Côte d’Ivoire : Grève des travailleurs du secteur pétrolier public

Les travailleurs, qui sont membres de l’affilié à IndustriALL Global Union, SYNTEPCI, ont observé une grève de trois jours – du 13 au 15 février – dont ils ont voté l’arrêt à la seule condition que leurs revendications soient examinées sans délai.

Suite à la décision prise par les membres du syndicat de stopper la grève, le Secrétaire général de SYNTEPCI, Jeremie Wondje, s’est entretenu avec le Ministre ivoirien de l’énergie, Thierry Tonah, qui lui a demandé un délai pour personnellement traiter ces questions.

SYNTEPCI représente 450 des 565 (estimation) employés de Petroci. Depuis décembre 2016, le syndicat a tenu plusieurs réunions de conciliation avec les inspecteurs du travail après que le PDG, Ibrahima Diaby, ait informé les travailleurs de sa décision de supprimer leurs prestations: aide au logement, assurance maladie et paiements de la retraite complémentaire.

Les grévistes ont indiqué que l’entreprise était mal administrée depuis que Diaby y avait été nommé en tant que PDG en 2015. Ils l’ont notamment accusé de l’exploiter par des voyages en jets privés, des frais de missions non plafonnés, l’achat d’une voiture de luxe BMW d’un montant de 126 000 US$ et le versement de son salaire à hauteur de 2,2 millions de US$ en 2016.

Petroci a supprimé 48 postes en 2016 prétextant du faible niveau des prix pétroliers.

La grève à Petroci aurait fait perdre à l’Etat plus de 4 millions de US$ par jour en recettes pétrolières. Le pays est en plein bouleversement, notamment depuis l’observation par les fonctionnaires d’une grève de trois semaines en début d’année afin d’obtenir de meilleurs prestations sociales.

En outre, les travailleurs de la compagnie d’exploration pétrolière et gazière Canadian National Resources (CNR), opérant au large de la Côte d’Ivoire, ont arrêté, hier, la grève qu’ils avaient entamée le 8 février. Ils accusent CNR de violer le Code du travail ivoirien en recrutant, par le biais d’agences, des travailleurs contractuels pour de longues durées, parfois plus d’une décennie, sans jamais leur offrir un emploi permanent.

La Directrice d’IndustriALL pour le secteur énergétique, Diana Junquera Curiel, a déclaré: « SYNTEPCI s’est déjà opposé à Petroci avec succès, montrant que l’entreprise n’est pas au-dessus des lois. Les travailleurs ont droit à leurs prestations et Petroci ne peut pas et ne devrait pas les leur supprimer ».

Les affiliés thaïlandais traitent avec le ministère du Travail de la plainte instruite devant l’OIT

Les affiliés à IndustriALL ont utilisé la réunion du 10 février pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il règle les cas de violations des droits du travail en cours. Les syndicats thaïlandais ont également évoqué le conflit du travail relatif au syndicat nouvellement enregistré chez un fournisseur de pièces détachées pour automobiles dans la province de Prachinburi. En effet, Y-Tec (Thaïlande) a récemment licencié les représentants des travailleurs dans les négociations ainsi que les membres fondateurs du syndicat Prachinburi Automobile Part Workers Union (enregistré en janvier 2017).

IndustriALL, qui a sept syndicats affiliés en Thaïlande, a déposé une plainte auprès de l’OIT en octobre 2015, en mettant en avant l’incapacité du gouvernement à protéger les travailleurs contre la discrimination antisyndicale et la législation du travail injuste.

La législation du travail thaïlandaise prive du droit d’organisation et de négociation collective environ 75 pour cent des 39 millions de travailleurs, si bien que le pays a le plus bas taux de syndicalisation – environ 1,5 pour cent – de tous les pays d’Asie du Sud-Est.

Le Comité de l’application des normes internationales de l’OIT, qui a examiné la plainte, a prié le Gouvernement royal de Thaïlande « de prendre les mesures nécessaires pour que les travailleurs soient effectivement protégés en toutes circonstances contre les actes de discrimination antisyndicale, en droit comme dans la pratique, et que cette protection s’applique à toutes les activités syndicales légitimes, y compris celles qui se rapportent à la constitution d’organisations des travailleurs ».

