Blog COP22, Marrakech – Onzième jour, jeudi 17 novembre 2016

Ce jeudi soir, les Parties (gouvernements) à la COP22 ont adopté la Proclamation d’action de Marrakech pour le climat et le développement durable, immédiatement associée à son acronyme anglais MAP (ndt : “carte” ou “de feuille de route”).

La COP22 était censée fournir une feuille de route pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Et en effet, elle a accompli des progrès sur un certain nombre de fronts. Cependant, les gouvernements doivent toujours faire preuve de davantage d’ambition pour rencontrer l’objectif de 2° Celsius ou moins. Le financement sur le climat est toujours inadéquat. Bien que des engagements en faveur de l’adaptation des financements parviennent de la part des États membres, les estimations des scientifiques sur les montants nécessaires augmentent encore plus vite. Il est ironique que les gouvernements dépensent bien davantage d’argent en subsides pour les carburants fossiles que ce qui est requis en faveur du fonds pour le climat.

Les Contributions déterminées au niveau national (les NDC, pour leur acronyme anglais utilisé couramment) doivent être vérifiables et soumises aux syndicats ainsi qu’à d’autres groupement de la société civile pour donner leur avis et apporter leur regard. Sur ce point, il est troublant de constater qu’un certain nombre de gouvernements comptent sur le secteur privé ou sur des partenariats public-privé pour atteindre leurs objectifs d’émissions. Bien que nous espérions tous que le secteur privé va monter au front, on ne peut pas compter sur le seul soi-disant libre marché pour nous apporter un avenir durable. Des politiques publiques guidées par l’intérêt public, en particulier des politiques industrielles durables et des programmes de Transition juste, sont nécessaires.

Il y beaucoup de choses dont on peut se féliciter dans la MAP. La COP22 a vraiment tenu un bon débat sur la diversification économique, la transformation et la Transition juste. Bien que des détails doivent toujours être précisés, c’est un signe très positif.

La Transition juste est devenu une des expressions les plus utilisées de cette COP, mais nous devons toujours nous assurer que la dimension sociale tout entière de la durabilité soit respectée. La MAP dit que “La transition requise de nos économies pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris fournit une opportunité positive et substantielle pour une prospérité accrue et un développement durable.” C’est une déclaration plutôt bien trempée. Les syndicats devront être très actifs et vigilants pour s’assurer que la Transition juste signifie bien ce qu’il faut qu’elle signifie et ne soit pas simplement utilisée comme étiquette pour d’autres priorités.

Résoudre la question de l’énergie durable est la clé pour résoudre toute la problématique du climat. Nous allons bien voir comment la mise en œuvre de l’Accord de Paris évolue au cours de l’année qui vient et quel effet aura l’élection de Donald Trump aux États-Unis sur les efforts mondiaux visant à stabiliser le climat.

La COP23 se tiendra à Bonn sous présidence fidjienne.

Rassemblement des travailleurs de Caterpillar à Genève

Près de 200 représentants de syndicats de la métallurgie de Belgique, d'Irlande du Nord, de France, d'Italie et d'Allemagne ont bravé les intempéries de ce jour pour se rassembler devant le bâtiment des Nations unies de la Place des Nations, à Genève, avant de défiler jusqu'au siège de Caterpillar.

Ils protestaient contre les plans de restructuration annoncés par Caterpillar en septembre et qui entraîneront les fermetures de l'usine de Gosselies en Belgique et de Monkstown en Irlande du Nord.

Cette action de protestation était organisée par IndustriALL Europe.

Près de 2.500 emplois directs sont menacés, plus des milliers d'autres emplois indirects. La restructuration affectera aussi d'autres usines partout en Europe et les syndicats s'inquiètent de la volonté de l'entreprise de maintenir à long terme sa présence sur le continent.

Les plans de restructuration de la direction visent aussi des usines situées au Japon, aux États-Unis, en Australie et au Brésil. Le réseau syndical mondial de Caterpillar s'est réuni au Congrès d'IndustriALL qui s'est tenu au Brésil en octobre. L'United Steelworkers et la Confédération des syndicats de travailleurs de l'automobile du Japon ont envoyé des messages de solidarité promettant de combattre aux côtés des syndicats européens.

