Les syndicats belges revendiquent l’arrêt de la production d’uniformes militaires au Myanmar

Depuis le coup d’État de 2021, le Myanmar est dirigé par une junte brutale responsable d’une répression généralisée, de déplacements massifs de population et de la répression des syndicats indépendants et, partant, des droits des travailleurs et travailleuses. Malgré les nombreuses preuves des violations en cours, Sioen a continué à produire des uniformes pour l’armée belge dans une usine de Rangoun, sous le régime de la loi martiale du Myanmar

Les syndicats affirment que les activités industrielles de Sioen au Myanmar non seulement légitiment la dictature militaire, mais financent indirectement son régime violent. “Il est inacceptable que l’argent des contribuables belges soutienne un régime qui assassine des civils et persécute des travailleurs et travailleuses”, ont déclaré dans un communiqué les syndicats FGTB, CSC et CGSLB, tous affiliés à IndustriALL.

En 2021, IndustriALL a lancé une campagne mondiale exhortant toutes les enseignes de la confection à quitter le Myanmar. De nombreuses grandes entreprises, dont H&M, Inditex, Lidl et C&A, se sont depuis retirées. Sioen a toutefois refusé les appels répétés du syndicat à emboîter le pas.

Lors d’une récente réunion avec Bart Vervaeke, PDG de Sioen, et Michèle Sioen, Directrice générale, les dirigeants syndicaux belges ont réitéré leur revendication de voir l’entreprise suspendre ses activités au Myanmar jusqu’à ce que la démocratie et les droits des travailleurs soient rétablis. Ils ont proposé de relocaliser la production dans d’autres installations de Sioen en Tunisie ou Indonésie et d’offrir des compensations temporaires aux travailleurs et travailleuses de Rangoun

Les syndicats ont adressé un message au ministre belge de la défense, Theo Francken, l’avertissant que l’augmentation du budget de la défense de 4,5 milliards d’euros proposée par le gouvernement ne doit pas être utilisée pour soutenir l’exploitation de la main-d’œuvre à l’étranger ou des régimes oppressifs. Ils réclament des clauses plus strictes en matière de droits de l’homme dans les marchés publics et le respect obligatoire des droits de l’homme tout au long des chaînes d’approvisionnement.

“Le gouvernement affirme que ces dépenses visent à renforcer l’industrie belge. Dès lors, il faut qu’elles profitent réellement aux travailleurs et travailleuses belges et ne se fassent pas au prix de la souffrance d’autrui,”

ont déclaré les syndicats.

“L’appel d’IndustriALL en faveur d’une sortie responsable du Myanmar ne variera pas tant que les entreprises ne retireront pas leur production du pays. Face aux preuves accablantes des violations des droits de l’homme et du travail, certaines des plus grandes enseignes sont parties. Celles qui maintiennent leur production au Myanmar privilégient manifestement les profits au détriment des vies humaines,”

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

La renaissance du nucléaire soulève des problématiques concernant les travailleurs et la sécurité

La réunion a servi de plateforme pour évaluer l’état actuel du secteur nucléaire au niveau international et pour renforcer le rôle des syndicats dans l’élaboration d’une transition énergétique juste et sûre.

Dans son discours d’ouverture, la Directrice pour l’énergie d’IndustriALL, Diana Junquera Curiel, a présenté une vue d’ensemble du paysage énergétique mondial, notant que les combustibles fossiles dominent toujours la production d’énergie malgré la croissance des sources renouvelables. L’énergie nucléaire, a-t-elle dit, connaît un regain d’intérêt dans plusieurs pays en raison de son potentiel à fournir une énergie fiable et à faible taux d’émission, bien qu’elle soulève d’importants défis sociaux et de main-d’œuvre.

La dynamique récente du développement nucléaire a été soulignée, avec l’engagement pris à la mi-mars par un groupe interprofessionnel, comprenant Google, Amazon, Meta, 14 institutions financières mondiales, 140 entreprises du nucléaire et 31 pays, en faveur d’un triplement de la capacité nucléaire mondiale d’ici à 2050. Cette évolution devrait permettre de répondre à la demande croissante d’électricité, notamment de la part des centres de données, gros consommateurs d’énergie.

Kazuo Kawano, du syndicat japonais DENRYOKU SOREN, a présenté l’approche adoptée par le Japon pour relancer des réacteurs selon des normes de sécurité plus strictes, tout en s’efforçant de rétablir la confiance du public après la catastrophe de 2011 à Fukushima. Le Japon investit également dans les technologies nucléaires de nouvelle génération et repense sa chaîne d’approvisionnement nucléaire.

Le Président de DENRYOKU SOREN, Moriya Mibu, s’est félicité de la participation internationale à cette rencontre et a souligné la qualité des échanges, qui comprenait une visite de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

“L’énergie nucléaire est une technologie qui devrait être gérée par des personnes démocratiques et respectueuses des droits de l’homme,”

a-t-il déclaré, soulignant l’importance de maintenir le dialogue syndical international.

