Les métallurgistes brésiliens manifestent contre Nissan

“Non à l’esclavage chez Nissan!” a entonné un chœur de 150 travailleurs et travailleuses qui manifestaient lors de l’ouverture du Salon de l’Auto ce 10 novembre à São Paulo, au Brésil.

Portant des T-shirts noirs avec le slogan “Nissan fait de sales coups”, des métallurgistes se sont rendus au salon pour dénoncer les pratiques anti-syndicales et les mauvaises conditions de travail à l’usine de Nissan dans le Mississippi, aux États-Unis.

Cette manifestation avait été planifiée et organisée par les métallos du Syndicat de l’automobile UAW des États-Unis et soutenu par ceux de la CUT, de Força Sindical et de l’UGT.

Bien que Nissan maintienne un dialogue avec les travailleurs au Brésil, nous devons nous rappeler que la classe ouvrière est internationale et que nous ne pouvons gagner cette bataille qu’en agissant ensemble

a dit Miguel Torres, président de la Confédération des métallurgistes de Força Sindical, la CNTM.

Depuis plus de dix ans, la direction de l’usine Nissan de Canton, au Mississippi, intimide les travailleurs qui montrent un intérêt à rejoindre le syndicat. Nombre des 5.000 travailleurs de l’usine Nissan ont un contrat temporaire et les conditions de sécurité y sont une préoccupation majeure.

“La solidarité est cruciale pour résister à ces attaques, à une époque où les ultra-conservateurs tentent d’éliminer les droits des travailleurs dans le monde,” a indiqué Maicon Michel, coordinateur des relations internationales de la Confédération des Métallurgistes de la CUT, la CNM.

Marino Vani, Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL, a remercié les syndicats du Brésil pour leur solidarité et leur lutte.

Malheureusement, Nissan rejette le dialogue et ne respecte pas les travailleurs. Nous allons continuer à manifester et protester jusqu’à ce qu’ils modifient leur attitude anti-syndicale et reconnaissent la valeur des travailleurs, de la démocratie et de la liberté syndicale.

Blog COP22, Marrakech – Sixième et septième jours, 12 et 13 novembre 2016

Le sixième jour a eu lieu, hors site, la réunion stratégique des syndicats, qui a été suivie par plus de 160 participants venus se familiariser avec le processus et faire connaître leur point de vue sur la direction que doivent prendre les discussions. Brian Kohler, d’IndustriALL, a présenté le travail d’IndustriALL sur l’analyse de la durabilité sectorielle, la stratégie industrielle durable et, bien entendu, la transition juste, qui joue un rôle central dans l’ensemble du processus.
 
Aucune réunion de la COP n’était prévue et n’a eu lieu au cours de la septième journée. Les organisations non gouvernementales (ONG), y compris les syndicats, ont participé à une marche pour le climat à Marrakech. Des milliers de personnes ont ainsi défilé pour soutenir l’engagement de mesures décisives visant à mettre en œuvre l’Accord de Paris.

Vietnam : Lancement du réseau syndical des fournisseurs d’Inditex

Inditex possède 130 usines au Vietnam employant environ 150 000 travailleurs au total, qui fabriquent des produits pour ses sept marques commerciales : Zara, Pull&Bear, Massimo Dutti, Bershka, Lefties, Oysho et Zara Home.

Les syndicats participant au séminaire provenaient des provinces de Bac Giang, Hai Duong, Thanh Hoa, Da Nang, Ho Chi Minh, Long An, Binh Duong et Dong Nai. Ont également participé à la réunion, la Confédération générale du travail du Vietnam (VGCL) et le Syndicat national des travailleurs du textile et de la confection.

Tran Van Ly, vice-président de la VGCL, a ouvert le séminaire en invitant les syndicats locaux à commencer par partager et coordonner les informations, puis à élaborer des stratégies en matière de négociation collective au niveau sectoriel. 

« L’accord-cadre mondial entre IndustriALL et Inditex donne une assise aux syndicats vietnamiens de l’industrie du textile et de la confection pour organiser collectivement leur travail, a ajouté Christina Clausen, Directrice d’IndustriALL pour l’industrie du textile et de la confection. 

