Un projet d'IndustriALL en Afrique subsaharienne stimule la représentation des femmes

Le programme de structuration syndicale d'IndustriALL pour la Botswana, le Burkina Faso, le Cameroun, la RDC, le Ghana, la Côte-d'Ivoire, la Tanzanie, le Togo, l'Ouganda et le Zimbabwe est axé sur le développement de syndicats démocratiques et transparents et le recrutement de nouvelles adhérentes. Financé par les organisations de solidarité syndicale Union to Union et FNV Mondiaal, il encourage la participation des femmes aux organes décisionnels et leur accès à des postes à responsabilité.

Les femmes participent à hauteur de 38 % à toutes les activités de structuration syndicale, ce qui est supérieur à l'objectif de 25 % qui avait été fixé pour la région.

En 2016 au Zimbabwe, le Syndicat des travailleurs de la chimie et des plastiques et le Syndicat national de l'industrie de l'habillement ont modifié leurs statuts pour se doter d'organes de représentation des femmes et ont, pour la première fois, nommé des femmes dans leurs comités exécutifs nationaux.

En outre, le Syndicat des travailleurs de l'énergie du Zimbabwe a élu une présidente et augmenté la présence des femmes dans son comité exécutif national de 8 %. Il a aussi atteint ses objectifs de 30 % de femmes dans sa campagne de recrutement, 50 % dans l'équipe de négociation collective, 67 % dans son comité des finances et de 50% dans le comité directeur.

En Ouganda, le Syndicat des travailleurs de la chimie, du pétrole et des branches connexes a mis en place des structures nationales pour les femmes, tandis qu'au Syndicat des travailleurs du textile, du vêtement, du cuir et des secteurs connexes, le nombre des négociatrices est passé de trois à six.

Ailleurs, des Comités des femmes d'IndustriALL ont été créés au Ghana et au Cameroun en 2016 et des affiliés ont lancé des campagnes de recrutement visant spécifiquement les femmes au Cameroun et au Burkina Faso.

"Les défis que rencontrent les syndicats en Afrique sont considérables, mais une présence accrue des femmes, en particulier dans les postes dirigeants, renforcera les syndicats et apportera de meilleures perspectives d'avenir, tant pour les hommes que pour les femmes," a déclaré Tendaï Makanza, la coordinatrice du projet d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne.

Industrial Chile et les défis des questions de genre de la réforme syndicale

Après s’être joint à la marche et aux activités sur le thème “Pas une de moins” organisées par la centrale syndicale CUT ce 8 mars, Industrial Chile va célébrer la Journée internationale de la Femme ce 9 mars avec un séminaire sur les questions d’égalité des genres au sein de la réforme syndicale qui entrera en vigueur le 1er avril.

“Nous voulons analyser comment les changements de cette réforme pourraient bénéficier aux femmes,” a expliqué la directeur du Département des Femmes d’Industrial Chile, María Teresa Espinosa.

“Cette présente réforme syndicale requiert que des femmes occupent des postes dirigeants dans les syndicats. Les statuts d’Industrial Chile ne prévoient toujours pas un quota minimum de femmes”.

Industrial Chile – Constramet dispose d’un département des femmes qui s’efforce de créer des opportunités permettant aux femmes d’exprimer leurs besoins, de se battre pour leurs idées, de prendre la tête de négociations sur leurs revendications, de travailler au renforcement du mouvement syndical et d’augmenter la proportion des femmes au niveau des syndicats.

“Nous visons à recruter beaucoup de femmes au sein d’Industrial Chile parce que nous constatons les conditions de travail difficiles des femmes. Nous organisons des cours et des séminaires où nous formons les femmes à s’exprimer,” a indiqué Espinosa.

Cette réforme requiert qu’au moins un tiers des membres de l’exécutif du syndicat soit constitué de femmes et qu’au moins une femme fasse partie des délégations de négociation des syndicats qui comptent des adhérents féminins.

