FSP2KI obtient des avancées pour les travailleurs contractuels en Indonésie

La grande usine de pâte à papier PT Tanjungenim Lestari fabrique de la pâte blanchie de bois feuillis de grande qualité à partir d'acacias mangium de culture.

Depuis novembre 2016, le syndicat des travailleurs du papier FSP2KI représente 55 travailleurs d'un sous-traitant qui assure la manutention et le transport de la matière première servant à produire la pulpe, la Wira Putra Pratama Company (WPP), qui opère sur le site.

Les conditions d'emploi des conducteurs de camions et engins lourds ne respectaient pas le minimum légal et l'employeur a été forcé d'accepter des améliorations le 13 mars pour éviter une grève.

La direction de WPP refusait de négocier les revendications essentielles des travailleurs qui voulaient le salaire minimum légal, le paiement des heures supplémentaires, des vêtements de travail et un équipement de sécurité fournis par l'entreprise, et une convention collective.

Dès lors, avec le soutien du syndicat national FSP2KI, les adhérents employés par l'entreprise ont annoncé une grève de trois jours du 14 au 16 mars.

Pour éviter la grève, un accord a été trouvé le 13 mars après un dialogue auquel ont participé la haute direction de l'usine et le sous-traitant. Conformément à cet accord, WPP versera au moins le salaire minimum régional et paiera toute heure effectuée au-delà de 8 heures par jour ou 40 jours par semaine. Les travailleurs recevront aussi les arriérés de salaire qui leur sont dus. En outre, l'employeur s'est engagé à pérenniser l'emploi des travailleurs et entamera tout de suite des négociations de bonne foi à la recherche d'une convention collective.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

IndustriALL salue l'excellent travail réalisé par son affilié FSP2KI, qui permettra de revaloriser la rémunération des travailleurs et, ce qui est important, installe sur des bases solides la négociation future avec cette entreprise.

Le réseau mondial des syndicats de la pâte et du papier pleure le décès du Secrétaire général du FSP2KI, Ikhsan Prajarani, survenu dans un accident de la route, le 11 février. Le camarade Noprizal a été élu pour succéder au camarade Ikhsan le 19 mars; il jouera un rôle essentiel dans les activités d'IndustriALL dans ce secteur.

Lorsque la grève a été annulée, les membres du syndicat ont organisé une veillée funèbre sur la tombe du camarade Ikhsan en lieu et place du piquet de grève qui était prévu.

Les Fédérations syndicales internationales s’attaquent aux problèmes qui affectent les droits des travailleurs en Ukraine

Les deux organisations syndicales internationales ont expliqué leurs préoccupations par rapport aux problèmes que sont l’insuffisance de dialogue social et la rapide dégradation de la situation des travailleurs et travailleuses combinés avec une augmentation des violations des droits syndicaux. La mission a également exprimé ses préoccupations face au nouveau Code du Travail actuellement en débat au parlement national, qui sape les droits des travailleurs et travailleuses et est critiqué par l’Organisation internationale du Travail.

La délégation a rencontré un certain nombre de représentants syndicaux et de leaders de centrales syndicales et de syndicats sectoriels ainsi que des représentants du gouvernement ukrainien, y compris du ministère de l’économie et du commerce, du ministère de la politique sociale, du ministère de l’énergie et du charbon et autres.

Actuellement, le pays est confronté à une récession économique, durement ressentie par les travailleurs et la population en général. Selon une étude récente de l’ONU, le niveau de vie en Ukraine baisse continuellement et environ 60% des Ukrainiens vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

Vadim Borisov, Secrétaire régional d’IndustriALL a déclaré : “Politiquement, le pays cherche des liens plus étroits et une meilleure intégration avec l’Union Européenne. Cependant, en l’absence de toute l’attention que le gouvernement devrait porter au système de dialogue social destiné à réduire les effets des problèmes économiques dans le pays, les travailleurs et travailleuses paient le prix le plus fort pour le manque de réformes économiques et sociales en Ukraine.”

