Unite appelle à la solidarité avec les travailleurs de Fujitsu UK

Les travailleurs de Fujitsu du Royaume-Uni vont lancer une nouvelle action de grève contre le projet de la direction de procéder à des coupes dans les salaires et les pensions.

À la Conférence mondiale des travailleurs cols-blancs d'IndustriALL, les participants ont exprimé leur soutien aux travailleurs de Fujitsu du Royaume-Uni. La conférence a appelé les syndicats à :

Unite the Union, qui est affilié à IndustriALL, remettra demain, vendredi 21 avril, une lettre à l'ambassadeur du Japon, M. Koji Tsuruoka, dans les locaux de l'ambassade de Londres. Le syndicat a vivement critiqué le comportement de la direction britannique de Fujitsu à propos des suppressions d'emplois envisagées.

Matt Whaley, du syndicat Unite, explique la situation :

 

Un syndicat irakien organise les travailleurs de Shell

L’accord de reconnaissance est avec Basra gas Co. (BGC), qui est une joint venture, créée par le gouvernement irakien en 2013, entre Shell, Southern Gas (la compagnie qui gère les champs de gaz du sud irakien) et Mitsubishi.

BGC est détenue à 51 pour cent par le gouvernement irakien, qui possède Southern Gas, et à 49 pour cent par Shell et Mitsubishi. Shell est le principal exploitant. La compagnie emploie 6 000 travailleurs, dont 4 000 sont détachés de l’ancienne Southern Oil Company (la compagnie de pétrole du Sud) et 2 000 sont employés directement par Shell. Plusieurs sociétés de service sont également impliquées.

BGC a été créée pour exploiter le gaz des champs pétrolifères, jusqu’alors gaspillé et brulé, faisant perdre à l’économie irakienne des millions de dollars au fil des ans. La compagnie nouvellement créée extrait, raffine et exporte le gaz.

Depuis la constitution de BGC, IFOU s’emploie à défendre les droits des travailleurs, à améliorer les conditions de travail et à établir un syndicat au sein de la compagnie pour soutenir les travailleurs.

La fédération syndicale a écrit à Shell pour demander la création du syndicat au sein de la nouvelle compagnie et sa reconnaissance, invoquant les engagements de la compagnie envers les normes internationales en matière des droits des travailleurs; mais s’est heurtée, dans un premier temps, au refus de la compagnie.

Cette dernière a néanmoins plié suite à la persévérance du président du nouveau syndicat, Munqiz Abdelgabar. Le syndicat a été constitué avec succès en février 2017. Les travailleurs ont élu leurs représentants au sein des différents sites de la compagnie: le terminal de stockage, le terminal maritime, Rafidiya, l’usine de gaz naturel liquéfié (GNL) située au nord de Rumaila, les stations de remplissage de gaz approvisionnées par la compagnie de pétrole du Sud, les gisements au sud de Rumaila, la station de Shamiya et les gisements de West Qurna.

IFOU est un membre actif du réseau syndical mondial Shell d’IndustriALL et du réseau des syndicats du pétrole et du gaz de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Les deux réseaux ont pour principaux objectifs d’améliorer le travail en réseau des syndicats au niveau régional, de renforcer un véritable dialogue social régional et national, et d’organiser les travailleurs chez Shell.

Hassan Jumaah Awad, président de la IFOU, a indiqué:

« Les principaux objectifs du nouveau syndicat sont non seulement de faire avancer la négociation collective au sein de la compagnie, d’influer sur les questions relatives aux femmes et à la jeunesse, de consolider la base syndicale dans le but de contribuer aux politiques sociales et économiques de la compagnie, mais également de promouvoir la formation syndicale de tous les travailleurs.

« Le nouveau syndicat bénéficie d’un large soutien parmi les travailleurs, aussi bien irakiens que migrants ».

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Que les syndicats irakiens soient parvenus à organiser les travailleurs au sein d’une compagnie multinationale comme Shell est un progrès décisif pour nous. Il s’agit d’une grande réussite de la part des travailleurs de Shell, surtout si l’on considère les immenses défis auxquels sont confrontés les syndicats en Irak.