Les changements de la législation syndicale représentent dès lors un réel défi pour les syndicats chiliens. Industrial Chile soutient ces changements et s’accorde à dire qu’il y a toujours du travail à exécuter pour assurer une égalité des chances pour les femmes et obtenir une égalité hommes-femmes.

La réforme donne par exemple aux syndicats le droit de demander des informations sur les salaires qui vont leur permettre de comparer les niveaux de rémunération des hommes et des femmes. Selon l’enquête la plus récente menée par l’Institut national des statistiques du Chili, l’écart salarial entre les hommes et les femmes est monté à 31,6% en 2016. Les dispositions de la réforme syndicale vont permettre aux syndicats de déterminer la véritable situation salariale sur chaque lieu de travail. Mais les syndicats vont toujours devoir continuer à se battre pour l’égalité salariale.

La Secrétaire régionale adjointe d’IndustriALL Laura Carter a déclaré :

“Les efforts d’Industrial Chile – Constramet reflètent ceux d’IndustriALL. Nous avons formulé nos objectifs et nous devons maintenant trouver le moyen de les atteindre. Le 8 mars est un bon moment pour réaffirmer notre engagement par rapport à cette tâche.”

Participation accrue des femmes au sein des syndicats dans le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

Les femmes syndicalistes se sont réunies en Tunisie, hier, pour célébrer la journée internationale de la femme et organiser le travail pour mettre fin à la violence faite aux femmes sur le lieu de travail. Le réseau des femmes d’IndustriALL en Tunisie, la centrale syndicale: l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), ainsi que les affiliés des syndicats mondiaux UNI et de l’Internationale des services publics (ISP) ont organisé un séminaire.

Les secrétaires généraux de l’UGTT et de la Confédération syndicale arabe, l’organe régional de la CSI, ont pris la parole lors de la réunion.

Depuis le lancement du réseau régional des femmes en 2015 et la création consécutive des réseaux nationaux en Egypte, en Tunisie, au Maroc, en Irak, en Jordanie, en Palestine et au Liban, les femmes syndicalistes luttent activement pour renforcer l’autonomie des travailleuses et accroître leur participation dans les syndicats.

A l’occasion du 60e anniversaire du Code du statut personnel tunisien (un ensemble de lois progressistes visant à l’égalité des droits pour les femmes), le réseau des femmes de Tunisie d’IndustriALL et les décideuses des affiliés tunisiens à UGTT, UNI et IPS ont lancé une campagne pour une meilleure intégration des femmes dans les structures syndicales de décision, sous le slogan « les femmes syndicalistes sont des dirigeantes efficaces ».

Au mois de janvier de cette année, pour la première fois dans l’histoire de l’UGTT, une femme, Naima Hammami, est devenue membre du conseil d’administration.

Au Maroc, le réseau a motivé un débat entre les centres nationaux sur le projet de loi sur l’égalité des sexes.

Il s’agit de l’aboutissement d’un travail continu mené par le réseau des femmes. Les dirigeantes syndicales et les membres des affiliés à IndustriALL ont inscrit les questions relatives à la participation des femmes, aux droits des femmes et à l’égalité des sexes à l’ordre du jour des syndicats. Une série d’ateliers sur ces questions sont conduits dans les pays respectifs depuis 2014.

Jenny Holdcroft, Secrétaire général adjointe d’IndustriALL, a déclaré:

« Grâce à la création des réseaux des femmes et le travail d’IndustriALL, nous voyons naître un nouveau leadership féminin dans la région. Les femmes coordonnent activement les campagnes et leur travail gagne en visibilité, même au niveau international.

« La direction syndicale prend au sérieux les questions relatives aux femmes, qui sont de plus en plus nombreuses à participer à tous les niveaux du mouvement syndical ».

