Les syndicats mondiaux font front en soutien à la grève générale coréenne

Les syndicats mondiaux IBB, IndustriALL, UITA, ISP et UNI manifesteront puis remettront en main propre une lettre à la mission de la Corée du Sud à Genève soutenant la grève générale et condamnant la persécution des syndicalistes dans le pays.

La grève est organisée par la Confédération coréenne des syndicats (KCTU). Son président, Han Sang-Gyun, purge actuellement une peine d’emprisonnement de cinq ans pour avoir joué un rôle dans l’organisation d’une manifestation populaire de 100 000 personnes en 2015.

Durant ces deux dernières années, les syndicalistes ont mené une lutte acharnée contre les réformes gouvernementales de la Présidente de la Corée du Sud, Park Geun-hye, élaborées pour baisser les salaires et précariser davantage l’emploi. En représailles, un grand nombre de syndicalistes ont été arrêtés, les bureaux des syndicats saccagés et les syndicats dépouillés de leur statut juridique.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré :

Les membres d’IndustriALL se mobilisent à travers le monde pour soutenir la grève générale. Les travailleurs coréens sont non seulement attaqués par le gouvernement mais aussi par les grands conglomérats (chaebol) tout-puissants qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour détruire les syndicats et les droits des travailleurs. Les syndicats coréens et le mouvement syndical mondial résistent.

Ambet Yuson, Secrétaire général de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), a indiqué :

L’heure est venue pour la Présidente Park de démissionner. L’actuel scandale de corruption représente seulement la partie émergée de l’iceberg. Au cours de ces deux dernières années, nos collègues de la KCTU ont été pris dans une bataille difficile pour résister aux réformes néolibérales du droit du travail du gouvernement Park. L’attaque lancée par ce gouvernement sur le mouvement syndical, cherchant seulement à défendre ses droits démocratiques, nous ramène au temps de la dictature militaire. Des centaines de syndicalistes ont été arrêtés, dont beaucoup, comme Han Sang Gyun, président de la KCTU, ont fait l’objet de poursuites pénales arbitraires pour des raisons politiques.

Le Secrétaire général de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA), Ron Oswald, a souligné :

L’UITA est ici pour exprimer par des actes sa solidarité avec nos collègues en Corée réclamant la démission de la Présidente et luttant contre la montée des attaques perpétrées par le gouvernement contre les droits syndicaux et les libertés civiles fondamentales. Les syndicalistes sont condamnés à des peines d’emprisonnement parce qu’ils luttent contre la précarisation, défendent le droit de grève et s’opposent à l’accord de Partenariat transpacifique. Ensemble avec nos membres en Corée et dans le monde entier, nous exigeons que le gouvernement soit tenu responsable de ces violations constantes des droits de l’homme.

Egalité et santé sur le lieu de travail, dès à présent !

Environ 35 responsables syndicales du Cambodge, de l’Indonésie, du Myanmar, des Philippines et de la Thaïlande se sont réunis pour réaffirmer leur volonté de faire campagne en faveur de la ratification de la Convention n°183 de l’OIT sur la protection de la maternité lors de la conférence régionale organisée pour les femmes d’IndustriALL en Asie du Sud-Est qui s’est tenue les 24 et 25 novembre dans la ville thaïlandaise de Bangkok. La conférence a examiné le projet biennal sur l’égalité hommes-femmes et la campagne en faveur de l’amélioration de la protection de la maternité. 

Les participantes ont été informées des résultats et des bénéfices retirés de la mise en œuvre du projet au cours des deux dernières années. Le renforcement des capacités a permis aux travailleuses d’acquérir les compétences nécessaires et de disposer d’informations utiles à une meilleure compréhension de l’égalité hommes-femmes leur permettant d’intégrer la protection de la maternité dans les conventions collectives.

Les progrès réalisés englobent l’établissement d’un dialogue avec les ministères de la Santé et du Travail au Cambodge et en Indonésie, l’intégration de la protection de la maternité dans les conventions collectives au Myanmar, le soutien apporté à la candidature au siège de sénateur de l’auteur de la proposition législative actuelle sur l’augmentation des congés de maternité aux Philippines ainsi que l’atteinte d’un quota de 40 pour cent de femmes au sein de certains affiliés à IndustriALL en Indonésie et aux Philippines. 