« Nous continuerons de travailler avec IFOU en vue de soutenir le nouveau syndicat. Nous invitons instamment la direction à coopérer avec notre affilié en Irak et à s’efforcer de construire un véritable dialogue social au sein de la compagnie ».

Des Parlementaires européens exigent le respect des droits syndicaux au Sri Lanka

“Nous sommes disposés à accorder des préférences au Sri Lanka, mais uniquement si nous sommes sûrs que les bénéfices en vont également aux travailleurs,” a indiqué la Parlementaire européenne Lola Sánchez Caldentey dans une déclaration faisant suite à la mission.

Les participants à cette mission, qui s’est déroulée entre le 10 et le 12 avril, ont été invités par le Conseil d’IndustriALL pour le Sri Lanka à évaluer les progrès du pays en termes de conformité aux droits de l’homme et aux droits syndicaux dans le cadre du renouvellement de la demande par le gouvernement du pays du Système des préférences généralisées plus (SPG+).

Ce statut propose des incitants commerciaux aux pays en développement qui mettent en œuvre des conventions internationales fondamentales sur les droits humains et syndicaux, le développement durable et la bonne gouvernance.

Cependant, après plus de dix réunions tenues au Sri Lanka, Sánchez Caldentey a déclaré :

“Si les consommateurs de l’Union européenne connaissaient les conditions abusives dans lesquelles les femmes travailleuses fabriquent les vêtements qu’ils achètent, ils auraient honte.”

La Parlementaire européenne Anne-Marie Mineur a ajouté : “Le gouvernement doit s’assurer que ces travailleurs et travailleuses peuvent s’organiser par le biais de syndicats, parce qu’autrement, ils et elles continueront à être exploités.”

L’Union européenne doit évaluer la demande de statut SPG+ dans le courant du mois prochain.

La délégation, qui comprenait également des représentants du syndicat 3F du Danemark, de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) et de la Campagne Clean Clothes (CCC), a rencontré des travailleurs et travailleuses ainsi que des dirigeants syndicaux qui ont été soumis à du harcèlement, des licenciements abusifs, du harcèlement sexuel et des violations de droits syndicaux au sein des Zones de libre-échange du Sri Lanka.

Les délégués ont exprimé leur préoccupation par rapport au recours intensif à des agences de recrutement mettant en place des structures de coworking qui ont sapé la liberté syndicale et la négociation collective au Sri Lanka. Ils se sont également inquiétés du fait que le pouvoir judiciaire intervenait de plus en plus souvent dans des conflits de travail et au niveau des négociations collectives au détriment des syndicats.

En réaction à cette mission exploratoire, la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a déclaré :

“Il est bon que des parlementaires européens se soient rendus au Sri Lanka pour y constater par eux-mêmes la condition des travailleurs et travailleuses. Nous espérons que ceci va encourager l’UE à mettre en place des protections adéquates pour assurer que les bénéfices des échanges commerciaux profitent également aux travailleurs et travailleuses sri-lankais. Le respect intégral des droits à la liberté syndicale et de négociation collective est essentiel.”

Une possible répétition de la tragédie du Rana Plaza évitée grâce à l’action d’un syndicat au Bangladesh

Près de 3 000 travailleurs de l’industrie du vêtement, parmi lesquels une majorité de femmes, étaient en train de travailler au sein du bâtiment de 15 étages du Ananta Plaza à Dhaka, abritant les usines de confection Ananta Fashion et Ananta Apparels Ltd, quand une partie du rez-de-chaussée s’est affaissée le 5 avril 2017, aux environs de 17 heures.

Les piliers de sécurité situés au rez-de-chaussée du Ananta Plaza se sont en partie écroulés et inclinés en raison des importants travaux d’excavation en cours de réalisation près du bâtiment.

Pour les travailleurs de l’industrie du vêtement, cet incident a sonné comme un rappel brutal de la tragédie du Rana Plaza survenue le 24 avril 2013, lorsque l’immeuble de huit étages s’est effondré, tuant 1 134 travailleurs et en blessant plus de 2 000.

Le syndicat des travailleurs de Ananta Fashion & Apparels (AFAWU), affilié à IndustriALL par l’entremise de la Fédération nationale des ouvriers de la confection (NGWF), a alors demandé aux travailleurs d’évacuer immédiatement le bâtiment et à la direction de fermer les usines jusqu’à ce que la structure de l’édifice ait été sécurisée. La direction a accepté de fermer les usines durant deux jours, mais demandé à ce que la production reprenne passé ce délai.  

