Les femmes d'IndustriALL au rendez-vous en force pour la JIF 2017

De France aux Philippines, les affiliés d'IndustriALL Global Union ont mené des actions sur les grands thèmes affectant les femmes : de l'allongement de l'âge de la retraite en Suisse, à la couverture maternité aux Philippines et la violence contre les femmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

En Uruguay, les syndicats d'IndustriALL se sont joints à un défilé qui a rassemblé 250.000 personnes dans les rues de la capitale, Montevideo, le 8 mars. Un rassemblement incroyable dans un pays qui compte moins de 4 millions d'habitants.

Au Sri Lanka, le Syndicat des travailleurs des zones franches d'exportation et des services généraux, affilié à IndustriALL, a organisé une manifestation de plus de 700 personnes pour informer de leurs droits les travailleuses pauvres et sous-payées du nord du pays.

Sous l'influence des femmes, les campagnes des syndicats évoluent : aujourd'hui, de plus en plus de syndicats font campagne pour les droits de la maternité, l'équilibre entre travail et vie privée, l'égalité salariale et pour la reconnaissance des tâches familiales non rémunérées que les femmes doivent encore assumer.

Le Congrès d'IndustriALL a adopté une résolution lui imposant d'atteindre une proportion de 40 pour cent de femmes dans toutes ses instances et nos structures sectorielles et régionales sont présidées par autant de femmes que d'hommes.

Cela contribue à améliorer la représentation des femmes chez nos affiliés qui doivent promouvoir les femmes à des postes à responsabilité qu'ils enverront comme déléguées.

Comme l'a déclaré la Secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Jenny Holdcroft :

"Nos syndicats ne changeront que lorsque nous aurons des femmes dans les fonctions dirigeantes, qui prendront des décisions qui améliorent la vie professionnelle des hommes et des femmes partout dans le monde. En associant les femmes, nous rendrons notre mouvement plus fort, pour lutter pour tous et toutes."

Australie: le syndicat CFMEU obtient une transition juste pour les travailleurs d’une centrale électrique

En novembre 2016, la multinationale de l’énergie Engie a annoncé la fermeture au 31 mars 2017 de la centrale thermique à charbon et de la mine adjacente, au prix de la suppression de centaines d’emplois. Le CFMEU a entamé des négociations avec les opérateurs de la centrale électrique dans la vallée Latrobe et le gouvernement de l’Etat du Victoria qui ont abouti à l’établissement d’un programme de partenariat pour le transfert des travailleurs de la vallée Latrobe.

L’accord s’engage à réduire au minimum les pertes d’emplois, à favoriser la reconversion des travailleurs et comprend un plan de préretraite, qui permettra de libérer des postes pour ceux qui désirent continuer à travailler dans le secteur.

Les travailleurs plus âgés se verront offrir une retraite anticipé à la centrale thermique et à la mine de Loy Yang A, localisées dans la même région, ce qui créera des emplois pour les jeunes travailleurs de Hazelwood et permettra de retenir les familles, les emplois et l’argent dans la vallée. Au moins 150 travailleurs de Hazelwood bénéficieront d’un soutien à l’emploi.

Le président national du syndicat CFMEU et membre du Comité exécutif d’IndustriALL Global Union, Tony Maher, a qualifié le plan, dans lequel les opérateurs de la centrale électrique de la vallée de Latrobe, les syndicats et le gouvernement de l’état du Victoria ont pris des engagements, « d’avancée en matière de meilleures pratiques ».

« Ce partenariat veille à ce que les travailleurs, leurs familles et la communauté en générale de la vallée Latrobe soient pris en charge durant la fermeture de la centrale électrique de Hazelwood », a-t-il indiqué.

« C’est une transition juste pour les travailleurs, leurs familles et les communautés. Des centaines de travailleurs directement touchés respireront un peu mieux ce soir, ainsi que leurs familles, sachant qu’il existe une volonté d’agir pour l’avenir de leurs familles ». 

