Le réseau de femmes de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) fait campagne contre la violence sur le lieu de travail

Trente-deux femmes syndiquées de neuf pays de la région MENA ont pris l’initiative, au cours de l’atelier qui s’est tenu du 28 au 30 juillet, de mener une nouvelle campagne de promotion de l’égalité des sexes et de prévention de la violence faite aux femmes sur le lieu de travail.

Durant les discussions, les participantes ont fait état d’une hausse de la violence faite aux femmes sur le lieu de travail, qui souvent ne sont pas protégées par la législation relative au harcèlement des femmes au travail. Des femmes se sont plaintes du comportement des hommes qui crient sur les travailleuses ou ont des gestes déplacés de nature sexuelle à leur égard. Elles ont indiqué qu’il arrive que des femmes enceintes qui doivent porter de lourdes charges perdent leur bébé car elles ne sont pas affectées à d’autres tâches.

Le réseau régional et les réseaux nationaux ont décidé de lancer une campagne d’une année sur le thème de la violence faite aux femmes sur le lieu de travail et de mener une série d’activités nationales, tout en restant en contact grâce aux médias sociaux.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL et directrice pour les femmes, Monika Kemperle, a déclaré :

«  Les femmes subissent toutes les formes de violence sur le lieu de travail. Or, les syndicats peuvent jouer un rôle vital pour mettre fin aux abus. La campagne d’une année qui sera menée dans la région par le réseau des femmes de la région MENA d’IndustriALL jouera un rôle essentiel pour sensibiliser à ce problème. En outre, plus les femmes occuperont des postes décisionnels au sein des syndicats, mieux elles défendront les droits des femmes au travail ».

Les participantes ont mentionné les obstacles à l’égalité des sexes sur le lieu de travail et les structures syndicales, tous deux dominés par les hommes. Elles ont également expliqué qu’il était difficile pour les femmes de participer aux réunions syndicales en raison de leurs obligations familiales, dont leurs responsabilités envers leurs enfants, qui leur incombent invariablement bien qu’elles exercent une activité professionnelle. Elles ont également soulevé le problème des entraves à la participation syndicale des femmes en raison de la persistance des stéréotypes traditionnels qui considèrent les hommes comme des décideurs.

Les femmes ont indiqué que l’élection tous les quatre ans des responsables et des dirigeants syndicaux était trop longue. Elles ont expliqué qu’exercer des fonctions syndicales durant ce laps de temps était trop long et que beaucoup de femmes n’ont pas le temps de se consacrer aux activités syndicales en plus de leurs obligations professionnelles et familiales. Elles ont proposé des élections tous les deux ans et la possibilité pour les femmes de partager la charge de travail requise par les fonctions syndicales.

Les participantes ont également souligné la nécessité de mieux communiquer avec les autres femmes sur les avantages à se syndiquer, mais que cela nécessitera de bénéficier d’une aide et de suivre une formation.

Bien que, dans de nombreux pays, la législation contre la discrimination fondée sur le sexe, notamment la protection de la maternité, soit claire, les femmes ont signalé, dans la pratique, une inapplication de la loi et le renvoi de femmes enceintes. De même, les négociations salariales sont accaparées par les hommes et bien que l’égalité des rémunérations puisse être consacrée dans la législation, elle n’est pas effective. En outre, si une femme possède de bonnes qualifications dans un emploi à dominante masculine, la préférence sera toujours donnée à un homme à compétences égales.  

L’atelier a examiné les différentes méthodes de lutte pour les droits des femmes : organisation de campagnes, sensibilisation ou conventions collectives, que les syndicats peuvent utiliser.

Les participantes ont également décidé d’établir de nouveaux réseaux nationaux d’IndustriALL à Bahreïn, en Jordanie, au Kuwait, en Mauritanie et en Palestine, qui se joindront aux réseaux existants d’IndustriAL dans la région : en Egypte, au Liban, au Maroc et en Tunisie. Le réseau d’IndustriALL des femmes de la région MENA a été lancé l’année dernière à Beyrouth et a défini les principaux domaines de travail.

Enfin, les participantes ont apporté leur soutien à la résolution établissant un quota de 40 pour cent de représentation des femmes dans les structures d’IndustriALL.

Comment les syndicats peuvent-ils promouvoir un emploi industriel durable en Asie du Sud ? Les affiliés d’IndustriALL se penchent sur la question.

Les affilés des cinq pays ont relevé les impacts négatifs subis par les travailleurs en conséquence des politiques industrielles faibles ou inexistantes de leurs gouvernements. La politique industrielle a été déterminée par la politique économique et a failli à rencontrer les besoins du monde du travail, de la société et de l’environnement. La déréglementation et la sape des conditions des travailleurs ont été poursuivies pour attirer les investissements directs étrangers, en même temps que des vagues successives de privatisations ont affaibli la santé, l’éducation, la fourniture d’énergie et les services de transport qui sont nécessaires pour la promotion d’un emploi industriel durable. Les affiliés ont directement lié les échecs en matière de politique industrielle au remplacement de l’emploi permanent par le travail précaire.