La NGWF a dès lors manifesté le lendemain avec les travailleurs des usines devant le siège de la Direction de l’inspection générale des usines et des établissements (DIFE) pour l’exhorter de forcer la direction à fermer les usines jusqu’à complète réparation de la structure. 

Accédant aux revendications des travailleurs, le bureau du gouvernement a émis un avis de fermeture des usines et de réparation de la structure du bâtiment. Les travailleurs ont également défilé jusqu’au siège social de l’Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA) pour s’assurer de l’acceptation de leurs revendications, y compris en matière d’indemnités salariales et de continuité de service durant la fermeture des usines.

Dans le même temps, la NGWF a pris contact avec Accord – un organisme de contrôle de la sécurité incendie et de la sécurité des bâtiment au Bangladesh – pour que soit réalisée une enquête de sécurité sur le bâtiment de l’usine Ananta. Après inspection, Accord a notifié un avis de fermeture, exigé la réparation urgente de la structure ainsi que le remblaiement immédiat et complet, avec du sable adéquatement compacté, de la zone excavée située près de l’immeuble du Ananta Plaza.

Le 10 avril, la direction de l’usine a demandé aux travailleurs de reprendre leur travail et annoncé la fin des réparations d’urgence ainsi que la visite du site par les ingénieurs de l’Université d’ingénierie et de technologie du Bangladesh et les fonctionnaires de la DIFE.

Suite à l’inquiétude des travailleurs, la NGWF et la direction ont toutefois demandé à Accord de contrôler les améliorations apportées en matière de sécurité. Après avoir visité l’usine le 11 avril, Accord a indiqué que le bâtiment pouvait être occupé sans danger.  

Les travailleurs ont repris le travail le lendemain de la tenue d’une réunion entre les représentants de la NGWF, le syndicat des usines, la direction, la BGMEA, et les fonctionnaires, dont les ingénieurs constructeurs, d’Accord.

La direction a accepté de payer des indemnités de salaire aux travailleurs pour les jours de fermeture des usines et de ne pas les brimer pour leur participation au mouvement en faveur de l’arrêt de la production. La direction s’est également engagée à procéder, dès que possible, à une réparation complète de l’ensemble des édifices conformément aux recommandations d’Accord.

Amirul Haque Amin, président de la NGWF et président du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh, a déclaré:

Les efforts conjugués des travailleurs visant à obtenir des conditions de travail sûres sont une avancée majeure dans l’industrie du vêtement au Bangladesh. De manière significative, la direction des usines, la BGMEA et le ministère du Travail ont reconnu l’importance fondamentale de la sécurité des bâtiments et répondu rapidement aux revendications des travailleurs. Nous sommes reconnaissants à l’ensemble des parties prenantes, notamment à Accord, d’avoir agi rapidement pour assurer la sécurité des travailleurs.

Soutien mondial pour les travailleurs de l'usine VW de Chattanooga

En décembre 2015, à une écrasante majorité de plus de 70 pour cent des voix, les ouvriers qualifiés ont demandé à être représentés par notre affilié United Autoworkers' Union (UAW). Pourtant, VW Chattanooga refuse de négocier avec la section locale 42 du syndicat, alors même que le gouvernement américain lui a ordonné d'entamer des négociations.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"Le refus de Volkswagen de reconnaître l'UAW est illégal, il viole les droits fondamentaux des travailleurs ainsi que l'accord-cadre mondial qu'ils ont signé avec nous en 2002. Nous avons été nombreux à dire à VW notre inquiétude à ce sujet, mais l'entreprise s'obstine dans sa mauvaise foi."

Pendant deux jours, les affiliés d'IndustriALL représentant les travailleurs de VW du monde entier se sont réunis pour échanger des informations sur les relations de travail avec le constructeur et exprimer leur solidarité avec les travailleurs de VW de Chattanooga.

Cette réunion s'est tenue après l'adoption d'une résolution demandant des comptes à Volkswagen par le Congrès d'IndustriALL de Rio de Janeiro, en octobre 2015.

