Canada : LafargeHolcim met ses employés en lock-out et les remplace en toute illégalité

LafargeHolcim demande que chacun de ses employés soit privé de leur ancienneté. De leur côté, les membres d’USW cherchent à conclure un accord collectif juste et équitable qui garantisse la dignité et le respect de tout employé.

La Commission des relations de travail de la Colombie britannique a jugé que la compagnie a violé le droit du travail en employant des contractants extérieurs pour faire le travail des employés mis en lock-out, et émis un ordre de cessation et d’abstention à l’encontre de la compagnie.

La Section locale 816 d’USW dispose du soutien solidaire de la communauté locale et des syndicats de toute la Colombie britannique et du monde entier. De même, les syndicats du monde entier à LafargeHolcim ont exprimé leur solidarité contre la mise en lock-out des travailleurs canadiens durant la dernière réunion du réseau mondial LafargeHolcim en France.

Le directeur d’IndustriALL pour l’ingénierie mécanique et les matériaux, Matthias Hartwich, a commenté :

« Nous sommes choqués par les violations continues des droits des travailleurs et du droit du travail commises par la direction de LafargeHolcim au Canada. La compagnie doit immédiatement mettre un terme au lock-out, arrêter d’employer des briseurs de grève en toute illégalité, revenir à la table des négociations et négocier de bonne foi avec USW ».

Les syndicats du monde entier organisent une journée mondiale d’action à LafargeHolcim le 9 décembre, avant de la Journée des droits de l’homme, en réponse aux violations continues des droits commises par LafargeHolcim au Canada et ailleurs. Depuis que la compagnie a fusionné l’année dernière, des douzaines de travailleurs sont décédés, le travail précaire s’est intensifié, la compagnie s’est restructurée sans se soucier des conséquences et la direction n’a pas tenu ses engagements de parvenir à un accord mondial en vue de nouer des relations positives avec les syndicats.

« Les membres d’USW au Canada mis en lock-out ne sont pas seuls », a déclaré Hartwich. « Les syndicats du monde entier à LafargeHolcim enverront un message fort et unanime : LafargeHolcim, respecte les droits des travailleurs ! »

Blog COP22, Marrakech – Deuxième jour, mardi 8 novembre 2016

Une atmosphère globalement optimiste a prévalu la plus grande partie de la journée de mardi alors que les discussions ont commencé ou continué dans plusieurs domaines, dont l’agriculture.
 
Les efforts d’atténuation découlant de l’Accord de Paris dépendent des contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN) pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’objectif est de susciter l’engagement à partir de la base pour veiller à ce que le monde continue de limiter le réchauffement climatique planétaire à 2 degrés Celsius ou moins. Le total de ces contributions s’avère jusqu’à présent insuffisant pour y parvenir. Une grande partie de nos efforts doit par conséquent être consacrée à la recherche de moyens politiques, financiers et techniques pour parvenir au niveau nécessaire d’engagement en matière de réduction des gaz à effet de serre.
 
Il apparaît ainsi encore plus crucial, bien que plus difficile, de continuer de demander à ce que la question des mesures de transition juste soit placée à l’avant-plan des discussions. Une proposition de création d’un comité d’experts sur cette question est à l’étude. Reste à savoir si elle recevra l’appui nécessaire.
 
Une tendance inquiétante de ce début de COP est l’interdiction faite aux observateurs d’accéder à un nombre croissant de réunions, portant atteinte aux principes généraux d’inclusion et de transparence. Nous avons contesté cette décision et demandé au Secrétariat de la COP d’en expliquer les raisons.
 
Les délégués syndicaux ont essayé de nous répartir pour que nous couvrions autant de réunions que possibles. J’ai donc suivi hier les débats des deux réunions de l’Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques étant donné qu’il examinait les mécanismes volontaires et de coopération dont la mise en place doit permettre d’atteindre les objectifs des CPDN, et que les aspects de la transition juste s’inscrivent dans ce cadre, ainsi que plusieurs autres axes de travail. Il m’est apparu hier qu’un grand nombre de délégués ne s’étaient pas véritablement préparés pour débattre des questions dont ils sont responsables.
 
Bien évidemment une grande partie de l’optimisme ambiant qui régnait à l’ouverture de la COP22 a disparu à l’arrivée des premiers résultats des élections américaines dans la nuit de mardi. De plus amples informations sur ce point sont à venir.

