IndustriALL réclame une restructuration équitable du secteur sidérurgique au niveau mondial

Grâce à l’aide de l’Etat, la production d’acier chinois a été multipliée par cinq en 15 ans. Or, l’économie chinoise ralentissant et la demande intérieure s’affaiblissant, l’excédent d’acier est illégalement déversé à des prix très bas sur le marché mondial, portant atteinte aux métallurgistes, à leurs syndicats et à leurs communautés.

Bien que la Chine ait récemment soutenu diminuer sa production excédentaire d’acier, les risques de surcapacité demeurent en raison des doutes soulevés à l’égard de la véracité de cette affirmation et de l’éventuelle adoption de pratiques illégales identiques par d’autres pays qui accroitraient la surcapacité.

L’objectif premier du Comité de l’acier de l’OCDE devrait être celui d’encourager la réduction des capacités de production sidérurgique dans les pays où les politiques qui faussent le marché de l’acier ont engendré une surcapacité. Le Comité devrait également viser en priorité à empêcher de nouveaux excédents de production découlant de politiques de distorsion des marchés,

a déclaré au Comité le Directeur d’IndustriALL pour le secteur des métaux de base, Adam Lee.

IndustriALL a avisé le Comité de l’importance à ce que les travailleurs et leurs syndicats puissent se faire entendre dans le processus de restructuration.

Le dialogue social a contribué à atténuer les effets des restructurations sur les travailleurs en Europe. Dans des pays tels que le Brésil, la Corée du Sud et les Etats-Unis d’Amérique, la restructuration du secteur est imposée avec une faible contribution des travailleurs au processus ou sans que les gouvernements ne fournissent l’appui qui permettrait l’instauration d’une dialogue social pour minimiser les répercussions de la restructuration sur les travailleurs.

Le Forum mondial sur la surcapacité sidérurgique

Créé par le G20 en 2016 pour faire face, en collaboration avec le Comité de l’acier de l’OCDE, au problème de la crise de la surcapacité de l’acier, le Forum mondial sur la surcapacité sidérurgique s’est réuni au début de la semaine dernière. IndustriALL a réitéré son désir de voir les syndicats inviter à y participer afin de veiller à ce que les travailleurs aient voix au chapitre dans la restructuration du secteur sidérurgique mondial.

Outre les hauts fonctionnaires de l’OCDE, la réunion du Comité de l’acier de l’OCDE comptait des représentants des Etats, des entreprises et des syndicats. Parmi ces derniers figuraient IndustriALL, le syndicat des métallurgistes unis, IndustriALL Europe et la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE. La Chine a assisté au Forum mondial mais a refusé de participer à la réunion du Comité de l’acier de l’OCDE.

IndustriALL a exprimé sa solidarité avec les métallurgistes chinois et exhorté la Chine à autoriser les syndicats indépendants et démocratiques ainsi qu’à adopter des politiques qui minimisent les impacts de la restructuration sur les métallurgistes chinois.

IndustriALL est soucieux de travailler avec le Comité de l’acier de l’OCDE et le Forum mondial afin de veiller à ce que les travailleurs aient un rôle important dans la restructuration équitable et durable de l’industrie sidérurgique mondiale,

a ajouté Lee.

IndustriALL condamne les arrestations de syndicalistes en Algérie

Mellal Raouf, Président de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des travailleurs de l’électricité et du gaz SNATEGS, et huit membres du bureau exécutif du syndicat ont été arrêtés à leur hôtel alors qu’ils s’apprêtaient à participer à un grand rassemblement dans la ville de Tizi Ouzou, dans le nord du pays.

Les forces de sécurité ont bloqué toutes les routes menant à Tizi Ouzou, empêchant tout véhicule d’entrer en ville, et ont confisqué les banderoles syndicales qui devaient être utilisées lors de la marche.

