Les métallurgistes italiens obtiennent une nouvelle convention collective nationale

Ce 1er décembre, les trois syndicats FIOM-CGIL, FIM-CISL et UILM-UIL ont tenu une réunion et ont publié une déclaration commune qualifiant le nouvel accord obtenu de “bonne convention pour les métallurgistes”.

Cette convention, d’une portée de quatre ans, va couvrir l’ensemble du secteur de la métallurgie et s’appliquer à 1,6 millions de travailleurs et travailleuses du secteur. Cette convention nationale est un cadre général qui garantit un ensemble de dispositions minimales. Les syndicats auront la faculté de négocier des améliorations additionnelles au sein des entreprises. Cet accord va maintenant être soumis par les trois syndicats aux assemblées sur les lieux de travail et enfin à un référendum exécutoire les 19, 20 et 21 décembre auprès de tous les travailleurs concernés.

En vertu d’une nouvelle réglementation sur la représentation syndicale, les travailleurs et travailleuses ont reçu le droit de se prononcer sur les conventions d’entreprise, également à la demande d’un seul syndicat ou de 30% des salariés. Ceci a toujours fait partie des pratiques habituelles de la FIOM mais n’avait jamais été appliqué couramment jusqu’ici.

Les syndicats ont qualifié cette convention de “fortement innovatrice”, car “elle étend des droits et en apporte de nouveaux, de la formation continue et du droit à l’éducation à la réforme des barèmes, d’une assistance supplémentaire pour les soins de santé pour tous à des dispositions en matières de pension complémentaire en passant par un mode de fonctionnement plus simple pour les délégués syndicaux d’entreprise en matière de santé et sécurité”.

La nouvelle convention renforce la négociation et la participation. Elle protège aussi le revenu de l’inflation et renforce le bien-être, en faisant des pas de géant au niveau des dispositions en faveur des métallurgistes, et définit les règles de la démocratie et de la représentation entre syndicats, adhérents et salariés.

Maurizio Landini, Secrétaire général de la FIOM-CGIL, a fait l’éloge de l’accord en parlant de “l’unité retrouvée des travailleurs", sachant que la FIOM-CGIL n’avait pas signé le renouvellement de la convention ni en 2008, ni en 2012. “L’accord conclu ne présente aucune forme de marchandage indigne, au contraire, il élargit les droits, va au-delà de l’inflation dans sa structure globale des coûts et introduit une démarche démocratique au sein de la convention nationale qui a toujours été une revendication centrale pour notre organisation.”

Marco Bentivogli, Secrétaire général de la FIM-CISL : “Nous avons retrouvé l’unité syndicale et nous l’avons fait avec une convention réellement novatrice. La chose la plus difficile à faire est de rédiger un document tourné vers l’avenir. C’est ce que nous avons fait cette fois.”
 
Rocco Palombella, Secrétaire général de l’UILM-UIL : “Nous avons mis au centre des préoccupations la valeur de la CCNL (Convention collective de travail nationale), nous avons stimulé les résultats du second niveau de convention, nous avons déterminé les éléments de gestion et les évaluations qui s’y rapportent.”
 
Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL a salué l’excellent aboutissement de la convention conclue en disant : “Nous félicitons la FIOM-CGIL, la FIM-CISL et l’UILM-UIL pour ce grand succès qu’est la nouvelle convention, mais nous sommes particulièrement heureux de constater qu’il s’agissait d’un exercice commun de solidarité qui restaure l’unité de tous les métallurgistes italiens.”

Nicaragua : criminalisation d’un conflit de travail avec la condamnation des travailleurs mécontents

Douze travailleurs vont être condamnés aujourd’hui et pourraient se voir infliger des peines allant jusqu’à trois ans de prison. Ils ont été arrêtés en juin 2016 lorsque la police anti-émeute a opéré un raid sur une manifestation pacifique devant l’usine SAE-A Tecnotex dans la zone de libre échange de Tipitapa, Managua.

Cette usine, dont les propriétaires sont sud-coréens, emploie 3.000 salariés et produit des vêtements pour l’exportation à destination d’entreprises aux États-Unis, dont Kohls, Target, JC Penney et Wal-Mart. Des tensions allaient croissant depuis un certain temps, les travailleurs réclamant d’avoir accès à de l’eau potable et à des soins de santé ainsi que des objectifs de production réalistes.

