Un nouvel incendie dans une usine au Bangladesh fait 24 morts

Des informations indiquent qu’environ 100 personnes étaient occupées au sein de cette usine d’emballage au moment de l’explosion qui, pense-t-on, a été provoquée par une chaudière défectueuse.

Selon ces informations, le grave incendie qui s’en est suivi a conduit à l’effondrement partiel du bâtiment de l’usine qui compte trois étages.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré :

Nous sommes attristés de voir un nouvel accident tragique coûter la vie à des travailleurs et travailleuses s’efforçant de simplement gagner leur vie. L’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, conclu il y a maintenant trois ans, améliore énormément les normes de sécurité au sein de l’industrie de la confection dans le pays.

L’explosion de cette usine met en lumière l’urgence qu’il y a à également étendre les mêmes normes de sécurité aux autres secteurs industriels.

Accord d’indemnisation historique conclu au quatrième anniversaire de l’incendie meurtrier d’une usine au Pakistan

Le 11 septembre 2012, plus de 250 travailleurs et travailleuses ont perdu la vie et plus de 50 ont été blessés lors d’un incendie à l’usine de vêtements Ali Enterprises à Karachi. Les travailleurs et travailleuses ont péri carbonisés, emprisonnés derrières des fenêtres à barreaux et des portes verrouillées. D’autres, pour sauver leur vie, ont sauté des étages supérieurs et souffrent d’incapacités permanentes.

Le détaillant allemand KiK, seul acheteur connu d’Ali Enterprises, a maintenant accepté de verser un supplément de 5,15 millions de dollars pour financer la perte de revenu, les soins médicaux et autres ainsi que les frais de revalidation des survivants blessés et des ayants droits des personnes décédées dans la catastrophe.

Auparavant, Kik avait versé un million de dollars à un fond de secours après avoir signé un Protocole d’Entente avec l’institut syndical pakistanais PILER en décembre 2012. Dans ce Protocole, Kik s’engageait également à financer une indemnisation à long terme des victimes.

Il aura cependant fallu une campagne conjointe de la Fédération nationale des syndicats (NTUF), du PILER, d’IndustriALL Global Union, à laquelle la NTUF est affiliée, de la Campagne Clean Clothes (CCC) et d’autres alliés parmi lesquels UNI Global Union, pour assurer une indemnisation en bonne et due forme.

Ce nouvel accord de financement fait suite à des négociations sous l’égide de l’Organisation internationale du Travail (OIT) entre IndustriALL, la CCC et KiK, à la demande du Ministère allemand de la Coopération et du Développement économiques.

Cet accord a pour but de venir en complément des sommes auxquelles ont droit les victimes en vertu du système national de sécurité sociale afin de rencontrer le niveau d’indemnisation requis par la Convention 121 de l’OIT sur les prestations en cas d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Des versements additionnels périodiques aux victimes devraient commencer début 2017.

Nasir Mansoor, Secrétaire général adjoint de la NTUF a déclaré : “Cet accord historique est sans précédent dans le contexte du mouvement ouvrier du Pakistan. Après quatre années de lutte, les victimes de cette tragédie obtiennent justice et leurs dommages sont reconnus au plan international. Nous sommes reconnaissants à IndustriALL et à la CCC qui ont plaidé avec succès la cause des travailleurs. L’OIT a également joué un rôle vital qui a rendu possible cet accord historique. Qu’il serve à nous rappeler que la sécurité au travail est un droit, pas un privilège.”

Saeeda Khatoon, une veuve qui est la vice-présidente de l’Association des victimes de l’usine Ali Enterprise, a perdu son fils unique dans l’incendie. Elle déclare : “Cette journée marque un soulagement pour les familles des victimes dont les pleurs ont été entendus. Nous savons que nos proches et nos êtres aimés ne reviendront jamais, mais nous espérons aussi que ce genre de tragédie ne se reproduira jamais plus. Les autorités, les enseignes et les propriétaires d’usine doivent respecter scrupuleusement les normes du travail et de sécurité au sein des usines.”

Karamat Ali, Directeur exécutif de PILER a déclaré : “Bien que ces versements ne ramèneront pas nos êtres aimés, nous espérons qu’ils soulageront les familles concernées de difficultés financières. Nous demandons au gouvernement pakistanais de décréter le 11 septembre journée de la sécurité des travailleurs afin d’augmenter la conscientisation et d’améliorer la sécurité sur les lieux de travail.”