Les affiliés organisent de plus en plus de femmes et signalent une hausse des effectifs féminins et du leadership féminin, notamment dans les secteurs faisant appel à un grand nombre de travailleuses, comme l’industrie du textile et de l’habillement.

Le réseau régional des femmes se réunira en mai pour évaluer la campagne de 2016 contre la violence faite aux femmes.

Progrès majeur vers l’augmentation du nombre des congés maternité dans les Philippines

Le Sénat a adopté les propositions à la troisième et dernière lecture du projet de loi, contrairement à la Chambre des représentants qui a approuvé les mesures législatives visant à augmenter les congés maternité à 100 jours. Les dispositions actuelles relatives aux congés maternité légaux dans le pays sont de 60 jours pour un accouchement normal et de 78 jours pour une césarienne. Un débat bicaméral aura désormais lieu pour parvenir à un projet de loi commun sur la question.

Le succès au Sénat est arrivé après la campagne énergique menée par les affiliés à IndustriALL dans les Philippines dans le cadre du projet d’IndustriALL sur l’égalité des sexes et la protection de la maternité en Asie du Sud-Est, financé par l’organisation syndicale néerlandaise FNV Mondiaal.

Les femmes d’IndustriALL étaient représentées au sein du groupe de travail technique chargé de rédiger les nouvelles dispositions législatives. La campagne menée par les femmes d’IndustriALL dans les Philippines a également permis d’inscrire la ratification de la Convention n° 183 de l’OIT sur la protection de la maternité dans le programme de travail de la Commission nationale de lutte contre la pauvreté du pays.

La ratification de cette Convention était un objectif clé du projet de 17 mois d’IndustriALL/FNV Mondiaal en Asie du Sud-Est qui s’est terminé en décembre 2016. Les autres objectifs étaient de renforcer les structures relatives aux femmes et à l’égalité des sexes au sein des affiliés à IndustriALL et d’accroître l’adhésion syndicale.

Dans le cadre de ce projet, la Fédération des travailleurs de l’industrie du Myanmar est passée de 11 232 à 13 486 membres, dont 80 pour cent de femmes. Les adhésions à la Fédération des mineurs du Myanmar ont, quant à elles, pratiquement doublé, passant de 3 785 à 7 452 en moins de deux ans, et comprennent 30 pour cent d’effectifs féminins. En Thaïlande, le nombre des femmes membres des syndicats PTTU, EGAT, CWUA et TWFT aurait augmenté de 30 à 40 pour cent depuis le lancement du projet. Le Comité des femmes d’IndustriALL du pays a également présenté un exposé de principes au Premier ministre soulignant le soutien des travailleurs à la ratification de la Convention n° 183 de l’OIT.

En Indonésie, le syndicat FSPMI, affilié à IndustriALL, a adopté un quota de 40 pour cent de femmes à des postes à responsabilité. D’autres affiliés dans le pays, tels que les syndicats SPN et SEMWU, prévoient de faire la même chose en 2017. Toujours en Indonésie, les femmes d’IndustriALL ont rétabli la communication avec le ministère de la Santé sur la question de la ratification de la Convention n° 183 de l’OIT, tout en faisant pression pour l’amélioration de la protection de la maternité et des prestations dans le pays. Dans l’intervalle, les affiliés à IndustriALL ont constitué des comités des femmes chargés de former les femmes et de faire campagne sur les questions liées aux femmes dans 94 usines implantées dans le pays.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a déclaré:

Le projet d’IndustriALL sur l’égalité des sexes et la maternité en Asie du Sud-Est a donné d’incroyables résultats en peu de temps grâce au travail acharné des femmes qui y ont participé et au soutien financier du FNV Mondiaal. Nous espérons sincèrement que la victoire au Sénat donnera lieu aux nouvelles mesures législatives dans les Philippines, ce qui améliorera considérablement la vie de toutes les nouvelles mères qui travaillent dans le pays.