La centrale électrique et la mine de Hazelwood se situent dans la vallée Latrobe, dans l’Etat du Victoria, à 150 km à l’est de Melbourne. Elle appartient conjointement à Engie (72 %) et à Mitsui (28 %). La société Engie basée en France (anciennement GDF Suez) a conclu un accord-cadre mondial avec IndustriALL et les syndicats mondiaux PSI et BWI en 2012.

Hazelwood emploie environ 500 personnes directement et en moyenne 300 entrepreneurs d’alliance. Des centaines de personnes supplémentaires sont recrutées durant les fortes périodes de maintenance.

Engie a annoncé la fermeture de Hazelwood dans le cadre de la politique d’arrêt progressif de ses activités charbonnières. Par ailleurs, l’entreprise s’est plainte des prix bas de l’électricité et de la surcapacité dans le secteur de l’électricité dans l’Etat du Victoria.

Le syndicat CFMEU et ses alliés, qui ont travaillé en étroite coopération avec le gouvernement du Victoria, ont exercé de fortes pressions pour qu’une solution soit trouvée. Le vendredi 10 mars, le premier ministre du Victoria, Daniel Andrews, a annoncé la mise en place d’un programme de financement pour faciliter la reconversion et le départ à la préretraite des travailleurs, ainsi que la conclusion d’un accord avec des entreprises énergétiques pour reclasser des travailleurs sur d’autres sites.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« C’est un excellent exemple qui montre qu’une transition juste n’est pas qu’un simple exercice théorique. Lorsqu’une volonté politique existe de la concrétiser, nous pouvons parvenir à des résultats concrets.  

« La Division chargée des mines et de l’énergie de notre affilié CFMEU a vraiment fait du très bon travail en défendant les intérêts de ses membres et de la communauté au sein de laquelle ils vivent ».

Les syndicats de mineurs au niveau mondial exigent que BHP Billiton reprenne les négociations à la mine de La Escondida au Chili

Workers Uniting (constitué des Métallos USW des États-Unis et du Canada ainsi que du syndicat Unite du Royaume-Uni et d’Irlande), le Syndicat national des mineurs d’Afrique du Sud (NUM), le Syndicat des mines et de l’énergie CFMEU d’Australie, ensemble avec IndustriALL Global Union, ont exhorté la direction de La Escondida à revenir à la table des négociations avec le syndicat “Sindicato Nº1 de Minera Escondida”.

“Les mineurs de par le monde sont unis dans la solidarité aux côtés des travailleurs et travailleuses de La Escondida et soutiennent leurs justes revendications,” a déclaré Piet Matosa, Président du Syndicat national des mineurs d’Afrique du Sud.

2.500 travailleurs et travailleuses sont partis en grève à La Escondida le 9 février après que l’entreprise a suspendu les négociations avec le syndicat. La direction a boycotté une médiation avec les grévistes organisée à l’initiative du gouvernement le 15 février.

“Il est inacceptable qu’une compagnie de niveau mondial comme BHP Billiton refuse de s’asseoir à la table pour négocier en toute bonne foi avec ses travailleurs,” a déclaré Tony Burke, Secrétaire général adjoint de UNITE.

En dépit de gains de productivité de 30% au cours des deux dernières années, l’entreprise essaie de pratiquer des coupes sombres de 14% dans les salaires, d’augmenter le temps de travail au-delà de 12 heures par jour et d’imposer un régime de prestations à deux vitesses pour les salariés présents et à venir. La Escondida a retenu de manière illégale les primes de l’année dernière pour faire pression sur les grévistes.

Leo Gerard, Président international des Méttalos USW a déclaré : “L’exploitation éhontée de sa main d’œuvre chilienne de la part de BHP Billiton forge une mauvaise réputation à l’entreprise et menace sa valeur à long terme au nom de bénéfices à court terme.”

Au cours d’une manifestation tenue le 1er mars, des forces spéciales de la police ont tiré des grenades lacrymogènes dans la foule, blessant trois travailleurs. Il semblerait qu’en l’absence de procédures de relations sociales adéquates visant à promouvoir des négociations collectives de bonne foi, l’État ait maintenant recours à la violence pour résoudre les conflits de travail.

