Le syndicat Australian Workers’ Union (AWU) appelle à agir vis-à-vis de l’acier chinois

Le Secrétaire national nouvellement élu, Daniel Walton, a indiqué que le syndicat déposera une plainte auprès de la Commission antidumping du gouvernement. Cette dernière est habilitée à imposer des droits de douane pour faire face au dumping.
 
« Le dumping chinois a conduit notre industrie manufacturière au bord du gouffre », a-t-il déclaré. « Il ne peut pas y avoir de place pour les fraudes commerciales ».
 
Walton a expliqué que le gouvernement australien dépense d’importantes sommes d’argent dans des projets d’infrastructure n’utilisant pas d’acier australien. Or, plus de 8 000 travailleurs de l’aciérie Arrium située en Australie méridionale sont confrontés à un avenir incertain depuis que l’usine a été déclarée en faillite en 2016.
 
AWU tient sa Conférence nationale sur la Gold Coast, dans le Queensland, cette semaine. Suite à une table ronde sur le dumping chinois au cours de laquelle les experts ont débattu des effets du dumping sur le marché intérieur et des stratégies pour le combattre, les délégués ont voté une résolution antidumping accusant la Chine d’inonder le marché international en vendant 100 millions de tonnes d’acier à des prix inférieurs aux coûts de production.
 
La résolution exhorte la Commission à instituer un droit de douane conséquent sur l’acier chinois. « Pratiquer le dumping équivaut à frauder », a-t-il déclaré.
 
La sidérurgie est en crise dans le monde entier. Les affiliés à IndustriALL luttent pour défendre ce secteur et les emplois qu’il génère. Au mois de novembre de l’année dernière, des milliers d’aciéristes ont défilé dans les rues de Bruxelles pour réclamer la mise en place de mesures antidumping.
 
Un plan d’action, engageant les affiliés à coordonner leurs initiatives pour dénoncer, en raison des pratiques commerciales déloyales, le statut d’économie de marché octroyé à la Chine, a été adopté à la Conférence sur les métaux de base d’IndustriALL, qui a eu lieu à Duisburg, en Allemagne. En 2004, l’Australie est devenue l’une des deux seules grandes économies développées ayant accordé (après la Nouvelle-Zélande) un statut d’économie de marché à la Chine, au risque de compromettre gravement ses possibilités d’action pour faire face au dumping chinois.
 
IndustriALL participera au prochain Comité de l’acier de l’OCDE, qui se tiendra les 23 et 24 mars, ainsi qu’au Forum du G20 sur la surcapacité de l’industrie de l’acier, où il se battra, avec ses affiliés, pour la mise en œuvre de mesures antidumping.
 
La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, qui participait à la Conférence nationale d’AWU, a déclaré:
 
« Il ne s’agit ni de libre-échange ni de commerce équitable lorsqu’un pays subventionne ses propres industries aux dépens des travailleurs, de leurs emplois, de leurs familles et de leurs communautés dans d’autres pays. AWU a franchi une étape importante en demandant à son propre gouvernement de lutter contre le dumping. Nous leur apporterons notre soutien et nous travaillerons en coordination avec nos affiliés dans la sidérurgie dans le monde entier pour que les syndicats répondent d’une seule voix ».

Le nouveau code du travail réduira les droits des travailleurs au Belarus

Ces projets d'amendements se fondent principalement sur les décrets présidentiels n° 29 "relatif aux mesures additionnelles destinées à développer les relations de travail, renforcer la discipline de la main-d’œuvre et des cadres", et n° 5 "relatif au renforcement des critères appliqués aux cadres et aux travailleurs des organisations". Ces deux décrets ont été vivement critiqués par l'Organisation internationale du travail (OIT) pour leur manque de conformité avec les conventions de l'OIT ratifiées par le Belarus. 

En contradiction avec le code du travail en vigueur, le décret présidentiel n° 29 instaure un système généralisé de contrats de courte durée. De ce fait, près de 90% des salariés ont vu leurs contrats permanents transformés en contrats d'un an, souvent sans leur accord. D'après la constitution bélarusse, le décret présidentiel prévaut sur la législation nationale. En l'absence de toute protection contre la discrimination antisyndicale, beaucoup de travailleurs ont dû se désaffilier de syndicats indépendants.