IndustriALL signe un nouvel accord-cadre avec le Groupe PSA

L’accord a été signé au siège de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), en présence de Valter Sanches, Secrétaire Général d’IndustriALL Global Union, Luc Triangle, Secrétaire Général d’industriAll European Trade Union, Carlos TAVARES, président du Directoire du Groupe PSA,  Xavier Chéreau, Directeur des Ressources Humaines du Groupe, et de  Deborah GREENFIELD, Directrice Générale adjointe de l’OIT. 

L’accord est composé de deux parties :

Valter Sanches, Secrétaire Général d’IndustriALL Global Union a déclaré :

« Cet accord va encore plus loin que le précédent pour protéger les droits des salariés de la chaîne d’approvisionnement mondiale du Groupe PSA et il reconnaît le rôle essentiel des syndicats dans le Groupe. Ceci est particulièrement important maintenant que le Groupe PSA cherche à se développer. L'accord donne la prééminence aux normes internationales du travail lorsque la législation nationale est insuffisante et fait du respect des droits fondamentaux un facteur déterminant dans la sélection des fournisseurs du Groupe PSA ».

En outre, l’accord affirme le rôle essentiel des organisations syndicales dans le dialogue et la cohésion sociale de l’entreprise. Le Groupe PSA privilégie une relation de confiance et de transparence pour conduire les évolutions de l’Entreprise. Ainsi, l’accord renforce la dimension mondiale du Comité de Groupe et sa vocation à partager les enjeux économiques et sociaux à l’échelle mondiale.

A cette occasion, Xavier Chéreau, Directeur des Ressources Humaines du Groupe PSA, a dit :

« Dans la dynamique de l’accord signé en France « Nouvel Elan pour la Croissance », j’ai souhaité porter au niveau mondial notre volonté de co-construire avec les partenaires sociaux l’avenir du Groupe. Cet accord impulse une nouvelle dynamique et accompagne le développement international du Groupe PSA inscrit dans notre plan stratégique « Push to Pass».

Luc Triangle, Secrétaire Général d’IndustriAll European Trade Union ajoute :

« Avec le renouvellement de son accord-cadre mondial, le Groupe PSA va de l'avant en établissant des standards minimum et mondiaux de développement des compétences, d'employabilité des travailleurs et sur la santé et la sécurité au travail. Transformer le Groupe PSA en entreprise « apprenante » et donner à chaque employé la possibilité de s'adapter, est la bonne réponse au défi de la numérisation et à la décarbonisation de l'économie. Ces engagements ambitieux ne deviendront réalité pour les employés que s'ils peuvent compter sur un dialogue social solide et des négociations au niveau local ".

Deborah Greenfield, Directrice Générale Adjointe de l’OIT a déclaré :

« L'OIT se félicite de l'accord qui renforce l'engagement du Groupe PSA dans le respect des droits des travailleurs. C'est un bon exemple de la façon dont le dialogue social peut avoir un impact positif sur les conditions de travail dans un contexte mondial ».

Qu’est-ce qu’un Accord Cadre Mondial?

Accords-Cadres Mondiaux servent à proteger les intérêts des travailleurs et travailleuses dans toutes les opérations d'une multinationale.

Les Accords Mondiaux sont négotiés à l'échèle mondiale entre syndicats et une entreprise multinationale. Des Accords Mondiaux visent à mettre en place les standards les plus élevés en matière de droits syndicaux, de santé, de sécurité, de pratiques environnementales et de principes de travail dans les opérations internationales d'une entreprise, indépendemment si ces standards sont en place dans un pays individuel.

IndustriALL rend la priorité à la conclusion, gestion et amélioration des ACMs avec des entreprises multinationales.

Les accords en vigueur

IndustriALL a des Accords-Cadres Mondiaux avec les entreprises multinationales suivantes.

