Les droits du travail sont des droits de l’homme : le rapport de l’ONU

Les Nations Unies ont publié un rapport sur le droit de réunion pacifique et de libre association sur le lieu de travail qui sera présenté lors de la 71e session de l’Assemblée générale ce 20 octobre 2016.

Ce rapport, œuvre du Rapporteur spécial Maina Kiai, conclu que la concentration croissante du pouvoir des entreprises affaiblit les droits du travail. Bien que les États ont le devoir en vertu de la législation internationale de respecter et de promouvoir les droits des travailleurs, la force des multinationales fait qu’ils y échouent souvent.

Les travailleurs ont besoin de protection maintenant plus que jamais : la mondialisation se traduit par une croissance sans précédent de chaînes d’approvisionnement complexes, de migrations massives de travailleurs et d’une vaste économie informelle. La plupart des travailleurs et travailleuses de ce monde sont exclus des cadres légaux et n’ont aucune protection syndicale ou couverture par la négociation collective.

“Notre monde et son économie mondialisée changent à toute allure et il est essentiel que les outils que nous utilisons pour protéger le droit du travail s’adaptent tout aussi vite,” a indiqué M. Kiai.

“Une première étape vers la réalisation de cet objectif consiste à abolir la distinction obsolète et artificielle entre droits du travail et droits de l’homme en général.

“Les droits du travail sont des droits de l’homme, et la possibilité de les exercer sur le lieu de travail est une condition préalable pour que les travailleurs jouissent d’un large éventail d’autres droits, économiques, sociaux, culturels, politiques ou autres.”

Certaines parmi les pires des violations de ces droits se déroulent à l’encontre de travailleurs informels, migrants et de femmes travailleuses au sein des chaînes mondiales d’approvisionnement. Le rapport met en lumière la violation des droits des migrants, dont le système kafala dans les pays du Golfe, le visa H2 pour travailleurs étrangers aux États-Unis et  les rabatteurs de main d’œuvre au Royaume-Uni.

Les femmes sont poussées vers des emplois à bas salaires et faible statut au sein des segments les moins protégés de l’économie. L’écart entre les sexes fait que ce sont 77% de femmes qui accomplissent les prestations de soins et de garde non rémunérées et nombre de femmes sont confrontées au travail à de la maltraitance verbale, physique ou sexuelle, à du harcèlement sexuel ou au viol.

Le rapport indique qu’il existe une attaque coordonnée contre les droits des travailleurs, tant au plan national qu’international, avec le groupe des employeurs à l’OIT prétendant en 2012 que le droit de grève, protégé par la Convention 87, n’existait pas du tout.

De nombreux États ne protègent pas le droit des travailleurs à la liberté de réunion. On y retrouve l’interdiction pure et simple des syndicats indépendants dans des pays comme l’Arabie Saoudite et la Chine, de nouvelles législations du travail en Inde qui accroissent la flexibilité, la répression des syndicats en Égypte et en Corée du Sud et des États américains qui fournissent des incitants à Nissan et Volkswagen pour demeurer non syndiqués. Le rapport critique le Comité olympique et la FIFA pour avoir failli à protéger les droits des travailleurs lors des Jeux olympiques de Rio 2016 et à l’occasion de la prochaine Coupe du Monde au Qatar.

La responsabilité sociale des entreprises a créé un secteur de la conformité volontaire pesant des milliards de dollars qui s’avère complètement inefficace. Ceci présente un contraste marqué avec les textes contraignants, comme l’Accord du Bangladesh, négocié avec les syndicats.

Le rapport se conclut par une série de recommandations aux États, aux entreprises et à la société civile, y compris aux syndicats, à l’OIT et à l’ONU.

Les États devraient ratifier tous les instruments internationaux et régionaux pertinents en matière de droits de l’homme, y compris les Conventions 87 et 98 de l’OIT. Ils devraient s’assurer que les droits syndicaux puissent être exercés par tout un chacun, nonobstant le type de travail, le secteur ou le statut par rapport à l’immigration.

Le monde des entreprises devrait reconnaître le droit des travailleurs à former des syndicats, à entreprendre des négociations et des actions collectives, dont le droit à faire grève. Il devrait renoncer aux actions anti-syndicales et aux représailles contre les militants.