En dépit de cela, de nombreux travailleurs et travailleuses ont pris part aux actions de grève et de protestation en revendiquant de meilleurs salaires et la fin du harcèlement des membres du SNATEGS.

Cependant, des informations non-confirmées indiquent que les autorités auraient également arrêté davantage de travailleurs et de leaders syndicaux.

Raouf subit l’oppression des autorités depuis qu’il a révélé l’importante corruption au sein de la compagnie énergétique publique Sonelgaz. En décembre 2016, Raouf a été condamné par contumace à six mois de prison après avoir rendu public le gonflement illégal des factures d’électricité de la part de Sonelgaz sur une période de dix ans.

IndustriALL a écrit au Premier Ministre d’Algérie pour exiger la libération des syndicalistes et le respect des lois algériennes et internationales.

Dans son courrier adressé au Premier Ministre Abdelmalek Sellal, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, écrit :

“Il est évident que cette persécution judiciaire, et maintenant son arrestation conjointe à celle de huit autres représentants du SNATEGS, est en contradiction directe avec la législation nationale et en particulier avec les droits fondamentaux de l’Organisation internationale du Travail.”

Sanches a également exigé la remise en liberté immédiate de tous les syndicalistes arrêtés ce 21 mars à Tizi Ouzou et exhorté le Premier Ministre à s’assurer que les droits de tous les membres du syndicat SNATEGS soient protégés.

Indonésie : les syndicats exigent un examen de la loi qui fixe les salaires

Auparavant, un organe tripartite composé de représentants du gouvernement local, des employeurs et des syndicats déterminait chaque année le salaire minimum dans chacune des régions, en se basant sur le coût de la vie. Le montant convenu était alors approuvé par le Gouverneur.

Cependant, la nouvelle législation, connue sous la dénomination Réglementation gouvernementale (PP) n° 78/2015 a mis fin à l’implication des travailleurs dans la fixation du salaire minimum et est basée sur les taux d’inflation et de croissance économique. Elle met de côté les conseils régionaux des salaires en mettant tout le pouvoir dans les mains du gouverneur régional.

En conséquence, les augmentations salariales en 2017 ont été extrêmement faibles.

“Le gouvernement donne la priorité aux affaires plutôt qu’au bien-être des travailleurs,” a déclaré Said Iqbal, Président de l’affilié d’IndustriALL Global Union FSPMI, le syndicat des métallurgistes.

“L’Indonésie est troisième dans le monde en termes de croissance économique. Pourquoi dès lors avons-nous d’aussi faibles hausses salariales, de l’ordre de 10 ou 20 dollars seulement ? Dans certaines villes, comme Genève ou Singapour, cela ne vous permettrait de vous offrir qu’un seul kebab. C’est très injuste, c’est une politique insensée,” a souligné Iqbal, qui est également le Président de la Confédération des syndicats d’Indonésie, la KSPI.

Les salaires en Indonésie sont miséreux. A Jakarta, qui compte les salaires les plus élevés, le salaire minimum pour 2017 est de 3,35 millions de roupies (250 dollars), soit une augmentation de moins de 20 dollars par rapport à 2016. En Java central, le salaire minimum ne dépasse pas 1.367.000 roupies (102 dollars) par mois.

“Nous avons besoin d’investisseurs dans les territoires indonésiens, mais le coefficient de Gini indique que la croissance économique n’existe que pour les riches, les investisseurs, les directions d’entreprise. Les travailleurs et travailleuses n’en bénéficient pas. Nous voulons un examen de la constitutionnalité de cette loi au niveau de la Cour Suprême,” a dit Iqbal, ajoutant qu’il saluait le soutien d’IndustriALL et de la Confédération syndicale internationale dans le cadre de leur campagne.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit au Président de l’Indonésie, Joko Widodo, pour appeler le gouvernement à inclure les syndicats dans le mécanisme de fixation du salaire minimum, en accord avec la loi sur l’emploi du pays et les Conventions de l’OIT sur la liberté syndicale et le droit d’organisation.

