Les travailleurs russes de l’industrie automobile demandent à être indemnisés pour leurs conditions de travail dangereuses

Jusqu’à présent, l’ITUWA a recueilli 180 demandes d’indemnisation individuelles, chaque travailleur réclamant de 70 000 à 100 000 roubles (entre 1 200 et 1 700 US$). Dès avril, le syndicat avait reçu des demandes collectives pour un recours collectif des travailleurs. Trois cent travailleurs étaient concernés par « l’affaire du préjudice », telle qu’appelée par les militants d’ITUWA. De manière générale, environ 1 000 travailleurs ont droit à un indemnisation. Néanmoins, les juges ont suspendu le procès pour cause de formalités administratives incorrectes. Le syndicat a dû recueillir à nouveau les demandes d’indemnisation des travailleurs.

Sergey Topolov, président du comité syndical de l’ITUWA, a déclaré:

« Face aux menaces de licenciement que l’administration, et en particulier les cadres hiérarchiques, ont commencé de proférer, ceux qui étaient auparavant prêts à intenter un recours collectif ont refusé d’introduire une demande individuellement ».

Le syndicat soutiendra les travailleurs à tous les stades de la procédure. Les demandes d’indemnisation seront regroupées et un avocat de l’ITUWA représentera les intérêts des travailleurs.

La dette de la compagnie à l’égard des travailleurs s’accumule depuis la fin de l’année 2013, à savoir depuis l’adoption de la loi fédérale « sur l’évaluation spéciale des conditions de travail ». La loi faisait obligation à la direction d’AvtoVAZ d’immédiatement évaluer les conditions de travail sur chaque lieu de travail et de fixer les indemnités selon la gravité du préjudice. Néanmoins, l’évaluation n’a été réalisée qu’en juillet 2015, et ses résultats n’ont pas été annoncés officiellement avant le 6 février 2017. Alors que la compagnie insiste pour que les indemnités soient versées à compter de cette date, les militants syndicaux sont convaincus de la nécessité d’un paiement calculé à partir de l’adoption de la loi, et sont prêts à lutter pour leurs droits.
 
AvtoVAZ est le plus grand constructeur de voitures particulières en Russie. La société est détenue par l’Alliance Renault-Nissan et la compagnie publique russe Rostec.
 
Selon Sergey Topolov, le procès va durer jusqu’à la fin de l’année.

Les syndicats du secteur pharmaceutique renforcent la solidarité internationale

Des délégués syndicaux se sont joints à la quatrième réunion du Réseau syndical mondial de la pharmacie d'IndustriALL, qui se tenait les 6 et 7 avril 2017 à Tokyo, à l'invitation de la Fédération des affiliés japonais des secteurs de la chimie et de l'énergie d'IndustriALL (IndustriALL-JAF).

Les participants ont pu entendre des interventions de représentants du bureau de la Politique de santé du département des Affaires économiques du ministère japonais de la Santé, du Travail et du Bien-être et de l'Association japonaise des fabricants de produits pharmaceutiques, à propos de l'évolution de l'industrie et des relations du travail dans le pays.

Ils ont analysé l'industrie pharmaceutique mondiale, qui se distingue actuellement par sa volatilité mais dont la croissance devrait se maintenir en 2017.

Les dépenses de santé sont à la hausse et la demande de médicaments augmente. Avec le développement de la classe moyenne dans les pays en développement et le vieillissement de la population mondiale, les perspectives de l'industrie sont énormes. Par ailleurs, du fait des prix élevés des médicaments, la demande de génériques ne cesse d'augmenter.

La syndicalisation et les politiques de négociation étaient deux des thèmes majeurs discutés pendant cette réunion.

Les participants japonais ont mis en lumière les défis actuels, comme la pression sur les dépenses de médicaments, la réduction du personnel et le recul de l'emploi. Ils ont souligné la nécessité d'une coordination des politiques, d'une sensibilisation des adhérents, d'un renforcement de l'unité, et d'une organisation des usines dont les syndicats sont absents avec une stratégie dotée d'objectifs concrets.

