Le syndicat des machinistes face à un vote crucial chez Boeing dans le Sud des États-Unis

L’affilié d’IndustriALL Global Union, l’Association des Machinistes et Travailleurs de l’Aérospatiale (IAM) se dirige vers un scrutin crucial à Charleston, en Caroline du Sud. Ce 15 février, près de 3.000 travailleurs et travailleuses de Boeing doivent se prononcer sur la reconnaissance du syndicat.

Ce vote est considéré comme étant un test pour la capacité du mouvement syndical à recruter sous l’ère Trump. Un vote favorable constituerait un désaveu des politiques anti-syndicales de Trump et une victoire contre son racisme vecteur de divisions. Environ un tiers des travailleurs de cette usine sont afro-américains.

Il est de notoriété publique qu’il est difficile de recruter syndicalement dans le Sud des États-Unis. Les salaires et la densité syndicale y sont bas, la couverture par convention collective est maigre et les politiciens sont souvent des opposants déclarés aux syndicats.

La Caroline du Sud est un État qui consacre le “Droit au Travail”, à savoir qu’il a adopté une législation qui permet aux non-syndiqués de bénéficier des conventions négociées par les syndicats sans leur avoir apporté leur contribution. Cet État possède le taux de syndicalisation le plus bas des États-Unis.

L’IAM et d’autres syndicats américains expliquent que la motivation cachée du Droit au Travail est de détruire les syndicats et de “transférer davantage encore d’argent et de pouvoir vers les élites du monde des entreprises”. Le Président américain Donald Trump a indiqué qu’il a l’intention d’étendre le Droit au Travail au niveau fédéral, ce qui est considéré par beaucoup comme une attaque fondamentale envers les syndicats.

De nombreuses entreprises ont déplacé leur production vers les États du Sud ces dernières années, pour tirer parti des bas salaires et de la faiblesse syndicale. Après avoir fermé une usine dans l’État de Washington, Boeing a ouvert l’usine de Caroline du Sud en 2011. Depuis lors, elle a produit plus de 100 avions du type 787 Dreamliner.
 
L’IAM représente environ 35.000 travailleurs et travailleuses de Boeing, principalement dans l’État de Washington. En 2015, le syndicat a renoncé à un scrutin pour sa reconnaissance au sein de l’usine de Charleston à la suite d’ingérences politiques et d’une énorme campagne de désinformation de la part de l’entreprise.

Le directeur d’IndustriALL pour l’aérospatiale, Brian Kohler, indique :

“L’élection de Donald Trump constitue partout un défi et une menace pour le monde du travail. Une victoire en Caroline du Sud serait un signal puissant que nous pouvons riposter.

“IndustriALL fait part de sa solidarité internationale et exhorte les travailleurs et travailleuses de Boeing à voter OUI pour le syndicat.”

IndustriALL lance le réseau des jeunes de la région MENA

Parmi les résultats clés auxquels ont abouti les participants des affiliés à IndustriALL au Bahreïn, en Egypte, en Jordanie, au Kuwait, au Liban, en Mauritanie, au Maroc, en Palestine, en Tunisie et en Turquie figurent la création du réseau d’IndustriALL des jeunes de la région MENA et la décision de faire campagne aux niveaux nationaux pour syndiquer davantage de jeunes.  

De nombreux participants travaillent dans des entreprises multinationales et des chaînes d’approvisionnement des marques. La conférence a été le lieu de discussions actives et fructueuses, qui ont mis en exergue les problèmes confrontés par les syndicats pour organiser les jeunes dans la région, en raison notamment de l’absence de débouchés, touchant plus particulièrement les jeunes.

Selon les participants, un des principaux défis pour les syndicats est d’attirer les jeunes travailleurs à rejoindre le mouvement syndical. C’est pourquoi les syndicats devraient étudier les moyens d’accroître la confiance des jeunes et leur intégration dans les structures syndicales.

