La victoire enfin pour les travailleurs de Bata au Mexique

Suite à la pression internationale exercée par IndustriALL et son affilié suisse UNIA, une réunion a été organisée, le 30 juin, au Mexique, entre le syndicat de Sandak-Bata, SUTCS, et Tim Jude, vice-président international de Bata, pour négocier une solution équitable pour les 59 travailleurs ayant continué de revendiquer leurs droits après que Bata ait fermé son usine à Tlaxcala, au Mexique, en 2012, licenciant 450 travailleurs.

Durant la réunion, Sandak a accepté de reconnaître le droit des 59 syndicalistes restants à percevoir 55 pour cent pour les salaires perdus au cours des cinq dernières années, plus 10 pour cent pour les coûts relatifs à la résiliation de la convention collective et à la fermeture de l’usine, ainsi que 2 pour cent pour les cotisations syndicales. Fait décisif, l’accord met également un terme aux affaires pénales instruites par Sandak contre neufs membres du comité exécutif de SUTCS.

L’accord survient après qu’Epifanio Garcia Carillo, membre de SUTCS, ait conduit une délégation de Sandak en Suisse pour tenter de faire pression sur Bata pour rencontrer, sans succès, les responsables de la compagnie. Au cours de leur séjour dans le pays, la délégation a rencontré UNIA, qui représente les travailleurs de Bata en Suisse (où la compagnie a licencié 175 travailleurs cette année), et également IndustriALL, à son siège, à Genève, pour discuter en détail la manière de parvenir à un accord acceptable avec Bata.

Durant plus de cinq ans, IndustriALL et ses affiliés à travers le monde ont toujours appuyé la lutte des travailleurs de SUTCS, dénonçant leur situation devant la Commission de l’application des normes et instruisant leur affaire à travers la plainte 2 694 soumise au comité de l’OIT sur la liberté syndicale.

En particulier, la plainte adressée par IndustriALL à l’OIT dénonce le problème grave de la connivence entre la compagnie et les autorités de l’Etat de Tlaxcala, qui durant toutes ces années, ont fait pression sur les travailleurs pour qu’ils acceptent de toucher une prime de départ misérable et d’abandonner leur lutte.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré:

« Il s’agit d’une importante victoire. En plus des indemnités de licenciement légales, la compagnie a accepté de payer 55 pour cent des salaires des cinq dernières années plus d’autres compensations. IndustriALL continuera de suivre les activités de Bata dans le monde pour s’assurer qu’aucune autre violation n’est commise. SUTCS et leurs alliés mexicains et internationaux ont de nombreuses raisons de célébrer cette victoire ».

Signature d’un accord de négociation collective clé dans une zone franche sri lankaise

Les zones franches sri lankaises sont une des zones dans le monde où il est le plus difficile de mener des activités syndicales et de syndiquer les travailleurs. Mais, bien que les travailleurs fassent face à des pratiques antisyndicales et d’emploi injustes graves de la part des employeurs, l’affilié d’IndustriALL, le syndicat des employés des zones franches et des services généraux (FTZ& GSEU), est parvenu à signer une convention collective avec Trelleborg Wheel Systems, la filière sri lankaise du fabriquant multinational suédois de pneus pour les machines agricoles et industrielles.
 
L’accord, qui concerne environ 140 travailleurs de l’usine, stipule que l’employeur respectera le droit de chaque employé à se syndicaliser, et préviendra toute discrimination envers les employés en raison de leurs activités syndicales.
 
L’employeur a également accepté de créer les conditions matérielles et organisationnelles à l’activité syndicale, y compris la tenue des réunions syndicales dans l’enceinte de l’usine et l’octroi de temps libre aux responsables syndicaux pour leur permettre de participer aux activités syndicales pour autant qu’un préavis lui soit donné. Le syndicat s’est engagé à mener ses activités d’une manière à ne pas perturber le temps de travail ni à réduire l’activité de l’employeur.
 
L’accord a été signé le 13 juillet 2016 et est applicable rétrospectivement pour la période allant de 2014 à 2018. La compagnie discutera avec le syndicat de la fixation du temps de travail et la direction appliquera la décision une fois un consensus atteint. L’accord garantit toutes les prestations prévues par la loi en matière de salaires et de conditions de travail, et contient des dispositions qui vont plus loin que ces droits légaux.
 