Le Brésil a un taux de syndicalisation de 25%, un des plus élevés, propice à un dialogue social de qualité entre les syndicats et les employeurs. Les participants brésiliens ont annoncé avoir obtenu la semaine de 40 heures par la négociation collective, un congé de maternité de 180 jours, des dispositions particulières pour l'obtention de médicaments et une ouverture des lieux de travail aux représentants syndicaux.

L'innovation et les effets de la numérisation et du concept d'Industrie 4.0 ont été au centre des débats sur le programme de politique industrielle durable d'IndustriALL. Les délégués ont pris note de la transformation numérique du secteur avec, en particulier, un basculement vers la gestion mondiale des stocks, l'intégration de l'intelligence artificielle, du "big data" et des technologies du "cloud".

Les participants ont évalué l'impact sur l'emploi de la transformation de l'industrie, avec de nouvelles méthodes d'utilisation des dossiers médicaux, la création de différents réseaux d'entreprises et une nouvelle phase d'implantation des TIC.

L'expérience suédoise a montré que l'automatisation n'est pas synonyme de disparition d'emplois. Les conséquences de la numérisation sur le travail semblent être un élargissement des tâches, des horaires comprimés, un travail en continu et davantage d'autonomie, tout en nécessitant un effort de perfectionnement des compétences.

En France, la numérisation est porteuse à la fois de richesse et d'illusion. L'accélération des cycles de recherche devrait ouvrir une nouvelle ère de la recherche et du développement, volet important de l'industrie pharmaceutique. La médecine personnalisée, les thérapies ciblées et leurs impacts potentiels sur l'emploi seront au programme des syndicats pour la période à venir.

La répression et les pressions sur les syndicats en Corée du Sud, en Turquie et au Brésil ont été discutées par les participants qui ont exprimé leur solidarité et leur soutien aux luttes en cours.

L'externalisation et le travail intérimaire sont vus comme un problème majeur, en particulier dans des pays comme l'Indonésie, le Bangladesh et le Pakistan où 90% de la main-d’œuvre serait en situation précaire. Les participants ont insisté sur l'accès aux médicaments et les responsabilités des syndicats.

La question des réseaux d'entreprise mondiaux et régionaux a été étudiée, et les exemples de Sanofi et Takeda examinés en détail. Des participants de France, du Japon et du Brésil ont fait part de leur expérience des réseaux syndicaux, avec les échanges d'informations et d'expériences et les mouvements de solidarité en cas de difficultés dans différents pays.

Les participants se sont réjouis de la volonté de créer un réseau syndical mondial chez Sanofi après l'expérience positive des réseaux régionaux en Asie-Pacifique et en Amérique latine. La première réunion du réseau mondial de Sanofi est prévue pour le mois de décembre 2017.

"L'engagement, la détermination et l'énergie de nos réseaux syndicaux mondiaux de la pharmacie ont commencé à produire leurs effets pour la solidarité mondiale dans ce secteur,"

a déclaré le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union Kemal Özkan.

"Compte tenu des difficultés propres au secteur, nous poursuivrons nos efforts afin de donner davantage de pouvoir aux syndicats de l'industrie pharmaceutique du monde entier par un effort de syndicalisation".

Une transition juste vers la durabilité

Une transition juste est, tout simplement, une voie à suivre – la seule qui soit – pour atteindre cet avenir durable.

Nous devons arrêter de détruire la seule planète que nous avons. Notre économie doit changer, mais le changement ne peut se produire si les travailleurs, leurs familles et les communautés qui dépendent d'eux sont sacrifiés. La crainte du changement et la résistance qu'il susciterait seront trop grandes.

L'Accord de Paris, adopté en 2015 et qui fait suite à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, implique une transformation industrielle gigantesque mais nécessaire pour progresser vers un avenir à zéro net carbone. Elle aura un impact, non seulement sur l'extraction charbonnière et pétrolière et sur la production d'énergie, mais aussi sur toutes les industries à fort coefficient d'énergie.