Les syndicats ont pointé des problèmes spécifiques au plan national. Au Pakistan, le gouvernement a annoncé une politique industrielle en 2015 mais, alors que la politique elle-même est bonne, son application est nulle. Au Bangladesh, les coupures de gaz et d’électricité rendent difficile la mise en place de politiques industrielles alors qu’au Népal, les syndicats se débattent avec la gestion des séquelles du tremblement de terre de l’année dernière.

L’Inde est lourdement dépendante du charbon pour sa production électrique et fait face à un impact important de l’Accord de la COP de Paris, avec des investissements dans le secteur pour l’instant en suspens. Il existe un besoin énorme de développer les compétences alors que de nombreux jeunes des régions rurales sont sans formation et dès lors inemployables.

Les syndicats ont analysé la manière dont les politiques destinées à attirer les investissements et développer les industries impactent négativement les droits des travailleurs et l’environnement du fait que ces problématiques ne sont pas prises en compte lors de leur conception. L’impact le plus marquant l’a été sur la liberté syndicale et la négociation collective ainsi que sur l’externalisation et le travail précaire. On a recherché de la main d’œuvre bon marché et favorisé les bas salaires pour assurer de plus gros bénéfices. Au Bangladesh, lorsque le logement n’est pas pris en compte de manière adéquate, les travailleurs et travailleuses finissent par croupir dans une surpopulation sordide et exploités par leurs logeurs.

Il n’y a pas eu de planification adéquate au niveau de l’exploitation minière et industrielle avec pour résultat que des autorisations pour des projets industriels sont données sans réelle analyse des impacts sur l’environnement. En Inde, cela s’est traduit par des situations où il est permis aux industries de pomper et assécher les nappes phréatiques, de polluer l’air et de contaminer les eux souterraines par l’enfouissement de déchets. L’investissement y est conçu pour bénéficier aux entreprises, pas au pays.

Les affiliés font face à un défi énorme s’agissant d’influencer la conception des politiques industrielles en faveur d’un emploi industriel durable, en particulier dès lors que les gouvernements n’écoutent que les entreprises et ne sont pas intéressés par le point de vue des syndicats. Ceux-ci vont devoir user de leur influence auprès des parlementaires locaux ainsi que des partis politiques sensibles au point de vue des syndicats et élaborer un message clair et une stratégie par rapport aux médias. Si la voix des syndicats n’est pas entendue, ils vont également devoir construire leur unité, accroître leurs effectifs et se renforcer financièrement par l’augmentation des cotisations syndicales.

Les étapes suivantes pour les affiliés des cinq pays consisteront à continuer à débattre de ces problématiques au sein de leurs propres organisations, avec les autres affiliés et avec les centrales nationales en ayant pour but de formuler des revendications concrètes autour d’un emploi industriel durable. Là où des organes consultatifs auprès des gouvernements existent, ces questions y seront mises à l’ordre du jour. Les syndicats des autres pays vont étudier les modèles de coopération syndicale au niveau national qui existent en Inde et au Népal.

Les affiliés du Sri Lanka vont continuer à faire pression sur le gouvernement en vue d’une politique industrielle durable dans le contexte de sa proposition de politique d’emploi qui, pour l’instant, ne prend pas en compte l’impact qu’aura l’évolution industrielle sur les travailleurs et l’environnement.

La réunion s’est conclue par un appel à la solidarité au niveau de l’Asie du Sud pour contrer les tentatives des gouvernements de saper les droits syndicaux au nom de la concurrence avec les autres pays de la région et pour travailler à une plus grande protection des travailleurs au niveau des traités commerciaux tant au sein de la région qu’avec d’autres pays.

IndustriALL condamne les menaces de mort à l’égard d’un leader syndicaliste colombien

Rodolfo Vecino Acevedo a reçu une lettre dans laquelle on le menace de le tuer ainsi que toute sa famille s’il ne quitte pas le pays dans la semaine. Cette lettre a été adressée par les Forces gaitanistes d’auto-défense de Colombie, un groupe paramilitaire fondé en 2008. Le courrier critique ses activités syndicales et prétend qu’elles “font obstruction aux plans des entreprises et leur développement économique”.