Par ailleurs, les jeunes ont très peur de perdre leur emploi face au manque d’emplois et à la volatilité du marché du travail. Leur principale priorité est de trouver un emploi et non celle d’adhérer à un syndicat pour éviter tout éventuel problème lors du recrutement.
 
Les participants ont également indiqué que les jeunes ignorent l’ensemble de leurs droits. Tous ont reconnu la nécessité de les sensibiliser aux droits syndicaux fondamentaux comme une des solutions possibles à l’arrêt de leur crainte de se syndicaliser.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré: 

« Les discussions approfondies qui ont eu lieu ont mis en évidence les défis considérables auxquels doit s’attaquer le travail de la jeunesse syndicale dans une région vivante et dynamique. Néanmoins, elles ont également montré le fort potentiel des futurs dirigeants syndicaux et permis d’évoquer les stratégies que les affiliés à IndustriALL et à MENA pourraient mettre en œuvre pour organiser la jeune main-d’œuvre ». 

Bangladesh : libérez les travailleurs et syndicalistes emprisonnés

La plupart de ces travailleurs, travailleuses et syndicalistes ont été emprisonnés pour leur participation à une grève fin 2016. Le gouvernement du Bangladesh a saisi l’occasion de cette grève pour opérer une vaste répression du monde du travail, arrêtant d’autres syndicalistes qui n’étaient pas impliqués dans la grève. De nombreux leaders syndicaux sont entrés dans la clandestinité de crainte d’être arrêtés et les locaux syndicaux ont été fermés.

“Les événements de décembre et le climat actuel d’oppression envers les syndicats constitue un inquiétant pas en arrière pour le Bangladesh. Nous devons réagir pour défendre les travailleurs emprisonnés et les droits syndicaux fondamentaux au Bangladesh, affirme le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches. “Je vous exhorte à vous déclarer aux côtés des syndicalistes bangladais emprisonnés. Chaque jour compte, donc agissez maintenant.”

IndustriALL coordonne une campagne avec UNI et la CSI pour exiger leur libération immédiate ainsi que la fin de la répression envers les syndicats.

Vous pouvez y participer de multiples façons :

Contexte

Le gouvernement du Bangladesh et les propriétaires d’usines de confection utilisent le prétexte de la grève sur les salaires pour tenter de briser le mouvement ouvrier.

Les salaires au sein de l’industrie de la confection au Bangladesh sont parmi les plus bas du monde. Il est inacceptable que la revendication d’une hausse du salaire minimum se voit opposer des détentions arbitraires, la suspension de la production dans 59 usines, le licenciement de plus de 1.600 travailleurs et travailleuses et des poursuites policières contre 600 travailleurs, travailleuses et leaders syndicaux.

Les travailleurs et travailleuses de la confection au Bangladesh ont le droit explicite de se syndiquer et doivent être payés un salaire vital qui leur permette de survivre.

Près de quatre années se sont écoulées depuis l’effondrement du bâtiment Rana Plaza. Des progrès considérables ont été accomplis dans les domaines de la protection contre les incendies et de la sécurité des bâtiments, en premier lieu par le biais de l’Accord, mais le gouvernement du Bangladesh a fait, et c’est tragique, bien peu pour garantir le respect de l’état de droit, en particulier de la législation du travail et des normes internationales du travail.

Les travailleurs de la chimie dispersés violemment par les autorités en Géorgie

Le Syndicat des travailleurs de la métallurgie, la mine et la chimie de Géorgie (TUMMCIWG), affilié à IndustriALL Global Union, a organisé le 2 février une action de soutien à 350 licenciés illégalement. Par solidarité avec les demandes de réintégration des travailleurs, des leaders de pratiquement tous les syndicats de branche, des membres d'autres syndicats, des étudiants et des ONG s'étaient joints à la manifestation.

Frustrés de l'absence de réaction de Rustavi Azot à leurs protestations contre ces licenciements abusifs depuis près d'une semaine, les travailleurs avaient décidé de pénétrer dans le bâtiment de la direction pour obtenir des éclaircissements du directeur quant à l'issue du conflit. Les vigiles ont eu recours à la force pour tenter de leur bloquer l'accès à l'immeuble. Peu après, des policiers arrivés en grand nombre l'ont encerclé et c'est à ce moment que la violence a éclaté. Des témoins oculaires ont déclaré que les policiers ont passé à tabac des participants, indifféremment de leur âge et de leur sexe.