Les participants ont exprimé leurs préoccupations devant l'absence de culture de la sécurité et de constants changements d'horaires de travail à l'usine, des travailleurs étant parfois forcés de travailler de 10 à 11 heures par jour, parfois 13 jours d'affilée. Des heures supplémentaires sont parfois imposées à la descente d'une équipe, ce qui veut dire que les travailleurs ne savent pas à quelle heure ils pourront rentrer chez eux à la fin de leur travail.

Bien que la direction ne reconnaisse toujours pas la section locale 42 de l'UAW, le syndicat continue de recruter de nouveaux adhérents. Les syndicats présents à la réunion se sont engagés à soutenir son combat et à attirer l'attention sur les pratiques antisyndicales de VW à Chattanooga.

"Nous continuerons à réclamer un dialogue avec VW à tous les échelons pour amener l'entreprise à renoncer à son antisyndicalisme à Chattanooga et à entamer la négociation d'une première convention collective avec la section 42 de l'UAW," a déclaré le Secrétaire-trésorier du syndicat, Gary Casteel.

"Nous n'abandonnerons pas tant que Volkswagen ne nous aura pas reconnus."

Deux mille mineurs de Southern en grève illimitée au Pérou

Le syndicat des mineurs, Sindicato Unificado de la Southern y Anexos (SUT SPCC), qui est affilié à la FNTMMSP (Fédération nationale des mineurs et des métallurgistes du Pérou), elle-même affiliée à IndustriALL Global Union, est parti en grève le 10 avril après que les négociations ont été rompues avec l’entreprise minière. La grève a mis à l’arrêt les mines de Toquepala et Cuajone ainsi que la fonderie Ilo dans le sud du pays.

Il y a quelques semaines, le syndicat a présenté à l’entreprise, qui est une filiale de Grupo Mexico, les revendications suivantes :

Après plusieurs réunions, la direction de l’entreprise n’a montré aucune disposition à rencontrer les revendications des travailleurs. Deux mille mineurs se sont alors prononcés par scrutin pour la grève.

À côté de l’arrêt de travail, les mineurs ont tenu des rassemblements de masse à Ciudad Nueva, devant la mine de Cuajone (Moquegua) et près de l’unité d’extraction de Toquepala (Tacna).

Les deux parties se disent ouvertes au dialogue et avoir la volonté de trouver une solution. Dans les dernières heures du 10 avril, les représentants syndicaux ont rencontré des dirigeants de Southern Copper mais les pourparlers ont échoué. Ils ont alors programmé une autre réunion pour le 12 avril, en présence des autorités du travail.

L’entreprise a produit 900.000 tonnes de cuivre en 2016, soit 21,1% de plus qu’en 2015. Cependant, le syndicat indique que les travailleurs ont reçu entre 13.000 et 16.000 soles (environ 4.000 dollars) de participation aux bénéfices après avoir perçu 40.000 soles (environ 12.300 dollars) l’année précédente lors du partage des bénéfices de 2015.

La FNTMMSP a exprimé son total soutien aux revendications du SUT SPCC et a appelé l’entreprise à conclure un accord avec le syndicat. Entretemps, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit au président de l’entreprise, Oscar González Rocha, pour l’exhorter à négocier de bonne foi avec le SUT SPCC.

Fernando Lopes, Directeur de département d’IndustriALL a déclaré :

“Southern Pérou fait partie de Grupo Mexico, qui est connu pour ses violations de la liberté syndicale au Mexique et aux États-Unis. Les travailleurs péruviens ne vont pas laisser l’entreprise leur infliger le même sort. Nous assurons le syndicat et la fédération de tout notre soutien”.

La Convention de Rotterdam prise pour cible par la campagne d’IndustriALL contre l’amiante

IndustriALL a rencontré Rolph Payet, Secrétaire exécutif de la Convention de Rotterdam, un traité des Nations Unies facilitant l’échange d’informations sur les produits chimiques dangereux inscrits sur sa liste, et prévoyant que leurs importations et exportations fassent l’objet d’un processus décisionnel au niveau national.

Lors de la réunion, IndustriALL a exprimé son plein soutien à la proposition émanant d’un groupe de 12 pays africains visant à modifier l’article 22 de la Convention de Rotterdam de sorte qu’aucun pays ne puisse s’opposer seul à l’inscription d’une substance dangereuse à l’annexe III de la Convention. 

