En Australie, les travailleurs célèbrent la victoire chez Fletcher Insulation

Ces 90 salarié(e)s de l’industrie de la laine de verre, qui sont membres de l’affilié d’IndustriALL Global Union Australian Workers’ Union (AWU), reprennent le travail ce 1er juin. Ils et elles ont réussi à obtenir des améliorations clés de leurs conditions de travail après que leur employeur a menacé de leur supprimer des avantages, de procéder à des licenciements forcés et de faire entrer en scène des fournisseurs de main d’œuvre à la demande.

Tout au long de l’action de grève, la direction de l’usine de Dandenong a menacé de mettre à mal la convention collective d’entreprise précédente et de forcer tous les salariés à revenir à un accord qui réduirait les salaires de moitié et leur retirerait pratiquement tous leurs acquis.

IndustriALL a exprimé sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Fletcher Insulation depuis que la grève a débuté le 17 février. Le Comité exécutif d’IndustriALL a adopté une résolution spéciale en soutien aux membres de l’AWU en grève chez Fletchers Insulation en Australie lors de sa réunion à Genève, en Suisse, en avril.

Commentant les résultats de cette action de grève, Daniel Walton, Secrétaire national de l’AWU représentant les travailleurs de Fletcher Insulation a déclaré :

“Tenir bon pendant 96 jours est une chose incroyablement difficile qui demande une réelle solidarité et un vrai courage.

“Je sais que le soutien que ces travailleurs et travailleuses ont reçu de partout en Australie et dans le monde leur a donné l’énergie et l’espoir dont ils et elles avaient besoin pour aller de l’avant pendant cette période éprouvante.

“En tenant bon, ces travailleurs et travailleuses sont parvenus à faire bouger la direction d’une série de positions extrêmes qui constituaient leurs propositions. L’ensemble de notre syndicat ne peut avoir que respect et admiration pour leur courage.”

Pour rendre hommage à la victoire des travailleurs de Fletcher, l’AWU a produit une courte vidéo reprenant les résultats de la grève : https://www.youtube.com/watch?v=hyJaFzN3v08.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré :

“Nous félicitons du fond du cœur tous les travailleurs et travailleuses de Fletcher Insulation pour cette victoire. Grâce à leur unité, leurs efforts résolus et leur courage, la solution à ce conflit a tourné à l’avantage des salariés et de leurs familles. Nous sommes très contents que les actions de solidarité internationales, menée par IndustriALL et ses affiliés de par le monde, aient pu contribuer à cette victoire.”

Les tentatives de formation de syndicats accueillies par la violence au Bangladesh

Le 27 mai, des voyous locaux ont menacé et agressé physiquement les travailleurs et les responsables d’un syndicat, dont la création est envisagée, devant la porte de l’usine. Les violences ont continué le lendemain, jour durant lequel les travailleurs et les responsables syndicaux ont été à nouveau battus et menacés de mort s’ils continuent de vouloir former des syndicats. Les forces de police locales présentes ont regardé les responsables syndicaux se faire agresser.

Les agresseurs se sont même rendus chez ces derniers et ont menacé les membres de leurs familles. L’épouse d’un dirigeant syndical a été menacée avec un couteau, et le frère d’un autre responsable a été kidnappé et libéré plus tard.

Plusieurs dirigeants syndicaux se sont réfugiés dans le bureau du syndicat par peur que de nouvelles agressions exposent leurs familles à des violences.

L’affilié à IndustriALL, la Fédération syndicale indépendante des travailleurs de la confection du Bangladesh (BIGUF), s’efforce de former des syndicats depuis le début de l’année 2016 pour représenter les travailleurs dans les usines Orchid et Savar, situées dans le même bâtiment.

En mars de cette année, les travailleurs ont déposé une quatrième demande d’enregistrement d’un syndicat, comptant 2 200 adhésions, à Savar Sweater Ltd. Sromik, et, en avril, une demande d’enregistrement d’un syndicat, comptant 1 760 membres, à Orchid Sweater Ltd. La demande d’enregistrement du premier syndicat a été à nouveau rejetée par l’administration du travail sans véritable motif. La décision concernant l’enregistrement du syndicat à l’usine Orchid est attendue très prochainement.