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré : “Nous disposons enfin d’un accord d’indemnisation qui apporte une forme de justice aux survivants et aux familles des disparus. Nous rendons hommage à KiK pour avoir pris ses responsabilités et s’être assuré que les victimes recevraient une indemnisation à la hauteur des normes internationales. Il est maintenant grand temps de se mettre à construire une industrie de la confection plus sûre au Pakistan, à l’image de ce que nous sommes en train de faire avec l’Accord du Bangladesh.”

À peine quelques semaines avant cet incendie fatal, Ali Enterprises avait reçu la certification SA 8000 de la part de la firme d’audit Social Accountability International, ce qui signifiait prétendument qu’elle rencontrait les normes internationales dans neuf domaines, y compris la santé et la sécurité. La tragédie qui a suivi souligne la faillite des modèles d’audit social et soulève de graves préoccupations au sujet des inspections de sécurité au Pakistan aussi bien que de la mise en œuvre des législations du travail et des codes de sécurité en matière de construction.

Ineke Zeldenrust de la Campagne Clean Clothes a déclaré : “Nous apprécions beaucoup la reconnaissance par KiK de son devoir d’apporter des solutions. Cet accord est un excellent exemple de la manière dont les acheteurs peuvent et doivent prendre leurs responsabilités par rapport aux morts et aux blessés au sein de leur chaîne d’approvisionnement, en particulier au sein de pays où il est reconnu que les lieux de travail ne sont pas sûrs. Les travailleurs et travailleuses de la confection au Pakistan continuent à être exposés au danger. Tous les acheteurs doivent maintenant s’appliquer à s’assurer que des mesures adéquates et efficaces de mise aux normes sont prises avec la diligence requise de sorte à prévenir de terribles accidents comme ceux-ci à l’avenir."

Cet accord est le troisième consécutif d’une série d’accords d’indemnisation négociés par le mouvement syndical à la suite de désastres de grande ampleur dans l’industrie de la confection, après Tazreen Fashions en 2012 et Rana Plaza en 2013, tous deux au Bangladesh.

Bref résumé de l’Accord :

Pour plus d’information, veuillez prendre contact avec Léonie Guguen, Chargée de Communication, IndustriALL Global Union, [email protected]. Tél : +41 79 137 5436.

200.000 travailleurs argentins défilent contre les licenciements et les hausses de prix

Notre affiliée, la Fédération des travailleurs de l'énergie, de l'industrie et des services (FeTIA), a mobilisé ses adhérents pour ces manifestations qui se sont tenues dans tout le pays et un défilé national qui a rassemblé 200.000 personnes.

"C'est le premier défilé national, mais ce ne sera pas le dernier. Quelques mois après que Mauricio Macri ait formé un gouvernement et commencé à appliquer ses politiques, nous lançons cette initiative déterminée et décisive," a déclaré Pedro Wasiejko, le Secrétaire général de la FeTIA qui est aussi Secrétaire assistant de la CTA.

Pendant la manifestation, les orateurs ont souligné l'importance de l'unité entre les deux grandes centrales syndicales d'Argentine, la CGT et la CTA, qui ne laisse au gouvernement d'autre possibilité que de commencer à écouter les travailleurs. 

Faute de réaction du gouvernement, une grève nationale est prévue pour le 16 septembre.

Dans un rapport du Centro de Economía Política Argentina (CEPA), on peut lire que 141.542 travailleurs des secteurs public et privé ont été licenciés entre décembre 2015 et mars 2016 et que d'autres encore perdent leurs emplois chaque jour. Depuis son arrivée au pouvoir, Mauricio Macri a essayé de relancer l'économie en réduisant l'emploi public et les subventions à la consommation d'énergie et aux transports publics.

Pourtant, l'économie est au point mort et les licenciements abusifs se multiplient alors que les prix continuent d'augmenter. Les syndicats ont réagi en organisant des manifestations, en unissant leurs forces et en appelant au changement.

