Grève toujours en cours chez Fletcher Insulation, en Australie

Le 17 février, 90 travailleurs et travailleuses, membres de l’affilié d’IndustriALL AWU (Syndicat des travailleurs australiens), ont entamé un arrêt de travail illimité après que les négociations avec la direction ont échoué.

La proposition de l’entreprise impliquait l’absence d’augmentations de salaire pendant quatre ans, l’extension de la semaine de travail de trois heures et la disparition de la notion d’effectifs minimaux, ce qui est un problème de sécurité. L’entreprise entend avoir recours de manière illimitée à des travailleurs précaires et réduire de manière draconienne les dispositions en matière de licenciement.

IndustriALL exhorte Fletcher Building a intervenir auprès de sa filiale Fletcher Insulation Australia sur le site de Dandenong dans l’État de Victoria afin de garantir le retour de l’entreprise à la table des négociations pour y obtenir un résultat équitable avec l’AWU.

IndustriALL Global Union est consterné par l’attitude inflexible de Fletcher Insulation Australia, qui refuse de s’engager dans des négociations ouvertes avec le syndicat

indique le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches.

Au lieu de cela, l’entreprise suit une politique agressive qui saperait gravement les droits et prestations fondamentaux des travailleurs et travailleuses.

Le Comité exécutif d’IndustriALL Global Union, qui réunit des syndicats d’industrie du monde entier, a adopté la semaine dernière une résolution qui condamne l’attitude agressive à l’encontre des travailleurs de Fletcher Insulation et a pris l’engagement de lancer une campagne de solidarité internationale.

IndustriALL Global Union continue à soutenir pleinement la grève. Nous attendons de Fletcher Building des actions immédiates pour porter remède aux graves violations des droits des travailleurs

précise Valter Sanches.

La Convention de Rotterdam discréditée par l’échec de l’inscription de l’amiante chrysotile à son annexe

La huitième Conférence des Parties (CdP) à la Convention de Rotterdam, un traité des Nations Unies qui exige que les produits dangereux inscrits à la Convention soient uniquement commercés avec le consentement préalable en connaissance de cause, se déroule actuellement à Genève, en Suisse.

Aujourd’hui, 3 mai, une petite minorité de pays, dont l’Inde, le Kazakhstan, le Kyrgyzstan, la Russie, la Syrie et le Zimbabwe font partie, ayant des intérêts commerciaux dans la poursuite de l’utilisation de l’amiante, ont bloqué l’inscription du chrysolite à l’Annexe III de la Convention. Les parties doivent parvenir à l’unanimité pour qu’une substance figure à cette annexe.

L’inscription de l’amiante chrysotile à l’Annexe III ne sera pas considérée avant la prochaine CdP qui aura lieu dans deux ans. La Russie prône même le retrait du chrysotile de la liste des substances chimiques proposées pour figurer à l’Annexe III, une initiative non autorisée aux termes de la Convention.

« Ce nouvel échec à inscrire l’amiante chrysotile à l’Annexe III est une honte absolue. Tandis qu’ils hésitent, des centaines de milliers de personnes vont mourir de maladies liées à l’amiante », a déclaré Andrew Dettmer, président national de l’affilié à IndustriALL, le syndicat des travailleurs manufacturiers australiens (AMWU).

L’amiante chrysotile répond à l’ensemble des critères scientifiques requis pour son inscription à l’Annexe III et la majorité des Etats parties à la Convention appuient son inscription. Carolyn Vickers, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a déclaré à l’Assemblée plénière:

« Toutes les formes d’amiante, y compris le chrysotile, sont cancérigènes pour l’homme et sont à l’origine de cas de mésothéliome et de cancers du poumon, du larynx et de l’ovaire. Les preuves selon lesquelles le chrysotile est cancérigène sont irréfutables et accablantes, et elles ont continué de s’accumuler au fil du temps ». Puis d’ajouter que le chrysotile constitue une grave menace de santé publique.