La délégation ukrainienne a fait état de l’impact brutal de la guerre : installations occupées, travailleurs et travailleuses enlevés, attaques de drones et violations constantes des normes internationales. Malgré ces conditions, les syndicats ukrainiens poursuivent leurs activités et représentent leurs membres.

Valery Matov, Coprésident du secteur nucléaire d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous avons reçu la confirmation que le secteur nucléaire connaît un retour en grâce et il est très important de renforcer l’échange d’informations entre nous, en tenant compte de la situation mondiale actuelle. Nous aimerions également que le secteur de l’uranium bénéficie d’un nouvel élan. Un grand merci à IndustriALL et à nos collègues japonais pour cette réunion de haut niveau”.

Les rapports nationaux ont révélé des problématiques différentes selon les régions :

Anniversaire de l’accident nucléaire de Fukushima

Le 26 mars, les délégués ont visité le musée commémoratif du tremblement de terre et de la catastrophe nucléaire de Fukushima, à l’est du Japon, et ont ensuite séjourné à J-Village, un complexe sportif reconverti en base d’intervention nucléaire à la suite de la catastrophe de 2011. Le site a depuis été restauré et symbolise le redressement de la région.

Le lendemain, une visite technique a été organisée à la centrale de Fukushima Daiichi, où des experts ont décrit les efforts de démantèlement en cours, notamment la gestion des déchets, le traitement de l’eau contaminée et le défi que représente le retrait du combustible nucléaire fondu, un processus sans précédent qui devrait durer de 30 à 40 ans. Il reste environ 880 tonnes de combustible fondu dans les réacteurs 1, 2 et 3.

La réunion s’est clôturée par un appel à l’élargissement du réseau INWUN, avec l’inclusion des syndicats des mines d’uranium et au renforcement de la collaboration entre les réunions. La santé et la sécurité, la formation des jeunes et le soutien aux travailleurs et travailleuses touchés par les fermetures de tranches ont été identifiés comme des priorités urgentes.

Lutte contre la VHBG dans les usines des fournisseurs de H&M au Bangladesh

Les lignes directrices de H&M et d’IndustriALL sur la violence basée sur le genre et le harcèlement sexuel ont été élaborées en 2023 dans le cadre de l’accord-cadre mondial (ACM) conclu entre IndustriALL, IF Metall et H&M. Alignées sur la Convention 190 et la Recommandation 206 de l’OIT, les lignes directrices aident les fournisseurs de H&M à prévenir, détecter et traiter la violence et le harcèlement basés sur le genre sur le lieu de travail.

Sachant que les lignes directrices sont accessibles à tous les fournisseurs, le comité national de suivi (CNS) du Bangladesh, créé dans le cadre de l’ACM, les a mises en œuvre de manière approfondie dans huit usines de fournisseurs de H&M au cours des deux dernières années. Pour ce faire, il a fallu comprendre en détail la situation de la VHBG dans les usines et organiser des ateliers de formation approfondis afin de sensibiliser les travailleurs et les travailleuses ainsi que la direction à cette question et à ces lignes directrices. Cette année, dix autres usines seront ajoutées à la liste.

Au cours de ces formations, les travailleuses ont fait part de leurs expériences de harcèlement et d’abus sur le lieu de travail, qu’il s’agisse d’abus verbaux, de commentaires offensants sur leur corps, en particulier pendant la grossesse, de pelotages ou de claques sur les fesses, entre autres. Les travailleuses ont également déclaré que des hommes en position d’autorité recherchaient des relations sexuelles avec les travailleuses et que si elles ne s’y soumettaient pas, elles risquaient d’être licenciées ou de se voir imposer des objectifs de production plus élevés.

Les ateliers commencent souvent par un refus de la direction d’admettre que de tels incidents se produisent dans leurs usines. Toutefois, au fil des sessions, les participants à la formation parviennent à un consensus sur le fait que de tels incidents ne doivent pas se produire et que des mesures doivent être prises pour les prévenir.

Les lignes directrices relatives à la VHBG décrivent en détail les mécanismes de sa prévention au sein des ateliers, les enquêtes sur les cas soumis ainsi que les systèmes de suivi et de contrôle. Elles prévoient que les usines doivent disposer d’une politique en matière de VHBG et que tous les travailleurs et travailleuses ainsi que les membres de la direction doivent en avoir connaissance.

Dans le cadre de la prévention, les lignes directrices exigent une sensibilisation constante ainsi que l’identification et l’atténuation des risques de VHBG.

Les enquêtes sur les cas de VHBG sont menées par des comités de lutte contre le harcèlement sexuel qui doivent être mis en place sur tous les lieux de travail, à la suite d’une décision de justice rendue en 2009.

Le tribunal a ordonné aux comités de recevoir les plaintes, de mener des enquêtes et de soumettre des rapports annuels au gouvernement. Cependant, le manque d’application de l’ordonnance, des comités non fonctionnels et leur autorité limitée dans le cadre de la poursuite des cas de VHBG ont fait l’objet de critiques constantes de la part des syndicats.