La Thaïlande a intégré le projet en juin de cette année et les travailleuses se sont distinguées  en prenant la tête de la mobilisation en faveur de la Convention n° 183 de l’OIT qui a rassemblé près de 500 femmes et hommes devant les bureaux de l’ONU, à Bangkok, le 7 octobre.

Les participantes ont mis en exergue la contribution positive du projet aux processus de construction de l’unité aux niveaux national et régional et à l’atteinte d’un quota de 40 pour cent de femmes à IndustriALL.

Elles ont exprimé un engagement plus ferme et la nécessité de continuer à travailler en faveur de l’égalité hommes-femmes à tous les niveaux des activités syndicales ainsi que de faire campagne en faveur de la ratification de la Convention n° 183 de l’OIT.

Figurent parmi les activités communes des plans d’actions élaborés par pays présentés à la conférence :

Il a été également convenu qu’IndustriALL Women mènera la campagne en faveur de la ratification de la Convention de l’OIT sur la protection de la maternité en développant son réseau par la conclusion d’alliances avec d’autres organisations, y compris d’autres syndicats mondiaux.

Victoire en Indonésie : libération de 26 militants syndicaux

Dans son verdict, le juge de la Haute Cour précise que les travailleurs ont agi dans le respect de la loi et que leur action a été menée de manière pacifique et non-destructive et qu’elle avait pour but l’obtention de l’équité au niveau de politiques nationales.

En novembre 2015, les syndicats étaient descendus dans les rues de Jakarta pour protester contre une proposition de réglementation du salaire minimum. Après une intervention violente contre les manifestants, 26 militants syndicaux, dont le Secrétaire général de la KSPI et six membres de l’affilié d’IndustriALL, la Fédération des métallurgistes indonésiens (FSPMI) ont été arrêtés et présentés au tribunal pour l’organisation de cette manifestation et désordre public.

Pendant la tenue du procès, la Confédération indonésienne des travailleurs unis, ensemble avec l’Institut d’assistance juridique de Jakarta et un certain nombre d’organisations et de syndicats, dont la FSPMI, a organisé une manifestation devant le tribunal en soutien aux militants. Ce rassemblement s’inscrivait dans la continuité de la lutte des syndicats pour un salaire minimum à Jakarta. La manifestation a démarré devant les bureaux du Gouverneur de Jakarta, est passée devant la Cour Constitutionnelle et la Cour Suprême pour se terminer devant la Haute Cour où se tenait le procès.

Au nombre des revendications des syndicats indonésiens, on retrouve :

Les syndicats saluent la décision de la cour à l’issue d’un long combat. Un communiqué commun indique :

“Gagner cette affaire va nourrir notre énergie afin de poursuivre la lutte contre la nouvelle réglementation du gouvernement sur les bas salaires.”
 
Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré :

“Les droits syndicaux relèvent des droits de l’homme, ils ne doivent pas être criminalisés et doivent être dûment respectés dans chaque pays. Nous adressons nos plus chaleureuses félicitations à nos camarades d’Indonésie pour leur victoire et la libération des dirigeants syndicaux. Nous allons continuer à suivre l’évolution de la situation sur le salaire minimum à Jakarta et allons donner tout le soutien possible dans ce domaine aux syndicats indonésiens qui se battent pour les droits des travailleurs. Cette victoire est particulièrement symbolique pour tous les syndicats qui se battent pour faire, dans chaque pays, du salaire minimum un salaire vital.”

Volkswagen : sécurité de l’emploi assurée jusqu’en 2015 malgré les suppressions de postes

Les mois de discussions entre IG Metall, affilié allemand à IndustriALL, le comité d’entreprise de VW et la direction de la compagnie sur l’avenir de VW, les nouvelles technologies et l’efficacité du système de production ont abouti à ce que les parties ont baptisé un « pacte pour l’avenir ».

L’accord comprend des conventions sur la retraite anticipée et une promesse de non-licenciement jusqu’en 2025. Malgré les nombreuses suppressions de postes, dont 23 000 au niveau des opérations allemandes, le géant automobile espère créer 9 000 emplois dans les domaines en expansion tels que la numérisation et les véhicules électriques.