Le représentant de l’Uruguay a déclaré: « Cette question relève des droits de l’homme. L’inscription ne vous empêche pas de fabriquer un produit chimique et de vendre un tel produit. Néanmoins, nous avons le droit d’en être informés, comme un droit égal. Nous devons obtenir le consentement préalable en connaissance de cause ».

En attendant, les Parties examinent la proposition d’un groupe de 12 pays africains visant à amender l’Article 22 de la Convention afin qu’une substance puisse être inscrite à la majorité des 75 pour cent des voix des parties votantes. Un groupe de contact, duquel les groupes de travailleurs ont été exclus, a été établi durant la CdP8 pour examiner la proposition.

« Les gens sont plus préoccupés par la préservation d’un processus qui ne fonctionne pas que la prévention de la survenance de nouveaux décès. Le refus de prendre en compte les voix des travailleurs va à l’encontre de toute notion de transparence », a indiqué Dettmer.

Victime d'asbestose, Siti Kristina, travaillait dans une usine de fabrication de textile en amiante en Indonésie. Elle a déclaré aux participants:

« J’ai été exposée à l’amiante au sein de l’usine pendant 23 ans. Il était difficile d’enlever l’amiante qui se glissait sous nos vêtement. Après 10 ans, j’ai commencé à tousser. En 2010, on m’a diagnostiqué une amiantose. Je suis juste un exemple parmi d’autres; de nombreux amis ont été atteints eux aussi ».

S’exprimant au nom d’IndustriALL, Frank O’Grady, du syndicat australien CFMEU, a indiqué: « Comme la majorité des travailleurs du secteur du bâtiment, nous n’avons jamais été informés des dangers de l’amiante. Pour ces pays qui s’opposent à l’inscription du chrysotile, les signes, la pratique et la réalité sont tout autre. Les 130 000 travailleurs au minimum qui meurent chaque année de maladies liées à l’amiante indiquent le contraire ».

Le représentant des îles Cook a signalé: « De nouveaux matériaux de construction en chrysotile  sont désormais en vente dans les magasins. Peu de gens sont conscients des dangers de l’amiante. La menace de catastrophes naturelles, dont la fréquence et l’intensité augmentent, indique que nos citoyens sont en danger. Nous devons savoir quand les matériaux en chrysotile sont importés ».

L’Australie se situe parmi les pays ayant les taux les plus élevés de mésothéliome dans le monde. Le représentant national a indiqué lors de la plénière: « Nous avons et continuons à payer un prix élevé pour l’utilisation de l’amiante chrysotile ». Environ 25 000 Australiens devraient mourir de maladies liées à l’amiante au cours des 40 prochaines années.

Andrew Dettmer a indiqué: « La campagne de sensibilisation contre l’amiante que nous avons soutenue en Asie du Sud-Est a contribué à amener des pays comme le Vietnam, le Laos et l’Indonésie à faire partie du camp des pays soutenant l’inscription du chrysotile. La réforme de la Convention de Rotterdam est désormais une question internationale brûlante ».

Le directeur d’IndustriALL pour la santé, la sécurité et la durabilité, Brian Kohler, a déclaré:

« La Convention de Rotterdam ne fonctionne pas. Trop c’est trop. Pour devenir efficace, la Convention doit arrêter de permettre aux intérêts financiers de quelques oligarques puissants de menacer la vie de millions de personnes. Il s’agit d’un exemple honteux d’un système dysfonctionnel  qui discrédite le système des Nations Unies dans son ensemble. Combien de centaines de milliers de personnes doivent mourir de maladies liées à l’amiante avant que les Etats parties à la Convention de Rotterdam change cela? »

IndustriALL apporte avec lui la solidarité mondiale au Bangladesh

Lors de son intervention au rassemblement du Premier mai du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh, Sanches a insisté sur le besoin d’unité, notamment après la lutte menée à Ashulia. La manifestation de commémoration du Premier mai organisée par le Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh a été un moment fort et animé, au cours duquel plus de 3 000 travailleurs ont revendiqué leurs droits.