En outre, la stigmatisation associée à la dénonciation du harcèlement sexuel dissuade les travailleuses de faire par des abus.

Nazma Akter, Présidente de la fédération Sommilito Garments Sramik et membre du comité exécutif d’IndustriALL, a déclaré :

“Les lignes directrices et les programmes de formation H&M – IndustriALL sur la VHBG seront cruciaux pour renforcer les capacités des travailleuses et travailleurs, des recruteurs et recruteuses syndicaux ainsi que de la direction à comprendre le problème et à élaborer des stratégies conjointes pour aborder la VHBG dans les usines des fournisseurs de H&M.”

Les métallos italiens en grève pour des négociations justes

Les travailleurs défileront dans tout le pays pour envoyer un message clair : ils n'accepteront pas l'inertie ni des concessions qui attaqueraient leur niveau de vie. Leurs revendications portent sur des mesures contre la stagnation des salaires, l'insécurité de l'emploi et des protections au travail insuffisantes.

La FIOM, la FIM et l'UILM, affiliées à IndustriALL Global Union et à IndustriALL European Trade Union, ont pris la tête de cette grève en réaction au refus des employeurs d'un dialogue constructif, dont l'incapacité à proposer une convention équitable menace les salaires et les droits des travailleurs et suscite un mécontentement général.

La négociation de la CCNL a débuté le 30 mai 2024. Le 12 novembre, après huit cycles de discussions, Federmeccanica et Assistal ont proposé un cadre dans lequel les salaires ne suivraient que l'inflation. Pour les syndicats, cela conduirait à une stagnation des salaires et contrevient aux conventions signées depuis 2021.

La FIOM, la FIM et l'UILM ont riposté en organisant 16 heures de grève entre décembre 2024 et février 2025, en refusant les heures supplémentaires et les horaires flexibles. Mais les employeurs n'ont pas bronché, déclenchant une escalade qui aboutira à la grève du 28 mars.

Invoquant des difficultés économiques, Federmeccanica et Assistal proposent une hausse des salaires liée à l'index harmonisé des prix à la consommation (IPCA), représentant un total de 173,37 € sur quatre ans (2025-2028), ainsi que des primes flexibles et une meilleure couverture d'assurance. Mais les syndicats estiment que ces mesures sont loin d'assurer des salaires équitables et la sécurité d'emploi.

IndustriALL European Trade Union et IndustriALL Global Union soutiennent totalement la FIOM, la FIM et l'UILM dans leur combat.

"Nous appuyons avec fermeté les revendications des travailleurs pour des augmentations claires et tangibles des salaires minimums contractuels, supérieures à l'inflation pour préserver le pouvoir d'achat. Nous soutenons aussi leurs efforts pour étendre les droits des travailleurs, combattre l'insécurité de l'emploi, réduire la durée du travail et renforcer les protections pour la santé et la sécurité, tant sur le lieu de travail que dans les conventions collectives,"

a déclaré le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie.

"Nous sommes aux côtés de nos collègues italiens dans leur lutte contre l'érosion des niveaux de vie. Nous appuyons leur appel au renouvellement de la convention collective du travail nationale et leur exprimons toute notre solidarité pour la grève de huit heures du 28 mars,"

ajoute Judith Kirton-Darling, la secrétaire générale d'IndustriALL Europe. 

Les mineurs sud-africains se battent pour sauver les emplois dans les mines de diamants

Petra Diamonds attribue le ralentissement du marché, le plus long depuis 30 ans, à la conjoncture mondiale, au ralentissement économique en Chine et à la montée en puissance des diamants produits en laboratoire. En outre, la société d’extraction de diamants indique que le refinancement de la dette, la sous-performance opérationnelle, la réduction des coûts et la restructuration sont quelques-unes des raisons qui expliquent les réductions d’effectifs. Mais le NUM, affilié à IndustriALL, n’est pas convaincu par les arguments de l’entreprise.

“Le NUM estime que ces justifications sont des prétextes pour sacrifier des travailleurs et travailleuses et soustraire les dirigeants à leur responsabilité pour les échecs opérationnels. Une contre-proposition soumise par le NUM, conçue pour permettre à la société d’économiser six millions de rands (328.525 dollars) et d’éviter les licenciements, a été sommairement rejetée par la direction de Petra Diamonds”, a déclaré Masibulele Naki, négociateur en chef du NUM pour le secteur du diamant.

Le NUM a amené Petra Diamonds devant la Commission de conciliation, de médiation et d’arbitrage (CCMA) dans le cadre de sa contestation des licenciements. En outre, pour alléger la situation des travailleurs et travailleuses concernés, le NUM a signé un protocole d’accord avec Petra Diamonds, prévoyant le versement d’une indemnité de réinstallation de 10.000 rands (550 dollars) à chacun des travailleurs et travailleuses concernés. Selon le syndicat, l’accord comprend une clause de rappel de douze mois et un comité sera mis en place pour soutenir les travailleurs et travailleuses concernés.

Parmi les autres sociétés d’extraction de diamants qui licencient, citons De Beers, qui a donné un préavis à 308 travailleurs et travailleuses de la mine de Venetia.