Syndicats et société civile devraient œuvrer ensemble plus étroitement et les organisations de droits de l’homme devraient reconnaître les droits syndicaux comme relevant de leur mandat de base. Les syndicats devraient s’atteler davantage à s’occuper des travailleurs privés de droits, dont les travailleurs et travailleuses migrants et informels.

L’ONU devrait intégrer les droits du travail dans tous ses programmes et s’assurer que les droits des travailleurs sont protégés au niveau de toutes les soumissions et tous les prêts.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Jenny Holdcroft a déclaré :

“Il est réellement important que l’Assemblée générale de l’ONU reconnaisse que les droits du travail et les droits de l’homme sont inséparables. La liberté d’association est partout sous le feu des attaques et les syndicats sont en première ligne pour la défendre.”

6.000 emplois condamnés dans les mines d'État du Botswana

Le 7 octobre, le gouvernement du Botswana a annoncé la fermeture avec effet immédiat de son plus grand producteur de cuivre et de nickel, BCL Limited. Cette société, qui a été mise en liquidation provisoire le 9 octobre, est propriétaire de la mine de cuivre BCL de Selebi Phikwe et de la mine de nickel Tati de Francistown.

Selon notre affilié, le Botswana Mine Workers Union (BMWU), les travailleurs sont effondrés et ne peuvent croire à l'annonce de ces fermetures, tombée sans avertissement.

D'après les dernières informations, tous les 5.500 travailleurs de la mine BCL et 700 à la mine Tati verront leurs contrats résiliés à la fin du mois. Ces chiffres n'incluent pas les travailleurs de sous-traitants de BCL qu'on estime à un millier. Certains seront réembauchés par le liquidateur pour surveiller et entretenir les mines jusqu'en février 2017.

"Cette situation est extrêmement injuste pour les travailleurs. Nous avons un accord de licenciement mais le liquidateur refuse de l'honorer. Il estime qu'il ne s'agit pas d'un accord contractuel pour les actionnaires et ne veut payer que le strict minimum. Depuis qu'il a été désigné, nous n'avons jamais pu le rencontrer," déclare Jack Tlhagale, le Président du BMWU. "Nous ne pensons pas que la fermeture des mines soit justifiée; elles devraient être rouvertes."

IndustriALL Global Union a écrit au Vice-président du Botswana, M. Mokgweetsi Masisi, pour demander au gouvernement de revenir sur sa décision de fermer les mines et de nouer le dialogue avec le BMWU.

Selon le BMWU, les affirmations du gouvernement suivant lesquelles il n'a cessé d'injecter de l'argent frais dans BCL sont fausses, la dernière fois qu'il l'a fait était en 2003. Pour le syndicat, BCL peut être rentable si elle est bien gérée et le gouvernement aurait aussi dû constituer des provisions financières pour faire face aux fluctuations normales des cours des matières premières qui devraient remonter en 2018.

Entretemps, le gouvernement n'a fait montre d'aucune décence dans ces licenciements : "Les travailleurs doivent être réinstallés," dit Jack Tlhagale. "Ils vivent dans des logements d'entreprise et n'ont nulle part où aller."

Le BMWU ajoute que le gouvernement n'a pas expliqué ce qu'il adviendra des travailleurs qui suivent un traitement antirétroviral ou font l'objet d'un autre suivi médical; il n'a pas non plus précisé ce qu'il en sera des enfants de mineurs dont la scolarité est subventionnée par l'entreprise.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré : "Cette décision irréfléchie de fermer les mines et de supprimer des milliers d'emplois est une catastrophe pour les mineurs et leurs familles. Le gouvernement doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour revenir sur cette décision, sauver les emplois et reconstruire l'industrie minière au Botswana. Il ne peut se permettre de jouer avec les vies de travailleurs et de leurs familles. Ils méritent au minimum d'être traités avec respect et dignité."

Le 11 octobre, la mine BCL s'est retirée d'une opération de 337 millions $ avec le russe Norilsk Nickel Africa pour acquérir sa participation de 50 pour cent dans la mine de nickel de Nkomati, en Afrique du Sud. Pour certains observateurs, le but de la mise en liquidation provisoire de BCL est de la protéger de ses créanciers, notamment après l'échec du rachat de Nkomati.