“L’absence des syndicats au moment de fixer le salaire minimum a eu un effet contraire sur celui-ci au niveau régional, maintenant ainsi les salaires loin derrière le taux de croissance de l’économie,” a déclaré Sanches.

Peine d’emprisonnement à perpétuité prononcée contre les travailleurs de Maruti Suzuki

Quatre autres travailleurs ont été condamnés à une peine d’emprisonnement de 5 ans. La plupart d’entre eux sont déjà incarcérés depuis plus de quatre ans, alors que leurs familles connaissent des conditions de vie épouvantables.

Une amende symbolique avait été infligée. En raison de leur incarcération préalable, les 14 travailleurs restant doivent être libérés immédiatement et s’acquitter d’une amende de 2 500 Rs (38 US$).

Une fois le verdict prononcé, l’avocate des travailleurs, Vrinda Grover, a déclaré:

Selon toute invraisemblable, le Ministère public a requis la peine capitale contre les travailleurs reconnus coupables. Au cours du procès, l’avocat de la défense a argumenté avec force que les 117 travailleurs avaient été emprisonnés de façon illégale et injustifiée à l’instigation de la compagnie sans aucun élément de preuve, comme l’a confirmé le tribunal.

Nous allons introduire un recours contre l’ensemble de ces condamnations et sommes convaincus d’obtenir justice devant la juridiction supérieure. Rien ne permet de relier les travailleurs condamnés au meurtre. Il est important de rappeler qu’ils étaient tous responsables syndicaux. Il est par conséquent évident qu’il s’agit d’une tentative de musellement ciblé de la part de l’Etat.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire général d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a indiqué:

La décision du Tribunal de district de condamner à la réclusion à perpétuité ces 13 travailleurs, alors tous membres du comité directeur du syndicat, est très inquiétante.  

L’acquittement des 117 travailleurs est la preuve tangible que les travailleurs ont été mis en cause à tort dans cette affaire. Les travailleurs de Maruti Suzuki paient le prix de leur lutte pour leur droit constitutionnel à la liberté syndicale. Tout ceci aurait pu être évité si la direction et l’administration de l’Etat avaient géré les demandes des travailleurs de façon réfléchie. Nous espérons que le recours des travailleurs devant la juridiction supérieure permettra que justice soit rendue aux travailleurs.

Un grand rassemblement public de travailleurs devrait avoir lieu le 23 mars dans la région de Delhi-Gurgaon pour protester contre la décision du Tribunal et planifier les nouvelles activités.

Belarus : le dirigeant du syndicat REPAM poursuivi pour sa défense des droits des travailleurs

Gennady Fedynich, qui préside le REPAM, a été jugé le 17 mars par le tribunal de Minsk. Il était accusé d'avoir pris part à une "Marche des Bélarussiens en colère" non autorisée et illégale, le 17 février à Minsk, et de violation répétée de la loi "sur les manifestations de masse". À l'audience, le leader syndical a dit qu'il n'avait pu faire autrement. Son syndicat a rassemblé 45.000 signatures demandant l'abolition du décret n° 3 "sur la prévention de la dépendance sociale". Suivant ce décret, les citoyens bélarussiens qui restent sans travail pendant plus de six mois doivent acquitter une taxe de 240 $. Des chômeurs qui avaient sollicité l'aide du syndicat participaient à ce rassemblement et son président jugeait sa présence essentielle.

Gennady Fedynich a déclaré :

"J'ai dit au tribunal que les gens vont protester, même si les autorités emprisonnent tous les opposants. C'est à cause du gouvernement, et lui seul, que les gens vont manifester. Maintenant, le décret va rester d'actualité, mais il y aura aussi des revendications socio-économiques et peut-être politiques aussi".