Le conflit a connu une escalade lorsque deux leaders du syndicat Esfuerzo Democrático, affilié à IndustriALL Global Union par le biais de la fédération du textile FESITEX, ont été jetés à la porte. Trois mille travailleurs et travailleuses se sont alors croisés les bras pour exiger leur réintégration et une manifestation pacifique s’est tenue devant l’usine.

Chose inédite au sein des zones de libre échange au Nicaragua, la police anti-émeute avait été envoyée pour mettre les troubles sous l’éteignoir. La police a arrêté sans discernement et de manière arbitraire une douzaine de travailleurs, y compris certains venus d’autres usines et qui étaient là rassemblés pacifiquement ou qui ne faisaient simplement que passer, tout comme un chauffeur de taxi qui n’avait rien à voir avec la manifestation.

Ces douze personnes ont été amenées à comparaître sur base d’accusations soutenues par le Procureur de la République. Dans l’attente de leur procès, celles employées par SAE Tecnotex n’ont pas pu travailler pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles.

L’entreprise avait persécuté les syndicalistes et s’en était prise à sa main d’œuvre auparavant : en 2013, des travailleurs protestant contre la mise à pied de leaders syndicaux avaient été pris à partie par une bande, selon toute vraisemblance recrutée par l’entreprise. Néanmoins, il s’agit de la première fois où l’État intervient en faveur de l’employeur.

Le procès a eu lieu la semaine dernière. La directrice des ressources humaines de SAE-A Tecnotex, Fanny Noguera, a témoigné contre les travailleurs lors du procès et deux vigiles de l’entreprise ont comparus en tant que victimes blessées. La sentence devrait tomber aujourd’hui.

Ce procès est un sinistre précédent pour l’accord de libre échange que les pays d’Amérique centrale viennent tout juste de conclure avec la Corée du Sud et qui devrait se traduire par un accroissement significatif des investissements coréens dans la région.

Des syndicats sont sous le feu des attaques de l’État à l’instigation de grandes entreprises en Corée du Sud et on craint que ce modèle de relations sociales soit exporté comme faisant partie de l’accord commercial.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit à la Procureure de la République, Ana Julia Guido Ochoa, pour condamner le précédent que constitue la criminalisation d’un conflit de travail et pour l’appeler à abandonner les charges.

Il a écrit au Président du Nicaragua, Daniel Ortega, pour lui demander d’intervenir et pour que le fonctionnaire en charge de la certification syndicale reconnaisse ce syndicat comme légitime représentant des travailleurs.

Valter Sanches a également adressé un courrier au Président de SAE-A Tecnotex en Corée du Sud, Woong-ki Kim, pour appeler l’entreprise à abandonner les charges contre les travailleurs et à leur verser les salaires correspondant à la période pendant laquelle ils n’ont pas pu prester.

Des copies de ces courriers ont aussi été envoyées à Walmart.

Il déclare :

“Cette condamnation injuste de travailleurs ne faisant rien d’autre que de défendre leurs droits pose un épouvantable précédent.

“L’entreprise doit abandonner les charges et négocier de bonne foi avec le syndicat en vue de renouveler la convention collective.”

Les travailleurs de Chevron au Bangladesh protestent contre des licenciements

Les travailleurs licenciés par Chevron à Dacca ont manifesté contre les intentions de l’entreprise de vendre ses actifs au Bangladesh et revendiqué que leurs emplois leur soient rendus.

La plupart d’entre eux sont des travailleurs précaires. Selon les travailleurs, sur les 500 personnes employées par Chevron, seules 37 avaient un contrat permanent.

Pendant près d’une décennie, les nombreux appels adressés à la direction pour régulariser tous les travailleurs n’ont rencontré que mépris et intimidation. Lorsque les travailleurs de Chevron ont formé un syndicat en avril 2015, son enregistrement officiel a été refusé, semble-t-il après l’intervention de Chevron.

Les travailleurs se sont alors tournés vers le tribunal du travail pour obtenir la reconnaissance syndicale et pour faire convertir les emplois en contrats permanents. Chevron y a répondu en adoptant une position anti-syndicale, interceptant les responsables du syndicat en gestation aux portes de l’entreprise pour leur signifier leur renvoi.

