Les femmes syndicalistes en Asie du Sud-Est développent leurs compétences en matière d’égalité des genres et de promotion de leurs droits

Quarante-et-une femmes leaders syndicalistes issues des affiliés d’IndustriALL Global Union en Indonésie ont suivi une formation sur l’égalité des genres ainsi que la santé et la sécurité professionnelles à Djakarta ces 8 et 9 août 2016. La formation visait à donner à ces femmes les compétences et les connaissances nécessaires pour intégrer les problématiques liées à la santé reproductive et maternelle des femmes aux politiques en matière de santé et sécurité sur le lieu de travail.

Des représentants du Ministère de la main d’œuvre et de la santé avaient été invités à présenter la législation actuelle qui couvre la santé et la sécurité des femmes, y compris les dispositions en matière d’allocation de maternité. Ces représentants se sont déclarés favorables à un dialogue social avec les travailleurs et travailleuses en particulier s’agissant des questions et préoccupations des femmes et de la santé maternelle.

Des exercices d’apprentissage en groupe, comme l’identification des dangers en matière de santé reproductive pour les femmes et les hommes sur le lieu de travail ont permis d’augmenter la sensibilisation en matière de santé et sécurité professionnelles. Par des illustrations et des dessins de leurs propres lieux de travail, elles ont été en mesure d’identifier des cas concrets de dangers en matière de santé et sécurité professionnelles. Il leur a également été demandé de dessiner un corps humain avec les zones clés affectées par ces dangers.

Par le biais de ces exercices, ces femmes ont été en mesure de concevoir des plans et des stratégies sur les manières de réagir aux risques professionnels. La constitution d’une équipe chargée de la santé et de la sécurité professionnelles et l’inclusion de femmes en son sein est l’une des stratégies identifiées pour répondre aux problématiques et préoccupations des femmes en matière de santé et sécurité professionnelles. Les plans prévoient également d’initier un dialogue avec le Ministère de la Santé pour plaider en faveur de l’amélioration de la législation sur la protection de la maternité et de pousser ensuite à la ratification de la Convention 183 de l’OIT sur la Protection de la Maternité.

Aux Philippines, trente femmes ont été formées à la promotion des droits. Un passage en revue de la législation actuelle et des normes internationales concernant les femmes faisait partie de la formation. Lorna Ferrer, la coordinatrice de projet d’IndustriALL sur les questions de genres et la protection de la maternité a fait le point sur la campagne actuelle concernant l’égalité des genres et la protection de la maternité.

Des représentantes d’organisations faisant partie du réseau qui milite pour l’amélioration de la législation et la ratification de la Convention de l’OIT ont été invitées à partager leurs expériences. Chacune a partagé son expérience s’agissant de soutenir des législations et définir des priorités à cet égard ainsi que s’agissant du processus complexe de ratification de conventions de l’OIT. Elles ont encouragé les femmes présentes à ne pas renoncer à mettre en avant leurs revendications et à étendre leurs réseaux de soutiens permettant de mettre la pression sur le gouvernement.

Les participantes ont approfondi leur compréhension des défis liés à la promotion des droits et à la mise en œuvre de campagnes. Bien que plaider en faveur de droits n’est pas simple, ces femmes se sont engagées à travailler dur et à concentrer leurs efforts en vue de faire adopter un projet de législation visant à étendre la protection de la maternité et à la ratification de la C183 de l’OIT par leur pays.

Elles sont convenues de faire campagne pour un congé de maternité de maximum 120 jours et minimum 98 jours, dans la lignée des normes de l’OIT. Une planification de la campagne sera établie pour affiner et fixer les plans concernant la campagne sur la protection de la maternité.

Ces mêmes formations seront dispensées au Cambodge et en Thaïlande en septembre et octobre. La formation sur la promotion de l’égalité des genres au sein des organisations syndicales se poursuivra au Myanmar sachant que davantage de femmes, en particulier dans le secteur des mines, doivent être sensibilisées à ces questions.