Le groupe Azim a une longue histoire d’ingérence dans les droits des travailleurs à former un syndicat. En 2014, le même phénomène de violence a eu lieu à l’usine Global Garment/Trousers.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, réclame la prise de mesures immédiates pour mettre fin à la violence:

« l’ingérence du groupe Azim dans les tentatives des travailleurs à exercer leur droit à la liberté syndicale est une violation flagrante de la législation nationale du travail ainsi que des normes fondamentales internationales du travail.

« Nous exigeons que les agressions physiques cessent immédiatement et que le groupe Azim engage de véritables négociations avec BIGUF ».

Bien que le Bangladesh ait ratifié la Convention (n° 87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, ainsi que la Convention (n° 98) sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du Travail (OIT), le gouvernement et les propriétaires des usines ont récemment pris des mesures de coercition contre le mouvement des travailleurs.

Les travailleurs de BASF protestent en Inde

BASF, une des plus grandes firmes de la chimie mondiale, a adopté un code de conduite qui lie tous les salariés du groupe dans le monde entier. Il contient des normes de bonne conduite applicables partout, notamment en matière de droits de l'homme, de travail et de critères sociaux, et qui régissent les rapports entre BASF et ses salariés ainsi que d'autres parties prenantes.

Or, les travailleurs de l'usine BASF de Mangalore sont victimes de discriminations qui violent les normes prônées par le code de bonne conduite. Les salariés non syndiqués qui effectuent des tâches similaires à celles de leurs collègues syndiqués sont promus à des postes mieux rétribués, avec de meilleures prestations et moins d'heures de travail. Ces procédés sont contraires au principe de l'égalité de rémunération pour un travail égal et incitent les travailleurs à ne pas se syndiquer ou à se désaffilier.

Au fil du temps, ces stratégies antisyndicales de la direction ont entraîné une diminution du nombre des salariés de la catégorie ouvriers, qui sont passés de 138 à 78. Si un ouvrier revendique ses droits, il reçoit une fausse lettre d'avertissement.

À la suite de plusieurs accidents survenus à l'usine, le syndicat local, qui est affilié à IndustriALL par le biais de la Fédération des travailleurs de BASF India, réclame une consultation et toute la lumière sur ces accidents, ainsi que des mesures correctrices de la part de la direction. Les demandes d'information ont été rejetées par la direction.

Les syndicalistes s'inquiètent aussi du recrutement en grand nombre de travailleurs occasionnels et de migrants journaliers dans le département de production où sont utilisées des substances chimiques dangereuses. Le syndicat a demandé à la direction d'arrêter d'affecter des travailleurs précaires de courte durée à des travaux dangereux et de recruter davantage de travailleurs permanents. Permettre à des travailleurs précaires qui ne sont pas suffisamment formés et sont moins expérimentés de manipuler des produits chimiques dangereux est source d'accidents dont ils sont souvent les victimes.

Raghuran P C, le Vice-président du syndicat des travailleurs de l'usine BASF de Mangalore, a déclaré : "Nous protestons de manière pacifique sans que la production soit affectée. Nous demandons à la direction de BASF de cesser la discrimination envers les salariés syndiqués et de respecter le code de bonne conduite mondial de BASF. La direction doit être transparente et avoir des consultations de bonne foi avec le syndicat."

Les travailleurs d'autres usines de BASF situées à Thane (Mumbaï) et Ankleshwar (Gujarat) font état de problèmes similaires et ils ont appelé la direction de BASF à respecter le code de conduite.

Les métallurgistes coréens revendiquent des réformes et le respect de leurs droits

Des dirigeants et des adhérents des sections locales se sont réunis à Séoul, pour tenir des manifestations préalables au rassemblement, devant la Banque coréenne de développement, la Banque d’import-export de Corée, le siège de Hyundai Kia Motor à Yangjae-dong, Séoul et le siège de KB AutoTech (Kabwool) à Séoul avant de s’amasser devant l’Assemblée nationale pour appeler le gouvernement Moon Jae-in à promulguer sous forme de loi ces trois projets de réforme.

Les manifestants se sont également rendus en cortège au siège du Parti Minjoo (Parti démocrate de Corée), du Parti de la liberté de Corée et du Parti du peuple pour y remettre des lettres appelant les partis à faire promulguer sous forme de loi ces projets de réforme.

