Incendie dans une usine au Pakistan

Sur ses 500 salariés, 5 étaient présents sur le poste de nuit de l’usine Esa Textile de Karachi lorsqu’un incendie s’y est déclaré. Selon des témoins oculaires, les pompiers ont eu des difficultés à accéder au sinistre et ont été obligé d’abattre des murs et de démolir des fenêtres pour éteindre l’incendie. Des fenêtres de l’usine avaient été illégalement scellées avec des blocs de béton et des barres d’acier, un peu comme chez Ali Enterprises où un incendie avait coûté la vie à 260 travailleurs et travailleuses en 2012.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL Global Union, Apoorva Kaiwar, indique que cet incendie illustre le déplorable niveau de sécurité des lieux de travail au sein des usines de confection et de textile au Pakistan.

Le gouvernement doit prendre immédiatement des mesures préventives pour améliorer les conditions de sécurité au travail au sein des usines dans tout le pays. Les travailleurs et les travailleuses doivent pouvoir se rendre au travail pour y gagner leur vie sans devoir la risquer.

Le Sénat mexicain approuve les réformes du droit du travail

Les réformes proposées supprimeraient ce qu’il est convenu d’appeler les commissions tripartites de conciliation et d’arbitrage (Juntas de Conciliación y Arbitraje) et transféreraient leurs fonctions juridiques au pouvoir judiciaire. Ainsi, la justice du travail ne relèverait plus directement du Président de la République, de gouverneurs complices et de syndicats dominés par les employeurs (syndicats charros).

La demande de dissolution des commissions de conciliation et d’arbitrage et d’établissement de tribunaux du travail indépendants constitue une revendication centrale des syndicats démocratiques mexicains et du mouvement syndical international depuis des décennies. Elle est également inscrite dans la plainte no. 2694 portée devant le Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail (OIT) par IndustriALL et la Confédération syndicale internationale (CSI).

En outre, les exigences de la réforme pour un vote libre, nominatif et à bulletin secret en ce qui concerne les négociations collectives et la représentation majoritaire s’attaquent au problème généralisé des contrats de protection imposés par les employeurs, qui sont négociés sans la participation voire la connaissance des travailleurs.

Après des débats très animés, la réforme du Sénat modifie également les termes de l’article 123, partie A, alinéa XVIII relatif à l’autorisation de faire grève, lequel se lit maintenant comme suit : « lorsqu’une négociation collective est recherchée, la représentation des travailleurs doit être démontrée ». En droit mexicain, la revendication de faire grève est la condition juridique sine qua non au déroulement de toutes négociations collectives. La nouvelle rédaction de l’article a été vivement contestée par les partis de droite et la chambre des employeurs. Les réformes proposées pourraient encore se heurter à l’opposition des milieux d’affaires et des syndicats dominés par les employeurs. Les prochaines étapes prévues sont les suivantes :

  1. Les réformes constitutionnelles doivent encore être adoptées par un vote à la majorité des deux-tiers de la Chambre des députés et ratifiées par la majorité des Etats, ce qui devrait avoir lieu entre décembre 2016 et février 2017.
  2. Les amendements au droit du travail fédéral nécessaires à la mise en œuvre des réformes de la Constitution et à la poursuite des efforts de résolution du problème des contrats de protection, ainsi que les procédures relatives aux élections des représentations syndicales ont été soumis par le Président en avril et doivent être adoptés séparément.
  3. Le Sénat n’a toujours pas voté la Convention no.98 de l’OIT sur le droit d’organisation et de négociation collective, qui a été transmise, accompagnée d’une demande de ratification, par le Président l’année dernière.  

La mise en œuvre efficace et en temps opportun des réformes est toujours une source de préoccupation. Comme l’a exprimé clairement Napoleón Gómez Urrutia, dirigeant de l’affilié à IndustriALL Los Mineros, à la Conférence de l’OIT, en juin 2016, les amendements positifs de cette nouvelle réforme ne doivent pas empêcher le Gouvernement mexicain de régler immédiatement toutes les affaires en instance concernant le droit des travailleurs mexicains de choisir leurs syndicats et le leadership sur leurs lieux de travail. IndustriALL a communiqué une liste actualisée de ces affaires à la Commission d’experts de l’OIT le mois dernier.