Certains manifestants ont eu des côtes fracturées et d'autres ont subi des lésions corporelles. La police a aussi malmené des journalistes qui commentaient les faits en direct. Tout cela alors que les travailleurs et les sympathisants avaient commencé à évacuer les lieux.

Plus tard dans la journée, une réunion de quatre heures à l'initiative du ministre du Travail a rassemblé des représentants des travailleurs licenciés, parmi lesquels Irakli Petriashvili, le Président de la Confédération des syndicats de Géorgie. Commentant les résultats de la direction, il a déclaré que la direction refusait d'accéder aux revendications des travailleurs et que, par conséquent, les actions de protestation allaient se poursuivre.

En janvier 2017, la nouvelle direction de cette usine chimique de Géorgie, premier producteur d'engrais du Caucase, a entamé un processus de licenciements massifs.

Le 30 janvier, la production a cessé en raison du prix élevé du gaz naturel. D'après les informations fournies par le TUMMCIWG, ces licenciements sont contraires à la loi et ils auraient pu être deux fois plus nombreux sans ces actions de protestation. À la suite des manifestations, la direction n'a plus procédé à des licenciements et a annoncé des indemnités de licenciement égales à trois mois de salaire de 500 Lari (185 $) à tous ceux qui ont été licenciés. Cette offre n'a été faite qu'après la rencontre du TUMMCIWG avec des représentants des autorités municipales, le ministre du Travail et le Président de la Commission parlementaire des droits de l'homme.

Parallèlement à ces licenciements, Rustavi Azot enfreint la loi en obligeant ceux qui ont conservé leur emploi à signer de nouveaux contrats qui réduisent fortement leurs conditions de travail. Ceux qui refusent de signer sont menacés de renvoi.

Pour le Président du TUMMCIWG, Tamaz Dolaberidze :

"La direction convoque les travailleurs et insiste pour qu'ils signent sur-le-champ un nouveau contrat de travail, un document de cinq pages en petits caractères. Sa simple lecture prendrait plusieurs heures. Pouvoir le comprendre et obtenir l'avis d'un juriste demanderait probablement plusieurs jours. La direction ne laisse pas cette possibilité aux travailleurs."

D'après Tamaz Dolaberidze, le nouveau contrat de travail dégrade radicalement la situation dans l'emploi des travailleurs par rapport à son prédécesseur. À titre d'exemple, il n'a qu'une durée d'un an alors que le précédent avait une durée indéterminée. Les travailleurs se voient aussi imposer de nouvelles obligations sans rapport avec leur travail et s'exposent à des amendes s'ils ne s'y conforment pas.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, avait  déploré les violences contre les travailleurs dans une lettre adressé au Président géorgien avant la manifestation du 2 février. Il écrivait :

"Il est impératif que le gouvernement géorgien intervienne immédiatement pour assurer la réintégration immédiate des 350 travailleurs qui ont été licenciés illégalement, exige l'abrogation de tous les contrats signés sous la contrainte, impose que les nouveaux contrats soient signés en présence d'un délégué syndical, exige que Rustavi Azot se conforme à la convention collective conclue auparavant, et garantisse l'efficacité et l'équité du processus de médiation organisé sous les auspices du ministère du Travail et qui est malheureusement dans l'impasse."

Vidéo amateur des violences contre les manifestants

IndustriALL et Solvay renouvellent leur accord-cadre mondial pour cinq ans

Les signataires continueront à effectuer deux missions conjointes par an afin d’évaluer les politiques de sécurité de Solvay ainsi que la mise en œuvre de l'accord dans un pays et un site qui seront choisis en accord avec IndustriALL. Le Solvay Global Forum, composé de huit représentants syndicaux issus des principaux pays où Solvay est présent, veillera désormais à la bonne mise en œuvre de cet accord.