Helmut Lense, Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile, a déclaré :

Le nombre de 30 000 suppressions de postes est énorme. Cependant, aucun travailleur ne sera licencié entre aujourd’hui et 2025. Le résultat des négociations montrent ce à quoi les syndicats et les comités d’entreprise peuvent parvenir grâce à un taux de syndicalisation élevé et un dialogue social efficace.

Mettre fin à la violence faite aux femmes au travail

Une étude de l’ONU a montré qu’une femme sur trois a fait l’expérience de la violence physique ou sexuelle à un moment ou l’autre de sa vie. Pourtant, moins de 40% de celles-ci ont recherché une quelconque forme d’aide. Seuls 10% d’entre elles se sont adressées à la police.

En début d’année, IndustriALL et la fédération syndicale internationale UITA ont conclu un accord avec Unilever pour aider à la prévention du harcèlement sexuel sur le lieu de travail et faciliter le dépôt de plainte de la part des salariés.

Cet accord conjoint d’IndustriALL et de l’UITA avec la multinationale de produits de consommation Unilever concerne 168.000 personnes dans le monde. Non seulement il fournit une claire définition du harcèlement sexuel aux directions et aux salariés, mais il définit également des procédures permettant aux salariés de soulever une question et de rapporter tout abus en confiance.

“Les syndicats ont un rôle vital à jouer dans l’arrêt des violences à l’égard des femmes sur le lieu de travail. Des clauses pour s’attaquer au harcèlement sexuel et à la violence à l’égard des femmes peuvent être incluses dans les conventions collectives de travail. Syndicaliser davantage de femmes et disposer de davantage d’entre elles comme dirigeantes fera en sorte que leurs avis et préoccupations seront mieux entendus,” indique la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Jenny Holdcroft.

“Nous devons travailler plus assidûment à la prévention de la violence à l’égard des femmes au travail et agir quand elle se produit, y compris lorsque des adhérents syndicaux en sont les auteurs. Davantage de syndicats doivent adopter des politiques fermes contre la violence au travail, qui peuvent être utilisées pour éduquer l’ensemble de leurs membres quant à ce qui est ou pas un traitement acceptable des femmes,” a ajouté Holdcroft.

Cette année, la Confédération syndicale internationale appelle les syndicats à rejoindre sa campagne en faveur d’une Convention de l’OIT pour faire cesser la violence sexiste au travail. Vous trouverez des informations sur cette campagne ici.

Faites nous connaître vos actions pour vous opposer à la violence à l’égard de femmes en envoyant un courrier à : [email protected] 

« Nous nous battrons pour nos emplois » déclarent les syndicats au cœur de la crise de la sidérurgie

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a souligné que la tenue de la réunion dans la ville de Duisburg, située dans une zone industrielle aussi importante que la Ruhr, était un choix symbolique important : une ville sidérurgique majeure ayant vu le déclin de l’industrie mais réussi une transition juste.

Les délégués ont été accueillis par le maire, Sören Link :

« Nous pensions que nos feux ne s’éteindraient jamais, mais ils se sont affaiblis et nous avons perdu des milliers d’emplois. Nous avons cependant réussi à transformer notre ville grâce à l’innovation et à notre détermination ».

Deux questions ont pris le pas à la conférence, à savoir l’élection de Donald Trump en tant que Président des Etats-Unis et la surcapacité sidérurgique due au dumping chinois.

Valter Sanches a déclaré :

« Nous faisons face à une polarisation politique et à l’augmentation de la droite populiste : Trump et le Brexit, le coup d’Etat au Brésil et les signes inquiétants entourant la prochaine élection présidentielle en France.

« Nous devons renforcer la puissance et l’unité de nos syndicats pour affronter cette menace ».

La conférence a débattu d’une déclaration ferme sur la crise mondiale sidérurgique. L’acier est la deuxième industrie au monde en importance et a été le moteur du développement industriel durant un siècle. De nombreuses autres industries en dépendent et sa consommation devrait augmenter.