Bien que l’accord soit valable pour quatre ans, les révisions des salaires annuels seront négociées annuellement avec le syndicat. Ce dernier participera également au processus d’évaluation des postes, regroupant les compétences, la connaissance du travail et l’attitude, à partir duquel sera décidée la structure des salaires. L’accord offre aussi aux travailleurs une gratification exceptionnelle tenant compte du coût de la vie, que peu de compagnies octroient dans les zones franches.
 
L’accord expose également dans le détail la responsabilité incombant à l’employeur d’assurer la sécurité au travail et la prévention des accidents sur le lieu de travail. Il comprend un engagement de l’employeur à former les travailleurs aux méthodes de travail sûres, et à éviter d’utiliser des substances chimiques toxiques dans le processus de production. La compagnie paiera un voyage annuel aux employés, une prestation extrêmement rare dans les zones franches.
 
Une autre disposition clé de l’accord stipule que la compagnie remboursera les dépenses médicales engagées par les employés et les membres de la famille immédiate jusqu’à 10 pour cent du traitement de base annuel et dans une limite maximum de 13 000 roupies sri lankaise (Rs) (88 US$). Les frais chirurgicaux et hospitaliers des employés seront également couverts par l’assurance pour un montant équivalent à 40 000 Rs (268 US$) par an.
 
Félicitant les travailleurs et l’employeur, Anton Marcus du FTZ & GSEU, a déclaré:
 
« L’accord est un réussite majeure étant donné le climat hostile et antisyndical auxquels font face les travailleurs sri lankais dans les zones franches. Il contribuera grandement à construire des relations sociales saines avec l’employeur et à répondre aux préoccupations des travailleurs ».
 
Apoorva Kaiwar, Secrétaire régional d’IndustriALL, a déclaré:
 
« Nous sommes extrêmement heureux que notre affilié ait négocié cet excellent accord. Certaines dispositions, telles que l’autorisation donnée au syndicat de tenir des réunions dans l’enceinte de l’usine et l’octroi d’avantages sociaux comme le paiement aux travailleurs de leur voyage en vacances sont historiques.
 

Bénéficier d’une convention collective dans une zone franche est en soi une réussite. Cela crée un environnement de travail sain pour les employés de Trelleborg ».

IndustriALL condamne la peine prononcée à l’encontre du dirigeant syndical coréen

Sung-deok, vice-président du syndicat coréen des travailleurs des services et des transports publics (KPTU), a été jugé coupable de tous les chefs d’accusation retenus contre lui dans le cadre du rassemblement populaire du 14 novembre 2015 et de la manifestation précédente du 28 août 2015.

« La peine prononcée est une autre attaque éhontée des syndicats et de la démocratie en Corée, et criminalise dans la pratique le droit à la liberté de réunion pacifique. Nous déplorons cette nouvelle tentative de briser les syndicats en Corée et demandons que la peine de Cho Sung-deok soit annulée et qu’il soit libéré », a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina.  

Le Tribunal a disculpé la police de toute action illégale en rapport avec le recours abusif à la force lors du rassemblement de novembre, au cours duquel des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues pour protester contre le gouvernement et la réforme du travail.

La manifestation a dégénéré après que la police ait recouru à 20 000 agents, 19 canons à eau, 679 autobus et 580 pulvérisateurs de gaz lacrymogène contre les marcheurs pacifiques. Un vieil agriculteur de 69 ans est resté dans un état comateux après avoir été heurté par un canon à eau de la police.

La sentence est tombée trois semaines après que Han Sang-gyun, président de la centrale syndicale KCTU, ait été condamné à cinq ans de prison pour des faits similaires. Quatre autres syndicalistes de la KCTU et du KPTU ont également été incarcérés.

Les responsables syndicaux mondiaux de la Fédération internationale des travailleurs du transport (ITF) ont assisté à l’audience à Seoul pour suivre la condamnation de Sung-deok. Steve Cotton, Secrétaire général d’ITF, a indiqué à IndustriALL:

« Nous lutterons jusqu’au bout contre cette peine et la culture de la persécution qu’elle révèle. Nous agirons à l’unisson avec les syndicats de Corée et les syndicats internationaux et, ensemble, nous nous opposerons à la répression délibérée des activités syndicales légales si dramatiquement mise en lumière par ce dernier procès ».

Le rapport sur la Corée, établi en juin 2016 par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques, stipule, à propos de Han Sang-gyun et d’autres responsables syndicaux, qu’« accuser les participants à la manifestation de certains délits, tels que l’entrave générale à la circulation, criminalise de facto le droit à la liberté de réunion pacifique ».