L’OIT a offert une assistance technique au gouvernement pour accélérer le processus de révision du droit du travail thaïlandais afin d’aligner les dispositions législatives pertinentes sur les principes de la liberté syndicale et de la négociation collective et de veiller à ce que toutes les questions soulevées dans ce cas soient dûment prises en compte. 

Un syndicat bangladais signe une convention collective avec Natural Denims Ltd.

Le syndicat est membre de la Sommilito Garments Sramik Federation (SGSF), affiliée à IndustriALL Global Union. La convention a été signée le 29 janvier par des représentants de l'entreprise, du syndicat et de la fédération, après six semaines de négociations.

Natural Denims Ltd. emploie près de 3.500 personnes, dont deux tiers de femmes, dans une usine située dans Ashulia, le quartier de la confection de Dhaka. Elle produit des vêtements en denim pour H&M, Inditex (Zara) et plusieurs autres marques, dont Pull & Bear, K-Mart, Mango et Debenhams.

IndustriALL a, avec H&M et Inditex, des accords-cadres mondiaux comportant une clause d'encouragement à la négociation collective. La SGSF a su la mettre à profit pour créer un syndicat dans l'usine et négocier cet accord.

La convention prévoit une hausse des salaires de 7% par an et deux primes égales à un mois de salaire chacune pour les travailleurs employés depuis un an ou plus. Ceux qui ont travaillé moins de temps reçoivent une prime calculée au prorata.

Elle comporte aussi des dispositions relatives à l'exemption de service, au congé de maternité et aux soins médicaux.

Elle prévoit le prélèvement automatique des cotisations syndicales, qui contribue à la stabilité financière du syndicat, du temps libre pour l'activité syndicale, notamment pour la formation des membres, et un mécanisme explicite de traitement des plaintes.

Les salaires restent bas dans tout le secteur de la confection au Bangladesh et ce genre d'accord n'est pas fréquent.

Pour Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d'IndustriALL :

"La convention collective conclue chez Natural Denims se démarque radicalement des politiques d'arrestations et de persécutions de syndicalistes qui ont cours dans d'autres usines. C'est une excellente nouvelle qui démontre l'efficacité de nos accords-cadres mondiaux avec les grandes marques. Nous avons donné aux syndicats les moyens d'organiser les travailleurs et de négocier. Cette convention, comme celle qui a été signée chez Donglian Fashion le mois dernier, prouve le bien-fondé de notre démarche."

La direction du développement durable d'Inditex déclare :

"L'ACM qui lie Inditex à IndustriALL offre aux travailleurs comme à la direction de l'usine le cadre et le contexte les mieux adaptés au développement de ce type d'entreprise. Inditex encourage tous ses fournisseurs à faire tout ce qui est possible pour promouvoir de meilleures conditions de travail pour leurs travailleurs par le biais du dialogue social avec les représentants légitimes des travailleurs de leurs usines."

Rassemblement des affiliés d’IndustriALL en soutien aux travailleurs géorgiens

Ce rassemblement s’est tenu sous la bannière d’IndustriALL Global Union pour protester contre le licenciement de 350 travailleurs de cette usine. Des représentants d’affiliés d’Arménie, de Biélorussie et du Kirghizstan y ont participé et le TUMMCIWG a reçu des lettres de soutien de syndicats de Moldavie, de Russie et d’Ukraine.

Gocha Aleksandriya, président adjoint de la Confédération des syndicats géorgiens, a évoqué avec les participants les mesures prises par les syndicats pour résoudre le conflit. Il a indiqué que le gouvernement avait ignoré les violations de la loi perpétrées par l’entreprise et que son propriétaire, Efrem Urumashvili, faisait pression dans les couloirs du pouvoir.

Tamaz Dolaberidze, président du TUMMCIWG, a lu des courriers de solidarité envoyés par des affilés d’IndustriALL et a fait rapport sur les résultats d’une enquête des médias sur des violations de procédures de vente de la part de Rustavi Azot.