En outre, le syndicat appelle à un dialogue social urgent qui inclura le Conseil des minéraux d’Afrique du Sud, les sociétés d’extraction de diamants, le gouvernement et les syndicats afin de résoudre la crise à laquelle est confrontée l’industrie du diamant dans le pays.

Mpho Phakedi, Secrétaire général par intérim du NUM, s’est dit préoccupé par les licenciements, non seulement dans le secteur du diamant, mais aussi dans l’industrie minière en général. “Les travailleurs et travailleuses des mines sont confrontés à un avenir sombre de pauvreté et de chômage. Des avis de licenciement ont été émis chez Anglo Platinum, De Beers, Petra Diamonds, Murray and Roberts Mining ainsi que Seriti Resources, et des milliers d’emplois seront perdus.”

“Les sociétés d’extraction de diamants doivent toujours donner la priorité aux intérêts des travailleurs et des travailleurs lorsqu’elles sont confrontées à la volatilité du marché, au lieu de se précipiter pour les licencier. Elles doivent rechercher des modèles d’entreprise durables qui créent et préservent des emplois. Le dialogue social avec les syndicats est nécessaire pour faire face aux défis auxquels sont confrontées les mines de diamants”, a pour sa part déclaré Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour le secteur des mines et du diamant.

L'OIT priée d'appliquer l'article 33 au Myanmar

Au début du mois, des centaines de personnes ont défilé dans les rues de Hpakant, dans le nord et le sud de l'État de Kachin, le sud de l'État de Kayin, l'est de l'État de Shan, dans la région de Sagaing et le quartier d'affaires de la région de Yangon, exhibant des banderoles disant "OIT – nous avons besoin de l'article 33 pour mettre fin au travail forcé, aux enfants soldats, à la conscription forcée et au bombardement de villages."

La junte militaire birmane, qui a pris le pouvoir par la violence le 1er février 2021, n'a pas donné suite aux recommandations de la commission d'enquête de l'OIT de 2023. La Confédération des syndicats du Myanmar (CTUM) et la Fédération des travailleurs de l'industrie du Myanmar (IWFM) ont lancé une campagne mondiale pour réclamer l'application de l'article 33 de la constitution de l'OIT, qui permettrait à son conseil d'administration de recommander des actions allant dans le sens du rapport de la commission.

Le rapport de cette commission appelle à la cessation immédiate de toutes les formes de violence et de torture contre des responsables syndicaux qui compromettent l'exercice de la liberté syndicale, la libération sans conditions de tous les syndicalistes détenus et condamnés pour avoir participé à des activités syndicales légitimes, l'abandon de toutes les inculpations pénales de syndicalistes, et la fin des exactions de l'armée par du travail forcé ou obligatoire et par le recrutement de force d'enfants notamment.

Le 17 mars, le conseil d'administration du BIT a publié une décision concernant le suivi du rapport de la commission d'enquête et tenant compte des communications du gouvernement d'unité nationale, de la CTUM et d'IndustriALL Global Union sur les violations de grande ampleur des droits des travailleurs au Myanmar.

Le conseil d'administration avait reçu, le 15 janvier, un rapport de la junte militaire du Myanmar et avait constaté qu'il ne prévoyait aucune mesure spécifique correspondant au rapport de la commission. Son texte mentionnait simplement les "relations du travail, le règlement des différends, la formation, la sensibilisation et les activités d'inspection". Les militaires invitaient une délégation de haut niveau de l'OIT à visiter le Myanmar pour se rendre compte des conditions de travail.

En conséquence, le conseil d'administration du BIT a adopté une décision sur le rétablissement de la démocratie et le respect des droits fondamentaux au Myanmar, recommandant que la Conférence internationale du travail examine des mesures prises au titre de l'article 33 de la constitution de l'OIT en vue d'assurer l'exécution par le Myanmar des recommandations de la commission d'enquête.

"Nous nous félicitons de cette décision du conseil d'administration qui donne un signal en faveur d'une mise en œuvre de l'article 33 de la constitution de l'OIT. Il faut que cessent les souffrances endurées quotidiennement sous la junte militaire terroriste. Il faut que les organisations internationales se mobilisent pour les valeurs universelles des droits humains qu'elles défendent,"

a dit le président de l'IWFM, Khaing Zar.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"Nous sommes solidaires de la population et des travailleurs du Myanmar dans leur lutte pour le rétablissement de la démocratie et de l'état de droit dans le pays. IndustriALL va apporter tout le soutien qu'il peut à ses affiliés pour qu'ils réclament la mise en œuvre totale et immédiate des recommandations de la commission d'enquête dans les enceintes internationales et régionales." 

Les lois sur le DDDH, un second souffle pour les droits des travailleurs

Les lois sur le DDDH s'ajoutent de manière innovante aux instruments qui permettent aux travailleurs de s'adresser à la justice depuis leur lieu de travail. Au siècle dernier, les entreprises affichaient leurs valeurs dans des codes de conduite qu'elles avaient adoptés unilatéralement et dont le but était de montrer à leurs clients qu'ils se souciaient de leurs travailleurs alors qu'elles continuaient à les exploiter. La plupart de ces codes ne parlaient même pas des droits syndicaux les plus fondamentaux, le droit de s'organiser et celui de négocier collectivement.   