D'après le dirigeant du syndicat, le procès s'est déroulé de manière démocratique. Toutes les parties ont pu faire connaître leurs positions et personne n'a été interrompu. À la fin, le tribunal a reconnu Gennady Fedynich coupable et l'a condamné à une amende de 640 $.

Ce même 17 mars, le tribunal a également jugé le contrôleur juridique du REPAM, Leonid Sudalenko, qui a reçu un avertissement. L'activiste syndical Andrej Strizhak a été condamné à 10 jours d'arrêts administratifs.

À ce jour, plus de 20 activistes du syndicat ont subi des représailles pour avoir protesté pacifiquement contre le décret n° 3. Ils ont été arrêtés pour des périodes allant de 2 à 15 jours et reçu des amendes dont le total dépasse les 3.000 $.

Beaucoup se plaignent que, lors de leur arrestation, les policiers en civil ont recouru à une force physique injustifiée et aux gaz lacrymogènes.

Le Président du Belarus, Alexandre Loukachenko, a exigé que le gouvernement trouve des emplois pour tous les chômeurs d'ici au 1er mai. Des Biélorussiens pourraient être orientés vers des services à la collectivité, en replantant des forêts par exemple. Ces emplois sont mal rémunérés et ne prennent pas en compte l'expérience et le niveau d'instruction des travailleurs.

Malgré la campagne d'intimidation des autorités, les adhérents préparent de nouvelles actions de protestation contre le décret inique pour le 25 mars (Journée de la Liberté) à Minsk, le 26 mars dans plusieurs villes de province, et le 26 avril, dans le cadre du rassemblement organisé chaque année par l'opposition pour commémorer la catastrophe de Tchernobyl.

Bangladesh : des travailleurs et travailleuses de la confection se battent pour la reconnaissance légale de leur syndicat

Les travailleurs et travailleuses de l’usine de Orchid Sweater Ltd tentent de faire enregistrer officiellement un syndicat depuis février 2016 et le Directeur adjoint au travail (DAT) a rejeté à plusieurs reprises leur demande sur des bases infondées.

Lorsque la direction a pris conscience des initiatives des travailleurs s’est déclenché de sa part un déferlement de harcèlements et de menaces de licenciement à l’encontre des responsables du syndicat en gestation.

En novembre 2016, les travailleurs et travailleuses ont recruté davantage d’entre eux dans les rangs du syndicat et ont à nouveau présenté une demande visant à son enregistrement. Bien que tous les documents requis étaient présents, le DAT a de nouveau rejeté l’enregistrement du syndicat sur des bases non fondées.

Les travailleurs et travailleuses ont fait une troisième tentative et ont demandé l’enregistrement du Syndicat des travailleurs de Orchid Sweater en janvier 2017. Le DAT devrait prendre sa décision pour le 24 mars.

Munni Begum, qui travaille à l’assemblage, déclare :

“J’ai rejoint le syndicat pour pouvoir collectivement soulever des questions auprès de la direction, le ministère du travail devrait immédiatement accorder l’enregistrement du syndicat.”

Les travailleurs et travailleuses d’Orchid appellent maintenant à la solidarité, car leur préoccupation est qu’une collusion entre la direction et les fonctionnaires du gouvernement ne les prive à nouveau de leur droit à la liberté syndicale et à la négociation collective.

Shafikul Islam, qui opère au tricotage, indique :

“Quiconque exprime des préoccupations par rapport à son salaire se retrouve la cible d’insultes et se fait renvoyer de son travail. C’est pour protester contre cette attitude anti-ouvrière et pour défendre nos droits que nous avons formé un syndicat.”

Chandon Kumar Dey, de la BIGUF, Fédération syndicale indépendante des travailleurs de la confection du Bangladesh, affiliée à IndustriALL, déclare :

“Il est extrêmement préoccupant que les travailleurs et travailleuses de Orchid Sweater Ltd. se soient vus refuser à plusieurs reprises l’enregistrement de leur syndicat au cours des deux dernières années. La BIGUF va continuer à lutter en faveur des droits légitimes des travailleurs."

