Le gouvernement turc interdit la grève dans le secteur verrier

Cette grève, qui devait débuter le 24 mai, concerne 5.700 travailleurs et travailleuses de neuf usines. Le gouvernement a interdit la grève au motif qu’elle est “préjudiciable à la sécurité nationale”.

La grève concerne les salaires. Şişecam a accru ses bénéfices de 164% mais n’a offert qu’une hausse salariale dérisoire.

Le gouvernement turc a publié un décret, en vertu de l’article 6356 de la loi sur les syndicats et les conventions collectives de travail, qui interdit la grève. Ce décret est suivi d’une période de 60 jours “d’ajournement” pour des négociations au cours desquelles les parties doivent s’entendre. En pratique, cela signifie qu’il n’y a aucune chance de pouvoir poursuivre la grève au-delà la période de 60 jours.

Le régime actuel a interdit une série de grèves dans les secteurs du caoutchouc, du verre, des mines et de la métallurgie sous prétexte qu’elles seraient “préjudiciables à la sécurité nationale”.

Le Comité de la Liberté syndicale de l’OIT a estimé que suspendre une grève sous le prétexte qu’elle serait une menace pour la sécurité nationale est une violation des principes de la liberté syndicale.

IndustriALL soutient que c’est un usage abusif de la législation du travail qui n’a pas de fondement rationnel ni légal et démontre que le gouvernement favorise les intérêts du monde des affaires plutôt que de protéger les droits des travailleurs.

Intraitable, Kristal-İş a déclaré dans un communiqué :

“La grève est un véhicule que nous n’hésiterons pas à utiliser lorsqu’il est nécessaire de défendre des salaires et des conditions de travail décents. Nous n’avons eu recours à aucune activité illégale et nous n’avons pas mené d’actions qui pourraient “menacer la sécurité nationale”.

“Nous avons averti le gouvernement et l’employeur à de nombreuses reprises déjà ; n’essayez pas de mettre à l’épreuve la patience des verriers. Ces travailleurs et travailleuses ont été à l’origine de nombreuses traditions par le passé et aujourd’hui, si nécessaire, nous créerons une nouvelle tradition contre l’interdiction des grèves.”

Dans un courrier conjoint adressé au Premier Ministre turc, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, et celui d’IndustriAll Europe, Luc Triangle, déclarent :

“Interdire la grève dans le secteur verrier constitue une nouvelle atteinte à des normes internationales du travail fondamentales.

“Nous vous exhortons à retirer le décret qui interdit la grève dans l’industrie du verre et à créer un contexte propice au sein duquel des négociations collectives libres entre Kristal-İş et la direction de Şişecam pourront avoir lieu.”

Les Fédérations syndicales internationales défendent la cause des syndicats Kazakh

Cette sentence est la dernière en date d’une longue liste de violations des droits syndicaux commises par les autorités Kazakhes et qui ont poussé IndustriALL Global Union et la Confédération syndicale internationale à soumettre conjointement une plainte auprès du Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du Travail.

Amin Yeleusinov est l’un des dirigeants de la Confédération des syndicats indépendants de la République du Kazakhstan (KNPRK), affiliée à la CSI et qui a été dissoute.

Avant le procès, les autorités ont mis énormément de pression sur Amin Yeleusinov, le forçant à avouer le détournement de fonds syndicaux. Selon Yeleusinov, au cours du mois tout entier d’enquête préalable au procès, il a été mis en isolation. Durant cette période, les prisonniers sont confinés dans une cellule très humide. Entre six heures du matin et dix heures du soir, il leur est interdit de s’asseoir ou de se coucher sur leur lit. Ils ne peuvent s’asseoir que sur un tabouret sans dossier. En raison de ses mauvaises conditions de détention, Yeleusinov a développé une affection cardiaque et des problèmes aux articulations.

En fin de compte, Yeleusinov a subit un chantage pour lui arracher de faux aveux, qui ont été rédigés par le personnel de la prison et enregistrés en vidéo en dehors de la présence de son avocat. Il a plus tard rétracté ces aveux.

En plus de subir deux années d’emprisonnement, Yeleusinov doit verser une somme de plus de 8 millions de tenges kazakhs (26.000 dollars) en guise de compensation financière pour des torts causés à l’entreprise. Une partie de ses biens et de ses avoirs a été saisie. Il est interdit de toute activité syndicale ou publique pour cinq ans.