Prenant la parole à la Place des Nations, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré : 

“Je suis venu vous exprimer le soutien et la solidarité de nos 50 millions d'adhérents du monde entier. Nous sommes à vos côtés contre cette agression contre vos moyens de subsistance et vos communautés, et nous vous soutenons dans votre combat contre la désindustrialisation de l'Europe.”

Les représentants des syndicats ont rencontré la direction de Caterpillar au siège de l'entreprise pour tenter d'empêcher cette catastrophe sociale et industrielle.

Les syndicats ont préparé ensemble un cahier de revendications qu'ils ont adressé à l'entreprise :

Une explosion chez Gerdau fait trois morts au Brésil

Les trois travailleurs, membres de notre affiliée CNTM/FS et employés par un sous-traitant, effectuaient des travaux de maintenance au moment de l'explosion.

Au Brésil, les sous-traitants emploient près de 27 pour cent des travailleurs. D'après un rapport de notre affiliée CUT, par comparaison avec leurs collègues ayant une relation d'emploi directe, ceux des sous-traitants ont des taux d'accidents et de maladies du travail plus élevés. D'après ce rapport toujours, la fréquence des accidents des travailleurs des sous-traitants est le double de celle des autres salariés : 5,95 pour cent contre 2,65 pour cent.

 Plusieurs affiliés brésiliens d'IndustriALL font campagne depuis des années pour bloquer un projet de loi (PEC 55) actuellement à l'examen au sénat qui, s'il était adopté, permettrait aux employeurs du secteur privé de sous-traiter le travail comme bon leur semble. Des grèves sont prévues le 25 novembre pour protester contre le PEC 55 et d'autres réformes.

Il arrive souvent que les travailleurs précaires ne puissent être représentés par le même syndicat que les travailleurs permanents. Mais les syndicats de Gerdau d'Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, des États-Unis, du Pérou et d'Uruguay font tout ce qu'ils peuvent pour protéger ces travailleurs et combattre la stratégie antisyndicale de l'entreprise, défendre les droits des travailleurs, obtenir la reconnaissance des comités d'entreprise et négocier un accord mondial sur la santé et la sécurité.

Jorge Almeida, le Secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Amérique latine et les Caraïbes, déclare :

Le Brésil a ratifié la convention 155 de l'OIT sur la santé et la sécurité en 1995. En 2005, l'OIT a adopté une série de recommandations sur la santé et la sécurité dans la métallurgie et la sidérurgie et a défini les responsabilités, les devoirs et les droits de chaque partie.

IndustriALL exhorte Gerdau à respecter la législation du travail brésilienne et internationale qui prescrit que les travailleurs ont droit à la santé et à la sécurité sur leur lieu de travail.

Après l'accident, l'entreprise brésilienne a publié un communiqué proposant son aide aux familles des victimes et disant qu'elle enquête sur les causes de l'accident.

Les syndicats des travailleurs de l’industrie automobile d’IndustriALL se préparent aux changements à venir

Les participants à la conférence, représentant les travailleurs de l’ensemble des principaux constructeurs automobiles mondiaux, ont été informés de la façon dont les objectifs en matière d’émissions de CO2, de véhicules électriques et autonomes, et de numérisation auront un impact profond sur l’industrie automobile en engendrant à la fois des défis et des opportunités.

« Pour la première fois dans l’histoire de l’industrie automobile, les entreprises sont contraintes d’accepter une révolution qui remet en cause leur propre modèle entrepreneurial », a indiqué Helmut Lense, Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a invité les syndicats présents dans le secteur automobile à user de leur influence pour aider les travailleurs dans la chaîne d’approvisionnement toute entière.

« Même si les réseaux syndicaux d’IndustriALL établis chez les principaux constructeurs sont puissants, davantage doit être fait pour améliorer les conditions des travailleurs chez les équipementiers de l’industrie automobile ».

