Le syndicat sud-africain des mineurs sauve des emplois

La compagnie minière aurifère AngloGold Ashanti a fait usage de l’article 189 pour avertir le syndicat ce 20 janvier de son intention de licencier pas moins de 849 travailleurs/euses. L’article 189 régit le préavis en cas de licenciement collectif et est une disposition légale dont l’application formelle est obligatoire.

Ce préavis met en branle des consultations formelles avec les syndicats. L’absence d’accord avec les syndicats conduirait à une médiation aux termes de la législation du travail.

En négociant avec AngloGold Ashanti, la NUM est parvenue à éviter les licenciements prévus et a sauvé l’ensemble des 849 emplois. Les travailleurs/euses auront une nouvelle formation et seront transféré(e)s dans d’autres unités de l’entreprisse.

La NUM avait rejeté les plans de licenciement de l’entreprise pour leur absence de considération par rapport au niveau élevé de chômage et fait valoir des alternatives. Les pertes d’emploi auraient eu des conséquences désastreuses pour les mineurs d’AngloGold Ashanti, leurs familles et tout le pays.

AngloGold et le syndicat ont conclu un accord qui permettrait de sauver les emplois “surnuméraires” concernés. L’accord prévoit une remise à niveau des compétences des travailleurs/euses affecté(e)s et le transfert de certain(e)s vers d’autres unités de l’entreprise.

Au cours de ce qui a été décrit comme “des négociations musclées” par le Coordinateur des Mines de la NUM pour AngloGold Ashanti, Tafa Moya, une analyse de toutes les unités opérationnelles a été entreprise pour déterminer les besoins et opportunités en termes de main d’œuvre, dans le but de trouver une solution au bénéfice des deux parties.

Ceci contraste avec ce qu’AngloGold Ashanti a fait au Ghana : 3.100 mineurs y ont perdu leur emploi lorsque la mine d’Obuasi a été mise au ralenti pendant qu’une étude de faisabilité circonstanciée était entreprise avec pour objectif une grande mécanisation de la production.

Moya a indiqué que la NUM tiendra une réunion avec l’entreprise ce vendredi au cours de laquelle AngloGold Ashanti expliquera où les travailleurs/euses seront transféré(e)s.

Rendant hommage à la NUM pour cette belle performance, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré :

“Nous avons ici un nouvel exemple qui démontre que les compagnies minières, si on leur laisse le champ libre, rechercheront toujours le profit par-dessus tout. La NUM a montré qu’en rejetant le plan initial d’AngloGold Ashanti qui prévoyait le licenciement de 849 travailleurs/euses, les syndicats peuvent résister et protéger l’intérêt collectif de leurs adhérents”.

AngloGold Ashanti est une compagnie minière dont le siège est à Johannesburg, en Afrique du Sud. Elle est diversifiée, se targue de posséder 17 mines d’or dans neuf pays différents et est la troisième plus grande compagnie minière aurifère du monde en termes de production.

Deux dirigeants syndicaux du secteur pétrolier arrêtés dans le Kazakhstan

Les deux dirigeants en question sont Nurbek Kushakbaev, vice-président de la KNPRK, et Amin Yeleusinov, président de l’affilié à la KNPRK, le syndicat de l’entreprise de services de construction pétroliers. Ils n’ont toujours pas été libérés et aucune indication n’a été donnée sur leur lieu de détention.

Kushakbaev est accusé d’avoir commis une infraction pénale pour avoir participé à une grève de la faim illégale, suivie par plus de 700 sympathisants. Seize autres grévistes de la faim au moins devraient payer des amendes élevées pour des travailleurs se montant à 45 000 KZT (135 US$) au minimum et même 113 500 KZT (340 US$) pour l’un d’entre eux.

Yeleusinov est inculpé de détournement de fonds syndicaux, pouvant entraîner une condamnation de 7 à 12 ans d’emprisonnement, comme l’avait été, peu de temps après le début de la grève, Larisa Kharkova, ancienne présidente de la KNPRK. La police a toutefois jusqu’ici refusé de divulguer publiquement le montant de la somme volée.

Les représentants de la KNPRK ont indiqué que ces affaires criminelles avaient été fabriquées pour stopper la grève de la faim suivie massivement par les travailleurs de la société de services de construction pétroliers. Le 15 janvier, de nouveaux manifestants se sont joints au mouvement de protestation ayant démarré le 5 janvier.