Ce n’est malheureusement pas la première fois qu’il reçoit de telles menaces. L’USO a déjà dû dénoncer de tels courriers au procureur de la république et à la police. Cependant, le syndicat indique que les autorités ont failli à mener toute enquête.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a écrit à M. Juan Manuel Santos, le Président de Colombie, lui demandant d’intervenir immédiatement, de prendre les mesures nécessaires et de s’assurer que le pouvoir judiciaire du pays agisse en réponse aux menaces de mort des groupes paramilitaires.

Cet incident illustre à nouveau les immenses restrictions à la liberté d’association et d’expression ainsi que l’intense niveau de répression en Colombie, qui placent la nation parmi les dix pires pays au monde pour les travailleurs et les travailleuses dans l’Indice CSI 2016 des droits dans le monde.

“Il est inconcevable que des progrès soient faits au niveau du processus de paix en Colombie afin de bâtir un avenir sans crainte, représailles et insécurité alors que l’on permet toujours à des gens de proférer ce genre de menaces et d’insultes,” a écrit Raina.

“Au nom des 50 millions de membres d’IndustriALL de par le monde, nous vous faisons la demande expresse d’ordonner aux autorités compétentes de trouver les responsables, de garantir à Rodolfo Vecino Acevedo le droit de mener sa vie et de conduire ses activités syndicales ainsi que de protéger son intégrité physique et celle de sa famille,”

a écrit Raina dans son courrier au Président colombien.

IndustriALL dénonce l’attentat suicide perpétré au Pakistan

L’attentat a eu lieu alors qu’une foule nombreuse, comprenant des dizaines d’avocats, était rassemblée à l’hôpital après l’assassinat du président de l’association du Barreau du Balochistan, Bilal Kasi. De nombreux avocats et des journalistes ainsi que d’autres civils ont été tués dans l’explosion.

Plusieurs avocats ont été assassinés ces dernières semaines dans la province pakistanaise du Balochistan, dont Quetta est la capitale.

La faction talibane, Jamaat-ul-Ahrar, a revendiqué l’attaque de l’hôpital et l’assassinat de M. Kasi.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré:

IndustriALL dénonce cet attentat cruel et lâche qui a eu lieu à Quetta et présente ses plus sincères condoléances aux victimes et à leurs familles. IndustriALL est aux côtés de ses affiliés au Pakistan pour exiger du gouvernement qu’il oblige les attaquants à rendre des comptes et assure la sécurité du peuple pakistanais.

Les avocats à travers le Pakistan boycottent actuellement les procédures judiciaires pour trois jours en signe de protestation contre les multiples attaques perpétrées à l’encontre des membres de leur profession. Ils observeront une semaine de deuil en hommage aux victimes de l’attentat de lundi.

Les Jeux olympiques doivent au moment de célébrer l’esprit humain respecter les droits des travailleurs

Les Jeux olympiques sont une magnifique occasion de mettre en avant des exploits humains, mais bien trop souvent, un esprit élitiste foule aux pieds les droits des travailleurs.

Ce spectacle triomphal s’ouvre à Rio de Janeiro, au Brésil, ce vendredi 5 août, comme une fête de l’Esprit olympique, l’important n’étant pas de gagner, mais de participer avec passion et persévérance.

En plus d’exploits sportifs exaltants, il y a ce splendide hommage culturel à la nation hôte, le Brésil, qui met en lumière son charme et sa beauté naturelle.

Les Jeux olympiques apportent également des moments de grande importance historique, comme lorsque Jesse Owens a mis les Nazis dans l’embarras en gagnant quatre médailles d’or, prouvant ainsi l’ineptie de la supériorité de la race blanche pendant les Jeux de Berlin en 1936, ou lorsque l’Éthiopien Abebe Bikila, qui courrait pieds nus, a remporté l’or du marathon de Rome en 1960, ou lors du salut du Black Power de John Carlos et Tommie Smith à Mexico en 1968, qui a attiré l’attention du monde sur le mouvement des droits civiques aux États-Unis.

Il y aura des moments comme ceux-là lors des Jeux qui s’ouvrent à Rio ce vendredi. Je me réjouis déjà de pouvoir admirer le courage affiché par l’équipe des réfugiés. Celle-ci comprend une femme syrienne de 18 ans, la nageuse Yusra Mardini, qui a contribué à sauver de la noyade en Méditerranée 20 réfugiés qui fuyaient de la Turquie vers la Grèce.

Mais les Jeux olympiques restent un événement élitiste : alors que nous allons célébrer les exploits des meilleurs athlètes du monde, des maisons de pauvres ont été passées au bulldozer pour construire le Parc olympique.

Pour tenter de répondre aux attentes sur ces questions, le comité organisateur de Rio 2016 a développé un guide des chaînes d’approvisionnement durables. C’est un document admirable et digne d’éloges qui tente d’assurer que les Jeux soient soutenables pour les gens et la planète et laissent un héritage positif. Il reprend des engagements concernant la liberté syndicale et le droit à négocier collectivement ainsi qu’un engagement à fournir du travail formel.