La prévalence du travail précaire dans le secteur est ressortie comme un sujet de préoccupation commune à la conférence. Richard Gentil de la Fédération des travailleurs de la métallurgie FTM-CGT a signalé que 80 pour cent des travailleurs employés dans certaines usines en France ont des contrats temporaires. A elle seule, l’entreprise Renault emploie 9 000 travailleurs temporaires.

Jerry Dias, président du syndicat canadien Unifor, qui représente 40 000 travailleurs de l’industrie automobile, a indiqué que le travail précaire, la concurrence mondiale et la volonté d’accroître les profits réduisent la qualité de vie de tous les travailleurs.

Sanmugam Selvarani, membre du syndicat malaisien NUTEAIW, a informé l’assemblée que son syndicat fait face à de grandes difficultés pour organiser les travailleurs précaires et migrants, qui constituent le groupe des travailleurs les plus exploités dans le secteur automobile du pays.

Le Secrétaire général adjoint, Kemal Özkan, a indiqué aux participants qu’IndustriALL doit mettre les chaînes d’approvisionnement au centre de son travail conformément au mandat qui lui a été confié par le Congrès.

« Les syndicats doivent donner davantage d’importance au soutien des activités syndicales chez les équipementiers automobiles et renforcer l’organisation dans la chaîne d’approvisionnement ».

Le président d’IndustriALL, Jörg Hoffmann, a déclaré que malgré la croissance constante de la demande de voitures, avec 100 millions de voitures vendues à travers le monde par an, il n’y a pas de vrai sécurité d’emploi.

« Les travailleurs et les sites sont mis en concurrence. Les pressions exercées sur les conditions de travail sont élevées. Dans le même temps, la croissance est enserrée dans une mutation structurelle de grande ampleur qui touche notre industrie ».

Hofmann s’est exprimé sur l’adoption rapide des véhicules électriques en Allemagne, qui menace 40 000 emplois dans la production des moteurs à combustion interne. 

« Nous devons répondre à cette situation à l’aide de nouvelles stratégies syndicales. L’augmentation de la pollution dans les villes de Delhi et de Beijing nous montre qu’il n’existe pas d’alternative et que l’industrie automobile doit être écologiquement durable. Dans ce processus, la transition doit être juste pour les travailleurs ».

Consécutivement à la résolution du Congrès au Brésil, l’UAW a, par le biais d’une déclaration faite au nom des travailleurs qualifiés de la compagnie Volkswagen implantée dans la ville américaine de Chattanooga, enjoint le Comité d’entreprise mondial de Volkswagen et l’affilié allemand IG Metall de faire pression sur Volkswagen pour que la compagnie entame des négociations collectives avec les travailleurs.

Les participants ont approuvé à l’unanimité le plan d’action établi pour le secteur. Les activités comprennent :

Le plan d’action demande qu’une attention particulière soit accordée aux impacts du changement climatique et de la numérisation dans le secteur automobile, et appuie les demandes d’IndustriALL pour une transition juste dans le contexte de l’emploi industriel durable au bénéfice des travailleurs de l’industrie automobile.

« Notre plan d’action donne une orientation détaillée et claire pour relever les défis auxquels nous faisons face dans le secteur automobile, en particulier en ce qui concerne le travail précaire et la chaîne d’approvisionnement.

« Nous nous réjouissons à la perspective de renforcer les accords que nous avons avec les constructeurs automobiles et de construire des réseaux en Asie, qui apparaît de plus en plus comme le centre mondial de la production automobile », a déclaré Lense.

Veuillez-vous rendre sur notre page flickr pour visualiser les photos de la conférence. 

Blog COP22, Marrakech – Dixième jour

Les observateurs de la société civile ont mené une action en faveur du maintien des Etats-Unis dans l’Accord de Paris. Inutile de dire que cette question éveille une inquiétude considérable, et pas seulement à l’extérieur des Etats-Unis. La protection contre la responsabilité, qui établit que les pertes et les dommages dus au changement climatique (tels que définis par l’Accord) « ne peu[vent] donner lieu ni servir de fondement à aucune responsabilité ni indemnisation », apparaît comme un aspect intéressant de la décision de Paris. Sortir de l’Accord de Paris pourrait exposer les Etats-Unis et les entreprises établies dans le pays à des poursuites intéressantes (et massives).