“Vu la gravité de la situation, nous exigeons que BHP Billiton intervienne immédiatement pour redémarrer les négociations avec le Sindicato Nº1 afin de conclure une convention collective honnête pour tous les salariés de La Escondida,” a déclaré Andrew Vickers, Secrétaire général de la Section Mines et Énergie du CFMEU et coprésident de la section des mines d’IndustriALL.

Les mineurs moldaves exigent le rétablissement de la retraite anticipée

La réforme du régime des retraites en Moldavie est entrée en vigueur le 1er janvier 2017. Celle-ci prévoit une augmentation progressive de l’âge de la retraite des femmes et des hommes à 63 ans. Cette mesure est une des conditions imposées au pays par le Fonds monétaire international conformément au Mémorandum de coopération conclu avec les autorités moldaves en 2016. La loi a été amendée en dépit des observations critiques formulées sur la faible espérance de vie dans le pays et le fait que de nombreux travailleurs ne survivront pas à l’âge auquel ils prendront désormais leur retraite.
 
En vertu de cette nouvelle loi, les mineurs ne peuvent plus prendre leur préretraite à l’âge de 54 ans et bénéficieront des mêmes conditions de retraite que les autres travailleurs. Environ 1 000 mineurs, dont 218 membres syndicaux, sont concernés par cette réforme.
 
Le président de la FCBMTU, Viktor Talmach, a déclaré:

« Ces personnes ont délibérément choisi de travailler dans des conditions difficiles et dangereuses parce que la loi leur accordait le droit à la retraite anticipée. Ces mêmes personnes recueillent maintenant des signatures et écrivent aux représentants de l’Etat pour exiger une modification de la loi et retrouver leurs avantages ».

Les mineurs ont sollicité l’aide de la FCBMTU et ont commencé à recueillir des signatures contre l’augmentation de l’âge de la retraite sur la base d’une liste préférentielle d’emplois bénéficiant d’avantages, parmi lesquels la préretraite. De son côté, la Fédération a lancé un appel à la Confédération nationale des syndicats de la Moldavie et envoyé une lettre au gouvernement de la République de Moldavie.
 
La Fédération négocie actuellement avec le ministère du Travail la tenue d’une réunion avec les représentants de l’employeur et des employés pour clarifier les circonstances de cette réforme. Les mineurs s’apprêtent à manifester avec la coordination de leur syndicat. 

Nouvelle convention collective chez Volkswagen en Russie

Les travailleurs étaient représentés par l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat interrégional « Workers Association » (ITUWA), le nouveau syndicat interrégional innovateur des industries de l’automobile et connexes, et le Comité d’entreprise.

La nouvelle convention collective a été signée à l’usine Volkswagen le 22 février, c’est-à-dire à la veille de l’expiration de la période réglementaire de trois mois. Les négociations avaient commencé en novembre 2016. Au cours de cette période, l’ITUWA a proposé plus d’une trentaine d’amendements à l’accord pour améliorer les postes des travailleurs. Malgré la réticence de l’employeur à les adopter, un accord a été conclu suite aux négociations. 

Le syndicat a réussi à maintenir l’ensemble des prestations sociales et des garanties incluses dans l’accord précédent. De plus, les syndicats ont obtenu les résultats suivants:

« Nous sommes parvenus à nous entendre sur une augmentation de 5,4 pour cent des salaires et, en tenant compte du salaire moyen, à traduire cette hausse en un montant fixe. Cela correspond à la période de crise », a déclaré un militant de l’ITUWA, Anatoly Demidov.

Le prochain objectif du syndicat est de signer une convention sur les relations juridiques et de travail dans les six mois à venir sur la base du document adopté par Volkswagen en Allemagne. Selon ce document, il existe trois niveaux de participation des employés au niveau de la prise de décision: l’information, la consultation et l’approbation. Dans ce dernier cas, la direction devrait recevoir l’autorisation des représentants des employés, à savoir le Comité d’entreprise de l’usine implantée à Kaluga.