Vadim Borisov, Secrétaire régional d’IndustriALL, a déclaré que la Géorgie avait récemment signé une convention d’association avec l’Union européenne. Il indique :

“Ce comportement socialement irresponsable de la part de l’employeur est totalement inacceptable, car il sape les valeurs fondamentales de la Charte sociale européenne et viole les Conventions 87 et 98 de l’OIT.”

Gennady Fedynich, Président du Syndicat biélorusse des travailleurs de l’industrie de la radio et de l’électronique, a mis en garde contre les dangers des contrats d’emploi à court terme :

“Ce système est répandu en Biélorussie et constitue en réalité l’esclavage du 21e siècle parce que les travailleurs sont entièrement dépendants du bon vouloir des employeurs.”

Eduard Pahlevanyan, Président de la section des organisations syndicales des mineurs, métallurgistes et bijoutiers de la République d’Arménie et Taalajbek Kudusov, membre du Présidium du Syndicat de la métallurgie et des mines du Kirghizstan, ont également exprimé leur soutien quant aux revendications des travailleurs.

Tamaz Dolaberidze a tenté d’entrer dans les locaux de l’entreprise mais s’en est vu refuser l’accès.

À la suite de cette action syndicale, l’employeur a annulé le licenciement programmé de 350 autres travailleurs. Les indemnités des 350 salariés déjà licenciés ont été portées de trois à quatre mois. Cependant, les principales revendications du syndicat sont restées sans suite :

Le propriétaire a déclaré par l’entremise du Ministère du Travail qu’il n’y aurait pas d’autre mesure positive.

Il semblerait que l’entreprise fuie le syndicat. Les représentants syndicaux sont incapables de trouver une adresse légale à laquelle envoyer leurs courriers officiels. Les services administratifs n’acceptent pas de courrier au bureau du directeur, arguant qu’il ne s’agit pas du siège social de l’entreprise.

Le syndicat ne pourra probablement s’adresser formellement à l’entreprise que devant les tribunaux. Les autorités, qui font office de médiateur, semblent soutenir officieusement l’employeur.

Le propriétaire prétend que les licenciements massifs sont dus aux prix élevés du gaz naturel qui ont rendu la production non-rentable. Au lieu de négocier avec le gouvernement de possibles incitants fiscaux pour sauver les emplois, les autorités et le propriétaire ont résolu le problème de la manière la plus commode en mettant les travailleurs sur le pavé, leur en laissant à eux et leurs familles tout le poids.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous comprenons les difficultés économiques de l’employeur, mais il est inacceptable qu’il abandonne le dialogue social avec le syndicat dont le but est la recherche commune d’une solution au problème. Notre affilié en Géorgie va se battre pour résoudre ce conflit de manière civilisée et IndustriALL va lui apporter son soutien.”

Le Comité exécutif de la région Asie-Pacifique exige la libération immédiate des syndicalistes emprisonnés au Bangladesh

Le Comité a condamné la répression au Bangladesh, où la lutte pour obtenir une hausse du salaire minimum a conduit à l’arrestation de 35 syndicalistes et travailleurs.

Le Comité a adopté à l’unanimité une résolution exhortant le gouvernement du Bangladesh à libérer immédiatement et inconditionnellement l’ensemble des syndicalistes emprisonnés, et s’est engagé à continuer à soutenir nos collègues dans leur combat, jusqu’à ce qu’ils obtiennent la pleine reconnaissance des droits syndicaux et un salaire décent.

Les coprésidents régionaux Michele O’Neil et Aihara Yasunobu ont présidé la réunion. Cyrille Tan, président du Conseil d’IndustriALL Singapour, a souhaité la bienvenue aux participants.

Les coprésidents ont félicité les membres du Comité exécutif nouvellement élus. Soulignant les problèmes rencontrés par le mouvement syndical mondial, Michele O’Neil a déclaré :

« Nous assistons dans le monde et dans la région Asie-Pacifique à l’augmentation des actes racistes et xénophobes. La montée des gouvernements de droite dans la région et la dérégulation de la législation du travail ont déclenché une attaque d’une rare violence contre les droits des travailleurs.

« Le Comité exécutif a la lourde responsabilité de défendre les droits des travailleurs, d’unir les gens et de mettre fin aux attaques dont sont victimes les travailleurs. L’unité des travailleurs dans la lutte dans l’ensemble de la région témoigne de la grande capacité et de la force que nous avons de le faire ».