Par la suite, sous la pression des syndicats et de l'opinion publique, le décret a été modifié et certaines catégories de salariés ont vu la durée de leurs contrats portée à trois, voire cinq ans, quoique leur statut juridique reste inchangé.

Les amendements proposés sur base du décret n° 5 donnent une fois encore plus de pouvoir à l'employeur et dépouillent les travailleurs de leurs droits.

"Ce décret a pour conséquence de transformer des relations de travail fondées sur une convention en un outil de coercition légale, ce qui va à l'encontre de la convention 29 de l'OIT, déclare Nikolaï Zimin, du Syndicat bélarusse indépendant des travailleurs de la mine, de la chimie, des raffineries de pétrole, de l'énergie, du transport, de la construction et autres.

Alexander Bukhvostov, du Syndicat libre des travailleurs de la métallurgie (SPM), explique que "les changements au code du travail qui sont proposés vont faire de l'utilisation du travail forcé une pratique normale pour certaines catégories de travailleurs."

"Tous les amendements à la législation du travail ne feront qu'aggraver la situation des travailleurs. À titre d'exemple, le chapitre 38 relatif aux indemnités pour un traumatisme subi au travail a été entièrement supprimé. De même, les congés seraient réduits de six jours en moyenne," explique Gennady Fedynich, du Syndicat des travailleurs de l'industrie biélorusse de la radio et de l'électronique.

"Hélas, les syndicats sont privés de la possibilité de prendre des initiatives législatives. Nous devons nous adresser à des députés ou contacter le Centre national d'information juridique. Notre syndicat a étudié la question, procédé à une analyse complète des changements proposés, associé la communauté des juristes, et maintenant, nous travaillons avec des députés de façon à ce qu'ils puissent influencer le projet de loi," explique Svetlana Klochok, du Syndicat bélarusse des travailleurs de la chimie, de la mine et du pétrole.

Malgré la complexité de la situation, les syndicats bélarusses ne renoncent pas. Les affiliés d'IndustriALL ont interpelé à plusieurs reprises les organes législatifs du Belarus pour réclamer l'abolition du décret n° 29 et la suspension du décret n° 5.

Pour Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union, "IndustriALL est gravement préoccupé par les modifications du code du travail qui sont proposées. Avec la crise économique qui frappe le Belarus, une nouvelle oppression des travailleurs par le biais de la législation nationale pourrait compromettre la stabilité sociale du pays. Dans ces conditions, plutôt que d'attirer les investisseurs étrangers, les autorités courent le risque de les faire fuir".

Important pas en avant au Bangladesh en raison de la libération des syndicalistes et des travailleurs de la confection suite à la pression internationale

Un accord tripartite, prévoyant la libération des syndicalistes et des travailleurs de la confection arrêtés, a été conclu le 23 février entre le Conseil du Bangladesh d’IndustriALL, le ministère du Travail et l’Association des fabricants et des exportateurs de textile du Bangladesh. L’accord prévoit également la libération de ceux encore détenus ainsi que l’abandon des poursuites engagées à leur encontre.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a accueilli avec satisfaction la décision de libérer les militants emprisonnés:

« Nous avons été les témoins d’une manifestation de solidarité mondiale incroyable. Il s’agit d’une victoire importante pour les travailleurs du textile au Bangladesh, qui envoie un message fort à l’industrie du pays à savoir d’engager un dialogue constructif avec les syndicats.

« Le problème à l’origine de la répression exercée sur les syndicats à la fin de l’année dernière demeure. Nous continuerons à soutenir la lutte engagée pour obtenir une augmentation des salaires et suivrons attentivement la situation jusqu’à ce que l’ensemble des accusations soient abandonnées ».

Le Secrétaire général du syndicat mondial UNI, Philip Jennings, a déclaré:

« Les manifestations qui ont lieu dans une dizaine de grandes villes à travers le monde ont montré l’efficacité de la solidarité mondiale. De Katmandu à New York, des gens se sont mobilisés pour exiger que le Bangladesh respecte les droits de l’homme et les droits syndicaux.

« Nous nous félicitons de la libération des syndicalistes emprisonnés et nous espérons que nous pouvons commencer à tourner la page sur la répression musclée que le pays exerce sur les travailleurs. Néanmoins, nous devons demeurer vigilants – le message envoyé au Bangladesh est celui de respecter les droits des travailleurs ».