Les affiliés d’IndustriALL et de la CSI ont critiqué l’échec du gouvernement à élaborer une politique industrielle forte ou une stratégie claire dans quelque secteur industriel que ce soit au sein du pays.

“Le pays a besoin de stabilité pour assurer une transition équitable, mais elle est en danger en raison des violations des droits syndicaux,” a commenté le Secrétaire général adjoint de la CSI, Jaap Wienen.

À l’issue des deux journées de travail, la mission s’est conclue par la formulation d’une série de propositions sur la manière d’améliorer la situation.

IndustriALL et la CSI se sont engagées à envoyer un courrier conjoint au Premier Ministre d’Ukraine avec un appel à intervenir dans la situation et entamer des négociations avec les travailleurs et leurs représentants avant que les gens ne descendent dans la rue.

De plus, les fédérations syndicales internationales vont en appeler à leurs affiliés respectifs partout dans le monde et les conscientiser aux problèmes rencontrés par les travailleurs et travailleuses ukrainiens.

Dans le même temps, les Internationales vont également faire part au Parlement européen, par le biais du Vice-président de la Commission européenne, Federico Mogerini, de la situation actuelle et vont faire pression sur le Fond Monétaire international pour que les prêts à l’Ukraine soient uniquement consentis pour des programmes dont les pans sociaux sont élaborés conjointement avec les syndicats.

La mission a aussi appelé à la solidarité et à l’unité parmi les syndicats à l’intérieur du pays.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a commenté les résultats de la mission : “Nous attendions une attitude bien plus réactive de la part des autorités ukrainiennes par rapport à cette mission. Malheureusement, la situation du dialogue social et des droits des travailleurs dans le pays laisse à désirer et doit être améliorée. Les autorités doivent en faire bien plus si elles veulent préserver le pays d’une dégringolade sociale.

“IndustriALL possède de solides liens de solidarité avec ses 12 affiliés en Ukraine et nous sommes en contact régulier avec tous. Nous ne les laisserons jamais seuls dans leur combat en faveur de conditions de vie et de travail décentes et nous allons garder un œil vigilant sur les événements en Ukraine.”

Le syndicat algérien des travailleurs de l’énergie appelle à la grève nationale

Le syndicat des travailleurs algériens de l’électricité et du gaz, SNATEGS, exhorte Sonelgaz, qui emploie plus de 87 000 travailleurs, de cesser de réprimer les activités syndicales et de harceler les syndicalistes à l’entreprise.

L’annonce a été faite après que la grève pacifique « pour la dignité », menée par les travailleurs de Sonelgaz en mars, et appelant au respect et à l’augmentation des salaires, se soit heurtée à la violence des forces de sécurité. Plus de 400 personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles des responsables syndicaux et le président du syndicat SNATEGS, Mellal Raouf. Tous ont été libérés par la suite. Néanmoins, nombreux sont ceux qui ont signalé avoir été frappés par la police. 

Le 31 mars, la police a empêché de façon agressive quelque 200 syndicalistes à participer à une réunion en bloquant l’entrée du siège du syndicat SNATEGS à Bab Ezzouar. Les syndicalistes, qui ont raconté avoir été insultés verbalement par la police, ont dû se réunir dans la rue, où ils ont été photographiés et filmés à leur insu. A la réunion, SNATEGS a pris la décision d’organiser en avril une grève nationale à la deuxième plus grande entreprise du pays.

« SNATEGS appelle à nouveau le gouvernement à intervenir et à mettre fin à ces violations quotidiennes du droit par les forces de police, à affirmer la reconnaissance des libertés syndicales en Algérie et à respecter les engagements internationaux en vue d’assurer un vrai pluralisme syndical et une véritable démocratie en Algérie », tel qu’indiqué dans le communiqué du syndicat SNATEGS.

Le Secrétaire adjoint d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Nous déplorons l’usage de la violence et l’oppression exercés contre nos syndicalistes. Nous enjoignons le gouvernement, les forces de sécurité et Sonelgaz à traiter les travailleurs avec respect et à écouter leurs revendications légitimes ».