Lors d'une réunion avec le ministre du Travail, Jorge Triaca, au début de l'année, le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina, avait prévenu le gouvernement de ne pas s'en prendre à la législation du travail ou à la protection sociale qui sont parmi les meilleures d'Amérique latine.

Le ministre l'avait assuré que le gouvernement continuerait à consulter les syndicats et les employeurs afin d'éviter les licenciements et de répondre aux besoins des travailleurs.

IndustriALL appelle le gouvernement à tenir sa promesse et à négocier avec les travailleurs pour trouver des solutions à ces problèmes.

Norsk Hydro

Norsk Hydro a été fondée il y a plus de cent ans et est aujourd’hui un fournisseur mondial de premier plan de produits en aluminium et de solutions en matière énergétique. Les sociétés dépendant d’Hydro emploient au total 23.000 travailleurs dans plus de 40 pays. Les sites de production sont principalement situés en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et au Qatar.

Les parties se sont engagées à œuvrer ensemble afin d’ouvrir des canaux de communication qui permettent d’assurer la mise en œuvre de l’ACM sur tous les sites d’Hydro.

L’accord comprend des clauses sur la liberté d’association et le droit à négocier collectivement, la discrimination, la travail forcé, le travail des enfants, la santé et la sécurité, les salaires, les conditions de travail, les conditions d’emploi, la formation, le SIDA/VIH et l’environnement en faisant référence aux normes mises en place par les conventions du travail fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Les syndicats des travailleurs de la confection au Cambodge unis sur une revendication salariale de 180 US$

Dix-sept syndicats, dont les affiliés d’IndustriALL, ont participé aux débats visant à déterminer, sur la base du coût de la vie, de l’inflation et des facteurs sociaux, le nouveau salaire minimum mensuel.

« Je pense que ce montant reste encore insuffisant, mais nous ne pouvons pas revendiquer une somme plus élevée que celle-ci en raison de notre situation économique et politique, et de la limitation de l’investissement », a indiqué Ath Thorn, président de l’affilié d’IndustriALL, le syndicat démocratique de la coalition des travailleurs de la confection.

Le vendredi 9 septembre, les syndicats indiqueront ce montant, correspondant à une hausse de 30 pour cent environ du salaire de 2016, établi à 140 US$, au Ministère du Travail en vue des négociations avec le gouvernement et les employeurs.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré:

« Il convient de féliciter nos affiliés cambodgiens pour être tombés d’accord pour présenter la même revendication salariale au gouvernement et aux employeurs. L’unité est indispensable à la réussite et IndustriALL soutiendra la lutte conjointe des syndicats pour un salaire minimum plus élevé ».

L’industrie de la confection et de la chaussure emploie plus de 600 000 personnes au Cambodge et constitue le secteur d’exportation le plus important du pays.

D’autres réunions tripartites sur la question du nouveau salaire minimum sont programmées pour les 12 et 26 septembre.

IndustriALL condamne le coup d’État contre la démocratie au Brésil

“Nous condamnons le coup d’État au Brésil qui va mener au démantèlement d’institutions nationales et régionales créées au bénéfice du peuple et du développement des nations,” a déclaré Jorge Almeida, Secrétaire régional d’IndustriALL.

Le Brésil a été le théâtre d’événements politiques dramatiques accompagnés d’une crise économique qui a eu un impact important sur les travailleurs. Mme Rousseff, réélue par 54 millions d’électeurs en 2014, a été officiellement destituée le 31 août à l’issue d’une procédure de destitution contraire à la loi.

Depuis le début de la procédure le 12 mai dernier, des membres des syndicats affiliés à IndustriALL au Brésil et partout dans le monde ont dénoncé cette attaque contre la démocratie. Destituer la Présidente Rousseff constitue un coup d’État parce que c’est ignorer la souveraineté du peuple.

Le Président d’IndustriALL Berthold Huber avait dit que le vote du Sénat brésilien pour entamer la procédure de destitution de Mme Rousseff posait un dangereux précédent anti-démocratique.

Lorsque le Comité exécutif d’IndustriALL s’est réuni le 12 mai à Francfort, en Allemagne, ses membres ont approuvé une résolution de solidarité avec le peuple brésilien et ont rejeté vigoureusement le coup d’État dans le pays.