Notre premier choix consiste toujours à protéger les travailleurs d'aujourd'hui en pérennisant les emplois existants. Quand ce n'est pas possible, il faut alors trouver une manière socialement juste de les orienter vers de nouveaux emplois sans les sacrifier. Il est tout simplement injuste et socialement intenable de demander à des travailleurs qui ont fait notre société d'aujourd'hui de supporter totalement le coût des changements que la société requiert maintenant. La transformation de l'industrie sera source d'opportunités, mais aussi de risques. Cependant, nous ne pouvons compter sur le libre marché pour bâtir une économie plus verte, du moins une qui soit équitable – il faut que les pouvoirs publics interviennent avec des politiques industrielles durables. Le passage à une économie bas carbone est un travail de planification, pas un jeu de hasard.

Une transition juste repose sur trois piliers :

Tout indique que de nombreux emplois plus verts vont se créer au cours des prochaines années. Nous savons aussi qu'auront lieu des mouvements d'emplois. Il faut que les travailleurs sont totalement protégés et à l'abri des effets pervers de cette transformation. De nouveaux emplois doivent être proposés aux travailleurs d'aujourd'hui comme à ceux de demain et bénéficier de programmes d'ajustement du travail créatifs, et pas du type de programme imposé par la hiérarchie comme nous en avons vu dans le passé. Ceux qui seront concernés sont ceux qui doivent avoir le plus à dire et la plus grande liberté de choix quant à ce qu'ils vont devenir. Ce peut être (par exemple) l'embauche préférentielle dans un emploi plus vert, l'accès à l'éducation et à la formation, ou un départ anticipé à la retraite revalorisé.

Si la société veut que les travailleurs acceptent de renoncer à ce qu'ils font aujourd'hui, il faudra qu'ils aient le droit de choisir ce qu'ils feront demain. Et il faudra que l'offre soit de qualité, sinon la résistance au changement sera insurmontable.

La durabilité ne se limite plus à une bonne idée, elle est devenue une question de survie. La transition juste, qui est la seule voie pour y parvenir, n'est donc plus seulement une aspiration syndicale, mais une nécessité absolue.

Pour plus d'information :

Le rapport d’IndustriALL Global Union sur la durabilité sectorielle (voir en particulier les pages 15-18)

Australie: le syndicat CFMEU obtient une transition juste pour les travailleurs d’une centrale électrique

Le Parlement européen vote en faveur d’un fonds pour une Transition juste

CSI: Centre pour une transition juste

OIT: Principes directeurs pour une transition juste

Les syndicats indiens du charbon envisagent une grève nationale

À l’issue d’une réunion à Delhi le 9 mai, les centrales syndicales BMS, INTUC, HMS, AITUC et CITU ont déposé un préavis de grève auprès du ministère du charbon et des directions de Coal India Ltd et de Singareni Collieries Company Ltd. Les syndicats protestent contre les propositions visant à fusionner le Fonds de Prévoyance des Mineurs de Charbon (CMPF) avec le Fonds de Prévoyance des Salariés (EPF), ce qui réduirait radicalement les pensions des travailleurs.

Rajendra Prasad Singha, Secrétaire général de la Fédération Hind Khadan Mazdoor (HKMF) a déclaré :

“La proposition de fusion exclurait un grand nombre de mineurs de charbon du bénéfice d’une pension et réduirait les pensions existantes. Au stade actuel, la pension minimum pour un ouvrier se situe aux environs de Rs20.000 (US$310). Si la fusion proposée aboutit, cette pension serait radicalement réduite à Rs7.000 (US$108) par mois.”

En plus du conflit sur les pensions, les travailleurs des charbonnages sont furieux contre le gouvernement à propos des négociations salariales. SQ Zama, Secrétaire général de la Fédération nationale indienne des mineurs déclare :

“Le gouvernement joue avec la protection sociale des travailleurs du charbon. Un nouvel accord salarial pour eux est attendu depuis déjà trop longtemps, le précédent ayant expiré le 1er juillet 2016. De plus, le gouvernement a exclu l’INTUC, le plus important syndicat du secteur en Inde des réunions du conseil de fixation des salaires. L’INTUC, en collaboration avec les centrales syndicales, va participer à la grève pour protéger les intérêts des travailleurs.”