Les intervenants, Valter Sanches, Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, et les responsables du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh, se sont exprimés sur le besoin d’unité et la nécessité de soutenir les travailleurs qui luttent pour le respect des droits syndicaux et l’obtention d’un salaire décent. L’événement a été suivi d’un défilé dans les rues de Dacca pour revendiquer un salaire décent pour les travailleurs et la liberté de constituer des syndicats.

Durant sa mission au Bangladesh, Sanches a visité une usine syndiquée en train de finaliser le processus de mise en œuvre de l’Accord.

Félicitant aussi bien le syndicat que la direction sur les bonnes relations du travail dans l’usine, il a déclaré:

Bien qu’il soit encourageant de voir des relations du travail qui fonctionnent, davantage d’efforts doivent être faits pour améliorer les conditions du travail, notamment les salaires.

Sanches a également rencontré l’association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA), le ministère du Travail et de l’Emploi, ainsi que le Directeur du Bureau pays de l’OIT. Durant ces réunions, il a attiré l’attention sur l’importance à ce que les syndicats soient libres d’organiser les travailleurs et sur celle de parvenir à de meilleures relations entre les partenaires sociaux pour l’avenir de l’industrie du vêtement.

IndustriALL manifeste contre l’amiante ce 28 avril

Plus de 100.000 personnes meurent chaque année de maladies liées à l’amiante. Environ deux millions de tonnes d’amiante sont extraites et vendues chaque année, la majorité des exportations étant dirigées vers les pays en développement.

Environ 100 affiliés d’IndustriALL, actuellement à Genève pour participer à la réunion du Comité exécutif d’IndustriALL, ont été rejoints par des représentants des fédérations syndicales internationales IBB et UNI, ainsi que par le Conseil australien des syndicats dans le cadre de la manifestation devant les Nations Unies. Les syndicats veulent que la Convention de Rotterdam, un traité de l’ONU, porte l’amiante chrysotile sur sa liste des substances dangereuses afin d’aider à en arrêter le commerce.

Le Président d’IndustriALL, Jörg Hofmann, a déclaré aux manifestants :

“En ce 28 avril, journée de commémoration des travailleurs et travailleuses tués et blessés sur leur lieu de travail, je porte le deuil des millions de personnes qui ont été tuées par l’amiante. Des millions de travailleurs et travailleuses, des membres de leurs familles et des personnes qui vivaient tout simplement au sein de communautés entourant ou étant entourées de mines ou d’usines d’amiante, affectés par le passé et aujourd’hui encore.

“Ne soyez pas leurrés par les mensonges de l’industrie de l’amiante : toutes les formes d’amiante tuent. Le chrysotile n’est pas par une quelconque magie différent des autres formes d’amiante et le prétendre ne changera pas les choses. Le mouvement syndical international s’est penché sur les données scientifiques, a considéré la situation des camarades décédés et en phase terminale, et nous exigeons une interdiction mondiale de TOUTES les formes d’amiante.”

Les manifestants ont respecté une minute de silence à la mémoire de ceux qui sont morts des conséquences de leur exposition à l’amiante et ont ensuite pris la direction du centre de conférence des Nations Unies à Genève où se tient pour l’instant la huitième conférence des parties à la Convention de Rotterdam.

La Convention de Rotterdam Convention requiert que les substances dangereuses reprises sur sa liste ne soient commercialisées qu’avec l’accord préalable et informé des pays importateurs à qui l’on aura fait part de toutes leurs propriétés délétères. Cependant, l’ajout de l’amiante chrysotile à la liste de la Convention est constamment bloqué par une poignée de pays qui tirent profit de son commerce, comme la Russie et le Kazakhstan.

IndustriALL soutient une proposition émanant d’un groupe de 12 nations africaines en vue d’amender l’Article 22 de la Convention de Rotterdam, de sorte qu’aucun pays ne puisse opposer son veto à l’ajout d’une substance sur la liste. Une majorité de 75% des parties votantes serait alors suffisante.

Les affiliés d’IndustriALL ont ensuite approuvé un durcissement de la campagne contre l’amiante lors de la réunion du Comité exécutif. La résolution comprend des clauses pour :

Les femmes d’IndustriALL établissent des priorités d’action

Il s’agit de la première réunion du Comité des femmes depuis la tenue du Congrès d’IndustriALL, en octobre 2016, à Rio, où l’objectif de 40% de représentation des femmes dans les organes de décision d’ici à 2020 a été inscrit dans les statuts d’IndustriALL.