L’accord crée un précédent en considérant le Conseil bangladais d’IndustriALL comme un homologue officiel dans les négociations.

« En qualité de représentant légitime des travailleurs de la confection bangladais, nous avons une tribune. Nous continuerons de lutter pour nos membres », a indiqué Amirul Haque Amin, président du Conseil bangladais d’IndustriALL et de la Fédération nationale des travailleurs de la confection.

Rappel des faits

Les responsables syndicaux et les travailleurs de la confection ont été arrêtés et les bureaux syndicaux fermés dans la région textile de Dhaka suite à la revendication de hausse du salaire minimum en décembre 2016. Le gouvernement bangladais et les propriétaires des usines de fabrication de vêtements ont prétexté de la grève entreprise pour exiger une hausse salariale pour exercer une répression sur le mouvement syndical.

IndustriALL et le syndicat mondial UNI ont lancé la campagne #EveryDayCounts, qui a reçu un soutien considérable de la part des affiliés et d’autres acteurs du mouvement syndical. Des centaines de photos provenant du monde entier ont été postées sur les médias sociaux. Des syndicats dans plus de 20 pays ont également envoyé des lettres au Premier ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, lui demandant de libérer les responsables syndicaux de l’industrie textile et les travailleurs militants emprisonnés, ainsi que d’abandonner l’ensemble des poursuites.

Des actions de protestation et des visites dans les ambassades bangladaises ont eu lieu les 15 et 16 février dans plus de 16 villes, dont Berlin, Genève, Londres, Bruxelles, La Haye, Washington D.C., New York, Ottawa, Katmandu et Seoul.

La campagne LabourStart lancée pour libérer les militants emprisonnés a récolté plus de 10 000 signatures.

Pakistan : Les victimes de l'accident du chantier naval indemnisées

Le 1er novembre 2016, le Pakistan avait été le théâtre d'un des pires accidents industriels de son histoire, au chantier de démolition navale de Gadani, dans la province du Baloutchistan. Une explosion survenue dans un pétrolier avait tué 26 travailleurs et blessé 19 autres.

Après trois mois et des protestations répétées de notre affiliée NTUF, 45 travailleurs ont été indemnisés par le gouvernement pakistanais et par l'employeur. Les familles des 26 travailleurs décédés ont reçu chacune 1,5 million de roupies (14.217 $), dont 1,1 million versé directement par l'employeur et 400.000 par la Commission pour l'indemnisation des travailleurs.

Par la suite, le Conseil de protection sociale des travailleurs versera également 500.000 roupies (4.739 $) à chaque famille des travailleurs décédés, ce qui portera l'indemnité totale à 2 millions de roupies (18.956 $).

Les 19 travailleurs blessés dans l'accident ont également reçu des indemnités de montants différents : 100.000 roupies (948 $) pour huit travailleurs, 50.000 roupies (474 $) pour dix autres, et 20.000 roupies (190 $) pour le dernier.

La NTUF, qui représente les travailleurs de l'industrie du démantèlement de navires, a organisé une série d'actions de protestation et de conférences de presse pour mettre en lumière les problèmes rencontrés par les travailleurs de la déconstruction navale. Son intervention a joué un grand rôle dans l'obtention des indemnités pour les victimes de l'accident.

Nasir Mansoor, de la NTUF, déclare :

"Nous sommes déçus par le fait que l'indemnisation soit inférieure à ce que nous demandions. Toutefois, grâce à nos protestations répétées, les travailleurs ont reçu de l'argent, ce qui ne s'était jamais vu auparavant.

"Nous nous inquiétons de ce que, même après cet horrible accident, les travailleurs du chantier de Gadani continuent à travailler dans des conditions dangereuses. Aucun équipement de sécurité ou de protection n'est fourni aux travailleurs."

"Rien n'a été fait par le gouvernement pour dispenser aux travailleurs une formation aux bonnes méthodes de travail. Les travailleurs et leurs familles n'ont toujours pas accès à l'eau potable, à de la nourriture saine ni à des logements.

"Mais surtout, le chantier de démolition navale de Gadani ne dispose d'aucun hôpital ou dispensaire. Nous allons poursuivre notre lutte pour la sécurité des travailleurs."