Malgré l’opposition de Sonelgaz, SNATEGS a réussi à organiser plus de 30 000 travailleurs dans 27 sites différents de la compagnie, et le syndicat appelle à une mobilisation massive pour cette deuxième « grève pour la dignité ».

Le président du syndicat SNATEGS, Raouf, subit des pressions de la part des autorités depuis qu’il a dénoncé une vaste corruption à la compagnie d’énergie publique algérienne Sonelgaz. En décembre 2016, Raouf a été condamné, par contumace, à six mois d’emprisonnement après avoir révélé la surfacturation illégale de l’électricité par Sonelgaz durant une décennie.  

Les centrales syndicales s'opposent à l'adhésion de la Colombie à l'OCDE

"L'approbation de l'adhésion de notre pays à l'OCDE, sans qu'une solution ait été apportée aux graves problèmes d'impunité qui entourent les morts de plus de 3.000 syndicalistes tués au cours des trente dernières années, fragiliserait totalement la position du mouvement syndical colombien dans ses revendications envers le gouvernement et ses dénonciations sur la scène internationale", déclarent les centrales syndicales.

Depuis la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et les FARC, la Colombie est devenue un candidat sérieux pour l'adhésion à l'OCDE. Les trois centrales syndicales CUT, CTC et CGT s'y opposent parce que, selon elles, le gouvernement de Juan Manuel Santos n'a pas tenu les engagements qu'il avait pris concernant le marché du travail informel, la sous-traitance, l'inspection du travail, la négociation collective et la violence envers les syndicalistes.

C'est en 2013 que le Président Santos a posé la candidature de la Colombie à l'OCDE.

Pour devenir membre de l'OCDE, il faut suivre des procédures d'adhésion ardues devant divers comités de politique publique.

Dans une lettre adressée à l'organisation, les centrales syndicales écrivent : "Nous sollicitons respectueusement la suspension sine die des négociations en vue de l'adhésion de la Colombie à l'OCDE." Ils joignent aussi une série de documents pour étayer leur requête.

De récents rapports de la CSI et de l'OIT montrent que le gouvernement est très loin d'avoir réglé les graves problèmes liés au monde du travail. L'Indice 2016 de la CSI décrit la Colombie comme un des dix pays où les travailleurs sont confrontés aux pires formes de violence telles que les assassinats, les menaces, les enlèvements et la violence physique.

De même, le rapport 2017 de la Commission d'experts pour l'application des conventions et recommandations de l'OIT note que le gouvernement colombien n'a toujours pas mis en application les conventions 87 et 98 sur la liberté syndicale, le droit de se syndiquer et le droit de négocier collectivement.

C'est pourquoi les centrales syndicales colombiennes appellent le mouvement syndical international à appuyer leur demande de suspension des négociations à la veille des réunions des comités spécialisés qui doivent se tenir du 9 au 11 avril afin d'arrêter les procédures d'adhésion de la Colombie.

IndustriALL Global Union soutien sans réserve la demande des centrales syndicales colombiennes.

"Il serait absurde que l'OCDE accepte l'adhésion de la Colombie dans un contexte de réductions des droits, d'inégalités et de violations des droits fondamentaux", déclare Fernando Lopes, directeur d'IndustriALL.

Afrique du Sud : les syndicats rejettent les plans de fermeture de centrales électriques

Eskom veut fermer cinq centrales au charbon de la Province de Mpumalanga et les remplacer par une énergie renouvelable en provenance des Producteurs d’électricité indépendants.

Les syndicats rejettent cette perspective. Ils soutiennent plutôt une Transition juste au départ des combustibles fossiles vers une économie à faibles émissions de carbone. De cette manière, toute le fardeau ne pèsera pas massivement sur les épaules des travailleurs.

À l’occasion d’un rassemblement de masse le 16 mars aux centrales de Arnot, Komati et Duvha, le NUM a soumis à la direction un cahier de doléances.

Dans le cadre des protestations contre Eskom, considéré comme un “ennemi commun”, les directions syndicales prévoient des actions conjointes.