Lors du discours d’ouverture de la manifestation, le Président du KMWU, Kim Sang gu a déclaré :

“Il y a eu une vague d’espoir de monde meilleur après l’élection du Président Moon Jae-in. Cependant, la vie des travailleurs et travailleuses n’a pas du tout changé. Le sit-in dans les airs des travailleurs précaires de la construction navale se poursuit et les travailleurs d’YPR (Yoosung Piston Rings) et KB Autotech (Kabwool) luttent encore et toujours contre des pratiques anti-syndicales,"

“Bien que le gouvernement a changé, nos luttes se poursuivent.”

Le leader syndical a fait référence à l’exploitation menée par de grands conglomérats familiaux, connus sous la dénomination de chaebols, des travailleurs et travailleuses des chaînes d’approvisionnement et des pratiques anti-syndicales de fournisseurs comme YPR (Yoosung) et KB Autotech (Kabwool) aux fins de récolter des bénéfices faciles. Kim Sang gu  a exigé que l’on se penche sur les racines de tous les problèmes actuels et de mettre un terme à la structure d’exploitation abusive des chaebols.

Le syndicaliste a souligné que le Président Moon, dirigeant du pays nouvellement élu, était confronté à d’innombrables domaines de réforme, mais que la première des priorités devait être la réforme des chaebols.

En avril, le KMWU a mené une mené une longue série de manifestations régionales pour souligner le besoin de réforme avec des rassemblements à Ulsan, Daegu, Busan, Cheongju, Incheon, Changwon et Cheonan.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a félicité dans un courrier le Président de Corée du Sud, Moon Jae-in pour son élection :

“Les syndicats coréens affiliés à IndustriALL ont appelé conjointement votre nouveau gouvernement à revenir sur les abus cumulés de l’ancien régime. Nous partageons de tout cœur l’avis de nos affiliés coréens que la réforme des chaebols et une interdiction des pratiques anti-syndicales qui ont été l’œuvre de ces conglomérats en collusion avec le gouvernement précédent sont un point central de cette réforme et IndustriALL ainsi que ses affiliés partout dans le monde ont affiché leur solidarité avec les syndicats coréens sur ces questions depuis des années.”

À l’occasion d’une mission de solidarité en Corée du Sud, la Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, Sharan Burrow, a rendu visite à Han Sang-gyun, président de la Confédération des syndicats coréens, qui est emprisonné pour trois ans sur la base d’accusations motivées par des considérations politiques.

Livrant un message d’espoir de la part de Han Sang-gyun, Sharan Burrow a déclaré : 

“À l’issue de la révolution des bougies, aussi bien le leader du syndicat que la présidente corrompue sont en prison, mais alors que l’une est aigrie, l’autre est rempli de l’espoir d’une nouvelle ère de droits, de salaires équitables, de réformes des entreprises et de travail décent pour le peuple coréen.”

Palestine et Israël: renforcement de la coopération et de la solidarité syndicales

La visite en Palestine a permis de couvrir de nombreux sujets avec la Fédération générale des syndicats de Palestine (PGFTU) et les affiliés à IndustriALL dans les secteurs des métaux, du génie mécanique, de la pétrochimie, du textile et de l’électricité.

Outre les réunions avec les affiliés, la mission comprenait des visites de points de contrôle, d’usines, d’un camp de réfugiés, une réunion avec le ministre du Travail ainsi que des observations du mur de séparation, de colonies et de zones industrielles situées près de Naplouse, Ramallah et Qalqilya. L’exposition industrielle à Naplouse a également été l’occasion de rencontrer des entrepreneurs palestiniens.

A une conférence de presse tenue dans cette dernière ville, le Secrétaire général de la PGFTU, Shaher Saeed, a indiqué:

Cette visite de solidarité internationale d’IndustriALL Global Union est importante pour nous.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

IndustriALL réaffirme, avec le mouvement syndical mondial, son engagement à œuvrer à une paix juste, durable et immédiate conforme aux Résolutions 242 et 338 des Nations Unies. L’aboutissement de la solution prévoyant deux Etats est indispensable à l’atteinte d’une paix à long terme.