« Ceci est fondamental pour la construction de relations saines et démocratiques entre les partenaires sociaux ».

Le réseau national des fournisseurs d’Inditex nouvellement lancé était en voie de constitution depuis l’année 2015 au cours de laquelle IndustriALL a organisé un atelier sur l’organisation des travailleurs dans la chaîne d’approvisionnement mondiale ayant abouti à la création d’un réseau septentrional et d’un réseau méridional, qui constituent la base du réseau national. Les personnes élues ont pour mandat de représenter et de mettre en œuvre le plan d’action du réseau national. 

Notre collègue Duyen, représentante du réseau méridional, a indiqué : « Au début, je me sentais nerveuse d’assumer cette responsabilité mais je sais que ce réseau sera utile pour notre travail au Vietnam, étant donné qu’il est primordial de réunir les syndicats dans le secteur pour traiter des sujets de préoccupation commune ».

Animés de l’esprit de dialogue social et de la construction de relations du travail matures, Inditex et plusieurs de ses fournisseurs clés ont participé à la session du matin du 12 novembre, qui a commencé par une présentation générale du modèle d’achats et de durabilité de la compagnie aux niveaux mondial et local.

Les représentants du réseau ont attiré l’attention sur la nécessité pour les syndicats d’en être des membres actifs pour veiller à ce que les principes consacrés par l’accord-cadre mondial soient respectés sur le lieu de travail – les travailleurs doivent veiller activement au respect de leurs droits.

Le réseau a prié Inditex et ses usines d’approvisionnement d’appuyer son travail en vue de favoriser des relations du travail stables. Mme Ha, représentante syndicale nouvellement élue, a ajouté « Nous pensons que ce réseau permettra aux usines d’approvisionnement d’Inditex d’améliorer leurs relations du travail et, à ce titre, nous sommes convaincus que ce progrès augmentera l’attrait de fabriquer au Vietnam pour Inditex et d’accroître sa production ».

Au cours des deux jours, les participants ont discuté et analysé les tendances mondiales et nationales dans les industries de la confection, du textile et de la chaussure, sur la base de l’examen de la situation actuelle en matière de négociation collective, de productivité du travail, de salaire minimum et de salaire décent au Vietnam, ainsi que de pratiques d’achat des marques mondiales.

Do Quynh Chi, chercheuse indépendante, a présenté les résultats de son étude récente sur « la situation nationale des industries du textile, de la confection et de la chaussure, et la chaîne d’approvisionnement » qui met en évidence le développement industriel du Vietnam et ses implications pour les industries de la confection et de la chaussure.  

La Coordinatrice nationale de projet (CNP) de l’OIT, Ta Thi Bich Lien, a donné une vue générale de la négociation collective multi-employeurs dans le contexte du projet pilote de l’OIT et de la VGCL, ainsi que des enseignements tirés avec Hai Phong EZTU et Da Nang FOL. Le programme pilote soutient, à travers une approche participative, le renforcement des capacités des syndicats, la négociation collective multi-employeurs et le dialogue social, l’organisation des travailleurs.

Sur la base de ces présentations et des discussions qui en ont découlé, le réseau a fixé plusieurs objectifs clés:

Brésil : grève nationale pour défendre les droits des travailleurs

Depuis le coup d’État au Brésil, avec la destitution de la Présidente Dilma Rouseff, les travailleurs subissent des attaques incessantes menées à l’encontre des droits qu’ils ont conquis au cours des dernières années.

Le Président Michel Temer a présenté des projets de loi visant à promouvoir l’externalisation, à geler les dépenses publiques en matière d’éducation et de santé et à reculer l’âge de la retraite.

Dans un mouvement de protestation, les centrales syndicales brésiliennes ont uni leurs forces pour organiser des grèves, des arrêts de travail, des manifestations et des rassemblements ce 11 novembre.

D’autres actions de protestation sont prévues pour le 25 novembre.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches déclare :

“Le mouvement syndical international soutient les luttes de la classe ouvrière du Brésil contre les attaques menées à l'égard de ses acquis et de la démocratie.”