Aker, AngloGold, BMW, Bosch, Brunel, Daimler, EADS, EDF, Electrolux, Endesa, Eni, Enel, Evonik, Freudenberg, Gamesa, GDF Suez, GEA, H&M, Indesit, Inditex, Lafarge, Leoni, Lukoil, MAN, MANN-HUMMEL, Mizuno, Norsk Hydro, Norske Skog, Petrobras, Prym, PSA Peugeot Citroën, Renault, Rheinmetall, Röchling, SCA, Siemens, SKF, Solvay, Statoil,Tchibo, Total, ThyssenKrupp, Umicore, Vallourec, Volkswagen, ZF

Ukraine : une explosion a tué huit mineurs

Le 2 mars, une explosion s’est produite à la mine de Stepovaïa et des éboulements ont causé les décès. À ce moment, 172 mineurs étaient au travail dans le puits et 34 d’entre eux étaient occupé sur le site touché. Parmi les mineurs décédés, le plus jeune avait 19 ans et le plus âgé 42. Parmi ces huit victimes, on compte un conducteur de chantier, un chef d’équipe et six ouvriers mineurs.

De plus, selon le syndicat, il y a d’autres victimes. Tous les travailleurs présents dans la mine au moment de l’explosion ont été emmenés à l’extérieur, 21 étant hospitalisés dont six sont toujours dans un état grave. La plupart d’entre eux souffrent de brûlures à des degrés divers. Les activités de la mine sont pour l’instant suspendues. Le 3 mars a été déclaré jour de deuil en Ukraine.

Vitaly Onizhuk, de la section régionale du NPGU de Chervonograd, estime que la cause de la tragédie est le grisou. Les causes exactes des éboulements seront bientôt établies.

Le Président ukrainien a ordonné au gouvernement d’examiner la situation des toutes les entreprises minières du pays quant aux moyens financiers consacrés à la sûreté et au respect des conditions de sécurité lors de la production. Aussi, le Premier Ministre et le Ministre de l’Énergie et du Charbon ont pris un vol pour se rendre sur les lieux de la catastrophe. Ils ont déjà décidé de la mise en place d’une Commission nationale pour l’inspection de la sécurité dans les mines. 200 millions de hryvnias (environ 7,4 millions de dollars) seront consacrés aux moyens de protection des mineurs.

Le NPGU a soulevé à de nombreuses reprises la question de la protection du travail et de la sécurité professionnelle dans les mines d’Ukraine.

Le président du syndicat, Mychailo Volynets a déclaré :

“L’an dernier, le NPGU a prévenu de la situation critique de l’industrie du charbon. Les charbonnages nationalisés n’ont pas reçu un financement complet venant du budget de l’État. L’argent a manqué pour assurer la sécurité, acheter de nouveaux équipements et moderniser les mines. Tous ces facteurs créent le danger d’accident dans les mines de l’État. Le NPGU relève que certaines mines de l’État n’ont de l’équipement de protection individuelle que pour 50% des mineurs”.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union a déclaré :

“Nous déplorons la perte de nos camarades mineurs. Nous offrons notre soutien et notre solidarité à leurs familles et leur syndicat”.

“Le bilan des conditions de santé et sécurité des mines d’Ukraine est totalement inacceptable. IndustriALL Global Union exhorte le gouvernement ukrainien à prendre les mesures nécessaires sans délai”.

D’ici à la fin du mois, IndustriALL Global Union et la Confédération syndicale internationale (CSI) mèneront une mission spéciale en Ukraine comprenant une série de réunions avec les autorités politiques, les syndicats et la société civile.

La solidarité paie ! Les 35 syndicalistes et travailleurs de l'habillement emprisonnés au Bangladesh sont libres

Bangladesh, éléments du succès d'une campagne

La situation

Les travailleurs du textile et de l'habillement du Bangladesh se syndiquent et luttent pour obtenir de meilleures conditions. En décembre 2016, des milliers se sont mis en grève pour réclamer une hausse du salaire minimum. 1.600 travailleurs ont été licenciés, 35 syndicalistes ont été arrêtés, d'autres se sont réfugiés dans la clandestinité et des bureaux de syndicats ont été fermés.