Environ 50 travailleurs ont été mis à pied sans préavis, certains en ayant même été informés par le biais d’un texto sur leur portable.

Après que les requêtes des travailleurs ont été rejetées par la Haute Cour, Chevron a poursuivi sur sa lancée en renvoyant plus de 85 travailleurs.

Diana Junquera Curiel, Directrice pour l’énergie d’IndustriALL indique :

Il est inacceptable que Chevron continue à ignorer les revendications de ses travailleurs, dont certains sont à son service depuis plus d’une décennie.

Nous exigeons que Chevron donne à ces salariés un statut permanent et respecte leur droit à former un syndicat, conformément à la législation du travail du Bangladesh.

L’UE doit traiter la question des atteintes aux droits des travailleurs au Sri Lanka avant d’accorder des préférences commerciales à ce pays, déclare IndustriALL

En juin 2016, le Sri Lanka a fait une nouvelle demande d’inclusion dans la liste des pays en développement pouvant prétendre à bénéficier du système de préférences généralisées tarifaires (GSP+) de l’UE, qui donne un plus grand accès aux marchés européens à condition que le candidat ne commette pas de graves infractions contre plusieurs instruments des droits de l’homme, dont les conventions fondamentales de l’OIT.

Le Sri Lanka viole toutefois gravement ces conventions. Les syndicats affiliés à IndustriALL dans le pays signalent des infractions telles que l’entrave au droit à la liberté syndicale, la discrimination fondée sur le sexe, le harcèlement sexuel et la dangerosité des conditions de travail.

Par conséquent, IndustriALL, achACT et la CSI enjoignent l’UE de parvenir à un accord avec le Sri Lanka sur un ensemble de critères pour amener le pays à respecter les normes fondamentales du travail, notamment les Conventions nos 87 et 98 de l’OIT.

Figurent parmi les exemples de pratiques antisyndicales, la mise à l’index des travailleurs dans la zone franche de Katunayake, qui ont été suspendus ou licenciés au motif de leurs activités syndicales, ce qui les empêche de trouver un autre emploi, ainsi que la suspension et le licenciement systématiques des travailleurs membres de l’affilié à IndustriALL, CIWU, à Smart Shirts Ltd. Phase 1 situé dans cette même zone de libre-échange.

ATG Ceylon (Pvt) et ATG Occupation Ltd exercent des pratiques antisyndicales similaires, les responsables essayant de réduire au silence les travailleurs qui se préoccupent du problème des substances chimiques toxiques et de leur sécurité au travail, et ayant licencié une femme qui se plaignait d’être harcelée sexuellement par un collègue et responsable local. 

Le gouvernement du Sri Lanka et la commission pour les investissements, qui administre les zones de libre-échange, ne font pratiquement rien pour respecter le droit, permettant à ces violations de continuer à se produire en toute impunité.

Dans une prise de position conjointe rendue publique avant une réunion de l’UE sur la demande de candidature du Sri Lanka au régime GSP+, qui s’est tenue le 5 décembre, les organisations ont déclaré :

Actions Consommateurs Travailleurs, IndustriALL Global Union et la CSI conjurent l’UE d’adopter une feuille de route comptant des mesures assorties de délais de mise en œuvre pour respecter les conventions fondamentales de l’OIT avant de pouvoir bénéficier du régime GSP+. Il n’existe tout simplement aucun argument crédible selon lequel le Sri Lanka ne porte pas gravement atteinte à ces conventions.

Soutien international massif pour la grève générale en Corée #KoreaGeneralStrike

Luttant contre les attaques de la Présidente Park à l’encontre des droits du travail en Corée du Sud, les syndicats du pays ont tenu une grève générale en faveur des droits des travailleurs ce 30 novembre. Jugée illégale par le Ministère de l’emploi et du travail, la grève a cependant été maintenue.

220.000 adhérents syndicaux, dont de nombreux issus d’affiliés d’IndustriALL, ont participé à la grève. Environ 60.000 personnes ont manifesté dans différentes villes du pays, dont 20.000 dans la capitale Séoul, pour appeler à la démission immédiate de la Présidente et à l’abolition des politiques de son gouvernement hostiles au monde du travail.