« Nous avons progressé rapidement et sommes dans une bonne position pour avancer encore plus vers nos objectifs », a indiqué Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL. « En tant que collègues, nous n’avons pas à en assumer toute la responsabilité; celle-ci doit être également endossée par le Comité exécutif ».

Les nouvelles coprésidentes du Comité sont Michele O’Neil (Australie) et Monica Veloso (Brésil). Les participants ont tout d’abord approuvé le mandat fixant le but et le rôle des Comités des femmes au sein d’IndustriALL.

Les priorités

Le Comité des femmes a approuvé les priorités suivantes, fondées sur le travail déjà réalisé dans les régions:

      – d’accroître la participation des femmes au sein des syndicats,

      – d’augmenter la représentation et le leadership des femmes,

Les participants ont également demandé à ce que soient étudiés des moyens permettant de mieux partager les informations et les expériences pour apprendre les uns et des autres. D’autres ont souligné que le Comité devait en priorité organiser les femmes, notamment celles qui sont jeunes.

Le plan d’action

Parmi les principaux résultats de la réunion, les participants ont donné pour mission à IndustriALL de travailler sur 4 principaux points d’action:

  1. Que chaque secteur élabore des plans pour identifier et travailler sur les questions relatives aux travailleuses en son sein, ainsi que la représentation et la participation des femmes dans les activités sectorielles,
  2. De demander à chaque région d’élaborer son propre plan pour accroître la participation et la représentation des femmes de la région dans les structures d’IndustriALL,
  3. De recueillir les données relatives aux positions des femmes dans les secteurs ainsi qu’au sein des affiliés,
  4. D’établir un rapport identifiant les ressources allouées aux femmes.  

Armelle Seby, Coordinatrice Programme Genre, a souligné le travail réalisé par IndustriALL pour promouvoir la participation des femmes, dont font partie les comités régionaux des femmes et les comités nationaux des femmes d’IndustriALL dans plus de 20 pays. Elle a exposé le travail effectué par IndustriALL en matière d’organisation des femmes et d’intégration des questions relatives aux femmes dans l’ensemble des activités syndicales, et non pas à travers des structures distinctes composées de femmes. Elle a mis en exergue les campagnes menées avec succès par IndustriALL, comme celle sur la protection de la maternité en Asie du Sud-Est.

IndustriALL a également renforcé la position des femmes à travers des programmes d’éducation visant à accroître leurs compétences et à améliorer les conventions collectives, afin que ces dernières tiennent compte des questions relatives aux femmes.

La représentation des femmes au sein d’IndustriALL

Alors que les femmes sont bien représentées dans les projets d’IndustriALL, à hauteur de 35 pour cent, ce pourcentage est beaucoup moins élevé au niveau des réseaux mondiaux des entreprises (11 pour cent), et des réunions sectorielles mondiales (15 pour cent), indiquant que de gros efforts d’amélioration doivent être réalisés.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Le quota de 40 pour cent est un moyen et non pas un objectif. Nous luttons pour l’équité. Pour y parvenir, nous devons renforcer le pouvoir d’action des femmes et avoir davantage de femmes aux postes de direction ».

A présent, 32 pour cent des femmes sont membres titulaires du Comité exécutif d’IndustriALL. Jusqu’à aujourd’hui, seule une région, à savoir l’Amérique du Nord, a atteint et dépassé l’objectif de 40 pour cent, avec 44 pour cent de femmes.

Holdcroft a conclu la réunion en indiquant:

« Le Comité des femmes a fait un très bon départ. Nous avons établi des priorités et décidé de mesures immédiates à prendre pour atteindre l’objectif établi de 40 pour cent de représentation des femmes ».

Côte d’Ivoire: un syndicat condamne les licenciements à Libya Oil

Le syndicat affirme que les raisons économiques alléguées par la compagnie pour justifier les licenciements économiques ne sont pas démontrées.