« L’adoption de cette réforme du droit du travail pourrait marquer une étape historique en ce qu’elle répond pour l’essentiel aux demandes des syndicats démocratiques au Mexique, tels que Los Mineros, et du mouvement syndical international. Ce qui compte vraiment est de l’expérimenter et d’appliquer la transparence dans l’exercice quotidien de l’activité professionnelle dans le pays », a récemment indiqué Napoleón Gómez Urrutia dans le quotidien La Jornada.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré : « IndustriALL et ses affiliés mexicains se félicitent de ce premier pas important du Sénat mexicain, qui peut déboucher sur la suppression totale des contrats de protection dans le pays. IndustriALL, le mouvement syndical international et les syndicats démocratiques au Mexique continueront de suivre avec attention les débats et les développements sur cette question, et de faire pression sur l’OIT pour qu’elle fournisse l’assistance technique au gouvernement mexicain afin de veiller à ce que ces réformes permettent réellement à tous les travailleurs mexicains de bénéficier du droit à la liberté syndicale et à la négociation collective ».

Les syndicats exigent de LafargeHolcim un réel engagement

Le but principal de cette conférence était de tracer la voie d’un futur travail et dialogue social chez LafargeHolcim. Sur base des résultats de la conférence, les délégués ont adopté à l’unanimité la “Déclaration d’Hyères”.

“Nous apprécions la volonté de la direction de l’entreprise d’entrer dans ce dialogue social, mais nous devons voir des engagements plus sérieux, des solutions opportunes et au bout du compte un accord écrit”, indique la déclaration.

Les délégués ont échangé les dernières nouvelles sur la situation des travailleurs au sein des sites de production du groupe en Europe, Asie, Afrique, Moyen-Orient, Amérique latine et du Nord. Des délégués de toutes les régions ont exprimé leur préoccupation par rapport au recours excessif au travail précaire se soldant par l’appauvrissement, la violation des droits et la mort de travailleurs et travailleuses.

Le dialogue social chez LafargeHolcim n’est pas encore ce qu’il devrait être et certains délégués n’ont pas pu assister à la conférence, leurs directions locales respectives y ayant opposé une forte résistance. Cette question a été soulevée auprès de la direction internationale de l’entreprise qui a promis de résoudre ce problème.

Au Canada, au début de cette année, un conflit de travail a débouché sur un lock-out de travailleurs et à un recours illégal à des briseurs de grève de la part de la direction locale. Avec le concours d’IndustriALL Global Union, ce cas a été dénoncé auprès de la direction internationale de l’entreprise et le conflit a finalement été résolu en mai 2016.

Malheureusement, il ne s’agissait pas du dernier conflit. Lors de la conférence, les représentants des Métallos USW du Canada ont fait part d’un nouveau lock-out sur un site LafargeHolcim cette fois à la Carrière de calcaire de Texada, en Colombie britannique. Les travailleurs lock-outés ont reçu un ferme message de solidarité de la part des participants à la conférence qui ont promis de soulever l’affaire auprès de la direction internationale par le biais d’IndustriALL Global Union et de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois, d’exiger de mettre un terme au conflit et de reprendre les négociations.

Les participants ont noté certains progrès au niveau européen, notamment s’agissant de l’accord sur le Conseil d’Entreprise européen, dont les négociations devraient être finalisées avant la fin de l’année. Ils ont également exprimé leur déception quant au fait que LafargeHolcim n’avait pas encore entamé les négociations concernant un accord-cadre mondial.

La résolution du conflit vieux de près de 25 ans avec la victoire en Inde du PCSS, un affilié d’IndustriALL, a été chaleureusement saluée. Les collègues indiens ont fait rapport sur de nouvelles évolutions de la situation au sein de leur usine. Cependant, une partie du conflit dans une autre région d’Inde reste sans solution : la direction locale refuse de négocier et de résoudre la question relative aux personnes qui ont perdu leurs terres au profit des prédécesseurs de LafargeHolcim.

Claire Boulic Ramaget, Directrice adjointe des relations professionnelles et des politiques sociales chez LafargeHolcim a participé à la conférence et a présenté la vision d’avenir de l’entreprise et sa stratégie de durabilité, “le Plan 2030”, et a répondu aux questions des participants. Feliciano Gonzalez, Directeur des relations professionnelles et des politiques sociales du groupe LafargeHolcim n’a pu participer à la session, mais il a appelé, a eu l’occasion de parler aux délégués et de répondre à des questions. M. Gonzalez a confirmé l’intention de l’entreprise de poursuivre les négociations sur les structures du dialogue social avec les fédérations syndicales internationales IndustriALL et IBB, en faisant des questions de santé et sécurité une part intégrante du dialogue social.