Le gouvernement de transition introduit des projets de loi qui s’en prennent aux droits des travailleurs et visent à renverser les avancées obtenues lors des luttes de ces dernières années. Ces projets promeuvent des relations de travail flexibles, attaquent le système des pensions et avalisent l’externalisation.

IndustriALL marque sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses au Brésil et condamne le coup d’État contre la démocratie. Nous allons poursuivre notre combat pour bloquer toute attaque à l’encontre des droits syndicaux et sociaux.

Unité dans l'action : 100 millions de travailleurs indiens en grève

La grève générale à laquelle ont appelé dix centrales syndicales a soulevé une vague de participation des travailleurs du secteur public comme du privé, et de l'industrie comme du secteur des services, notamment l'automobile, l'électronique, les mines de charbon et autres, l'ingénierie, le pétrole, la production de défense, le textile et le vêtement, la démolition de navires, les télécoms, le transport, les activités portuaires, l'enseignement, les secteurs financiers tels que l'assurance et la banque et les employés des administrations centrale et locales.

D'après des articles parus dans la presse, entre 100 et 150 millions de travailleurs ont participé à cette action de grève, mais ces chiffres n'ont pas été vérifiés par des sources indépendantes.

Partout dans le pays, des affiliés d'IndustriALL Global Union ont organisé des manifestations et des défilés de protestation, notamment à Madras, Hosur, Pondichéry, Koraput, Bombay, Alang, Cuttack, Jamhshedpur, Calcutta, Chandrapur, Nagpur, Pune, Hyderabad, Vishakapatnam, Singareni, Dhanbad et plusieurs autres villes. À plusieurs occasions, notamment chez Maruti Suzuki à Manesar et dans les ateliers de confection de Madras, des travailleurs ont été interpelés par la police avant d'être relâchés par la suite.

Dans un contexte de politiques hostiles aux travailleurs, et avec les réformes anti-travailleurs de la législation du travail poursuivies par l'Alliance démocratique nationale au pouvoir, dirigée par le Parti Bharatiya Janata (BJP), les syndicats n'avaient d'autre option que de recourir à la grève générale pour lancer un signal fort au gouvernement.

Toutes les dix centrales nationales, à l'exception du Bahartiya Mazdoor Sangh, l'aile syndicale du BJP, ont rejeté la maigre hausse des salaires annoncée récemment et ont déclaré la grève.

Le Dr G Sanjeeva Reddy, Président de l'Indian National Trade Union Congress et membre du Comité exécutif d'IndustriALL, a félicité les travailleurs pour leur détermination et leur grève pacifique; il a déclaré :

"L'énorme succès de cette grève que les syndicats ont menée ensemble témoigne de l'unité des travailleurs et de leur détermination à lutter contre l'injustice.

"100 millions de travailleurs ont participé à cette grève. Jusqu'à présent, le gouvernement ne servait que les intérêts d'une poignée d'industriels et de multinationales.

"Il ne peut plus ignorer les intérêts essentiels et les revendications de millions de travailleuses et de travailleurs en Inde. Si le gouvernement ne s'assied pas à la table des négociations pour discuter des revendications des travailleurs, nous intensifierons nos actions de protestation."

La grève nationale de ce 2 septembre s'inscrit dans une série d'actions menées par les syndicats, y compris des conventions nationales, des grèves et des actions de protestation les 30 mars 2016, 10 mars 2016, 2 septembre 2015, 5 décembre 2014, 12 décembre 201328 février 2012, et une marche historique sur le parlement le 23 février 2011.

Les affiliés d'IndustriALL du Pakistan, la All Pakistan Federation of United Trade Unions (APFUTU), et du Sri Lanka, le Free Trade Zones and General Services Employees Union (FTZ&GSEU), ont manifesté leur solidarité pour cette action de grève.

Les syndicats participant à cette grève sont notamment INTUC, AITUC, HMS, CITU, AIUTUC, TUCC, SEWA, AICCTU, UTUC et LPF.

Les syndicats ont un cahier de doléances en 12 points.

Vers des salaires vitaux en Irak et en Jordanie

Le défi de hausser les salaires concerne tous les secteurs en Jordanie et en Irak. En Jordanie, les prix ont considérablement augmenté, mais les salaires n’ont pas suivi. Une commission tripartite détermine le salaire minimum au niveau national, mais c’est le Roi qui prend la décision finale.