Les travailleurs ont été contraints de stopper leur grève de la faim après l’arrestation de leurs dirigeants.

Kushakbaev et Yeleusinov n’ont pas été autorisés à parler avec leur avocat durant les deux jours qui ont suivi leur arrestation. Les employés du ministère des affaires internes ont refusé de communiquer le rapport de police à leur avocat et de lui indiquer leur lieu de détention.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, avait envoyé une lettre au Président du Kazakhstan avant la survenance de ces récentes arrestations, le conjurant de prendre des mesures « pour que la Confédération des syndicats indépendants (KNPRK) puisse être à nouveau enregistrée ainsi que pour protéger le droit des travailleurs d’établir librement des syndicats dans le Kazakhstan ».

IndustriALL soutient et participe à la campagne de la Confédération syndicale internationale (CSI) à LabourStart, et a lancé un appel à l’ensemble de ses affiliés et des militants pour qu’ils participent à cette campagne contre la dissolution forcée de la KNPRK.

Bangladesh : le syndicat signe dans un grand revirement de situation une convention collective avec Donglian Fashion

Ce 14 janvier, une convention collective de deux ans a été signée entre les représentants du syndicat et Donglian Fashion, un fabricant de prêt-à-porter d’Ashulia, le centre névralgique de la production de vêtements de Dacca, au Bangladesh.

L’accord exhaustif comprend des clauses sur les salaires, les vacances, le congé de maternité, une procédure de résolution des conflits, les incendies et la sécurité, des allocations pour les repas et les fêtes de rupture, l’espace dédié aux activités syndicales, entre autres. Les travailleurs et travailleuses ont maintenant droit à une augmentation annuelle de leurs salaires, à des congés de maladie et à des vacances annuelles payées. Aussi, leurs salaires ne seront plus rognés arbitrairement en cas d’arrivée tardive.

Les conventions collectives sont inhabituelles dans le secteur du textile et de la confection au Bangladesh, où récemment des leaders syndicaux ont été arrêtés dans le cadre d’une répression gouvernementale.

L’accord représente un spectaculaire retournement de situation au niveau des relations sociales au sein de l’entreprise, sachant qu’un conflit de travail précédent avait débouché sur la mise à pied de 12 syndicalistes. La Fédération de la confection Sommilito Sramik (SGSF), un affilié d’IndustriALL Global Union, a mobilisé un soutien international et, par le biais d’IndustriALL, elle a été en mesure de collaborer avec notre affilié japonais UA Zensen. Donglian Fashion est propriété d’une maison mère japonaise et UA Zensen a pu soulever les problèmes de l’usine et faire pression sur la direction locale pour qu’elle négocie avec le syndicat.

Ceci a abouti à la réintégration des 12 travailleurs et à la signature d’un protocole d’entente entre l’entreprise et le syndicat en février 2016.

La nouvelle convention collective s’appuie sur cette relation et est importante pour les relations sociales dans le secteur.

La Présidente de la SGSF, Nazma Akter, a déclaré :

“Cette convention est un bon exemple pour le mouvement syndical au Bangladesh et montre ce que l’on peut obtenir grâce à la solidarité internationale. Le soutien d’IndustriALL et d’autres organisations syndicales nous a permis de retourner la situation chez Donglian et de conclure une convention collective forte.

“La direction de Donglian réalise maintenant que le syndicat est une très bonne plateforme pour négocier avec les travailleurs et travailleuses et nous avons une bien meilleure relation.”

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a indiqué :

“Ce sont de fantastiques nouvelles. Il y a deux ans de cela à peine, des syndicalistes de l’usine étaient contraints à la démission. Aujourd’hui, l’entreprise et le syndicat ont signé une convention collective exhaustive et de qualité.

“Donglian Fashion a choisi la bonne voie en collaborant de manière constructive avec le syndicat. Il faut que d’autres producteurs de vêtements du Bangladesh adoptent la même approche.”

Les syndicats mexicains continuent à se battre contre la montée des prix des produits pétroliers

Depuis début janvier, les syndicats, les étudiants ainsi que les organisations et coopératives agricoles ont organisé un peu partout des manifestations contre la décision du gouvernement d’augmenter le prix des produits pétroliers de 20% dans six des trente-et-un États qui composent le pays.

Les manifestants ont bloqué des routes, mis le feu à des stations d’essence, organisé des marches et occupé des locaux d’entreprise. De nouvelles actions sont prévues et un appel à la démission du Président Peña Nieto a été lancé.

