Le syndicat interpelle le Parlement sur les violations des droits des travailleurs de Fine Spinners

travailleurs et des droits de l’homme chez Fine Spinners Uganda.
L’UTGLAWU, affilié à IndustriALL, “demande une enquête immédiate et une remédiation à la violation flagrante des droits des travailleurs et travailleuses chez Fine Spinners Uganda Limited.”

Dans sa requête datée du 14 avril, le syndicat a fermement rappelé à l’employeur sa responsabilité, car les travailleurs et travailleuses “méritent de travailler dans des conditions qui respectent leur dignité et leurs droits.”

Le syndicat a expliqué comment le fabricant de vêtements Fine Spinners viole les droits des travailleurs protégés par la législation nationale du travail. Il s’agit notamment de violations de la liberté syndicale, en refusant de signer un accord de reconnaissance avec l’UTGLAWU, qui a pourtant syndiqué plus de 50 % des travailleurs et travailleuses. L’employeur refuse de signer depuis plus de 10 ans et a même ignoré une injonction du ministère du travail et de l’emploi lui imposant de se conformer à la loi.
Fine Spinners ne verse pas non plus les salaires à temps, ce qui rend la vie difficile aux travailleurs et travailleuses ainsi qu’à leurs familles, car ils ne parviennent pas à payer les frais de scolarité, les loyers et autres dépenses de base. En outre, l’entreprise paie beaucoup moins bien que d’autres. Selon le syndicat, les travailleurs et travailleuses de Fine Spinners reçoivent 150.000 shillings ougandais par mois (équivalent à 41 dollars), alors que les salaires dans l’industrie sont d’environ 800.000 shillings par mois (217 dollars). Les travailleuses enceintes ne bénéficient pas de protection, notamment du congé de maternité, et doivent travailler en équipe de nuit. L’employeur ne verse pas non plus les retenues du fonds national de sécurité sociale. En outre, des travailleuses ont informé le syndicat qu’elles étaient enfermées dans des usines dépourvues d’issues de secours. 

Une travailleuse a fait état du harcèlement sexuel auquel elle a été confrontée et des agressions physiques subies lors d’une tentative de viol qui lui a causé de graves blessures au cou et aux dents. La travailleuse, qui était enceinte de sept mois, a fait une fausse couche à cause de cette violente agression. Elle a signalé la tentative de viol à la police et l’affaire est actuellement devant le tribunal de première instance de Nakawa. Mais la réponse de Fine Spinners à l’action en justice a été de mettre fin à son contrat, alors qu’elle comptait cinq ans de service, tandis que l’auteur de l’agression, qui est un cadre, reste en poste.

“Il existe des rapports alarmants de violence et de harcèlement basés sur le genre, y compris l’exploitation sexuelle et le viol par certains managers, qui ont été signalés à la police et dont les auteurs ne sont pas punis,”

 a déclaré Eli Peter Bendo, secrétaire général de l’UTGLAWU.


Dans des lettres adressées à Fine Spinners, Byakatonda Abdulhi, Parlementaire ougandais chargé des travailleurs, a déclaré qu’il facilitait le dialogue entre l’entreprise de confection et l’UTGLAWU afin de répondre aux préoccupations du syndicat. La centrale syndicale, l’Organisation nationale des syndicats, est également impliquée. Par l’intermédiaire de ses avocats, Fine Spinners a fait part de sa volonté de dialoguer avec les syndicats.

La secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré:

“Nous nous félicitons de la facilitation du dialogue par le député des travailleurs et nous demandons instamment à Fine Spinners de cesser les abus à l’encontre de sa main d’œuvre et de respecter les droits des travailleurs et les droits de l’homme, ainsi que de verser des salaires vitaux.”