La NTUF a élaboré un projet de code de la démolition des navires à partir des règles et normes internationales existantes. Elle a appelé les autorités de la province du Baloutchistan à organiser des réunions tripartites avec des représentants des employeurs et des travailleurs en vue d'adopter une législation assurant la sécurité dans les chantiers de démolition navale.

Pour Kan Matsuzaki, le directeur d'IndustriALL en charge de la construction et la démolition navales :

"C'est une première mesure importante pour changer la situation au chantier de démolition navale de Gadani, qui est le pire qu'on puisse imaginer.

"Le gouvernement de la province du Baloutchistan doit agir d'urgence pour améliorer la sécurité et l'inspection des chantiers de démantèlement de navires sur base du code élaboré par la NTUF. Et il est temps que le Pakistan ratifie la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires."

IG Metall et le Comité d'entreprise européen d'Opel rencontrent le Groupe PSA

Cette rencontre a mis en lumière un désir mutuel de dialogue soucieux de l'avenir d'Opel et de ses salariés. Les participants ont discuté de l'impact qu'aurait un rachat d'Opel/Vauxhall par PSA sur les conventions collectives, la protection des sites et les garanties d'emploi.

Le groupe PSA a réaffirmé sa volonté de respecter les conventions en vigueur en Europe et de maintenir le dialogue avec toutes les parties. Il s'est dit prêt à coopérer étroitement avec le comité d'entreprise européen et avec notre affilié allemand IG Metall pour "créer avec la direction d'Opel un champion européen d'ascendance franco-allemande pour protéger l'avenir de l'entreprise et de ses salariés".

La coopération avec IG Metall dans le respect et l'application des conventions collectives en vigueur est une condition importante pour la poursuite du processus. Elle constitue la base d'une éventuelle fusion aux conditions des salariés,

a déclaré Jörg Hofmann, le Président d'IG Metall et d'IndustriALL Global Union.

Wolfgang Schäfer-Klug, le Président du comité d'entreprise européen d'Opel/Vauxhall, dit quant à lui :

Cet engagement et la promesse d'une poursuite du processus de négociation constituent la base de la poursuite des pourparlers avec PSA. Pendant les discussions, Carlos Tavares a su convaincre de son intérêt pour un développement durable d'Opel/Vauxhall en tant qu'entreprise indépendante.

L'accord-cadre mondial qui lie IndustriALL et le groupe PSA proclame un attachement ferme aux normes internationales fondamentales du travail et l'application des critères défendus par le groupe à ses partenaires commerciaux. Il a été signé au départ en 2006 et sera reconduit le 7 mars de cette année.

Avec la reconduction de cet ACM, nous veillerons à sécuriser tous les emplois et les sites de production de PSA et d'Opel/Vauxhall dans le monde entier,

a déclaré Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL.

À cette réunion du 20 février assistaient Carlos Tavares, Président du Directoire de PSA, et Xavier Chéreau, Directeur des ressources humaines de PSA, Jörg Hofmann, premier Président d'IG Metall, et Wolfgang Schäfer-Klug, Président du comité d'entreprise européen d'Opel/Vauxhall.

Le projet de renforcement syndical donne un coup de fouet au recrutement en Inde

Entre 2014 et 2016, les affiliés des secteurs de la sidérurgie, des mines et de l’énergie ont recruté 43.062 nouveaux membres, pendant que les affiliés du secteur du textile, de la confection, de la chaussure et du cuir en recrutaient 19.993, dans le cadre de projets soutenus par IndustriALL ainsi que Union to Union, IF Metall, Unionen et le SASK.

Au cours d’une réunion tenue à Delhi en février, les affiliés se sont vus pour débattre des défis rencontrés pour bâtir des syndicats pérennes capables de rendre des services efficaces à leurs membres en s’appuyant sur les accords-cadres mondiaux (ACM) et les réseaux syndicaux.

Atle Høie, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL affirme qu’amener davantage de travailleurs et travailleuses dans le giron des syndicats est un objectif clé pour atteindre des cibles stratégiques.

“Il est également important de syndiquer les travailleurs au sein des chaînes d’approvisionnement et d’accroître l’implication des femmes pour construire une force syndicale et une société juste.”