À l’occasion du dernier accord national du charbon sur les salaires, le neuvième du nom, les travailleurs avaient obtenu une augmentation salariale de 25%, mais cette fois, en excluant le plus important syndicat du secteur, le ministère du charbon essaie de limiter l’augmentation à 15%. De plus, de nombreuses clauses de protection sociale convenues lors des précédentes négociations doivent toujours être mises en œuvre.

Coal India est l’un des plus importants employeurs de travailleurs précaires en Inde, avec environ 7.000 travailleurs en sous-traitance au sein de différentes filiales. Les syndicats du charbon s’opposent au recrutement de travailleurs en sous-traitance et exigent, en attendant que cette sous-traitance soit supprimée, qu’ils soient payés, à travail égal, un salaire égal par rapport aux travailleurs permanents.

Le cahier de revendications des centrales syndicales comprend :

  1. L’arrêt de la fusion entre les fonds de pension CMPF et EPF.
  2. Le maintien du système de pension CMPF tel qu’il existe.
  3. La mise en œuvre intégrale de la 9e Convention nationale salariale du charbon.
  4. La conclusion rapide des 10e négociations salariales pour les mineurs de charbon.
  5. L’arrêt du système de travail en sous-traitance. Jusqu’à ce que le système de sous-traitance soit arrêté, les travailleurs concernés devraient être payés à travail égal un salaire égal.
  6. Le rétablissement du paiement en double du salaire des jours fériés et l’abolition du plafond des paiements des heures supplémentaires.
  7. Le retrait de la décision de fermer des charbonnages.

Durant la période qui va mener à la grève nationale, les représentants syndicaux des différentes filiales de Coal India vont tenir des congrès syndicaux communs. Si les revendications ne sont pas rencontrées, la grève de trois jours aura un impact profond sur la production de charbon, sachant que les syndicats représentent plus de 90% de la main d’œuvre au sein de l’industrie du charbon.

Maroc: Vers la création d’une fédération nationale des métaux

Quelque 30 représentants syndicaux de l’industrie automobile et des composants automobiles ont participé à la réunion d’IndustriALL Global Union, tenue à Casablanca, les 23 et 24 mars 2017, pour élaborer un plan d’action dans un contexte d’expansion rapide du secteur automobile. Ils ont convenu d’établir une fédération nationale des métaux qui regrouperait le secteur automobile, le secteur du câblage, des circuits électroniques et des technologies de l’information et de la communication (TIC), le secteur de l’acier et le secteur aérospatial. Des comités préparatoires ont été créés pour chacun de ces secteurs. Les quatre comités ont organisé leur première réunion commune le 1er avril, au siège de l’UMT, à Casablanca.

L’industrie automobile au Maroc est en plein essor et sa chaîne d’approvisionnement s’accroît rapidement avec l’arrivée de nouveaux acteurs du monde entier. Avec ses 135 000 collaborateurs, cette industrie est devenue le principal secteur d’exportation et joue un rôle essentiel dans le développement du pays.

La proximité des marchés européens en fait une destination d’approvisionnement attrayante pour les principaux constructeurs automobiles. Outre l’usine Renault implantée à Tanger, qui génère plus de 7 000 emplois, PSA Peugeot Citroën construit une usine à Kénitra, sur la côte Atlantique marocaine, qui devrait entrer en service en 2019.   

Le développement du secteur automobile laisse penser qu’il existe un énorme potentiel organisationnel des travailleurs, notamment dans les régions clés de Tanger et de Kénitra, ainsi que dans la zone industrielle de Casablanca. 

Le 20 mars, le Roi du Maroc a lancé la création d’une nouvelle ville industrielle près de Tanger qui devrait accueillir 200 entreprises chinoises. Le nouveau projet, qui bénéficiera d’un investissement total de la Chine allant jusqu’à 10 milliards de US$ sur 10 ans, vise à créer 100 000 emplois, principalement dans les industries aérospatiale, automobile, textile et de la confection. 

Les participants à la réunion ont débattu des problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs. Bien que le Code du travail national garantisse la liberté syndicale et de négociation collective, la réalité est toute autre et leurs droits sont contournés à bien des égards.