Une syndicaliste porte la voix des travailleurs au parlement namibien

Dans son premier discours, le 9 avril dernier, elle a appelé le gouvernement namibien à finaliser la modernisation des lois, notamment la loi sur le travail, la loi sur la sécurité sociale et la loi sur l’action positive (emploi), afin de s’assurer que les employeurs s’y conforment. En outre, elle a indiqué que les travaux de la Commission pour l’équité en matière d’emploi devaient inclure l’égalité des sexes ainsi que les travailleuses et travailleurs sous-représentés. Elle a également demandé au gouvernement de

“veiller à ce que les grèves légales soient respectées et à ce que les travailleurs et travailleuses ne perdent pas leur revenu au moment d’exercer leur droit de grève, conformément à la constitution, dans le cadre d’une négociation collective équitable.”

Justina Jonas, du Syndicat namibien de la métallurgie et des secteurs connexes (MANWU), est députée du parti au pouvoir, la SWAPO. Elle a travaillé dans l’économie formelle et informelle en tant qu’agent de sécurité, vendeuse de nourriture dans la rue et coiffeuse. Elle est une syndicaliste active depuis 2003 et a accédé au poste de Secrétaire générale. Elle a également travaillé au sein du département de l’éducation du syndicat, où elle a mis en œuvre des programmes sur la santé et la sécurité, les droits des travailleurs et l’égalité des sexes et a fait campagne pour l’emploi des jeunes ainsi que le salaire vital.

Le MANWU est un affilié d’IndustriALL et représente les travailleurs et travailleuses des secteurs de la construction, de la métallurgie, de l’ingénierie, de la construction automobile ainsi que d’autres secteurs industriels.

Justina Jonas a soutenu les plans de la déclaration budgétaire nationale visant à créer 500.000 emplois, à fournir une éducation et des soins de santé de qualité, à assurer un accès équitable à la terre, au logement et à la collecte des déchets, ainsi qu’à éradiquer la pauvreté.

Elle a participé à des campagnes pour la ratification de la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail (OIT) visant à mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail. En 2020, la Namibie est devenue le premier pays africain à ratifier cette convention. Depuis, elle participe à des campagnes visant à mettre en œuvre des politiques sur le lieu de travail conformément à la Recommandation 206 de l’OIT (recommandation sur la violence et le harcèlement).

“Je suis en quelque sorte une détachée des travailleurs et travailleuses. Pendant trop longtemps, les aspirations des travailleurs et travailleuses ont été absentes de l’organe législatif de l’État, d’où l’adoption au Parlement de nombreux projets de loi qui parfois compromettaient les droits des travailleurs. Grâce à mon expérience du monde du travail, je veillerai à ce que les projets de loi qui seront débattus au cours de mon mandat de députée tiennent compte des aspirations des travailleurs et travailleuses”,

a-t-elle déclaré dans une interview accordée à IndustriALL.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a pour sa part déclaré :

"Nous célébrons l’élection de Justina Jonas au Parlement de Namibie. C’est une double victoire, à la fois pour le monde du travail et pour la représentation des femmes dans les assemblées législatives en Afrique. Elle est un brillant exemple de la réussite de nos campagnes régionales en faveur de l’égalité des sexes et de la promotion du leadership féminin.”

Son Excellence, la Présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah est la première femme chef d’État de Namibie et plus de 50 % de son cabinet est composé de femmes. La Vice-présidente est Lucia Witbooi et huit des 14 ministres du pays sont des femmes. Le parlement namibien compte également plus de 40 % de députées et c’est une femme, Saara Kuugongelwa-Amadhila, qui préside le parlement.

Les syndicats indonésiens lancent un centre d’alerte sur la santé et la sécurité au travail

Ce centre d’alerte servira de plateforme d’échange sur les maladies professionnelles pour les travailleurs et travailleuses victimes de l’industrie manufacturière en Indonésie. Le centre est soutenu par des médecins du travail, des avocats spécialisés dans le droit du travail et des ONG travaillant sur les questions de SST.

Les affiliés d’IndustriALL en Indonésie s’engagent à activer leurs départements SST pour s’impliquer auprès du centre d’alerte, visant à signaler au moins trois cas au gouvernement en 2025.