Durant la réunion, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

L’objectif d’IndustriALL est de parvenir à une interdiction mondiale de l’amiante. Tous les ans, nous perdons des centaines de milliers de travailleurs à cause de l’amiante. Nous voyons cette proposition d’amendement de la Convention de Rotterdam comme une réelle opportunité et nous sommes ici pour exprimer notre souhait de la voir adopter.

La proposition vise à modifier le processus décisionnel afin qu’une substance dangereuse puisse être inscrite à la majorité des 75 pour cent des Parties votantes.

L’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste a été bloquée à plusieurs reprises par les pays ayant des intérêts financiers dans le commerce de l’amiante, bien que cette substance réponde à l’ensemble des critères scientifiques permettant de recommander son inscription sur cette liste, et que son inscription bénéficie du soutien écrasant de la majorité des Parties à la Convention. Deux millions de tonnes d’amiante chrysotile sont toujours extraites et vendues chaque année, principalement dans le monde en développement.

« Il s’agit de la santé et de la sécurité des travailleurs contre les intérêts et les profits des grands groupes. Notre mission est de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour changer la situation », a indiqué Özkan.

Payet a rappelé que la Convention de Rotterdam ne vise pas à interdire l’utilisation ou le commerce des produits chimiques figurant à l’annexe III, mais offre un cadre réglementaire permettant aux pays de décider s’ils souhaitent limiter, et dans quelle mesure, leurs importations futures. Les décisions prises au niveau de chaque pays déclenchent la procédure « de consentement préalable en connaissance de cause » inscrite dans la Convention, et requièrent la divulgation exacte des propriétés chimiques d’un matériau. Ces décisions sont ensuite communiquées à toutes les Parties et doivent être respectées.

L’Institut Chrysotile (anciennement dénommé l’Institut de l’amiante), un groupe de pression au service de l’industrie de l’amiante, a invoqué l’échec répété de l’inscription de l’amiante chrysotile à la liste de la Convention de Rotterdam comme étant la preuve en quelque sorte de sa possible utilisation en toute sécurité.  

Payet a indiqué que la décision d’amender l’article 22 relève des Parties à la Convention et sera examinée lorsque ces dernières se réuniront à Genève, en Suisse, du 24 avril au 5 mai.

Des craintes ont été exprimées sur le fait que le changement du mode de prise de décision actuel pourrait faire échouer l’ensemble de la Convention, ce qui a été mis en doute par Brian Kohler, Directeur d’IndustriALL pour la santé, la sécurité et la durabilité, ayant également participé à la réunion:

Actuellement, la Convention est dysfonctionnelle. Qu’y a-t-il à mettre à mal?

IndustriALL a demandé à ses affiliés d’écrire à leurs gouvernements pour qu’ils appuient la proposition, et fait pression sur les décideurs pour qu’ils soutiennent l’adoption de l’amendement de l’article 22.

Les travailleurs de BMW au Royaume-Uni annoncent des actions de grève contre les menaces pesant sur les retraites

Les grèves, auxquelles participeront jusqu’à 3 500 travailleurs de BMW employés dans les usines situées à Cowley, Goodwood, Hams Hall et Swindon, s’accompagneront d’une interdiction de faire des heures supplémentaires et d’une grève du zèle. Les travailleurs sont représentés par l’affilié à IndustriALL Global Union, Unite, qui a voté à 93 pour cent des voix en faveur des grèves contre l’intention de l’usine BMW de mettre un terme au régime de retraite fondé sur le salaire de fin de carrière. Il s’agira de la première grève jamais organisée par les travailleurs de BMW au Royaume-Uni.
 
Les projets de BMW pourraient faire perdre jusqu’à 160 000 livres en revenus de retraite à certains travailleurs et ceci, malgré une croissance de huit pour cent des bénéfices, dont le montant atteint 6,9 milliards d’Euros, une année record pour les ventes de la Mini et une hausse de six pour cent des ventes de Rolls-Royce.
 