Un défi spécifique est celui de la prévalence des contrats de travail temporaires dans le secteur et de la politique d’externalisation suivie par les compagnies. Les délégués ont fortement insisté sur la nécessité d’échanger des informations sur les entreprises opérant dans le pays et de conduire des formations pour améliorer les compétence en matière d’organisation des travailleurs et de négociation afin que les syndicats deviennent des partenaires constructifs dans le dialogue social.

Vingt-un responsables du syndicat UMT de l’industrie aérospatiale ont examiné les mécanismes et les stratégies relatifs à la manière de négocier, d’améliorer et d’élargir la portée des conventions collectives au niveau des entreprises et du secteur au Maroc, à l’atelier organisé par IndustriALL, les 18 et 19 mars, sur les conventions collectives dans cette industrie. Ont participé à cet événement entre autres les représentants syndicaux des entreprises suivantes: Anapec, RFM, Bombardier, UMPM, Socaero-Daher, ASM–Aero et Stelia.

L’industrie aérospatiale continue de se développer en Afrique du Nord tout comme les syndicats consolident leur pouvoir pour relever les défis auxquels font face les travailleurs.

Les responsables de l’UMT ont exprimé leur soutien envers le processus de création d’une fédération nationale des métaux fondée sur les principes démocratiques.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré:

« IndustriALL félicite nos collègues hommes et femmes de l’UMT de renforcer leur pouvoir par la mise en place d’une structure sectorielle nationale forte. Cette décision est conforme avec l’objectif global d’IndustriALL consistant à construire un pouvoir syndical. C’est de cette façon que nous devrions procéder pour constituer des syndicats puissants dans la région MENA ».

Le syndicaliste coréen emprisonné Han Sang Gyun honoré par la FNV

Ce prix est attribué tous les deux ans à des personnes pour leur contribution exceptionnelle à la défense et la protection des droits syndicaux dans des pays où les droits de l'homme et des travailleurs font défaut.

Le prix a été accepté par le Vice-président du KCTU, Lee Sang Jin, au nom du Président Han, actuellement emprisonné en Corée du Sud sur des chefs d'inculpation à caractère politique. La candidature du Président Han avait été proposée par les syndicats mondiaux IndustriALL, IBB et UITA.

Han est emprisonné depuis décembre 2015 pour avoir organisé des manifestations antigouvernementales dans le cadre de la campagne du KCTU visant à empêcher l'adoption par le précédent gouvernement Park d'adopter des réformes du travail néolibérales.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"Quand j'ai rendu visite au Président Han dans sa prison, en novembre dernier, j'ai été impressionné par son humilité, sa force morale et son attachement au combat pour les droits humains et syndicaux en Corée.

"Le Président Han est un homme courageux qui s'est beaucoup sacrifié et qui a inspiré des milliers de personnes à agir. Cette action a conduit à la destitution et à l'emprisonnement de l'ex-Présidente Park."

Par l'ironie du sort, l'ancienne Présidente Park Geun-hye et le Vice-président de Samsung, Lee Jay-yong, sont détenus dans la même prison que Han.

Dans une déclaration lue par Lee Sang Jin à la cérémonie de réception, Han a écrit :

"Le capitalisme, qui a détruit une démocratie authentique et les moyens d'existence des travailleurs de mon pays, est devenu une forme de dictature plus dangereuse et redoutable que les dictatures militaires de notre passé.

"Dans ce climat politique, où nous sommes considérés comme l'ennemi de l'État, le KCTU ne pouvait pas courber l'échine devant le gouvernement par simple peur de la répression syndicale.

"L'histoire du KCTU est fondée sur la lutte pour les droits démocratiques, les droits au travail et les droits de l'homme, et sur la résistance aux attaques du gouvernement et des employeurs. Et nous avons perpétué ce précieux héritage. En tant que dirigeant du KCTU et représentant de la classe laborieuse, il n'est que naturel que je sois en première ligne.

"Quand j'ai appris que j'allais recevoir le prix syndical Febe Elizabeth Velásquez, alors que je me voyais entre les quatre murs de ma cellule, je me suis senti très humble et, à vrai dire, embarrassé."