Le nombre de cas de maladies professionnelles déclarés en Indonésie reste particulièrement faible, avec seulement 91 cas en 2023, contre 8.155 en Malaisie et 1.229 à Singapour. Néanmoins, les adhérents syndicaux soulèvent fréquemment des préoccupations concernant des douleurs lombaires, des maladies pulmonaires, l’insuffisance rénale et les cancers lors des réunions sur la SST.

À l’avenir, le centre d’alerte organisera un dialogue tripartite afin de promouvoir de meilleures pratiques en matière de SST, notamment en ce qui concerne les maladies professionnelles. Le Conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie se réunira également tous les mois pour assurer la bonne coordination du centre d’alerte.

Le président du conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie, Iwan Kusmawan, a déclaré :

“Il est du devoir des syndicats d’intensifier la surveillance des maladies professionnelles et de défendre les droits des travailleurs et travailleuses touchés par la maladie sur les lieux de travail. La ligne d’assistance téléphonique du centre d’alerte montre que le Conseil indonésien prend la question très au sérieux. Des procédures ouvertes et transparentes doivent être suivies en cas de découverte d’une maladie professionnelle et les entreprises ainsi que l’agence de sécurité sociale doivent fournir des solutions rapides.”

Le secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, Ramon Certeza, a déclaré :

“Je félicite les affiliés indonésiens pour la mise en place de ce centre d’alerte, qui constitue une étape remarquable pour améliorer les normes de santé et de sécurité dans les secteurs manufacturiers en Indonésie. Cela montre le rôle indispensable des syndicats dans l’amélioration de la santé et du bien-être des travailleurs et travailleuses.”

Environ 70 syndicalistes ont assisté à ce lancement, rejoints par des représentants du ministère de la main-d’œuvre (Muhammad Idham), du ministère de la santé (Dr. Inne Nutfiliana), du Conseil indonésien de la sécurité sociale et de l’équipe de travail nationale sur la santé au travail, qui soutiennent l’initiative.

Cette activité est soutenue par Union to Union et les affiliés suédois d’IndustriALL.
 

IndustriALL et Sintracarbón appellent Glencore à un dialogue constructif sur les réductions de production au Cerrejón, en Colombie

Glencore a annoncé qu’elle réduirait la production de charbon de sa mine du Cerrejón en Colombie de 5 à 10 millions de tonnes cette année. Cerrejón affirme que ces réductions n’auront aucun impact sur les engagements sociaux et environnementaux de l’entreprise, mais Sintracarbón et les communautés environnantes s’inquiètent néanmoins des effets qu’elles auront.

Le syndicat et les communautés environnantes ont demandé à Cerrejón de fournir des informations plus détaillées sur les conséquences des réductions annoncées, mais n’ont pas obtenu de réponse. La direction de Cerrejón affirme qu’elle ne dispose pas de ces informations, car toutes les décisions sont prises par Glencore en Suisse.

Igor Diaz, membre du Comité exécutif national de Sintracarbón, a indiqué que tout s’était passé soudainement, l’annonce des réductions par l’entreprise ayant pris les travailleurs et travailleuses par surprise :

“Nous voulons savoir ce que Glencore prévoit pour Cerrejón, sa filiale en Colombie. Nous voulons savoir ce qu’elle a l’intention de faire, car ces décisions pourraient créer toute une armée de chômeurs.”

“Nous voulons savoir si cela fait partie du plan de fermeture de la mine du Cerrejón prévu pour 2034. Nous avons travaillé sur la diversification économique, mais nous n’avons pas encore de solutions alternatives,”

 a déclaré Igor Diaz.

Le secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a écrit un courrier au PDG de Glencore en Suisse, Gary Nagle, pour lui demander plus d’informations sur la manière dont il s’attend à ce que ces réductions chez Cerrejón n’aient pas d’impact sur l’emploi et sur les engagements environnementaux de l’entreprise.
Atle Høie termine sa lettre comme suit :

“Glencore a par le passé montré sa capacité, au niveau d’autres entités confrontées à des conditions similaires, à engager un dialogue significatif avec les travailleurs et les communautés concernées. Dans un souci de cohérence dans l’application de ses politiques, nous demandons à Glencore de veiller à ce que ses projets pour Cerrejón soient marqués du sceau de la transparence.”