Özkan a également mentionné la Déclaration du Congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI) de 2014, qui dénonce l’occupation de la Palestine et s’engage à se mobiliser pour parvenir à un accord de paix juste et durable entre les deux pays conformément au droit international.

La mission a observé de la frustration, de la déception et du désespoir face au report du processus de paix. La construction de nouvelles colonies accroît les tensions. Les activités économiques et les conditions de travail dans les colonies ont été identifiées comme étant des problèmes importants. De plus en plus, la communauté internationale soutient les actions empêchant l’expansion des colonies illégales et limitant l’accès aux aides financières lorsqu’elles sont utilisées pour leur développement.

La situation économique et sociale des travailleurs palestiniens est très dure en Cisjordanie et dans le territoire de Gaza. Mamoun A. Abushahla, ministre du Travail de Palestine, a notamment évoqué les difficultés des personnes vivant en Palestine et travaillant en Israël. Selon son rapport, 140 000 personnes travaillent derrière la Ligne verte, dont 50 000 sont titulaires d’un permis alors que le reste, représentant l’écrasante majorité, est employée illégalement et ne bénéficie pas d’une protection.

Une nouvelle législation syndicale est en cours d’élaboration avec le soutien de l’Organisation internationale du travail (OIT). IndustriALL Global Union a exprimé son appui à cette évolution importante fondée sur les revendications de la PGFTU.

A la fin de la mission, il a été convenu, avec les affiliés, qu’IndustriALL continuera à apporter son soutien en matière de renforcement des capacités et de croissance des syndicats, ainsi qu’à encourager une participation plus large dans les campagnes et les actions entreprises par IndustriALL. Les affiliés ont décidé de créer un conseil national des affiliés, sous l’égide de la PGFTU, qui portera une attention particulière sur les réseaux de femmes et de jeunes ainsi que sur la protection sociale.

En Israël, IndustriALL a rencontré la Fédération générale des travailleurs de la terre d’Israël (Histadrout), qui se préparait à élire une nouvelle présidence. Le président de la Histadrout est directement élu par les militants de base, et ces élections représentent les deuxièmes plus importantes élections dans le pays après les élections générales.

Fondée en 1920, avant la création de l’Etat d’Israël, la Histadrout soutient le processus de paix et promeut la coexistence dans la région. L’organisation apporte son soutien aux travailleurs de l’ensemble des communautés en Israël et lutte pour leurs droits. Elle croît que la solution des deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans des pays délimités par des frontières sûres et reconnues, est le seul moyen de mettre fin au conflit en cours.

En 1995, la Histadrout et la PGFTU ont signé un accord stipulant que la moitié de l’ensemble des cotisations des Palestiniens employés par des employeurs israéliens sont versées à la PGFTU. La Histadrout et la PGFTU coopèrent au niveau de la confédération et des syndicats. Il existe une coopération étendue, notamment dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.

Durant la visite, IndustriALL s’est entretenu avec ses affiliés israéliens: le syndicat des travailleurs de l’édition, des travailleurs de la communication, des artistes, des travailleurs de l’énergie & des guides touristiques, le syndicat des travailleurs du textile, et le syndicat national des travailleurs des secteurs des métaux, de l’électricité et de l’électronique. Au cours des dernières années, IndustriALL a soutenu plusieurs campagnes en Israël, telles que celles touchant aux affaires relatives aux compagnies de l’industrie du gaz naturel et aux entreprises chimiques israéliennes.

IndustriALL a également rencontré le syndicat des travailleurs des industries pharmaceutiques et alimentaires, et le syndicat des travailleurs de l’industrie chimique, représentant, entre autres, les travailleurs de Teva, le plus grand fabricant de médicaments génériques. Les affiliés à IndustriALL représentent les travailleurs de Teva dans de nombreux pays.

A la fin de la mission, il a été convenu avec les affiliés israéliens de travailler sur un certain nombre de sujets différents, en commençant par le travail précaire en tant que phénomène rampant en Israël comme dans le reste du monde.

C’était une mission chargée d’émotion, vibrante et constructive,

a indiqué Kemal Özkan.