Christina Hajagos-Clausen, Directrice de la section de la confection et du textile d’IndustriALL ajoute :

“IndustriALL soutient leur droit à former un syndicat : il est inacceptable que ces travailleurs et travailleuses se voient constamment priver de leur droit à la liberté syndicale et à la négociation collective. La direction doit appliquer la loi et engager le dialogue avec le syndicat.”

L’usine de Orchid Sweater Ltd emploie actuellement environ 2.250 personnes.

Les syndicats et le mouvement social brésiliens organisent une journée d’action contre la réforme des pensions

Les manifestations ont été particulièrement impressionnantes dans les rues de Rio de Janeiro, Belo Horizonte et São Paulo. Des milliers de personnes ont déroulé des banderoles hautes en couleurs portant la même revendication : non à la réforme des pensions !

Il y a eu des actions de protestations sous une forme ou une autre dans au moins 23 des 27 capitales régionales : des travailleurs ont établi des barrages routiers, les travailleurs des transports publics et autres ont fait grève et certains commerces locaux ont fermé leurs portes.

Cette journée d’action était le point culminant d’une campagne organisée par les affiliés d’IndustriALL au Brésil (eux-mêmes affiliés à différentes centrales syndicales) et destinée à informer le public sur les conséquences à attendre si le congrès national approuve l’amendement constitutionnel PEC287 de réforme du système de pension qui lui a été soumis  en décembre 2016.

La campagne vise à mettre la pression sur les députés et les sénateurs afin qu’ils votent contre la réforme. Le gouvernement prétend que l’approbation du projet de loi est indispensable pour retrouver la confiance des marchés et réactiver l’économie, mais les travailleurs disent que cela n’est pas vrai et que cette réforme va opérer un retour en arrière par rapport à des acquis historiques de la classe ouvrière.

L’amendement propose par exemple un âge minimum de retraite de 65 ans pour les hommes comme les femmes et prolonge la période de cotisations des travailleurs. Quarante-neuf années de cotisations seront nécessaires pour bénéficier d’une pension complète.

À ce stade, les femmes peuvent prendre leur retraite après 30 années de cotisations et les hommes après 35 années. L’âge minimum de la retraite pour les femmes est de 50 ans et de 53 pour les hommes. Une grille permet de calculer une moyenne qui tient compte des niveaux de salaire et de l’espérance de vie.

Une chose est sûre : les travailleurs et travailleuses n’ont aucune intention d’arrêter le combat. Ils indiquent vouloir continuer à s’opposer aux réformes proposées par le gouvernement de Michel Temer et à défendre les droits qu’ils ont conquis.

Le Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL, Marino Vani, a ceci à déclarer concernant la journée d’action organisée par les travailleurs et travailleuses brésiliens :

“Il s’agissait d’une importante démonstration de force de la part de la classe ouvrière. Elle a donné une nouvelle impulsion aux travailleurs dans la bataille sur l’avenir du pays qui a commencé avec le coup d’État qui a eu lieu au Brésil.

Il n’est pas question de “réforme en cours”. Les meneurs du coup d’État ont l’intention de mettre fin au système de pension au profit des banquiers. En avant, camarades ! Nous sommes solidaires avec vous dans le combat pour la défense de vos droits, la restauration de la démocratie et la pérennisation des politiques sociales et culturelles conquises au cours de la décennie passée”.

Des syndicats du Mexique, des États-Unis et du Canada unis contre Donald Trump

Des participants d'un large éventail de syndicats et d'organisations de la société civile du Mexique ainsi que du syndicat américain AFL-CIO et du canadien Unifor ont dénoncé la politique de haine et d'exclusion prônée par Donald Trump. Ils ont également réaffirmé leur opposition à une mondialisation débridée ou à des accords commerciaux préjudiciables aux travailleurs, tels que le Partenariat transpacifique (TPP) ou l'ALENA.