IndustriALL et son homologue UNI ont lancé une campagne contre cette vague de répressions. Hier, nous avons obtenu confirmation de notre victoire : le dernier syndicaliste emprisonné a été libéré et nos affiliés bangladais ont été reconnus en tant que partenaires de négociation par le gouvernement et l'association des employeurs, la BGMEA.

Comment avons-nous fait ?

1.         Nous avions des antécédents

Nous avons passé des années à sensibiliser l'opinion aux conditions régnant au Bangladesh et à tisser des liens avec ceux qui militaient pour que les choses changent. Nous avons pu lancer notre campagne avec un message simple.

2.         Nous avons mobilisé notre base …

Nous avons contacté nos organisations affiliées du monde entier et leur avons demandé d'envoyer des lettres de protestation au gouvernement bangladais. Nous avons coordonné une journée d'action par des manifestations organisées par les syndicats devant les ambassades du Bangladesh de Berlin, Genève, Londres, Bruxelles, La Haye, Washington, New York, Ottawa, Katmandou et Séoul.

3.         … lancé une campagne sur LabourStart

Nous avons lancé une campagne sur LabourStart, le site de pétition en ligne du mouvement syndical. Plus de 10.000 syndicalistes du monde entier ont envoyé des messages de protestation au gouvernement bangladais. 

4.         … activé notre réseau

Nous avons noué des liens étroits avec des ONG partenaires. Nous avons contacté des organisations telles que Clean Clothes Campaign et Fashion Revolution qui ont soutenu notre campagne et l'ont diffusée dans leurs réseaux.

5.         … donné à tous quelque chose à faire

Nous nous sommes adressés au grand public par le biais des médias sociaux pour lui parler de la vie des travailleurs qui confectionnent nos vêtements dans des termes simples et interpellants. Nous avons utilisé un contenu facile à partager avec beaucoup d'illustrations.

Nous avons publié un poster simple réclamant la libération des syndicalistes et l'avons proposé au téléchargement. Nous avons demandé aux gens de prendre des selfies d'eux-mêmes tenant le poster et de les diffuser dans les réseaux sociaux avec notre hashtag de campagne #EveryDayCounts. Ils ont été des centaines à poster des photos, ce qui a contribué à diffuser plus largement notre message.

6.         … utilisé des alternatives positives

Nos adversaires qualifient les manifestations syndicales de criminelles et violentes. Nous avons contesté ces propos par une alternative positive : deux de nos affiliés ont signé des conventions collectives avec des employeurs de l'habillement bangladais pendant la répression, montrant ainsi que des relations de travail positives sont possibles.

7.         … utilisé des accords-cadres mondiaux

Depuis des années, nous tissons des liens avec des grands noms du prêt-à-porter qui se fournissent au Bangladesh. Nous avons signé des accords-cadres mondiaux avec H&M, Inditex (ZARA), Tschibo et Mizuno. Ces accords comportent des clauses strictes qui rendent les marques responsables de leurs chaînes d'approvisionnement et par lesquelles elles s'engagent à favoriser la négociation collective.

L'activisme consumériste signifie que de plus en plus de gens veulent savoir comment leurs vêtements sont confectionnés; pour rester concurrentielles, les marques doivent montrer qu'elles aussi sont attentives. Les grandes marques ne peuvent pas se permettre que leur nom soit associé à la répression contre les travailleurs au Bangladesh. Elles ont donc annoncé qu'elles allaient boycotter la foire commerciale essentielle pour l'industrie qu'est le Dhaka Apparel Summit.

Cette annonce fut le coup de grâce pour les propriétaires d'ateliers.

8.         Nous nous sommes imposés comme partenaires

Les syndicats sont là pour négocier des accords. À l'avenir, nous devrons collaborer avec le gouvernement et la fédération des employeurs pour créer une industrie du vêtement florissante qui offre des emplois de qualité.