Les travailleurs de Nissan USA luttent pour le droit à la liberté syndicale

Pendant plus de 10 ans, la direction de l’usine Nissan à Canton, dans le Mississippi, a intimidé les travailleurs ayant manifesté un intérêt à s’organiser. Le 12 octobre, les syndicats de France et des Etats-Unis, les travailleurs de l’usine Nissan, les responsables de la société civile et un chœur gospel ont défilé ensemble avec l’acteur américain et militant Danny Glover à travers les rues de Paris jusqu’au bâtiment de l’Assemblée nationale, qui abrite le Parlement français.

Danny Glover a indiqué que Nissan continue de menacer les travailleurs qui cherchent à se syndiquer.

«  Les droits des travailleurs sont des droits civils et notre message est simple : trop c’est trop. Nissan doit arrêter d’intimider les travailleurs et les laisser voter pour un syndicat sans s’ingérer dans le processus ».

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a déclaré aux manifestants :

« Les droits syndicaux sont fondamentaux et universels. Les travailleurs de l’usine Nissan à Canton, dans le Mississippi, devraient avoir le même droit d’adhérer à un syndicat que les travailleurs en France et au Japon ».

La délégation a été reçue par plusieurs parlementaires qui demandent au PDG de Nissan, Carlos Ghosn, d’examiner de plus près le dialogue social à Canton.

Christian Hutin, membre de l’Assemblée nationale, a expliqué :

« La France est le pays des libertés et des droits de l’Homme, et nous demandons à Carlos Ghosn de prendre des mesures pour renverser la situation à Canton. Les travailleurs ne réclament pas de faire une révolution, ils demandent simplement à être traités équitablement ! ».

Ce printemps, après que Ghosn ait assuré l’Assemblée nationale de sa coopération avec les syndicats où que Nissan exerce des activités et de l’absence de tradition antisyndicale à l’usine située dans le Mississippi, la compagnie a lancé une campagne antisyndicale de grande ampleur, comprenant la diffusion d’une vidéo visant à empêcher par la peur les travailleurs de se syndiquer.

Sanchioni Butler a passé les 12 dernières années à organiser les travailleurs pour le compte du syndicat des ouvriers automobiles UAW avec l’objectif de changer la situation à Canton. Sans accès à l’usine et en raison d’une large propagande antisyndicale menée par la compagnie, elle a rencontré les travailleurs à leur domicile.

« Beaucoup de travailleurs ne savent même pas qu’ils ont le droit d’adhérer à un syndicat. Et ils ont peur étant donné que la direction les a informés de la fermeture de l’usine en cas de formation d’un syndicat.

« Mais je vais continuer. Chaque fois que j’établi le dialogue avec une personne, l’espoir existe toujours ».

Le Bureau National des Relations du Travail (NLRB), une agence du gouvernement américain, a accusé Nissan :

Nombre des 5 000 travailleurs de l’usine Nissan ont des contrats temporaires et les conditions de sécurité dans l’usine sont une source de préoccupation majeure. Nissan a été condamné à deux amendes aux moins pour violation des règles de sécurité.

Les syndicats discutent du syndicalisme transatlantique

IndustriALL, des journalistes et des universitaires ont également participé à la réunion du dialogue transatlantique du travail, accueillie par IG Metal.

Les responsables des syndicats américains AFL-CIO et le Syndicat international des employés de service ont discuté de la faiblesse du droit du travail américain et des stratégies appliquées par les entreprises contre la syndicalisation qui rendent difficile le recrutement de nouveaux membres. Ils ont également présenté les campagnes couronnées de succès, telles que Fight for $15 qui a permis aux travailleurs à bas salaire d’obtenir d’importantes augmentations.

Un syndicaliste d’IG Metall, qui exerce également un poste à responsabilité au sein du comité d’entreprise d’Airbus en Allemagne, a indiqué que plus de 80 pour cent des travailleurs d’Airbus du pays sont syndicalisés et entretiennent un bon dialogue social avec la direction allemande.

Lors de sa visite de l’usine d’assemblage d’Airbus dans l’Etat américain d’Alabama où les employés tentent de s’organiser avec l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), la direction américaine lui a fait savoir que l’accord-cadre mondial n’était pas en vigueur aux Etats-Unis, que l’établissement d’un syndicat n’était pas souhaité en Alabama, et qu’il n’était pas autorisé à parler avec les travailleurs d’Airbus d’Alabama – ce dont il n’a pas tenu compte en signe de solidarité.