Des activités de campagne synchronisées sont prévues pour la célébration de la Journée mondiale du Travail décent, le 7 octobre, avec pour objectif de campagne principal une amélioration de la protection de la maternité.

Uruguay : le syndicat du papier tente de négocier la réembauche de 270 travailleurs

La situation de l’Usine à papier nationale (Fanapel) en Uruguay est critique.

Récemment, l’entreprise qui a été fondée en 1898 a licencié 270 salariés. La justification de l’entreprise est qu’elle a été forcé ed’arrêter la production en raison de difficultés à écouler ses produits auprès de ses partenaires principaux en Argentine, Brésil et Chili.

Depuis le 9 août et l’annonce de la décision de l’entreprise, le Syndicat des travailleurs du papier et de la cellulose (CUOPYC), représenté par la Fédération des travailleurs du papier et du carton d’Uruguay (FOPCU), lui-même affilié à IndustriALL Global Union, cherche par le biais du dialogue et de négociations de faire réembaucher ces travailleurs.

Lors de la dernière réunion entre l’entreprise, le ministère du travail et de la sécurité sociale et le syndicat, le ministère a proposé que les travailleurs prestent 20 jours par mois et que le reste soit couvert par des indemnités de chômage. De cette manière, ils seraient en partie couverts par l’assurance chômage en fonction de la demande de production requise par l’entreprise.

Bien que le syndicat a commencé par accepter cette proposition, l’entreprise a décidé que les travailleurs devraient reprendre le travail le lundi 22, ce qui a tendu la situation.

“Notre fédération connaît ce problème depuis deux semaines. Nous étions en train de travailler sur la question d’une assurance chômage partielle lorsque l’entreprise a décidé qu’ils devraient reprendre le travail le lundi 22, ce qui privait ces travailleurs du bénéfice de l’assurance chômage, sachant qu’ils n’ont pas derrière eux la période légale requise pour y avoir droit.

“La direction n’a aucun plan pour remédier à cette situation. Quoi qu’il en soit, le syndicat est prêt à chercher des alternatives et le ministère du travail a également donné des assurances”, a indiqué le Président du FOPCU Julio Burgueño.

Burgueño a expliqué que la situation crée l’incertitude parce que l’entreprise n’a toujours pas fait de propositions claires. Cependant, les négociations se poursuivront jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée qui soit au bénéfice de tous les travailleurs.

Jorge Almeida, Secrétaire régional d’IndustriALL, a déclaré :

“IndustriALL a suivi de près les événements chez Fanapel et a soutenu les travailleurs et le FOPCU, tout en insistant dans le même temps auprès de l’entreprise pour qu’une solution juste au conflit soit trouvée par le biais du dialogue.”

Grève des travailleurs turcs en réponse à l’antisyndicalisme de la compagnie coréenne Hyosung

Bafouant le droit, Hyosung, une compagnie textile sud-coréenne, a refusé de reconnaître, durant cinq ans, DİSK/Tekstil, affilié d’IndustriALL Global Union. Les membres du syndicat sont actuellement en grève à l’usine située à Çerkezköy, en Turquie, appartenant à la compagnie.

Ouverte en 2008, l’usine textile emploie 339 travailleurs. En 2011, le droit du travail turc a reconnu légalement le syndicat après qu’il ait recruté une majorité de travailleurs, et le Ministre turc du travail et de la sécurité sociale a confirmé l’atteinte par DİSK/Tekstil de la majorité légale nécessaire pour être considéré comme le partenaire légitime du dialogue social.

La compagnie a toutefois contesté la décision ministérielle dans un recours ayant traîné en longueur durant cinq ans, qu’elle a mis à profit pour tenter de détruire le syndicat, au moyen de pressions et d’intimidations, ainsi qu’en contraignant les travailleurs à choisir entre leur travail et leur adhésion au syndicat.

Les conditions de travail au sein de l’usine sont mauvaises, et les lois en matière d’environnement, de santé et de sécurité seraient violées selon le syndicat. Le taux élevé de chômage dans la région permet à l’employeur d’agir impunément. Hyosung a même adopté certaines des propositions de DİSK/Tekstil en les présentant comme ses propres initiatives afin de décrédibiliser le syndicat.