Les travailleurs racontent l’impact de l’externalisation au Brésil

Des entretiens détaillées ont été conduits avec les dirigeants syndicaux et 22 travailleurs occupés en sous-traitance se trouvant dans les Etats de Sao Paulo et de Bahia. Parmi les travailleurs, six sont des femmes et trois, des travailleurs migrants d’Haïti et de Bolivie.

Tous les travailleurs interviewés sont employés par de nombreuses entreprises sous-traitantes fournissant des services à sept compagnies multinationales ou nationales différentes dans les secteurs de la chimie (plastique, cosmétique, soins personnels, pharmaceutique, encre), de la confection, ainsi que de la pâte à papier et du papier.

Discrimination et absence de perspectives

Les 22 travailleurs occupés en sous-traitance ont indiqué bénéficier de conditions de travail et de salaires moindres sur leurs lieux de travail que les travailleurs directs. Leurs salaires sont deux fois moins élevés que ceux des employés directs dans une entreprise chimique. Ils bénéficient également de prestations inférieures, dans les cas où ils en ont, notamment une protection sociale plus basse.

Notre couverture santé nous coûte entre 80-90 réaux brésiliens (R$) (25-27 US$), alors que l’entreprise principal prélève 18 R$ (5 US$) et bénéficie d’une couverture nationale. Je ne peux pas utiliser ma couverture santé lorsque je suis à l’extérieur de la ville.

De nombreux travailleurs occupés en sous-traitance travaillent de plus longues heures que les employés directs. Dans un cas, ils travaillent 44 heures par semaine contre 39 pour les employés directs. Plusieurs ont des horaires de travail très irréguliers, alors que les employés directs bénéficient d’horaires fixes. Certains travaillent les samedis contrairement à leurs collègues.

Un travailleur a occupé durant 11 ans le même emploi administratif dans une usine de pâte à papier et du papier pour cinq sous-traitants différents. Il a d’abord perdu ses prestations de protection sociale et ses hausses de salaires à cause des changements d’employeurs, puis son travail après qu’il ait été externalisé à des prestataires de services à distance.

Des travailleurs ont déclaré ne pas avoir accès à la cantine du travail ou, lorsqu’ils sont autorisés à y manger, disposer de tickets-restaurants d’une valeur moindre que celle des tickets-restaurants des travailleurs directs. En outre, ils ne peuvent ni prendre les services de transport de l’entreprise ni utiliser les salles de sport et de détente à disposition des employés directs.

Le sentiment de discrimination est très fort chez ces travailleurs. Le mépris et l’indifférence des employés directs à leur égard leur donne l’impression d’être inférieur. Ils ont indiqué que leur travail est souvent dévalorisé ou n’est pas respecté. Les travailleurs chargés de l’entretien ont souligné que les travailleurs occupés en sous-traitance sont toujours tenus pour responsables de tous les problèmes. Un autre a signalé que les travailleurs fixes raillent les uniformes jaunes portés par les travailleurs occupés en sous-traitance, en s’exclamant lorsqu’ils en voient un : « Voilà un canari ! ».  

J’ai suivi un meilleur cours, mais j’étais souvent traité comme un travailleur de deuxième ordre parce que j’étais employé par un sous-traitant.

La solidarité qui existe entre les travailleurs occupés en sous-traitance les aide à dépasser ces sentiments. Néanmoins, alors que certains recherchent un meilleur emploi, ou s’efforcent de renforcer leurs qualifications, d’autres sont totalement désabusés, ayant perdu tout espoir d’évolution au niveau de leur vie professionnelle. Aucun d’entre eux n’est vraiment intéressé par son travail.

Problèmes de santé

Tous les travailleurs interviewés ont indiqué être soumis à des rythmes de travail intenses et subir un niveau de pression élevé, générant beaucoup de stress. Certains ont parlé de double pression exercée à la fois par l’entreprise principale et leur employeur: « C’était comme avoir deux patrons ».

Deux travailleurs migrants employés dans une entreprise chimique où ils déchargent et chargent de lourdes cargaisons dans des camions par tous les temps, sans gants et aucune protection, ont déclaré souffrir de douleurs dorsales mais avoir seulement accès au système brésilien de soins de santé de base. Néanmoins, les employés directs de l’entreprise bénéficient d’une meilleure protection sanitaire.

Un travailleur a été licencié après avoir été blessé au travail et perdu une partie de sa vue. Il a déclaré que les travailleurs occupés en sous-traitance se rendent à leur travail même s’ils sont malades ou blessés pour ne pas perdre leurs revenus. D’autres ont indiqué que les travailleurs occupés en sous-traitance travaillent lorsqu’ils sont malades par peur de voir leur nom inscrit sur une liste noire et d’être renvoyés. Certains ne bénéficient même pas d’un équipement de protection individuel adéquat.