Des syndicats démocratiques, dont les affiliés d’IndustriALL Global Union, le Syndicat national des travailleurs du pneumatique (SNTGTM), le Syndicat des travailleurs de l’électricité (SME) et le Syndicat des mines “Los Mineros” (SNTMMSRM) ont pris part aux manifestations.

Les syndicats appellent les travailleurs et le grand public à manifester le 26 janvier à Mexico :

Nous devons former un mouvement national de masse pour renverser cette politique et nous allons commencer par une journée d’action.

Le gouvernement prétend que les augmentations sont dues à la montée des prix au plan mondial et ne sont pas une hausse de la fiscalité. Cette mesure fait partie de la réforme du secteur de l’énergie du gouvernement, qui a introduit la libéralisation des prix et mis fin au monopole de la compagnie pétrolière étatique PEMEX sur les stations services en 2017.

Les compagnies peuvent maintenant fixer leurs propres prix, mais le gouvernement va appliquer le nouveau système de tarification graduellement. On va connaître tous les mois de nouvelles augmentations de tarif jusqu’à ce que tous les subsides aient disparu d’ici à la fin 2017.

La population et les travailleurs du Mexique ne reconnaissent plus le gouvernement d’Enrique Peña Nieto et sont descendus dans les rues pour le vaincre. IndustriALL est totalement sur la même ligne que nos collègues mexicains dans ce combat et appelle tous les syndicalistes mexicains à montrer leur solidarité.

Indique Fernando Lopes, directeur chez IndustriALL.

Pourquoi je me suis rendu à Davos

Ce n’est pas la première fois qu’un secrétaire général d’IndustriALL Global Union participe à la réunion du Forum économique mondial qui se tient chaque année à Davos, en Suisse. C’était néanmoins la première fois pour moi. Mais que fait le représentant de 50 millions de travailleurs de l’industrie aux côtés des élites mondiales dans une station de sports d’hiver alpine ?

En dépit de la croyance du Forum économique mondial dans les initiatives impliquant de multiples partenaires, Davos demeure un rassemblement pour les riches et les puissants. En qualité de syndicats mondiaux, nous venons y jouer les trouble-fêtes. Laissés entre eux, leur vision du monde prendrait une couleur teintée de rose.

Davos est un évènement unique en son genre en ce qu’il attire à la fois des chefs d’Etat, des ministres gouvernementaux, des PDG, des célébrités, des universitaires et des organisations non gouvernementales durant quatre jours intenses. Tout cela sous l’œil vigilant des médias du monde entier.

En participant à cette réunion, les dirigeants des syndicats mondiaux peuvent non seulement se faire une idée de la façon dont les élites pensent, mais ils ont également été en mesure d’influer sur l’ordre du jour. (Et nous ne payons pas des centaines de milliers de dollars pour participer à cette réunion comme les entreprises le font, mais nous y sommes invités.)

Si vous les regardez, l’ensemble des sujets débattus à Davos, que ce soit sur l’inclusion sociale, les incidences de la mondialisation sur les individus et l’avenir du travail, sont déjà tous inscrits aux programmes de travail des syndicats internationaux. Si nous avions tourné le dos à Davos, il n’y aurait eu personne pour défendre la voix des travailleurs.

En ma qualité de Secrétaire général d’IndustriALL, je suis maintenant membre du Conseil mondial sur l’avenir de la production du Forum économique mondial. Cette initiative vise à établir une vision commune sur la façon dont les sociétés peuvent influer sur l’évolution de la production de sorte qu’elle accroisse la prospérité, les possibilités, la durabilité environnementale et le progrès social inclusif et universel. Sont membres du Conseil, les ministres des pays du monde entier, les grandes institutions universitaires et les compagnies multinationales.

En sa qualité de membre, IndustriALL peut contribuer à l’élaboration des politiques qui, à leur tour, peuvent avoir un impact direct sur les politiques industrielles dans les nombreux Etats membres à bord. Nous militerons en faveur de la création d’emploi, de meilleures conditions de travail ainsi que de la formation et de la qualification des travailleurs.

Davos offre la possibilité de se réunir avec les PDG et les dirigeants des institutions mondiales difficiles d’accès. Cette année, la délégation syndicale a rencontré le Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Roberto Azevedo. Nous avons réussi à sensibiliser sur la nécessité d’avoir un modèle équitable en matière de réglementation du commerce international. Sans équité, le protectionnisme – sujet central à Davos – ne fera qu’augmenter. 