Une fois dénoncés, la pression de la société en général a contraint les gouvernements et les entreprises à chercher des moyens plus convaincants de témoigner du respect des droits fondamentaux des travailleurs. Ce sont les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales, le Pacte mondial des Nations unies, la Déclaration de l'OIT sur les entreprises multinationales et les Principes directeurs des Nations unies.

Tous ces textes passent au crible le fonctionnement des entreprises, mais ils conservent néanmoins un caractère essentiellement volontaire. Aussi, leur utilisation est ardue et laborieuse; elle nécessite des ressources et d'être connecté. Les syndicats des pays en développement, qui représentent ces travailleurs exploités, n'ont rien de tout cela, même s'ils sont affiliés à des Fédérations syndicales internationales (FSI). Les FSI elles-mêmes ont élaboré des outils tels que les accords-cadres mondiaux, plus efficaces mais dont la portée reste toutefois limitée.

Des promesses creuses à une redevabilité réelle

Le DDDH pourrait changer la donne. Il est question d'une législation qui permettrait de pénaliser les entreprises qui ne respectent pas les normes qu'elles prétendent défendre.

Mais une grande interrogation subsiste. Pendant des années, nous avons été induits en erreur par des firmes d'audit effectuant des contrôles superficiels de l'application de codes de conduite, d'obligations internationales et de respect de normes établies. Ces risques existent aussi pour la législation sur le DDDH. De nombreuses lois permettent ce genre de validations, mais si les syndicats les acceptent, nous risquons de nous retrouver avec un instrument inefficace de plus, aussi inopérant que ce qui existe déjà.

Ce qui fait du DDDH un concept révolutionnaire est qu'il incorpore une participation active des syndicats. Il n'est pas question d'audits commandés à l'extérieur ni d'autodiscipline, simplement une validation exacte par ceux affectés directement par les violations au travail. En associant les syndicats, à la fois ceux du pays d'origine et ceux des sites d'exploitation, on peut obtenir une image plus fidèle et non filtrée de la réalité sur le terrain, des risques encourus et des mesures nécessaires pour une amélioration réelle.

Pour que le DDDH fasse réellement changer les choses sur le terrain, il faut une participation active des syndicats. Or, beaucoup n'ont pas les connaissances, l'expérience et la confiance nécessaires pour suivre efficacement ses procédures. Le Centre de compétence sur le DDDH peut contribuer à y remédier et jouer un rôle crucial. Mais cela ne suffit pas. En tant que syndicat mondial, nous devons inciter les syndicats des pays d'origine à prendre en charge leurs chaînes d'approvisionnement tout en convainquant les affiliés des pays de production que le DDDH peut changer la donne. Étant donné les déceptions causées par d'autres instruments, nous devons être conscients de leur scepticisme et le respecter tout en leur montrant que, cette fois, les choses peuvent changer.

Mais imaginez qu'une entreprise s'acquitte de son devoir de diligence dans une grande usine d'un pays de production en y associant pleinement le syndicat et les travailleurs du lieu. Le résultat sera alors une représentation fidèle de la réalité dans cette usine, une vérité que l'entreprise ne pourra pas masquer. Nous savons que la plupart des usines ont à relever des défis dont la société-mère n'est peut-être même pas consciente. Soumises à une législation forte, les entreprises seront forcées d'agir, leur devoir de rendre compte devenant une obligation légale et non plus un choix.

Si elle est bien mise en œuvre, je suis certain que la législation sur la DDDH sera bénéfique pour les grandes entreprises européennes. Elles attendent beaucoup de leur engagement en faveur des droits humains et beaucoup investissent déjà dans les pratiques éthiques, pourtant elles sont mises à mal par des concurrents qui n'assument pas leurs responsabilités sans en subir les conséquences. Une législation contraignante mettra tout le monde à égalité et, de ce fait, rendra les chaînes d'approvisionnement résilientes, ce qui sera bénéfique pour l'ensemble de la chaîne.

La législation sur le DDDH renforcera aussi la crédibilité des initiatives lancées à l'échelon mondial par les syndicats. L'Accord sur la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments, qui a vu le jour au Bangladesh et a été étendu au Pakistan – et à un troisième pays sous peu – donne aux marques participantes une avance dans la mise en conformité avec les obligations de DDDH. De même, les mécanismes de recours prévus dans la coopération ACT avec diverses marques renforcent la redevabilité. Cette approche profite à la fois aux travailleurs et aux entreprises responsables par un rapport gagnant-gagnant dont nous devons faire activement la promotion auprès d'autres marques.