Le Président du NUM, Piet Matosa, et le Secrétaire général du NUMSA, Irvin Jim, ont confirmé au cours de la réunion du Comité exécutif pour la Région sub-saharienne à Harare, Zimbabwe, ce 30 mars, que les deux affiliés d’IndustriALL tenaient des consultations sur la question.

Le NUM dit que cette décision est “mal-informée, insensée, irrationnelle et malveillante” et qu’elle sert “un agenda néo-libéral étroit ainsi que les intérêts égoïstes du monde des affaires”.

Cette proposition va à l’encontre du Plan national de développement du gouvernement, qui vise à créer de l’emploi ainsi qu’à mettre fin à la pauvreté et aux inégalités, argumente le NUM. Le pays est confronté à un taux de chômage élevé de 26,5%, selon l’Institut de Statistiques d’Afrique du Sud. Mais celui-c est plus élevé, de l’ordre de 35.6%, si l’on considère le taux de chômage dans un sens plus large, qui comprend ceux dont le désespoir est tel qu’ils ont renoncé à chercher un emploi.

Le NUMSA acquiesce, qualifiant ces plans d’“inconscients”, car ils vont “détruire les moyens d’existence de milliers de travailleurs et leurs familles”.

Les métallurgistes ajoutent : “Le gouvernement sud-africain a négligé l’industrialisation du pays et la création d’une économie qui puisse faire passer les travailleurs et travailleuses des combustibles fossiles à une économie moderne fonctionnant grâce aux renouvelables”.

Fabian Nkomo, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne enfonce le clou :

“Ne fût-ce que considérer la perte de tant d’emplois est impensable. Nous soutenons nos affiliés dans leurs efforts pour obtenir un accord de transition juste qui protège les travailleurs et promeut des politiques industrielles durables.”

Glen Mpufane, Directeur du département des mines d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous soutenons la nécessité de sortir progressivement de la production d’électricité à base de combustibles fossiles, mais cela ne peut se faire que dans le contexte d’un véritable accord de Transition juste. Les travailleurs et travailleuses n’ont pas à en payer le prix et l’Afrique du Sud ne peut pas se permettre d’envoyer 30.000 emplois de plus à la casse. Nous craignons qu’Eskom utilise l’argument de la durabilité comme excuse pour restructurer et privatiser.

“S’ils ont des surcapacités, ils devraient baisser les prix de l’énergie et entreprendre une transition qui ne coûte pas d’emplois.”

La Directrice du département de l’Énergie d’IndustriALL Diana Junquera Curiel a indiqué :

"La fermeture des centrales au charbon touche les syndicats partout dans le monde. La semaine dernière, la centrale d’Hazelwood en Australie a fermé. En l’occurrence, le syndicat a obtenu un accord de Transition juste qui fait en sorte que les travailleurs et travailleuses n’ont pas à en payer le prix. C’est une approche que les syndicats en Afrique du Sud, comme ailleurs dans le monde, doivent adopter.”

Visite d’une mission syndicale de soutien aux travailleurs en Turquie

Après le coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, la Turquie vit dans un état d’urgence permanent, caractérisé par des limitations et des restrictions des droits fondamentaux. La réunion syndicale conjointe a eu lieu avant le référendum constitutionnel sur le passage d’un régime parlementaire à un régime présidentiel, prévu le 16 avril. Les conséquences possibles de ce changement ne sont pas perçues pareillement par les syndicats et la société turque en général.

Cette visite est très importante parce que nos syndicats ont besoin de compter sur la solidarité internationale,

a indiqué Mustafa Kumlu, président du syndicat des travailleurs de l’énergie, du gaz et de l’eau de Turquie et membre titulaire du Comité exécutif d’IndustriALL Global Union.

A ce moment, je crois que le mouvement syndical international et la solidarité syndicale constituent la seule structure pouvant réparer le pont fragile reliant la Turquie, l’Union européenne et le monde.

Les droits syndicaux en Turquie ont été critiqués par l’Organisation internationale du travail et l’Union européenne. Depuis l’état d’urgence, 78 000 fonctionnaires, parmi les 125 000 suspendus de leurs fonctions, ont été licenciés.

