Le dirigeant syndical algérien fait appel de sa peine de prison

Mellal Raouf, qui est Président de l’affilié d’IndustriALL, le syndicat des travailleurs de l’électricité et du gaz SNATEGS, a été condamné par défaut le 16 décembre 2016 à six mois de prison et à une amende de 50.000 dinars algériens (US$455), après avoir été accusé s’être procuré illégalement certains documents. Ceux-ci, qui étaient librement accessibles en ligne, mettaient en lumière l’inflation illicite des factures d’électricité pratiquée par Sonelgaz sur une période de 10 ans et affectant huit millions de consommateurs.

IndustriALL a de nouveau écrit au Président de l’Algérie pour condamner la sentence. "De toute évidence, cette persécution judiciaire est incompatible avec la législation nationale et, en particulier, avec les droits fondamentaux stipulés par l’Organisation internationale du travail” a écrit le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, qui ajoute : “Nous vous prions de lever immédiatement et inconditionnellement toutes les charges portées contre lui.”

Les travailleurs et travailleuses de Sonelgaz mènent actuellement une grève nationale de trois jours du 9 au 11 mai. Les grévistes revendiquent des libertés syndicales et soutiennent l’appel interjeté par le Président du SNATEGS, Mellal Raouf.

Les dirigeants et adhérents du SNATEGS sont constamment confrontés à du harcèlement physique et à de la persécution, comme le démontre la récente vague d’arrestations, qui a fait suite aux manifestations pacifiques tenues entre le 21 et le 23 mars, au cours de laquelle plus de 240 dirigeants et adhérents du syndicat ont été arrêtés et 30 femmes agressées physiquement.

Plus récemment, environ 40 délégués syndicaux du SNATEGS de cinq provinces différentes ont été convoqués à des audiences disciplinaires par Sonelgaz pour s’être lancés dans des actions de grève légitimes.

En 2015, Mellal Raouf a été licencié abusivement en raison de ses activités syndicales et il continue à subir la répression de Sonelgaz, qui a très récemment déposé une plainte contre lui auprès de l’Ordre des Avocats, en vertu de laquelle il risque d’être radié du Barreau. Mellal Raouf a réussi à implanter le SNATEGS au sein de 27 régions à travers l’Algérie et à recruter syndicalement environ 30.000 travailleurs et travailleuses.

Freeport licencie les travailleurs en grève à la mine de Grasberg en Indonésie

Le 1er mai, plus de dix mille mineurs membres de l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des mines (CEMWU), ont entamé une grève de 30 jours pour protester contre la politique de mise à pied mise en place par la compagnie.

Les travailleurs contractuels se sont également joints à la grève le 9 mai.

La compagnie a déclaré la grève illégale et prévenu que tout jour de grève serait considéré comme un jour d’absence non autorisée, et que tout travailleur absent durant cinq jours serait licencié.

Jusqu’à présent, 178 travailleurs ont été licenciés; 44 autres devraient être renvoyés cette semaine et 83 supplémentaires à une date ultérieure. Prétextant de l’importance stratégique de la mine au niveau national, la compagnie a fait savoir qu’elle interdisait toutes les manifestations ainsi que la présence des travailleurs en grève dans l’enceinte de l’entreprise.

Le syndicat a suivi la procédure régulière pour engager une action de grève. Bien qu’aucune décision judiciaire n’ait toutefois été rendue sur la légalité de la grève, il est néanmoins illégal de licencier les travailleurs en grève en Indonésie.

Le litige trouve son origine dans un conflit entre la compagnie et le gouvernement indonésien. Grasberg est une immense réserve de cuivre et une mine d’or à ciel ouvert, visible depuis l’espace. Elle se situe dans les montagnes de Papouasie, en Indonésie, et emploie 32 000 travailleurs. Elle renferme le deuxième plus grand gisement de cuivre au monde et est exploitée par PT Freeport Indonesia, la filiale locale de Phoenix qui appartient depuis 1967 à Freeport-McMoRan, dont le siège se trouve aux Etats-Unis.