Jorge Almeida, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes décalre :

“Nous félicitons le mouvement syndical brésilien qui se bat pour conserver ses droits contre un gouvernement insensible aux besoins financiers, sociaux et d’emploi du peuple. IndustriALL Global Union suit cette lutte et est prête à fournir la solidarité nécessaire.”

Blog COP22, Marrakech – Cinquième jour, vendredi 11 novembre 2016

Cinquième jour de la vingt-deuxième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP22), 11 novembre, Marrakech, Maroc.
 
Vendredi était le jour de l’événement syndical en marge de la COP. Lors d’une manifestation parallèle officielle, les organisations espèrent attirer l’attention d’autres participants et avoir la possibilité de leur présenter leur position.
 
Nous avons fait salle comble! La salle était remplie de personnes désireuses d’entendre le point de vue des syndicats, certaines ayant même été jusqu’à rester debout durant la réunion comme tous les sièges étaient occupés. Brian Kohler d’IndustriALL Global Union a présenté une partie de notre travail sur la transition juste et notre analyse de la durabilité sectorielle.
 
Les discussions des réunions du Groupe de contact amélioré sur l’impact des mesures de riposte, selon sa dénomination informelle, que les syndicats ont suivi de très près, ont finalement débouché sur un projet de décision. Un groupe d’experts techniques sera établi pour faire des recommandations formelles à la prochaine COP sur la transition juste, les mutations industrielles et la diversification économique. Ce pourrait être un point important de la traduction en termes concrets de la transition juste dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de Paris.
 
Les tentatives des Parties pour limiter la participation des observateurs continuent sans que l’on sache clairement pourquoi de telles démarches se produisent à cette COP. Selon une rumeur, des spécialistes des sondages et autres professionnels auraient abusé du statut d’observateur. Néanmoins, si cette hypothèse est fondée, il ne devrait pas être nécessaire de punir toutes les organisations dotées du statut d’observateur.
 
Bien entendu, de nombreuses autres discussions se sont poursuivies en ce vendredi, y compris sur le transfert des technologies ainsi que la continuation des efforts déployés pour constituer les fonds de 100 milliards de US$ par an affectés à la lutte contre les changements climatiques.  

IndustriALL défile aux côtés d’un million de coréens pour les droits des travailleurs et la démocratie

Sanches et d’autres membres d’une mission de solidarité mondiale ont ensuite défilé dans les rues aux côtés d’un million de Coréens dans le cadre de la mobilisation massive de la population organisée par les syndicats et l’ensemble de la société civile.

Cet appel au rassemblement a été lancé pour lutter contre les réformes rétrogrades du droit du travail proposées par la Présidente coréenne Park Geun-hye et pour exiger la libération immédiate de tous les travailleurs emprisonnés pour leurs activités syndicales.

La manifestation et la mobilisation de masse se sont déroulées aux cris du slogan « Park Geun-hye démissione! » Cette demande fait suite à un récent scandale de corruption dans lequel des compagnies, comme Hyundai et Samsung, ont versé des pots-de-vin colossaux à des fondations contrôlées par un allié de Park en échange de son soutien en faveur de politiques anti-travailleurs et autres faveurs.

« IndustriALL Global Union soutient l’appel à la démission immédiate de la Présidente Park lancé par les syndicats coréens », a indiqué Sanches. « Park s’oppose depuis longtemps aux droits des travailleurs et nous savons maintenant que cela est dû à ses liens de corruption avec des entreprises antisyndicales ».

Depuis que Park a lancé une campagne de répression brutale contre les travailleurs en novembre dernier, IndustriALL a soutenu activement les syndicats coréens par l’envoi de plusieurs délégations de solidarité, des campagnes épistolaires et des manifestations.

Le Congrès d’IndustriALL a récemment voté une résolution d’urgence appelant à une intensification de ce soutien. IndustriALL et son affilié UAW se sont réunis durant la mission avec les affiliés coréens à IndustriALL, KMWU, FKMTU, FKCU et KCTWF, pour discuter des possibles actions.

Les participants à la mission ont également exprimé leur solidarité au Centre de détention de Séoul où sont emprisonnés des responsables syndicaux, dont le président de la KCTU, Han Sang-gyun, condamné à une peine d’emprisonnement de cinq ans en juillet dernier.