Valter Sanches, Secrétaire Général de IndustriALL ajoute que :

Cet accord est une référence en termes de dialogue social dans l'industrie chimique. Nous avons établi, au cours des 12 dernières années, une culture forte et des relations de travail constructives dans le monde entier. Le renouvellement offre un Forum Mondial qui sera une plate-forme importante de dialogue entre les syndicats et les représentants du personnel d'un côté et la direction de l'autre.

Par cet accord, Solvay réaffirme son respect des normes sociales de l'Organisation Internationale du Travail et des principes du Global Compact des Nations unies. Cela inclut désormais son engagement à respecter les directives de l’OCDE concernant les entreprises multinationales. Solvay attend de ses fournisseurs et sous-traitants qu’ils respectent les mêmes règles.

L’accord a été mis à jour pour intégrer de nouveaux projets à vocation sociale tels que la protection de la santé mentale au travail et les actions sociales qui renforcent l’engagement de Solvay en faveur de la santé et de la sécurité au travail, contre les discriminations, pour la diversité comme pour la protection de l’environnement.

Pour Solvay, ce renouvellement de cinq ans témoigne de la relation de confiance que nous avons réussi à établir avec IndustriALL depuis plus d’une décennie. Nous sommes en faveur d'un dialogue ouvert et constructif avec nos collaborateurs et leurs représentants. Ce dialogue fait partie de nos engagements en matière de développement durable et contribue à notre performance,

déclare Jean-Pierre Clamadieu, CEO de Solvay.

Valter Sanches et Jean-Pierre Clamadieu ont signé la reconduction de leur accord initial de cinq ans au siège social de Solvay. Étaient également présents, Kemal Özkan, Secrétaire Général Adjoint de IndustriALL, Albert Kruft, coordinateur du Forum Mondial Solvay, ainsi que Caroll Landry, International VP de United Steelworkers.

Les Fédérations syndicales internationales et LafargeHolcim vont élaborer un Accord-cadre mondial

“Nous croyons fermement que se sont les gens qui sont au cœur du succès de l’entreprise et notre ambition et de créer un environnement professionnel qui soit sûr, diversifié, ouvert à tous et respectueux où l’on a plaisir à venir travailler. Nous voulons nous appuyer sur notre bilan marqué par un dialogue social constructif et responsable avec les fédérations syndicales internationales pour l’élaboration d’un Accord-cadre mondial”

a indiqué Caroline Luscombe, Directrice Organisation et Ressources Humaines chez LafargeHolcim.

“Nous attendons de LafargeHolcim l’assurance du respect et de la promotion des réglementations internationales du travail dans toutes les zones géographiques où opère l’entreprise”,

a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

“Nous saluons les résultats de la rencontre et nous sommes disposés à consacrer notre énergie à élaborer un accord solide pour le bien-être des travailleurs et travailleuses de l’entreprise”,

a déclaré Ambet Yuson, Secrétaire général de l’IBB.

La réunion s’est conclue par l’accord de toutes les parties quant à leur intention mutuelle de rédiger un Accord-cadre mondial qui donne la priorité à quatre piliers : les droits fondamentaux, la santé et la sécurité, l’échange d’informations et la résolution des conflits ainsi que la gestion de la sous-traitance. Des discussions détaillées entre LafargeHolcim, l’IBB et IndustriALL sur cet accord devraient démarrer en temps opportun avec la signature d’un protocole attendue en 2017.