Alors que les salaires les plus bas sont ceux perçus par les travailleurs et travailleuses du textile et de la confection et que dans des secteurs comme ceux de la potasse, du phosphate et du ciment, on gagne davantage, l’absence d’un plan adéquat du gouvernement pour maîtriser la situation économique fait que les syndicats doivent entamer un débat avec les autorités sur une politique industrielle plus durable afin que les salaires puissent augmenter.

En Irak, le salaire minimum est fixé par le gouvernement. Il n’existe pas de négociations collectives dans le secteur public, qui concerne plus de 75% de la population active. Le salaire minimum dans le secteur privé est de 200 dollars par mois et est fixé par une commission tripartite. Sa mise en œuvre est un important problème et de nombreuses manifestations se déroulent pour des salaires impayés.

L’industrie pétrolière est très rentable, mais les travailleurs irakiens de ce secteur sont moins bien payés que ceux des pays voisins. Les salaires n’y sont pas proportionnels aux risques que prennent les travailleurs. L’Irak tire 85% de ses revenus de l’industrie pétrolière. Tout comme en Jordanie, une politique industrielle plus durable est nécessaire pour que les travailleurs bénéficient équitablement de la production de leur pays.

Les affiliés ont débattu des stratégies qu’ils pourraient adopter pour développer un climat plus favorable aux augmentations salariales. Les travailleurs et travailleuses de la confection ont accompli en Jordanie un pas significatif avec la mise en place d’une négociation collective sectorielle qui concerne 62.000 salariés parmi lesquels 45.000 sont des migrants.

La première convention a été signée en avril 2013 après 12 mois de négociation et a apporté des bénéfices immédiats, dont la réduction des conflits et un meilleur respect des accords. En 2012, il y avait eu 42 grèves dans le secteur mais dans les 12 mois qui ont suivi la signature de la convention, ce chiffre a été réduit à 12. De plus, la convention fournit un ensemble normalisé de clauses dont toutes les parties, gouvernement, syndicats et acheteurs, sont en mesure de mesurer l’application.

Cette convention est un exemple utile pour la mise en œuvre de la convention ACT entre IndustriALL et des enseignes de la confection de niveau mondial, car elle démontre que des négociations sectorielles sont à la fois possibles et bénéfiques.

L’accord jordanien concerne environ 60.000 travailleurs et travailleuses dont 70% sont des migrants et 70% des femmes, dont tous les employeurs sont exportateurs de vêtements. En 2015, la convention a été renouvelée après six mois de consultations avec les travailleurs au sein des usines, de manière à permettre leur apport à la négociation, qui a elle cette fois duré 4 mois.

Dans le secteur minier en Jordanie, les affiliés ont adopté une approche différente, car la force syndicale y est telle qu’il est possible de négocier au niveau des entreprises et d’utiliser chaque convention comme levier pour la suivante.

La stratégie salariale des syndicats en Jordanie comprend l’éducation des travailleurs et travailleuses pour gagner leur soutien, le développement d’une force syndicale ainsi que la connaissance de la situation économique et l’utilisation des médias pour construire un soutien qui, à son tour, donnera du pouvoir aux syndicats face aux employeurs et au gouvernement.

En Irak, où les politiciens ont pouvoir de décision sur les salaires, les syndicats travaillent dur à faire entendre la voix des travailleurs au milieu de nombreuses parties prenantes. Ceci implique de faire du lobbying et d’avoir une stratégie médiatique pour influencer le processus politique ainsi que de travailler avec les adhérents et les dirigeants syndicaux pour améliorer la maîtrise de leurs droits.

La fermeture de l'usine Caterpillar menace 2.200 emplois en Belgique

L'annonce a été faite à une réunion extraordinaire du comité d'entreprise convoquée à 8h30 du matin, le vendredi 2 septembre, déjà baptisé Vendredi Noir dans la région.

Le travailleurs de cette usine qui construit des engins de chantier ont d'abord été choqués par cette nouvelle puis ont réagi par la colère, beaucoup ralliant un piquet qui s'est formé devant les grilles. Ils avaient déjà consenti de lourds sacrifices, notamment sur les salaires et le temps de travail, pour maintenir l'usine en activité. 1.331 emplois avaient déjà été supprimés en mars 2014 dans un autre exercice de réduction des coûts.