Le soutien aux syndicats coréens a été entériné au cours du 2e Congrès d’IndustriALL à Rio, où une résolution de solidarité a été adoptée. En conséquence, IndustriALL a appelé à une action internationale en soutien aux syndicats coréens, comprenant l’envoi d’un courrier de protestation adressé à la Présidente Park, des actions devant les ambassades et consulats de Corée ainsi que dans des entreprises coréennes. Aussi, les sympathisants ont été encouragés à prendre des selfies avec une pancarte de protestation et à les diffuser en ligne.

Au cours des dernières semaines, plusieurs centaines de personnes dans plus de 30 pays ont pris position sur les médias sociaux pour soutenir la grève générale en vue de défendre les droits des travailleurs en Corée.

Quatre-vingt-six syndicats de quarante-huit pays ont envoyé des lettres de protestation à la Présidente Park pour exprimer leur soutien à la grève générale et appeler à sa démission immédiate.

Nos affiliés nord-américains USW et UAW ont remis en mains propres une lettre à l’ambassade de Corée du Sud à Washington DC, où ils ont été reçus.

Les affiliés thaïlandais d’IndustriALL et de la CILT (Confédération des syndicats d’industrie de Thaïlande) ont été reçus à l’Ambassade de Corée du Sud à Bangkok pour y remettre une lettre de protestation.

À Genève, IndustriALL a défilé en compagnie d’autres Fédérations syndicales internationales en direction de la Mission de Corée du Sud pour y remettre une lettre de protestation.

Les syndicats au Brésil ont manifesté au sein des usines Hyundai d’Anapolis et de São Leopoldo.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches indique :

Nous allons utiliser la force de nos affiliés pour nous battre pour les droits syndicaux. La situation en Corée est aggravée par l’implication de la Présidente Park dans un scandale de corruption dans lequel des multinationales comme Samsung et Hyundai ont versé des pots-de-vin au gouvernement pour qu’il adopte des législations contraires aux intérêts du monde du travail. La Présidente Park doit démissionner immédiatement.

Les syndicats coréens ont prévu une autre manifestation le 3 décembre. Il s’agira de la sixième manifestation consécutive contre la Présidente corrompue et on s’attend à ce qu’elle attire au moins 100.000 participants.

Des syndicats au Burkina Faso et au Sénégal se défendent contre le travail précaire

Des affiliés d’IndustriALL Global Union du Burkina Faso et du Sénégal se sont réunis les 30 novembre et 1er décembre à Ouagadougou pour faire le point sur les avancées obtenues par leur combat contre le travail précaire. À la fois au Sénégal et au Burkina Faso, nos affiliés ont combattu activement le recours abusif, des années durant, à des contrats journaliers ou a durée déterminée.

En septembre dernier, après plusieurs mois d’un conflit du travail sur le site minier de Bissa Gold, propriété de Nord Gold au Burkina Faso, 750 travailleurs temporaires ou à durée déterminée, ont obtenu des contrats permanents. Deux cents travailleurs d’agences d’intérim devraient être employés directement en tant que salariés permanents par Bissa Gold.

C’est le résultat d’une campagne active et d’une exposition médiatique menées par l’affilié d’IndustriALL, la Fédération des Industries Diverses (FID) et sa confédération, la CNTB, avec le soutien d’IndustriALL.

Nord Gold a annoncé qu’elle allait verser aux travailleurs toutes les heures supplémentaires et tous les congés payés que leur devait son sous-traitant, Exterhum, tel qu’exigé par les travailleurs. Le cas des 116 travailleurs illégalement licenciés en octobre 2015 est toujours en attente d’une décision définitive de la part du tribunal du travail.

Au Burkina Faso, en 2015, la FID et la Fédération Nationale des Travailleurs du Textile, de l’Habillement et du Cuir (FNTTHC) a recruté 548 nouveaux adhérents issus de la main d’œuvre précaire. Les affiliés vont mener des actions conjointes ce 7 décembre pour dénoncer une législation du travail adoptée en 2008 et exiger sa révision. Celle-ci permet la reconduction illimitée des contrats à durée déterminée. Depuis l’adoption de cette loi, le nombre de contrats à durée déterminée a explosé.