Le conflit a finalement été porté devant la Cour suprême, qui a reconnu, en septembre 2015, le droit du syndicat à bénéficier d’une convention collective. Sur la base de cette décision, le Ministre a délivré un certificat de négociation collective en janvier 2016.

Néanmoins, la compagnie s’est gardé de répondre à toute communication, et a refusé d’entrer en négociation pour établir une convention collective ou participer à un arbitrage.

En signe de protestation, IndutriALL a écrit au siège de Hyosung en Corée du Sud en juin, sans recevoir non plus de réponse.

DİSK/Tekstil a commencé à faire grève le 18 août 2016 dans le but d’obliger la compagnie à s’assoir à la table des négociations.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Le comportement de Hyosung constitue une violation flagrante du droit du travail turc ainsi que des normes internationales du travail fondamentales, notamment la Convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du travail.

« Nous demandons instamment à la compagnie de mettre fin à ses pratiques antisyndicales, de respecter le jugement de la Cour suprême et les désirs de ses employés, ainsi que de reconnaître le syndicat.

« Nous sommes fermement résolus à soutenir notre affilié DİSK/Tekstil jusqu’à ce que ce conflit soit gagné ».

Les entreprises sud-coréennes ont mauvaise réputation en matière des droits du travail en Turquie et dans le monde entier. Le modèle sud-coréen est considéré comme un modèle au sein duquel les intérêts du capital sont protégés par l’Etat. La récente et préoccupante répression des droits syndicaux en Corée du Sud permet de penser que les compagnies multinationales du pays croient qu’elles peuvent exporter leur façon de faire des affaires sans aucune considération des lois locales.

Victoire des travailleurs de la pétrochimie sud-africaine après une grève de trois semaines

Il marque ainsi l'aboutissement d'une grève de trois semaines qui a débuté le 28 juillet, appuyée par 15.000 travailleurs des raffineries de pétrole, dont les plus grandes exploitées par Chevron, Shell, BP et Sasol.

Cette grève a perturbé l'approvisionnement de la province de Gauteng où se trouvent les deux plus grandes villes du pays, la capitale Pretoria et la métropole de Johannesburg, poumon industriel du pays.

Bien que l'impact quantitatif de la grève ne fut pas exceptionnel, elle a contraint les employeurs à recourir à des mesures d'urgence pour éviter une pénurie de carburant dans le pays.

Au départ, les travailleurs réclamaient notamment une hausse des salaires de 9% pour compenser un taux d'inflation de 6,3%. Suivant la nouvelle convention, les employeurs appliqueront une majoration de 7% cette année et une autre de 1,5% l'année prochaine. Les travailleurs percevront ce supplément avec effet rétroactif au mois de juillet.

La nouvelle convention accède aussi, mais à un taux réduit, à une revendication des travailleurs pour une prime de quart.

Les travailleurs devraient reprendre le travail lundi 22 août.

Commentant l'accord qui a été signé, le négociateur-en-chef du CEPPWAWU, Jerry Nkosi, a déclaré "La grève est globalement un succès; elle s'est achevée par une victoire pour les travailleurs et une amélioration de leurs conditions. Il est cependant préoccupant de voir que certaines firmes, dont Sasol et Total à la raffinerie de Natref, ont recouru à des tactiques antisyndicales en versant aux travailleurs une prime pour ne pas participer à la grève. Or, cette manœuvre s'est retournée contre elles, ce qui explique l'arrêt des versements, mais elle avait déjà sapé le moral d'autres travailleurs d'autres établissements, comme Engen, Shell et BP. Cela a aussi compliqué la tâche du syndicat."