Un membre d’IUE-CWA, employé de Siemens, a discuté du soutien apporté par IG Metall à une initiative conjointe menée par les syndicats américains pour organiser les travailleurs à Siemens, qui a signé un accord-cadre mondial avec IndustriALL. Il a indiqué que le but à long terme de l’initiative est d’organiser les travailleurs dans l’ensemble des entreprises Siemens aux Etats-Unis malgré la difficulté de la tâche due à la prédominance des pratiques antisyndicales aux Etats-Unis, y compris au sein des entreprises allemandes.

Le Président de la Confédération syndicale allemande, Reiner Hoffmann, a discuté du rejet, ce jour, par le plus haut tribunal allemand du recours engagé contre la proposition d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (AECG) en raison de son caractère antidémocratique. Hoffman a indiqué qu’il n’était pas opposé à la mondialisation mais que les accords commerciaux aggravent les inégalités, ne respectent pas les normes sociales et octroient beaucoup trop de droits aux investisseurs.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a souligné la nécessité pour les accords commerciaux de défendre les normes relatives au travail et de garantir un contrôle démocratique. Il a également discuté des instruments internationaux qu’IndustriALL utilisent pour affronter les entreprises multinationales.

La réunion a été tenue dans le contexte d’une collaboration accrue en matière d’activités d’organisation entre les affiliés d’IndustriALL en Allemagne et aux Etats-Unis, notamment IG Metal et TUA. Ils ont récemment fondé le tansatlantic Labor Institute dont le travail porte principalement sur l’organisation des travailleurs dans les entreprises du secteur automobile allemandes au Sud des Etats-Unis. L’objectif est de réussir davantage à organiser les travailleurs aux Etats-Unis et de préserver le pouvoir de négociation en Allemagne.

« IndustriALL s’est engagé à organiser les travailleurs, ça fait partie de la quasi-totalité de nos activités », a déclaré Özkan. « Nous soutenons les initiatives de nos affiliés allemands et américains visant à travers la collaboration à mieux organiser les travailleurs ».  

IndustriALL fait bloc contre le travail précaire le 7 octobre

La campagne pour METTRE FIN au travail précaire est un objectif clé du plan d’action pour IndustriALL, et le thème a dominé les délibérations finales du Congrès. En plus d’avoir vu pour la première fois le nouveau logo, les délégués au Congrès ont écouté les témoignages des affiliés à IndustriALL sur le fléau du travail précaire.

En marge du Congrès, les affiliés à IndustriALL d’Inde au Nigeria, du Pakistan aux Philippines, ont de nouveau manifesté dans les rues pour sensibiliser l’opinion publique sur les dangers du travail précaire lors de la Journée mondiale pour le travail décent célébrée le 7 octobre.

Environ 700 démolisseurs de navires ont manifesté contre le travail précaire sur les chantiers navals à Alang et à Bombay, en Inde. Pendant ce temps, les syndicats affiliés à IndustriALL aux Philippines ont appelé le nouveau Président Rodrigo Duterte à honorer sa promesse et à interdire le travail à forfait. Ailleurs en Asie du Sud-Est, les syndicats ont profité de la Journée mondiale pour le travail décent pour attirer l’attention sur la nécessité de renforcer la protection de la maternité.

Nous vous invitons à vous rendre sur notre album photos sur Flickr pour visionner l’ensemble des photos en action.

Un rapport atteste des pratiques moyenâgeuses chez Samsung

Le rapport conjoint Samsung – Modern Tech, Medieval Conditions révèle l’épouvantable vérité sur la politique antisyndicale de Samsung, qui touche l’ensemble du secteur de l’industrie électronique asiatique.

« Du refus de rendre justice aux familles des anciens employés décédés de cancers en raison des conditions de travail dangereuses, à la fraude fiscale et aux ententes sur la fixation des prix, une constante demeure : la culture d’entreprise de Samsung vise impitoyablement à maximiser les bénéfices au détriment de la vie quotidienne de ses travailleurs » a déclaré Sharan Burrow, Secrétaire générale de la CSI.