Au contraire, Libya Oil, qui opère dans 18 pays africains, a augmenté ses investissements avec l’ouverture de neuf nouvelles stations-service en 2017 et la rénovation de 15 autres, ainsi que l’ouverture de sept magasins et de deux restaurants. En janvier 2017, la société a vendu plus de pétrole (9,7 millions de litres) qu’en janvier 2016 (7,9 millions de litres). Ses ventes augmentent dans l’ensemble.

Dans une lettre adressée au Conseil national tripartite pour le dialogue social, le syndicat remet en cause les arguments de Libya Oil.

Les raisons économiques invoquées sont incompréhensibles étant donné la croissance de 8,2 pour cent du PNB de la Côte d’Ivoire en 2015, poussée par le « dynamisme du secteur agricole, des services, des grands travaux publics et du secteur pétrolier ».

Il est surprenant que Libya Oil

prétende ne pas avoir bénéficié de la croissance

indique SYNTEPCI.

Parmi les autres raisons avancées pour justifier les suppressions d’emploi figurent « la rationalisation de la structure organisationnelle de la compagnie en vue d’accroître le rendement ». Néanmoins, l’argument est également remis en question par le syndicat alors notamment que l’entreprise embauche de nouveaux travailleurs, dont 4 cette année.

Libya Oil n’explique pas non plus le lien entre « l’introduction d’une nouvelle technologie » et les licenciements.

Le Secrétaire général du syndicat SYNTEPCI, Jeremie Wondje, a déclaré:

Un plan social de licenciement doit être mis en place conformément aux exigences juridiques en vigueur dans le secteur pétrolier.

Le réseau syndical du pétrole et du gaz gagne en force au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Cette réunion, parrainée par la Fondation Friedrich Ebert, était la troisième du réseau, créé en 2015 dans le but de renforcer la coordination entre les syndicats. Trente-cinq délégués de 16 syndicats de 12 pays y assistaient, représentant la plupart des grandes compagnies pétrolières et gazières présentes dans la région.

Les participants ont eu des débats animés sur les enjeux de la région : des compagnies qui se comportent en exploiteurs, des gouvernements répressifs et le chaos et la déstabilisation provoqués par la guerre en Syrie et au Yémen et la crise des réfugiés qui en résulte.

Les discussions ont porté sur les suites de la grève menée à bien l'an dernier au Koweït et sur la création d'un nouveau syndicat des travailleurs du secteur privé dans ce pays.

Le cas des travailleurs de DNO au Yémen, abandonnés par leur employeur lorsque la guerre a éclaté, a été mis en évidence et les participants ont promis leur soutien et leur solidarité pour obtenir justice pour ces travailleurs.

Les pratiques des entreprises de la région diffèrent fortement, avec des compagnies comme DNO et ExxonMobil qui se comportent comme des exploiteurs, et d'autres, comme Total, ouvertes au dialogue social. En Irak, un accord a été conclu avec Shell pour la création d'un syndicat regroupant 6.000 salariés des gisements gaziers.

Toutefois, Khaled Bettine, venu de Tunisie, a déclaré :

"Les compagnies pétrolières étrangères n'investissent pas dans le long terme. Quant les cours du pétrole chutent, elles disparaissent sans indemniser les travailleurs."

La question de la privatisation a fait polémique au Maroc où la raffinerie d'État SAMIR a été privatisée, avant d'être fermée et mise en liquidation, mettant en danger des milliers d'emplois. L'entreprise cherche actuellement un repreneur.

Le directeur des ressources humaines de Total, Olivier Chavanne, s'est adressé aux participants par vidéoconférence depuis Paris. IndustriALL a un accord-cadre mondial avec Total et la direction s'est engagée à respecter le droit des travailleurs de se syndiquer. Le dialogue social qui se poursuit avec cette entreprise contribue à faciliter les relations professionnelles.