Turquie : IndustriALL réitère son appel à une démocratie à part entière alors que la répression qui atteint les droits fondamentaux s’intensifie

IndustriALL condamne sans aucune équivoque le coup d’État du 15 juillet. Alors que le régime Erdoğan est devenu de plus en plus anti-démocratique, un coup d’État militaire mené par une autre faction de l’élite n’est pas une solution aux problèmes auquel fait face le pays. La Turquie a besoin de davantage de démocratie, pas d’un déficit accru dans ce domaine.

La tentative a été censément menée par des membres d’une congrégation fondée par le religieux Fethullah Gülen, en exil volontaire, et battue en brèche par de simples citoyens réunis pour défendre la démocratie. Sans base populaire, elle ne pouvait pas réussir.

Cependant, le régime Erdoğan a saisi l’opportunité de ce coup d’État pour suspendre la démocratie et déclarer trois mois d’état d’urgence dans l’ensemble du pays, ce qui a été approuvé par le parlement le 21 juillet par une majorité de 346 votes (AKP et MHP) contre 115 (CHP et HDP), ceci pour la première fois depuis la dictature militaire de 1980. Le pays est maintenant géré par le biais de décrets et ordonnances du gouvernement soumis à l’approbation du Parlement après leur publication.

Dans le mois qui a suivi le coup d’État, le gouvernement s’est engagé dans une répression de grande ampleur, pas seulement à l’encontre des conspirateurs supposés, mais aussi contre toute opposition démocratique et contre la société civile, en prétendant qu’elles sont également liées à la tentative de coup d’État manquée. Il apparaît que tout cela a tourné à la chasse aux sorcières.

À ce stade, environ 80.000 personnes ont été suspendues de leurs fonctions et quelque 5.000 ont été renvoyées. Selon des estimations récentes, plus de 20.000 personnes ont été privées de liberté et nombre d’entre elles restent en détention. Parmi elles, des milliers de professeurs et d’enseignants, des journalistes, des fonctionnaires, des juges et mêmes des entraîneurs de football.

Des images et des rapports rendus publics indiquent que nombre de ces travailleurs sont des adhérents syndicaux qui ont été suspendus de leurs fonctions en dehors de toute procédure équitable, certains étant même soumis à des passages à tabac et de la torture.

La Convention européenne des Droits de l’Homme a été suspendue par le gouvernement et  plus de 130 titres de presse et stations de TV ou de radio ont été réduits au silence. Des écoles, des hôpitaux et des entreprises ont été fermés, des locaux de partis politiques et de syndicats ont fait l’objet de descentes et des propriétés privées ont été confisquées.

Ceci s’ajoute à une répression existante des droits des travailleurs qui a vu nos affiliés turcs se battre pour défendre leurs adhérents dans des conditions extrêmement difficiles.

IndustriALL Global Union partage la profonde préoccupation de ses organisations sœurs, l’Internationale de l’Éducation et l’Internationale des Services Publics quant à l’existence en Turquie de violations persistantes et de grande échelle des normes fondamentales de l’Organisation internationale du Travail.

IndustriALL est d’avis qu’en l’absence de preuves crédibles démontrant des activités illégales dans le but de faire tomber le gouvernement turc aucun travailleur ne devrait ainsi être suspendu ou renvoyé.

L’état d’urgence donne aux gouverneurs des droits étendus pour intervenir de manière arbitraire et arrêter des activités syndicales comme interdire l’impression et la distribution de dépliants ou tout autre bulletin syndical.

IndustriALL soutient l’appel à arrêter d’utiliser la tentative manquée de coup d’État comme excuse à une répression syndicale. Les syndicats partout dans le monde ont condamné cette répression et appelé à la solidarité dans la défense de la démocratie et des droits des travailleurs en Turquie. En plus des positions prises par les affilés d’IndustriALL de par le monde, les Fédérations syndicales internationales sœurs, la CSI et la FES, ont exprimé leur grande préoccupation face aux purges et la Fédération internationale des Journalistes a dénoncé la détention d’une multitude de journalistes.