Auparavant, le 7 avril, Nurbek Kushakbayev avait été condamné à deux ans et demi de prison et à une amende de 25 millions de tenges kazakhs (80.000 dollars) pour avoir appelé à une grève illégale.

Près de 300 travailleurs des services pétroliers avaient entamé une grève de la faim pacifique en janvier pour protester contre la dissolution de leur centrale syndicale. Nombre de ces travailleurs ont été arrêtés et condamnés à des amendes et des indemnisations financières au profit de l’entreprise de services de construction pétroliers pour des montants dépassant le salaire moyen en vigueur sur place.

Les poursuites contre les deux leaders syndicalistes ont comporté de graves violations de procédures. Une fois mis en détention, les deux dirigeants ont été transférés d’Aktau à Astana en dépit du fait qu’en vertu de la législation locale, le procès aurait dû avoir lieu à l’endroit où le délit supposé a été commis. La police n’a pas informé la famille et les avocats de l’arrestation. Les journalistes n’ont pas pu assister au procès.

De plus, des documents déclassifiés en provenance de la Commission de la Sécurité nationale de la région de Mangystau et du Bureau de lutte contre le crime organisé figuraient dans l’acte d’accusation contre Kushakbayev. Ces documents prouvent que les téléphones du syndicat et de ses dirigeants avaient été mis sur écoute depuis le 9 octobre 2015.

La Confédération syndicale internationale, avec le soutien d’IndustriALL, a introduit une plainte auprès du Comité de la Liberté syndicale de l’OIT au nom de son affilié la KNPRK. En vertu de la loi Kazakhe, agir au nom d’une organisation syndicale non-reconnue est un crime. Dès lors, les membres de la Confédération dissoute ne peuvent pas déposer eux-mêmes leur plainte.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“IndustriALL Global Union soutient pleinement la plainte de la CSI. La répression continuelle des droits syndicaux au Kazakhstan est honteuse et inadmissible. Nous exprimons notre solidarité avec les syndicats membres de la KNPRK et leurs dirigeants. Nous allons apporter tout notre soutien à l’ensemble des travailleurs et des dirigeants qui se battent pour les droits syndicaux au Kazakhstan.”

Les dirigeants syndicaux fixent des exigences aux membres du G20

Dans une déclaration remise à la Chancelière allemande et présidente du G20, Angela Merkel, les dirigeants du L20 réclament un modèle économique alternatif caractérisé par des investissements dans les infrastructures publiques et les services, une réforme fiscale et des politiques économiques répondant à la transition vers une économie à faible émission de carbone.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré:

« Le L20 offre une opportunité aux travailleurs de parler d’une seule voix. Nous voulons mettre en place un commerce international plus équitable qui respecte les droits des travailleurs. Le G20 doit adopter une position commune sur les inégalités et la concentration des richesses. Le respect des droits syndicaux, notamment les Conventions nos 87 et 98 de l’OIT sur la liberté syndicale et la négociation collective, est le point de départ à l’obtention de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail et d’heures de travail plus justes ».

La déclaration du L20 adressée à la réunion des ministres du Travail et de l’Emploi du G20, tenue les 18 et 19 mai, à Bad Neuenahr, décrit le piège d’une faible croissance due à la stagnation de la performance économique:

« Les inégalités élevées et croissantes engendrent de nombreux laissés pour compte, attisent la méfiance publique et alimentent le rejet populaire des gouvernements et des institutions présentés comme favorisant les intérêts de l’"élite". La concentration des richesses et les freins appliqués aux dépenses publiques contribuent à cette méfiance ».

Lors de son intervention devant les dirigeants du L20, à la réunion de Berlin, Angela Merkel, a indiqué que les entreprises doivent respecter les droits des travailleurs et prendre la responsabilité de leurs chaînes d’approvisionnement, afin que les tragédies, telles que l’affaissement du Rana Plaza, au Bangladesh, ne puissent jamais se reproduire.

La Chancelière allemande a également reconnu le rôle des accords-cadres mondiaux et s’est félicitée de la contribution du L20 à une croissance plus équitable: « C’est seulement en collaborant que nous pouvons façonner et œuvrer à une mondialisation équitable », a-t-elle indiqué.