Le droit de se soustraire un travail dangereux est encore refusé à un trop grand nombre de personnes

Le groupe santé et sécurité d’IndustriALL se concentre sur les secteurs où la sécurité est trop souvent sacrifiée au profit, comme celui des matières premières critiques et de la démolition des navires. Dans ces secteurs, les travailleurs et travailleuses risquent leur vie tous les jours mais s’exprimer sur la sécurité peut signifier perdre son gagne-pain.
La démolition des navires est souvent considérée comme le métier le plus dangereux au monde. Les risques sont extrêmes ; il y a un manque de formation et les travailleurs sont exposées à des produits toxiques, à des chutes de tôles d’acier et des blessures mortelles ne surviennent que trop souvent. Après une longue campagne menée par IndustriALL et ses affiliés, la Convention de Hong Kong pour un recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires a été ratifiée et entrera en vigueur en juin de cette année.
L’entrée en vigueur de cette convention devrait améliorer la sécurité. Mais de graves lacunes subsistent. L’Inde a proposé une législation nationale pour transposer la convention dans son droit national. Elle ne comporte aucune référence au droit de refuser une tâche dangereuse, malgré l’intention de la convention d’ainsi protéger les travailleurs et travailleuses.

“Si elle est correctement mise en œuvre, la Convention de Hong Kong a le pouvoir de transformer la démolition des navires en un secteur beaucoup plus sûr. Mais nous nous interrogeons sur la volonté politique et la capacité des autorités des pays concerné par la démolition des navires à s’opposer au pouvoir des employeurs. Les syndicats doivent être reconnus comme des partenaires clés. La Convention est une approche descendante. Elle doit être complétée par une approche ascendante, menée par les travailleurs, afin de garantir la sécurité sur les chantiers,” 

a indiqué Walton Pantland, Directeur d’IndustriALL pour la construction navale et la démolition des navires.
Il en va de même dans le secteur minier, en particulier pour l’extraction des minéraux bruts essentiels qui alimentent la transition verte. La demande de cobalt, de lithium, de nickel et d’autres matériaux monte en flèche, mais les rapports d’accidents, d’effondrements et d’exposition chronique à la poussière et aux produits chimiques augmentent également. Une Transition juste inclut le droit des travailleurs et travailleuses à refuser un travail dangereux ; sans protections solides, le coût humain risque d’être dévastateur.
Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour l’exploitation minière et la santé et la sécurité au travail, a déclaré :

“le droit de refuser une tâche dangereuse n’est pas un privilège, c’est un droit fondamental, reconnu par l’OIT et soutenu par le droit international. Du côté d’IndustriALL, nous continuerons à nous battre pour des lendemains meilleurs en mettant l’accent sur l’évaluation des risques et sur une approche de la santé et de la sécurité au travail centrée sur les droits de l’homme.”

Le 28 avril est également connu comme étant la Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs morts ou blessés au travail. Nous nous souvenons des morts et luttons pour les vivants et nous renouvelons notre engagement dans la lutte pour des lieux de travail plus sûrs. Cette année, il s’agit également de faire face à des menaces nouvelles et émergentes. IndustriALL soutient l’appel de la CSI à une action urgente pour préserver la vie et les droits des travailleurs et travailleuses à l’ère de la numérisation et de l’intelligence artificielle (IA).

Alors que l’IA est de plus en plus déployée sur les lieux de travail, elle n’est pas toujours utilisée pour soutenir les travailleurs et travailleuses, mais pour les surveiller, les contrôler et même les exploiter. Bien que l’IA puisse être pilotée par des données, son impact est profondément humain et risque d’aggraver les déséquilibres de pouvoir existants. Protéger les droits des travailleurs et travailleuses à l’ère de l’IA signifie garantir la transparence, la responsabilité et que la sécurité et la dignité ne soient pas sacrifiées au nom de l’efficacité.