IndustriALL est profondément préoccupée par l’évolution de la situation en Turquie et se tient solidairement aux côtés de ses affiliés turcs ainsi que du peuple de Turquie dans la lutte pour la démocratie.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Nous exigeons que ceux qui sont à l’origine du coup d’État et la mort de 249 personnes innocentes soient identifiés et rendus responsables de leurs actes dans le cadre d’une procédure judiciaire transparente.

“Ce coup d’État ne doit pas être utilisé pour justifier la répression de groupes d’opposition, de la société civile et de syndicats.

“Nous exigeons que les autorités turques respectent et appliquent les droits fondamentaux conformément aux normes internationales et européennes auxquelles le gouvernement a déjà souscrit.

“La Turquie a besoin de démocratie et de paix, de sorte que ses citoyens puissent y exercer librement leurs croyances, exprimer leurs opinions et vivre dans la dignité. Nous allons poursuivre notre soutien à nos affiliés et au peuple de Turquie dans la lutte pour la démocratie”

Percée pour les travailleurs de Ansell au Sri Lanka

Quelque 281 travailleurs et travailleuses de Ansell Lanka, une filiale à 100% de Ansell Limited au Sri Lanka, ont été mis à la porte en novembre 2013 après avoir mené une action de grève en soutien à 11 collègues et délégués du FTZGSEU démis de leurs fonctions. Bien que le licenciement des grévistes a été entériné par la plus haute cour du Sri Lanka, IndustriALL et le FTZGSEU ont engagé un dialogue long mais constructif avec Ansell pour solutionner ces problèmes.

Dans le cadre d’un Protocole d’Accord signé entre Ansell Limited, IndustriALL et le FTZGSEU le 5 août 2016, Ansell déclare s’attendre à pouvoir réengager nombre de ses anciens salariés lorsqu’il proposera des centaines de nouvelles offres d’emploi sur son site sri-lankais au sein de la zone franche industrielle pour l’exportation de Biyagama. Ansell propose également des plans de pension anticipée pour plus de 40 travailleurs.

Bien que le FTZGSEU n’a pas une représentativité suffisante pour être un partenaire social officiel pour les négociations collectives au sein de l’usine de Ansell Lanka, l’entreprise a accepté de ne pas prendre de mesures pour empêcher le FTZGSEU de mener des activités légales et raisonnables en vue d’organiser syndicalement les travailleurs et travailleuses de Ansell Lanka. Ansell a réaffirmé son engagement par rapport aux droits de l’ensemble des salariés à la liberté syndicale. L’entreprise accepte également de ne pas pratiquer de discrimination à l’égard des travailleurs et travailleuses qui seraient réengagés et qu’elle assumera une attitude positive à leur égard et par rapport à leur réengagement.

Le Co-secrétaire du FTZGSEU, Anton Marcus, a déclaré :

Nous saluons cette offre de Ansell et espérons qu’elle marque le début d’une amélioration des relations avec l’entreprise. Nous louons la force et la solidarité montrées par les travailleurs et nous comptons bien que tous ceux qui le voudront et qui sont qualifiés pour réintégrer Ansell Lanka y seront réengagés. Nous remercions IndustriALL et les syndicats partout dans le monde pour leur soutien solidaire qui a été déterminant pour permettre d’obtenir cet accord.

Ce Protocole d’Accord referme une plainte auprès de l’OCDE déposée par IndustriALL contre Ansell en novembre 2013.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré :

Nous sommes heureux d’en être arrivés à cet accord avec Ansell et que près de 300 travailleurs et travailleuses vont enfin entrevoir un avenir meilleur. Nous voyons ceci comme le point de départ d’un nouveau chapitre et de relations sociales constructives entre IndustriALL, Ansell et nos affiliés au Sri Lanka ainsi que dans les autres pays où l’entreprise est active.

Il y aura des réunions de suivi avec Ansell dans les trois et six prochains mois afin de contrôler l’exécution du Protocole d’Accord.

Tamil Nadu, Inde : les travailleurs de la confection obtiennent une hausse des salaires minimums

Les années de lutte des travailleurs de la confection de Tamil Nadu se sont révélées payantes après le rejet de la Haute Cour de Madras d’environ 550 requêtes des employeurs de l’industrie de la confection opposés au décret gouvernemental visant à augmenter les salaires minimums des travailleurs de l’industrie de la confection.