Selon une étude de la Confédération syndicale internationale (CSI), les chaînes d’approvisionnement mondiales de 50 compagnies multinationales emploient directement seulement 6 pour cent des travailleurs. Cela signifie qu’elles ont une main d’œuvre cachée de 94 pour cent, correspondant à 116 millions de personnes. Mais bien que ces compagnies, dont les revenus combinés totalisent 3,4 billions de US$, aient le pouvoir de réduire les inégalités, elles s’appuient sur un modèle de production basé sur l’exclusion. 

Simplement se rendre à Davos et discuter de l’atténuation de la pauvreté et de la répartition équitable des richesses ne suffisent pas, surtout quand, selon Oxfam, huit hommes détiennent autant de richesses que la moitié de la population mondiale. L’année dernière, c’étaient 62 milliardaires qui possédaient la moitié de la richesse mondiale. Est-ce que ce sera un seul individu l’année prochaine ?

Les attaques contre les syndicats se poursuivent tandis que le gouvernement turc interdit les grèves

Une grève qui devait avoir lieu à l'aciérie Asil Çelik de Bursa, en Turquie, a été qualifiée de "préjudiciable à la sécurité nationale" et interdite en dernière minute, le 18 janvier.

Aujourd'hui, plus de 2.000 travailleurs de 13 usines du pays qui sont la propriété de ABB, General Electric et Schneider Electric, ont été informés que leur grève était interdite deux heures après son commencement.

Suivant la législation en vigueur, le décret est suivi d'une "période de report" de 60 jours réservée à la négociation et pendant laquelle les parties doivent arriver à un accord. Concrètement, cela veut dire qu'il est impossible de poursuivre une grève au terme de ces 60 jours.

Début 2015, le gouvernement turc a interdit les grèves dans une quarantaine d'entreprises. Le Comité de la liberté syndicale de l'OIT a jugé que la suspension d'une grève en prétextant qu'elle menace la sécurité nationale est une violation du principe de la liberté syndicale.

"Une fois encore, nous condamnons fermement cette violation flagrante du droit fondamental des travailleurs de faire grève que garantit la constitution turque," a déclaré le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, Kemal Özkan.

Pour Kemal Özkan, utiliser l'excuse d'une menace contre la sécurité nationale n'a aucun fondement rationnel ou juridique.

"Au contraire, cela montre que le gouvernement favorise les intérêts du monde des affaires plutôt que de protéger les droits des travailleurs.

"IndustriALL continuera à soutenir son affilié turc Birleşik Metal-İş, et il exhorte le gouvernement turc à retirer son décret et à créer plutôt un cadre propice au libre exercice de la négociation collective."


Le PCSS défend les droits des travailleurs précaires à la cimenterie de Jamul, en Inde

L'invitation à visiter l'usine venait du PCSS, à l'occasion de la réunion des travailleurs du ciment organisée par IndustriALL India à Nagpur. Des représentants d'IndustriALL, dont le directeur des industries des matériaux, Matthias Hartwich, et Apoorva Kaïwar, le Secrétaire régional pour l'Asie du Sud, ont visité la cimenterie ACC Jamul et rencontré la direction locale.

Depuis plus d'une année, un dialogue abouti s'est mis en place dans l'entreprise. Les efforts collectifs d'IndustriALL et du PCSS, une action internationale coordonnée ainsi que le recours à des mécanismes internationaux comme le dépôt d'une plainte à l'OCDE en Suisse, ont permis d'arracher des droits importants pour les travailleurs précaires de ACC Jamul Cement Works.

Au cours de la réunion, les représentants de l'entreprise ont reconnu "la maturité et le caractère constructif de la démarche du PCSS et d'IndustriALL" qui, conjugués à une approche ouverte et moderne de la direction, ont contribué à instaurer des relations professionnelles fructueuses à l'usine de Jamul, qui ont abouti à la signature, en janvier 2016, d'un accord sans précédent qui non seulement assure une protection inégalée aux travailleurs précaires de l'usine de Jamul, mais pourra aussi être appliqué dans toutes les cimenteries d'Inde. La direction de l'entreprise a déclaré qu'il marque un tournant et montre l'exemple à suivre pour les relations de travail futures avec les travailleurs contractuels.