Renforcer la puissance syndicale par le Centre de compétence sur le DDDH

Le Centre de compétence sur le DDDH jouera un rôle fondamental en conseillant les syndicats à propos de la nouvelle législation, en leur expliquant comment l'utiliser et comment protéger les droits des travailleurs. Il sera aussi essentiel pour l'élaboration de matériels de formation et de renforcement des capacités dans nos syndicats. Il pourrait aussi prendre de l'importance auprès d'entreprises soucieuses d'agir dans le bon sens.

Il est important que le nouveau gouvernement allemand reste déterminé et ne fléchisse pas s'agissant d'une législation considérée comme la plus prometteuse dans ce domaine. L'ambition manifestée par l'Union européenne avec sa  Directive sur le devoir de vigilance des entreprises ne doit pas faiblir. Pour la première fois, le devoir de diligence devient une obligation porteuse d'un réel espoir pour des millions de travailleurs.

Nous ferons notre part. Le Centre de compétence sur le DDDH fera sa part. Et si les gouvernements assument finalement leurs responsabilités, nous pourrons obliger les entreprises à rendre des comptes. Cela pourrait être l'aube d'une ère nouvelle pour les droits syndicaux.  

Hommage à Praveen Rao : un héritage de bonté, d’engagement et de solidarité

For decades, Praveen devoted his career to fighting for the rights of working people, always striving to create a fairer, more just world. His journey in the labour movement was one of commitment and impact. Before joining IndustriALL, he worked extensively in labour research and education, playing a key role in training trade union leaders, mapping industry trends and advocating for vulnerable workers. From his early days at the Maniben Kara Institute, where he conducted extensive research on wages, precarious work and the rights of informal workers, to his impact in major international projects, Praveen’s contributions to the labour movement were deep and far-reaching.

Praveen played an important role in IndustriALL’s work in South Asia. He started in 2014 as a project coordinator, focusing on precarious work, an issue he took on with passion and determination. He believed that every worker deserved dignity, stability and fair treatment, and he worked hard to make that a reality. His commitment continued as he led projects on union building, multinational supply chains and shipbreaking, always with a sense of purpose and justice.

But Praveen’s legacy goes far beyond the work he did, it is the way he did it that people will remember most. He had a quiet strength, a calming presence that reassured those around him. Even in high-pressure situations, he carried himself with grace, showing that stress would not solve problems, but collective action and solidarity could.

Colleagues remember his ever-present smile, his generosity and his willingness to help others. He made a point of expressing gratitude, appreciating those who assisted him just as much as he was always ready to assist others. He embodied the very essence of trade unionism, not just fighting for workers’ rights, but fostering a spirit of mutual support and humanity.

Based in Mumbai, Praveen was genuinely connected to the realities of workers in India and beyond. His work was rooted in a profound understanding of the struggles faced by those in precarious employment in supply chains and in the shipbreaking industry. 

This sudden loss is a heavy one for IndustriALL and for the broader labour movement, but more than anything, it is a personal loss for all who had the honour of knowing him. We will remember Praveen not only for his work but for the warmth, kindness and integrity he brought into every interaction.

Praveen leaves behind his beloved wife and sons, who were his greatest pride. Our thoughts and deepest condolences go out to them during this difficult time. May they find comfort in knowing how much he was respected, admired and loved by all who had the privilege of working alongside him.

In the spirit of solidarity that, we will continue the fight for the values he stood for. And as we mourn, we also celebrate a life well lived, a life dedicated to justice, equality and kindness.

Rest in power, Praveen. Your impact will not be forgotten.

Les actions de la Journée de la femme en témoignent : la lutte pour l’égalité est quotidienne

Il ne s’agissait pas d’une journée internationale de la femme comme les autres. Il s’agissait d’un appel mondial à l’action.

Dans le cadre des actions mondiales marquant la Journée internationale de la femme, Christiane Benner, Vice-présidente d’IndustriALL et Présidente du syndicat allemand IG Metall, a livré un message vidéo puissant soulignant la lutte permanente pour l’égalité des sexes. Elle a mis en exergue les principales réalisations, notamment l’augmentation de la représentation des femmes dans les instances dirigeantes des syndicats, les victoires obtenues dans le cadre des négociations collectives en faveur de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ainsi que les changements structurels intervenus au sein d’IG Metall pour soutenir les femmes dans des secteurs traditionnellement dominés par les hommes. Le message de Christiane Benner a renforcé l’importance de l’action collective pour façonner un avenir plus inclusif et plus équitable pour tous.

Lors de la Commission de la condition de la femme des Nations unies (CSW69/Beijing+30), les fédérations syndicales internationales ont été clairs : le temps des promesses est révolu. Elles militent en faveur d’un contrat social qui transforme les questions de genre, qui ne se contente pas de belles paroles en faveur de l’égalité, mais qui apporte des changements réels et structurels.

Les femmes travailleuses d’Indonésie ont pris des mesures audacieuses, revendiquant la justice dans l’industrie de la confection, où les cas de violence et de discrimination fondées sur le sexe persistent. En Afrique du Sud, la conférence nationale des femmes du NUM s’est engagée à lutter contre le patriarcat et la violence sexiste au travail, réaffirmant que la lutte n’est pas seulement une question de politique, mais qu’elle concerne la réalité quotidienne des travailleuses.