Nous ne recevons pas de prime de risque de santé alors que nous manipulons des substances chimiques et qu’une seule éclaboussure de ce produit vous troue la peau.

Les travailleurs employés dans les secteurs de la confection ont fait état de problèmes de vue par manque de lumière sur le lieu de travail, ainsi que de douleurs dans les bras et le dos.

Mauvaise qualité de vie

Je me sens coincé dans un système qui me détruit.

Les travailleurs soumis à des horaires très irréguliers ont indiqué qu’il était très difficile de construire une vie en-dehors du travail. Une travailleuse chargée du nettoyage, qui travaille dans trois lieux différents, a dit n’avoir aucun contrôle ni sur ses heures de travail ni sur les endroits où elle est envoyée, de sorte qu’il lui est impossible d’avoir une vie sociale. Les travailleurs obligés de faire des heures supplémentaires pour arrondir leurs maigres salaires ont raconté rentrer directement chez eux pour dormir et se rendre directement à leur travail le jour d’après. Certains travailleurs ont des salaires si bas qu’ils sont obligés de les compléter en occupant un autre emploi après leur travail voire durant leur pause déjeuner.  

Les travailleurs ont également fait état d’autres conséquences négatives liées à la précarité de l’emploi:

La banque, qui a refusé de me faire un prêt pour acheter une voiture, a accepté d’en accorder un à un travailleur direct de l’entreprise pour un montant quatre fois supérieur à celui que j’avais demandé. Ce travailleur perçoit même un salaire plus bas que le mien, mais la banque lui fait davantage confiance parce qu’il est employé directement.

Exploitation des travailleurs migrants

Les travailleurs migrants sont particulièrement vulnérables et facilement exploités. Une travailleuse de la Bolivie employée dans la confection a travaillé pendant cinq ans dans des ateliers clandestins à Sao Paulo, produisant pour des sous-traitants de grosses usines de confection de vêtements. Elle vivait sur son lieu de travail, sans autorisation de sortir. Elle travaillait 15 à 16 heures par jour pour un revenu inférieur au salaire minimum légal et recevait une mauvaise alimentation. Les conditions sont demeurées les mêmes bien qu’elle ait changé d’emplois plusieurs fois. Ses employeurs ont continué de l’exploiter après qu’elle ait finalement obtenu son permis de travail, et le dernier d’entre eux a commencé à la harceler lorsqu’elle est tombée enceinte.

Notre routine commençait chaque jour entre 6 ou 7 heure du matin et se terminait à 22 heures, pour le repas du soir, avec une pause déjeuner durant la journée. J’étais autorisée à prendre une douche trois fois par semaine seulement. Ils recevaient probablement 3,00 R$ (0,90 US$) par pièce, mais nous nous étions seulement payés 0,30 R$ (0,09 US$) par pièce. Ils nous ont dit que la différence servait à payer les coûts du loyer et les repas.

Rôle des syndicats

Plusieurs affiliés d’IndustriALL et leurs confédérations syndicales au Brésil ont lutté des années durant pour empêcher l’adoption d’un projet de loi au Brésil qui autorisera les employeurs privés à systématiquement externaliser.

Souvent les employés des sous-traitants ne peuvent pas être représentés par des syndicats au sein de l’entreprise principale, ni ne savent quel syndicat les représente.

Les syndicats des employés directs s’efforcent de protéger les travailleurs occupés en sous-traitance et de régulariser leur situation. Le syndicat de l’entreprise pharmaceutique a pu régulariser la situation de la moitié des travailleurs occupés en sous-traitance. Un des travailleurs interviewés qui en bénéficiera projette de construire sa maison et d’acquérir de nouvelles qualifications.

D’autres travailleurs ont déclaré que le syndicat de l’entreprise principale a épousé leur cause, discutant leurs demandes avec le principal employeur. Dans l’usine de pâte à papier et du papier, le syndicat a saisi la justice pour les affaires de travailleurs occupés en sous-traitance ne percevant pas de prime de risque de santé.

Les syndicats ont été actifs pour dénoncer la situation des travailleurs migrants dans le secteur de la confection. Selon le syndicat des couturiers de Sao Paulo, plus de 100 000 travailleurs migrants sont employés dans plus de 7 500 ateliers répartis dans la ville. Le syndicat mène des actions avec le Ministère du travail afin d’identifier les ateliers clandestins qui exploitent les travailleurs, et accompagnent les inspecteurs du travail lors de visites pour veiller à ce que les travailleurs bénéficient de tous les droits et allocations. 