Angela Merkel a entendu le témoignage de Jyotiben Macwan, membre de l’affilié indien à IndustriALL, l’Association des femmes exerçant une activité indépendante (SEWA), qui défend les droits des travailleurs du secteur informel dans l’économie mondiale.

La réunion du L20 était organisée par la Confédération syndicale internationale (CSI) et la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC). Sharan Burrow, Secrétaire générale de la CSI, a déclaré:

« Lorsque les normes internationales du travail sont respectées, les travailleurs sont en mesure de s’organiser et de négocier des salaires décents et un milieu de travail sécuritaire. En mettant en place des paramètres macroéconomiques corrects, les inégalités et l’insécurité qui caractérisent l’échec du modèle de mondialisation actuel pourraient appartenir au passé ».

IndustriALL présente ACT au G-20

Les initiatives et politiques contribuant au travail décent par la création de chaînes d'approvisionnement mondiales durables étaient un des thèmes de cette réunion du G-20 des 18 et 19 mai.

Dans sa présentation de l'ACT aux côtés du P-DG de Tchibo, Thomas Linemeyer, la Secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Jenny Holdcroft a expliqué aux ministres du Travail du G-20 pourquoi ce processus constitue la meilleure chance d'obtenir des salaires de subsistance dans les chaînes d'approvisionnement mondiales de l'habillement par le biais d'une négociation à l'échelle de l'industrie liée aux pratiques d'achat des marques.

Elle a souligné la nécessité de fixer des salaires plus élevés pour l'ensemble de l'industrie afin d'empêcher des producteurs ou des marques de négocier séparément des prix inférieurs en bradant les salaires.

Dans une situation de chaînes d'approvisionnement mondiales, dans laquelle les acheteurs, en haut de la chaîne, sont ceux qui déterminent la répartition de la valeur au long de la chaîne et ce que recevront en finale les travailleurs, il est essentiel de réformer les pratiques d'achat vers une négociation au niveau de l'industrie.

En reliant la négociation collective entre syndicats et employeurs au niveau de l'industrie nationale aux pratiques d'achat des marques, le processus ACT instaure un cadre propice à d'authentiques relations professionnelles dans la chaîne d'approvisionnement. Par cette négociation pour toute l'industrie, les travailleurs peuvent obtenir un salaire suffisant pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles, et il est possible par la même occasion de définir la nature spécifique de l'industrie, la durée du travail, la productivité, et d'autres éléments influençant les salaires.

Après sa présentation par IndustriALL et Tchibo, l'initiative ACT a été citée dans la déclaration finale des ministres du Travail du G-20 en tant qu'exemple du rôle essentiel que jouent les partenaires sociaux dans la lutte contre les inégalités, l'élimination de la pauvreté et la progression de salaires durables.

Pour la première fois, le processus ACT va créer un système qui, en surmontant les obstacles structurels à des salaires de subsistance, pourrait réellement augmenter les salaires des travailleurs de la confection sur un mode évolutif, durable et contraignant,

a déclaré Jenny Holdcroft.

ACT permet à IndustriALL et aux grandes marques de joindre leurs forces et d'avoir ainsi suffisamment de poids pour se faire entendre pour que la question des salaires de subsistance intéresse l'industrie et les gouvernements,

a déclaré Thomas Linemayr.

ACT est un programme ambitieux, et nous savons qu'il exigera du temps et de la patience. C'est pourquoi nous avons besoin de tout le soutien que peuvent nous apporter les gouvernements et les parties intéressées de leurs pays respectifs. Nous ne pourrons y arriver qu'ensemble.

John Ruggie, l'ancien Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la question des droits de l'homme, des sociétés transnationales et autres entreprises, a déclaré à propos d'ACT :

Elle illustre la promesse d'une action collective pour amener le changement. L'important est que des initiatives comme ACT ne sont pas simplement des contributions philanthropiques au développement isolées, mais aussi le résultat d'une prise de conscience des entreprises de leur responsabilité face aux risques les plus graves pour les droits de l'homme que présentent leurs chaînes d'approvisionnement.

En mettant cette responsabilité en exergue, ACT contribue aussi de manière critique au développement durable.