Plus de 50 mineurs ukrainiens en grève de la faim

50 mineurs de la première équipe sont partis en grève de la faim pour protester contre leurs salaires impayés. Les protestataires revendiquent également que des fonds soient dégagés du budget de l’État pour terminer le site d’extraction et de pouvoir rencontrer le Ministre ukrainien des industries de l’énergie et du charbon, M. Igor Nasalyk.

Le 27 octobre, environ 300 travailleurs des mines de l’État à Novovolynsk manifestaient et bloquaient un poste frontière à Yahodyn, en Volhynie, dans le nord-ouest de l’Ukraine, avec des revendications similaires. Ces actions n’ayant pas produit d’effets, les mineurs en sont venus à des mesures plus extrêmes.

Vasily Pradid, président de la section locale du Syndicat des mineurs indépendants d’Ukraine à la mine Novovolynska, déclare :

“Nous ne demandons rien d’extraordinaire. La question des arriérés de salaire doit être résolue. Les mineurs n’ont pas été payés depuis trois mois. La dette totale est de 7 millions de Hryvnias ukrainiennes (280.000 dollars). S’ils avaient voulu, ils auraient pu trouver cet argent”.

La direction de la mine n’a jusqu’ici pas réagi à l’arrêt de travail. Des collègues ne cessent de rejoindre les mineurs en grève.

Igor Guzya, Membre du Parlement d’Ukraine, a rencontré les protestataires ce 8 novembre et annoncé que le Ministre des industries de l’énergie et du charbon se rendrait en visite à la mine en fin de semaine.

Mychailo Volynets , qui est à la tête du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine dit de la situation :

“Ces mineurs étaient désespérés et ont été forcés à agir en conséquence. Les mineurs de l’est du pays, de Pavlohrad, Dobropillia et Pokrovskaya, les soutiennent dans leur détresse et leur ont envoyé des télégrammes de soutien”.

IndustriALL salue l’initiative prise par l’industrie pétrolière et gazière de créer un fonds pour les technologies peu polluantes

Cette somme d’un milliard de dollars paraît considérable et c’est le cas. Néanmoins, il est important de connaître le contexte pour mesurer cette annonce. Il est attendu que chaque membre de l’OGCI investisse en moyenne 10 millions de US$ par an sur dix ans, ce qui représente une infime partie de leurs investissements conventionnels permanents. Pour faire une autre comparaison, un milliard de dollars permettrait en gros de construire une raffinerie de pétrole équipée des technologies de capture, de stockage et de séquestration du carbone (CCS). Une sur dix ans seulement.
 
La somme d’un milliard de dollars n’est toutefois pas à négliger. IndustriALL considère cette annonce comme un premier pas et exhorte l’OGCI d’augmenter considérablement et rapidement son engagement.
 
« Un grand nombre de nos affiliés seront ravis de voir l’attention portée aux technologies CCS. Beaucoup d’autres seront intéressés par les investissements considérables engagés dans les technologies de production plus propres et les énergies renouvelables dans un proche avenir. Les syndicats espèrent que nous puissions engager un dialogue avec l’OGCI sur les conséquences sur l’emploi et la transition du réel changement de cap de ses priorités en matière d’investissement » a déclaré le Secrétaire général Valter Sanches.
 
Dans l’intervalle, l’OGCI a annoncé que ses priorités initiales seront :  

 
« IndustriALL Global Union se félicite de l’annonce de l’OGCI. Nous sommes prêts à participer à une discussion proactive avec le groupe sur les impacts attendus sur l’emploi  et la planification de la transition requise par le changement des priorités en matière d’investissement. Nous souhaitons sincèrement que cette initiative réussisse, mais nous savons qu’il n’en sera rien à moins qu’elle parvienne à élever sensiblement ses ambitions et à garantir une transition juste aux personnes affectées », a ajouté Valter Sanches.  

Des syndicats d’Afrique de l’Est récompensés pour leur faculté à recruter et organiser

Convoqué sur le thème “Construire des syndicats affiliés à IndustriALL plus forts en Afrique de l’Est pour une justice économique et sociale”, un atelier s’est tenu sur deux jours en octobre en Ouganda.

Les 22 participants ont débattu de stratégies de recrutement et d’organisation, des meilleures pratiques, d’accomplissements et de défis, visant à l’unité et à la coopération aux niveaux national et international. Un document de stratégie, destiné à l’introduction de législations nationales revisitées aux fins de contrer le recours aux contrats d’emploi de courte durée en Ouganda et au Kenya, a été présenté.