L’établissement d’un inventaire mondial régulier des contributions prévues déterminées au niveau national pour évaluer (sur la base des contributions totales) la voie sur laquelle elles placent le monde par rapport à un réchauffement climatique mondial à moins de 2 degrés Celsius fait partie des dispositions importantes de l’Accord de Paris. L’inventaire doit commencer en 2018 avec ce qu’il est convenu d’appeler le dialogue de facilitation et sera suivi de réunions quinquennales visant à faire le point.

Certaines des réunions difficiles ayant eu lieu ces jours-ci à Marrakech ont porté sur les aspects structurels et administratifs du déroulement du dialogue de facilitation et des inventaires subséquents. Les syndicats espèrent que le processus sera participatif et transparent.

D’autres discussions n’ont pas permis de résoudre le déficit de financement, de surmonter les désaccords sur la détermination des critères d’admissibilité des projets au titre des fonds et de clarifier la voie à suivre pour renforcer les capacités. Les discussions sur la façon d’énoncer le résultat global de la COP22 viennent de commencer.

Un événement parallèle intéressant, coordonné par Sharan Burrow, avec la participation des représentants du gouvernement australien et d’autres représentants, a concerné la transition juste dans le contexte de la ville australienne de Port Augusta, où une communauté économiquement dépendante d’une centrale électrique au charbon prévoit de devenir le chef de file en matière d’énergie solaire.

Etat des ratifications : Patricia Espinos, Secrétaire exécutive de la CCNUCC, a indiqué que 110 pays avaient ratifié l’Accord de Paris en date du 16 novembre 2016.

Soutenez la grève générale pour la défense des droits des travailleurs organisée en Corée !

Les syndicats coréens luttent contre la répression du droit du travail conduite par le gouvernement. L’administration de la Présidente sud-coréenne Park supervise les descentes de police dans les bureaux des syndicats et l’arrestation de centaines de syndiqués pacifiques.

Park a essayé d’amender le droit du travail coréen en autorisant les licenciements sans garanties d’une procédure régulière, en diminuant les salaires des employés de haut rang et en accroissant l’externalisation, entre autre choses.

Le gouvernement Park a été impliqué dans un scandale dans lequel des entreprises coréennes importantes ont versé des pots-de-vin à des fondations contrôlées par un allié de Park en échange d’un soutien à l’égard de politiques opposées aux travailleurs et d’autres faveurs.

Les syndicats coréens ont appelé à la grève générale pour le 30 novembre dans le cadre de la riposte en cours contre l’action gouvernementale qui a conduit au défilé d’un million de Coréens dans les rues de Séoul.

Participez dès à présent et jusqu’au 30 novembre aux journées mondiales d’action pour soutenir les syndicats coréens:

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, qui s’est rendu récemment en Corée dans le cadre d’une mission de solidarité, a indiqué :

Je vous invite fermement à soutenir cette grève générale en participant aux journées mondiales d’action afin de montrer au gouvernement coréen la force de solidarité qui existe au niveau mondial.

Turquie : virés pour avoir voulu former un syndicat

L’affilié d’IndustriALL Global Union Birleşik Metal İş compte des adhérents dans différentes usines de Schneider en Turquie.

Après avoir recrutés des membres à l’usine de Günsan Elektrik, le syndicat a sollicité auprès du Ministère du Travail turc ce qu’il est convenu d’appeler le Certificat de Majorité, afin de pouvoir constituer une section locale.

Lorsque la direction en a pris connaissance, sa réaction a été de virer sans ménagement sept des travailleurs qui ont mené ces efforts de syndicalisation. Ces pratiques anti-syndicales se poursuivent avec des conversations individuelles menées par la direction avec les travailleurs, sur la question de savoir s’ils ont rejoint un syndicat ou pas.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches déclare que l’ingérence de l’entreprise dans les questions syndicales, les licenciements illégaux et le harcèlement des travailleurs doivent cesser immédiatement.