La CSI lance un appel en faveur :

“L’intelligence artificielle n’appartient pas à un futur lointain ; elle façonne déjà le présent. La question est de savoir si les travailleurs et travailleuses auront leur mot à dire sur la manière dont elle façonne leur avenir.”

a déclaré Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les syndicats des TIC et de l’électronique débattent de la voie à suivre en ces temps incertains

En ouvrant la réunion, les Coprésidents Masashi Jimbo et Prihanani Boenadi ainsi que la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Christina Olivier, ont donné le ton : les enjeux pour les travailleurs et travailleuses d’un secteur au carrefour de l’innovation et des inégalités sont plus élevés que jamais. La réunion a abordé des sujets brûlants ; des changements dans la chaîne d’approvisionnement aux droits des travailleurs, en passant par la santé et la sécurité au travail, y compris la santé mentale des travailleurs et travailleuses ainsi que l’impact de l’intelligence artificielle.

Anne-Marie Chopinet, Présidente du réseau sectoriel des TIC d’industriAll Europe, a mis en lumière les principaux défis auxquels est confrontée l’industrie européenne des TIC, de l’électricité et de l’électronique, notamment les tensions commerciales entre l’UE et les États-Unis, la déréglementation et la baisse des investissements. Elle a souligné la nécessité d’une autonomie stratégique, d’une amélioration des compétences, d’une réglementation plus stricte en matière d’intelligence artificielle et d’une amélioration des mesures de santé et de sécurité au travail, tout en réaffirmant le rôle vital des syndicats dans la protection des travailleurs et travailleuses ainsi que dans l’élaboration de la politique industrielle.

L’un des principaux messages qui se sont dégagés des débats est que la main-d’œuvre mondiale du secteur de l’électronique est soumise à des pressions multiples. Les salaires dans les centres de production stagnent malgré les bénéfices records des entreprises. Selon Alexander Ivanou, Directeur des TIC, de l’électricité et de l’électronique d’IndustriALL, les changements dans la chaîne d’approvisionnement causés par les tensions géopolitiques et les stratégies “Tout sauf la Chine” ont conduit à l’instabilité, tout en exposant les travailleurs et travailleuses à des protections moindres et à un manque de respect des droits syndicaux.

Casper Edmonds, de l’OIT, a mis l’accent sur les principaux défis en matière de travail décent, notamment l’emploi atypique, les longs temps de travail, les questions de santé et sécurité au travail et les violations des droits, en particulier en Asie, qui est le centre manufacturier du secteur. Il a souligné l’urgence de normes du travail plus strictes et d’une diligence raisonnable obligatoire en matière de droits de l’homme pour garantir l’équité et la justice sociale dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

IndustriALL est en train de développer une boîte à outils de santé et sécurité au travail spécifique au genre pour aborder l’exposition aux produits chimiques, la santé reproductive et la violence basée sur le genre, des questions qui affectent le plus les femmes dans la fabrication de produits électroniques. Cette boîte à outils s’inscrit dans le cadre d’un appel plus large à l’harmonisation des efforts intersectoriels en matière de santé et de sécurité au travail, en particulier dans les chaînes d’approvisionnement critiques des minerais et des batteries.

Parlant de la syndicalisation comme principale tâche des syndicats dans le monde, Walton Pantland, Directeur des campagnes, a présenté des outils pour faire grandir les syndicats au sein la chaîne d’approvisionnement, notamment la cartographie du pouvoir, la recherche sur les entreprises et les stratégies de mobilisation.

À la fin de la réunion, les participants ont reconnu que le contexte mondial est turbulent, de l’escalade des droits de douane au changement climatique, mais qu’il existe une opportunité sans précédent de reconstruire l’industrie depuis ses fondements.

“Ce n’est que par une action collective que nous pourrons faire en sorte que les transitions numérique et écologique soient au service des personnes et pas seulement des profits,”

a conclu Christina Olivier.

Photo credit: Electronics factory worker, Cikarang, Indonesia © ILO/Asrian Mirza

Les FSI demandent justice face à la répression des droits des travailleurs en Biélorussie

Des travailleurs et travailleuses de Biélorussie sont punis simplement pour avoir défendu leurs droits. Le rapport décrit un grave déclin des libertés fondamentales, alors que la Biélorussie continue de faire fi de ses obligations internationales et des recommandations de l’OIT, remplaçant la réforme par la répression.