Les débats ont également abordé les différentes politiques de santé et sécurité professionnelles, évoquées par les syndicats pour recruter de nouveaux membres, les facteurs clés qui affectent les efforts d’organisation au plan syndical et les solutions pratiques pour venir à bout ces défis.

Une brochure de stratégie d’organisation pour les affiliés d’IndustriALL en Afrique de l’Est a été présentée. Cette stratégie tend à renforcer la puissance syndicale et à augmenter la participation des travailleurs aux activités et programmes syndicaux :

Un des outils stratégiques est le prix décerné pour le recrutement de nouveaux adhérents syndicaux. Trois syndicats ont été récompensés pour leurs performances exceptionnelles en 2015 :

  1. Textile Tailors Working Union (Textile et Habillement), Nigeria, pour avoir accru ses effectifs de 143%
  2. Kenya Shoe and Leathers Workers Union (Chaussures et Cuirs), pour une augmentation de 20% de ses adhérents
  3. Amalgamated Union of Kenya Metal Workers (Métal) pour avoir augmenté ses adhérents de 4,25%

Blog COP22, Marrakech – Premier jour, lundi 7 novembre 2016

La COP21, tenue à Paris, a débouché sur l’adoption de l’Accord de Paris, un traité historique visant à contrôler les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement climatique mondial à 2 degrés Celsius (1,5 si cela s’avère possible). L’Accord est juridiquement entré en vigueur le 4 novembre, suite à la ratification formelle de plus de 100 Etats. La COP22 a par conséquent pour but de négocier les modalités de sa mise en œuvre. Il semblerait que les gouvernements se soient laissés surprendre par la vitesse à laquelle l’accord est entré en vigueur.
 
Bien qu’il y ait lieu d’être optimismes au vu des projets de grande ampleur dans les énergies renouvelables entrepris par certains pays, il paraît très probable que 2016 soit l’année la plus chaude au niveau mondial jamais enregistrée et que les émissions de gaz à effet de serre demeurent, à moins d’une inversion rapide de leur niveau, susceptibles de conduire à un réchauffement planétaire compris entre 3 à 4 degrés Celsius, plutôt que dans une fourchette plus sûre et convenue de 1,5 à 2,0 degrés Celsius. Mais, alors que l’atteinte de ces objectifs nécessitera d’investir à très grande échelle et de mettre en œuvre des nouvelles technologies à un niveau sans précédent, le montant de 100 milliards de US$ retenu pour alimenter le Fonds pour le climat n’a été pour le moment réuni qu’en partie.
 
Jusqu’à présent, seules quelques nations ont commencé à débattre sérieusement sur la question des mesures de transition justes.
 
Au cours des deux prochaines semaines, les syndicats coordonneront notre présence aux différentes réunions de négociation et aux événements parallèles afin de faire connaître notre position et suivre les progrès.
 
Restons à l’écoute.

Tenons-nous prêts – Journée mondiale d’action chez LafargeHolcim

Depuis la fusion de la nouvelle entité l’an passé, des dizaines de travailleurs sont décédés, le travail précaire s’est intensifié, l’entreprise a opéré une restructuration irréfléchie et la direction n’a pas tenu ses engagements à l’égard d’un accord mondial en vue de nouer des relations positives avec les syndicats.

À l’occasion de la réunion tenue chez LafargeHolcim en octobre en France, les syndicats du monde entier ont demandé à la direction d’adopter une nouvelle approche. Ils ont décidé d’organiser une journée mondiale d’action en marge de la Journée des droits de l’homme afin de rappeler que les droits des travailleurs relèvent des droits de l’homme et que le groupe LafargeHolcim se doit de les respecter.

Le 9 décembre, les syndicats basés sur les sites de LafargeHolcim s’apprêtent à organiser des manifestations, convoquer des assemblées de membres, entrer en contact avec la presse, distribuer à leurs membres une brochure au sujet de l’action mondiale et à prendre diverses autres mesures.

Plus les syndicats seront nombreux à prendre part à cette journée d’action, plus forte sera la pression exercée sur LafargeHolcim afin de respecter les droits des travailleurs. La participation de votre syndicat est décisive, alors tenez-vous prêts,

proclame Matthias Hartwich, directeur de section d'IndustriALL. 


 

Des centaines de personnes réunies pour l’anniversaire de la catastrophe minière au Brésil

La manifestation était organisée par le MAB (Movimento dos Atingidos por Barragens), un mouvement social qui défend les personnes affectées par les barrages.