Ce prix porte le nom de la dirigeante syndicale salvadorienne Febe Elizabeth Velásquez (1962-1989), assassinée en raison de son activité syndicale.

Les syndicats de l’électricité du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord créent leur réseau

Ce réseau vise à partager des connaissances et des expériences, à fournir une solidarité syndicale et à améliorer les communications entre les travailleurs et travailleuses de l’électricité au sein de la région.

La réunion a été organisée par et à l’invitation de l’affilié turc d’IndustriALL Global Union TES-İŞ et ses débats dirigés par son président, Mustafa Şahin, qui a déclaré :

“Je voudrais exprimer mon grand plaisir et l’honneur qu’il y a à pouvoir jeter les fondations du réseau syndical pour le secteur de l’électricité dans la région MENA à Ankara. Faire progresser la solidarité internationale et régionale est vital pour les travailleurs et travailleuses du secteur de l’électricité. TES-İŞ va continuer à faire évoluer cet objectif à différents niveaux.”

La réunion a vu la participation de représentants de syndicats de la région MENA, ainsi que du Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan.

Les participants se sont penchés sur les problèmes auxquels les travailleurs sont confrontés dans la région, comme la sous-traitance et l’externalisation de certains départements d’entreprises conduisant à l’augmentation du travail précaire.

La privatisation d’entreprises publiques aboutit à une réduction des droits des travailleurs, à une diminution des salaires, à une détérioration des conditions de travail et à la perte d’emplois.

Les travailleurs de l’électricité font de grands sacrifices pour fournir de l’énergie aux personnes situées dans des zones éloignées et montagneuses. La santé et la sécurité professionnelles sont extrêmement importantes et ces salariés doivent être en mesure d’aller travailler en confiance.

Abdelmajid Matoual de la FNTE/UMT indique :

“Au Maroc, la privatisation représente un défi significatif pour les travailleurs et travailleuses de l’électricité. Le gouvernement œuvre à déréguler le marché et à ouvrir la porte à la privatisation des entreprises publiques. Il est très important de partager nos expériences de sorte à être préparés aux changements futurs.”

En Irak, la corruption est l’un des plus gros problèmes, selon Hashmeya Alsaadawe, Présidente du Syndicat général des Ouvriers et Techniciens de l’Électricité de Bassora :

“Le gouvernement a dépensé beaucoup d’argent et maintenant qu’il sait qu’il a échoué, il veut privatiser le plus rapidement possible. Cela aura des conséquences pour les travailleurs et travailleuses, mais même privatiser les entreprises ne va pas stopper la corruption.”

La réunion a également entendu un rapport sur les relations sociales dans le secteur privé. Le directeur des ressources humaines pour la région de Toroslar de Enerji-SA, une coentreprise entre la compagnie d’origine allemande E.ON et le holding turc Sabanci Group, a expliqué les rapports entretenus dans la continuité avec TES-İŞ dans le contexte de relations sociales et d’un dialogue bilatéral entre employeur et salariés dans le secteur de la distribution de l’énergie. Le DRH a expliqué que durant la phase de transfert, les salariés dispersés au sein d’entreprises sous-traitantes étaient repris dans le cadre d’un emploi direct au sein de Enerji-SA, conséquence du travail mené avec le syndicat.

La directrice du département de l’énergie d’IndustriALL, Diana Junquera Curiel, a déclaré :

“Nous avons créé un important nouveau réseau syndical. Il nous faut maintenant œuvrer d’arrache-pied pour construire un groupe de travail solide et fructueux, capable d’apporter son soutien aux syndicats de l’énergie dans la région et de développer la solidarité internationale.”

La délégation s’est rendue dans deux entreprises : un centre de distribution de l’entreprise privée Enerji-SA (Centre de télémesures SCADA), qui distribue l’électricité dans trois régions de Turquie, et l’entreprise publique de transformation TEİAŞ et ses centres de maintenance et de réparation.