Dmitry Trudovoj, président de l’organisation régionale Kaluga ITUWA, a déclaré:

« Aujourd’hui nous avons signé un accord d’intention et accepté le statut quo. Il est essentiel de conclure un accord sur les relations juridiques et les relations de travail avant le mois d’août. L’approbation avec les représentants des employés deviendra obligatoire sur toutes les questions exceptées celles du financement et de l’investissement qui seront, pour leur part, examinées dans le cadre des consultations ».

Mines : une première étude montre que les syndicats sauvent des vies

De nouvelles recherches ont découvert des preuves solides que des délégués à la sécurité soutenus par un syndicat se montraient plus efficaces pour la prise en compte et la résolution d’importantes questions de sécurité que des délégués agissant seuls.

Ce projet d’étude comparative, mené par le Professeur David Walters de l’Université de Cardiff University, s’est basé sur les expériences de délégués à la santé et la sécurité de cinq pays : l’Australie, le Canada, l’Inde, l’Indonésie et l’Afrique du Sud. Cette étude a impliqué des rencontres avec des syndicalistes au plan national et régional, des mineurs et des inspecteurs du gouvernement ainsi que d’autres acteurs clés.

L’étude a également montré que les directions des mines ne jouaient pas leur rôle de facilitateur et qu’en conséquence les délégués à la santé et à la sécurité étaient privés du bénéfice de ce soutien.

“Cette étude bienvenue renforce le message qui est le nôtre que les syndicats jouent un rôle clé au niveau de la conscientisation et de la formation à la santé et la sécurité. Notre conviction est que les travailleurs ont le droit, les employeurs l’obligation et les gouvernements la responsabilité d’améliorer la sécurité dans les mines,” a indiqué le directeur du département des mines d’IndustriALL, Glen Mpufane.

Cet actuel rapport international, qui est la première étape d’un projet de recherche qui en compte deux, concerne une étude exploratoire s’attachant au rôle des représentants des travailleurs du secteur minier dans une série d’économies nationales et sur la façon dont celui-ci est soutenu ou limité au plan local, national et international.

Cette étude tend à déterminer la manière dont les quatre droits fondamentaux contenus dans la Convention 176 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sont encouragés ou soumis à restriction. Ces quatre droits fondamentaux des travailleurs sont :

  1. Le droit de refuser d’effectuer des tâches dangereuses.
  2. Le droit à l’éducation et à la formation.
  3. Le droit à l’information.
  4. Le droit à la représentation et à la participation.

Les auteurs de l’étude, le Professeur Walters et le Professeur Richard Johnstone de la Faculté de Droit de l’Université de Technologie du Queensland / Université nationale australienne, ont livré leurs premières conclusions lors d’un atelier financé par la FES et tenu ce 7 mars à Johannesburg, en Afrique du Sud. Cet atelier, organisé par le Centre pour la Durabilité dans les Mines et l’Industrie de l’Université du Witwatersrand en collaboration avec IndustriALL, a vu la participation de délégués à la santé et la sécurité ainsi que de responsables du Syndicat national des mineurs (NUM), du Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA), du Bureau de l’OIT pour l’Afrique orientale et australe, de la Chambre des Mines d’Afrique du Sud et de praticiens de la formation à la santé et la sécurité.

Aidez-nous à stopper le commerce de l'amiante

Des centaines de milliers de travailleurs meurent chaque année de maladies causées par une exposition à l'amiante, le plus grand tueur industriel au monde.

Depuis des années, de nombreux pays tentent de faire reconnaître l'amiante chrysotile en tant que substance toxique au sens de la Convention de Rotterdam, un instrument des Nations unies qui soumet le commerce d'une liste de substances dangereuses à un consentement préalable et à la connaissance complète de leurs dangers.

Or, ces tentatives sont chaque fois bloquées par quelques pays qui continuent de tirer profit du commerce de l'amiante, dont la Russie et l'Inde.