La mission de solidarité était composée d’IndustriALL, d’UAW, BWI, CGIL, ITF, ITUC, IUF, SEIU, TUAC et UNI.

Lors de son rassemblement, la KCTU a fait part de sa décision de commencer immédiatement la préparation d’une grève générale en Corée qui aura lieu au cours des prochaines semaines, et à laquelle participeront des syndiqués, des étudiants, des agriculteurs, des petits commerçants et des organisations progressistes.   

« IndustriALL est pleinement solidaire des syndicats coréens et mobilisera ses affiliés dans le monde entier pour qu’ils apportent leur soutien à la grève générale », a ajouté Sanches.

Les démolisseurs de navires revendiquent la réouverture des chantiers navals de Gadani avec des mesures de sécurité

L’explosion et l’incendie au chantier de démolition de navires de Gadani a jusqu’ici coûté la vie à 28 personnes et fait environ 60 blessés, pour la plupart dans un état critique. Il y a beaucoup de personnes dont on craint qu’elles soient disparues et 20 familles ont approché l’affilié d’IndustriALL, la NTUF (Fédération nationale des syndicats), à propos d’un proche disparu. Le bilan des morts pourrait s’alourdir, car nombre de blessés ne reçoivent pas de soins adéquats.

La réaction immédiate du gouvernement pakistanais a été de fermer ces chantiers. Les syndicats ont le sentiment que c’est une réponse désastreuse, sachant que des milliers de travailleurs en dépendent pour leur subsistance. Cette réaction est perçue comme étant cynique à la lumière des occasions ratées par le gouvernement de ratifier la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires et de prendre d’autres mesures pour améliorer la sécurité au niveau de la démolition des navires.

Lors d’une conférence de presse tenue le 9 novembre, la NTUF a fait part de sa préoccupation qu’après plus d’une semaine écoulée depuis l’accident, le gouvernement n’ait ni exprimé ses condoléances pour les victimes et leurs familles, ni annoncé la moindre indemnisation. La NTUF a exigé que le gouvernement verse des indemnités, améliore les mesures de sécurité et rouvre le chantier naval pour éviter une crise économique.

Selon la NTUF, 12.000 travailleurs dépendent des chantiers de Gadani :

“Ces travailleurs touchaient leur salaire quotidiennement et dans le présent scénario, eux et leurs familles ont été contraints à aller se coucher le ventre vide. Les plus de deux millions de personnes indirectement concernées par le secteur ont également été sérieusement impactées.”

Ces chantiers sont une partie intégrante de la chaîne d’approvisionnement de l’industrie sidérurgique du Pakistan, avec plus de 100 usines de relaminage qui emploient 250.000 travailleurs à Karachi et Hub et qui sont dépendantes de la ferraille de Gadani.

Le chantier de Gadani fournit 30% des besoins du Pakistan en fer et acier. Sa fermeture va bénéficier aux importateurs d’acier et mettre en péril l’industrie locale alors qu’elle est dans une phase cruciale de développement.

La NTUF a prévenu qu’en l’absence d’une réouverture des chantiers, une manifestation sous forme de sit-in aurait lieu sur l’axe routier principal vers Quetta ce 14 novembre.

Le syndicat a exprimé sa préoccupation face à des tentatives visant à détourner l’attention par rapport au manque de mesure de santé et sécurité et aux violations des législations du travail ainsi que des conventions internationales et à parler de l’accident comme d’un acte de sabotage.

La NTUF a revendiqué la mise en place d’un Conseil du Travail pour la Démolition des Navires afin de faire entrer ces travailleurs dans l’économie formelle. Elle a de plus appelé le gouvernement à inviter des représentants des travailleurs à contribuer à la formulation de nouvelles politiques.

Le gouvernement devrait prendre des mesures pour formuler un code de la démolition des navires afin d’améliorer la santé et la sécurité sur les chantiers et garantir le droit des travailleurs à constituer des syndicats et à agir en tant qu’acteurs de la négociation collective. La NTUF à également appelé à l’abolition du système d’emploi en sous-traitance et à l’incorporation des travailleurs au sein des institutions de sécurité sociale ainsi que du système d’allocations et de pensions de l’État (EOBI).