Les Fédérations syndicales internationales affichent leur solidarité avec les travailleurs turcs

La mission, entre les 3 et 5 mai 2017, a rencontré des interlocuteurs politiques de premier plan de l’AKP, du CHP et du HDP; du Ministère du Travail et de la Sécurité sociale ; de la délégation de l’UE auprès de la Turquie ; du bureau national de l’OIT ; de l’Association turque du Barreau ; d’organisations de défense des droits de l’homme ainsi que des journalistes.

Selon différentes sources, environ 100.000 personnes ont été emprisonnées et arrêtées depuis la tentative manquée de coup d’État en Turquie de juillet 2016. Entretemps, près de 140.000 agents de la fonction publique, enseignants, employés de bureau et universitaires ont perdu leur emploi dans le pays et environ 150 médias ont été fermés et 159 journalistes emprisonnés.

L’état d’urgence en Turquie, qui a récemment été prolongé, donne au président le pouvoir de contourner le parlement, de gouverner par décret et de suspendre les droits et libertés.

La délégation qui s’est rendue dans la capitale Ankara comprenait des représentants de la Confédération syndicale internationale (CSI), de la Confédération européenne des syndicats (CES), d’IndustriALL, d’UNI, de la Fédération syndicale européenne des services publics (FSESP), du Comité syndical européen de l’éducation (CSEE)  ainsi que des centrales syndicales d’Allemagne (DGB), de Grande-Bretagne (TUC) et de Belgique (FGTB).

Dans une déclaration faite à l’issue de la mission et publiée conjointement avec les organisations syndicales turques Turk-Is, Hak-Is, DISK et KESK, les participants ont exprimé leur profonde préoccupation par rapport à la vague massive de licenciements à laquelle il a été procédé sans justification ou preuve.

Cette déclaration commune indique également que l’état d’urgence et les décrets sont allés bien plus loin que de nécessaire pour raisons de sécurité et sont disproportionnés. Entretemps, ces renvois et mises à pied détruisent les moyens d’existence de dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses et deviennent un problème humanitaire.

En plus des effets négatifs de la répression étatique sur les affaires, les investissements et l’emploi, des questions pressantes comme celles d’améliorations tant nécessaires en matière de santé et sécurité professionnelles, de travail précaire ou de renouvellement de conventions collectives ont été mises de côté, a déclaré la mission.

Lors des entretiens, la délégation a revendiqué que les autorités turques lèvent l’état d’urgence, mettent fin aux renvois et arrestations et a appelé à la libération de tous les ouvriers, employés du secteur public, journalistes et parlementaires détenus qui ont été emprisonnés sans chef d’accusation clair.

La mission a appelé les autorités turques à restaurer la liberté d’expression, de parole et de presse ainsi qu’à rouvrir les canaux d’expression démocratiques qui ont été forcés à la fermeture.

Elle a également exigé le respect et la mise en œuvre des normes fondamentales du travail de l’OIT, en particulier des Conventions 87 et 98 sur les droits syndicaux.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, qui représentait également industriALL Europe au sein de la délégation, a déclaré :

“La situation en Turquie se détériore toujours davantage. Notre mission de haut niveau a montré sans équivoque que nous allions continuer à nous tenir aux côtés des syndicats turcs et des forces qui, au sein de la société, soutiennent les pierres angulaires de la démocratie que sont les libertés fondamentales et l’état de droit.

En mars de cette année, IndustriALL Global Union et industriALL Europe avaient mené une autre mission en Turquie en soutien aux travailleurs avec pour claire revendication que “L’ensemble des entraves aux droits fondamentaux et à l’organisation des travailleurs dans notre pays doivent être levées”.

L’UAW signale aux actionnaires que Volkswagen doit cesser sa politique antisyndicale

L’usine de Chattanooga est la seule usine de Volkswagen dans le monde entier qui ne bénéficie pas d’un syndicat de travailleurs reconnu par la compagnie. Pourtant, en décembre 2015, une écrasante majorité de plus de 70 pour cent des travailleurs qualifiés ont voté pour être représentés par l’affilié à IndustriALL, United Auto Workers (UAW – les travailleurs unis de l’automobile).

Malgré cela, Volkswagen Chattanooga refuse de négocier avec la Section locale 42 de l’UAW, même après que le gouvernement américain ait enjoint à la compagnie d’engager des négociations.