Cet accord ne couvre pas que les fournisseurs, mais également les sponsors. Il est dès lors décevant que le Comité international olympique (CIO) n’ait pris aucune mesure à l’encontre de Nissan pour n’avoir pas respecté ces principes directeurs.

Nissan est un sponsor officiel des Jeux, leur fournit 4.200 véhicules et lance le Kicks en tant que véhicule officiel. L’entreprise a capitalisé sur l’esprit olympique, comme le président de Nissan Brésil, François Dossa, le dit :

“Nous pouvons nous attendre à de la force, de l’audace et des dispositions intrépides de la part de Nissan, comme le suggère notre slogan "QuemSeAtreve" soit "Qui ose ?”

Mais Nissan n’ose pas faire face à sa propre main d’œuvre de manière équitable. L’entreprise n’a pas respecté son engagement à la liberté syndicale avec une campagne anti-syndicale agressive à Canton, dans le Mississippi. IndustriALL a protesté au siège du CIO en février et nos affiliés ont mené des actions partout dans le monde.

Plus récemment, nos affiliés brésiliens ont mené une action spectaculaire contre Nissan lors du passage de la flamme, profitant de l’occasion pour mettre en lumière l’anti-syndicalisme de Nissan et atteignant 26 millions de personnes par le biais d’une campagne dans les médias sociaux qui a détourné le hashtag de l’entreprise #QuemSeAtreve.

De même, les Jeux offraient une occasion de faire le ménage au sein des chaînes d’approvisionnement des fabricants de vêtements de sport, mais elle a été ratée.

Lorsqu’IndustriALL se réunira pour son deuxième Congrès à Rio en octobre de cette année, nous soulèveront ces questions.

Les Jeux débarquent à Rio dans des temps difficiles pour le pays. Il connaît des remous politiques dus à une tentative de coup d’État de la part de la Droite et le coût des Jeux olympiques a aggravé les problèmes économiques dans le pays. Il existe des préoccupations sanitaires quant à la qualité de l’eau et au virus Zika. Aussi, policiers et pompiers protestent contre des retards dans le paiement de leurs salaires.

Derrière la légendaire beauté du front de mer de Rio à Ipanema et Copacabana, il y a les favelas. Derrière le rutilant spectacle des Jeux olympiques proposé par les entreprises il y a une cascade de corruption, de sordides chaînes d’approvisionnement et de violation de droits.

Profitez du spectacle. Mais lorsque vous regarderez les athlètes, rappelez-vous également des travailleurs et travailleuses de la confection qui ont cousu les vêtements qu’ils portent, des travailleurs de la construction qui ont bâti les arènes, des pauvres qui ont perdu leur logement et des travailleurs et travailleuses des chaînes d’approvisionnement qui luttent contre l’anti-syndicalisme.

Les Jeux olympiques devraient être une consécration de ce que nous pouvons réaliser collectivement, en tant qu’êtres humains et une occasion pour le Brésil de se mettre en valeur. Profitons aussi de cette occasion pour rendre hommage aux travailleurs et travailleuses qui les ont rendus possibles.

Pakistan : les décès dans les mines montrent l’urgence pour le pays de ratifier la convention n° 176 de l’OIT

Selon les informations disponibles, un rocher est tombé sur les mineurs le 24 juillet 2016 suite à un glissement de terrain. Sabir Khan, Sardar Ali et Ameenullah sont morts des suites de leurs blessures, alors qu’Arfan Khan a été grièvement blessé. Toutes les victimes sont des travailleurs contractuels âgés entre 30 et 35 ans.

IndustriALL Global Union fait campagne pour que davantage de pays ratifient la Convention n° 176 de l’OIT, requérant la mise en place d’un cadre législatif et d’inspection approprié en matière de sécurité dans les mines et l’établissement d’un milieu de travail sûr par les entreprises. La Convention permet également aux travailleurs de faire appel à des représentants en matière de sécurité indépendants et de refuser d’exécuter un travail dangereux.

Les mines de charbon situées dans la province du Balochistan sont réputées pour leurs mauvaises et dangereuses conditions de travail. L’accident récent a eu lieu dans la mine de charbon n° 18 à Shahrigh, au Balochistan, qui est exploitée par la compagnie publique Pakistan Mineral Development Corporation (PMDC).

Selon une enquête d’IndustriALL sur les accidents miniers signalés depuis 2010, 243 travailleurs sont morts dans environ 40 accidents miniers. Depuis janvier 2016 seulement, 33 travailleurs sont décédés dans des accidents ayant eu lieu dans les mines pakistanaises.