Néanmoins, le secteur connaît sa plus grave crise depuis une génération. La production chinoise d’acier a été multipliée par cinq en 15 ans grâce aux aides publiques. Or, l’économie chinoise ralentissant et la demande intérieure diminuant, l’excès de production fait l’objet d’un dumping sur le marché mondial, l’altérant gravement et créant une crise de durabilité sectorielle.

La déclaration incite les institutions mondiales et les gouvernements à élaborer des stratégies pour empêcher le dumping. La Chine ne devrait pas se voir accorder le statut d’économie de marché alors qu’elle refuse de respecter les règles mondiales.

La déclaration relève également que les travailleurs chinois subissent la contraction économique et exhorte la Chine à autoriser les syndicats libres. A la place d’une spirale baissière causée par une concurrence déloyale, la déclaration préconise des investissements de grande ampleur en matière d’infrastructures et de formations, de sorte que l’industrie continue de répondre aux demandes futures.

Le coprésident de section Thomas Conway du syndicat des sidérurgistes United Steelworkers a été clair :

« Les aides publiques octroyées aux producteurs chinois leur permettent de vendre de l’acier à un prix inférieur aux coûts de production, ce qui fausse le marché. Nous perdons des milliers d’emplois à cause de cette surcapacité structurelle ».

Au cours des sessions importantes sur la façon dont des syndicats puissants peuvent apporter des changements, Jörg Hofmann, président d’IndustriALL et d’IG Metall, s’est exprimé sur la manière dont IG Metall a défendu les emplois dans le secteur des métaux de base.

Il a attiré l’attention sur l’importance d’avoir des syndicats puissants, bien organisés, en bonne position de négociation pour pouvoir travailler et gérer avec les employeurs les transformations du secteur.

La solution est de miser sur l’innovation et la hausse de la productivité en résultant. Les syndicats doivent se battre en faveur des investissements industriels et de la formation professionnelle aux fins d’offrir de nouveaux emplois à des travailleurs hautement qualifiés.

« Un syndicat puissant peut influencer les politiques et codéterminer l’avenir du secteur.
« L’innovation joue un rôle clé. C’est une occasion en or. Elle a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée. La formation professionnelle est très importante ».
« Nous avons besoin d’organisations syndicales stables et inébranlables. De nombreux défis nous attendent ».

L’importance d’avoir une position de négociation forte au niveau international a été réaffirmée lors de la session sur les accords-cadres mondiaux présentée par le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan.

« Ce ne sont pas seulement des accords sur papier : les droits des travailleurs sont une ligne rouge. Etablir des réseaux syndicaux est fondamental à la construction de cette force au niveau international ».

La conférence a adopté un plan d’action recommandant l’unité face aux défis à venir et l’engagement des syndicats pour combattre le travail précaire et parvenir à une transition juste. Le plan implique de renforcer les réseaux syndicaux et incite le secteur des métaux de base à travailler en plus étroite collaboration avec le secteur minier pour assurer une meilleure couverture de la chaîne d’approvisionnement.

Les syndicats interviendront auprès des institutions internationales pour favoriser l’adoption d’un accord mondial équitable sur les producteurs d’acier qui n’entraînera pas de distorsions du marché.

Thomas Conway et Sanjyot Vadhavkar de la Fédération des travailleurs de l'acier, du métal et de l'ingénierie de l'Inde (SMEFI) ont été élus coprésidents pour la prochaine période quadriennale.
 
Nous vous invitons à vous rendre sur notre page flickr pour visionner les photos de la conférence.

Déferlement d’une vague de soutien tandis que les travailleurs coréens se préparent à la grève générale

Les actions de solidarité se multiplient au fur et à mesure que le jour de grève générale prévue en Corée s’approche (#KoreaGeneralStrike). Des centaines de syndiqués de l’Allemagne, du Brésil, des Etats-Unis, de la France, de la Grèce, de la Hongrie, de l’Inde, du Kirgyzstan, du Pakistan, des Philippines, de la Russie, de la Suède, de la Suisse et de l’Ukraine ont participé à ces actions en se photographiant avec des pancartes en faveur de la grève générale dans les mains pour défendre les droits des travailleurs, et en partageant les images sur les réseaux sociaux.