Le réseau syndical du caoutchouc et du pneu de Thaïlande se renforce dans la coopération

Les leaders syndicaux thaïlandais du secteur du caoutchouc et du pneu issus de dix syndicats et huit manufacturiers, Goodyear, Yokohama, Maxxis, IRC tire, Michelin, Bridgestone et Sumitomo ont participé à cette rencontre organisée par la Confédération des travailleurs industriels de Thaïlande (CILT) et IndustriALL Global Union. Ils ont été rejoint par Christian Bradier, un représentant de l’entreprise française Michelin.

L’assemblée a débattu de questions clés pour le secteur, dont les problématiques liées aux dispositions en matière de travail posté et aux heures supplémentaires imposées pour assurer une production 24 heures sur 24, le fait que tous les syndicats ne pratiquent pas la perception des cotisations à la source, l’absence de garderies d’enfants et de locaux pour permettre aux femmes l’allaitement maternel au sein des usines et le fait que certains syndicats importants qui jouent un rôle clé dans le secteur ne sont pas membres d’IndustriALL.

Le réseau du caoutchouc et du pneu a été mis sur pied par le biais d’un séminaire organisé par IndustriALL en février 2012. Ce séminaire s’est focalisé sur les normes internationales du travail et le dialogue social en visant à entamer le débat, à pratiquer un échange d’information et à mettre en place le réseau.

Après la réunion de 2012, IndustriALL a travaillé au développement du potentiel du réseau. Une réunion en a été organisée en 2015 pour fournir des mises à jour sur la situation au plan mondial et donner un aperçu du secteur, échanger des informations et débattre des stratégies pour améliorer la condition des travailleurs et travailleuses.

Une structure a été mise en place et un coordinateur désigné pour aider à renforcer la coopération entre syndicats. Un plan d’action et un programme d’activités, dont des réunions un mois sur deux, ont été adoptés pour faire avancer le travail du réseau.

Le réseau rassemble les syndicats et il y a maintenant une coopération et une coordination. En 2016, le Groupe des Travailleurs du Caoutchouc de Thaïlande s’est concerté avec la CILT et le projet de renforcement syndical d’IndustriALL pour développer un plan de syndicalisation. Celui-ci vise à augmenter les effectifs en recrutant pour les syndicats du réseau avec comme objectif une campagne de syndicalisation au sein de l’entreprise Linglong. L’accent est mis également sur la santé et la sécurité. Les principes directeurs d’IndustriALL ont été suivis pour mettre en place un comité des femmes et augmenter les activités et la représentation de celles-ci au sein des structures syndicales.

“Ceci constitue un pas important pour le renforcement du réseau, la mise en place d’une force de négociation et pour atteindre des normes communes de protection et de bien-être par une convention collective à niveau national.

“Nous allons consolider la force de ce réseau dans le secteur et étendre les réseaux d’entreprise au niveau régional en Asie du Sud-Est pour rendre la négociation syndicale plus efficace. Au niveau d’IndustriALL, nous apprécions votre bon travail et espérons nous retrouver ensemble dans la même famille, car tous ensemble nous sommes plus forts,” a dit Helmut Lense, directeur d’IndustriALL pour l’automobile et le caoutchouc.

Yongyuth Mentapao, président de la CILT, a conclu la réunion par ces mots :

“C’est une réunion importante pour nous. Comme vous le savez, la Thaïlande a une densité syndicale bien inférieure à celle d’autres pays de par le monde. Nous comptons plus de 30 millions de travailleurs et travailleuses, mais seulement 600.000 adhérents, à peine 1,5%.

“Nous devons changer notre culture syndicale, en commençant par trois problématiques clés : la gestion financière, l’implication des adhérents et la communication.

“Nous comptons maintenant IndustriALL comme partenaire international, qui coopère avec ses affiliés thaïlandais pour soutenir nos activités et construire dans la coopération un mouvement syndical renforcé”.

Grève de 150 000 métallurgistes en Corée du Sud

Des dizaines de milliers de militants syndicaux ont manifesté à Séoul, en Corée du Sud, vendredi 22 juillet, dans le cadre d’une grève générale suivie par 150 000 travailleurs de l’ensemble du secteur. La grève vient en soutien au litige concernant les salaires et les conditions de travail à Hyundai Motor Group.