IndustriALL a signalé plusieurs décès survenus dans les mines pakistanaises en 2016 uniquement, mettant en évidence les problèmes critiques auxquels sont confrontés les mineurs dans le pays, à savoir un travail précaire, des conditions de travail mortelles, des inspections des mines mal faites, l’absence de soins médicaux de base et d’urgence aux alentours des mines ainsi que l’indifférence des employeurs et des fonctionnaires à l’égard des travailleurs et de leur sécurité.

Le Conseil d’IndustriALL pour le Pakistan et la Fédération syndicale centrale des mines du Pakistan (PCMLF) ont condamné les morts récents, alors que le Secrétaire régional d’IndustriALL, Apoorva Kaiwar, a déclaré:

« Il est inacceptable que ces décès évitables continuent de se produire dans les mines pakistanaises. Il est grand temps que le gouvernement, les autorités et les employeurs prennent très au sérieux les questions de sécurité. En plus de mettre en œuvre les dispositions statutaires applicables aux activités des mines, le gouvernement doit prendre des mesures immédiates pour ratifier la Convention n° 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines ».

La Convention n° 176 de l’OIT a été ratifiée par 31 Etats seulement alors que de nombreux pays ayant le pire bilan en matière de sécurité ne l’ont toujours pas fait.

Les travailleurs de la Mer du Nord à nouveau en grève avec un soutien qui afflue de partout dans le monde

Cette grève de 48 heures affectera les plateformes Alpha, Bravo, Charlie, Nelson, Gannet, Shearwater et Curlew. Elle fait suite à une grève le 26 juillet menée par près de 400 adhérents des affiliés d’IndustriALL Global Union Unite et RMT contre la compagnie multinationale de services pétroliers et gaziers Wood Group, dans le cadre d’un conflit concernant des réductions de rémunérations pouvant aller jusqu’à 30%.

Ces travailleurs sont en sous-traitance chez Wood Group sur sept plateformes gazières et pétrolière de Shell sur le Gisement Brent de la Mer du Nord.

La grève a fait l’objet de déclarations de soutien de la part de syndicalistes partout dans le monde. IndustriALL a envoyé des messages de solidarité et appelé ses affiliés à faire de même. Nombreux sont ceux qui l’ont fait et un soutien a ainsi été enregistré de la part d’affiliés d’IndustriALL parmi lesquels PZZ KADRA de Pologne, POEM de Grèce, ATOMPROFSPILKA d’Ukraine, UA ZENSEN du Japon, IG BCE d’Allemagne, Fellesforbundet et Industri Energi de Norvège ainsi que les Métallos USW des États-Unis et du Canada.

Des messages ont également été reçus de la part d’UNI Global Union, de l’ITF et de leurs affilés, du TUC et du STUC au Royaume-Uni, du NUJ, de l’UCATT, du PCS, de l’EIS et de sections syndicales de tout le Royaume-Uni, de militants anti listes noires et du National Shop Steward Committee.

La grève a été accompagnée de manifestations devant des bâtiments de Wood Group et de Shell, dont une occupation par des militants du RMT du siège de Shell à Canary Wharf, à Londres. Des piquets se tiendront également ce jeudi devant les bureaux de Shell à Londres et Manchester.

Le Responsable régional de Unite, John Boland, a indiqué :

“Les actions fermes tenues cette semaine et le soutien reçu par les travailleurs démontrent clairement la force du sentiment exprimé et la détermination à résister à ces attaques contre les salaires et les prestations.

“Nos effectifs sont clairement d’avis que trop c’est trop.

“Wood Group doit abandonner ses coupes et revenir à la table avec nous s’il veut sincèrement éviter de nouvelles actions syndicales.”

Le Secrétaire général du RMT, Mick Cash a indiqué :

“Nos syndicats saluent le formidable soutien qui a afflué de partout dans le monde. Nous savons aussi pertinemment que le Directeur général de l’entreprise a reçu une augmentation de salaire de 28% qui l’amène à £ 600.000. Il est obscène que pendant que les gros bonnets s’en mettent plein les poches leur main d’œuvre se trouve brinquebalée.

“Ce courageux groupe de travailleurs se positionne contre la cupidité et la sauvagerie qui sont caractéristiques du monde des affaires britannique en 2016.”

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Il s’agit de la première grève dans le secteur offshore depuis près de 30 ans, ce qui démontre à quel point les choses sont devenues graves. Nous allons poursuivre le soutien à nos affilés Unite et RMT jusqu’à ce que Wood Group revienne à la table des négociations avec une offre digne de ce nom. Nous appelons nos affiliés à soutenir cette action et à montrer leur solidarité.”

Agissez

Veuillez faire parvenir des messages de soutien aux travailleurs de la Mer du Nord en grève ces jeudi et vendredi 4 et 5 août. Vous pouvez envoyer des courriels à [email protected] et [email protected].