Le fabricant mondial de produits high-tech prive les travailleurs de leurs libertés fondamentales, notamment du droit de se syndiquer et de négocier collectivement pour de meilleures conditions de travail et qualité de vie.

« Tout le long de sa chaîne d’approvisionnement, Samsung interdit la formation de syndicats en menaçant de résilier les contrats partout où les travailleurs s’organisent », a ajouté Burrow.

Samsung est une des plus grandes et plus puissantes entreprises dans le monde:

Cliquez sur le lien et soutenez la pétition de protestation adressée à Samsung par IndustriALL et la CSI pour réprimer les abus perpétrés à l’encontre des travailleurs et mettre un terme à la politique antisyndicale du groupe.

Afin d’apporter un éclairage plus précis sur la vie quotidienne des travailleurs de Samsung, la CSI a également diffusé une nouvelle vidéo, intitulée Samsung’s Secret, qui raconte l’histoire d’une famille syndicale prise au piège de la politique antisyndicale de Samsung.

Pour de plus amples renseignements, lisez le document d’information : « Samsung – Modern Tech, Medieval conditions » rédigé par la CSI et IndustriALL

Congrès d’IndustriALL : A luta continua!

Trois jours durant, les délégués des syndicats affiliés à IndustriALL ont débattu des questions relatives à la construction de syndicats plus forts, au défi à relever des capitaux mondiaux, à la défense des droits des travailleurs, à la mise en œuvre d’une politique industrielle durable et à la lutte contre le travail précaire.

Nous vous invitons à jeter un coup d’œil aux photos colorées prises lors de la cérémonie d’ouverture du Congrès d’IndustriALL, le 4 octobre, à visionner et à écouter les magnifiques danses et musiques brésiliennes, et à prendre connaissance de l’allocution de bienvenue de l’ancien Président du Brésil, Lula, qui a reçu un accueil enthousiaste.  

A luta continua!

Journée mondiale pour le travail décent : les femmes se mobilisent en faveur de la protection de la maternité

Le travail précaire touche de manière disproportionnée les femmes. Les mobilisations visaient également à demander la ratification et l’application de la Convention n° 183 de l’OIT sur la protection de la maternité.  

Les affiliés cambodgiens d’IndustriALL ont distribué des affiches et partagé des informations sur l’augmentation de la protection de la maternité et les contrats à court terme avec les travailleuses et les travailleurs, sur leur lieu de travail. Les affiliés ont manifesté devant leurs lieux de travail en faveur du renforcement de la protection de la maternité.

En Indonésie, plus de 500 travailleuses et travailleurs se sont rassemblés devant le bureau parlementaire pour demander la ratification de la Convention sur la sécurité et la santé dans les mines (OIT, n° 176) et de la Convention sur la protection de la maternité (OIT, n° 183).

Aux Philippines, près de 500 travailleuses et travailleurs ont défilé jusqu’au ministère du Travail et de l’Emploi pour plaider en faveur de la fin du travail contractuel précaire, du projet de loi visant à accroître les congés maternités à 120 jours et de la ratification de la convention sur la protection de la maternité.

Des discussions ont eu lieu entre les responsables d’IndustriALL pour les Philippines et les représentants du ministère du Travail, qui ont mis l’accent sur la demande visant à mettre un terme à la contractualisation. 

Plus de 400 travailleurs des affiliés thaïlandais d’IndustriALL se sont rassemblés devant le Monument de la démocratie avant de rejoindre le Bureau thaïlandais des Nations Unies dans un appel adressé au gouvernement pour qu’il ratifie la Convention sur la protection de la maternité.

Le Congrès d’IndustriALL Global Union soutient la lutte contre la répression du gouvernement sud-coréen à l’égard des syndicats

Le Président de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat coréen des Métallurgistes (KMWU), Sang Gu, a indiqué au Congrès que le gouvernement supprimait des lois protégeant les travailleurs en qualifiant ses actions de réforme du travail. Les travailleurs et les syndicats sont sous le feu des attaques et le gouvernement sud-coréen ne garantit pas de manière adéquate la liberté syndicale et le droit à négocier des conventions collectives.