Depuis le mouvement pro-démocratique de 2020, le gouvernement a démantelé tous les syndicats indépendants, dissolvant le BKDP et ses affiliés tels que le Syndicat libre des métallurgistes (SPM), le Syndicat libre biélorusse (SPB), le Syndicat indépendant biélorusse (BNP) et le Syndicat biélorusse de l’industrie radio-électronique (REP). Des dizaines de dirigeants et de militants syndicaux ont été emprisonnés sur base d’accusations forgées de toutes pièces, notamment le Président du BKDP, Aliaksandr Yarashuk, condamné à quatre ans pour avoir défendu des causes pacifiques.

De nouvelles lois criminalisent l’activité syndicale, les gestes de protestation et le soutien étranger. Les syndicalistes sont traités d’extrémistes, tandis que les entreprises forcent les travailleurs et travailleuses à adhérer à des syndicats pro-gouvernementaux, les privant ainsi d’une véritable représentation.

Il ne s’agit pas d’incidents isolés, mais d’une attaque coordonnée contre les syndicats. Des manifestants pacifiques sont emprisonnés, les bureaux des syndicats perquisitionnés, des familles déchirées et les dissidents exilés ou emprisonnés.

“La Biélorussie est en train d’effacer l’idée même de syndicats libres et indépendants,”

a déclaré Atle Høie, secrétaire général d’IndustriALL.

“Ce ne sont pas seulement des attaques contre des organisations, ce sont des attaques contre des personnes, contre des travailleurs et travailleuses qui ne veulent rien d’autre que la dignité, la sécurité et un droit de regard sur leur propre vie.”

Le mouvement syndical demande dans le cadre de l’EPU d’exhorter la Biélorussie à rétablir les syndicats indépendants, à libérer tous les syndicalistes emprisonnés, à abroger les lois répressives et à autoriser sur le territoire l’accès de l’OIT et de l’aide humanitaire.

Luc Triangle, Secrétaire général de la CSI, a déclaré:

“Les attaques brutales du gouvernement autocratique d’Alexandre Loukachenko contre les syndicats indépendants en Biélorussie sont des attaques contre la démocratie elle-même. Mais le mouvement syndical international ne restera pas les bras croisés. La solidarité internationale est essentielle pour mettre fin à cette répression et amener ses responsables à rendre des comptes. Le courage des syndicalistes biélorusses nous rappelle que le syndicalisme n’est pas un crime, c’est une pierre angulaire de la démocratie.”

Le 16 avril dernier, les affiliés d’IndustriALL ont manifesté leur soutien au mouvement syndical démocratique et indépendant de Biélorussie par des actions de solidarité, notamment des déclarations de soutien et des lettres officielles adressées aux ambassades de Biélorussie.

“Le silence n’est pas une option. L’injustice doit être combattue dans tous les forums, par toutes les formes d’expression et par tous les moyens, jusqu’à ce que chaque syndicaliste emprisonné en Biélorussie soit libre, que chaque syndicat indépendant soit rétabli et que chaque travailleuse et chaque travailleur puisse s’exprimer sans crainte. La solidarité est plus qu’un mot, c’est une force. Cette lutte se poursuivra jusqu’à ce que la justice prévale,”

a déclaré Atle Høie.

L’Accord, juridiquement contraignant, engendre des lieux de travail plus sûrs

Cette tragédie a déclenché une action sans précédent pour améliorer la sécurité dans les usines, ce qui a conduit à la création de l’Accord sur le Bangladesh, aujourd’hui connu sous le nom d’Accord international. Une décennie plus tard, cet accord juridiquement contraignant a apporté des améliorations quantifiables et rendu les ateliers de confection plus sûrs pour les travailleuses et travailleurs.

Les principales réalisations sont les suivantes :

Les travailleuses, qui constituent la majorité de la main-d’œuvre du secteur de la confection au Bangladesh, ont joué un rôle central dans ces améliorations.