Alister Scott, Directeur du département santé du groupe LafargeHolcim a présenté le nouveau plan santé de l ’entreprise au sein duquel le groupe fait de la prévention des risques de santé sa priorité.

S’agissant de ce plan, Brian Kohler, Directeur d’IndustriALL pour la santé, la sécurité et la durabilité a fait ce commentaire :

“Nous complimentons LafargeHolcim pour les efforts consentis pour développer son nouveau plan de santé et sécurité professionnelles. L’intention de l’entreprise de fixer la prévention des risques de santé comme une priorité est un encouragement pour nous. Nous regrettons cependant que jusqu’ici la direction ait failli à impliquer les représentants des travailleurs à quelque stade que ce soit de l’élaboration du dit plan. Malheureusement, l’aspect sécurité du plan se focalise toujours sur les comportements des travailleurs plutôt que sur les systèmes de sécurité. Au cours de la première moitié de cette année, 50 personnes sont mortes au travail au sein de l’entreprise. Cela signifie que la situation concernant les décès chez LafargeHolcim est allée de mal en pis. Nous sommes fermement d’avis que tous ces décès sont évitables et seraient évités si le groupe commençait à impliquer les travailleurs dans la conception et la mise en œuvre de l’ensemble des politiques, programmes et procédures de santé et sécurité professionnelles aux niveaux mondial, national et de chaque usine.”

Commentant les résultats de la conférence, Matthias Hartwich, Directeur pour l’ingénierie mécanique et les matériaux a indiqué :

“Je suis fier de faire partie de ce réseau mondial. Nous avons fait d’importants progrès, nous avons pris des décisions fondamentales et nous entamerons le dialogue social avec l’entreprise dès qu’elle s’y montrera disposée. Je suis content d’avoir eu la présence de toutes ces merveilleuses personnes et nous allons aller de l’avant au cours des prochains mois, j’en suis largement convaincu. Mais le chemin est encore long.

Nous devons nous organiser syndicalement et il nous faut à bord ces pays où le dialogue social n’est pas aussi solide que dans les pays présents à cette réunion. Nous promettons de le faire et nous promettons d’arriver à un véritable dialogue social avec LafargeHolcim qui implique les travailleurs et leurs syndicats à niveau local, national, régional et mondial.”

À l’issue de la réunion, la comité syndical mondial a résolu de se rencontrer à nouveau l’an prochain et de poursuivre son travail.

Des milliers de Chiliens manifestent contre un régime de pension inéquitable

Le régime AFP a été instauré il y a 35 ans par le dictateur Augusto Pinochet. Depuis, les travailleurs versent 10 pour cent de leur salaire dans un fonds de pension. Bien que, au départ, les administrateurs des fonds, les AFP, promettaient des pensions équivalentes à 70 pour cent du dernier salaire, ils versent actuellement moins que le salaire minimum (environ 400 $), avec pour conséquence que les gens doivent continuer à travailler au-delà de l'âge de la retraite.

Les femmes sont les premières défavorisées par le système parce qu'elles ont une espérance de vie plus longue, des salaires moindres et partent à la retraite à 60 ans, cinq ans avant les hommes.

Les manifestants réclament un système de répartition tripartite, fondé sur la solidarité, qui offre des pensions décentes aux travailleurs.

Le mouvement social "Non aux AFP", qui organisait la manifestation, a soumis sa proposition à la Présidente Michelle Bachelet en septembre. Il demande qu'elle soit déposée au parlement sous forme de projet de loi. Il affirme qu'une pension par répartition est le système le plus efficace pour garantir de meilleures pensions et que l'affectation des cotisations à un fonds de mutualisation est la solution pour créer ce système. Enfin, il propose la création d'une institution autonome, semblable à la Banque centrale, pour gérer ce fonds.

Une grève nationale est prévue pour le 4 novembre afin d'exhorter le gouvernement à accepter ce principe et à mettre fin aux contrats avec les AFP.