La guerre et la crise des réfugiés, ainsi que la répression qui a suivi le printemps arabe sont des sujets de préoccupation majeurs. Comme l'a déclaré l'Irakien Hassan Jumaah :

"L'État islamique a occupé 20 de nos meilleurs gisements pétroliers les plus productifs, puis il y a mis le feu. Nous réparons les puits qui ont été endommagés, mais une part importante du patrimoine national a été gâchée."

À propos de la crise des réfugiés et de l'afflux de travailleurs migrants, Latifa Benwakrim, du Maroc, a déclaré :

"Nos économies sont chancelantes parce que nos gouvernements sont inefficaces. Ce ne sont pas les réfugiés qui posent problème. Pour un syndicat prônant la justice sociale, défendre les réfugiés est un devoir."

Mais Sleiman Hemdan a fait remarquer que le Liban accueille 1,5 million de réfugiés pour une population de moins de 5 millions d'habitants.

"Nous vivons des temps exceptionnels, et nous sommes très proches de la frontière avec la Syrie. Nous sortons aussi de 17 années de guerre civile. Nous voulons être ouverts, mais nous avons un taux de chômage de 38% et une croissance zéro."

La directrice d'IndustriALL en charge de l'énergie, Diana Junquera Curiel, a rendu compte des résultats d'une étude visant à déterminer les priorités en matière d'organisation. Cette étude compare la législation du travail, la ratification des conventions de l'OIT, la santé et la sécurité, les niveaux de salaires, le statut des femmes et des jeunes, le recours croissant au travail précaire et les taux de syndicalisation dans la région.

Pour Diana,

"Les priorités mentionnées par nos affiliés sont la protection sociale des travailleurs, suivie par l'intégration des femmes et des jeunes dans les structures syndicales, la nécessité de combattre le travail précaire et de dispenser une formation à la négociation et au dialogue."

Pour répondre à ces priorités, le réseau a élaboré et approuvé un plan d'action qui prévoit le renforcement des réseaux d'entreprise et des réseaux par pays, l'élaboration d'une stratégie commune pour lutter contre le travail précaire, et le développement du dialogue social au niveau régional.

Le programme de développement du réseau suivra ce processus :

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a pris la parole pendant la réunion et s'est aussi entretenu en privé avec bon nombre des délégations auxquelles il a promis son soutien, ainsi qu'une aide et des conseils pratiques. Il a déclaré :

"Je suis extrêmement satisfait des progrès qui ont été réalisés dans la région, où nous avons constaté de très nettes avancées.

"Nous continuerons à soutenir nos affiliés pour bâtir un réseau solide et interpeler les gouvernements comme les multinationales du pétrole et du gaz."

Les travailleurs de Thermo Fisher luttent pour leurs emplois en Suisse

130 salariés participent à cette action.

L'accord en question a été négocié avec le concours du service de l'emploi du canton de Vaud, le 20 avril, et répond à trois revendications du syndicat, à savoir :

Le conseil d'administration américain de l'entreprise a rejeté l'accord négocié et refuse tout compromis. La direction américaine du groupe n'a fourni aucune explication ou justification pour cette décision. Cette absence de dialogue et la décision dénuée de fondement de la direction a poussé les travailleurs à poursuivre leur grève.

La première action syndicale a eu lieu le 19 avril, après que la direction ait annoncé son intention de délocaliser la production et quitter la Suisse. Son site d'Écublens est spécialisé dans la fabrication de spectromètres à rayons X et à émission optique et la direction veut délocaliser une partie de la production à Brno, en République tchèque, ce qui entraînerait la perte de 106 emplois sur les 165 d'Écublens.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a écrit au conseil d'administration américain de Thermo Fisher Scientific et demande avec insistance que la direction "réponde aux revendications légitimes des travailleurs de l'usine d'Écublens et accepte l'accord conclu localement, qui tient compte des négociations relatives au projet de délocalisation de la production d'Écublens vers Brno, en République tchèque, de l'allongement de la phase de consultation afin de préparer des contre-propositions à ces licenciements massifs, et de la nécessité d'informer et de consulter."

Valter Sanches a aussi exprimé son soutien et sa solidarité sans réserve aux travailleurs de Thermo Fisher Scientific et au syndicat qui les représente, UNIA, dans leur combat pour les droits des travailleurs.