Géorgie: Rassemblement massif en soutien d’un système efficace d’inspections du travail

A Tbilisi, le 15 mai, à midi, dans une salle de concert, le parti dirigeant géorgien, « Rêve géorgien », a mené des débats publics sur les modifications de la Constitution. La manière dont ceux-ci ont actuellement lieu dans plusieurs villes, permettant de penser que le parti dirigeant essaie de manipuler l’opinion publique plutôt que de recueillir les avis réels sur les propositions d’amendements, paraissent préoccupants à beaucoup.

Les représentants du mouvement étudiant « The Audience 115 » et l’organisation de jeunesse  des syndicats de Géorgie présents dans la salle ont invité les personnes présentes à observer une minute de silence en mémoire des mineurs de Tkibuli tués durant l’accident du 9 mai.

Les jeunes militants syndicaux et les étudiants ont entre autres demandé au président du Parlement conduisant les débats si la loi « sur la sécurité et la santé au travail » serait jamais adoptée et si la Géorgie ratifierait finalement la Convention de l’OIT n° 176 sur la santé et la sécurité dans les mines. L’article relatif à l’inspection du travail en matière de santé et de sécurité a été retiré de la Constitution dans le cadre des changements apportés par le néolibéralisme pour attirer les investissements étrangers.

En réponse à une déclaration maladroite et insultante du président, les jeunes ont commencé à chanter, à siffler et à perturber la manifestation officielle.

Deux heures plus tard, l’affilié à IndustriALL, le syndicat des travailleurs de l’industrie métallurgique, minière et chimique de la Géorgie (TUMMCIWG), ainsi que d’autres syndicats de Géorgie et des participants exaspérés par les  débats publics, se sont réunis dans la ville et ont entamé une marche de protestation jusqu’au Parlement. Adoptant un comportement provocateur, la police a alors bloqué l’avenue principale et essayé de déclencher des affrontements physiques entre les personnes dans le but de les arrêter pour désordre public.

Les manifestants sont parvenus difficilement jusqu’au Parlement où ils ont réitéré leurs revendications.

Le président du TUMMCIWG, Tamaz Dolaberidze, a déclaré durant le rassemblement:

« Le Président de la Géorgie, le Premier Ministre de la Géorgie, le président du Parlement et tous les membres du Parlement porteront dorénavant l’entière responsabilité de la mort de toute personne sur son lieu de travail, parce qu’ils savent exactement ce qu’il faut faire pour que les gens ne perdent pas leur vie au travail, mais qu’ils ne font rien. »

IndustriALL s’insurge contre la dissolution du syndicat de l’énergie en Algérie

La décision de dissoudre le syndicat intervient quelques jours à peine avant une grève nationale prévue par les travailleurs et travailleuses de Sonelgaz, du 21 au 25 mai.

Dans un courrier daté du 16 mai, le Ministre affirme que le syndicat a contrevenu à la loi algérienne 90-14/1990, sans préciser en quoi.

Le simple fait de radier le syndicat va à l’encontre de cette même loi, qui stipule que la décision de suspendre ou dissoudre un syndicat ne peut être autorisée en dehors d’une procédure judiciaire en bonne et due forme.

De la même manière, la mise à pied de Raouf est en contradiction avec la loi algérienne et constitue une grave violation des Conventions 87 et 98 de l’OIT, qui ont été ratifiées par l’Algérie en 1962.

Dans sa lettre à M. Mohamed El Ghazi, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, proteste contre les décisions à l’encontre de Mellal et du SNATEGS :

“Nous vous prions de restituer immédiatement le récépissé d’enregistrement du SNATEGS. Cependant, nous resterons attentifs à l’évolution de la situation et si tous leurs droits ne sont pas entièrement restitués avant la prochaine session de la Conférence internationale du Travail, nous soutiendrons le dépôt d’une plainte contre le gouvernement algérien auprès des institutions internationales pour violation des droits humains et syndicaux et abus de pouvoir.”

Mellal est pour l’instant engagé dans une bataille juridique pour faire appel d’une sentence de six mois de prison, prononcée par défaut en décembre, pour avoir été le lanceur d’alerte d’une corruption à grande échelle au sein de Sonelgaz. L’entreprise avait gonflé les factures d’électricité de plus de huit millions de consommateurs durant une période de dix ans. Le verdict de la cour sur cet appel a été fixé au 25 mai.