Freeport est en conflit avec le gouvernement indonésien au sujet de l’avenir à long terme de la mine. Depuis un certain temps, la mine est au centre d’une polémique en raison des dommages causés à l’environnement, des aspirations du mouvement séparatiste en Papouasie, du sentiment que la communauté locale n’en retire aucun bénéfice et des allégations de corruption. Des appels ont été lancés dans le pays en faveur de sa nationalisation.

En réponse à ce climat politique, le gouvernement indonésien avait bloqué les exportations de cuivre et remis en question le contrat de Freeport, ce qui avait conduit la compagnie a réduire sa production et retenir les investissements. Le permis d’exportation de Freeport a été récemment rétabli après la visite du vice-président américain, Mike Pence. Le milliardaire Carl Icahn, donateur de Trump, est un gros investisseur.

Pour réduire les coûts, Freeport a instauré une politique de mise à pied, consistant à mettre les travailleurs en congés de longue durée avec un court préavis. Bien que ces derniers continuent d’être payés durant ce temps, ils perdent de nombreux avantages, comme les heures supplémentaires et le logement, duquel ils sont expulsés avec un préavis de deux jours.  

Les travailleurs, qui craignent que la politique de mise à pied soit le signe avant-coureur de licenciements, redoutent de ne pas retrouver leur  travail.

Aux termes d’un accord avec la compagnie, un groupe spécial d’arbitrage a été établi pour régler les différends. Néanmoins, la politique de mise au pied a été instaurée de façon unilatérale, sans que les syndicats n’aient été consultés, et les travailleurs ont été mis à pied de façon arbitraire. La compagnie a également réduit le travail des employés contractuels. Ces  situations ont plongé les travailleurs et leurs familles dans une très grande incertitude.

Le CEMWU a enjoint le gouvernement et la compagnie de résoudre leur conflit, et encouragé le gouvernement à fournir un cadre clair et légal permettant à la compagnie d’investir sur le long terme. Le CEMWU a écrit trois fois à la compagnie pour que soient menées des négociations sur l’opération de réduction des coûts, et au gouvernement pour lui demander d’intervenir.  

Le CEMWU en place à Freeport a indiqué:

« La mine emblématique de Grasberg est la plus grande mine d’or au monde et a les plus bas coûts de production. De manière tragique, les véritables propriétaires terriens, les travailleurs indonésiens de Freeport, se battent et sont morts pour faire valoir leurs droits sur leurs propres terres contre une compagnie étrangère.

IndustriALL a écrit à la compagnie et au gouvernement à plusieurs reprises. Dans une lettre envoyée à Freeport-McMoRan le 5 mai, le Secrétaire général, Valter Sanches, a exhorté la compagnie d’intervenir pour veiller à ce que sa filiale locale traite les travailleurs équitablement.

Valter Sanches a déclaré:

« La situation à Grasberg est complexe car elle implique les syndicats, la compagnie et le gouvernement. Seuls le dialogue et la négociation viendront à bout de ce conflit. La décision de Freeport de licencier les grévistes est répréhensible et aggrave la situation.

« Nous exhortons la compagnie de négocier avec le syndicat, mais aussi de travailler avec le gouvernement pour trouver une solution équitable ».

Les mineurs ukrainiens obtiennent des hausses de salaires

Les grévistes de quatre mines de KZRK ont mis fin à leur protestation souterraine et sont sortis du puits de mine dans l'après-midi du 5 mai.

Un groupe représentant les travailleurs et le syndicat NPGU a entamé des négociations avec la direction.

Youri Samoïlov, le président de la section Kryvyi Rih du NPGU, n'a pas été admis à la négociation en qualité de représentant des travailleurs. Toutefois, la direction a accepté de l'entendre en tant que consultant. Quoi qu'il en soit, selon le syndicat, les négociations se déroulent de manière constructive, tous les commentaires et suggestions étant versés au protocole.