Plusieurs affiliés d'IndustriALL Global Union sont actifs dans le réseau Caterpillar et se réunissent actuellement pour décider d'une riposte : Algemeen Belgisch Vakverbond ABVV-Metaal et la Centrale Nationale des Employés-CNE, ACV-CSC METEA, la Fédération des Métallurgistes FGTB Hainaut-Namur et le SETCA-BBTK – Syndicat des Employés, Techniciens et Cadres de Belgique.

Dans un communiqué de presse, Caterpillar a annoncé que la production serait délocalisée à Grenoble, en France, et dans d'autres sites hors d'Europe. Une autre usine va aussi fermer en Irlande du Nord, avec la perte de 250 emplois à la clé.

La direction prétend que cette mesure s'impose parce que les objectifs n'ont été atteints et que le marché n'est pas propice. Or, l'usine de Gosselies est encore rentable. Caterpillar avait choisi de réduire les effectifs pour accroître la rentabilité et elle prévoit de supprimer 10.000 emplois dans le monde d'ici 2018. Elle a déjà supprimé 30.000 emplois depuis 2012.

Mathias Hartwich, Directeur d'IndustriALL en charge des industries de l'ingénierie mécanique et des matériaux, a déclaré :

"Cela cadre avec la désindustrialisation que connaît actuellement la Belgique et montre que Caterpillar ne s'intéresse qu'au retour sur investissement, et pas aux sacrifices faits par des salariés loyaux.

"Il s'agit d'une usine rentable qui va fermer parce que l'entreprise a trouvé un autre moyen d'encore réduire ses coûts. Cette façon de procéder s'est faite sans que le comité d'entreprise soit consulté. C'est pourquoi l'ouverture d'un véritable dialogue social s'impose.

"Nous serons aux côtés de nos collègues et nous leur apporterons tout le soutien et la solidarité dont ils ont besoin dans ces moments difficiles".

Cessez-le-feu historique en Colombie

« J’aimerais exprimer le soutien sans faille d’IndustriALL au processus de paix en Colombie. C’est ce que le peuple colombien mérite après les 50 ans de violence qui ont frappé la population toute entière."

« En particulier, la guerre a conduit à la persécution des travailleurs et du mouvement syndical, et à la violence, qui ont coûté la vie à 3 000 militants ces 30 dernières années »,

a déclaré Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

Le cessez-le-feu a commencé le 29 août, après plus de quatre ans de négociations entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le groupe de guérilla formé en 1964.

Le 25 août, le Président colombien Juan Manuel Santos, a annoncé avoir donné l’ordre à ses troupes d’observer un cessez-le-feu définitif avec les FARC-EP à compter du 29 août, à minuit. Trois jours plus tard, le chef des FARC, Rodrigo Londoño Echeverri (alias Timochenco), a également annoncé la fin de la guerre, en ordonnant à ses troupes d’observer un cessez-le-feu au même moment.

Bien que tout semble réuni pour un retour à la paix en Colombie, il appartient aux Colombiens de voter le 2 octobre pour entériner l’accord.

Fin 2015, les syndicats affiliés à IndustriALL dans les secteurs des mines et de l’énergie ainsi que les organisations environnementales, sociales et communautaires présents à travers le pays ont créé un forum relatif aux questions minières, énergétiques, environnementales et sociales pour débattre du rôle des ressources naturelles renouvelables et non-renouvelables en temps de paix.

Le 25 août, ces syndicats et organisations ont discuté des principales propositions, qu’ils avaient déjà approuvées, et organisé un rassemblement pour les présenter au pays. L’objectif est d’encourager la mise en œuvre de politiques et de mesures régionales et nationales en faveur de la défense des besoins des travailleurs et de l’environnement, et de veiller à ce que les bénéfices générés par les ressources naturelles soient utilisés pour créer des conditions de vie décentes.

« IndustriALL et les syndicats affiliés ont fait le maximum pour terminer ce travail, et nous continuerons de le faire étant donné que nous sommes convaincus que la paix est la meilleure solution qui soit pour la population », a conclu le Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL, Marino Vani.