Marino Vani, le Secrétaire régional adjoint d'IndustriALL pour l'Amérique latine et les Caraïbes, a déclaré :

Nous sommes solidaires avec les travailleurs chiliens et nous les félicitons pour le combat qu'ils livrent, pour leur résistance et leurs propositions. Nous ne pouvons accepter que les travailleurs qui produisent la richesse et accroissent le capital de nos pays finissent leur vie dans la précarité et des conditions inhumaines, alors que le gouvernement accorde aux firmes privées des incitants fiscaux, des exonérations d'impôts, des marges bénéficiaires élevées et des garanties d'investissement.

Nous ne pouvons pas laisser place aux ennemis de la paix, déclare un dirigeant syndical colombien

Cesar Loza Arenas, président d’USO, le plus important syndicat du pétrole en Colombie, a indiqué que son syndicat est en train de mobiliser les Colombiens de tous bords afin qu’ils sortent dans les rues et fassent pression sur le gouvernement pour qu’il respecte l’accord de paix.  

« La paix est un droit pour les Colombiens, tout comme il l’est pour les travailleurs. Et nous disons que nous soutenons la paix », a déclaré Loza Arenas. « Ceci ne signifie pas que nous sommes d’accord avec les politiques gouvernementales mais que nous sommes tous solidaires lorsqu’il s’agit de la paix ».

L’accord de paix devait sceller la fin d’une guerre de 52 ans avec la guérilla des FARC qui a ôté la vie à des centaines de milliers de personnes et déplacé des millions de gens. Il a été rejeté par les Colombiens, par 50,2 pour cent, lors d’un vote qui a mobilisé 38 pour cent de la population seulement.

Durant notre Congrès mondial, 1 500 affiliés à IndustriALL ont adopté à l’unanimité une résolution de solidarité déplorant le résultat du référendum et réitérant le soutien au processus de paix, présentant toutes les garanties en matière de libertés individuelles et collectives.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a depuis écrit au Président colombien, Juan Manuel Santos, pour l’informer de la résolution et invité le gouvernement et les chefs des FARC à continuer à travailler à la poursuite de la paix et de la justice dans le pays. 

La résolution mentionne spécifiquement USO et ses luttes pour les droits des travailleurs au sein de la compagnie pétrolière publique Ecopetrol.

« Cette résolution montre que nous bénéficions du soutien du mouvement syndical mondial, nous disant à nous travailleurs en Colombie de continuer, que vous avez notre soutien. Vous n’êtes pas seuls à mener le combat », a indiqué Loza Arenas.

Il a signalé qu’USO a donné un préavis de grève à Ecopetrol, la plus importante compagnie pétrolière colombienne, également grande génératrice de revenus. Le syndicat se bat contre les projets gouvernementaux visant à liquider les actifs clés d’Ecopetrol, ce qui, selon eux, affaiblira la compagnie. USO veut également que soit mis fin aux violations systématiques des droits des travailleurs directs et indirects commises par la compagnie.

« Bien entendu, si le gouvernement et le conseil d’administration d’Ecopetrol sont prêts à négocier, nous ne ferons pas grève mais s’ils refusent, nous serons obligés de faire grève avec le soutien des travailleurs et de la communauté internationale ».

Loza Arenas s’est entretenu avec IndustriALL à son siège à Genève. Il est dans la ville suisse pour discuter avec l’Organisation internationale du travail (OIT) des poursuites engagées contre le gouvernement colombien pour les violations des droits des travailleurs et des droits syndicaux dans le pays.

Loza Arenas et Fabio Arias Giraldo, Secrétaire général du centre syndical de Colombie, CUT, ont demandé à IndustriALL d’organiser et de participer à une réunion conjointe avec le Comité de la liberté syndicale de l’OIT pour mettre à jour les informations sur les affaires pendantes. 

Les droits du travail sont des droits de l’homme : le rapport de l’ONU

Les Nations Unies ont publié un rapport sur le droit de réunion pacifique et de libre association sur le lieu de travail qui sera présenté lors de la 71e session de l’Assemblée générale ce 20 octobre 2016.

Ce rapport, œuvre du Rapporteur spécial Maina Kiai, conclu que la concentration croissante du pouvoir des entreprises affaiblit les droits du travail. Bien que les États ont le devoir en vertu de la législation internationale de respecter et de promouvoir les droits des travailleurs, la force des multinationales fait qu’ils y échouent souvent.

Les travailleurs ont besoin de protection maintenant plus que jamais : la mondialisation se traduit par une croissance sans précédent de chaînes d’approvisionnement complexes, de migrations massives de travailleurs et d’une vaste économie informelle. La plupart des travailleurs et travailleuses de ce monde sont exclus des cadres légaux et n’ont aucune protection syndicale ou couverture par la négociation collective.