Aihara Yasunobu a déclaré :

« Les affiliés à IndustriALL dans la région sont confrontés à des situations très difficiles. Nos affiliés en Corée se battent pour rétablir la démocratie et défendre les droits des travailleurs. Au Bangladesh, les syndicalistes sont emprisonnés pour revendiquer une hausse salariale. Plus de trente démolisseurs de navires ont perdu la vie au cours de ces derniers mois au Pakistan.

« Nous devons mettre en place une solidarité internationale pour soutenir les luttes des travailleurs dans ces pays ».

Les représentants des sous-régions, dont Kim Sang Gu, membre du syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU), G Sanjeeva Reddy, membre de la Fédération nationale indienne des mineurs (INMF), Nazma Akter, membre de la Sommilito Garments Sramik Federation (SGSF), et Boenadi Prihanani, membre de la Fédération des syndicats indonésiens de métallurgistes (FSPMI), ont exposé les luttes, les réalisations et les futurs défis des travailleurs dans leurs pays respectifs.

Ils ont exprimé leur reconnaissance aux affiliés à IndustriALL pour leur élan de solidarité à l’égard des luttes des travailleurs dans leurs pays et lancé un appel en faveur d’un soutien continu. Une vidéo mettant en exergue la solidarité témoignée par IndustriALL envers la mobilisation extraordinaire des travailleurs et de la population dans toute la Corée du Sud pour sauvegarder la démocratie et les droits des travailleurs, a été projetée au nom du KMWU.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a présenté les progrès réalisés dans la mise en œuvre du plan d’action adopté au Congrès mondial de 2016. Elle a indiqué :

« IndustriALL influence fortement le débat international sur les chaînes d’approvisionnement afin de veiller à ce que les marques mondiales et les multinationales s’engagent davantage en matière des droits des travailleurs.

« La mise en œuvre effective des accords-cadres mondiaux est une de nos principales priorités. Les projets de mise en place de syndicats, le combat contre le travail précaire et la participation des femmes aux activités syndicales sont d’importants domaines de travail.

« Les entreprises pour établir une convention collective de travail à l’échelle de l’ensemble de l’industrie garantissant un salaire décent dans les pays cible de la région seront très prochainement lancées à travers l’initiative ACT.

« IndustriALL est également fortement impliqué dans les points chauds en matière des droits syndicats au Sri Lanka, en Corée et au Bangladesh. Nous travaillons sur plusieurs fronts, notamment l’OIT et l’UE, pour faire cesser la répression des droits syndicaux ».

Annie Adviento et Apoorva Kaiwar, respectivement Secrétaires généraux régionaux d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est et l’Asie du Sud, ont présenté les activités des plans antérieurs et futurs.

Ils ont indiqué que les objectifs stratégiques d’IndustriALL constituent le principe directeur des activités menées par les bureaux régionaux. Le projet d’organisation des travailleurs a aidé les affiliés à accroître les effectifs syndicaux.

Les interventions adaptées aux besoins des différents pays menées sous forme de campagnes sur des questions nationales, la campagne contre le travail précaire, les campagnes pour l’égalité des sexes et la protection de la maternité, les réunions sur l’unité, les réseaux syndicaux, la mise en œuvre des accords-cadres mondiaux, les ateliers de formation et la publication des matériels pédagogiques ont renforcé la capacité des affiliés à défendre les droits des travailleurs.

Nazma Akter, membre de la SGSF et coprésidente du Comité des femmes de l’Asie-Pacifique, a fait part des décisions clés prises par le comité à la réunion qu’il a tenu la veille. Elle a indiqué que le Comité des femmes est fermement attaché à la participation de 40 pourcent de femmes à des positions dirigeantes à IndustriALL ainsi que dans les organes décisionnels aux niveaux national, régional et mondial.

La prochaine réunion du Comité exécutif de la région Asie-Pacifique se tiendra au début de l’année 2018.

La répression syndicale au Bangladesh s’intensifie

Neuf membres de l’affilié d’IndustriALL, la Fédération des syndicats indépendants de l’habillement du Bangladesh, ont été mis en détention par les autorités à Chittagong ce vendredi 10 février après l’interruption par la police d’une session de formation dans les locaux du syndicat.