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Contacts pour la presse :

Matthias Hartwich, IndustriALL Global Union, tél : +41 79 945 57 26
Fiona Murie, IBB, tél : +41 79 446 12 90

IndustriALL Global Union représente 50 millions de travailleurs et travailleuses des secteurs miniers, de l’énergie et de la manufacture dans 143 pays et constitue une force dans la solidarité mondiale qui perpétue le combat pour de meilleures conditions de travail et pour les droits syndicaux dans le monde entier. Pour plus d’information : http://www.industriall-union.org/

L’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) est la fédération syndicale internationale qui regroupe les syndicats représentant les travailleurs et travailleuses du bâtiment, des matériaux de construction, du bois, de la sylviculture et des secteurs connexes. L’IBB comprend 335 syndicats dans 131 pays représentant au plan mondial 12 millions de membres. Pour plus d’information : http://www.bwint.org/

La répression au Bangladesh met en question l'accord commercial préférentiel avec l'UE

Il y a près de quatre ans, en avril 2013, le monde entier a assisté avec horreur à l'effondrement de l'immeuble du Rana Plaza, dans lequel plus de 1.100 travailleurs de la confection ont perdu la vie et beaucoup d'autres ont été blessés.

Cette tragédie aurait dû marquer un tournant pour l'industrie de la confection au Bangladesh, mais force est de constater que le gouvernement a fait très peu pour faire respecter la légalité, et notamment la législation nationale du travail et les normes internationales du travail.

L'industrie du prêt-à-porter représente plus de 80% des exportations du Bangladesh. Le salaire minimum de 67 $ par mois n'a pas été augmenté depuis 2013 et les salaires payés dans cette industrie sont parmi les plus bas au monde. Par contre, les coûts du logement, des produits de première nécessité et des soins médicaux grimpent en flèche.

Et voilà maintenant que le Bangladesh fait dangereusement marche arrière. Alors qu'en décembre, les travailleurs se mettaient en grève pour réclamer de meilleurs salaires, onze dirigeants syndicaux et défenseurs des droits des travailleurs au moins ont été incarcérés en application de la Loi de pouvoirs spéciaux de 1974, une législation d'urgence pour les cas de guerre qui autorise les détentions sans chef d'inculpation jusqu'à six mois.

Les employeurs ont répliqué à la grève en fermant 59 usines et en déposant plainte contre des centaines de travailleurs. Jusqu'à 1.500 travailleurs ont été licenciés, dont beaucoup ont été inscrits sur des listes noires et ne retrouveront jamais de travail dans l'industrie.

S'exprimant à Davos au mois de janvier, le Premier ministre Sheikh Hasina s'est efforcée d'assurer au monde entier que le Bangladesh est "déterminé à remplir ses obligations s'agissant de l'industrie du prêt-à-porter".

Dans le même temps, son gouvernement ainsi que les puissants propriétaires d'ateliers de confection du pays se servent de la grève sur les salaires comme prétexte pour réprimer plus durement encore le mouvement syndical.

Les travailleurs ont énormément de mal à exercer leurs droits fondamentaux au travail au Bangladesh. Pour beaucoup de travailleurs de l'habillement, il est pratiquement impossible de se syndiquer ou de créer un syndicat sans subir de représailles. Le service de l'enregistrement des syndicats rejette de manière arbitraire les demandes émanant des fédérations syndicales les plus actives et indépendantes et un climat de violence antisyndicale pèse lourdement sur le pays, assorti d'une totale impunité pour les auteurs de tels actes.

Le Pacte sur la durabilité conclu entre le Bangladesh et l'Union européenne dans le but d'améliorer les droits au travail dans l'industrie du vêtement est virtuellement défunt. Il est clair que le gouvernement n'a nullement l'intention d'en respecter les termes et enfreint la clause sur le travail de l'initiative "Tout sauf les armes" du SPG de l'Union européenne.

Or, en dépit des manquements flagrants du Bangladesh à respecter ses obligations internationales, la Commission européenne ne fait pas suffisamment pour demander des comptes à son gouvernement. Il faudra davantage qu'un dialogue.

L'Union européenne doit diligenter immédiatement une enquête dans le cadre du SPG. Seul le risque d'une perte d'accès au marché montrera au gouvernement du Bangladesh que l'Europe ne prend pas les droits des travailleurs à la légère.