Ces derniers ont été révisés pour la dernière fois en 2004. Toute révision a été bloquée par les employeurs, qui ont saisi, en 2005, la Cour sur cette question.

En 2012, le gouvernement a constitué un comité consultatif et, en octobre 2014, émis un décret annonçant une nouvelle révision des salaires minimums dans l’industrie de la confection. Aussi, le salaire minimum d’un tailleur, correspondant au poste le plus qualifié, est de 8 480 Rs (127 US$), tandis qu’un aide, poste le moins qualifié, recevra 7 201 Rs (107 US$).

Bien que la révision des salaires soit légère, les employeurs ont continué d’adresser des requêtes à la Cour pour qu’elle annule le décret gouvernemental. Les syndicats des travailleurs de la confection ont également fait appel à la Cour pour s’y opposer et faire appliquer les révisions salariales.

Le 15 juillet, la Haute Cour de Madras a jugé que le décret gouvernemental devait être respecté, et statué que:

« les salaires minimums notifiés doivent être payés aux travailleurs par les requérants/la direction à la date de l’avis, telle que publiée dans la Gazette du gouvernement, à savoir depuis décembre 2014, et dès cette date ».

La Cour a par ailleurs enjoint les employeurs de payer les salaires minimums ainsi que les arriérés dans un délai de deux mois depuis la date de la réception du jugement de la Cour, ainsi que les intérêts de 6 pour cent, de la date de la notification à la date de paiement.

Néanmoins, la traduction dans les faits du paiement des nouveaux salaires demeure, même après l’arrêt de la Cour, un sujet de préoccupation majeure du fait qu’un grand nombre de travailleurs ne sont pas informés sur la révision des salaires. En outre, le gouvernement de Tamil Nadu a ouvert une brèche en annonçant, en janvier 2016, un ensemble différent de salaires minimaux très bas pour l’industrie de la bonneterie, qui favorisera le non-paiement de salaires plus élevés par les employeurs.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régional d’IndustriALL Global Union pour l’Asie du Sud, a déclaré:

« La majorité des fonctionnaires sont des travailleurs précaires rémunérés à la pièce et payés à la semaine, sans contrat de travail permanent. Les employeurs ne régularisant pas l’emploi des travailleurs précaires, ceux-ci sont forcés de changer fréquemment d’usines. En outre, la présence des syndicats dans les usines de confection à Tamil Nadu est très faible comme les employeurs résistent fermement à la formation de syndicats.

« Ensemble, ces facteurs rendent difficile le paiement des salaires minimums obligatoires et des arriérés aux travailleurs. Il est impératif que nous organisions des syndicats forts parmi les travailleurs de la confection afin de veiller à ce que les nouvelles dispositions soient appliquées ».

Le syndicat GFWU des travailleurs de la confection et du prêt-à-porter, qui a joué un rôle central en tant que représentant des travailleurs, s’est félicité du jugement de la Haute Cour et a demandé l’application de l’arrêt de celle-ci dans la lettre et dans l’esprit.

« Indépendamment de l’usine dans laquelle ils travaillent, tous les travailleurs de la confection doivent être considérés sur un pied d’égalité et les salaires minimums appliqués de la même façon à tous les travailleurs ».

Global Worker : rendre proches les problématiques du syndicalisme international

La répartition de la production liée aux entreprises multinationales (EMN) dans le monde entier a favorisé la croissance de l’emploi dans de nombreux pays. Et elle a amené de nouveaux défis pour le mouvement syndical. Comment les EMN peuvent-elles être tenues responsables des violations des droits du travail au sein de leur chaînes d’approvisionnement en l’absence de dispositions et de mécanismes d’application au plan international ? Droits des travailleurs au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales

Les travailleurs de ce secteur sont confrontés à des conditions de travail dangereuses et précaires, avec très peu de formation, d’équipement de sécurité et de services médicaux, tout cela pour des salaires de misère. Assainir la démolition des navires, métier le plus dangereux du monde

Entretien avec la dirigeante syndicale irakienne Hashmeya Alsaadawe

Avec une base d’adhérents en régression, le syndicat suédois, affilié d’IndustriALL, Unionen était confronté à un défi : recruter ou mourir. Les super-héros à la rescousse

Depuis janvier 2015, IndustriALL compte parmi ses membres deux affiliés du Myanmar. Dans un pays où les syndicats n’ont été légalisés que depuis 2012, la syndicalisation et la formation sont cruciales pour bâtir une force syndicale. Myanmar, nouvelle frontière syndicale

Mettre la pression sur les chaînes d’approvisionnement, établir des coalitions et des réseaux, avoir une stratégie de communication et collecter des données sur l’entreprise sont des éléments vitaux d’une campagne syndicale. Mais c’est la solidarité des travailleurs et travailleuses par-delà les frontières qui, encore et toujours, fait la différence et donne la victoire. IndustriALL : campagnes, recrutements et victoires

Vous pouvez consulter ici tous les dossiers et rapports publiés depuis 2013. Abonnez-vous pour vous assurer de recevoir le prochain numéro en décembre !

CUT et Força Sindical agissent ensemble pour défendre les droits des travailleurs au Brésil

“Nous répétons notre position qui est que nous n’acceptons aucune proposition ou négociation sur la suppression de droits des travailleurs ou de dispositions de la sécurité sociale, ni sur toute précarisation supplémentaire des relations de travail,”

déclare un communiqué de presse officiel des dirigeants des organisations Força Sindical, CUT, União Geral dos Trabalhadores, Central dos Trabalhadores e Trabalhadoras do Brasil et Nova Central Sindical de Trabalhadores.

Les syndicats brésiliens affiliés à IndustriALL qui font partie de la CUT et de Força Sindical ont participé à cet événement. Ils ont arrêté le travail et tenu des rassemblements devant les bureaux des principales fédérations des employeurs dans toutes les villes du Brésil.

Au cours des derniers mois, les travailleurs ont fait campagne contre l’approbation de projets de loi du Congrès qui réduiraient leurs droits et prestations sociales. Ils combattent également les licenciements de masse, mais en dépit de ces constants efforts et campagnes, le gouvernement semble vouloir soutenir la flexibilisation des droits des travailleurs et d’autres dispositions qui légaliserait le travail précaire.

“Cette Journée nationale d’Action est un avertissement au gouvernement et aux employeurs. Nous ferons tout ce qui est possible pour entraver l’augmentation de l’exploitation et la suppression de nos droits. Cette action n’est qu’une étape sur le chemin qui nous mène à une grève générale,” a indiqué le Président national de la CUT, Vagner Freitas.

Le Président de Força Sindical, Paulo Pereira da Silva, a déclaré :

“Les employeurs s’adressent au gouvernement (ainsi qu’aux pouvoirs législatif et judiciaire) pour lui dire qu’il doit prendre en compte les priorités de la réforme, comme la sécurité sociale. Les travailleurs veulent trouver les moyens d’augmenter les pensions, mais les employeurs sont persuadés que la seule manière d’y arriver est en réduisant les droits. Nous ne sommes pas d’accord avec cette thèse et devons nous y opposer.”

Lors des rassemblements tenus partout au Brésil, les dirigeants ont souligné l’importance de maintenir l’unité des centrales syndicales pour la défense de la classe ouvrière, indiquant qu’ensemble elles avaient la force nécessaire pour faire face à des problèmes tels que la légalisation de l’externalisation et l’extension du temps de travail journalier.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Fernando Lopes, a souligné le soutien de notre fédération syndicale internationale à la lutte de ses affiliés brésiliens en faveur de garanties pour les droits, la démocratie et les emplois.