Alors qu’ils recrutaient, les affiliés ont été confrontés à des défis systémiques, comme un climat politique anti-syndical, des législations fluctuantes, des difficultés pour enregistrer de nouveaux syndicats, la fermeture d’unités de fer spongieux, l’importation d’acier meilleur marché, la démonétisation et des directions enclines à la répression.

Des préoccupations sont également présentes quant à la difficulté de recruter les travailleurs précaires, ce qui affecte profondément la pérennité des structures syndicales et la collecte des cotisations.

“Ces projets sont des outils importants pour améliorer les capacités des affiliés et pour soutenir leurs efforts visant à bâtir des syndicats pérennes et plus forts,” indique Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale pour l’Asie du Sud.

Le projet concernant les secteurs de la sidérurgie, des mines et de l’énergie a collaboré avec la Fédération nationale indienne des métallurgistes, la Fédération nationale indienne des mineurs, la Fédération des travailleurs de la sidérurgie, du métal et de l’ingénierie d’Inde ainsi que la Fédération Hind Khadan Mazdoor pour syndiquer les travailleurs des États de Andhra Pradesh, Telangana, Chhattisgarh, Jharkhand, Odisha et Maharashtra.

Un grand nombre de travailleurs et travailleuses précaires ont été recrutés et un soutien solidaire a été apporté pour assurer une indemnisation adéquate des personnes qui ont dû céder leurs terres pour des projets d’entreprises.

Impliquer les femmes

En 2016, environ 20.000 travailleurs et travailleuses ont participé à différentes rencontres, dont des réunions locales ainsi que des réunions et des rassemblements aux portes des usines. Celles-ci ont également vu la participation des femmes.

Devika Singh, présidente du Comité des femmes d’IndustriALL en Inde a évoqué les résultats d’un exercice de cartographie de la présence des femmes dans le secteur et a appelé à ce que davantage d’attention soit portée aux problématiques qui concernent les femmes :

“La plupart des femmes du secteur sont des travailleuses précaires. Dans nombre d’usines sidérurgiques et dans les régions minières, les femmes travailleuses sont confrontées au problème des bas salaires, du harcèlement sexuel, de l’absence de toilettes réservées aux femmes, aux questions de santé et sécurité professionnelles et à l’absence de services de crèche.”

Le projet concernant le textile, la confection, la chaussure et le cuir a soutenu le travail de la Fédération nationale des travailleurs de la confection et du cuir, de l’Association des femmes travailleuses indépendantes, de la Fédération nationale indienne des travailleurs de la confection et du cuir, de la Fédération nationale indienne des travailleurs du textile, de Workers Initiative et de la Fédération des travailleurs du textile d’Inde.

Ce travail a été mené dans les centres manufacturiers comme Chennai, Coimbatore, Bangalore, Calcutta et ses banlieues, la région de la capitale nationale Delhi, Kanpur, Ahmedabad et Bombay. En 2016, plus de 7.000 travailleurs et travailleuses ont participé aux réunions et ateliers.

Adam Lee, directeur d’IndustriALL pour le secteur des métaux de base, indique :

“Nos affiliés indiens peuvent s’appuyer sur les réseaux syndicaux et les ACM au niveau des entreprises multinationales.

“Au plan international, les syndicats ont du pouvoir au sein de certaines multinationales et peuvent offrir une solidarité efficace dans leur secteur. Les affiliés en Inde doivent identifier ces multinationales et tirer parti du pouvoir syndical existant pour soutenir des campagnes de syndicalisation en Inde.”

Le Parlement européen vote en faveur d’un fonds pour une Transition juste

Bien qu’elle ne soit pas définitive, la proposition devant encore être défendue quand elle passera par les structures de gouvernance européennes, elle représente une réussite importante. Si elle est mise en œuvre, ce serait la première fois que des fonds seraient assignés spécifiquement à des mesures de transition dans le monde du travail.

Ce succès est le fruit d’années de travail de la part d’industriAll Europe et d’IndustriALL Global Union, ainsi que d’autres organisations qui soutiennent la décarbonisation et la transition vers des sources d’énergie durables pour autant qu’il y ait une solution quant aux impacts sur l’emploi.