Ils ont été libérés sous caution ce matin, mais les charges à leur encontre n’ont pas été abandonnées.

Depuis décembre, au moins 26 leaders syndicaux et travailleurs de la confection ont été mis en prison et restent en détention. Dans le même temps, des bureaux syndicaux ont été fouillés, vandalisés et les documents et équipements qui s’y trouvaient dérobés. De nombreux responsables syndicaux sont entrés en clandestinité de peur d’être arrêtés.

Durant la seule semaine écoulée, la police a passé quatre heures à cuisiner des responsables syndicaux dans les locaux de Gazipur de l’affilié d’IndustriALL, la Fédération révolutionnaire des travailleurs de la confection, les amenant à interrompre leurs activités syndicales par crainte d’une ingérence policière.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, déclare :

“Nous exigeons que le gouvernement cesse cette honteuse répression des syndicalistes au Bangladesh. Le gouvernement doit abandonner les charges et libérer tous ceux qui sont en détention. En ne cessant de bafouer les lois internationales en matière de droits syndicaux et du travail, il met sérieusement en péril son atout le plus précieux, l’industrie de la confection.”

IndustriALL coordonne une campagne avec UNI Global Union et la CSI pour défendre les syndicalistes et mettre fin à la répression des syndicats au Bangladesh.

Vous pouvez y participer de nombreuses manières :

Pakistan: Deux mineurs tués et un autre grièvement blessé

Les mineurs Muhammad Salam et Nida Muhammad ont été tués, et Khan Wali a été grièvement blessé, lorsque la mine dans laquelle ils travaillaient s’est effondrée suite à une explosion de gaz.

Les équipes de sauvetage ont dégagé les corps après plusieurs heures et les ont transportés dans un hôpital civil. Ils ont été remis aux membres de leurs familles après avoir été examinés.

Le Pakistan affiche un bilan médiocre en matière de sécurité minière. Les explosions de gaz causées par l’accumulation de méthane sont fréquentes dans les mines du Baluchistan et les accidents miniers font de nombreux morts. Jusqu’à présent, le gouvernement du Pakistan n’a pas répondu aux appels qui lui ont été lancés pour ratifier la Convention n° 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines ou bien pris des mesures significatives pour garantir la sécurité dans les mines.

Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL Global Union pour le secteur minier, a indiqué :

« IndustriALL a signalé de nombreux accidents mortels et exhorté le gouvernement du Pakistan à garantir la sécurité des mineurs.

« Il est décevant de constater qu’aucun progrès n’a été réalisé. Aussi, IndustriALL demande une nouvelle fois au gouvernement pakistanais de ratifier et de mette en œuvre immédiatement la Convention n° 176 de l’OIT.

« IndustriALL conjure également l’OIT d’intervenir au Pakistan dans le cadre de son programme pour le travail décent.

« IndustriALL invite fermement l’OIT à respecter l’engagement qu’elle a pris auprès de la All Pakistan Labour Federation de conduire des ateliers de formation sur la santé et la sécurité au Pakistan, tellement nécessaires, notamment dans les régions affectées par l’exploitation minière telles que les provinces du Baluchistan et du Khyber Pakhtunkhwa ».

Sultan Muhammad Khan, Secrétaire général de la Fédération syndicale centrale des mines du Pakistan (PCMLF) et président du Conseil d’IndustriALL pour le Pakistan, a déclaré :

« Environ 250 000 mineurs de la province du Baluchistan sont confrontés à de graves problèmes en raison de l’absence de mesures appropriés de sécurité dans les mines qui se trouvent à travers la province.

« Le Conseil d’IndustriALL pour le Pakistan exhorte le gouvernement à prendre immédiatement des mesures afin de veiller à ce que les procédures de sécurité adéquates soient suivies et des équipements de sécurité appropriés soient fournis aux mineurs. Le gouvernement doit adopter des lois efficaces afin d’assurer leur sécurité ».

L’OCDE lance des principes directeurs pour le secteur de l’habillement et de la chaussure

Le Document d’orientation de l’OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables dans le secteur de l’habillement et de la chaussure a été formulé en réponse à la pression internationale consécutive à l’effondrement du bâtiment Rana Plaza au Bangladesh, qui a tué plus d’un millier de travailleurs et travailleuses de la confection en 2013.