Deux points figurent principalement à l'ordre du jour. Le premier est d'empêcher les représailles de la direction. Le second porte sur l'augmentation, dès que possible, des salaires d'au moins 50 pour cent. La direction propose une augmentation immédiate de 20 pour cent suivie d'une autre de 30 pour cent à la date de la Journée du mineur, le 27 août.

Dix salariés de la mine Artem-1, détenue par ArcelorMittal Kryvyi Rih, ont exprimé leur solidarité et leur soutien aux mineurs de KZRK. Le 6 mai, ils ont aussi entamé une action de protestation souterraine pour réclamer de meilleurs salaires. La direction a réagi rapidement en promettant de régler la question d'ici au 11 mai, et les mineurs sont tranquillement remontés à la surface.

Pour le président du NPGU, Mychaïlo Volynets :

"La direction prend souvent des mesures de rétorsion contre les activistes après que les négociations aient abouti. Il est essentiel d'inscrire dans le protocole final qui sera signé par les travailleurs et l'employeur que la direction n'exercera aucune pression sur les mineurs ou les militants syndicaux."

L’UE doit faire répondre le Bangladesh des violations des droits des travailleurs

Ce Pacte a été institué entre l’Union européenne (UE), le gouvernement du Bangladesh, les États-Unis, le Canada et l’OIT, en vue d’améliorer les droits des travailleurs et la sécurité des usines dans l’industrie de la confection, après que plus de 1.100 travailleurs et travailleuses ont été tués lors de l’effondrement de l’usine Rana Plaza le 24 avril 2013.

Pourtant, quatre ans plus tard, à l’occasion d’une évaluation accablante, des fédérations syndicales internationales, parmi lesquelles figurent IndustriALL, la CSI et UNI, ont vertement critiqué les résultats de ce pacte alors que les droits des travailleurs au Bangladesh continuent à se détériorer.

Dans le document, publié ce mois, les syndicats écrivent :

“Pour résumer, en dépit du Pacte de développement durable, en dépit des millions alloués sous forme d’assistance internationale aux fins d’améliorer les relations sociales et même d’efforts consentis par certaines enseignes, le gouvernement a démontré sans qu’il y ait le moindre doute que les mécanismes de dialogue permanents ont échoués et n’apporteront, au mieux, que peu de choses pour améliorer le sort des plus de quatre millions de travailleurs et travailleuses de la confection et de nombreux millions encore dans d’autres secteurs.”

De plus, les fédérations syndicales internationales exigent que l’UE lance une enquête sur le statut SPG du Bangladesh, qui accorde des préférences commerciales avec l’Europe sous condition que le pays qui en bénéficie respecte certaines normes du travail.

Année après année, le gouvernement du Bangladesh a failli à honorer ses engagements concernant le pacte. La situation s’est encore dégradée avec l’arrestation et la détention arbitraires d’au moins 35 travailleurs et militants syndicaux en décembre dernier. Plus de 1.600 travailleurs et travailleuses de la confection ont été licenciés et des leaders syndicaux ont été menacés et intimidés par la police. Une campagne menée par IndustriALL a aidé à obtenir la libération des détenus, mais les charges contre eux sont maintenues.

Cette évaluation a également conclu que les engagements du pacte sur la liberté syndicale et la négociation collective n’ont pas été tenus, la moitié des demandes d’enregistrement de syndicats ayant été refusées. De plus, le gouvernement n’a toujours pas recruté le nombre nécessaire d’agents pour les inspections des usines repris dans le pacte. Entretemps, le gouvernement a constamment ignoré les plaintes des syndicats concernant les conditions de travail dangereuses sur les chantiers de démolition de navires et au sein des tanneries.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft, a indiqué :

“L’Union européenne est le plus important partenaire commercial du Bangladesh. Elle ne doit pas et ne peut pas fermer les yeux sur la situation en déliquescence des travailleurs et des syndicats du pays. Une enquête sur la pertinence du statut commercial préférentiel du Bangladesh avec l’UE enverrait à son gouvernement un message fort pour qu’il balaie devant sa porte.”