“Le vote du Parlement européen en faveur de la mise en place d’un Fonds pour une Transition juste en faveur des travailleurs et communautés affectées représente un pas dans la bonne direction," a indiqué Luc Triangle, Secrétaire général d’industriAll Europe. “Cependant, la proposition doit maintenant être discutée avec le Conseil. IndustriAll Europe et ses affiliés vont continuer à convaincre les dirigeants européens, au niveau des États membres, de la grande nécessité d’établir un Fonds pour une Transition juste et d’ainsi promouvoir une transition énergétique socialement juste en Europe.”

Brian Kohler, Directeur pour la Durabilité d’IndustriALL, a déclaré : “Félicitations à nos camarades européens. Nous sommes ravis de cette mesure prise par l’Europe, qui devrait ouvrir la voie à d’autres succès dans la mise en place de programmes de Transition juste au sein d’autres pays et régions.”

Le Parlement européen a voté en faveur de la proposition ce 14 février.

1 000 mineurs en grève au Mexique

Les négociations menées en vue de réviser la convention collective de travail ont démarré le 7 février. Après avoir consenti au barème des salaires et des prestations et alors que seules des revendications générales restaient à discuter, la direction de l’entreprise a exigé que les pourparlers redémarrent de zéro le 12 février.

L’affilié à IndustriALL Global Union, Los Mineros, a déclaré:

après que nous soyons tombés d’accord sur des points importants après des jours de négociations intenses, la compagnie canadienne a battu en retraite.

La grève a été approuvée à l’unanimité à une assemblée générale des travailleurs, le 14 février, et est soutenue par les commissions d’examen des sections syndicales et par le Comité exécutif national.

La compagnie a émis un communiqué de presse indiquant que bien qu’ils n’aient pas encore réussi à aborder certaines questions comme la rentabilité et la productivité – y compris son intention de réduire la main d’œuvre – ils ont réussi à « bien progresser sur un certain nombre de revendications soulevées par le syndicat ».

Le syndicat Los Mineros a indiqué qu’il demeure prêt à rétablir un dialogue de conciliation avec Primero pour parvenir à une solution, et qu’il continuera à défendre les intérêts des travailleurs à travers des actions de protestation.

Fernando Lopes, Directeur d’IndustriALL, a déclaré:

IndustriALL Global Union soutient les efforts déployés par Los Mineros pour obtenir une révision de l’accord à Durango, qui devrait faire progresser les droits des travailleurs et les conditions de travail.

4.000 travailleurs de la métallurgie coréens protestent contre la restructuration du plus grand chantier de construction navale au monde

Les spécialistes et les syndicats coréens sont persuadés que Chung Mong-Joon, membre de la dynastie chaebol Hyundai et actionnaire majoritaire de HHI, restructure l'entreprise pour en céder la propriété à son fils, Chung Ki-sean, une manœuvre qui serait illégale en droit coréen.

HHI a annoncé en octobre sa scission en six unités : Robotique, Service global, Electricité et systèmes énergétiques, Engins de construction, Energie verte et Industrie lourde. Ce programme de restructuration figure à l'ordre du jour d'une assemblée des actionnaires prévue pour le 27 février. Les travailleurs de HHI prévoient de faire grève du 22 au 27 février pour bloquer cette réunion.

Notre affilié, le Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU), s'est engagé à soutenir les travailleurs qui ont voté et décidé de rejoindre ses rangs en décembre 2016. Le KMWU a attiré des milliers de délégués d'atelier de tout le pays pour participer au rassemblement qui coïncidait avec un arrêt de travail de quatre heures. S'adressant aux manifestants, le Président du KMWU, KIM Sang Gu, a déclaré : "Le combat contre cette restructuration n'est pas seulement celui des travailleurs de Hyundai Heavy Industries. Je proclame devant vous que c'est le combat des 170.000 travailleurs du KMWU.

"Le KMWU va faire barrage à cette restructuration, qui est une tentative de Chung Mong-joon et du gouvernement de Park Geun-hye de faire porter la responsabilité du recul de l'industrie de la construction navale sur les travailleurs."

Pour Baek Hyeong-rok, responsable syndical chez Hyundai, "Ces nouvelles sociétés vont constituer la base de la troisième génération de maîtres de Hyundai Heavy Industries dans la famille de Chung Mong-joon. Ils veulent monopoliser toute la richesse constituée par le travail ardu des ouvriers. Nous ne pouvons accepter une assemblée des actionnaires qui serve les seuls intérêts de Chung Mong-joon. Nous l'empêcherons."