“Notre monde et son économie mondialisée changent à toute allure et il est essentiel que les outils que nous utilisons pour protéger le droit du travail s’adaptent tout aussi vite,” a indiqué M. Kiai.

“Une première étape vers la réalisation de cet objectif consiste à abolir la distinction obsolète et artificielle entre droits du travail et droits de l’homme en général.

“Les droits du travail sont des droits de l’homme, et la possibilité de les exercer sur le lieu de travail est une condition préalable pour que les travailleurs jouissent d’un large éventail d’autres droits, économiques, sociaux, culturels, politiques ou autres.”

Certaines parmi les pires des violations de ces droits se déroulent à l’encontre de travailleurs informels, migrants et de femmes travailleuses au sein des chaînes mondiales d’approvisionnement. Le rapport met en lumière la violation des droits des migrants, dont le système kafala dans les pays du Golfe, le visa H2 pour travailleurs étrangers aux États-Unis et  les rabatteurs de main d’œuvre au Royaume-Uni.

Les femmes sont poussées vers des emplois à bas salaires et faible statut au sein des segments les moins protégés de l’économie. L’écart entre les sexes fait que ce sont 77% de femmes qui accomplissent les prestations de soins et de garde non rémunérées et nombre de femmes sont confrontées au travail à de la maltraitance verbale, physique ou sexuelle, à du harcèlement sexuel ou au viol.

Le rapport indique qu’il existe une attaque coordonnée contre les droits des travailleurs, tant au plan national qu’international, avec le groupe des employeurs à l’OIT prétendant en 2012 que le droit de grève, protégé par la Convention 87, n’existait pas du tout.

De nombreux États ne protègent pas le droit des travailleurs à la liberté de réunion. On y retrouve l’interdiction pure et simple des syndicats indépendants dans des pays comme l’Arabie Saoudite et la Chine, de nouvelles législations du travail en Inde qui accroissent la flexibilité, la répression des syndicats en Égypte et en Corée du Sud et des États américains qui fournissent des incitants à Nissan et Volkswagen pour demeurer non syndiqués. Le rapport critique le Comité olympique et la FIFA pour avoir failli à protéger les droits des travailleurs lors des Jeux olympiques de Rio 2016 et à l’occasion de la prochaine Coupe du Monde au Qatar.

La responsabilité sociale des entreprises a créé un secteur de la conformité volontaire pesant des milliards de dollars qui s’avère complètement inefficace. Ceci présente un contraste marqué avec les textes contraignants, comme l’Accord du Bangladesh, négocié avec les syndicats.

Le rapport se conclut par une série de recommandations aux États, aux entreprises et à la société civile, y compris aux syndicats, à l’OIT et à l’ONU.

Les États devraient ratifier tous les instruments internationaux et régionaux pertinents en matière de droits de l’homme, y compris les Conventions 87 et 98 de l’OIT. Ils devraient s’assurer que les droits syndicaux puissent être exercés par tout un chacun, nonobstant le type de travail, le secteur ou le statut par rapport à l’immigration.

Le monde des entreprises devrait reconnaître le droit des travailleurs à former des syndicats, à entreprendre des négociations et des actions collectives, dont le droit à faire grève. Il devrait renoncer aux actions anti-syndicales et aux représailles contre les militants.

Syndicats et société civile devraient œuvrer ensemble plus étroitement et les organisations de droits de l’homme devraient reconnaître les droits syndicaux comme relevant de leur mandat de base. Les syndicats devraient s’atteler davantage à s’occuper des travailleurs privés de droits, dont les travailleurs et travailleuses migrants et informels.

L’ONU devrait intégrer les droits du travail dans tous ses programmes et s’assurer que les droits des travailleurs sont protégés au niveau de toutes les soumissions et tous les prêts.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Jenny Holdcroft a déclaré :

“Il est réellement important que l’Assemblée générale de l’ONU reconnaisse que les droits du travail et les droits de l’homme sont inséparables. La liberté d’association est partout sous le feu des attaques et les syndicats sont en première ligne pour la défendre.”