Avant cela, des représentants de la NTUF avaient rencontré le Ministre fédéral des ports et du transport maritime pour lui faire connaître leurs préoccupations et revendications.

Des représentants du groupe d’action pour la construction navale et la démolition des navires d’IndustriALL se sont rencontrés en Australie la semaine dernière et ont envoyé un message de solidarité aux travailleurs de Gadani. Ce groupe fait campagne pour la ratification de la Convention de Hong Kong.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL, Apoorva Kaiwar, a déclaré :
 
“Fermer le chantier de Gadani est une tentative cynique de détourner l’attention de l’échec à rendre la démolition des navires plus sûre et cela revient à infliger une punition collective aux travailleurs.

Les chantiers doivent rouvrir et le gouvernement doit collaborer avec les syndicats pour faire évoluer le secteur.”

Le groupe d’action pour la construction navale et la démolition des navires dans les médias australiens

Blog COP22, Marrakech – Quatrième jour, jeudi 10 novembre 2016

La bonne nouvelle est que la question de la transition juste revient souvent dans les discussions ayant lieu à cette COP. C’est un sacré pas en avant par rapport aux quelques années précédentes où nous pouvions tout juste obtenir des Parties (gouvernements) qu’elles l’évoquent. La mauvaise nouvelle est que le peu de personnes qui utilisent cette expression la comprennent ou souhaitent l’utiliser pour atteindre des objectifs qui n’ont rien à voir avec la justice sociale en faveur des travailleurs d’aujourd’hui et de demain.
 
Les discussions sur les « mesures de riposte » représentent le principal et le plus important domaine dans lequel la transition juste peut être traduite dans les faits, c’est pourquoi nous avons concentré nos efforts sur ces mesures. Les syndicats ont réussi à faire pression sur certains gouvernements pour qu’ils soutiennent notre position. En particulier, le Canada, les pays nordiques et quelques autres pays ont soutenu les mesures pour une transition juste. Les Etats-Unis se sont également montrés favorables, bien qu’on puisse s’attendre à un rapide changement de cap avec l’élection de Donald Trump. Aucune décision sur la proposition de création d’un comité d’experts sur les mesures pour une transition juste n’a été encore prise.
 
L’augmentation du niveau d’ambition en matière de limitation du réchauffement climatique mondial à moins d’1,5 degré Celsius a été abordée lors d’autres discussions, tout comme la question de la structure des processus de reddition de comptes et de vérification des contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN). En lien avec ces sujets, le premier inventaire mondial doit développer un processus de recueil et de vérification des informations robuste. Les finances ont également fait l’objet de discussions passionnées.  
 
L’accès à certaines des discussions est devenu un problème comme les Parties se sont prises de plus en plus d’affection pour les réunions à huit clos, même si l’Accord de Paris et le processus de la CCNUCC garantissent leur accès aux organisations dotées du statut d’observateur, dans la mesure du possible.

15.000 sidérurgistes manifestent pour sauver l’acier en Europe

Défilant sous la bannière “Pas d’Europe sans acier”, cette manifestation menée par industriAll Europe appelait la Commission européenne à prendre des mesures concrètes pour garantir les emplois et sauvegarder l’avenir de l’industrie sidérurgique.

“L’acier est d’une importance fondamentale pour l’industrie européenne. Le secteur emploie non seulement plus de 330.000 travailleurs, mais il joue également un rôle essentiel dans la première étape de la chaîne de valeur industrielle et dans la fabrication de nombreux produits industriels. Nous devons assurer l’avenir de l’acier européen et cela implique de se protéger des importations d’acier à des prix de dumping, de disposer d’instruments de défense commerciale efficaces et d’avoir un système d’échange de quotas d’émission qui soutient l’emploi et l’environnement,” a déclaré Luc Triangle, Secrétaire général d’industriAll Europe.

De nombreux affiliés d’IndustriALL Global Union de Belgique et d’ailleurs ont également participé à cette manifestation qui s’est déroulée en plein cœur du quartier européen de la capitale belge.

Le Président d’IndustriALL, Jörg Hofmann, a rejoint Luc Triangle à la tête du cortège où il représentait à la fois IndustriALL et notre affilié allemand IG Metall, dont il est également le président.