Vous pouvez consulter cette évaluation ici.

Les syndicats indiens appellent à plus de solidarité internationale

Participant à la réunion du Conseil indien à Delhi, ayant eu lieu le 5 mai 2017, Valter Sanches, a déclaré:

« La montée du leadership politique conservateur dans le monde, dont une des manifestations est l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, représente un défi majeur pour le mouvement syndical international.

« Nous sommes également confrontés à des difficultés découlant des accords commerciaux, tels que le partenariat transpacifique (TPP) et le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP). Ces accords, qui incluent un mécanisme de règlement des différends entre Etats investisseurs permettant aux compagnies multinationales de poursuivre en justice les gouvernements, portent gravement atteinte à la souveraineté de nombreux pays, dont l’Inde. IndustriALL continuera d’intervenir dans les questions de politique commerciale afin de défendre les droits des travailleurs ».

Parlant de sa récente visite au Bangladesh, Valter Sanches, a indiqué: « Les travailleurs bangladais qui revendiquent une augmentation du salaire minimum sont durement réprimés et incarcérés. La campagne mondiale menée par IndustriALL a conduit à la libération de tous les syndicalistes emprisonnés. Nous continuerons à porter nos efforts sur les chaînes d’approvisionnement et à travailler de façon stratégique à la création d’une force syndicale pour la sauvegarde des intérêts des travailleurs ».

Souhaitant la bienvenue à Valter Sanches, Dr G Sanjeeva Reddy, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et président de la Fédération nationale des métallurgistes indiens (INMF), a souligné:

« Le mouvement syndical indien a besoin qu’IndustriALL s’engage davantage pour protéger les droits des travailleurs en butte aux attaques continues du gouvernement de droite. Le mouvement syndical international devrait étendre la solidarité aux luttes organisées par le comité syndical mixte, au sein duquel les centrales syndicales collaborent ».

Les affiliés à IndustriALL ont soulevé des questions clés telles que la sécurité sociale des travailleurs à domicile, la ratification de la Convention n° 177 de l’OIT sur le travail à domicile, le problème de l’augmentation du travail précaire dans l’industrie minière ainsi que la ratification de la Convention n° 176 de l’OIT sur la santé et la sécurité dans les mines.

En outre, les affiliés du secteur cimentier se sont félicités des efforts déployés par IndustriALL pour parvenir à la signature d’un accord-cadre mondial avec LafargeHolcim et demandent que davantage d’attention soit accordée à la protection des intérêts des travailleurs précaires dans ce secteur en Inde.

Le comité des femmes d’Inde d’IndustriALL a appelé à un engagement soutenu pour résoudre les problèmes auxquels font face les travailleuses dans le secteur manufacturier et notamment, dans l’industrie de la confection. Elles ont attiré l’attention sur la nécessité d’accroître la participation des travailleuses au sein des syndicats et de renforcer les capacités de lutte contre le harcèlement sexuel et les violences faites aux femmes.

Les affiliés à IndustriALL ont également souligné le besoin de mettre fin à la nature exploiteuse de l’embauche à bas salaire de jeunes travailleurs dans les usines à travers le pays opérée dans le cadre du programme de la mission nationale d’amélioration de l’employabilité (NEEM), aux termes duquel les travailleurs ne sont pas couverts par la législation du travail et l’employeur n’a pas obligation de fournir un emploi après la période de formation.