IndustriALL Global Union continuera à collaborer avec la CSI et d’autres fédérations syndicales internationales sur les questions de politique générale. Cependant, nous allons intensifier notre coopération avec les affiliés en Palestine et en Israël, et encourager le dialogue et la coopération entre nos affiliés de la PGFTU et de la Histadrout.

Afrique du Sud : le NUMSA veut un traitement équitable pour les travailleurs de GM

Le constructeur a annoncé un plan de licenciement de 589 personnes sur les 1.500 qu'il emploie et qui sera lourd de conséquences.

Un salarié employé depuis plus de 25 ans à l'usine GM de Struandale, à Port Elizabeth, déclare qu'il aura du mal à subvenir à ses quatre enfants en âge d'école s'il perd son emploi.

"Cet employeur est brutal. Nous sommes dévastés. Notre moral est au plus bas. Il est difficile d'aller au travail alors que vous savez que vous serez bientôt sans emploi."

Le syndicat des travailleurs de la métallurgie est "dégoûté" par le traitement "retors et manipulateur" que le constructeur automobile américain fait subir à ses travailleurs. Il veut connaître "tous les détails" de l'accord passé avec le constructeur japonais Isuzu qui rachète l'usine de Port Elizabeth.

Pour le NUMSA, des milliers d'emplois sont menacés dans ce bain de sang social. Les pertes vont aussi se répercuter tout au long de la chaîne d'approvisionnement, notamment chez les fabricants de pneus et les équipementiers.

Les autres menaces pour l'emploi se situent chez les 132 concessionnaires de GM, dont 90 seulement seront repris par Isuzu.

Le syndicat souligne que GM n'agit pas "de bonne foi" puisqu'il n'a pas consulté le NUMSA ni le gouvernement sur sa décision de licencier, comme l'exige la loi.

Le NUMSA est en pourparlers avec GM pour obtenir de meilleures conditions pour les travailleurs qui seront licenciés. La Commission de conciliation, de médiation et d'arbitrage interviendra comme médiateur.

Le NUMSA, qui impute l'attitude de GM au combat que le grand capital mondial livre contre les travailleurs, a écrit à la direction pour proposer d'éventuelles solutions de rechange aux licenciements, comme par exemple une formation qualifiante ou l'affectation des travailleurs à d'autres fonctions.

Pour le NUMSA :

"C'est un plan qui a le soutien total de la nouvelle fédération – la Fédération sud-africaine des syndicats – et de notre syndicat mondial IndustriALL."

Fabian Nkomo, le Secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, a déclaré que le plan proposé devrait assurer une indemnisation équitable aux travailleurs concernés.

Pakistan : des accidents dans un charbonnage tuent sept mineurs

Les charbonnages pakistanais figurent parmi les lieux de travail les plus dangereux au monde et de fréquents accidents y font de nombreuses victimes. Quatre travailleurs ont été tués dans l'accident survenu le 24 mai à la mine n° 98 du gisement de Sor Range exploité par la société d'État Pakistan Mineral Development Corporation (PMDC).

Au moment de l'accident, une centaine de mineurs étaient au travail. Une partie de la mine s'est effondrée, emprisonnant quatre mineurs sous les décombres. Les victimes s'appellent Abdul Qayyum, Muhammad Irfan, Ali Rehman et Kashmir.

Le lendemain, trois travailleurs ont perdu la vie dans un autre accident survenu dans le bassin charbonnier de Lakhra, dans la province du Sind, exploité par la firme Al-Gharib and Company, un sous-traitant de PMDC. D'après la presse locale, les mineurs décédés sont Madad Ali Baloch, Wahid Baloch et Ali Sher Baloch, originaires de Khanote, dans le district de Jamshoro, et tous membres d'une même famille.

Il semble que la mine de Lakhra ait été fermée plusieurs mois et que des gaz toxiques s'y soient accumulés. Aucun contrôle de sécurité n'a été effectué avant d'autoriser l'accès à la mine. Inconscients du danger imminent, les travailleurs ont pénétré dans les galeries pour reprendre le travail et sont morts asphyxiés.