Des grèves ont lieu à Hyundai Motors presque tous les ans. Afin de résoudre le conflit et de renforcer la position de négociation des travailleurs des autres entreprises, le syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU) a lancé un appel à la grève générale pour qu’une négociation collective soit menée au niveau du secteur.  

Hyundai est le plus important conglomérat multinational – dénommé « chaebol » – en place au sein de l’industrie métallurgique en Corée. 

Les travailleurs de l’usine Hyundai Motors à Ulsan, qui ont fait grève vendredi, ont été rejoints par les travailleurs de Kia Motors, de la construction navale de Hyundai Heavy Industries et d’autres filiales.

Une nouvelle action aura lieu demain, 26 juillet.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré:

« Nous saluons cette action de KMWU visant à limiter le pouvoir des chaebols et à défendre les conditions des travailleurs. Nous assurons les métallurgistes de Corée de notre soutien et de notre solidarité inconditionnels ».

Les travailleurs de LG India reprennent le travail après 10 jours de protestations

Dans la soirée du 20 juillet, les travailleurs de LG India sont arrivés à un accord avec la direction par lequel, suivant certaines informations, les travailleurs concernés seront dorénavant transférés dans des sites proches plutôt qu'être envoyés vers des destinations lointaines, comme annoncé au départ. Aucune action de représailles ne sera prise contre les travailleurs qui ont participé à la protestation et tous pourront reprendre leur emploi.

LG Electronics India Pvt. Ltd emploie quelque 2.350 travailleurs dont environ 850 permanents et 1.500 contractuels. Ils avaient pris l'initiative de constituer un syndicat en janvier 2016 et avaient demandé officiellement l'enregistrement du Syndicat des salariés de LG Electronics.

Le 9 juillet, 11 travailleurs, dont des responsables du syndicat en formation, ont été refoulés à l'entrée de l'usine et la direction a confisqué leurs cartes d'identité. Ils ont ensuite été avisés qu'ils étaient transférés dans différents lieux éloignés comme Jammu, au Cachemire, et dans les États de Jharkhand et Bihar où ils devaient se présenter. Une douzième personne a reçu son ordre de transfert quelques jours plus tard.

Cette décision a pris les travailleurs au dépourvu; ils n'étaient pas en mesure de déménager immédiatement avec femme, famille et enfants. Par signe de solidarité, tous les travailleurs permanents, dont une soixantaine de femmes, ont entamé une grève sur le tas le 11 juillet pour réclamer l'annulation de ces transferts décidés unilatéralement, la reconnaissance du syndicat, la journée de travail de huit heures, une hausse des salaires et la régularisation des travailleurs contractuels. 250 travailleurs permanents ont manifesté devant les grilles de l'entreprise, tandis que 650 permanents protestaient à l'intérieur.

Le 19 juillet, la police a interpelé trois travailleurs accusés de tenter d'empêcher des travailleurs contractuels de pénétrer dans l'usine. D'après ceux-ci, la police ne les a pas officiellement arrêtés et, pour faire pression sur les protestataires, elle a refusé de les libérer et les a mis en détention au poste de police de Surajpur. Du fait de cette arrestation et par crainte d'être agressés par des hommes de main, les travailleurs ont conclu un accord avec la direction le 20 juillet et mis fin à leur protestation. Bien que leurs principales revendications n'aient pas été rencontrées, leur action a démontré l'unité de tous les travailleurs permanents de l'entreprise.

La plupart des permanents travaillent à l'usine LG depuis six à dix ans. Toutefois, ils ne touchent qu'un faible salaire d'environ 18.000 roupies (268 $) par mois pour des journées de huit heures, avec 24.000 roupies (357 $) d'heures supplémentaires par mois. Les contractuels sont encore moins bien payés. En réalité, chaque travailleur effectue en moyenne quatre heures supplémentaires pratiquement chaque jour, ce qui porte la journée de travail habituelle à 12 heures. Afin d'améliorer leurs conditions de travail, ils avaient créé un syndicat et adressé un cahier de revendications à la direction.

Plutôt que de traiter avec les travailleurs, la direction de LG a recouru à des pratiques déloyales contre les syndicalistes et s'est livrée à des pratiques antisyndicales. Elle a accordé une promotion aux membres actifs du syndicat. Par la suite, la direction de l'enregistrement des syndicats a refusé d'enregistrer le syndicat en invoquant les promotions des dirigeants qui ne peuvent plus, de ce fait, faire partie du syndicat, rendant celui-ci inéligible.

Les travailleurs de LG vont maintenant poursuivre la procédure légale d'enregistrement et présenter à nouveau leurs revendications.