“Nous sommes ici pour montrer à l’Union européenne qu’elle a une mission. Elle doit protéger vos emplois. Elle doit agir en notre nom et sauver l’industrie sidérurgique en Europe,” a dit Hofmann lors du meeting à la fin du parcours. “Nous ne voulons pas de protectionnisme, nous sommes très compétitifs en matière de qualité et de productivité. Mais nous voulons une saine concurrence et pas d’acier bradé par le dumping.”

Au cours des sept dernières années, plus de 80.000 emplois ont été perdus au niveau de l’industrie sidérurgique européenne.

“L’Europe a désespérément besoin que le Plan d’action européen pour l'industrie sidérurgique soit mis en œuvre. Les restructurations doivent s’arrêter si nous voulons garantir un avenir à notre secteur de l’acier, à ses emplois et au savoir-faire que nous avons constitué au cours de si nombreuses décennies,” a dit Luc Triangle.

Les revendications des sidérurgistes sont :

1. Non au dumping, oui au commerce équitable

2. Un système d’échange d’émissions qui soutient l’environnement et les emplois

3. Des instruments de défense efficaces

4. Une politique industrielle proactive pour soutenir l’industrie sidérurgique

5. Des emplois plus nombreux et de meilleure qualité

6. Accroître et moderniser les capacités de production d’acier

Les défis posés à l’industrie sidérurgique au plan mondial constitueront le débat clé de la Conférence des métaux de base d’IndustriALL qui se tiendra du 21 au 23 novembre à Duisburg, en Allemagne.

Blog COP22, Marrakech – Troisième jour, mercredi 9 novembre 2016

Des discussions importantes ont lieu au sein d’une commission particulière dotée d’un nom complexe très long (et incohérent). Dénommée officiellement Organe subsidiaire de mise en œuvre (SBI) et Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA) et consultation informelle sur l’impact des mesures de riposte mises en œuvre, elle est également connu sous les noms de « forum amélioré » et de « groupe de contact amélioré sur l’impact des mesures de riposte ». Ce forum est devenu le principal domaine (mais pas le seul) au sein duquel sera véritablement débattue la question de la transition juste.
 
Une proposition à l’examen au sein de cette commission est la création d’un comité d’experts sur les mesures de transition juste. Les syndicats soutiennent l’idée. Reste à savoir s’il en sera de même pour les Parties (les gouvernements nationaux) et la forme qu’il revêtira s’il est créé.

Demain aura lieu l’événement officiel des syndicats en marge de la COP.
 
Parmi les autres nouvelles, l’élection à la présidence des Etats-Unis d’un négationniste de la science a créé la surprise et un choc suivi d’un sentiment de profonde déception et de colère.

L’amertume et  la marginalisation d’une partie importante de la population, dont les richesses ont stagné ou baissé au cours de ces dernières décennies, sont compréhensibles. Un grand nombre de ces personnes ont exprimé un vote de protestation contre les effets du néolibéralisme et l’incapacité des dirigeants de Washington de les prendre en considération. Donald Trump ne résoudra pas leurs problèmes mais il a été capable d’exploiter leur colère, en l’assaisonnant avec la xénophobie, le racisme, le sexisme et le nationalisme chauvin pour gagner la course à la Maison Blanche contre une femme expérimentée et hautement qualifiée.
 
Considérons que les habitants de la Terre sont les passagers d’un autobus. Contrôler un tel véhicule est une tâche complexe qui nécessite la coopération de nombreuses personnes. Le bus se dirige vers une falaise et, alors même qu’un accord pour actionner légèrement les freins vient d’être atteint, le plus important et le plus qualifié des co-conducteurs est écarté d’un coup de coude et remplacé par un fou.
 
Espérons tous que ce n’est pas la réalité à laquelle nous faisons face, que la rhétorique électoraliste est à présent derrière nous et que le Président Trump nous dévoilera un visage plus sage de lui-même. Après tout, le même Donald Trump qui a qualifié le réchauffement climatique planétaire de parfait canular a également invoqué « le réchauffement climatique mondial et ses effets » pour justifier la demande de permis de construire d’une digue au Trump International Golf Links & Hotel en Irlande!