S’adressant à la foule, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan a déclaré :

“Nous apportons un message de solidarité de la part de la grande famille mondiale des mineurs à tous ceux et celles qui ont été affectés. Ce n’était pas un accident, c’était un crime prémédité. Nous sommes profondément attristés par les dégâts et les pertes en vies humaines. Mais nous sommes aussi en colère. En colère parce que des entreprises continuent à faire passer les profits avant les gens.”

Le bassin de rétention de Fundão appartenait à Samarco Mineração SA, une coentreprise entre deux des plus grosses compagnies minières du monde, l’australienne BHP Billiton Ltd. et la brésilienne Vale SA.

Samarco, un des plus grands exportateurs au monde de granules de minerai de fer, a entamé la construction de Fundão en 2007. Bien que dès le début il y a eu des problèmes au niveau de ce bassin de rétention, cela n’a pas empêché Samarco de faire monter sa production en puissance pour contrebalancer la chute du prix des matières premières.

L’effondrement survenu le 5 novembre 2015 a libéré un tsunami de plusieurs mètres de haut de boues toxiques qui a envahit le fleuve et rasé des villes sur son passage, la vague de boue parcourant 700 kilomètres de cours d’eau pour aboutir dans l’Océan Atlantique.

La plupart des victimes sont des mineurs tués alors qu’ils étaient au travail sur le bassin de rétention au moment de son effondrement. Si la digue avait cédé pendant la nuit, les 600 résidents de Bento Rodrigues auraient certainement tous péri. En l’occurrence et en l’absence d’un plan d’urgence digne de ce nom tel que requis par la loi, ils n’ont pu que se sauver avec les seuls vêtements qu’ils avaient sur le dos.

“Je suis né et j’ai grandi à Bento Rodriguez,” dit Antonio Martíns Quintão. “Mais tout a été balayé en l’espace de 8 secondes, dans l’après-midi du 5 novembre peu après 15h30.”

Antonio et d’autres résidents qui ont perdu leur maison doivent toujours recevoir une indemnisation.

“Tous les jours, à mon réveil, la première chose que je fais est de regarder si quoique ce soit a été entrepris contre ceux qui sont responsables de la mort de mon mari,” dit Alinne Ferreira Ribeiro. Son mari Samuel, un ouvrier employé par un sous-traitant de Samarco, est l’une des 19 personnes mortes ce jour-là.

En juin, les procureurs fédéraux brésiliens ont établi un acte d’accusation pour homicide à l’encontre des directeurs actuels et passés de BHP et Vale.  S.A. ainsi que de leur coentreprise Samarco. Les procureurs indiquent que l’entreprise avait une connaissance préalable des risques pour la structure et que des rapports de stabilité avaient été falsifiés.

Avant cela, des procureurs brésiliens avait entamé des poursuites civiles pour un montant de 44 milliards de dollars contre les trois entreprises en vertu des énormes dégâts humains et environnementaux consécutifs à la rupture de la digue.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, indique :

“IndustriALL se tient fermement aux côtés de tous ceux qui ont été touchés : les familles qui ont perdu un proche, les résidents qui ont tout perdu, les quelque 20.000 travailleurs et travailleuses qui ne savent pas si la mine va un jour rouvrir, les communautés avoisinantes qui dépendaient de la mine et tous ceux qui ont perdu leurs moyens d’existence.

“Nous soutenons la lutte pour faire répondre les responsables de leurs actes et pour assurer que des mesures soient prises pour garantir qu’un tel événement ne puisse jamais se reproduire.”

Avant la commémoration, la délégation d’IndustriALL a tenu la première réunion du réseau mondial pour BHP Billiton et sa spin-off South32. Un plan d’action détaillé comprend des mesures pour contrecarrer les pratiques sociales inacceptables de ces entreprises partout dans le monde et pour que BHP soit tenu responsable de la catastrophe de Samarco. La réunion a adopté une déclaration de soutien aux victimes de Samarco.

Des milliers de personnes attendues à Bruxelles à la manifestation pour l’acier

Cette manifestation, à la tête de laquelle se trouvera industriAll Europe et qui partira à 11h00 du Parc du Cinquantenaire, réunira des sidérurgistes venus de partout en Europe pour défiler au cœur même du quartier européen de la capitale belge.