Le SNATEGS, qui représente environ 30.000 adhérents chez Sonelgaz, a organisé une série de grèves nationales et de manifestations contre les politiques anti-syndicales de l’entreprise au cours des derniers mois. En représailles, Sonelgaz a suspendu 93 membres du SNATEGS et engagé des procédures judiciaires contre plus de 600 adhérents, selon le syndicat.

Les membres et dirigeant du SNATEGS sont confrontés à un harcèlement et des persécutions constants, comme le met en lumière la récente vague d’arrestations qui a fait suite aux manifestations pacifiques tenues entre le 21 et le 23 mars, lorsque plus de 240 membres et dirigeants du syndicat ont été arrêtés et 30 femmes agressées physiquement.

Sauvez Dave : le mineur australien a été renvoyé après avoir mené un mouvement de protestation en sous-vêtements

Plus de 50 mineurs se sont présentés au travail au puits South32 d’Appin Colliery en Nouvelle Galles du Sud le 7 mars 2017 en ne portant que leurs casques, leurs bottes, leurs vestes et… leurs caleçons. Au bout de 10 minutes, les mineurs ont enfilé à nouveau leurs vieux habits sales et se sont remis au travail.

Ce mouvement de protestation d’un genre nouveau était une tentative humoristique de souligner le fait que depuis un an, South32 faillit à son obligation légale de fournir de nouveaux vêtements de travail. L’entreprise a également négligé d’organiser un service de blanchisserie.

Mais au lieu de réagir au problème, South32 a licencié McLachlan, affirmant qu’il avait porté atteinte à la bonne réputation de l’entreprise après que des photos de ce mouvement ont été publiées en ligne.

Depuis dix ans, McLachlan est le président issu de la base de ce site d’exploitation de la Section Mines et Énergie du CFMEU, un affilié d’IndustriALL. Il travaille chez Appin Colliery depuis 16 ans et ses antécédents professionnels sont irréprochables.

McLachlan compte 30 ans d’ancienneté au sein de l’industrie de l’exploitation du charbon et est un père de famille dur à la tâche. Sa famille et ses compagnons de travail sont effondrés face à cet acte hostile vindicatif et dépourvu de tact de South32.

Le CFMEU a lancé une campagne pour soutenir McLachlan, et le président national Tony Maher a écrit au PDG Graham Kerr pour l’exhorter à le réintégrer.

Tony Maher a souligné que le problème ne disparaîtrait pas pour autant et que le permis public d’exploitation de l’entreprise est mis en danger. IndustriALL soutient la campagne et appelle à la solidarité internationale pour la réintégration de McLachlan.

Dans un courrier à l’entreprise, le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches écrit :

“Licencier Dave McLachlan pour avoir participé à un bref mouvement de protestation, qui n’a conduit à aucune perte de temps ou entrave à la production de charbon et qui était du reste amplement justifié par la négligence de l’entreprise à fournir les services de blanchisserie et les uniformes de travail qu’elle est légalement tenue de fournir, constitue une violation flagrante de ses droits fondamentaux de travailleur.”

Agissez :

Montrez-vous solidaire de Dave et exigez que South32 le réintègre immédiatement :

Suggestion de tweet :

#SaveDave: @South_32 must reinstate Dave McLachlan, sacked for protesting against the company’s failure to provide work clothes.

(#SaveDave: @South_32 doit réintégrer Dave McLachlan, licencié pour avoir protesté contre la négligence de l’entreprise à fournir des vêtements de travail)

DNO continue d'esquiver ses responsabilités malgré plusieurs jugements en faveur de son personnel yéménite

DNO a mis fin à ses activités au Yémen et licencié 198 salariés par texto et courriel en avril 2015. Elle n'a pas envoyé de préavis ni versé d'indemnités de licenciement, violant ainsi la législation du travail yéménite. Elle viole aussi l'accord de partage de la production en coentreprise avec le gouvernement.

Le syndicat et le gouvernement ont essayé de nouer le dialogue avec l'entreprise dans le but de trouver des solutions de rechange. Lorsqu'elle a refusé, le syndicat DNO Yemen Union – membre de l'affilié yéménite d'IndustriALL Global Union – l'a assignée devant la juridiction du travail. En août 2016, le tribunal a statué en faveur des travailleurs, confirmant que leur licenciement était illégal, et a ordonné à l'entreprise de verser les arriérés de salaires sous peine de saisie de ses avoirs.