Nous exhortons Schneider Electric à intervenir pour appeler Günsan Elektrik à réintégrer les sept salariés, à respecter les droits des travailleurs à opter pour le syndicat de leur choix et à s’engager dans un dialogue honnête et constructif avec Birlesik Metal-İs.

Blog COP22, Marrakech – Neuvième jour

Le volet (politique) de haut niveau de la COP bat maintenant son plein, ministres et chefs d’État ayant succédé dans les débats à leurs conseillers et fonctionnaires.

Il leur reste de nombreuses questions à résoudre, notamment s’agissant du niveau d’ambition, de la réforme des subsides en faveur des combustibles fossiles, des énergies renouvelables et bien sûr du financement. Le financement est toujours controversé, au sein de quelque accord que ce soit, mais il y a ici un manque surprenant d’enthousiasme à trouver des solutions aux aspects financiers de l’Accord de Paris.

Les syndicats ont été invités à s’exprimer lors d’une réunion de haut niveau sur la Transition économique durable et la diversification économique. La Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, Sharan Burrow, a saisi l’occasion pour remercier les parties d’avoir reconnu la pertinence des syndicats et de la CSI et pour avoir entériné la mise en place d’un groupe d’experts sur la Transition Juste. Elle a souligné notre revendication à être partie prenante à la conception et à la mise en œuvre des plans nationaux de Transition Juste et de voir les employeurs consacrer des investissements adéquats en faveur d’une transition en souplesse vers un avenir durable.

Entretemps, pesant sur les débats, il existe la possibilité que Donald Trump annonce le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris et peut-être même de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) elle-même. Tout ceci alors que 2016 est en bonne voie pour être l’année la plus chaude jamais enregistrée au plan mondial.

On ne plaisante pas avec la crédibilité, même pour un pays aussi grand et puissant que les États-Unis. Si en effet les États-Unis renient leurs engagements, cela enverrait un message clair à la communauté internationale que leur parole ne vaut rien et peut être retirée au gré de leur fantaisie. Alors que de nombreux accords sont sur la table, s’agissant de commerce, de sécurité, de technologie ou autres, les dirigeants mondiaux pourraient bien devoir se demander s’ils doivent accorder une quelconque valeur à la signature des États-Unis sur un bout de papier.

Blog COP22, Marrakech – Huitième jour, lundi 14 novembre 2016

La conférence passant des discussions techniques au segment politique de haut niveau, certains des grands comités actifs durant la première semaine de la COP22 concluent leurs travaux. Vous trouverez ci-dessous la déclaration d’IndustriALL à la séance plénière de clôture de l’Organe subsidiaire pour la mise en œuvre.
 
Merci Monsieur le Président,

Je m’appelle Brian Kohler. J’occupe les fonctions de Directeur d’IndustriALL pour la durabilité et m’exprime aujourd’hui également au nom des syndicats du monde entier.

A Paris, les Parties se sont engagées en faveur d’un cadre de transition juste qui établit un lien clair entre la nécessité de protéger notre climat et celle de protéger la vie et les moyens de subsistance des travailleurs d’aujourd’hui et de demain.

Ici, à Marrakech, les débats sur la façon de traduire ce cadre en mesures concrètes ont principalement eu lieu au sein du groupe de contact conjoint SBI/SBSTA, connu sous le nom de « Groupe de contact amélioré sur l’impact des mesures de riposte ». Nous soutenons la proposition d’établissement d’un Groupe ad-hoc d’experts techniques sur la diversification et la transformation des économies, ainsi que la transition juste pour les travailleurs et la création d’emplois décents et de qualité, contenue dans le projet de conclusions élaboré par le groupe de contact conjoint, et notons avec satisfaction la décision des Parties de s’appuyer sur l’expertise des syndicats dans les futurs travaux du Groupe ad-hoc.  