Vous pouvez également montrer votre soutien et suivre l’évolution des choses sur la page Facebook de Unite Offshore et sur Twitter @UniteOffshore.

Tous les messages de soutien sont les bienvenus.

Les travailleurs du secteur de la chimie en Amérique latine donnent la priorité aux réseaux

Des hommes et des femmes en provenance des syndicats du secteur de la chimie d’Argentine, du Brésil, de Colombie, du Chili et d’Uruguay ont partagé leurs expériences sur la situation de l’industrie chimique dans ces pays et le reste du monde. On y a pris note des défis auxquels sont confrontés les travailleurs dans un contexte de crise économique, d’attaques envers la démocratie, d’expansion du travail précaire et du besoin de promouvoir un emploi durable.

“Il est clair que les temps ne sont pas faciles. Des politiques antisyndicales posent d’importants problèmes et défis. Nous devons syndiquer et construire notre force collective partout dans le monde de manière à pouvoir défendre nos droits et nos intérêts par rapport aux attaques des gouvernements et des entreprises. Nous construisons des réseaux à l’échelle des secteurs pour promouvoir la coopération, en particulier en Amérique latine. Nous devons améliorer les communications et nous concentrer sur des problématiques comme la santé et la sécurité ainsi que l’externalisation,” a indiqué à l’entame de la réunion le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union Kemal Özkan.

La construction de réseaux syndicaux à l’échelle du secteur était l’un des principaux points en débat au cours de la rencontre. Ceux qui étaient présents ont souligné l’importance des réseaux dans la promotion de la démocratie et de la solidarité internationale. Les syndicats des industries chimiques peuvent s’en servir pour échanger des informations sur les secteurs, les entreprises, les conventions collectives et les stratégies de recrutement d’adhérents. L’ensemble de ce type de données est indispensable pour la construction d’une action internationale commune.

Les participants ont lancé le processus de mise en place des réseaux par l’échange d’informations générales. Les représentants d’IndustriALL, Kemal Özkan, Jorge Almeida, Secrétaire régional d’IndustriALL et Marino Vani, secrétaire régional adjoint, ont fait des interventions sur la situation actuelle du secteur au plan mondial. Les délégués ont ensuite chacun fait un exposé sur la situation de leur région.

“Nous avons fait beaucoup de progrès dans le sens de la formation des réseaux, mais il existe encore une certaine résistance à cet égard au sein du mouvement syndical. Certaines personnes en comprennent l’importance. D’autres pas, voulant des résultats immédiats, ce qui est impossible. Je pense que nous devons nous atteler à convaincre les travailleurs et travailleuses de l’importance des réseaux. La CUT et Força Sindical se sont engagées à le faire au Brésil, mais cela doit être un processus permanent,” a indiqué Sérgio Luis Leite, président de FEQUIMFAR et coprésident de la section de la chimie d’IndustriALL.

Tout au long de la réunion, un débat dynamique s’est tenu sur le syndicalisme et les relations sociales au sein des secteurs de la chimie, de la pharmacie et de la pétrochimie en Amérique latine et aux Caraïbes. La réunion a souligné le besoin d’augmenter les effectifs syndicaux, de combattre l’externalisation et d’améliorer la solidarité en réponse aux pertes d’emploi constantes.

Les participants ont souligné leur intention de former des réseaux forts pour promouvoir le dialogue social entre les travailleurs, les employeurs et les gouvernements. Ils ont indiqué qu’en cette période de crise, il était nécessaire de se battre pour maintenir les acquis des travailleurs et que l’assistance des gouvernements dans cette tâche était cruciale.

Les femmes ont apporté une contribution importante à la réunion. Une oratrice a insisté sur la nécessité d’assurer la participation des femmes à ce type de réunion et de les encourager à assister au prochain congrès mondial d’IndustriALL qui se tiendra à Rio de Janeiro.

Dans un geste de solidarité, les participants ont rédigé un courrier de soutien au processus de paix en Colombie et ont exhorté les travailleurs et travailleuses du pays à le soutenir. Les conclusions tirées par la réunion déclarent que les syndicats vont élargir la portée de leurs débats pour y inclure d’autres problématiques du secteur comme la durabilité, l’environnement et la quatrième révolution industrielle.

Enfin, Kemal Özkan et Sérgio Luis Leite ont assisté au lancement du Forum inter-syndical sur la chaîne de valeur des médicaments au siège du PIT CNT. Le Ministre uruguayen du Travail et de la Sécurité sociale, Ernesto Murro et la Ministre de l’Industrie, Carolina Cosse, y ont également participé et ont déclaré soutenir l’initiative pour aider à en faire un succès.