Les travailleurs de l'habillement du Bangladesh ont incontestablement le droit de s'organiser. Tant que le gouvernement réprimera les syndicats et ne pourra garantir un climat qui permette aux travailleurs de se syndiquer librement et de réclamer de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail, il ne devrait pas pouvoir bénéficier des privilèges commerciaux réservés aux pays qui respectent scrupuleusement les droits fondamentaux au travail. 

Un dirigeant syndical algérien condamné à une peine de prison pour avoir révélé la corruption

Mellal Raouf, Président du syndicat des travailleurs de l’électricité et du gaz SNATEGS, affilié à IndustriALL, a été condamné par contumace à six mois de prison pour le vol de documents prétendument confidentiels, puisqu’ils sont tombés dans le domaine public et publiés sur Internet. Ces documents dévoilent une surfacturation de l’énergie illégalement effectuée par Sonelgaz durant une décennie.  

Cette surfacturation était appliquée uniquement aux petits consommateurs d’électricité en Algérie, à savoir les foyers et les pauvres. Les consommateurs haute tension, tels que les entreprises et l’industrie, ne sont pas concernés par le scandale.

Au lieu de punir les responsables de la corruption, Sonelgaz, dont l’Etat détient le monopole, a contre-attaqué en engageant des poursuites contre Raouf devant le Tribunal de Guelma, situé dans le nord-est de l’Algérie.

Raouf, qui n’est pas encore incarcéré, peut faire appel du verdict rendu le 15 décembre 2016. Syndicaliste passionné, il est parvenu à implanter SNATEGS dans 27 régions à travers le pays. Ce n’est pas la première fois qu’il est incriminé par les autorités ; en mars 2013, il a perdu son travail pour ses activités syndicales.

Suite à son licenciement, le même Tribunal de Guelma l’a condamné ainsi que son collègue et dirigeant syndical à payer une amende de 50 000 Dinar algérien (soit 455 US$), tous deux sur des allégations d’interruption de travail. Raouf a été également cité à comparaître devant un autre tribunal, à Biskra, par les services enquêtant sur la cybercriminalité et cherchant à atteindre les travailleurs sur Facebook.

La direction de Sonelgaz continue de faire pression sur les collègues de Raouf et les dirigeants de SNATEGS, les menaçant de renvoi s’ils ne mettent pas fin à leurs activités syndicales.  

Dans une lettre adressée au Ministre du travail algérien, Mohamed El Ghazi, IndustriALL condamne la peine prononcée contre Mellal Raouf avec la plus grande fermeté et exhorte le gouvernement a abandonné immédiatement l’ensemble des charges retenues contre lui.

Sonelgaz est le seul fournisseur d’électricité et de gaz en Algérie, employant plus de 86 000 travailleurs. Selon SNATEGS, la compagnie fait front aux syndicats indépendants d’une main de fer.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Le gouvernement devrait applaudir Mellal Raouf pour avoir révélé des années de corruption chez Sonelgaz plutôt que de le persécuter. Ce verdict est parfaitement injuste et ouvre la voie à la corruption. Nous demandons instamment au gouvernement de prendre des mesures pour que Sonelgaz abandonne les poursuites contre Raouf afin que la justice triomphe ».

Signez la pétition pour soutenir Melllal Raouf lancée par la Confédération syndicale internationale (CSI). 

Hongrie: des travailleurs mettent leurs emplois en péril pour défendre une dirigeante syndicale licenciée

IndustriALL Global Union a manifesté, le matin du 24 janvier, aux côtés de quelque 200 travailleurs et représentants syndicaux hongrois.

Kovács, Secrétaire du syndicat AMASZ chez Richard Fritz, a été licenciée le 13 janvier. Elle était également présidente du comité d’entreprise et membre du Comité de santé et de sécurité de l’entreprise. AMASZ est affilié à IndustriALL via la Fédération des travailleurs de la chimie de Hongrie (VDSZ).

Des nombreuses sections de cette Fédération ont participé à la manifestation, aux côtés d’autres syndicats nationaux, par solidarité devant la pression croissante subie par les syndicats.