Glenn Mpufane, le Directeur d'IndustriALL en charge des mines, a déclaré :

"Nous déplorons de voir que des mineurs continuent de perdre la vie au travail au Pakistan. Nous condamnons fermement la négligence et l'inaction des autorités qui ne font rien pour améliorer la sécurité dans le secteur minier. Nous appelons le gouvernement pakistanais à ratifier immédiatement la convention 176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines et à faire appliquer son Recueil de directives pratiques sur la sécurité et la santé dans les mines de charbon souterraines."  

Le Secrétaire général de la Fédération centrale du travail des mines du Pakistan, Sultan Muhammad Khan, a déclaré pour sa part : "Des mesures répressives devraient être prises contre les fonctionnaires et les exploitants privés dont la négligence est à l'origine des accidents. Le gouvernement doit se réveiller et agir sur-le-champ pour améliorer la sécurité des travailleurs dans les mines du Pakistan."

Améliorer la sécurité au sein de l’industrie africaine du pétrole et du gaz

IndustriALL Global Union a été invitée en tant qu’observateur à cet atelier, qui a été organisé par l’Organisation internationale du Travail et comptait des délégations tripartites venues d’Angola, du Cameroun, de la Côte D’Ivoire, du Gabon, du Kenya, du Mozambique et du Nigeria.

Les participants ont fait le constat que le pétrole et le gaz, tout en étant des ressources essentielles, sont également une cause majeure de problèmes environnementaux, d’inégalités et de conflits.

Les travailleurs et travailleuses du secteur sont confrontés à de nombreux dangers et, par conséquent, les décès, les blessures et les maladies professionnelles s’y retrouvent en grand nombre, selon l’OIT.

Parmi les risques, on retrouve :

De nombreux travailleurs ne disposent pas des équipements de protection et autres pour accomplir leurs tâches dans un environnement de travail sûr. L’un des plus gros défis du secteur est le travail précaire, qui place souvent les travailleurs dans des emplois instables, sans possibilité de recours à la justice ou accès à la sécurité sociale.

Les participants ont fait remarquer qu’en raison de mauvaise gouvernance, de corruption, du manque d’équipement et de formation spécifique, ainsi que de ressources humaines et financières inadéquates, ils avaient besoin d’inspecteurs du travail indépendants et de davantage d’information sur les accidents et maladies professionnels.

Ils ont ajouté qu’il était fondamental de donner des moyens aux administrations nationales du travail et aux inspectorats pour assurer un respect complet des législations et réglementations ainsi que l’accès à des remédiations appropriées et efficaces ou encore des mécanismes d’enregistrement de plaintes.

Pour tenter de résoudre ces problèmes, les participants à l’atelier, avec la contribution d’IndustriALL, ont élaboré des recommandations clés en vue de promouvoir la santé et la sécurité dans le secteur, ainsi que des actions à mener par l’OIT et ses membres. On y relève des appels auprès des :

S’exprimant lors de l’atelier, la directrice du département de l’énergie d’IndustriALL, Diana Junquera Curiel, a indiqué :

Tous les travailleurs et travailleuses, partout dans le monde, méritent d’être en sécurité sur leur lieu de travail et de pouvoir rentrer chaque jour à la maison indemnes. La formation est critique pour éviter les accidents. La clé pour améliorer la santé et la sécurité professionnelles au sein de l’industrie du pétrole et du gaz est le partage des responsabilités entre gouvernements, employeurs et travailleurs.

IndustriALL soulève des questions relatives au travail à l’Assemblée générale annuelle des actionnaires de Glencore

« Nous avons fait part à l’Assemblée générale annuelle de l’ensemble de nos préoccupations vis-à-vis des problèmes en cours dans plusieurs sites d’activités de Glencore situés au Canada, au Pérou, en Australie, en Colombie et République démocratique du Congo. Nous avons appelé à la transparence et à un dialogue constructif avec l’ensemble des parties prenantes, notamment avec les syndicats, partout où la compagnie opère et à tous les niveaux », a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Plusieurs actionnaires et représentants de la société civile ont soulevé différents problèmes, notamment en matière de santé et de sécurité, durant l’assemblée, et fait clairement connaître leur volonté de voir Glencore prendre au sérieux ces préoccupations majeures.