Au Yémen, lorsqu'une entreprise obtient une licence d'exploitation d'un champ pétrolier, elle doit verser les salaires et les cotisations sociales pendant toute la durée de la licence. D'après la direction de l'entreprise, les licences ont été renvoyées au gouvernement en décembre 2016. Elle est redevable des indemnités de licenciement et des salaires jusqu'à cette date au moins.

Au lieu de se soumettre, l'entreprise a fait appel, mais la cour d'appel a confirmé le jugement en faveur des travailleurs. DNO a alors quitté le pays sans une cession en bonne et due forme de ses actifs, ce qui est contraire à sa licence d'exploitation. Le 20 février 2017, la justice yéménite a confirmé une ordonnance de saisie de ses actifs.

En janvier a été lancée une campagne syndicale internationale et plus de 9.000 messages ont été envoyés au président exécutif de DNO, Bijan Mossavar-Rahmani, pour condamner l'attitude de l'entreprise.

Pourtant, l'entreprise a introduit un nouveau recours en avril 2017, cette fois devant la Cour suprême. Donnant raison aux travailleurs le 2 mai 2017, la Cour a enjoint au ministère yéménite du Pétrole et des Minéraux de ne pas libérer DNO de ses obligations tant que ses travailleurs n'auront pas été payés.

Toutefois, le syndicat craint que le ministère ne donne pas la priorité à l'indemnisation des travailleurs. Il a organisé des manifestations devant le palais présidentiel en demandant au gouvernement d'intervenir en embauchant les travailleurs et en rouvrant le champ pétrolier.

Il craint une stratégie de guerre d'usure de l'entreprise qui finirait par décourager les travailleurs.

En attendant, les travailleurs se démènent comme ils peuvent pour nourrir leurs familles.

Lors d'une récente réunion du Réseau syndical du pétrole et du gaz qui s'est tenue à Beyrouth, Anees Alhatari, du DNO Yemen Union, déclarait :

"Depuis 23 mois, les travailleurs de DNO sont dans une situation épouvantable à cause de la guerre. Il n'y a pas de travail et la sécurité se détériore. Ils subissent un stress émotionnel important.

"J'ai constaté beaucoup de problèmes mentaux chez les salariés à cause de la guerre et de ce que DNO a fait."

Le syndicat norvégien Industri Energi a déposé plainte contre DNO au nom du syndicat yéménite auprès de l'OCDE, pour non-respect des principes directeurs de l'Organisation en matière de respect des normes internationales du travail. Bien que l'entreprise conteste la compétence de l'OCDE du fait que les travailleurs concernés ne sont pas membres d'Energi Industri, l'OCDE a déclaré recevable la plainte qui est maintenant à l'examen.

Le Secrétaire général d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"La justice yéménite s'est prononcée à trois reprises en faveur des travailleurs. Le mouvement syndical mondial a aussi déposé plainte auprès de l'OCDE et il va envisager d'autres voies de recours.

"Il est temps pour DNO de tenter de se soustraire à ses responsabilités et de verser les sommes que les tribunaux ont dit qu'elle doit à ses travailleurs."

Les syndicats norvégiens font également pression auprès des actionnaires pour qu'ils retirent leurs participations dans DNO.

Les mineurs ukrainiens continuent à manifester pour revendiquer de meilleurs salaires

Ce 16 mai, un groupe représentant les travailleurs d’Evraz Sukha Balka a lancé des négociations avec la direction. Les mineurs insistent pour que les salaires soient majorés d’au moins 20% à dater du 1er mai, avec une nouvelle augmentation graduelle de 30% d’ici à la fin août. La direction propose d’augmenter les salaires de 12% au 1er mai. Aucune des deux parties ne veut faire de concessions à ce stade.

Plus d’un millier de travailleurs de l’usine sidérurgique ArcelorMittal-Kryvyi Rih ont tenu un rassemblement pacifique le 11 mai, en solidarité avec les mineurs de KZRK et Evraz. En plus des revendications de hausses de salaires, ils veulent également l'arrêt de l’externalisation constante de salariés et de départements, le renouvellement des programmes de logements des salariés, ainsi qu’une contribution annuelle pour les journées de congés et de convalescence, entre autres. Le défilé des manifestants s’est dirigé vers les bâtiments administratifs de l’entreprise où 12 représentants ont été élus pour mener les négociations. Ils n’ont pas été en mesure de localiser le directeur général ou ses adjoints et dès lors, les manifestants ont pénétré sur les lieux et ont occupé quatre étages. Ils cherchent à obtenir une rencontre avec la direction pour lui remettre une liste de revendications. Certains travailleurs sont disposés à entamer une grève de la faim.