Le 29 mars 2017, une délégation syndicale a visité le siège de la compagnie à Munich pour protester contre l’arrêt du régime et accuser les patrons de « voler les retraites ». Le responsable des délégués syndicaux de l’usine, Norman Gough, et l’administrateur national, Tony Murphy, de Unite, ont rencontré Manfred Schoch du syndicat IG Metall, également président du Comité d’entreprise européen de BMW, pour solliciter l’appui dudit Comité.  Schoch les a assurés de sa solidarité.
 
Le Secrétaire général de Unite, Len McCluskey, a déclaré:

« Les patrons de BMW doivent cesser de faire l’autruche.
 
« Les travailleurs de BMW au Royaume-Uni ont contribué de manière significative à un chiffre d’affaires et des ventes annuels record au bénéfice du fabricant d’automobiles. Ils méritent mieux que des promesses non tenues en matière de retraites ainsi que la perte de dizaines de milliers de livres en revenus de retraite ».

 Helmut Lense, Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile, a indiqué:

« BMW est une compagnie très rentable, dont la réussite est due au travail acharné et aux compétences de ses loyaux employés. Nous attendons de la compagnie qu’elle s’engage à parvenir à une solution équitable qui soit acceptable pour les deux parties ».

Une entreprise de construction kazakhe du secteur pétrolier réprime les activistes syndicaux

Il y a peu, une opération de répression à grande échelle a été lancée contre les dirigeants et les militants des syndicats indépendants affiliés à la Confédération syndicale internationale (CSI) de la région de Mangystau, dans l'ouest du pays.

Pour manifester votre soutien aux travailleurs kazakhs, suivez le lien vers le site web de LabourStart http://www.labourstart.org/go/occ.

Début janvier, les autorités locales et la direction de la société de services pétroliers OCC ont tenté de empecher une protestation pacifique des travailleurs. Le président du syndicat des travailleurs d'OCC, Amin Yeleusinov, et l'inspecteur du travail Nurbek Kushakbayev ont été arrêtés le 20 janvier et sont toujours emprisonnés.

Le syndicat des travailleurs d'OCC est affilié à la CSI par le biais de la Confédération des syndicats indépendants de la République du Kazakhstan (KNPRK). Les militants et les travailleurs ont organisé une manifestation de masse ainsi qu'une grève de la faim contre la dissolution de la CNTUK annoncée précédemment par les autorités.

Dans le même temps, la direction d'OCC a commencé à licencier massivement des salariés qui ont participé aux actions de protestation. OCC fait partie de KazMunaiGas, la plus grande compagnie pétrolière et gazière d'État du Kazakhstan.

KazMunaiGas s'est fait remarquer par un précédent conflit du travail dans lequel une absence de réaction des autorités qui frisait la complicité a provoqué une escalade et des émeutes qui ont fait 17 morts et de nombreux blessés parmi les manifestants en 2011 à Zhanaozen.

IndustriALL et la CSI ont uni leurs forces dans la campagne contre la répression des dirigeants du syndicat et des travailleurs d'OCC, et ont demandé à tous leurs affiliés de soutenir la campagne de LabourStart. La CSI a aussi envoyé une lettre à la Commission européenne pour dénoncer des radiations de syndicats et les arrestations de leurs dirigeants.

Pour participer à la campagne, rendez-vous sur le site web de LabourStart et envoyez votre lettre de protestation pour réclamer que KazMunaiGas mette fin à la répression et entame le dialogue avec les travailleurs et leur syndicat représentatif.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"IndustriALL est vivement préoccupé par la répression des activistes syndicaux. Ce sont là des violations flagrantes de la liberté syndicale, qui est un élément central des conventions fondamentales de l'OIT et des obligations internationales du Kazakhstan. IndustriALL exprime sa totale solidarité avec les activistes syndicaux victimes de la répression et n'arrêtera la campagne que lorsque tous les activistes emprisonnés auront été libérés et que toutes les accusations retenues contre eux auront été levées."

Une stratégie commune est nécessaire pour riposter aux attaques contre les mineurs

Hecla Mining Company aux États-Unis, Anglo American en Australie et Freeport-McMoRan en Indonésie, tentent de briser les syndicats en refusant de s’engager dans des négociations loyales. Ces attaques s’inscrivent dans une tendance dans le secteur au plan mondial :

“Le fil rouge de ces trois conflits est la maximisation des profits par la violation et le déni des droits syndicaux. Ces conflits, bien que distincts, constituent essentiellement une seule et même lutte,” dit le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches. “Nous devons travailler à la négociation de conventions collectives de travail fonctionnant par-delà les frontières qui représenteront notre réponse commune.”