"C'est un cas typique de manœuvre antisyndicale en Inde. La direction de LG devrait savoir que ces petits jeux mesquins dégradent l'image de l'entreprise qui prétend, dans sa politique de RSE, protéger les droits syndicaux et les droits fondamentaux de l'homme de ses salariés et bâtir des relations de travail tournées vers l'avenir et qui profitent aux travailleurs comme à la direction. Avec le SMEFI, nous soutenons le combat des travailleurs de LG en Inde et nous poursuivrons dans cette voie;" a déclaré Kan Matsusaki, le Directeur d'IndustriALL en charge des TIC, de l'électricité et l'électronique.

Le Comité d'entreprise mondial d'ENEL se réunit pour préparer la reconduction de l'ACM

Le comité d'entreprise mondial de la multinationale italienne de l'énergie ENEL a tenu son assemblée annuelle à Rome, en juillet 2016, avec des représentant de la direction et des syndicats des sites d'ENEL du monde entier. Un des points à l'ordre du jour était le renouvellement de l'accord-cadre mondial (ACM). Cet accord a été signé en juin 2013 par ENEL, IndustriALL Global Union et l'Internationale des services publics (ISP). Il devait courir pour trois années et les deux syndicats mondiaux voudraient que cette reconduction s'accompagne d'améliorations. 

La reconduction de l'accord avec le comité d'entreprise européen qui lie la direction aux fédérations européennes IndustriALL Europe et FSESP était également à l'ordre du jour et les partenaires sont arrivés à un accord sur un nouveau texte.

Au cours des trois journées de réunion, les représentants des syndicats ont soulevé des questions auxquelles devrait répondre le nouvel accord, la plupart à l'initiative des affiliés d'Amérique latine. Il s'agissait notamment des chiffres de production convenus pour un site d'exploitation au Chili et d'un cas, au Pérou, dans lequel le syndicat réclame l'indemnisation de la famille d'un travailleur qui a perdu la vie au travail trois ans auparavant. En Colombie, les activités de maintenance ont été sous-traitées et, en Argentine, les travailleurs cols-blancs sont exclus de la négociation collective.

Diana Junquera Curiel, Directrice d'IndustriALL en charge de l'énergie, a déclaré :

"Cet accord compte énormément; nous sommes convaincus que c'est le meilleur moyen d'assurer l'équité dans tous les lieux de travail d'ENEL. Le moment est venu de le renouveler et d'obtenir de nouvelle avancées."

"Le nouvel accord sera à coup sûr plus efficace et nous devons veiller à ce qu'il soit totalement appliqué partout où ENEL est présent."

La direction d'ENEL a promis d'activer le processus de reconduction le plus rapidement possible.

Avant la réunion de Rome, le réseau syndical régional d'ENEL pour l'Amérique latine s'était réuni à Buenos Aires en avril pour se préparer. Il s'agissait de la deuxième réunion de ce réseau syndical, après une précédente rencontre à Fortaleza, au Brésil, en 2014. Elle se composait d'affiliés d'IndustriALL Global Union et de l'ISP d'Argentine, du Brésil, du Chili, de Colombie, du Panama et du Pérou.

Les participants à la réunion ont mis au point un mécanisme devant assurer le respect de l'accord-cadre mondial et qui instaure, pour la participation aux réunions, un système de rotation tel que tous les participants d'Amérique latine seront représentés. Ils se sont efforcés de mettre en place dans le réseau un système de communication en continu entre les syndicats et les travailleurs pour assurer une application effective de l'accord.

Pendant la réunion, les affiliés ont discuté des problèmes de chaque pays et ont choisi le colombien Sintraelecol et l'argentin APSEE comme représentants au comité d'entreprise mondial.

Les travailleurs britanniques du pétrole et du gaz mèneront leur première grève en mer du Nord en l’espace d’une génération

Les travailleurs employés par Wood Group travaillent sur huit plateformes pétrolières et gazières de Shell situées dans le gisement de Brent, au large des îles Shetland, dans la mer du Nord. Ils feront grève le 26 juillet, la première grève en mer du Nord en l’espace d’une génération.

L’action comprendra plusieurs phases. La première grève de 24 heures aura lieu le mardi 26 juillet et sera suivie de plusieurs grèves les semaines suivantes.

La grève a été massivement votée à 99,1 et 98,5 pour cent par les membres des syndicats Unite et RMT respectivement, qui se sont fortement mobilisés, démontrant une approbation et un soutien retentissants de l’action. 