Les mineurs de charbon ukrainiens acculés au désespoir par le non-paiement de leurs salaires

Dans une lettre conjointe au Président de l’Ukraine, IndustriALL et la CSI exhortent le gouvernement ukrainien « de relancer le dialogue social avec les syndicats sur la situation économique dans le secteur, l’élaboration des politiques d’emploi, le développement régional, les droits des travailleurs ainsi que les mesures indispensables à la lutte contre la corruption, qui compromet les perspectives de développement social et économique du pays ».

Victor Trifonov a tenté de s’immoler par le feu mardi lors d’une conférence de presse donnée au Ministère ukrainien de l’énergie et de l’industrie charbonnière, dans un geste désespéré visant à attirer l’attention des pouvoirs publics sur la situation des travailleurs et de leurs familles.

Trifonov, président local du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine des villes de Selidovo et de Novogrodovka, est actuellement en soins intensifs à l’hôpital de district de Darnitsky, après que son corps ait été brûlé à 12 pour cent, principalement au visage, au cou et à la poitrine.

Il fait partie des cinq mineurs ayant fait grève de la faim, dont trois sont syndiqués des mines Selidovugol détenues par l’Etat et deux de la mine publique Krasnoarmeyskugol. Tous ont démarré leur grève de la faim le 4 août, dans les locaux du bâtiment du Ministère de l’énergie et de l’industrie charbonnière. Deux mineurs de Selidovugol ont poursuivi leur grève de la faim après l’immolation de leur compagnon. Les mineurs de charbon exigent que le gouvernement paie les arriérés de salaire, garantisse la poursuite des activités minières et protège les emplois.

Selon Mikhailo Volynets, président du syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine, affilié à IndustriALL Global Union, les arriérés de salaire dans les mines Selidovugol s’élèvent à environ 60 millions de hryvnia ukrainienne (2,4 million de US$) pour la période s’étendant de mai à juillet. 

Le montant total des arriérés de salaire dans l’industrie minière du charbon se monte à environ 935 millions de hryvnia (37,6 million US$). Jusqu’à présent, le gouvernement s’est engagé à transférer, le 10 août, seulement 70 millions de Hryvnia (2,8 millions US$).

Mikhailo Volynets a indiqué que les mineurs ne croient plus aux promesses gouvernementales, tant eux et leurs familles ont été poussés au désespoir. De nombreux mineurs de charbon n’ont pas touché le moindre argent en mai, juin et juillet. De même, certains travailleurs des mines d’Etat n’ont pas reçu leurs salaires de décembre 2015. Les mineurs sont fatigués de devoir, en protestant et en faisant grève, sans cesse lutter pour recevoir leurs salaires.

Aleksey Soroka, en grève de la faim, est un dirigeant syndical local du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine présent dans la mine Kurakhovskaya, qui emploie 1 200 travailleurs et fait partie de Selidovugol. Il a signalé que la situation est compliquée par la proximité de certaines mines avec la zone de combat de Donetsk et l’impossibilité des mineurs de changer leurs familles de lieu de résidence en cas de nécessité en raison du non-paiement de leurs salaires.

Les mineurs demandent également que le gouvernement cesse d’acheter du charbon à l’étranger au double du prix du charbon local et qu’il s’emploie à résoudre les problèmes de santé au travail et de sécurité.

Au cours des derniers mois, les mineurs de charbon ukrainiens employés dans les mines d’Etat ont organisé plusieurs protestations à Kiev et à travers toute l’Ukraine en stoppant l’exploitation minière.

Le 4 juillet, les mineurs de Selidovugol ont entamé une grève de la faim de 7 jours dans la ville de Selidovo qui n’a rien donné. Cette fois-ci, ils ont commencé une grève de la faim à Kiev. Les mineurs continueront à protester. Ceux de Selidovugol prévoient de faire grève le 18 août si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Les mineurs en grève de la faim ont reçu la visite, en signe de solidarité, de leurs collègues employés à la mine Stahanova, située dans la région de Donetsk, qui ont organisé une grève spontanée le 11 août. Les travailleurs de cette mine n’ont reçu aucun salaire ces trois derniers mois.