IndustriALL Global Union, qui représente les travailleurs et travailleuses de la confection dans le monde entier, était membre du comité consultatif auprès de l’OCDE et a été associée à la préparation de ce document d’orientation.

“Ce document d’orientation représente une démarche qui va au-delà des initiatives volontaires et non-contraignantes d’audit et de responsabilité sociale des entreprises, qui n’ont fait que peu de chose sinon rien pour protéger et améliorer les droits des travailleurs,” déclare la directrice d’IndustriALL pour l’industrie du textile et de l’habillement, Christina Hajagos-Clausen.

Ces nouvelles normes internationales de l’OCDE sont entérinées par les enseignes, les syndicats et l’industrie et impliquent une réelle participation des travailleurs au niveau de l’identification des risques et des violations des droits de l’homme, tout en encourageant des négociations directes avec les syndicats.

“Il est important qu’il y ait une compréhension mutuelle du fait que les travailleurs ne sont pas un élément périphérique du devoir de diligence mais bien au cœur même de ce processus. Le document d’orientation précise quand et comment les travailleurs doivent être impliqués et les syndicats considèrent qu’il s’agit là d’une évolution bienvenue,” a indiqué Mme Hajagos-Clausen lors du lancement à Paris.

Ce document d’orientation permet aux travailleurs et aux syndicats de participer activement à la conception et à la mise en œuvre des évaluations in-situ des fournisseurs, à la mise au point de plans d’actions correctives, au suivi des impacts et à la formulation des mécanismes de réclamation au niveau opérationnel.

De manière significative, ces principes promeuvent des pratiques d’achat responsables, dont l’absence peuvent conduire à la prestation d’heures supplémentaires excessives et imposées ainsi que des bas salaires pour les travailleurs et travailleuses. L’initiative ACT d’IndustriALL est un protocole d’entente signé par des enseignes de vêtements d’envergure mondiale qui identifie la négociation collective sectorielle et les pratiques d’achat responsables comme essentielles à l’obtention de salaires vitaux.

“En créant des mécanismes qui lient syndicats, acheteurs et fournisseurs, l’initiative ACT vise à créer un cadre pour de véritables relations sociales au niveau des chaînes d’approvisionnement en vue d’une industrie de l’habillement mondiale équitable et stable,” a indiqué Mme Hajagos-Clausen à l’auditoire lors de la présentation du document.

Ces principes entérinent également des conventions directes entre des entreprises et des syndicats, comme les accords-cadres mondiaux (ACM). IndustriALL possèdent quatre accords-cadres mondiaux avec des enseignes de vêtements : Inditex, H&M, Tchibo et Mizuno.

Les principes directeurs comprennent différents modules sur les risques du secteur, dont le travail des enfants, le harcèlement sexuel et la violence fondée sur le genre, le travail forcé, la durée du travail, la santé et la sécurité professionnelles, les syndicats et la négociation collective, les salaires ainsi que les dangers environnementaux.

“J’espère que ce nouveau document d’orientation pourra aider à atténuer et solutionner les violations des droits des travailleurs. La route sera longue, car au plan mondial, les chaînes d’approvisionnement sont pleines de risques. Au moment où nous parlons, 25 travailleurs et leaders syndicaux sont en prison pour avoir participé à des mobilisations pour revendiquer un salaire vital,” a conclu Mme Hajagos-Clausen en faisant référence à la campagne d’IndustriALL pour la libération des leaders syndicaux et des travailleurs de l’habillement emprisonnés au Bangladesh.

Importante grève à la mine d’Escondida au Chili

Nous démarrons ce qui est peut-être la plus importante lutte syndicale que notre pays ait récemment connue. (…) Nous devons mener cette grève légale jusqu’à ce que nous obtenions la reconnaissance que nous méritons et mettions un terme à l’offensive de la compagnie.

a indiqué le syndicat à ses membres.

Les mineurs réclament une augmentation salariale de 7 pour cent, une prime de « fin de négociations » de 25 millions de pesos chiliens (soit 38 400 US$ environ) et des prestations identiques pour les employés actuels et nouveaux.

