pas amélioré de manière satisfaisante sa façon de traiter ses travailleurs, la compagnie demeure la cible d’une campagne mondiale.

La société minière Iron Ore Company of Canada, qui appartient à Rio Tinto, n’a pas tenu sa promesse de réintégrer les membres du Syndicat uni des travailleurs de la sidérurgie (USW) licenciés, qu’elle a remplacés par des contractants. Elle n’a pas non plus respecté son engagement de collaborer à la résolution des 3 500 plaintes en souffrance déposées par le syndicat.

A Madagascar, Rio Tinto a récemment fait part de son intention de licencier les employés de plusieurs de ses départements – qu’elle ne considère plus comme faisant partie de son activité principale – et de les remplacer par des contractants. La compagnie a refusé de discuter du niveau de rémunération préoccupant de ces derniers qui en fait des travailleurs pauvres au bord du désespoir.

Pendant longtemps, Rio Tinto n’a pas voulu répondre aux préoccupations du Syndicat des mineurs de Namibie (MUN) en matière de violations des droits de liberté syndicale des contractants. La compagnie a récemment informé MUN qu’elle envisageait de sous-traiter tous les postes d’entretien, ce qui aggravera le problème de l’emploi excessif de travailleurs précaires.

En Afrique du Sud, le Syndicat national des mineurs (NUM) a signalé que les contractants sont brimés, accusés de transgressions mineures et finalement congédiés lorsqu’ils adhèrent à un syndicat et soulèvent le problème de leurs conditions de travail, y compris lorsqu’ils réclament des équipements de protection individuelle appropriés. Rio Tinto a répondu aux préoccupations soulevées par NUM à ce sujet que cela ne relève pas de la responsabilité de la compagnie.

La situation s’est récemment détériorée à Rio Tinto en Afrique du Sud quand les contrats de six mois à un an des employés ont été renouvelés pour un mois seulement, accroissant le problème de la précarité de l’emploi.

IndustriALL et les syndicats membres du réseau syndical mondial de Rio Tinto continuent de faire campagne pour améliorer les pratiques de travail au sein de la compagnie. MUN, NUM, USW, les syndicats présents à Madagascar et d’autres syndicats actifs à Rio Tinto luttent tous contre l’augmentation du travail précaire.

IndustriALL sensibilise les clients et les actionnaires de Rio Tinto sur ces problèmes, y compris au moyen d’un document d’information adressé aux investisseurs. IndustriALL a demandé à la compagnie de communiquer aux investisseurs davantage d’informations sur sa main-d’œuvre, qu’elle dit considérer comme son meilleur atout mais sur laquelle elle ne divulgue néanmoins pratiquement rien. IndustriALL continue également de s’opposer à l’adhésion de Rio Tinto au Pacte mondial des Nations Unies du fait que la compagnie ne respecte pas ses principes.

« Nous espérons que Rio Tinto s’engagera sincèrement à poursuivre prochainement un dialogue social constructif aux niveaux mondial, régional et local », a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan. « Néanmoins, nous sommes prêts à faire campagne contre la compagnie aussi longtemps qu’elle mettra pour y parvenir ». 

Ukraine : 50.000 manifestants contre la hausse des tarifs des services publics

Sous le slogan "Des salaires européens pour des prix européens", les manifestants ont cerné le parlement et plusieurs bâtiments officiels pour protester contre la double augmentation des tarifs de l'eau chaude, du gaz et du chauffage et la hausse attendue des prix de l'électricité et de l'eau froide. Ils ont aussi réclamé la fin de l'austérité et une augmentation des salaires et des pensions.

Les affiliés d'IndustriALL Global Union d'Ukraine qui ont participé au défilé craignent que la majorité des Ukrainiens ne puissent faire face à cette majoration des tarifs. Les syndicats veulent que le salaire minimum soit porté à 3.000 hryvnia (120 $) minimum, pour l'aligner sur le salaire de subsistance. Ils estiment que le salaire moyen devrait se situer aux alentours de 8.000 à 10.000 hryvnia (320-400 $). Ils insistent aussi sur le fait que les employeurs doivent augmenter les salaires des travailleurs d'au moins 15 pour cent à dater du 1er août en les finançant par les économies qu'ils ont réalisées sur la réduction de moitié de leurs cotisations patronales.

Les revendications syndicales signées par plus de deux millions de personnes dans toute l'Ukraine ont été remises au parlement et au gouvernement ukrainiens.

Pour Mikhaïlo Volynets, le Président du Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine, affilié à IndustriALL, cette manifestation est l'action de protestation la plus puissante que Kiev ait connue depuis deux ans. Les gens en ont assez de la pauvreté. Il a aussi souligné que les femmes étaient nombreuses dans la foule et il a rappelé aux manifestants qu'il y a quelques années, ce sont des femmes qui ont bloqué l'activité minière en refusant que leurs hommes descendent dans les puits, cela pour réclamer le versement des arriérés de salaires par l'administration.

"Une fois encore, les mineurs ne sont plus payés. Ils ont été contraints d'entamer une grève de la faim, comme ceux des mines de Selidovugol qui jeûnent depuis le 4 juillet pour réclamer leurs arriérés de salaires", a ajouté Mikhaïlo Volynets.

Il a ensuite dit que cette journée d'action est un avertissement lancé au gouvernement et qu'il y en aurait d'autres, de plus grande ampleur, si les revendications des syndicats ne sont pas prises en compte.