IndustriALL soutient le boycott de Carlton & United Breweries

En juillet 2016, Carlton & United Breweries (CUB), producteur des bières les plus populaires en Australie, s’est attaqué de manière brutale aux conditions d’emploi de 55 travailleurs syndiqués affectés à la maintenance des machines, les 55 de CUB, au sein de sa brasserie de Melbourne, en prévision de l’acquisition de la maison-mère de CUB, SABMiller, par AB InBev.

Les 55 de CUB sont membres de l’affilié d’IndustriALL Global Union l’Australian Manufacturing Workers’ Union (AMWU, syndicat des travailleurs manufacturiers australiens) et de l’ETU (Syndicat des métiers de l’électricité). On leur a dit que leurs emplois seraient externalisés auprès d’un nouveau sous-traitant mais qu’ils pourraient reprendre le travail en tant que salariés du sous-traitant, avec une perte de salaire de 65%.

L’acquisition de SABMiller a reçu une approbation officielle, donnant lieu à l’avènement d’un opérateur géant du secteur brassicole mondial, AB InBev. Les nouveaux propriétaires ont exprimé leur désir de résoudre le conflit, mais au bout de 133 jours, les travailleurs battent toujours le pavé sur leur piquet de grève.

S’exprimant le 7 octobre dernier pour soutenir la résolution au 2e Congrès d’IndustriALL tenu à Rio de Janeiro, Andrew Dettmer de l’AMWU avait dit que le boycott des produits de CUB avait déjà impliqué de significatives pertes de ventes. La résolution a été adoptée à l’unanimité par le Congrès et IndustriALL a écrit à CUB pour exiger un juste règlement du conflit. 

Dans ses courriers de solidarité à l’AMWU et l’ETU, le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches écrit :

“IndustriALL est scandalisée par le comportement de Carlton & United Breweries et le licenciement de 55 travailleurs de la maintenance de son usine d’Abbotsford, dans l’état de Victoria, ainsi que par sa proposition de leur rendre leurs emplois à 35% du salaire précédent.

“Nous sommes aux côtés de ces 55 travailleurs, qui maintiennent un piquet sur le site depuis plus de 100 jours. De plus, IndustriALL soutient pleinement l’appel au boycott de tous les produits de Carlton & United Breweries (CUB) et demande à tous les travailleurs conscientisés de par le monde de refuser de consommer des produits de CUB.”

L’AMWU et l’ETU sont affiliés à IndustriALL ainsi qu’à l’UITA, l’Internationale des travailleurs de l’alimentation. Veuillez ajouter votre nom à la lettre de protestation de l’UITA en ENVOYANT UN MESSAGE À AB INBEV appelant l’entreprise à résoudre ce conflit de longue haleine et à trouver un accord juste et acceptable par les deux parties avec les syndicats australiens concernés.

IndustriALL affiche sa solidarité avec les victimes de BHP Billiton

Les actionnaires du géant minier BHP Billiton se sont réunis ce 20 octobre à Londres pour leur assemblée générale annuelle. Des représentants de victimes des mines de BHP Billiton de trois pays différents se sont rassemblés au sein d’une manifestation organisée par le London Mining Network.

BHP Billiton déploie des activités dans 13 pays. Les manifestants venaient du Brésil, pour protester contre la catastrophe de la digue de Samarco et ses séquelles, de Colombie pour protester contre le déplacement forcé de communautés de la région qui entoure la mine de charbon du Cerrejón et d’Indonésie pour protester contre la pollution de cours d’eau au sein des forêts tropicales humides de Borneo.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Valter Sanches a envoyé une lettre de soutien aux victimes de la catastrophe minière de la digue de Samarco, à Mariana, au Brésil, survenue le 5 novembre 2015.

Il y dit :

“Cette assemblée des actionnaires, la première depuis le désastre de Samarco, ne peut pas se comporter comme si de rien n’était. Nous exigeons une enquête approfondie et impartiale sur cette catastrophe environnementale.

“IndustriALL considère qu’il est inacceptable que BHP Billiton ait essayé de s’offrir une porte de sortie face à cette tragédie, qui n’aurait en premier lieu jamais dû se produire, en prenant en charge seulement 1,3 milliard de dollars, une somme bien inférieure aux 8 milliards de dollars des poursuites civiles instaurées par les autorités brésiliennes.

“Alors qu’approche le 5 novembre, date anniversaire du désastre, IndustriALL se prépare à commémorer cet événement tragique, la pire catastrophe environnementale de l’histoire du Brésil.