 

 

La Présidente sud-coréenne Park Guen-hye a reçu une bonne dizaine de lettres de syndicats réclamant sa démission.

Le 30 novembre, les syndicats présents au Brésil ont prévu des actions de protestation à l’usine de construction automobile d’Hyundai à Anápolis et chez l’équipementier Hyundai à San Léopold alors qu’IndustriALL et d’autres Fédérations syndicales mondiales défileront de concert jusqu’à la mission coréenne à Genève pour remettre leurs lettres de protestation.

Des membres du syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU) se sont réunis le 21 novembre pour préparer la grève générale. Ils ont exprimé leur gratitude envers l’élan de solidarité des syndicats partout dans le monde.

Vous pouvez continuer à manifester votre soutien jusqu’au jour de la grève générale de multiples façons. Par exemple :

Pakistan : une indemnisation équitable requise d’urgence pour les victimes de l’incendie de Gadani

Khuda Bux Gadani, âgé de dix-neuf ans, souffre de graves brûlures et d’une jambe cassée à la suite de la catastrophe :

“Je travaillais tout en haut du navire lorsque soudain une explosion s’est produite. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le bateau a pris feu. Je pouvais sentir ma jambe gauche qui brûlait et j’ai pensé que j’allais mourir. J’ai décidé de plonger à la mer, mais il n’y avait pas assez de profondeur et en sautant d’une hauteur d’environ 30 mètres, je me suis cassé la jambe. Je suis resté gisant dans l’eau pendant environ une heure avant que des travailleurs ne viennent en bateau nous secourir et nous emmener à l’hôpital, où se trouvaient déjà beaucoup de travailleurs,” a-t-il dit.

Khuda a initialement été emmené à l’Hôpital civil de Karachi, mais on lui a ensuite demandé de partir et il a été transféré dans un hôpital public dans la ville de Hub, qui ne dispose pas d’une unité pour les brûlés. Il repose entouré d’un filet pour protéger ses blessures des mouches et des moustiques. Il n’y a pas l’air conditionné dans cet hôpital et les fenêtres y restent ouvertes. Déjà très pauvre et travaillant pour aider son père à subvenir aux besoins d’une famille de dix, il n’a reçu aucune assistance pour payer ses soins.

Au moins 26 travailleurs ont perdu la vie, 50 ont été blessés et d’autres sont portés disparus et présumés morts. Au moment de l’explosion, il semblerait que des travailleurs étaient occupés à vider du pétrole des cuves lorsque des étincelles d’un chalumeau ont déclenché une énorme explosion. L’enfer qu’était l’incendie à bord du bateau a fait rage pendant deux jours, les services de secours étant incapables de s’approcher du navire en raison de l’intensité de la chaleur.

Une enquête menée par IndustriALL Global Union a également démontré que les proches qui dépendaient des victimes décédées sont en souffrance.

Le fils de 18 ans de Muhammad Hassan, Sanaullah, est mort carbonisé dans l’incendie du pétrolier. Il subvenait aux besoins d’une famille de huit en étant ouvrier sur le chantier de démolition navale de Gadani.

“Il était l’unique soutien de famille et après sa mort, nous sommes en colère que le gouvernement ne fasse rien pour comprendre ce qui s’est passé et ne nous fournisse aucune aide,” indique Muhammad Hassan.

“Je suis effondrée après la mort de mon fils,” nous confie la mère de Sanuallah, Azeema Hassan. “Je l’ai envoyé au travail, pas à la mort. Il devrait y avoir une enquête et les responsables de cet incendie devraient être punis.”

Lors d’une visite sur les lieux de la tragédie, qui s’est produite le 1er novembre, le Ministre fédéral des ports et du transport maritime, Hasil Khan Bizenjo, a promis d’assister et soutenir les victimes.

Selon l’affilié d’IndustriALL, la NTUF, qui représente des travailleurs de Gadani, le gouvernement a annoncé une indemnisation à hauteur d’1,5 million de roupies (14.000 dollars) pour les travailleurs décédés et de 100.000 roupies (950 dollars) pour les blessés, ce que le syndicat a cependant rejeté pour revendiquer 3 millions de roupies (28.000 dollars) par travailleur décédé et un 0,5 million de roupie (4.700 dollars) pour les blessés, respectivement.