Soucis aux États-Unis

Les mineurs qui appartiennent à l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des Métallurgistes USW, sont en grève à la mine d’argent Lucky Friday de l’entreprise Hecla Mining Company en Idaho depuis le 13 mars dernier, après la déconfiture des négociations collectives.

La proposition définitive d’Hecla, transmise le 10 mars, comportait des changements dans les affectations du personnel dont l’USW est persuadé qu’elles entraîneraient une chute spectaculaire de la sécurité et mettrait des vies en danger. Elle réduirait aussi grandement les prestations en faveur des salariés et rendrait les emplois moins pérennes.

Les travailleurs ont voté unanimement le rejet de cette offre qualifiée par l’entreprise comme étant “la dernière, la meilleure et définitive” et sont en conséquence partis en grève. Cependant, la section 5114 de l’USW est disposée à négocier et déclare ne rien vouloir d’autre que de maintenir les prestations, la sécurité de l’emploi et un environnement de travail sûr.

IndustriALL Global Union a envoyé un courrier de protestation à Hecla Mining pour exhorter son PDG, Phillips S. Baker Jr, à s’assurer que la grève ne connaisse pas d’escalade et que Hecla s’engage de toute bonne foi dans des négociations sur une nouvelle convention de travail avec la section 5114 des Métallos USW.

Les mineurs paient les pots cassés en Indonésie

Les mineurs en Indonésie font office de boucs émissaires dans le récent conflit qui oppose le gouvernement et le géant américain des mines d’or et de cuivre Freeport-McMoRan (FCX) dans le cadre d’une nouvelle licence d’exploitation. Ce conflit a conduit le gouvernement à interdire les expéditions de concentré de cuivre entre mi-janvier et début avril, ce qui affecte directement les exportations de la Mine Grasberg PT Freeport Indonesia de FCX.

En Conséquence, les adhérents du Syndicat des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des mines de Freeport Indonesia sont menacés d’être placés en chômage technique. Bien que cette procédure n’impliquerait qu’une mise à pied temporaire, l’entreprise tenter d’imposer des plans de départ volontaire aux travailleurs.

Freeport est déterminé à appliquer ses plans sans négocier avec le syndicat, même si cela reviendrait à une violation des lois et réglementations indonésiennes s’agissant spécifiquement du programme de chômage technique chez Grasberg.

Le syndicat a envoyé trois missives pour inviter l’entreprise à négocier, mais celle-ci a refusé ne fût-ce que de répondre aux courriers ou d’en accuser réception.

Les mineurs australiens dans l’impasse

En Australie, les salariés de la mine German Creek Coal Mine, propriété de Anglo American sont en grève depuis août 2016, après deux ans de tentatives ratées de renouveler la convention collective de travail conclue entre l’entreprise et l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat de la construction, des industries forestières, des mines et de l’énergie (CFMEU).

Alors même que cette grève est protégée par la loi, cela n’a pas dissuadé Anglo American de faire entrer en scène des jaunes pour tenter de briser le mouvement. Malgré tout, les mineurs ont tenu bon dans leur détermination à protéger leurs emplois.

Les travailleurs exigent le retrait d’une clause afin d’assurer des emplois sûrs et stables et d’arrêter la précarisation de la main d’œuvre permanente, une procédure équitable et transparente en cas de licenciement, le maintien des barèmes de rémunérations actuels et présentent des revendications pour un environnement de travail sûr et sain.

“Les attaques contre les syndicats de la part de compagnies minières se produisent tout le temps, aux quatre coins de la planète. Mais plus fortes seront leurs tentatives, plus fortes seront nos contre-attaques. Par la solidarité internationale et le travail unitaire, nous pouvons affronter les multinationales minières afin d’obtenir un meilleur traitement pour tous les travailleurs,” a déclaré Andrew Vickers, coprésident de la section des mines d’IndustriALL et Secrétaire général du département mines et énergie du syndicat australien CFMEU.