IndustriALL invite les organisations syndicales à écrire au plus vite à leurs gouvernements pour qu'ils appuient une proposition d'amendement de la Convention de Rotterdam qui ferait qu'aucun pays ne pourrait opposer seul son véto à l'inscription d'une substance dangereuse dans cette liste.

Avec cette proposition émanant de 12 pays de la Région africaine, en l'absence de consensus, une substance pourrait être répertoriée comme dangereuse si une majorité de 75 pour cent des parties soutiennent l'initiative.

Elle sera déposée à la prochaine Conférence des parties à la Convention de Rotterdam qui se tiendra du 24 avril au 5 mai 2017 à Genève, en Suisse.

Deux millions de tonnes d'amiante sont encore extraits, vendus et utilisés chaque année de par le monde. Et les conséquences mortifères vont perdurer pour des décennies encore. Si les pays devaient donner leur consentement préalable en connaissance de cause à l'importation d'amiante chrysotile, cela devrait réduire le commerce de ce funeste minéral.

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL, a déclaré :

Toutes les cinq minutes, quelqu'un décède d'une exposition à l'amiante et des millions d'autres personnes en sont malades et handicapées. Tant que l'une ou l'autre partie pourra opposer son véto au savoir scientifique et au bon sens, la Convention Rotterdam restera frappée du même discrédit. Nous comptons sur votre soutien pour remédier à cette situation.

Téléchargez la lettre à envoyer à votre gouvernement sur cette page et aidez-nous dans notre combat pour une interdiction totale de l'amiante.

Inde : 117 travailleurs acquittés et 31 condamnés dans l'affaire Maruti Suzuki

Un incident violent survenu chez Maruti Suzuki le 18 juillet 2012 avait causé la mort d'un directeur. Suite à cela, l'entreprise avait licencié 546 travailleurs permanents et 1.800 contractuels. Des dizaines de travailleurs avaient été arrêtés, 139 emprisonnés pendant plus de trois ans et demi et 11 n'ont jamais pu obtenir de libération sous caution.

À la fin du procès, le verdict du tribunal a acquitté 117 travailleurs de tous leurs chefs d'accusation et 11 ont été reconnus coupables.

Le prononcé de la peine des travailleurs reconnus coupables aura lieu le 17 mars. En l'absence de preuves concluantes reliant les travailleurs au décès et à l'incendie, le verdict déclarant tous les responsables syndicaux coupables a fait l'effet d'une onde de choc pour les travailleurs et leurs familles.

Jitendar Kumar, un des travailleurs acquittés qui a passé deux ans et neuf mois en prison, a déclaré :

"Nous subissions une répression parce que nous réclamions simplement nos droits. Nous avons été arrêtés sans la moindre preuve. Notre séjour en prison a bouleversé notre existence. Je suis le seul soutien de ma famille. Pendant mon absence, elle a vécu un calvaire indescriptible. Maintenant que nous avons été acquittés de toutes les charges retenues contre nous, j'espère retrouver une vie normale. Tout ce dont j'ai besoin, c'est un emploi pour subvenir aux besoins de ma famille et deux petites filles.

Vasudev, un travailleur acquitté qui avait commencé à travailler dans l'entreprise 18 jours à peine avant les violences, a passé 33 mois en prison. De même, Sunil Kumar, un travailleur occasionnel employé pendant cinq mois à l'usine, et Vijendar Kumar, un apprenti qui n'a travaillé que trois mois, ont aussi passé 33 mois en prison. Tous les travailleurs qui ont été arrêtés et leurs familles ont connu des temps difficiles depuis juillet 2012.

Pour Ram Niwas, membre du comité de travail provisoire, un organe ouvrier qui traite les problèmes juridiques des travailleurs,

"Que 31 aient été reconnus coupables dont 13 condamnés pour meurtre est une injustice. Pendant le procès, l'accusation n'a apporté aucune preuve déterminante reliant les travailleurs aux violences et à l'incendie. Elle n'a même pas produit les films des caméras de surveillance à l'audience. Nous appelons tous les travailleurs à exprimer leur solidarité, à soutenir les familles des travailleurs condamnés et à se joindre à nos efforts pour obtenir prochainement leur libération."