Le gouvernement continue de reporter les grèves dans les secteurs des métaux, du verre, des mines et du caoutchouc aux motifs, équivalant à interdire le droit de grève, de « sécurité nationale » et de « santé générale », auxquels il a ajouté par décret le fait de « rompre la stabilité économique et financière ». Une grève prévue dans une des banques privées a ainsi été récemment interdite sous ce prétexte.

La Turquie figure parmi nos pays prioritaires,

a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

En raison de son niveau de développement industriel et de sa proximité à d’autres régions, l’évolution de la démocratie et des droits fondamentaux en Turquie revêt une importance capitale pour le mouvement syndical mondial. Nous continuerons d’être solidaires avec nos affiliés et de les soutenir.

Le changement récent de la législation du travail, adopté en dépit de la ferme opposition des syndicats, permet aux entreprises d’embaucher légalement des travailleurs temporaires par le biais d’agences de placement privées, rendant le recrutement de nouveaux membres syndicaux plus difficiles. Deux nouveaux défis pour le mouvement syndical en Turquie ont été identifiés à la réunion, à savoir le système d’assurance-vie obligatoire et la réforme du système judiciaire chargé de trancher les litiges entre employeurs et salariés. Les syndicats ont également signalé que le gouvernement s’apprêtait à s’attaquer aux indemnités de licenciement.

L’afflux massif de réfugiés, en provenance de Syrie notamment, constitue un défi sur le plan économique, social et du travail. Les secteurs du textile, de l’habillement et du cuir sont fortement touchés par la hausse de l’économie informelle dans l’industrie.

La réunion conjointe à Ankara a réaffirmé que « l’Europe, la Turquie et la communauté internationale doivent intensifier leurs efforts pour promouvoir la paix, la démocratie, le développement économique, l’égalité et les emplois décents ».

Les affiliés turcs ont également affirmé qu’une « attention particulière doit être apportée au respect et à la mise en application intégrale des droits syndicaux en Turquie, y compris la liberté syndicale, le droit de grève et la négociation collective ».

La Turquie a des liens économiques et politiques historiques avec l’Europe,

a indiqué Luc Triangle, Secrétaire général du syndicat IndustriAll European Trade Union.

La coopération entre les syndicats turcs et européens est très importante afin de faire respecter les droits fondamentaux et, en particulier, la liberté syndicale, dans l’intérêt commun des travailleurs turcs et européens.

Les participants à la réunion ont accueilli favorablement l’idée de missions spécifiques dans un avenir proche, avec la participation de différents syndicats en Europe et dans d’autres régions du monde, ce qui enverra un signal de solidarité clair avec les syndicats et les travailleurs turcs.

Les participants à la réunion ont exprimé leur soutien et leur solidarité avec le syndicat des travailleurs des transports (TUMTIS), affilié à ITF, après que la Cour suprême de Turquie ait confirmé un verdict contre les membres de la section syndicale d’Ankara, suite au recours d’une entreprise de logistique au sein de laquelle le syndicat avait réussi une campagne de syndicalisation en 2007. Selon les syndicats turcs, les activités garanties par la Constitution turques ne peuvent pas être considérées comme criminelles. La décision de la cour définit l’organisation des travailleurs comme une activité terroriste et la perception des cotisations syndicales comme un moyen de financer l’organisation terroriste.

Outre leur réunion avec les centres nationaux Turk-Is, Hak-Is et DISK, IndustriALL Global Union et IndustriALL European Trade Union ont rencontré le sous-secrétaire du ministère du Travail et de la Sécurité sociale pour discuter des problèmes soulevés par les affiliés.

Les travailleurs de Fletcher Insulation déterminés à poursuivre leur combat pour une convention équitable

Ils ont recours au système de l'action revendicative protégée contre le fabricant de laine de verre qui refuse d'augmenter les salaires mais veut allonger la durée du travail et recourir davantage à de la main-d’œuvre occasionnelle.