En 2016 au Sénégal, le Syndicat Unique des Travailleurs des Industries Diverses du Sénégal (SUTIDS) a négocié avec succès la régularisation de 218 travailleurs journaliers et à durée déterminée sur les 996 travailleurs précaires occupés par 15 entreprises du secteur de la chimie.

Le Syndicat National des Travailleurs des Industries Chimiques et Activités Rattachées du Sénégal (SYNTICS) a recruté avec succès 316 travailleurs précaires. La vie de ceux qui ont été régularisés a changé du tout au tout. Non seulement leurs salaires ont augmenté, parfois doublé, mais ils ont accès, et leurs familles avec eux, aux soins de santé tout en bénéficiant d’un équipement de protection adéquat.

En 2015, les syndicats ont lancé une campagne pour limiter le recours à des travailleurs journaliers dans leurs pays. À la suite de cela, en 2016, ils négocient un amendement à la législation sur le recours au travail journalier au sein de l’organe tripartite national.

L’amendement vise à interdire le recours au travail journalier au niveau des activités principales et à fournir aux journaliers une couverture médicale et une protection sociale. Les affiliés ont prévu une autre journée d’action en décembre pour mettre la pression sur les employeurs et le gouvernement. Les affiliés d’IndustriALL sont parvenus avec succès à entraîner la mobilisation de différents syndicats et confédérations des services et de l’agriculture pour cette campagne.

Lesotho: les syndicats manifestent pour sauver la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique

Environ 20 000 membres d’IDUL, du Conseil des ONG du Lesotho et du mouvement social Lentsoe La Sechaba ont participé au rassemblement. Les manifestants ont exhorté le gouvernement de ce petit pays d’Afrique australe à restaurer la démocratie et l’état de droit après le coup d’Etat perpétré en 2014. L’instabilité politique menace l’accès en franchise de droits du Lesotho aux marchés américains qui lui a été attribué en vertu de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), dont le rôle est vital pour l’emploi.
 
L’IDUL a prié le gouvernement du Lesotho de se conformer aux recommandations formulées par l’organe de coopération régional, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), pour rétablir la stabilité politique. Le syndicat compte 8 000 membres qui seront gravement touchés par les pertes d’emplois.
 
La loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, qui autorise l’accès en franchise de droits aux marchés américains à un certain nombre de pays africains, a été adoptée il y a 16 ans par le Président des Etats-Unis Bill Clinton. Elle a transformé l’économie du Lesotho en générant une croissance de 75 pour cent de l’industrie de la confection, devenue le plus important employeur du secteur privé du pays, avec 40 000 travailleurs environ sur une population totale de deux millions d’habitants. Deux cent mille emplois supplémentaires dans les transports, l’alimentation et d’autres secteurs dépendraient de l’industrie du vêtement.
 
Le Lesotho exporte pour un quart de milliard de dollars de vêtements par an destinés aux sociétés américaines telles que Levi’s et Walmart.
 
L’accès du Lesotho à la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, qui exige d’œuvrer à la stabilité politique, la démocratie et les droits de l’homme, est cependant menacé. Le coup d’Etat de 2014 a jeté le pays dans la tourmente. Des éléments des forces armées ont organisé un coup d’Etat suite au renvoi du parlement par le Président Thabane cherchant à éviter un vote de confiance. Ce dernier a été contraint de s’exiler et le commandant de l’armée Mahao a été assassiné. Plusieurs officiers de l’armée ont été emprisonnés et auraient été torturés.
 
Les Etats-Unis ont menacé l’accès du Lesotho à l’AGOA en cas de non-rétablissement de l’état de droit. La Communauté de développement de l’Afrique australe est intervenue et s’est engagée à travailler avec le Lesotho pour rétablir la démocratie. Néanmoins, le gouvernement n’a toujours pas mis en œuvre les recommandations de la SADC.
 
Celle-ci recommande la démission de l’actuel commandant de l’armée Kamoli et l’ouverture d’une enquête criminelle sur le décès de Mahao. Le Lesotho doit également procéder à des changements structuraux et constitutionnels pour limiter l’ingérence militaire dans le gouvernement.
 
Les syndicats exhorte le gouvernement à adopter ces recommandations pour sauver l’accord.
 