Ensemble, les fédérations syndicales internationales revendiquent :

Femmes dirigeantes : de la présence au pouvoir

Cette année, le thème d’IndustriALL, “Femmes dirigeantes ”, célèbre les femmes qui brisent les barrières. Elles dirigent des syndicats, négocient des lieux de travail plus équitables et prouvent que l’égalité des sexes ne consiste pas seulement à être présent à la table des négociations, mais aussi à tenir un discours qui façonne l’avenir.

Du Brésil à la Turquie, des manufactures aux plus hauts niveaux de la direction des syndicats, les femmes réécrivent l’histoire. Leur message est clair :

La promotion du rôle dirigeant des femmes n’est pas seulement une priorité d’IndustriALL, mais un mouvement mondial. L’initiative “Femmes dirigeantes” de la CSI amplifie ce combat en reconnaissant que la représentation n’est pas suffisante, le vrai pouvoir signifie que les femmes dirigent les négociations, façonnent les politiques et conduisent le changement systémique. Les femmes syndicalistes du monde entier font progresser cette vision, en veillant à ce que les structures de direction reflètent la main-d’œuvre qu’elles représentent. La revendication est claire : les rôles dirigeants des femmes doivent être la norme et non l’exception.

Les femmes n’attendent plus de se voir offrir une place à la table, elles la prennent. En cette journée internationale de la femme, et chaque jour, nous nous battons pour un monde où les femmes occupant des postes à responsabilité ne sont pas une exception, mais la norme.

Briser les barrières, élever les autres

"Pour les femmes syndicalistes, ce combat ne se résume pas à une seule journée. Il s’agit de la réalité quotidienne de la revendication de l’égalité salariale, de la sécurité des lieux de travail et du droit de diriger. Il s’agit de briser les barrières, d’élever les autres en même temps que nous nous élevons et de veiller à ce que la prochaine génération n’ait pas à mener les mêmes batailles encore et encore.

“Notre lutte ne se limite pas à 24 heures. Elle dure toute une vie. Je le sais parce que je l’ai vécue”, a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

La solidarité entre travailleurs, la clé de la syndicalisation des cols blancs

Les recruteuses syndicales d’Asie du Sud ont renforcé ce message en organisant une session virtuelle de suivi pour élaborer une stratégie de syndicalisation des cols blancs malgré des défis tels que les réductions de financement et la fragmentation du lieu de travail. Les débats ont mis l’accent sur le pouvoir de la solidarité, la sécurité de l’emploi et la prise en compte des préoccupations des travailleuses par le biais d’un engagement direct.

En Europe, les syndicalistes ont réaffirmé leur engagement en faveur de l’égalité des sexes et du leadership des femmes. Ainsi, industriAll Europe a souligné l’importance de veiller à ce que politiques d’égalité ne restent pas lettre morte, mais se traduisent par des changements réels pour les femmes sur le lieu de travail. Le message est clair : l’égalité entre les femmes et les hommes est une question syndicale fondamentale et sa réalisation nécessite une action collective et une pression permanente.

Passer des mots à l’action

IndustriALL ne se contente pas de parler d’égalité, elle la concrétise. Cette année, l’organisation syndicale a lancé un nouveau module de formation sur l’équité salariale afin de doter les affiliés d’outils concrets pour lutter en faveur de salaires équitables et de la pleine reconnaissance du travail des femmes. Développés avec le soutien de la FES (Fondation Friedrich Ebert), ces modules sont plus que de simples supports de formation. Ce sont des plans pour le changement.

La lutte pour l’égalité des femmes n’est pas terminée. Il ne s’agit pas d’une tendance, ni d’un moment particulier. C’est une révolution.

Dans chaque usine, chaque syndicat, chaque pays, les femmes ont les droits, la dignité et le pouvoir qu’elles méritent.

Nous avons contacté les femmes des réseaux d’IndustriALL dans un grand nombre de nos secteurs, en posant des questions à des femmes dirigeantes et à des femmes qui ont été encadrées par des femmes dirigeantes d’IndustriALL. Les réponses ont afflué, si nombreuses que nous n’avons pas pu les présenter toutes à l’occasion de la Journée de la Femme. Restez donc à l’écoute pour entendre les nombreuses voix des femmes d’IndustriALL, car, pour reprendre les mots de Christina Olivier, il s’agit d’un mouvement, pas d’un moment figé. Nous n’avons pas besoin d’un jour spécifique pour partager cela, nous continuerons à le faire.

De la loi à l'action : Un nouveau centre pour renforcer les droits des travailleurs par la législation sur le devoir de diligence

UNI Global Union et IndustriALL Global Union collaborent avec les partenaires allemands du projet, la Fondation Friedrich Ebert et la confédération syndicale DGB. Des fonds de départ ont été apportés par l'Initiative pour la solidarité mondiale, un programme de la GIZ financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération et du Développement économiques (BMZ).