La proposition de la direction gèle les salaires pour quatre ans, allonge de trois heures la durée hebdomadaire de travail et supprime le seuil minimum d'effectif, ce qui va à l'encontre de la sécurité. Elle veut pouvoir recourir sans restriction à des travailleurs occasionnels et réduire fortement les mesures d'accompagnement des suppressions d'emplois.

Fletcher Insulation est une entreprise rentable et les travailleurs, dont beaucoup sont employés depuis plus de trente ans, ont atteint de nouveaux records de productivité. L'entreprise a sollicité l'arbitrage de la Fair Work Commission pour que soit résiliée la convention collective en vigueur. Cette convention est arrivée à expiration, mais ses conditions resteront inchangées tant que sa résiliation n'est pas acceptée ou qu'une nouvelle convention n'est pas signée.

Les 90 adhérents de l'AWU de l'usine ont rejeté la proposition de la direction et un piquet de grève est installé devant l'usine de Dandenong, près de Melbourne, depuis 42 jours.

"La production a augmenté de 20% au dernier trimestre 2016 et pourtant, quelques semaines plus tard à peine, les travailleurs s'entendent dire qu'ils ne méritent pas de hausse de salaire pendant quatre ans et que les conditions qu'ils connaissent depuis si longtemps vont être balayées,"

déclare le secrétaire de l'AWU pour l'État de Victoria, Ben Davis.

"C'est injuste, c'est illogique et on ne peut que conclure qu'il s'agit d'une bataille idéologique."

Les travailleurs ne sont plus payés depuis le 17 février et ils ont organisé un financement participatif (crowdfunding) pour alimenter un fonds de grève qui aidera les grévistes à tenir le coup.

Vous pouvez faire un don au fonds de grève en cliquant ici

Dans un message de solidarité adressé à l'AWU, le Secrétaire général d'IndustriALL Valter Sanches a écrit :

"IndustriALL Global Union condamne dans les termes les plus vifs l'intransigeance de Fletcher Insulation Australia qui refuse de négocier de bonne foi avec le syndicat depuis le mois d'août 2016 pour se lancer au contraire dans une politique agressive qui aurait pour effet d'entamer sérieusement les droits fondamentaux des travailleurs et leurs avantages."

Fletcher Insulation fabrique des produits d'isolation acoustique, thermique et contre l'incendie pour usage privé et commercial. Le groupe néo-zélandais Fletcher a racheté l'usine de Dandenong à ACI Glass il y a plusieurs années.

Le récent engagement sur le Conseil d’Entreprise européen envoie un signal fort en vue d’un accord mondial avec LafargeHolcim

IndustriALL Global Union est d’avis qu’en signant cet accord européen, le groupe a fait un premier pas concret vers la construction de relations sociales saines et solides avec ses travailleurs et travailleuses. Cet premier pas nécessite cependant une impulsion complémentaire et l’entreprise doit en faire davantage pour prouver sa bonne volonté à ses salariés, non seulement en Europe, mais aussi au plan mondial, et bâtir également les fondations d’un dialogue social pareillement exécutoire dans d’autres pays.

IndustriALL et son organisation sœur, l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), qui représentent les travailleurs et travailleuses de LafargeHolcim au plan mondial, sont engagées actuellement dans le processus de négociation d’un accord-cadre mondial avec l’entreprise.

Cet accord-cadre mondial créerait, à l’image de l’accord sur le CEE, un cadre solide pour un authentique dialogue entre direction et salariés au sein de tous les sites et auprès de tous les fournisseurs de l’entreprise partout dans le monde.

Invité par l’entreprise à assister à la cérémonie de signature de l’accord sur le CEE à Paris, Matthias Hartwich, Directeur du département d’IndustriALL pour les sections des matériaux et de l’ingénierie mécanique, a fait ce commentaire : “La conclusion de cet innovant accord sur le CEE chez LafargeHolcim est pour nous une indication que l’entreprise est sérieuse dans son intention de conclure un Accord-cadre mondial avec IndustriALL et l’IBB."