Le Directeur d'IndustriALL Fernando Lopes a fait remarquer que, paradoxalement, les obligations liées au TPP avaient eu pour effet, l'an dernier, d'accélérer les réformes de la législation du travail dont le Mexique avait urgent besoin. Le TPP étant maintenant enterré, les défendeurs des droits des travailleurs vont devoir maintenir la pression pour que ces réformes soient mises en pratique.

L'impact produit sur le Mexique pourrait être ressenti dans le reste de l'Amérique latine. Les multinationales de secteurs industriels clés tels que l'automobile et la sidérurgie sont présentes dans les trois plus grandes économies de la région : l'Argentine, le Brésil et le Mexique. Actuellement, le Mexique exporte en grande partie vers les États-Unis tandis que l'Argentine et le Brésil approvisionnent le reste de l'Amérique latine. Si le Mexique ne peut plus compter sur le marché américain pour ses exportations, il va chercher de nouvelles parts de marché en concurrençant les industries du Brésil et de l'Argentine où les salaires sont plus élevés, amorçant ainsi une spirale à la baisse des salaires et autres conditions.

Tout en discutant des dangers de la politique de Donald Trump, beaucoup de participants ont aussi souligné les opportunités qui se présentent. "Quand une porte se ferme, une autre s'ouvre", a dit l'un d'eux. L'opposition à Donald Trump dynamise les mouvements sociaux et pourrait inciter les syndicats à jouer un rôle plus actif d'influence sur la politique publique.

Fernando Lopes a conclu en ces termes :

En tant que syndicats, nous devons prendre conscience de cette réalité et réfléchir à des solutions de rechange. IndustriALL appuiera les efforts des syndicats indépendants mexicains pour bâtir un mouvement sociopolitique propice à une société plus équitable, et il encouragera la coopération avec la société civile qui a aussi un rôle à jouer.

Cette réunion se tenait dans le cadre du projet de structuration syndicale IndustriALL/Unifor qui veut renforcer les syndicats indépendants et les aider à faire entendre leur voix. 

Belarus: des syndicalistes au nombre des 50 manifestants arrêtés

Le Décret n° 3 du Président Lukashenko « relatif à la prévention de la dépendance sociale », surnommé le décret « sur les parasites sociaux », pénalise les personnes sans emploi depuis plus de six mois en leur prélevant une taxe de 240 US $.

Selon les estimations, 3 000 personnes ont défilé dans la capitale Minsk le 15 mars, alors que des milliers d’autres ont participé à des manifestations dans tout le pays au cours de cette semaine pour exiger également la démission du Président.

De nombreux syndicalistes arrêtés sont membres de l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat des travailleurs de l’industrie biélorusse de la radio et de l’électronique (REPAM). Treize autres personnes ont été condamnées à une amende de 500 US$ pour violation de la loi en raison de leur organisation et de leur participation à des manifestations.

La dirigeante du REPAM pour la ville de Bobruisk, Galina Smirnova, a été interpellée une heure avant le rassemblement du 12 mars à Orsha. Détenue pendant huit heures au poste de police local pour avoir enjoint les syndicalistes à continuer de manifester jusqu’à ce que le Président annule le décret, elle n’a pas pu rejoindre ses collègues et participer au rassemblement.

Le président du REPAM, Gennady Fedynich, devant lui-même passer en jugement dans le cadre d’une manifestation organisée contre le Décret n° 3 en février, a déclaré:

« Je voudrais poser la question de savoir pourquoi ces personnes ont été arrêtées. Les rassemblements pacifiques sont-ils interdits? La loi martiale a-t-elle été décrétée? Je suis sûr que les autorités cherchent à faire peur aux gens, ce qui est une grave erreur ».

Les représentants syndicaux préparent une nouvelle plainte devant l’Organisation internationale du travail et appellent les organisations partenaires du REPAM dans d’autres pays à dénoncer la situation du Belarus à leurs gouvernements et à leurs employeurs.