En 2022, l’Accord international a été étendu au Pakistan. Dans le cadre du programme pakistanais, où les femmes représentent environ 11 % de la main-d’œuvre du secteur de la confection :

Atle Høie, secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré à ce sujet :

“L’effondrement du Rana Plaza nous rappelle douloureusement le coût de l’inaction, mais il marque aussi un tournant. Grâce aux efforts collectifs des syndicats, des enseignes et des travailleuses et travailleurs eux-mêmes, l’Accord a permis de construire une industrie plus sûre, où le point de vue des travailleuses et travailleurs est pris en compte, ainsi que de donner aux femmes un rôle de premier plan dans l’élaboration de lieux de travail plus sûrs. Nous espérons pouvoir étendre cette réussite à un autre pays en 2025.”


 

Le taux de syndicalisation est la clé d’une Transition juste et de la protection des droits des travailleurs

Les participants ont identifié plusieurs préoccupations : les pertes d’emplois et de revenus, l’exclusion des syndicats des processus de dialogue social et la difficulté d’organiser syndicalement les travailleurs et travailleuses précaires. Un consensus fort s’est dégagé : l’augmentation du taux de syndicalisation et le renforcement du pouvoir des syndicats sont essentiels pour s’attaquer à ces problèmes et garantir une Transition juste.

En l’absence d’une forte présence syndicale, notamment dans les secteurs de l’énergie et des mines, les employeurs et les gouvernements écartent souvent les syndicats des discussions politiques. Dans de nombreux cas, de prétendus experts sont invités à leur place, alors que ce sont les travailleurs et travailleuses de ces secteurs qui sont les plus directement touchés par les politiques de transition.

“Le taux de syndicalisation est d’une importance capitale. L’unité au niveau des travailleurs et des syndicats est essentielle pour créer un mouvement fort en faveur de la Transition juste, une dynamique ne pouvant être ignorée par les gouvernements et les employeurs,”

a déclaré Kan Matsuzaki, secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

“Par exemple, certaines mines de nickel, essentielles à la chaîne d’approvisionnement des batteries, ne disposent toujours pas d’une représentation syndicale suffisante. Nous devons syndiquer les travailleurs et travailleuses dans l’ensemble des secteurs du nickel et des énergies renouvelables pour obtenir notre place à la table des négociations.”

Les participants ont souligné la nécessité pour les syndicats de jouer un rôle actif, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des cadres politiques formels. Parmi les exemples, citons la Net Zero Economy Authority d’Australie, les comités de formation des entreprises de Singapour et le Conseil tripartite de l’industrie minière des Philippines, qui offrent tous des possibilités de participation des syndicats par le biais de mécanismes institutionnels.

En Indonésie, un syndicat a réussi à intégrer des termes relatifs à la Transition juste dans les conventions collectives conclues avec les sociétés minières, grâce à une sensibilisation efficace de la base. Au Pakistan et au Bangladesh, les dirigeants syndicaux ont souligné la nécessité de s’attaquer aux causes structurelles des émissions liées à l’industrialisation et ont appelé à la mobilisation des syndicats des pays du Sud pour contester les solutions politiques inadéquates et sensibiliser le public.

Les participants ont également mis en évidence les contradictions dans les efforts climatiques mondiaux, en soulignant l’augmentation de la production de charbon en Chine, en Inde et en Indonésie et qui a globalement dépassé les 9 milliards de tonnes en 2024, malgré les engagements mondiaux pris dans le cadre de l’Accord de Paris de réduire les émissions et de limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius.

Des préoccupations relatives à l’intelligence artificielle et à l’automatisation ont également été soulevées. Les syndicats philippins ont proposé d’inclure un “dispositif de sauvegarde de la main-d’œuvre” parmi les clauses des conventions collectives pour s’assurer que les travailleurs et travailleuses ne soient pas déplacés lors de l’introduction de nouvelles technologies. La Transition juste, ont-ils soutenu, doit être utilisée pour renforcer la solidarité entre les syndicats et leurs alliés progressistes et revitaliser le mouvement syndical.