Rana Plaza : l’anniversaire de la tragédie marque le besoin de poursuivre le travail de l’Accord

L’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, le premier accord contraignant sur les chaînes d’approvisionnement signé par les enseignes de la confection et les syndicats, a permis de voir des centaines d’usines inspectées et d’innombrables dangers au travail solutionnés depuis sa création en 2013.

Mais avec seulement une année de validité devant nous et une majorité d’usines en retard par rapport aux plans de remédiation, la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, indique que l’industrie de la confection au Bangladesh est dans une phase cruciale et que rendre ce secteur sûr doit être une priorité.

“Avec seulement une année de validité de l’Accord devant nous, il nous faut un nouvel engagement ; à défaut il y aura le risque réel que les normes de sécurité ne retombent où elles en étaient en 2012. Le gouvernement n’est pas encore en mesure de garantir la sécurité des travailleurs et travailleuses au sein des usines et nous sommes déterminés à poursuivre l’Accord jusqu’à ce que ce soit le cas.”

“Ensemble avec UNI Global Union nous négocions pour l’instant avec les enseignes en vue d’un nouvel accord qui assurera que ce travail est poursuivi.”

L’Accord fait la différence et sauve des vies. Depuis sa création, on ne déplore aucun décès des suites d’un incendie, de risques électriques ou de problèmes de structure des bâtiments dans une usine couverte par l’Accord et dont le plan d’action est accompli ou en cours.

Il y a quelques jours, ce mois-ci, une action syndicale prompte a évité une tragédie potentielle, démontrant clairement que des syndicats forts sont nécessaires pour accéder à une industrie de la confection sûre et durable.

“Le gouvernement aussi bien que les employeurs sont peu attachés à la liberté syndicale. Mais le monde a toujours le regard braqué sur eux et si davantage de progrès ne sont pas réalisés en termes de sécurité des usines, de liberté syndicale et de salaires, la confiance envers le Bangladesh comme fournisseur de vêtements en sera affectée.”

IndustriALL Global Union fait partie d’une coalition de syndicats et d’ONG derrière un récent pacte pour la transparence par lequel des entreprises ont pris l’engagement de publier des informations sur la provenance de leurs produits. Cette démarche se fonde sur les bonnes pratiques existantes d’entreprises de vêtement de stature mondiale et fixe un seuil, et non un plafond, pour la transparence en matière de chaînes d’approvisionnement.

72 entreprises ont été contactées, dont 17 devraient mettre intégralement en œuvre le pacte pour la transparence d’ici à décembre 2017.

“Une redevabilité accrue signifie que des problèmes au sein de la chaîne d’approvisionnement peuvent être pris en charge et des solutions trouvées plus rapidement. Les enseignes de la confection doivent assumer toute leur responsabilité et une plus grande transparence est un pas important vers l’amélioration des relations sociales,” a déclaré Jenny Holdcroft.

La Conférence mondiale des cols-blancs révèle un besoin urgent d'organisation

Les 52 participants, dont 22 femmes, venus de 28 syndicats ont reconnu la nécessité d'organiser les travailleurs cols-blancs dans une industrie qui s'automatise de plus en plus :

"Les syndicats doivent rencontrer les besoins de tous les travailleurs, d'autant plus dans la phase de transition numérique actuelle," a déclaré la Coprésidente du secteur, Anne-Catherine Cudennec, de la fédération française des ouvriers de la métallurgie CFE-CGC.

"Les travailleurs cols-blancs vont être toujours plus nombreux. Si nous ne les recrutons pas dans nos syndicats, ce sera un échec," a ajouté le Coprésident Martin Linder, du syndicat suédois Unionen.

De plus, la transformation technologique fait que les différences entre cols-blancs et cols-bleus s'estompent. "Nous ne faisons plus de distinction entre cols-bleus et cols-blancs," a déclaré Jay Albarece, du syndicat philippin ALU.