Le représentant de la Fédération nationale des métallurgistes indiens (INMF) de Hindustan Zinc Ltd a partagé avec l’auditoire des expériences réussies en matière d’organisation des travailleurs précaires et d’obtention de salaires égaux pour un travail égal. Il a vivement encouragé l’ensemble des syndicats de travailleurs permanents à activement recruter les travailleurs précaires au sein de leur syndicat dans leurs entreprises respectives. 

IndustriALL exhorte l’Iran à améliorer la sécurité dans les mines après la mort de 35 mineurs

L’explosion meurtrière est survenue lors du changement d’équipe au sein de la mine de Zemestanyurt dans la province du Golestan, située dans le nord-est de l’Iran. Les opérations de sauvetage visant à délivrer les mineurs restés bloqués dans le puits profond de 1.000 mètres ont selon nos informations été ralenties par des galeries saturées de gaz nocifs.

Dans un courrier au Président Hassan Rouhani, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a appelé le gouvernement iranien à ratifier d’urgence la Convention 176 de l’OIT sur la Santé et la sécurité dans les mines, et à mettre également en œuvre le Recueil de directives pratiques sur la sécurité et la santé dans les mines de charbon souterraines de l’OIT.

Valter Sanches a également proposé l’aide d’IndustriALL pour améliorer la sécurité des mines iraniennes :

“IndustriALL Global Union est prête à offrir une assistance technique, par le biais de l’expertise à toute épreuve de ses syndicats des mines du monde entier, en plus de toute assistance technique que votre Gouvernement pourrait souhaiter solliciter auprès de l’Organisation internationale du Travail (OIT), pour mettre en place des normes de santé et de sécurité rigoureuses au niveau de toutes les activités minières en Iran.”

Le manque de normes de santé et sécurité adéquates en Iran a conduit à de précédentes catastrophes minières. En 2013, 11 mineurs ont perdu la vie au cours de deux accidents miniers distincts et en 2009, 20 travailleurs ont été tués au cours de différents incidents.

La mine de charbon de Zemestanyurt emploie environ 500 travailleurs. En 2016, l’Iran a extrait 1,68 million de tonnes de charbon et cette production est principalement utilisée pour la production locale d’acier.

Les mineurs ukrainiens protestent en sous-sol

Le 4 mai, des travailleurs de l'équipe de nuit des mines de Rodina, Guardiiska, Ternovskaya et dix autres de celles d'Oktyabrskaya ne sont pas remontés à la surface à la fin de leur travail. Des mineurs de l'équipe suivante se sont joints à eux et l'exploitation a été arrêtée.

Dans une déclaration adressée aux actionnaires de KZRK, les mineurs ont déclaré que les salaires doivent augmenter et passer des 10.000 Hryvnia actuels (380 $) à 1.000 $ à cause de la hausse du coût de la vie.

La direction de l'entreprise juge ces protestations dénuées de fondement et elle a menacé les travailleurs de diverses sanctions, notamment la fermeture d'une des mines, les économies réalisées sur les licenciements devant lui servir à augmenter les salaires des travailleurs des autres mines.

Le président de KZRK, Fedor Karamanits, a été chargé de la négociation à la mine de Rodina. Il est descendu dans un puits à une profondeur de 1.315 mètres où il a discuté d'une offre de hausse de 20 pour cent que les mineurs ont refusée.

Le Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine (NPGU), affilié à IndustriALL, soutient la grève et invite ses adhérents à aider les protestataires face aux pressions des autorités, de la police et de bandes criminelles.

Le président du NPGU, Mychaïlo Volynets, déclare :

"Les mineurs comprennent que les mines n'ont pas reçu récemment les fonds destinés à leur développement. On s'est contenté de pomper dans les ressources de l'entreprise. Alors, ils ont décidé de protester pour réclamer justice. Maintenant, ils se réunissent sous la terre. Le NPGU fait tout pour les aider dans leur combat pour leurs droits".