Un affilié d’IndustriALL en Inde a négocié avec succès avec une entreprise une requalification des travailleurs et travailleuses allant de pair avec l’augmentation de la productivité, obtenant ainsi une réduction du temps de travail tout en maintenant les emplois. D’autres affiliés indiens ont établi des parallèles avec les révolutions industrielles précédentes, en soulignant que les défis actuels exigent des réponses syndicales unifiées et stratégiques.

La conférence s’est conclue par un appel à l’action, mettant en avant des stratégies clés pour façonner une Transition juste au sein de laquelle les travailleurs et travailleuses donnent le ton :
1.    Plaider en faveur de politiques industrielles durables et centrées sur les travailleurs
2.    Élaborer et mettre en œuvre des cadres de Transition juste
3.    Assurer la participation des syndicats à l’élaboration des politiques et aux prises de décision
4.    Renforcer la collaboration régionale, Nord-Sud et Sud-Sud entre les syndicats
5.    Encourager les politiques de soutien et les cadres d’investissement
6.    Intégrer les droits du travail dans les accords commerciaux
7.    Lancer des campagnes de syndicalisation stratégiques dans les secteurs des énergies renouvelables
8.    Intégrer les problématiques liées au genre et aux jeunes dans la planification de la Transition juste

La démocratie doit être défendue et respectée en Turquie

Ces attaques contre l’opposition font suite à l’intimidation, aux attaques, aux arrestations ou même à l’emprisonnement d’autres personnes engagées, y compris d’éminents dirigeants de partis, des journalistes, des employés d’ONG et des collègues syndicalistes au cours des six derniers mois. Après les élections locales de 2024, un certain nombre de maires métropolitains et de maires de district élus ont été démis de leurs fonctions, le gouvernement nommant ensuite des administrateurs.

En tant que pays candidat à l’UE, lié aux critères de Copenhague et membre du Conseil de l’Europe, la Turquie s’est engagée à respecter et à défendre les valeurs démocratiques, l’État de droit et les droits de l’homme, y compris des droits essentiels tels que les libertés d’opinion, d’expression, de parole, d’association, de presse et de réunion pacifique, ainsi qu’à accepter le rôle crucial joué par l’opposition dans une société démocratique.

Les négociations d’adhésion à l’UE avec la Turquie sont au point mort depuis 2016. La détention d’İmamoğlu et d’autres personnes soulève des questions majeures quant à l’engagement du gouvernement turc envers la démocratie, les règles démocratiques et les institutions, car les principaux fondements de la démocratie ont déjà été ternis. L’UE ne doit pas fermer les yeux sur les graves violations des valeurs européennes fondamentales, mais devrait plutôt faire du respect de la démocratie et des droits de l’homme une condition de sa coopération.

IndustriALL Global Union et industriAll Europe demandent instamment à la communauté internationale et à la Commission européenne d’agir et d’appeler les autorités turques à respecter pleinement ces engagements, les droits des élus, ainsi que le droit de manifester pacifiquement et revendiquent la libération immédiate d’İmamoğlu, ainsi que de tous les autres dirigeants de mouvements politiques et sociaux ou manifestants pacifiques qui ont été mis en détention.

La Secrétaire générale d’industriAll Europe, Judith Kirton-Darling, rappelle qu’en tant que pays candidat à l’UE et membre du Conseil de l’Europe, la Turquie doit respecter les valeurs fondamentales que sont la liberté d’expression et la liberté de réunion et accepter le rôle de l’opposition politique.

“Les syndicats du pays, acteurs essentiels de toute société démocratique, doivent être autorisés à représenter librement les travailleurs et à défendre leurs intérêts, y compris le droit de voter pour les hommes politiques de leur choix.”

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“La Turquie doit garantir les droits fondamentaux de l’homme et du travail en rétablissant les bases de la démocratie. La séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire est essentielle, tandis que l’État de droit et l’équité des procès sont des éléments essentiels d’une véritable démocratie. Les syndicats et les droits des travailleurs doivent être l’une des pierres angulaires de la Turquie.”