"Le passage des recommandations à une vigilance obligatoire en matière de droits de l'homme en Allemagne et en Europe est un moment historique pour les droits des travailleurs partout dans le monde. Nous avons maintenant un cadre légal pour permettre de demander réellement des comptes aux multinationales s'agissant du respect des droits humains dans l'ensemble de leurs chaînes de valeur et de leurs sites d'exploitation. Ce changement ne sera pas seulement une énorme impulsion pour le mouvement syndical mondial qui pourra ainsi mieux aider les travailleurs qui militent pour leurs droits, il aidera aussi les entreprises en mettant tous les concurrents sur un pied d'égalité. Il donne un coup de frein au nivellement par le bas destructeur dont les travailleurs sont les victimes dans le monde entier,"

a déclaré Alke Boessiger, la secrétaire générale adjointe d'UNI.

À la cérémonie du 20 mars, des dirigeants syndicaux, des décideurs politiques et des employeurs discuteront du rôle du Centre pour faire en sorte que les législations sur le devoir de diligence rendent les chaînes d'approvisionnement plus résilientes, équitables et comptables de leur gestion.

"Le mouvement syndical mondial a tout intérêt à faire appliquer les lois sur le devoir de diligence pour renforcer les droits des travailleurs dans le monde entier. En collaborant avec d'autres syndicats mondiaux, nous pouvons combler l'écart qui sépare les syndicats des pays qui les ont adoptées, comme l'Allemagne, de ceux des pays des chaînes d'approvisionnement dans lesquelles les violations des droits humains sont les plus flagrantes. Le nouveau Centre de compétence sera une ressource essentielle en apportant des renforcements de capacités et une expertise juridique qui feront que les obligations relatives au devoir de diligence en matière de droits humains se traduisent en des améliorations tangibles des conditions de travail dans les chaînes d'approvisionnement mondiales,"

a déclaré Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL.

"Des lois fortes ont besoin d'une coopération forte pour que les travailleurs puissent réellement changer les choses. La création du Centre de compétence sur le devoir de diligence en matière de droits de l'homme témoigne de la force de la coopération entre les organisations syndicales, le ministère fédéral de la Coopération et du Développement économiques et la Fondation Friedrich Ebert en transformant les cadres juridiques en action concrète. En rassemblant expertise et ressources, ce Centre veillera à ce que les lois sur le devoir de diligence ne soient pas des enveloppes vides mais des outils puissants de renforcement des droits des travailleurs et de la redevabilité des entreprises dans les chaînes d'approvisionnement mondiales,"

a déclaré Yasmin Fahimi, la présidente de la DGB.

Le comité directeur du Centre de compétence, composé d'UNI, d'IndustriALL et de la DGB, se concentrera sur trois objectifs majeurs :

1.         Renforcer les capacités des syndicats dans les pays ayant une législation sur le devoir de diligence – en commençant par l'Allemagne – et dans toutes les chaînes d'approvisionnement mondiales pour leur permettre d'utiliser les obligations qui en découlent pour mieux défendre les droits des travailleurs.

2.         Appuyer les interventions stratégiques utilisant le DDDH pour défendre les droits des travailleurs et contrer les violations dans les chaînes d'approvisionnement hautement prioritaires.

3.         Préconiser une application effective du devoir de diligence en matière de droits de l'homme par les entreprises et les décideurs politiques.

Pour s'assurer d'une représentation et d'une collaboration larges, d'autres experts syndicaux et spécialistes de la question seront invités à faire partie d'un groupe consultatif qui aidera à élaborer la stratégie du Centre de compétence et coordonnera l'action si nécessaire.

Le Centre de compétence sera inscrit en tant que fondation sans but lucratif aux Pays-Bas; son fonctionnement sera virtuel, sans bureaux physiques. Il verra officiellement le jour pendant le quatrième trimestre 2025.

Historique

La loi allemande sur les obligations de vigilance des entreprises dans leurs chaînes d'approvisionnement est en vigueur depuis janvier 2023 et sera au cœur des activités du Centre. La Loi sur les chaînes d'approvisionnement impose aux grandes entreprises (plus de 1.000 salariés) une vigilance en matière de droits de l'homme afin d'identifier, d'atténuer et de prévenir les risques d'abus en la matière et de dégradations à l’environnement dans leurs sites d'exploitation du monde entier et leurs chaînes d'approvisionnement.  

La Directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité a été adoptée en juin 2024 et doit être appliquée par tous les États membres à partir de 2026. Le mandat du Centre sera élargi lorsque la directive européenne sera en vigueur. En février 2025, la Commission européenne a proposé une série de mesures "Omnibus" amendant l'ensemble des textes sur la durabilité, dont la directive européenne. Bien que le but affiché de cette proposition Omnibus soit de réduire la bureaucratie, les amendements proposés affaibliraient des dispositions essentielles de la directive, ce qui suscite une vive opposition des organisations syndicales et de la société civile.

Photo : Travailleurs dans une usine Saijoinx, fabricant de composants électroniques à Kyoto, au Japon. Copyright : Marcel Crozet, ILO.