Le combinat des mines de minerai de fer Kryvyi Rih est détenu à 99 pour cent par l'entreprise Starmill Limited (Chypre). Malgré d'importants bénéfices et le fait que KERK était, l'an dernier, un des cent plus gros contribuables du pays, les salaires des mineurs n'ont plus augmenté depuis 2014, après une vague de protestations qui avaient obtenu une hausse de 15 pour cent.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan commente la situation en ces termes :

"Il est honteux que les propriétaires et les actionnaires n'aient toujours pas répondu comme ils le devraient aux revendications des mineurs de KZRK. Nous condamnons avec force les actes de chantage contre les mineurs qui sont menacés d'une fermeture d'une des mines de KZRK. Nous exprimons notre solidarité avec les mineurs grévistes et réclamons des autorités, des propriétaires et des actionnaires qu'ils règlent immédiatement la situation au combinat des mines de minerai de fer Kryvyi Rih et trouvent une issue équitable au conflit".

Les syndicats mondiaux prônent un dialogue fort avec LafargeHolcim

Quelque 40 militants venus d’Italie, de Belgique, d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse et de France, ainsi que les dirigeants d’IndustriALL et d’IBB, se sont rassemblés devant l’entrée du Hallenstadion de Zurich, en Suisse, pour rencontrer les actionnaires de LafargeHolcim et les informer sur les négociations de l’Accord-cadre mondial en cours, afin d’obtenir leur soutien. Tout en distribuant des dépliants aux participants à l’assemblée, les représentants syndicaux leur ont également expliqué la raison de leur présence à cette réunion.

2016 a été une année sombre en termes de santé et de sécurité pour le numéro un mondial du ciment: 86 travailleurs, embauchés en qualité d’employés directs, de sous-traitants ou d’entrepreneurs, ont perdu la vie au cours de leur travail pour la compagnie. Ces chiffres effroyables exigent une meilleure coopération entre la compagnie et les syndicats, non seulement en matière de santé et de sécurité, mais afin également d’améliorer la situation générale pour les employés.

Les syndicats mondiaux insistent sur le fait que la situation peut et doit être améliorée par la création d’une plateforme interactive spéciale entre les travailleurs, leurs représentants et la direction de la compagnie. Les accords-cadres mondiaux et les Forums de dialogue mondiaux s’avèrent généralement parfaitement adaptés pour cela.

La direction  des entreprise de LafargeHolcim est en train de négocier un accord-cadre mondial avec IndustriALL et IBB. Les progrès sont toutefois lents. Aussi, les syndicats ont été particulièrement heureux d’apprendre, à l’assemblée générale des actionnaires, l’engagement du PDG de la compagnie à finaliser et à signer l’accord-cadre mondial avant son départ de la compagnie en juillet 2017.

Outre les questions relatives à la santé et à la sécurité, celle du Forum de dialogue mondial ou du Comité d’entreprise mondial, par analogie avec l’accord sur le Comité d’entreprise européen récemment signé, demeure, pour IndustriALL et IBB, la pierre angulaire des négociations en cours. D’autres questions restent également en suspens.

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL en charge des industries des matériaux, a commenté:

Nous sommes heureux de constater que LafargeHolcim prend nos revendications au sérieux et que la compagnie est disposée à négocier. Nous comptons sur la promesse faite par son PDG. Nous gageons que le processus sera très vite finalisé avec succès et que nous disposerons d’une plateforme concrète permettant un dialogue quotidien entre les travailleurs et la direction de la compagnie à tous les niveaux ».

Comité exécutif d'IndustriALL : Plus forts ensemble !

Le travail est dévalué et nous allons opposer au capital mondial des ripostes mondiales,

a déclaré le Président d'IndustriALL, Jörg Hofmann, dans son allocution d'ouverture.

Nous défendrons les droits syndicaux fondamentaux, et nous réussirons si nous sommes forts. Nous devons faire en sorte que les affiliés puissent conserver leurs membres et en recruter de nouveaux, car nos membres sont notre force.