L'avocat des travailleurs, Vrinda Grover, explique :

"L'acquittement de 117 travailleurs de tous les chefs d'accusation a sans conteste vidé le dossier d'accusation de toute substance. Les condamnations de dix-huit travailleurs n'étaient que pour atteinte à l'intégrité physique et violation de propriété privée. Treize travailleurs ont été condamnés pour meurtre.

"L'important est de comprendre que ces 13 personnes sont les responsables et les principaux dirigeants du syndicat. Ils ont été impliqués dans cette affaire et les témoins de la direction ont déposé contre eux parce qu'ils défendent les droits des travailleurs.

"Ils paient le prix fort pour avoir défendu la cause des travailleurs. Il est très regrettable qu'un homme ait perdu la vie dans l'incendie de l'usine de Manesar, mais les preuves reliant l'un ou l'autre des 13 travailleurs à l'incendie sont plus que ténues. L'équipe de juristes assurant la défense des travailleurs de Maruti sait qu'elle aura de très solides arguments en appel de leur condamnation devant la Haute cour."

Pendant le procès, les avocats de la défense ont montré que les policiers qui ont mené l'enquête l'ont fait de manière malhonnête. Ils ont souligné que l'enquête était tendancieuse et biaisée sur plusieurs éléments cruciaux, la police ayant interverti les armes incriminées pendant le procès, 88 des 148 accusés ayant été choisis dans une liste alphabétique et les témoins n'en ayant identifié aucun lors des confrontations.

Aucun travailleur ni aucun agent de sécurité n'a été cité comme témoin par l'accusation, aucune des preuves d'utilisation d'armes n'a été retenue par le tribunal, la récupération des armes a été montée de toutes pièces et beaucoup de certificats médicaux produits par des témoins qui avaient dit au départ ne pas avoir été blessés se sont avérés faux.

Après le verdict, des travailleurs et représentants syndicaux de diverses entreprises de la Région de la capitale nationale, y compris de toutes les usines de Maruti Suzuki, Honda, RICO Auto et Bellosonica se sont rassemblés à Gurgaon pour manifester leur solidarité avec les travailleurs condamnés.

Ils ont exprimé leur vif mécontentement devant cette condamnation et ont décidé de venir en aide aux familles des travailleurs et d'entamer des actions collectives. En signe de protestation, ils ont décidé de boycotter le déjeuner du 16 mars dans toutes les usines de la région.

Corée: la destitution de la Présidente Park sonne la victoire des syndicats

Les nombreuses manifestations de masse dirigées par les affiliés à IndustriALL et la Confédération coréenne des syndicats (KCTU) ont joué un rôle clé dans la décision du Parlement de mettre en examen la Présidente Park et la confirmation de cette décision par les juges ce 10 mars.

La foule s’est rassemblée dans la capitale du pays, Séoul, pour regarder en direct, sur des écrans géants installés en plein air, l’inculpation de la Présidente. Un rassemblement aura lieu demain en soutien de la décision de la Cour.

Un porte-parole de l’affilié à IndustriALL, le syndicat coréen des métallurgistes, a déclaré:

« Au terme de mois de manifestations publiques massives hebdomadaires et d’un long processus judiciaire, nous sommes heureux de constater que la Cour constitutionnelle a décidé à l’unanimité d’inculper Park ».

IndustriALL et ses affiliés du monde entier ont soutenu les revendications des syndicats coréens appelant à la destitution de Park, dont les années de pouvoir ont vu les syndicalistes se faire emprisonnés, les locaux syndicaux être perquisitionnés et les politiques du travail porter atteinte aux droits des travailleurs.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a réagi par ces mots à la décision rendue ce jour par la Cour:

« Nous félicitons nos affiliés syndicaux coréens qui ont fait campagne sans relâche pour que la Présidente Park soit destituée. Nous souhaitons également remercier nos nombreux autres affiliés dans le monde entier qui sont intervenus dans le but de soutenir nos collègues coréens dans leur lutte. Park partie, nous exhortons son successeur à libérer immédiatement les syndicalistes emprisonnés et à respecter les droits des travailleurs à l’avenir ».  