Dans une lettre au Président Lukashenko, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, déclare:

« IndustriALL Global Union condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation des contestataires pacifiques au cours de l’année dernière alors qu’ils avaient légitimement exprimé leur opposition à la taxe sur le chômage. Nous exhortons les autorités biélorusses à libérer immédiatement tous les manifestants de la société civile, dont les 12 syndicalistes.

« IndustriALL Global Union demande la suppression de la taxe sur le chômage qui constitue une violation flagrante de l’article 41 de la Constitution de la République du Belarus ainsi que des normes fondamentales internationales du travail, parmi lesquelles la Convention n° 105 de l’OIT concernant l’abolition du travail forcé ».

Beaucoup considèrent les arrestations comme un avertissement envoyé à la population par les autorités pour la dissuader de participer à l’important rassemblement de protestation sur le thème de la « Journée de la liberté » prévu pour le 25 mars. 

Pour en savoir plus sur le sujet:

Biélorusses manifestant contre la taxe sur les « parasites sociaux »

Un affilié du Swaziland s’oppose à l’anti-syndicalisme au sein d’une usine textile

La direction de Fashion International a rejeté les formulaires d’adhésion syndicale signés par 1.600 des 1.900 salariés. En réponse, le syndicat a poursuivi l’employeur au tribunal pour avoir refusé de le reconnaître et pour ne pas se conformer à ses “devoirs et obligations en matière de négociation collective”.

Au début du mois, l’entreprise avait insisté sur la tenue d’un scrutin sous l’égide de la Commission de Conciliation, Médiation et Arbitrage pour déterminer le soutien au syndicat parmi les travailleurs. L’ensemble d’entre eux, à l’exception d’un seul, a voté en faveur du syndicat, envoyant ainsi un message très clair quant à la volonté de s’organiser syndicalement.

Bien que l’entreprise prétend garantir des pratiques de travail équitables, elle figure au nombre des pires employeurs du secteur du textile et du vêtement. Voulant à tout prix tenir le syndicat à l’écart, elle menace parfois de fermer l’usine si les travailleurs et travailleuses ne démissionnent pas du syndicat,

indique Wander Mkhonza, Secrétaire général de l’ATUSWA.

Les travailleurs et travailleuses sont très clairs : il leur faut un syndicat et Fashion International doit leur accorder leurs droits à la syndicalisation et à la négociation collective et reconnaître l’ATUSWA en tant que partenaire social.

L’entreprise se complaît également dans des pratiques déloyales qui affectent négativement la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses. Ainsi, les salariés malades sont forcés à se présenter au travail et, après la visite d’un médecin un salarié doit se présenter au travail dans les quatre heures maximum. À défaut, une action disciplinaire s’ensuit souvent.

Il est demandé aux travailleurs et travailleuses d’amener leurs enfants malades sur leur lieu de travail pour obtenir la permission de s’absenter pour les emmener à l’hôpital. Parfois, cette permission n’arrive jamais ou elle est donnée trop tard par rapport aux horaires de l’hôpital. L’employeur a également la fâcheuse réputation de refuser de verser des congés de maladie au-delà de deux journées. Réduire ainsi les jours de convalescence est courant et force les travailleurs et travailleurs encore souffrants à se rendre au travail.

De plus, les travailleurs et travailleuses sont obligés de travailler le samedi, qui n’est pourtant pas un jour ouvrable. Mais à défaut de se présenter, une procédure disciplinaire est engagée et les licenciements sont courants.

Fabian Nkomo, Secrétaire régional d’IndustriALL, déclare :

Fashion International doit immédiatement engager un dialogue constructif avec le syndicat. Les conditions de travail dans l’usine doivent être améliorées et les travailleurs et travailleuses doivent se voir accorder leurs droits syndicaux.