Les activités de projet sont un volet important de l'action d'IndustriALL; elles nous permettent d'interagir avec nos affiliés et d'atteindre nos objectifs stratégiques. En 2017, IndustriALL gère 45 projets avec ses bailleurs de fonds et les syndicats nationaux de leurs pays. La plupart de ces projets se situent en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, et portent principalement sur le renforcement syndical et l'organisation.

Dans de nombreux pays, ils ont contribué à renforcer les syndicats et à renforcer leur unité :

Campagnes victorieuses

Les délégués présents au Comité exécutif ont parlé des difficultés que rencontrent les syndicats, notamment en Irak où leurs commentaires et propositions sur la nouvelle loi sur les syndicats n'ont pas été pris en considération, en Macédoine où le syndicat est en butte à la répression de la fédération nationale, en Bosnie-Herzégovine où le dialogue social est remis en question, et en Indonésie où les syndicats sont exclus des pourparlers sur le nouveau salaire minimum, dont la hausse permettrait à peine d'acheter un seul kebab.

Mais l'année dernière a aussi vu de grandes victoires pour les syndicats. Après l'emprisonnement de syndicalistes et de travailleurs du vêtement au Bangladesh, fin 2016 et début 2017, une campagne lancée par IndustriALL a suscité un mouvement de soutien mondial qui a conduit à leur libération en février.

Une campagne internationale de solidarité avec les syndicats coréens a contribué à d'importants changements politiques dans ce pays. Après l'éviction du Président Park du pouvoir en mars, des élections devraient se tenir au pied levé le 9 mai.

Vous êtes tous des artisans de la victoire,

ont déclaré les syndicats coréens aux délégués au Comité exécutif.

Mais beaucoup reste à faire. Nous ne nous reposerons pas tant que nous n'aurons pas obtenu les droits syndicaux fondamentaux et réduit les inégalités dans la société.

L'augmentation du taux de syndicalisation chez le géant minier Rio Tinto a été une des plus grandes campagnes d'IndustriALL de ces dernières années. Le Comité exécutif a appris que des progrès considérables ont été réalisés, la direction entamant un dialogue digne de ce nom avec les syndicats et IndustriALL.

Outils pour préserver les droits des travailleurs

Les accords-cadres mondiaux (ACM) sont d'importants outils de promotion des droits des travailleurs à l'échelon mondial. Les délégués ont discuté de la nécessité de mécanismes contraignants dans ces accords et de celle d'impliquer les syndicats locaux.

La mise en œuvre de l'ACM tout au long de la chaîne d'approvisionnement est essentielle, et les délégués au Comité exécutif ont appelé Volkswagen à faire cesser les attaques antisyndicales à son usine de Chattanooga, aux États-Unis.

L'Accord sur la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh, texte historique signé après l'effondrement du Rana Plaza, en avril 2013, expirera en 2018. Un débat a porté sur la nécessité de signer, l'an prochain, un nouvel accord comportant un engagement ferme à respecter la liberté syndicale.

Le Comité exécutif a adopté plusieurs résolutions de solidarité :

Soutien à la grève générale du 28 avril au Brésil

Soutien aux grévistes de Fletcher Insulation en Australie

Maintien du soutien aux travailleurs et syndicats de Corée

Soutien aux travailleurs de Maruti Suzuki emprisonnés en Inde

Solidarité avec les travailleurs en Argentine

Sur l'accroissement des initiatives pour la paix dans le monde

Sur le décret du Belarus sur les parasites sociaux

Sur l'initiative Global Deal lancée par le Premier ministre suédois Stefan Löfvén

Réclamant la fin de la commercialisation de l'amiante

Le Comité exécutif était précédé de réunions régionales.

IndustriALL et le London Mining Network manifestent lors de l’AG d’Anglo American

IndustriALL Global Union et le London Mining Network ont fait front commun pour protester contre les violations par le géant minier des droits des travailleurs et des communautés locales de par le monde.