Auparavant, le 10 mai, des ouvriers des mines de Juvileyna et Frunze de l’entreprise Evraz Sukha Balka, appartenant entre autre au magnat Roman Abramovich, ont déclenché un mouvement de protestation sous terre, suivant l’exemple des mineurs de KZRK. La direction a interdit l’acheminement de nourriture et d’eau aux manifestants et n’est descendue dans les galeries qu’un jour et demi plus tard pour entamer les conversations.

Les travailleurs de l’unité d’aménagement de mines d’Evraz Sukha Balka et leurs familles ont affiché leur solidarité avec les mineurs qui manifestent sous terre en bloquant les accès routiers à l’entreprise et en empêchant toute expédition.

Les travailleurs des entreprises de Kryvyi Rih ont décidé de créer un comité de grève commun pour coordonner leurs actions. Yuri Samoilov, qui préside la section de Kryvyi Rih du NPGU en est devenu le président.

Mychailo Volynets, président du NPGU indique :

“Selon certaines informations, les employeurs de différentes entreprises se sont également regroupés pour ralentir le processus des négociations avec les mineurs. Ceci pourrait ruiner la foi qu’on les travailleurs et les militants syndicaux en l’obtention de la justice par des moyens de protestation pacifiques. Malheureusement, en Ukraine le dialogue social n’existe que de manière formelle et cela complique significativement le combat des mineurs en faveur de leurs droits”.

Selon le Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine, les revendications des mineurs en vue de hausses salariales peuvent être rencontrées, donc la lutte continue.

Un syndicat géorgien appelle à l’instauration d’une inspection du travail efficace après la survenance d’un accident mortel

Un monte-charge est tombé dans un puits lors de la réalisation de réparations. Les mécaniciens qui se trouvaient sur le toit de l’ascenseur ont chuté de 400 mètres. Les corps des quatre victimes ont été trouvés par les sauveteurs le 10 mai. Deux des travailleurs décédés étaient membres du syndicat TUMMCIWG; l’un deux, Aleko Cheishvili, était le fondateur et un membre du comité des mineurs de TUMMCIWG de Tkibuli.
 
TUMMCIWG a indiqué que, d’après les informations préliminaires disponibles, les normes de sécurité auraient été violées au cours de la préparation des travaux de réparation. Une commission sera créée pour enquêter sur la tragédie et comprendra des inspecteurs de la sécurité attachés au syndicat. 
 
Vingt-quatre personnes ont été tuées dans les mines de Tkibuli et 19 autres gravement blessées depuis 2010.
 
Tamaz Dolaberidze, président de TUMMCIWG, a déclaré:

« Tous ceux qui bloquent la mise en place de l’inspection du travail et la ratification de la Convention de l’OIT n° 176 sur la santé et la sécurité dans les mines sont responsables de cet accident ».

L’inspection du travail est une sorte de centre de surveillance des accidents du travail. Le centre recueille des statistiques, mais ne procède pas à des inspections et n’effectue aucun travail réel dans le domaine de la protection des travailleurs dans les entreprises.
 
En septembre 2015, la direction d’IndustriALL a tenu une conférence de presse à Tbilisi, où elle a soulevé cette question et insisté sur la nécessité de restaurer le système d’inspection publique du travail en Géorgie avec l’ensemble de ses fonctions
 
Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a écrit dans sa lettre au Président de la Géorgie:

« Une fois de plus IndustriALL Global Union exhorte le gouvernement de la Géorgie à ratifier la Convention de l’OIT n° 176 sur la santé et la sécurité dans les mines, ainsi que la Convention de l’OIT n° 81 sur l’inspection du travail. Il est essentiel de mettre en place un mécanisme approprié de mise en œuvre de la législation du travail dans le pays. Contrairement à la structure de pure forme qui fonctionne maintenant, la tâche première de l’Inspection du travail devrait être celle de prévenir les accidents plutôt que de simplement tenir des statistiques sur les accidents ».