Les travailleurs veulent mettre la pression sur l’Union européenne afin qu’elle protège l’industrie sidérurgique au sein de ses frontières. Avant l’avènement de la crise financière, la sidérurgie employait plus de 400.000 salariés en Europe. Au cours des cinq dernières années, ce chiffre a plongé à 330.000 et de nouvelle pertes d’emploi se profilent à l’horizon.

Défilant sous la bannière “Pas d’Europe sans acier”, les syndicats, parmi lesquels on retrouvera également des affiliés d’IndustriALL Global Union, exigeront la fin du dumping de l’acier chinois sous-tarifé sur le marché européen. Ils veulent également que l’Union européenne mette en œuvre les initiatives politiques définies dans le Plan d’Action Européen pour l’Acier visant à éviter à la sidérurgie d’être rayée du continent.

Les stratégies pour contrecarrer la crise mondiale de l’acier seront un débat clé lors de la Conférence des métaux de base d’IndustriALL qui se tient du 21 au 23 novembre à Duisburg, en Allemagne.

Suivez la manifestation sur twitter avec le hashtag #EUActionDay_Steel

Vous trouverez ici davantage d’information sur la manifestation d’industriAll Europe.

Irak : les syndicats revendiquent leurs droits légaux suite à la ratification de la Convention n° 87 de l’OIT

Le 25 octobre de cette année, le gouvernement irakien a approuvé la Convention n° 87 de l’OIT sur la liberté syndicale, qu’il a soumis au parlement pour ratification. Cette décision intervient après l’adoption d’une nouvelle législation du travail importante l’année dernière.
 
Le parlement jouit ainsi d’un environnement prometteur pour débattre à brève échéance d’une meilleure loi sur les syndicats. Les représentants du Conseil national irakien d’IndustriALL Global Union ont rédigé une loi sur les syndicats qui reconnaît le pluralisme syndical et les syndicats représentatifs, démocratiques et libres. Le projet de loi a été présenté au Ministre du travail et des affaires sociales au début du mois d’octobre.
 
Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré que la pleine reconnaissance de la liberté syndicale fait partie intégrante d’une transition réussie vers un Irak stable et plus démocratique :

« Malgré toutes les difficultés auxquelles font face les syndicats, notre travail viendra toujours renforcer les efforts déployés par les anciens et vaillants combattants irakiens pour parvenir à l’adoption d’une loi sur les syndicats compatible avec les normes internationales ».

Le Conseil national irakien d’IndustriALL s’est réuni le 30 août à Amman, en Jordanie, pour élaborer son programme, sur la base des problèmes affrontés par les travailleurs et leurs organisations dans le pays. La réunion a conclu sur l’adoption d’un plan d’action qui donne la priorité au renforcement des capacités des affiliés, à la poursuite de la campagne pour l’adoption d’une nouvelle loi sur les syndicats et à l’accroissement de la sensibilisation à la législation du travail adoptée l’année dernière.
 
Hassan Juma, président de la Fédération irakienne des syndicats du pétrole, a indiqué:

« L’Irak fait face à des problèmes politiques, économiques et sécuritaires considérables. Nos camarades de l’armée irakienne sont actuellement sur le front pour libérer Mossoul des mains de l’Etat islamique.
 
« Nous prenons également nos positions et travaillons en étroite collaboration avec les responsables syndicaux pour un Irak plus juste et libre, et nous sommes sur la bonne voie ».

IndustriALL a organisé une série d’ateliers à Bassora, Bagdad et Erbil au cours des mois de septembre et d’octobre dans le cadre de la campagne en cours. Tous ont été suivis par un grand nombre de jeunes, de femmes et de responsables syndicaux locaux.
 
Les ateliers ont porté sur la nouvelle législation du travail et la façon dont les syndicats et les travailleurs peuvent l’utiliser au mieux, ainsi que la négociation collective, les salaires et la protection des femmes qui travaillent.
 

Hashmeya Muhsin al-Saadawi, présidente du Syndicat général des Ouvriers et des Techniciens de l’Electricité d’Irak à Bassora et coprésidente d’IndustriALL pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), a indiqué :

« Nous pouvons réaliser notre rêve de faire promulguer une loi syndicale moderne en unissant nos efforts et en accroissant la participation et la sensibilisation des travailleurs, y compris les femmes et les jeunes.
 
« Les activités récentes impliquant et impactant les travailleurs et les syndicalistes témoignent du réel engagement des responsables et jettent les bases pour atteindre notre but ».