Les syndicats en Corée réclament une réforme du système corrompu des entreprises familiales, connues sous le nom de chaebols, qui dominent la politique et les affaires dans le pays.   

Un porte-parole de la KCTU a déclaré:

« La décision de la Cour montre que la lutte menée par les syndicats était juste. La KCTU conjure maintenant le nouveau gouvernement de libérer tous les syndicalistes emprisonnés et de respecter les obligations de la Corée en matière de normes internationales du travail et de droits des travailleurs ».

Le président de la KCTU, Han Sang-gyun, purge une peine de trois ans de prison pour avoir organisé une manifestation de protestation contre Park.

En tant que citoyenne ordinaire, Park peut être désormais poursuivie en justice relativement au scandale de corruption. Samsung, Hyundai et d’autres puissants conglomérats coréens sont accusés de payer d’énormes pots-de-vin à des fondations contrôlées par un proche ami de Park, Choi Soon-sil.

IndustriALL a apporté un soutien considérable aux syndicats coréens durant l’administration Park en menant de nombreuses missions de solidarité. En novembre 2016, IndustriALL a défilé avec un million de Coréens pour faire respecter les droits des travailleurs et la démocratie, et le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, s’est adressé à une foule formée de centaines de milliers de personnes lors d’un rassemblement organisé par le syndicat coréen des métallurgistes. 

A la suite d’une résolution adoptée au Congrès d’IndustriALL en octobre 2016, les affiliés à IndustriALL avaient soutenu la grève générale coréenne du 30 novembre en intervenant auprès des ambassades coréennes et des entreprises coréennes, en envoyant des lettres de protestation à Park et en affichant leur solidarité avec les syndicalistes coréens sur les réseaux sociaux.

La Corée du Sud a maintenant 60 jours pour élire un nouveau Président. 

Le lock-out chez LafargeHolcim Texada au Canada prend fin avec un accord

L’accord conclu le 2 mars a mis fin à un lock-out de dix-huit semaines et a ramené l’espoir auprès des 70 adhérents USW et de l’ensemble de la communauté locale de l’île de Texada. Les membres de l’USW ont ratifié l’accord ce 8 mars par une courte majorité d’une voix.

Les détails de la convention n’ont pas encore été révélés. Cependant, selon les informations reçues à ce stade, l’USW a conclu l’accord sans concessions et, chose particulièrement importante, en maintenant les droits d’ancienneté de ses adhérents. Les autres acquis de la négociation comprennent une sécurité salariale et des augmentations des avantages divers similaires à celles obtenues dans d’autres conventions collectives du secteur.

Depuis le tout début de ce conflit, IndustriALL et le Comité mondial syndical pour LafargeHolcim ont suivi de près les événements concernant la carrière de Texada par le biais d’un contact permanent avec l’USW. Chaque fois que s’est présentée l’occasion, IndustriALL a soulevé la question du lock-out à Texada avec la direction internationale de l’entreprise. Le réseau syndical a maintes fois exprimé sa solidarité avec les collègues canadiens.

Earl Graham, délégué USW du personnel a confié : “La section locale 816 remercie les membres de la communauté locale, les autres sections des Métallos USW et les syndicats de la région pour leur soutien, ainsi qu’IndustriALL et ses alliés pour l’importante solidarité internationale déployée.”

Matthias Hartwich, directeur du département des matériaux industriels et de l’ingénierie mécanique chez IndustriALL ajoute ce commentaire : “Nous félicitons nos collègues de l’USW et leurs familles pour l’accord qu’ils et elles ont obtenu. Votre dévouement, votre fermeté et votre courage sont une source d’inspiration pour notre travail quotidien. Nous sommes conscients de toutes les difficultés et épreuves endurées par vous et vos familles durant ce lock-out. Nous sommes fiers de ce que vous avez obtenu et honorés d’avoir pu contribuer à votre lutte.”