“Les syndicats et les organisations protectrices de l’environnement et des droits de l’homme exprimeront leur entière solidarité avec ceux qui sont concernés, un an après, pour exiger que toutes les mesures nécessaires soient prises pour s’assurer qu’un tel accident ne puisse jamais se reproduire, que ceux qui seront reconnus coupables soient punis avec toute la rigueur de la loi et que le fleuve Doce retrouve son état d’origine.”

La catastrophe a été due à l’effondrement de la digue d’un énorme bassin de retenue de la mine de Samarco Mineração S.A, propriété conjointe de BHP Billiton et de la compagnie brésilienne Vale. Ce bassin de retenue de minerai de fer, sous la responsabilité de BHP Billiton, a cédé et libéré une vague de déchets toxiques qui a submergé la vallée en tuant 19 personnes, en faisant des blessés et en laissant une population estimée à 500 personnes sans foyer.

Des boues et des résidus miniers issus du bassin de retenue ont atteint le fleuve Doce, qui fournit de l’eau potable dans le sud-est du Brésil. En conséquence, les autorités municipales ont dû interdire l’utilisation des eaux du fleuve pour la consommation humaine. Les eaux contaminées ont même atteint l’Océan Atlantique.

Une enquête de police distincte a accusé Samarco Mineração S.A d’inconduite délibérée, déterminant que l’entreprise avait ignoré des signaux clairs indiquant que la digue risquait de céder. Il existe également des plaintes qui visent à corroborer l’enquête de police selon laquelle Samarco Mineração avait été averti de la possibilité de rupture de la digue.

La lettre d’IndustriALL a été lue lors de la manifestation alors que des participants jouaient une scène illustrant la catastrophe.

Les affiliés d’IndustriALL qui font partie du réseau mondial BHP vont se rencontrer à la veille de la date anniversaire de la catastrophe environnementale et participer à la manifestation du 5 novembre.

Les syndicats protestent un an après la catastrophe minière de Mariana

La catastrophe qui s’est déroulée le 5 novembre 2015 à la mine Samarco Mineração S.A, dans la ville brésilienne de Mariana, a laissé des séquelles dans la région. Les affiliés à IndustriALL Global Union vont agir pour obtenir une réponse de la compagnie.

« La première réunion du réseau mondial de BHP Billiton aura lieu les 3 et 4 novembre, à Belo Horizonte, pour débattre de la façon d’affronter la multinationale.

Tous les représentants syndicaux des employés de BHP Billiton se rassembleront à Mariana le lendemain de la réunion, à savoir le jour du premier anniversaire de la catastrophe du 5 novembre, pour exprimer concrètement leur solidarité aux affiliés et aux communautés touchées. Nous enverrons un message à la compagnie lui demandant d’assumer ses responsabilités », a déclaré Glen Mpufane, directeur d’IndustriALL Global Union pour le secteur minier.

Un barrage de déchets s’est rompu, il y a environ une année, près d’une mine exploitée par Samarco Mineração S.A et détenue par Vale et BHP Billiton, provoquant la plus grande catastrophe environnementale jamais survenue dans l’histoire du Brésil. La coulée de boues toxiques qui s’en est suivie a causé la mort de 19 personnes et la disparition de plusieurs autres, et a eu des conséquences néfastes sur la flore et la faune.

Le 17 novembre, Samarco a signé un engagement préliminaire à l’égard des inspecteurs brésiliens, promettant de financer à hauteur de 260 millions de US$ une série de mesures d’urgence en matière de prévention, d’atténuation, d’assainissement et de compensation des impacts environnementaux et sociaux de l’incident.

En août 2016, les inspecteurs ont entamé une action en justice contre l’entreprise pour le non-versement de l’indemnisation, prévue par l’accord, aux 105 familles. Le 10 octobre 2016, le ministère public de l’Etat brésilien du Minas Gerais a jugé, lors d’une audience à Mariana, que Samarco devait verser une indemnisation à 28 des familles frappées par la tragédie.

« La compagnie BHP doit être tenue responsable de la catastrophe environnementale et de ses pratiques de négociation collective. C’est pourquoi il importe que les dirigeants syndicaux se rendent au Brésil pour participer à la réunion du réseau de BHP. Les syndicats australiens seront fiers d’être présents là-bas au côté du mouvement syndical mondial », a indiqué Tony Maher, président national du CFMEU, Australie.