Cependant, l’offre de la compagnie ne comprenait pas de hausse salariale, réduisait les prestations, incluait des dispositions discriminatoires à l’encontre des nouveaux employés et offrait une prime de 8 millions de pesos (12 300 US$). Face à la baisse du prix du cuivre, la compagnie prétend ne pas pouvoir accepter le paiement d’une augmentation de salaires pour rester viable à long terme.

Elle a indiqué vouloir stopper la production durant les 15 premiers jours de grève en raison de son incapacité à assurer la sécurité du personnel non gréviste dépendant du travail réalisé par le personnel chargé de l’exploitation et de l’entretien.

IndustriALL Chili (CONSTRAMET), affilié à IndustriALL Global Union, a indiqué partager et soutenir les aspirations légitimes du syndicat au sujet de la convention collective, et rejeter l’intransigeance de la compagnie, qui utilise « la crise du prix du cuivre » comme une excuse:

Nous vous adressons tous nos vœux de réussite dans ce combat difficile, nous vous exprimons notre soutien et notre solidarité, et considérons que tant la réussite que l’échec de votre lutte auront des incidences sur l’ensemble de la classe laborieuse.

Escondida est la plus importante mine de cuivre privée existante dans le monde, avec une production annuelle d’environ un million de tonnes.

La solidarité, ça fonctionne ! Vote en faveur du syndicat au Sri Lanka

IndustriALL Global Union a célébré cette semaine une agréable victoire après que l’entreprise multinationale productrice de gants a échoué dans sa tentative d’éjecter le syndicat de ses deux usines du Sri Lanka.

Anton Marcus, le membre du Comité exécutif d’IndustriALL qui est à la tête du syndicat FTZ&GSEU, a eu l’occasion de serrer la main de la direction d’ATG pour la première fois ce 7 février lorsque le résultat de l’élection est devenu clair. Le syndicat a été forcé par l’entreprise de lutter pendant plus de deux ans pour simplement gagner le droit de négocier au nom des travailleurs et travailleuses.

Parmi les abus, on relevait de l’intimidation, des suspensions, des menaces, des tentatives de fausser la liste des travailleurs votants et la promotion d’une travailleuse en échange du dépôt d’une plainte de sa part auprès de la police contre le leader du syndicat.

Maintenant que le FTZ&GSEU s’est affirmé comme le partenaire légal de négociation au sein des deux usines ATG, il peut commencer à s’occuper des problèmes de santé et sécurité, de harcèlement sexuel et de conditions d’emploi. Le syndicat est persuadé que ces changements amélioreront les performances économiques d’ATG. Le vote a connu un taux de participation de 95% et a abouti à un résultat confortable par rapport aux 40% d’avis favorables requis.

Le mouvement international de soutien et de solidarité a notamment vu des démarches en direction des clients et partenaires régionaux d’ATG ainsi qu’auprès de politiciens sri-lankais. IndustriALL a également sollicité l’intervention des ambassadeurs des pays du G20 au Sri Lanka. Les ambassadeurs d’Allemagne et de l’Union Européenne ont joué un rôle vital en exigeant l’organisation d’un scrutin libre sur le lieu de travail.

Les travailleurs des autres usines de la Zone de libre commerce de Katunayake n’ont pas le loisir d’exercer leur droit de décider librement de leur représentation syndicale. Ce scrutin a été mené sous le feu des projecteurs d’une pression locale et internationale.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a félicité le FTZ&GSEU :

Nous n’oublierons pas l’excellent appui des Ambassadeurs Rohde et Margue, mais cette victoire a été acquise par la cohésion des travailleurs et travailleuses d’ATG face aux menaces et aux intimidations de leurs patrons. Attelons-nous maintenant à répéter cette victoire pour changer les conditions de travail dans les usines voisines de celles d’ATG.

Le leader du FTZ&GSEU, Anton Marcus, a déclaré :

C’est aussi une leçon pour les employeurs qui doivent retenir que dans une économie mondialisée, il n’y a pas que le profit et les investissements qui traversent les frontières mais aussi la solidarité et l’unité syndicale des travailleurs et travailleuses.