Il est primordial que les bons experts des acteurs concernés fassent partie de ce groupe d’experts. Les débats portant principalement sur les emplois et la transition vers une économie durable, les syndicats doivent également y être représentés.

Les syndicats ont des idées concrètes sur la façon de concevoir et de fournir le soutien social nécessaire à une transition juste vers la réalisation de la stabilité du climat mondial et de l’économie mondiale. Figurent parmi celles-ci les politiques industrielles durables, la transformation industrielle et la diversification économique, conjuguées à des programmes novateurs d’aide à l’adaptation de la main d’œuvre et à un soutien social conséquent.         

Les parties prenantes compétentes dans ce cas sont les syndicats. Monsieur le Président, aucun groupe majeur ici n’a fait davantage de recherches sur les composantes essentielles d’une transition juste, ou en possède une meilleure compréhension. Nous nous tenons prêts à apporter notre concours, y compris à délivrer des conseils, par l’entremise du Groupe ad-hoc d’experts techniques au Forum amélioré.

Nous remercions les Parties pour leur soutien sur cette question. Nous avons un besoin urgent que ces discussions atteignent leur but.

Merci.

Les ouvriers des usines de tapis et les opérateurs de métiers à tisser obtiennent au Pakistan une hausse salariale significative

Enfin une bonne nouvelle du Pakistan sous la forme d’une augmentation de salaire pour les ouvriers des usines de tapis et les opérateurs de métiers à tisser. Des négociations fructueuses entre les employeurs et le Syndicat des ouvriers des industries du tapis du Pakistan – ILUCIP ont débouché sur une augmentation de salaire de 14% et de 20% de la rémunération par pied produit pour les ouvriers des industries du tapis de Lahore.

La négociation salariale a d’abord été entamée avec cinq usines en juillet. L’ILUCIP est parvenu à obtenir un accord le 7 novembre par lequel l’ensemble des 64 usines de lavage et de finition de tapis vont appliquer la hausse salariale. Plus de 12.000 travailleurs et travailleuses vont recevoir ces augmentations.

Les salaires des ouvriers affectés au lavage, qui traitent environ 7,5 m2 de tapis par jour, vont passer de Rs14.000 à Rs16.000 par mois et les salaires de ceux qui prestent des journées de huit heures vont passer de Rs17.000 à Rs19.000 par mois. Comme par le passé, l’ILUCIP va œuvrer à l’extension de ces augmentations à d’autres villes, Karachi et Peshawar.

Dans le même ordre d’idées, le Syndicat des opérateurs de métiers à tisser, des travailleurs du textile et de la confection du Penjab – TPGWU a obtenu une augmentation de près de 8%, de Rs 14.800 à environ 16.000, pour les opérateurs de métiers à tisser du district de Gujranwala. Le département du travail du district a servi de facilitateur à ces négociations.

Le TPGWUP avait tenu des manifestations de protestation et fait pression par le biais du gouvernement pour amener les employeurs du secteur à la table des négociations. Après de dures tractations le 8 novembre, syndicat et employeurs sont parvenus à un accord pour appliquer l’augmentation salariale à quelque 8.000 opérateurs de métiers à tisser. Le TPGWUP a émis l’espoir de pouvoir intensifier ses efforts en vue de faire appliquer cette hausse de salaire à l’ensemble des 20.000 opérateurs de métiers à tisser du district.

Bien que cette augmentation salariale est un pas en avant significatif, le syndicat a exprimé sa préoccupation quant au fait qu’à la fois les industries de la fabrication de tapis et celles du tissage mécanique emploient de grands nombres de travailleurs et travailleuses précaires. La plupart de ceux-ci ne sont pas assujettis aux dispositions statutaires en matière de sécurité sociale ni à l’institut chargé des pensions et allocations de vieillesse (EOBI). Dans les prochains jours, le syndicat va s’attaquer au chantier que constituent les problématiques du travail précaire et de la sécurité sociale pour les ouvriers des usines de tapis et les opérateurs de métiers à tisser.