A l’Assemblée générale annuelle, Steeve Cochran, président de la Section locale 42 de l’UAW, a indiqué aux actionnaires:

« De par son comportement, Volkswagen viole ses propres principes en matière de responsabilité sociale ainsi que l’accord-cadre mondial qu’elle a signé avec IndustriALL ».

L’UAW appelle la direction de la compagnie à reconnaître la Section locale 42 de l’UAW comme la représentante des employés de Volkswagen de Chattanooga, et d’engager des négociations collectives avec elle.

« La direction de Volkswagen méprise les droits fondamentaux du travail, le droit du travail en vigueur aux Etats-Unis ainsi que son propre code de conduite, au risque de détériorer gravement son image », a déclaré Gary Casteel, secrétaire-trésorier de l’UAW.

Les caractéristiques des conditions de travail dangereuses pour la santé et le travail, et le climat antisyndicale à l’usine Volkswagen de Chattanooga sont exposés dans le rapport « At What Cost » (A quel prix), publié par la Fédération américaine du travail-le Congrès des organisations industrielles (AFL-CIO).

En avril, les affiliés à IndustriALL représentant les travailleurs de Volkswagen à travers le monde se sont réunis pour échanger des informations sur les relations du travail à Volkswagen et faire preuve de solidarité avec les travailleurs de l’usine de Chattanooga.

« Bien que les travailleurs à Chattanooga aient voté pour être représentés par un syndicat, Volkswagen refuse toujours de leur accorder leur droit légal », a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches. « Volkswagen doit cesser de prendre pour cible ces travailleurs et autoriser la présence du syndicat sur le lieu de travail ».

Une pétition appelant Volkswagen à cesser sa politique antisyndicale à Chattanooga a reçu plus de 62 000 signatures.

« Plus de 62 000 membres de SumOfUs à travers le monde, y compris les conducteurs et les actionnaires de Volkswagen, ont signé une pétition de protestation faisant part de leur dégoût pour le manque de respect envers les règles dont fait preuve Volkswagen », a indiqué le militant de SumOfUs, Eoin Dubsky.

IndustriALL solidaire des travailleurs de FESITEX

Le directeur d'IndustriALL Fernando Lopes a envoyé, au nom du syndicat mondial, une lettre aux travailleurs dans laquelle il exprime sa vive préoccupation devant la criminalisation du conflit du travail chez SAE-E, qui s'est soldé par les condamnations de douze personnes pour "obstruction à la police dans l'exercice de ses missions"; deux des accusés ayant été en outre condamnés pour "préjudice aggravé" par le tribunal pénal de Tipitapa.

"Nous considérons que ces condamnations sont injustes parce que, le 27 juin 2016, ces travailleurs exerçaient seulement leur droit de protester et de réclamer de meilleures conditions de travail"

a écrit Fernando Lopes dans cette lettre. Les salariés réclament un accès à de l'eau salubre, l'abandon d'objectifs de production inatteignables et la réintégration des deux travailleurs licenciés.

Fin 2016, des affiliés d'IndustriALL du monde entier ont participé à une campagne de soutien aux douze travailleurs de l'habillement et 4.000 personnes ont signé une lettre au gouvernement nicaraguayen et à l'entreprise de confection coréenne SAE A Tecnotex demandant la libération des travailleurs. En outre, de nombreux syndicats ont envoyé des lettres de protestation aux ambassades du Nicaragua de leurs pays.

Depuis, IndustriALL a continué à offrir son soutien et son aide. Le 2 mai, le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a envoyé une lettre au Coordinateur national de la FNT et Président de l'Assemblée nationale, Gustavo Porras, pour demander une entrevue avec le Secrétaire régional adjoint Marino Vani et Pedro Ortega, de la FESITEX.

IndustriALL espère recevoir une réponse de Gustavo Porras avant l'audience en appel prévue pour le 11 mai devant la deuxième chambre pénale de la Cour d'appel de Managua. Ils voudraient lui faire part, à cette entrevue, de la requête fondée des travailleurs et obtenir l'annulation de leurs condamnations.