Tamás Székely, président de la VDSZ, a indiqué:

Au cours de ces derniers mois, plusieurs syndicalistes ont été licenciés en Hongrie. Nous devons résister et envoyer le message selon lequel ces licenciements sont inacceptables. Nous ne laisserons pas nos représentants – qui luttent chaque jour – se faire humilier et sanctionner alors qu’ils négocient au nom des membres syndicaux.

Edit Kovács, qui était présente à la manifestation, a déclaré:

Nous demandons seulement à être traités avec respect et que l’employeur négocie avec le syndicat en toute bonne foi.

Le groupe Richard Fritz, qui fabrique des vitres pour véhicules en Allemagne, en Slovaquie et en Hongrie, est une filiale entièrement détenue par la compagnie turque Şişecam.

S’exprimant au nom d’IndustriALL durant le rassemblement, Tom Grinter, a déclaré:

Les compagnies multinationales telles que Şişecam, propriétaire de Richard Fritz, pensent être au-dessus des lois. Par ailleurs, de nombreux gouvernements prennent le parti des employeurs, fermant les yeux sur les pratiques abusives. Nous ne resterons pas inactifs. Le message qu’IndustriALL souhaite faire passer ici, à Aszód, au PDG de Şişecam et à la direction de Richard Fritz, est de rendre dès aujourd’hui son emploi à Edit.

IndustriALL a écrit à Şişecam pour lui demander de réintégrer Kovács et de veiller à ce que les droits des travailleurs fondamentaux soient respectés chez Richard Fritz. 

Les métallurgistes remportent une victoire en Turquie

Quelque 2 200 travailleurs de trois compagnies et de 13 usines à travers la Turquie se sont mis en grève vendredi 20 janvier, après que les négociations collectives du syndicat aient échoué avec les principales multinationales opérant dans le secteur de l’équipement électrique, à savoir Schneider, General Electric et ABB.

Bien que le gouvernement turc ait très vite édicté un décret pour reporter et interdire de facto la grève, les métallurgistes n’ont pas stoppé leur action.

Une étape décisive a été franchie le 23 janvier entre les représentants syndicaux et la direction dans la capitale du pays, Ankara, après que le Ministère du travail ait offert ses bons offices lors des pourparlers. Les compagnies ont finalement augmenté leur offre et conclu un accord qui permettra d’accroître les salaires des travailleurs, les prestations sociales et la rémunération des heures supplémentaires, en plus d’autres avantages.

Özkan Atar, Secrétaire général de Birleşik Metal İş, a déclaré:

« Depuis de nombreuses années, les travailleurs en Turquie ne sont pas en mesure d’exercer leur droit de grève, le gouvernement interdisant la presque totalité des grèves sous prétexte de constituer une menace à la sécurité nationale ou à la santé publique. En refusant de se soumettre à l’interdiction, les métallurgistes, menacés de licenciement pour grève illégale par ces grandes compagnies du secteur de l’équipement électrique, ont pris un énorme risque. Mais nos membres n’ont pas cédé aux menaces. Au contraire, ils ont établi une nouvelle voie pour les travailleurs. Ils ont reconquis le droit de grève pour la classe ouvrière toute entière en Turquie ».

En exprimant ses félicitations à Birleşik Metal İş et à ses membres, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a indiqué:

« Vous avez montré qu’il est possible de gagner en vous mobilisant et en ne cédant pas face aux menaces et à l’intimidation. Ceci est un exemple important pour nous tous. Les compagnies multinationales doivent respecter le droit international en matière de liberté syndicale et les droits des travailleurs où qu’elles exercent leurs activités, et non pas seulement lorsqu’elles sont obligées de le faire ».

L’accord, qui a été signé entre Birleşik Metal İş et EMIS (Association des employeurs de l’électromécanique), inclut:

Tous les travailleurs d’ABB bénéficieront d’une assurance maladie privée.

Métallurgistes turcs en grève à l’extérieur de General Electric, le 20 janvier.

Membres de Birleşik Metal İş protestant bruyamment à l’extérieur de la compagnie Schneider Electric en Turquie avant que l’accord ait été trouvé.