Les syndicats asiatiques de la confection se battent pour des salaires plus élevés

L’atelier, qui s’est tenu les 28 et 29 juillet 2016, avec l’appui de la FES, a permis aux syndicats de discuter des problèmes auxquels ils sont confrontés pour parvenir à des augmentations des salaires minimaux ainsi que des possibilités qui s’offrent à eux pour faire campagne en faveur de mécanismes plus efficaces.

Les affiliés ont tous fait face à des difficultés accrues pour obtenir des hausses des salaires minimaux dans les cas de faibles taux de syndicalisation, et indiqué que le non-respect et la non-application effective des salaires minima sont des problèmes permanents. Ils ont cependant signalé avoir obtenu certaines avancées après avoir mené des campagnes vigoureuses en faveur de la résolution de ces problèmes.

Aux Philippines, le salaire décent est une question prioritaire pour les syndicats qui s’unissent autour de cette cause. Ils prennent pour référence le salaire minimum pour obtenir des augmentations de salaires lors des négociations des conventions collectives et ont constitué une association nationale des travailleurs touchant un salaire minimum, leur permettant d’organiser de nombreux travailleurs contractuels et intérimaires précaires, pouvant adhérer individuellement.

Les syndicats indonésiens ont pour objectif d’accroître le nombre d’éléments servant de base au calcul du salaire minimum et de négocier 40 pour cent de conventions collectives supplémentaires. Suite à la modification de la loi opérée pour indexer le taux salarial minimum à l’inflation et à la croissance économique, ils se battent pour avoir le droit de militer à nouveau en faveur d’augmentations salariales plus importantes, du fait que les pourcentages de hausse standards accroîtront les disparités entre les régions avec des taux salariaux minimaux différents.

Les nombreux conflits et grèves qui ont eu lieu à Myanmar ont abouti, en 2013, à l’établissement d’un comité chargé de la question du salaire minimum national, qui inclut les syndicats. Suite aux négociations, l’instauration du premier salaire minimum pour les travailleurs de Myanmar a été annoncée en août 2015. Au Cambodge, l’instauration d’une révision annuelle du salaire minimum pour le secteur de la confection résulte de l’histoire sanglante de contestations et de violences qu’a connue le pays. Les syndicats sont en train d’analyser une enquête salariale sur le coût de la vie afin d’établir leurs revendications pour 2017.

Au Bangladesh et en Thaïlande, les syndicats rencontrent des difficultés spécifiques pour mobiliser en faveur de l’obtention de salaires plus élevés. La dernière hausse du salaire minimum au Bangladesh date de 2013, suite à l’effondrement du Rana Plaza et à l’agitation sociale qui en a suivi. Aujourd’hui, la situation sécuritaire du pays après la vague d’attaques terroristes ayant touché Dacca rend toute campagne difficile. Néanmoins, les syndicats s’efforcent d’adopter une position commune en matière de revendication salariale. En Thaïlande, les syndicats font campagne pour un salaire minimum de 356 US$, le salaire minimum actuel de 300 US$ n’ayant pas augmenté depuis 2011. Le régime militaire interdit néanmoins les rassemblements publics syndicaux.

Le Vietnam est le seul pays de la région bénéficiant d’une convention collective sectorielle. Négociée pour la première fois en 2010, celle-ci concerne principalement les entreprises publiques et les sociétés par actions. Des efforts sont toutefois déployés pour que la convention soit étendue à un plus grand nombre d’entreprises du secteur privé. La convention établit des conditions-cadres dans l’industrie et comporte des clauses, y compris en matière de salaires, plus élevées que ce qu’exige la loi, en plus d’encourager les conventions au niveau des entreprises, pour l’obtention d’avantages encore plus élevés.

Les affiliés ont convenu de la nécessité de développer les négociations sectorielles dans chaque pays comme le meilleur moyen de garantir des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail, conformément à l’accord ACT conclu entre IndustriALL et les principales marques de confection. Tout en militant en faveur de la négociation sectorielle, les syndicats continueront d’adopter une approche plus stratégique en matière de négociation de conventions collectives au niveau des entreprises. Plusieurs exemples ont été donnés sur les stratégies suivies :

Les représentants d’autres organisations syndicales actives dans la région, telles qu’ITUC, Solidarity Center et APHEDA, ont participé à la réunion au cours de laquelle ils se sont engagés à sans cesse appuyer les campagnes syndicales menées en faveur de salaires décents.

Un secteur de la pâte et de la cellulose voudrait créer une fédération dans une région

"Nous voulons créer un réseau de travailleurs en Amérique latine, sans entrave politique. Nous voulons renforcer le secteur du papier et améliorer les droits des travailleurs en promouvant l'unité et améliorant la syndicalisation partout où nous le pouvons. L'idée est de protéger, de conjuguer nos forces, de croître et d'encourager les syndicats participants à s'affilier à IndustriALL," explique Washington Cayaffa, de la FOPCU, en Uruguay.