Les affiliés à IndustriALL faisant partie du réseau mondial de BHP se réuniront la veille de l’anniversaire de la catastrophe environnementale et participeront à l’action de protestation du 5 novembre. Ils ont d’ailleurs réalisé une vidéo pour faire connaître l’événement.

Lucineide Varjão, présidente de la CNQ/CUT et coprésidente d’IndustriALL pour le secteur minier, et Edson Bicalho, Secrétaire général de la FEQUIMFAR-Força Sindical, ont réaffirmé l’importance de parler au nom des travailleurs frappés par la catastrophe.

Le nouveau Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

J’exprime tous mes vœux de réussite aux syndicats et aux mouvements sociaux pour leur mission de solidarité visant à enquêter sur la tragédie causée par Samarco, BHP et Vale, et à protester et à exprimer leur solidarité vis-à-vis de cette catastrophe. L’idée est de parvenir à nous entendre sur la meilleure façon d’affronter la stratégie de la compagnie pour veiller à ce qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas.

Résolutions du Congrès sur la paix en Colombie et contre le coup d’Etat au Brésil

La première résolution regrette le résultat négatif du plébiscite sur le processus de paix du gouvernement colombien et des FARC visant à mettre fin au conflit armé ayant provoqué de trop nombreuses effusions de sang dans le pays et au sein du mouvement syndical.

Le Congrès a invité le gouvernement colombien et les chefs des FARC à poursuivre leurs efforts pour négocier la paix dans le pays et garantir le respect des libertés individuelles et collectives.

« Nous demandons qu’une solution responsable soit trouvée pour parvenir à la paix. Des millions de personnes ont été déplacées et des centaines de gens, dont des syndicalistes, ont été tués. Le moment est venu d’exprimer notre solidarité. Je vous demande de soutenir cette résolution », a déclaré Pablo Santos, membre du syndicat des travailleurs de l’énergie SINTRAELECOL, affilié à IndustriALL en Colombie – la résolution a été adoptée quelques minutes plus tard.

Le Président colombien, Juan Manuel Santos, a récemment annoncé sa décision de proroger le cessez-le-feu bilatéral avec la guérilla des FARC jusqu’au 31 décembre dans le but de négocier un nouvel accord au cours des prochains mois.

La deuxième résolution condamne le coup d’Etat et les attaques des droits de la classe laborieuse au Brésil.

Lucineide Varjão, présidente de la Fédération nationale des travailleurs de l’industrie chimique (CNQ/CUT), affiliée à IndustriALL au Brésil, a pris la parole pour exprimer son soutien à la deuxième résolution. Varjão a indiqué que le gouvernement, qui est parvenu au pouvoir grâce à un coup d’Etat au Brésil, est en train de mettre en œuvre le programme des élites, en éliminant entre autres les droits sociaux et les prestations.

« Le gouvernement de facto revient sur tout ce que nous avons réalisé ces 12 dernières années. Il n’a aucun respect pour la démocratie, les femmes ou les jeunes. Nous devons défendre nos droits. Nous avons besoin de votre soutien », a-t-elle expliqué aux délégués.

La Chambre des députés du Brésil a récemment adopté un projet d’amendement à la Constitution, qui s’avère être la priorité absolue du Président Michel Temer. Les syndicats ont violemment critiqué ce projet qui gèle les dépenses en matière de santé, d’éducation, de logement et de protection sociale pour vingt ans. Trois autres votes sont nécessaires avant qu’il devienne une loi.

Les délégués au Congrès ont condamné les attaques sur les acquis historiques de la classe laborieuse au Brésil, tels que la journée de travail de huit heures, l’âge de la retraite et le travail décent.

Ils ont décidé de renforcer l’action conjointe des affiliés pour réaffirmer le principe de l’unité des travailleurs du monde. Les principaux centres syndicaux brésiliens ont décidé de tenir une journée nationale de grève le 11 novembre.

Enfin, ils ont convenu de s’associer à la campagne « Nous sommes solidaires de Lula » de l’ITUC, lancée le 20 septembre pour défendre l’ancien président contre le traitement brutal dont il est victime au Brésil.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriaALL, a indiqué que la réussite du processus de paix en Colombie et l’échec des mesures antisociales du gouvernement brésilien auront des conséquences pour l’ensemble de la région, c’est pourquoi ces deux combats ont reçu le soutien inconditionnel d’IndustriALL.