En raison de changements survenus récemment, les travailleurs sont passés d’un cycle de travail de deux à trois semaines, les obligeant à travailler des semaines supplémentaires en mer pour le même salaire. Les employés de Wood Group bénéficiaient des mêmes conditions que les employés de Shell avant qu’elles ne soient dégradées.

Jake Molloy, organisateur régional de RMT, a déclaré: « Nous avons de longue date de bonnes relations de travail en mer du Nord. Notre dernier conflit remonte à 27 ans et certains travailleurs, alors impliqués, le sont à nouveau. Les travailleurs sont clairement furieux parce qu’il semblerait que tous les progrès que nous avons réalisés aient été réduits à néant.

« Il est temps que le secteur britannique du pétrole et du gaz se conforme avec les pays scandinaves et réduise les heures de travail pour des raisons de santé et de sécurité ».

La planification de la grève fait suite à l’échec des négociations avec le conciliateur ACAS, après que Wood Group ait manifesté peu d’empressement à régler le conflit.

John Boland, secrétaire régional du syndicat Unite, a indiqué: « La décision de faire grève n’a pas été prise à la légère par nos membres, qui ont été poussés à bout par un employeur non disposé à reconsidérer ses propositions de réduction drastique des salaires et des prestations.

« Ces membres occupent un des emplois les plus difficiles au monde où ils travaillent dans des conditions qui comptent parmi les plus dangereuses. Ils méritent mieux que la fausse assertion de Wood Group selon laquelle les réductions de salaire ne seront pas importantes ».

La grève concernera toutes les installations de Shell implantées dans le gisement de Brent. Unite et RMT coordonneront l’action pour une efficacité maximum. Le Offshore Coordinating Group (groupe de coordination du travail en mer), constitué de l’ensemble des syndicats du secteur, dont GMB, BALPA et Nautilus International, s’emploie à soutenir l’action et à assurer la coordination.

Les syndicats demeurent déterminés à parvenir à un règlement négocié du conflit et laisseront la possibilité à Wood Group d’engager de véritables négociations.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a envoyé une lettre aux affiliés, indiquant que:

« IndustriALL Global Union déplore dans les termes les plus vifs la proposition de Wood Group d’imposer à une main-d’œuvre travailleuse et hautement qualifiée d’importantes réductions de salaire et des prestations.

« Nous demandons à Wood Group d’abandonner son attitude intransigeante et d’entamer de véritables négociations avec Unite et RMT, pour parvenir à un accord équitable ».

Agissez

Envoyez des messages de soutien aux travailleurs de la mer du Nord qui seront en grève mardi 26 juillet via un courriel de soutien à [email protected] et [email protected].

Nous pouvons également manifester notre soutien et suivre le cours des événements sur la page Facebook de Unite Offshore et sur Twitter @UniteOffshore.

Tous les messages de soutien sont les bienvenus.

Participation massive des Uruguayens à la grève pour des salaires plus élevés

« La grève s’oppose aux coupes dans les dépenses des services sociaux et défend l’emploi, la hausse des salaires et l’investissement public, ainsi que l’arrêt de la participation du secteur privé aux prestations de sécurité sociale », a expliqué John Almada, un membre d’UNMRA fortement impliqué dans la préparation de cette journée d’action.

Le nombre extrêmement élevé de travailleurs venus manifester, le 14 juillet, à travers les rues de Montevideo, capitale de l’Uruguay, et d’autres villes, montre le niveau élevé de soutien à la grève, organisée avec le concours des affiliés d’IndustriALL Global Union: UNMRA, UOC et FOPCU.

En raison de la participation massive des travailleurs et des organisations sociales, la confédération syndicale PIT-CNT a décrit l’événement comme une des plus importantes grèves générales ayant eu lieu depuis l’élection de Tabaré Vázquez à la présidence de l’Uruguay en 2015.

La grève fait partie d’une stratégie visant à encourager le gouvernement à négocier et à changer sa politique salariale:

« Nous avons lancé un appel à la grève pour changer les choses. Un des problèmes réside, pour le prochain round des négociations salariales, dans la politique salariale du gouvernement, extrêmement défavorable aux travailleurs », a indiqué Fernando Pereira, président de la PIT-CNT, lors d’une conférence de presse, le 14 juillet.

Pereira a signalé que la PIT-CNT organisera une action majeure durant les six prochains mois si le gouvernement ne consent pas à changer sa politique salariale.

Jorge Almeida, le Secrétaire régional d’IndustriALL, a déclaré:

« IndustriALL soutient ces initiatives syndicales visant à protéger les salaires et les acquis sociaux gagnés par les travailleurs uruguayens ».