Les syndicats du secteur du papier et de la cellulose de la région affiliés à IndustriALL Global Union se sont réunis à Montevideo, en Uruguay, les 26 et 27 juillet. Le but était d'échanger des expériences et de se tenir au courant de la situation du secteur dans des pays tels que l'Argentine, le Chili, le Brésil, l'Uruguay et la Colombie.

"Cette réunion se tient à un moment très important pour la région. Le monde est en crise et le mouvement syndical se bat pour atténuer ses effets. Le grand capital et de nombreux gouvernements voudraient supprimer ou changer les droits des travailleurs pour réduire l'impact de cette crise," a expliqué Jorge Almeida, le Secrétaire régional d'IndustriALL, au début de la réunion.

Des représentants de syndicats brésiliens ont expliqué que, bien que le secteur de la cellulose ne soit pas en crise dans leur pays, ils sont prêts à aider des pays en difficulté. Ils ont aussi invité les syndicats à rejoindre la Fédération des syndicats de l'industrie du papier du Mercosur (FESPAM) qui s'est créée en 1986. Ils ont invité tous les syndicats de la région à le faire, même s'ils ne font pas partie du bloc commercial du Mercosur. Le but de cette fédération est de rassembler les syndicats pour répondre aux problèmes qui affectent tous les travailleurs, comme le travail précaire, les bas salaires et l'externalisation.

"Le cancer de l'externalisation est un problème de dimension mondiale. Heureusement, en Amérique latine, nous sommes en mesure d'organiser les syndicats et de nous développer. Nous devons créer des réseaux afin que, dans chaque pays, chaque syndicat progresse autant que possible," a déclaré Arturo Cajamarca de SINTRACOL, Colombie.

Les syndicats présents à la réunion ont déclaré vouloir qu'IndustriALL joue un rôle prépondérant dans le secteur de la cellulose qui devient une industrie de premier plan dans la région. Tom Grinter, Responsable de la recherche à IndustriALL, qui représentait le siège du syndicat mondial, a dit que le but est de s'unir et d'œuvrer ensemble pour obtenir des améliorations pour tous.

Le représentant régional de la fondation finlandaise SASK, Patricio Samborino, a insisté sur le soutien de son organisation :

"En Finlande, les industries du papier et de la cellulose sont les deuxième et troisième sources de recettes du pays. Ce secteur est extrêmement important pour l'ensemble du pays. Nous ne devons pas nous laisser isoler; nous devons agir ensemble, tout comme le font les entreprises. Nous ne devons pas nous laisser mettre de côté. Le but est de créer des réseaux dans une même structure qui nous unit tous. L'idée est de lutter pour les droits des travailleurs et de proposer aux gouvernements une nouvelle manière de développer le secteur," a déclaré Patricio.

Les travailleurs ont élaboré un plan d'action pour améliorer la communication entre les participants afin de renforcer le réseau syndical et de promouvoir la solidarité. Tous ceux qui étaient là ont souligné qu'il est important d'agir pour combattre les problèmes que rencontrent les travailleurs du secteur, comme l'externalisation et le travail précaire.

Les participants estiment que les lettres envoyées aux entreprises et aux gouvernements pour exprimer des messages de solidarité et de soutien sont efficaces mais que ce n'est pas suffisant. Il faut renforcer la solidarité internationale en améliorant les communications par le biais de réseaux dédiés à l'action mondiale.

Ils ont décidé de préparer des lettres à l'attention du préfet de Coelho Neto, dans l'État de Maranhão, au Brésil, et au gouverneur de ce même État, pour plaider la cause des travailleurs employés par Agrimex SA et Itapagé SA., qui sont en grève depuis quatre mois parce que ces entreprises refusent de leur verser les salaires et les prestations qu'elles leur doivent.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union Kemal Özkan a conclu en ces termes :

"Lorsqu'un conflit éclate, en particulier dans le secteur du papier, nous devons réfléchir et anticiper l'action que nous devrons mener pour surmonter d'éventuels défis. Mais il est tout aussi important de se doter de communications efficaces. Nous devons pouvoir utiliser la technologie et forcer les employeurs et les politiciens à s'intéresser à nous, parce que nous devons interagir avec les gouvernements, les partis politiques et les employeurs si nous voulons avoir la moindre influence sur eux.

"C'est pourquoi ces réunions ont une telle importance. Il est essentiel de coopérer et de créer des réseaux régionaux et participer à des réseaux mondiaux. Il faut que les gens s'impliquent dans ce processus," a-t-il ajouté.