HHI a refusé de reconnaître le KMWU en tant qu'agent de négociation collective, alors même qu'il est reconnu par Hyundai Motors. Le Président de la section de Hyundai du KMWU, Park Yu Gi, a promis de soutenir les travailleurs de HHI lors de la manifestation : "Les travailleurs de Hyundai Motors sont aux côtés de leurs camarades de Hyundai Heavy Industries. Nous lutterons ensemble jusqu'à ce que nous remportions cette bataille contre une restructuration illégale."

This article was updated on 20 February 2017. 

Les protestations internationales concernant la répression des syndicats au Bangladesh se propagent

 

Des syndicalistes, des travailleurs et des ONG se sont rassemblés pour mener des actions devant les ambassades et consulats du Bangladesh de par le monde. Elles appelaient à la libération immédiate des syndicalistes et travailleurs injustement incarcérés et à l’arrêt de la répression contre les syndicats.

Au cours de ces dernières semaines, au moins 34 leaders syndicaux et travailleurs de la confection ont été arrêtés et placés en détention à la suite de fausses accusations liées à des manifestations concernant les bas salaires. Pas plus tard que ce 10 février, un groupe de neuf leaders syndicaux a été arrêté à Chittagong. À ce jour, nombre d’entre eux restent emprisonnés et aucune des charges n’a été abandonnée.

La Secrétaire générale adjointe d’UNI Global Union, Christy Hoffman, indique : “Le but de cette répression est de priver les travailleurs et travailleuses de l’industrie bangladaise de la confection du droit de s’organiser en syndicats et de négocier collectivement des salaires décents. Nous appelons le gouvernement du Bangladesh et la BGMEA à mettre un terme à ce harcèlement et à respecter ces travailleurs et travailleuses qui créent de la richesse pour leur pays tout en ne percevant qu’un salaire de misère.”

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Global Union, Jenny Holdcroft, qui a remis une lettre de protestation au Consulat du Bangladesh à Genève a déclaré :“Le gouvernement du Bangladesh doit comprendre les implications des vastes manifestations de protestation de cette semaine en Europe, aux États-Unis et en Asie. Il n’y a pas d’avenir durable pour cette industrie sans respect des droits syndicaux."

La pression sur le gouvernement du Bangladesh et le secteur continue à monter. Des enseignes de première plan, dont H&M, Inditex, C&A et Tchibo ont indiqué qu’elles ne participeraient pas au Sommet sur l’Habillement dans la capitale bangladaise Dacca ce 25 février, estimant le climat actuel de répression des syndicats incompatible avec des activités de promotion du secteur.

L’absence des enseignes de format mondial au Sommet sur l’Habillement, un événement d’ampleur internationale qui sera ouvert par le Premier Ministre du Bangladesh Sheikh Hasina, envoie un signal clair à l’industrie de la confection du Bangladesh : tant que les travailleurs et syndicalistes seront arrêtés et intimidés pour s’être exprimés en faveur des droits des travailleurs et travailleuses de la confection, les “affaires courantes” ne seront pas de mise.

Contexte

La situation au Bangladesh a continué à se dégrader avec une dure répression du monde syndical. Des locaux syndicaux ont été pillés et vandalisés, des leaders arrêtés et emprisonnés et des recruteurs sont entrés en clandestinité par crainte d’être pris pour cible.

IndustriALL Global Union et UNI Global Union ont été en première ligne pour améliorer les droits et la sécurité au sein de l’industrie de la confection au Bangladesh après l’effondrement de l’usine de Rana Plaza en 2013, qui a tué plus de 1.100 travailleurs et travailleuses. Les deux organisations ont été le moteur de l’Accord du Bangladesh, un document juridiquement contraignant signé par plus de 200 enseignes de stature mondiale pour l’inspection de 1.600 usines de confection au plan de la sécurité des bâtiments et des risques en matière d’incendie. Plus de 74% des problèmes de sécurité identifiés au sein de ces 1.600 usines ont fait l’objet d’un rapport confirmant qu’ils ont été résolus.

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