Pendant le rassemblement qui s'est tenu devant l'usine, les militants du PCSS ont remercié IndustriALL pour ses efforts et sa solidarité dans la défense des droits des travailleurs précaires.

Matthias Hartwich a adressé ses "félicitations au PCSS pour le combat qu'il a mené sans relâche jusqu'à la victoire. L'action déterminée du PCSS et le soutien que lui a apporté IndustriALL sont un exemple classique des efforts conjugués de syndicats locaux et internationaux pour obtenir des droits pour les travailleurs. La victoire des travailleurs précaires de Jamul va inspirer les travailleurs de LafargeHolcim du monde entier et contribuera à l'amélioration du dialogue social avec LafargeHolcim partout dans le monde.

Apoorva Kaïwar s'est fait l'écho de ces propos en déclarant que "les travailleurs unis seront toujours gagnants. La victoire du PCSS à l'usine de Jamul est une source d'inspiration pour les travailleurs précaires de la région. IndustriALL va poursuivre ses actions de solidarité pour la défense des droits des travailleurs précaires."

Le secrétaire du PCSS chargé du recrutement, Lakhan Sahu, et sa conseillère juridique, Sudha Bharadwaj, ont souligné le combat courageux des travailleurs qui luttent pour leurs droits et ont déclaré : "Le soutien inébranlable d'IndustriALL, qui a permis de faire pression sur LafargeHolcim à l'échelon international, a énormément contribué à faire revenir la direction à la table de négociation. Nous poursuivrons nos efforts pour entretenir un dialogue social constructif afin de protéger les droits des travailleurs. Le PCSS va aussi se concentrer sur les jeunes travailleurs afin d'améliorer leurs conditions de travail, dès maintenant et pour demain."

Le travail précaire et la sécurité, principales inquiétudes des syndicats de LafargeHolcim en Inde

Durant l’atelier de deux jours organisé à Nagpur, les syndicats ont partagé leurs expériences et examiné les stratégies pour renforcer le pouvoir syndical, défendre les droits des travailleurs et améliorer le dialogue social. 

Les affiliés à IndustriALL en Inde se sont déclarés fortement préoccupés par le recours croissant aux travailleurs contractuels dans les activités de production des usines LafargeHolcim, en raison de la précarité des conditions dans lesquelles ils travaillent et des salaires de misère qu’ils reçoivent, souvent inférieurs d’un tiers à ceux des travailleurs permanents. C’est pourquoi ils ont décidé de travailler plus intensément sur les questions de l’amélioration des conditions de travail, des salaires et de la sécurité sociale de l’ensemble des travailleurs du secteur du ciment au Bangladesh.  

Les syndicalistes ont exprimé leurs vives préoccupations en matière de santé et de sécurité. Ils ont attiré l’attention sur l’augmentation inquiétante du nombre d’accidents mortels dans les usines LafargeHolcim. Bien que la majorité des victimes soient des travailleurs contractuels, des travailleurs permanents ont également perdu la vie. L’Inde occupe malheureusement la première place dans ces statistiques regrettables.

Les syndicats ont également discuté ouvertement avec Feliciano Gonzalez, Chef des relations du travail et des politiques sociales de LafargeHolcim, lors d’une téléconférence organisée au cours de la réunion. Ils lui ont demandé de veiller à ce que LafargeHolcim intensifie immédiatement ses efforts pour améliorer la santé et la sécurité des travailleurs, y compris ceux en sous-traitance, dans toutes les usines de ciment opérant en Inde et ce, en consultation avec les syndicats. En outre, ils ont appelé de nouveau la compagnie à s’engager véritablement à répondre aux préoccupations des travailleurs conformément à la Déclaration de Hyères établie durant la conférence syndicale mondiale LafargeHolcim en octobre 2016.

Au cours de la réunion qui s’est tenue à Nagpur, les syndicats ont également examiné les réussites du plan de travail adopté à Delhi en février 2016 et les défis posés par celui-ci, et élaboré un plan d’organisation des travailleurs pour l’avenir. 

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL en charge des industries des matériaux, a déclaré:

Il est encourageant de voir les affiliés de l’industrie du ciment coopérer de plus en plus entre eux pour renforcer les droits des travailleurs à LafargeHolcim. La décision d’adopter un plan de travail concret, comprenant notamment des responsabilités et des tâches spécifiques pour réduire le travail précaire ainsi qu’accroître l’organisation des travailleurs et le recrutement, témoigne de la maturité croissante du travail stratégique que nous accomplissons.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a indiqué:

Les affiliés à IndustriALL dans le secteur du ciment en Inde se sont engagés à organiser davantage de travailleurs, en particulier des travailleurs précaires. Cet engagement aidera à construire une force syndicale dans le secteur du ciment, notamment à LafargeHolcim, et contribuera fortement à augmenter l’influence d’IndustriALL dans ce secteur dans la région.