Dans le même temps, le ferrailleur et le propriétaire du navire, qui sont en fin de compte les responsables de la sécurité des travailleurs, n’ont rien offert du tout. Des représentants du fisc au Pakistan estiment que chaque navire recyclé génère un revenu moyen de 4,5 millions de dollars. Le Pakistan possède le plus grand secteur de démolition des navires après la Chine et la Turquie.

Le gouvernement a fait fermer le chantier après l’explosion. Il y a environ 12.000 travailleurs occupés là au total, l’ensemble étant non-déclaré. Eux aussi, privés de travail, souffrent.

Le Secrétaire général de la NTUF, Nasir Mansoor, a déclaré : “Il est grand temps que le gouvernement reconnaisse le besoin de mettre en œuvre des normes de santé et sécurité sur les chantiers. Il est très important d’enregistrer ces travailleurs auprès de la sécurité sociale et de l’institut de pension et d’allocations de vieillesse ainsi que d’autoriser leur syndicalisation et de leur donner le droit de choisir démocratiquement leur représentant pour des négociations collectives. Le gouvernement devrait immédiatement retirer le décret qui a arrêté le démantèlement des navires et légiférer sur un code pour la démolition des navires, en consultation avec les représentants de travailleurs et en accord avec la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr des navires ainsi qu’avec les principes directeurs de l’OIT pour l’Asie du Sud.”

Pakistan : les travailleurs de Schneider Electric licenciés réclament leur réintégration

Le 22 novembre, la Fédération syndicale nationale (NTUF) a manifesté dans Karachi pour protester contre le renvoi par Schneider Electric des 17 travailleurs ayant réclamé une hausse des salaires.

Ce sont tous des travailleurs précaires, en violation directe de la législation nationale puisqu’ils ont travaillé pour Schneider entre trois et 12 ans sans devenir des employés permanents.

Sous la menace constante de perdre leurs emplois et privés de plusieurs avantages, ces travailleurs étaient rémunérés entre 113 et 151 US$.

Figurent parmi les revendications de la NTUF :

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré :

Nous demandons à Schneider Electric d’agir immédiatement et d’engager un dialogue constructif avec la NTUF.

Turquie : six mineurs décédés et dix toujours piégés lors d’un glissement de terrain

Cet accident à la mine de cuivre Madenköy, située près de la ville de Şirvan dans la province de Siirt, est survenu dans la nuit du 17 novembre après de fortes pluies. Environ 100 sauveteurs sont à l’œuvre avec des machines pour dégager les tonnes de gravats qui ont enseveli les travailleurs, mais les espoirs de retrouver des vivants s’amenuisent.

La mine Madenköy appartient à Park Elektrik A.Ş., faisant partie du groupe Ciner, qui compte d’autres activités minières dans différentes régions de Turquie. La mine n’est pas syndiquée et selon les informations, quatre différentes sociétés sous-traitantes seraient présentes.

Une enquête sur le glissement de terrain a été lancée et les autorités ont arrêté un employé de Park Elektrick sous l’accusation de négligence criminelle.

En juillet de cette année, un autre glissement de terrain y avait eu lieu sans mort d’homme, mais les travailleurs avaient rapporté que les conditions de sécurité sont inadéquates et qu’il n’y avait pas eu d’inspections dignes de ce nom.

À l’issue d’une longue campagne des syndicats et d’IndustriALL Global Union, la Turquie a ratifié la Convention n° 176 de l’Organisation internationale du Travail sur la santé et la sécurité dans les mines, en décembre 2014. Les normes établies dans cette Convention aideraient grandement à améliorer les conditions de sécurité dans les mines de Turquie. Cependant, la pression des compagnies minières a fait ajourner sa mise en œuvre jusqu’en juin 2017.

“Alors que le gouvernement ne bouge pas, des mineurs meurent sans raison. Nous ne pouvons pas attendre davantage. Le gouvernement doit immédiatement mettre en œuvre les recommandations en matière de santé et sécurité établies au sein de la C176 de l’OIT avant que d’autres vies ne soient perdues,” a dit Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.