En 2015, le gouvernement de Corée du Sud avait présenté des modifications de la législation du travail pour rendre plus facile pour les employeurs de licencier des salariés, d’imposer des bas salaires et d’augmenter le recours au travail précaire.

Le 21 novembre 2015, une semaine après un grand rassemblement syndical pour protester contre les changements législatifs proposés, le gouvernement a envoyé la police anti-émeute opérer des raids dans les locaux d’un certain nombre de syndicats, y compris l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat coréen des Métallurgistes (KMWU) et la Confédération des Syndicats coréens (KCTU).

La police coréenne a interrogé, arrêté et emprisonné des dizaines d’adhérents et de dirigeants syndicaux au cours des actuelles opérations coup-de-poing. Le Président de la KCTU, Han Sang-gyun et le Vice-président du Syndicat des Services publics et des Transports (KPTU), Cho Sung-deok, ont été condamnés en juillet 2016 respectivement à cinq et deux ans de prison pour leur participation aux récentes actions de protestation.

Dong Jin, de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat national coréen des travailleurs de l’électricité (KNEWU) a déclaré au Congrès que son syndicat et ses adhérents résistaient à la répression et appelaient IndustriALL et ses affiliés à apporter leur soutien à cette lutte.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a indiqué qu’IndustriALL et ses affiliés se tenaient fermement aux côtés des travailleurs coréens pour les soutenir :

Nous appelons le gouvernement à cesser immédiatement ses attaques à l’encontre des syndicalistes et à retirer ses réformes du travail rétrogrades.

Dans une résolution de solidarité adoptée par son 2e Congrès, IndustriALL

Les syndicats du monde entier réaffirment leur détermination à assainir les relations chez Rio Tinto

Des syndicats du monde entier ont réaffirmé leur engagement dans une campagne internationale pour exiger du géant des mines et de la métallurgie qu’il mette bon ordre dans ses mauvaises pratiques. Cet engagement a été conclu au cours du 2e Congrès d’IndustriALL Global Union à Rio de Janeiro, au Brésil.

Les syndicats présents sur les sites d’activité de Rio Tinto au sein de toutes les régions du monde se sont rencontrés à l’occasion du Congrès. On y a entendu quelques rapports positifs, notamment à propos de nouvelles conventions collectives obtenues sans conflit, de directions ne s’opposant pas à la syndicalisation sur certains sites et de la recherche du dialogue avec les syndicats par l’entreprise pour la première fois depuis des décennies dans certains pays. Mais dans de nombreux cas, les syndicats ont rapporté que la direction de Rio Tinto continue à malmener les travailleurs et leurs syndicats.

L’AMWU (Australie) et la FIM-CSN (Canada) ont rapporté que Rio Tinto mettait en application sa politique de zéro décès en faisant porter la faute sur les travailleurs et en les punissant plutôt qu’en réduisant les risques au travail. Les travailleurs sont maintenant en grève à la mine de Grasberg en Indonésie, propriété de Rio Tinto à 40%, où trois travailleurs sont décédés cette année des suites de trois différents accidents.

Le syndicat canadien Unifor a indiqué que Rio Tinto violait systématiquement les termes de la convention collective de travail au sein de sa fonderie d’aluminium de Kitimat et que ses adhérents avaient entériné une évaluation spéciale pour financer un arbitrage en vue de défendre la convention.

Des syndicats venus d’Afrique ont évoqué l’augmentation du recours par Rio Tinto aux travailleurs précaires et l’absence de prise de responsabilité de la part de l’entreprise par rapport aux violations des droits de ces travailleurs. Les travailleurs précaires affectés à Rio Tinto à Madagascar souffrent de salaires de misère et de l’absence de sécurité d’emploi.

Des centaines de délégués du Congrès ont posé sur des photos avec des pancartes de protestation par rapport au fait que Rio Tinto se repose toujours davantage sur le travail précaire.

“IndustriALL croit fermement au dialogue avec les multinationales dominantes et salue l’engagement déclaré de Rio Tinto à avoir de nouvelles relations avec les syndicats,” a déclaré le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan.

“Cependant, les syndicats de Rio Tino nous ont donné un mandat clair : comme le dit le slogan de notre Congrès, nous devons continuer à lutter chez Rio Tinto jusqu’à ce que ses déclarations soient étayées par un réel changement sur ses sites d’activité.”