Bangladesh: Libérez immédiatement les responsables syndicaux arrêtés !

Dans un inquiétant retour en arrière pour les droits des travailleurs et la démocratie dans le pays, au moins 11 responsables syndicaux et travailleurs militants ont été arrêtés. Dans le même temps, les forces de sécurité ont fait des descentes aux domiciles des responsables syndicaux et des bénévoles, dont beaucoup sont partis se cacher par crainte pour leur sécurité.

Les locaux des syndicats situés dans le district d’Ashulia, le centre de l’industrie de fabrication de vêtements de la capitale du Bangladesh, Dacca, ont été envahis, vandalisés et fermés de force ; les documents d’adhésion, brûlés, et le mobilier, retiré. 

Plus de 1 600 travailleurs ont été licenciés et la police a engagé des poursuites contre 600 travailleurs et responsables syndicaux après que les travailleurs du textile aient revendiqué une hausse de salaire en décembre dernier.

IndustriALL et UNI se sont associés avec LabourStart pour publier une pétition en ligne demandant instamment au gouvernement du Bangladesh de libérer tous les responsables syndicaux et les militants détenus, et de mettre fin à la répression que subissent les travailleurs du textile.  

En dépit de celle-ci, la Première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a rejoint l’élite mondiale réunie cette semaine à Davos, où elle a fait part aux chefs d’entreprise et à la communauté internationale de l’existence de relations du travail harmonieuses au sein de l’industrie du prêt-à-porter au Bangladesh, ajoutant que son pays était « fermement résolu à mettre le secteur de la confection en conformité ».

Ce dernier, qui représente 83 pour cent des exportations et constitue le deuxième plus grand producteur de textile et de vêtements, employant 4,5 millions de travailleurs, dont 80 pour cent de femmes, joue un rôle économique crucial au Bangladesh.

Après l’effondrement, en 2013, de l’usine Rana Plaza, ayant causé la mort de plus de 1 100 travailleurs du textile, IndustriALL et UNI ont été à l’avant-garde de l’amélioration de droits et de la sécurité des travailleurs dans le secteur de la confection au Bangladesh, jouant un rôle moteur dans la conclusion de l’Accord juridiquement contraignant du Bangladesh, établi pour inspecter 1 600 usines de confection en matière de risques liés aux incendies et à la sécurité, et signé par plus de 200 marques mondiales. Plus de 74 pour cent des problèmes de sécurité recensés au sein de ces usines ont été déclarés réglés ou vérifiés comme tels.

Les Fédérations syndicales internationales soutiennent la réintégration de la dirigeante syndicale hongroise

 

Edit Juhaszné Kovács a été renvoyée par la direction de l’usine Richard Fritz située à Aszód, le vendredi 13 janvier. Elle était la secrétaire du Syndicat AMASZ chez Richard Fritz ainsi que présidente du Conseil des Travailleurs et membre du Comité de Santé et de Sécurité de l’entreprise.

Le syndicat AMASZ, qui est affilié à IndustriALL par le biais de la Fédération des Travailleurs de la Chimie de Hongrie (VDSZ), compte 252 adhérents sur un total d’environ 400 salariés de l’usine.

Le groupe Richard Fritz, qui produit du vitrage automobile en Allemagne, Slovaquie et Hongrie est une filiale à 100% de l’entreprise turque Şişecam.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit au PDG de Şişecam, Ahmet Kirman, en indiquant :

“Ce licenciement constitue une violation grave du Code hongrois du travail, des conventions internationales du travail, dont la Convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la Convention 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du travail (OIT), ainsi que du Code de conduite de Şişecam.

“Il est impératif que Şişecam intervienne pour s’assurer qu’Edit Juhaszné Kovács reprenne le travail immédiatement, sans préjudice pour ses conditions de travail et les droits fondamentaux des travailleurs.”

Sharan Burrow, Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, a également envoyé un courrier de protestation à Şişecam.

La VDSZ prévoit d’organiser une manifestation devant l’usine d’Aszód le mardi 24 janvier.