Pour Steve Kerr, du syndicat britannique Unite, les thématiques qui, auparavant, affectaient principalement les travailleurs cols-bleus concernent maintenant les cols-blancs :

"Dans le passé, les syndicats se sont toujours intéressés davantage aux cols-bleus, et pas aux techniciens et ingénieurs de mon secteur. Cela a changé quand les emplois de cols-bleus sont partis vers des pays à bas salaires. Maintenant, nous voyons les emplois spécialisés émigrer vers des pays moins chers, comme ceux d'Europe orientale. Autrefois, les travailleurs cols-blancs n'éprouvaient pas le besoin de s'organiser car ils croyaient que le chômage ne les toucherait pas. Maintenant, c'est le cas."

Pressions sur les cols-blancs

Plusieurs participants ont parlé des questions de santé et de sécurité qui affectent les cols-blancs. Ce sont notamment les enjeux psychosociaux, le burn-out et la crainte de se faire entendre. Au Japon, les heures supplémentaires sont littéralement une question de vie ou de mort. Des cols-blancs ont travaillé tellement longtemps qu'ils se sont tués au travail ou ont travaillé jusqu'à s'effondrer.

Les défis

Les participants à la conférence ont évoqué les nombreux défis auxquels se heurte la syndicalisation des travailleurs cols-blancs. Des syndicats de France et du Royaume-Uni ont mis en lumière la tendance par laquelle les départements des ressources humaines des multinationales tentent essaient d'occuper le terrain sur le lieu de travail dans le but d'évincer les syndicats.

Les autres problèmes sont notamment les problèmes d'image des syndicats et l'absence de structures qui permettraient de cibler les cols-blancs. "Nous avons demandé à de jeunes cols-blancs pourquoi ils ne sont pas syndiqués," a expliqué Martin Linder. "Personne ne me l'a jamais proposé ont répondu la majorité."

Pour Simon Eppel, du Syndicat de l'habillement et du textile d'Afrique australe, "Nous avons besoin de bonnes relations professionnelles dans chaque lieu de travail, que les travailleurs soient des cols-blancs ou des cols-bleus. Ce peut être un même syndicat ou des syndicats différents, mais ils doivent coopérer. Tous ont besoin d'être organisés et de travailler ensemble."

Les syndicats ont échangé des exemples de campagnes de recrutement ayant porté leurs fruits et ont souligné qu'il est important de répondre aux besoins des cols-blancs pour augmenter les effectifs. La gestion des litiges, l'aide juridique et des négociateurs salariaux qualifiés sont quelques-uns des arguments avancés par ALU pour les travailleurs cols-blancs aux Philippines.

"Si nous spécialisons notre offre aux travailleurs clos-blancs, nous serons mieux en mesure de les syndiquer," a ajouté Kerr.

D'autres syndicats, de Finlande, d'Allemagne et de Belgique, ont également décrit les services et les conseils de carrière qu'ils proposent à des étudiants, futurs travailleurs cols-blancs, pour attirer des adhérents. Les participants ont convenu de la nécessité d'une large ouverture en direction des jeunes, des femmes et des minorités.

Ils ont manifesté un vif intérêt pour des thèmes émergents tels que Industrie 4.0, le changement climatique et la transition juste. Ils se sont aussi accordés sur la nécessité de bonnes communications et de la mise en place de réseaux dans le secteur des cols-blancs.

Plan d'action

Les participants ont avancé des suggestions quant à un plan d'action d'IndustriALL pour le secteur dont la conception sera calquée sur les cinq objectifs stratégiques d'IndustriALL. Ce plan sera examiné et approuvé par le groupe en temps utile. La première étape consistera en un recensement approfondi des travailleurs cols-blancs sur lesquels fonder cette action.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Atle Høie a déclaré :

"Cette conférence mondiale a marqué un nouveau départ d'importance pour la section cols-blancs d'IndustriALL. Nous avons pu entendre des exposés extrêmement utiles et eu des discussions riches d'enseignements, et nos affiliés manifestent une réelle volonté de travailler ensemble pour recruter. Les travailleurs cols-blancs ont besoin de syndicats, tout autant que les cols-bleus; nous faisons tous partie du même mouvement syndical mondial."