Nous avons engendré une situation dans laquelle le gouvernement et les employeurs auraient vraiment beaucoup à perdre en poursuivant la répression et avons bien fait comprendre que nous pourrions encore intensifier la campagne. Puis nous leur avons offert une porte de sortie.

Les représentants syndicaux sur le terrain, l'IndustriALL Bangladesh Council (IBC), ont négocié un accord prévoyant la libération des syndicalistes emprisonnés. L'engagement a été pris de réintégrer les travailleurs licenciés et nous avons créé un précédent en faisant que l'IBC soit reconnu en tant que partenaire dans les négociations.

Conclusion

Les deux facteurs majeurs de notre succès sont :

1.   Prendre le temps de nouer des relations et d'instaurer la confiance au préalable, afin de pouvoir mobiliser beaucoup de monde très rapidement.

2.   S'attaquer au problème sous plusieurs angles. Avec les lettres et courriels envoyés au gouvernement bangladais, les manifestations devant les ambassades et le refus des marques d'assister à la foire de Dhaka, la pression s'est fait sentir de toutes parts. 

La campagne a fait jouer les relations et les réseaux. Nous avons utilisé nos points forts (nos réseaux) et visé les points faibles des employeurs (ternir leur réputation et menacer leur chiffre d'affaires).

Le syndicaliste néerlandais gagne son procès contre Shell/NAM

Van Luijk a été renvoyé par NAM, une filiale de Shell, au bout de 31 ans de service et après avoir été accusé d’avoir fait filtrer des informations confidentielles concernant le plan de pension de l’entreprise auprès de la Confédération néerlandaise des syndicats Federatie Nederlandse Vakbeweging (FNV).

Van Luijk est représentant du personnel auprès du conseil d’administration du fonds de pension et a partagé des informations aisément accessibles avec d’autres membres de son comité exécutif ainsi qu’au sein de la FNV. La conséquence de ce renvoi aurait été de ne pas avoir d’indemnités de licenciement ni d’accès aux allocations de chômage.

La FNV, qui est affiliée à IndustriALL Global Union, l’a défendu. Ce mardi, le tribunal d’Assen a tranché en sa faveur.

Henk Korthof, directeur de département de la FNV, a indiqué :

“Nous sommes ravis de cette décision, pour Bob et pour l’ensemble de notre exécutif. C’est une question de principe. Les membres de l’exécutif doivent être en mesure de s’acquitter de leur travail syndical et de partager des informations pertinentes avec les autres membres du comité et avec le syndicat en général, a fortiori lorsque ces informations sont librement accessibles sur internet !

“Pour nous, c’est simple : nous n’accepterons aucune attaque de ce type contre nos membres.”

Van Luijk avait eu l’intention d’accepter une intéressante offre de départ volontaire le 1er octobre 2016. Cependant, il a prolongé sa présence dans l’entreprise de trois mois parce que l’on n’avait alors encore trouvé personne pour le remplacer au conseil d’administration du fonds de pension. Il a été licencié durant cette période, sans indemnité, et l’offre de départ a expiré.

L’offre de départ concernant cinq années préalables à la pension a maintenant été rétablie et NAM paiera trois mois de salaire pour couvrir la période de son renvoi. L’entreprise versera en outre €5.000 de dédommagement.

Diana Junquera Curiel, directrice du département de l’énergie d’IndustriALL a déclaré :

“Je suis vraiment heureuse d’apprendre cette bonne nouvelle concernant Bob, un syndicaliste honnête, intègre et dévoué. Il est également un salarié loyal de NAM qui compte 31 années de service. La façon dont l’entreprise l’a traité a été honteuse.”
 
Ce mardi, lors d’un entretien téléphonique avec Van Luijk, le PDG de NAM lui a confirmé que l’entreprise n’irait pas en appel du verdict.