Depuis que Lafarge et Holcim ont fusionné en 2015, l’entreprise a été confrontée à un certain nombre de défis, notamment de nombreux décès sur les lieux de travail, la montée du travail précaire ainsi que des problèmes locaux débouchant sur des grèves et des lock-outs en raison du niveau insuffisant de dialogue honnête et ouvert entre la direction et les syndicats au niveau des usines durant la période difficile de la restructuration.

Certaines de ces questions sont graduellement solutionnées par le biais d’un dialogue et de relations améliorées avec les syndicats. Cependant, l’expérience démontre qu’il est nécessaire pour LafargeHolcim de fixer le même cadre pour ses relations sociales partout dans le monde.

IndustriALL Global Union, l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) et LafargeHolcim sont déjà convenus de lancer le processus pour élaborer un Accord-cadre mondial.

Une grève de 42 jours au Chili prend fin par la prolongation de la convention

La grève de 42 jours, déclenchée lorsque la direction s’est montrée incapable de conclure une nouvelle convention collective de travail, est la plus longue et la plus coûteuse de l’histoire du secteur minier privé au Chili.

Minera Escondida, qui appartient au géant minier australien BHP Billiton, a refusé les principales revendications du syndicat :

L’entreprise a insisté sur l’introduction de systèmes différentiés de salaires et prestations pour les nouveaux engagés afin de diminuer à l’avenir le coût du travail.

Comme direction et syndicat ne pouvaient atteindre un accord, le syndicat a mis fin aux négociations en exerçant son droit de prolonger la convention en vigueur, tel que prévu à l’article 369 du Code du Travail.

Les travailleurs ne percevront pas de prime de fin de convention ou d’augmentation salariale au cours des 18 prochains mois. Cependant, lorsque les deux parties retourneront à la table des négociations en juin 2018, une nouvelle législation sociale sera d’application. Celle-ci introduit une “règle du salaire minimum” qui ne permettra pas à BHP de proposer aux nouveaux engagés des conditions inférieures à celles qui sont définies dans la présente convention collective.

Nous avons sauvegardé l’avenir des nouvelles générations de travailleurs de cette entreprise

a déclaré le syndicat dans un communiqué officiel

Maroc : le gouvernement doit tenir compte des travailleurs dans la vente d'une raffinerie

Une cour d'appel du commerce de Casablanca avait ordonné, en mars 2016, la liquidation de l'unique raffinerie de pétrole du pays, la Société anonyme marocaine de l'Industrie du Raffinage (SAMIR). Le délai laissé à d'éventuels repreneurs pour manifester leur intérêt était fixé au 8 mars 2017.

La SAMIR, d'une capacité de 200.000 barils par jour, a arrêté la production en août 2015, écrasé par sa dette de 1,3 milliard de dollars au fisc marocain.

Depuis, notre affilié SNIPGN-CDT, qui représente les travailleurs de la raffinerie, a organisé plusieurs veillées, rassemblements et grèves pour réclamer la reprise de la production et la protection des emplois des travailleurs. En outre, 5.000 emplois indirects dépendent de l'activité de la raffinerie.

Dans une lettre au Premier ministre marocain, le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, écrit :

"IndustriALL Global Union vous prie à nouveau de veiller à la protection du droit fondamental au travail, de maintenir les droits et les prestations inscrits dans la convention collective en vigueur et dans ses annexes, et d'assurer les conditions nécessaires à la reprise de l'activité de la raffinerie le plus rapidement possible."

D'après certaines informations, une dizaine d'expressions d'intérêt auraient été reçues pour la SAMIR, toutes émanant d'investisseurs étrangers.

Le gouvernement marocain évalue la dette totale de la SAMIR à quelque 4,5 milliards de dollars.

Avant sa mise en liquidation, la raffinerie SAMIR était contrôlée par Corral Holdings, qui détenait 62,26% de son capital. Corral Holdings appartient au milliardaire saoudien Sheikh Mohamed Houssein El Amoudi.

La SAMIR n'a pas pu réunir un apport de trésorerie de 1,4 milliard de dollars et un tribunal a rejeté une proposition de restructuration de la dette faite l'an dernier par l'entreprise, pour manque de garanties.