L’AGOA a transformé la vie des femmes. Ainsi, celles-ci, qui représentent 85 pour cent des travailleurs de l’industrie du textile, ont acquis pour la première fois une grande autonomie financière et la capacité à obtenir de congés maternité payés et à s’élever contre le harcèlement sexuel. La perte potentielle de l’AGOA menace cependant ces avancées.
 
Trois autres pays, le Sénégal, Madagascar et le Swaziland, ont perdu l’accès à l’AGOA faute d’avoir respecté les exigences en matière de stabilité politique et d’état de droit.
 
L’année dernière, le Congrès américain a voté le renouvellement de l’AGOA jusqu’en 2025. Les syndicats demandent au gouvernement d’élaborer une stratégie de développement industriel pour préparer le pays à l’après-2025.
 
Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

« Les travailleurs du Lesotho, et en particulier les travailleuses, ont besoin de l’AGOA. Nous exhortons le gouvernement à rétablir l’état de droit, adopter les lignes directrices de la SADC et sauver l’accord.
 
« Nous ne pouvons pas laisser le gouvernement du Lesotho réduire à néant les progrès accomplis dans le pays ces dernières années vis-à-vis de ces travailleurs et de l’industrie du vêtement. La communauté internationale doit faire pression sur le gouvernement pour qu’il observe les engagements contenus dans l’AGOA, qui a apporté la prospérité à l’industrie et à ses travailleurs ».

L’Assemblée nationale française approuve la proposition de loi sur le devoir de vigilance des sociétés vis-à-vis de leurs chaînes d’approvisionnement

Le 29 novembre, l’Assemblée nationale a approuvé une proposition de loi qui impose aux sociétés françaises comptant plus de 5 000 employés de mettre en œuvre un plan de vigilance ou de diligence raisonnable pour identifier les risques pour les droits humains et l’environnement résultant de leurs activités, et de celles de leurs filiales et de leurs fournisseurs.

L’Article 1er de la proposition de loi stipule que les grandes sociétés ont l’obligation : « d’établir et de mettre en œuvre un plan de vigilance comportant les mesures propres à identifier et prévenir la réalisation de risques d’atteintes aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, de dommages corporels ou environnementaux graves ou de risques sanitaires résultant de leurs activités et de celles des sociétés qu’elles contrôlent, ainsi que des activités des sous-traitants ou fournisseurs sur lesquels elles exercent une influence déterminante ».

La proposition de loi doit maintenant être votée par le Sénat pour avoir force de loi et s’appliquer pareillement aux sociétés multinationales employant plus de 10 000 travailleurs en France.

Dans le cadre du plan de vigilance, les entreprises auront à identifier et cartographier les zones à risque, à mener des audits réguliers de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants, à mettre en place des mesures de réduction des risques ainsi qu’un mécanisme d’alerte. En cas de violation de ces dispositions, les entreprises encourent une amende de 30 millions d’euros au maximum sous réserve néanmoins de ne pas dépasser 0,1 pour cent de leurs chiffres d’affaires annuels respectifs.

Le texte permet également aux partenaires de ces entreprises, tels que les syndicats et les groupes de la société civile, de participer à l’élaboration du plan de vigilance.

La proposition de loi crée non seulement une obligation morale mais juridique pour les entreprises concernées en France – environ 150 – leur imposant de se responsabiliser vis-à-vis de leurs chaînes d’approvisionnement.

Elle a été tempérée par rapport à la première mouture et ne contient aucune disposition stricte visant à permettre aux victimes d’obtenir justice. Néanmoins, elle marque un progrès considérable en obligeant les entreprises multinationales à s’assurer que leurs chaînes d’approvisionnement respectent des engagements en matière des droits des travailleurs.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a déclaré :

«  L’Assemblée nationale française a franchi une étape importante en légiférant pour faire obligation aux entreprises multinationales de se responsabiliser en s’assurant que leurs chaînes d’approvisionnement respectent des engagements en matière des droits des travailleurs. Bien que la proposition de loi n’aille pas aussi loin qu’elle le pourrait, elle représente une étape importante vers l’amélioration de la qualité de vie de millions d’employés qui travaillent durs pour les sociétés multinationales contre un salaire de misère, avec des droits restreints et dans des conditions dangereuses ».