Au cours de l’AG, l’affilié sud-africain d’IndustriALL, le Syndicat national des mineurs (NUM) et l’ACTA, l’ancien mouvement anti-apartheid de Londres, ont pris Anglo American à partie à propos du récent règlement du litige conclu avec des plaignants au sujet de silicoses et de tuberculoses contractées par des mineurs en Afrique du Sud alors qu’ils étaient employés par Anglo American. Ce règlement, conclu en 2016, est le résultat d’un recours collectif intenté auprès de la Haute Cour d’Afrique du Sud en décembre 2012.

Le NUM et ACTSA font valoir que ce règlement est inadéquat en ce qu’il est limité aux 4.365 plaignants. La revendication est qu’Anglo American et les compagnies minières qui ont profité de l’or d’Afrique du Sud organisent d’urgence des dépistages médicaux, des indemnisations, des soins de santé ainsi qu’un soutien appropriés pour tous les mineurs actuels ou passés qui souffrent de silicose et de tuberculose.

L’héritage de la négligence délibérée des industries minières par rapport à la santé professionnelle de ses mineurs n’est pas qu’un problème sud-africain, il est mondial. Aux États-Unis, d’anciens mineurs sont confrontés à une crise des soins de santé lorsqu’ils sont victimes de maladies professionnelles avec la perspective de se voir refuser une pension d’invalidité. En Australie, des mineurs sont trahis par l’industrie minière avec le retour de l’asthme des mineurs (pneumoconiose), dont ont pensait qu’il n’était plus que de l’histoire ancienne au sein de l’industrie minière du pays. Cette maladie devient endémique dans le secteur des charbonnages en Australie. Le Syndicat de la construction, des industries forestières, des mines et de l’énergie (CFMEU) a mis de la même manière Anglo American face à ses responsabilités par rapport à ses mineurs opérant en Australie au sujet de ces maladies et de problèmes de santé professionnelles latents de plus en plus nombreux, alors que l’entreprise se débarrasse de certains de ses avoirs dans le domaine du charbon en Australie.

Au cours de cette assemblée, IndustriALL a interpellé Anglo American au sujet d’un certain nombre de problématiques liées au travail, dont la mise en sous-traitance de fonctions relevant du cœur de métier, des questions de sécurité professionnelle après que onze travailleurs ont perdu la vie sur des sites d’exploitation d’Anglo American au cours la dernière année d’activité ; sur le faible rythme de transformation et d’intégration des femmes et sur la question de savoir si l’Initiative pour une Certification Responsable de l’Exploitation Minière (IRMA) sera prise en considération pour une future intégration au sein du protocole de présentation des rapports d’orientation de l’entreprise

Le CFMEU a soulevé la question de la grève de Capcoal German Creek qui dure depuis trois ans et n’a pas solution en vue. Le président d’Anglo American a tenté d’esquiver la question en disant que l’AG n’était pas un forum de négociation, même si le CFMEU a le droit de soulever des préoccupations auprès des actionnaires et d’exiger des réponses, mais pas des excuses. Le CFMEU a lancé le défi au PDG, Mark Cutifani, de se rendre en Australie pour résoudre l’impasse.

Le Réseau Église et Mineurs du Brésil a exigé des réponses concernant les projets d’extension  d’un bassin de retenue de résidus de minerai de fer, alors que la catastrophe du bassin de rétention de la mine de Samarco appartenant à BHP Billiton-Vale est toujours fraîche dans les mémoires de la communauté de Minas Gerais. Anglo American a été accusé par un tribunal brésilien d’avoir négligé de fournir aux communautés environnantes des informations obligatoires à propos du projet d’expansion, attisant ainsi des préoccupations concernant des pénuries d’eau critiques et une autre possible catastrophe du même type.

Le Réseau mondial d’IndustriALL pour Anglo American s’est réuni à Londres pour coïncider avec l’AG d’Anglo American.