IndustriALL et les Fédérations syndicales internationales manifestent en soutien à la grève générale en Corée

Nous avons promis aux syndicalistes emprisonnés et à nos affiliés en Corée que nous allions utiliser notre force mondiale collective pour les soutenir. Nous faisons partie du mouvement qui appelle la Présidente Park à la démission.

indique Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

La Présidente Park a tenté d’apporter des changements à la législation coréenne du travail pour notamment autoriser des licenciements non-motivés, des diminutions de salaires pour les travailleurs âgés et l’autorisation de davantage d’externalisation. Selon le Procureur de la République, des multinationales coréennes comme Samsung, Hyundai et LG ont versé des pots-de-vin à des fondations contrôlées par une personne proche de Park en échange d’un soutien pour des politiques hostiles au monde du travail et d’autres faveurs.

Inquiètes de la régression qui se déroule en Corée au cours de ces dernières années, environ une centaine de personnes venues des Fédérations syndicales internationales ont défié en direction de la Mission permanente de Corée à Genève pour y remettre une lettre à l’ambassadeur.

Sous l’égide de la Présidente Park, le gouvernement coréen a introduit des restrictions au droit de grève, des centaines de syndicalistes ont été arrêtés, plus de vingt sont toujours en prison et des locaux syndicaux ont été mis à sac lors de fouilles.

Valter Sanches poursuit :

Les attaques à l’encontre du mouvement syndical doivent cesser immédiatement. Aujourd’hui, nous mobilisons pour soutenir les syndicats coréens et pour montrer à la Présidente Park la force du mouvement syndical international en appelant à sa démission.

La Confédération des syndicats coréens (KCTU) a appelé à une grève générale ce 30 novembre pour résister aux attaques de la Présidente Park et de son gouvernement à l’égard des syndicats et du monde du travail. Le Président de la KCTU, Han Sang-Gyun, purge actuellement une peine de prison de cinq ans pour son rôle dans l’organisation d’un mouvement de protestation ayant réuni 100.000 personnes en 2015.

Des syndicats partout dans le monde se sont joints à cette action internationale visant à soutenir le mouvement syndical coréen en détresse et faire entendre leur voix : 76 syndicats de 45 pays ont envoyé des courriers à la Présidente Park pour soutenir la grève générale, les médias sociaux ont été mis à contribution pour diffuser des photos avec le hashtag #KoreaGeneralStrike et des actions ont été menées au sein de sites d’activités appartenant à des entreprises coréennes, comme dans les usines Hyundai au Brésil, ainsi que devant des ambassades de Corée.

Les syndicats brésiliens défendent leurs droits et leur industrie nationale

Les centrales syndicales du Brésil (Força Sindical, CUT, UGT, NCST, CTB, CGTB et CSP Conlutas) sont convenues à l’unanimité de tenir une journée d’action ce 25 novembre. Elles ont tenu des manifestations partout dans le pays ce jour-là pour défendre les droits des travailleurs. Des syndicats affiliés à IndustriALL ont également manifesté en soutien à l’industrie nationale.

Ils protestaient contre les dommages causés aux droits des travailleurs par des réformes des pensions et du travail et ont appelé à la création de nouveaux emplois et à l’augmentation des investissements dans l’éducation et la santé. Ils ont également défendu les droits des femmes et rejeté la violence à l’égard des femmes au travail et dans la société en général.

De plus, les syndicats du pays affilés à IndustriALL Global Union, CNM/CUT, CNTM/FS, CNQ/CUT et FEQUIMFAR/FS, ont rassemblé leurs forces pour organiser une manifestation devant les bureaux de la Banque nationale pour le développement économique et social à São Paulo.

Avec pour slogan “Protéger le contenu local” les syndicats ont appelé le gouvernement à promouvoir la production nationale de véhicules, de machines et de technologies et à se prémunir d’importations excessives. Ils sont convaincus que ceci créera des millions d’emplois et servira à contrer l’énorme chômage qui monte avec la crise économique.

Marino Vani, Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes a déclaré :

Nous saluons l’unité d’action de nos affiliés au moment où ils luttent âprement pour atteindre leurs objectifs. Dans ces moments de crise politique et économique, il est crucial de montrer la voie dans cette bataille pour construire un pays plus juste et plus durable.

Une politique industrielle soutenue par une intervention ferme de l’État par le biais des banques publiques est la seule manière de construire un avenir qui offre une plus grande équité et de meilleurs opportunités.