Un actionnaire a insisté auprès du président pour connaître le degré de responsabilité assumé par Glencore pour ces décès, et la manière dont les actionnaires en sont informés. Il a également demandé à connaître le degré de responsabilité endossé par la compagnie en matière d’indemnisation des familles des travailleurs décédés.

« IndustriALL souhaite savoir si les stratégies pour réduire le nombre de décès et empêcher de nouvelles victimes prévoient des consultations et des négociations avec les syndicats » a indiqué Özkan.

« Il est inacceptable que seize travailleurs aient été tués en 2016 », a ajouté Glen Mpufane, directeur d’IndustriALL pour le secteur minier. « IndustriALL a insisté pour que les rapports sur les causes des décès, non encore communiqués, le soit officiellement ».

Bien qu’environ 86 travailleurs aient été atteints de maladies professionnelles, Glencore n’a fait aucun effort pour trouver une solution équitable et juste à leur égard.

IndustriALL s’est entretenu en privé avec le PDG de Glencore, Ivan Glasenberg, après l’Assemblée des actionnaires. Il a été clairement précisé que les syndicats voulaient établir un véritable dialogue constructif avec la direction de la compagnie. Les responsables de Glencore et d’IndustriALL devraient se réunir dans un avenir proche pour discuter des modalités de ce dialogue.

Une réunion parallèle a été également organisée entre les dirigeants de Glencore et la Section locale 6486 du syndicat des métallos sur la situation à la raffinerie CEZinc, implantée à Salaberry-de-Valleyfield, dans la province québécoise du Canada. 371 syndicalistes ont été poussés à faire grève suite à la demande de la compagnie pour que des concessions importantes soient accordées sur le plan des retraites bien que le financement de régime de pension de Glencore soit excédentaire.

Freeport licencie 2.000 travailleurs alors que la grève chez Grasberg entre dans son deuxième mois

Les mineurs ont entamé leur action de grève le 1er mai pour protester contre la politique de mises à pied pratiquée par l'entreprise. Le syndicat a annoncé le 24 mai sa prolongation pour un mois et la direction vient de résilier les contrats de 2.018 travailleurs permanents grévistes.

Après un long conflit avec le gouvernement indonésien sur une question de licences d'exportation, PT Freeport Indonesia, filiale de la firme américaine Freeport-McMoRan (FCX) basée à Phoenix, a mis à pied (en congé de longue durée) près de dix pour cent du personnel pour réduire ses coûts. Freeport emploie 12.000 travailleurs permanents et 20.000 sous-traitants. Le syndicat est convaincu que ces licenciements font partie de la stratégie de négociation de l'entreprise avec le gouvernement.

La direction a indiqué que les travailleurs mis à pied n'ont aucune chance de reprendre le travail. 1.100 ont accepté un programme de départ volontaire.

Le Syndicat des travailleurs de la chimie, de l'énergie et des mines (CEMWU SPSI PTFI), affilié à IndustriALL Global Union, a entamé une action de grève contre la décision d'imposer unilatéralement cette politique de mises à pied, qui viole la convention collective.

Freeport ne reconnaît pas la légalité de cette grève et a annoncé qu'elle considérerait les grévistes comme absents sans motif. Les travailleurs absents plus de cinq jours seront réputés avoir accepté une "démission volontaire". À ce jour, elle a envoyé 2.018 avis de "démission volontaire" avec versement, pour solde de tout compte, d'un mois de salaire à peine, sans tenir compte de l'ancienneté. Pour certains travailleurs, le solde est négatif parce qu'ils sont encore endettés vis-à-vis de l'entreprise.

Le fait de licencier des travailleurs parce qu'ils participent à une grève constitue une violation des conventions fondamentales du travail de l'OIT.

Les travailleurs licenciés sont 634 papouans et 1.384 non-papouans. La situation est volatile. Un activiste syndical parle d'une "tragédie humaine pour la ville de Timika, en Papouasie", "avec un risque imminent d'agitation civile suscitée par l'impact socio-économique".

Le statut de la Papouasie occidentale est contesté, notamment par un mouvement indépendantiste qui accuse l'Indonésie de piller ses ressources. Freeport paie l'armée indonésienne pour assurer la sécurité de la mine et des violences ont éclaté dans le passé.

IndustriALL craint que la volatilité de la situation entraîne un déferlement de violence qu'il sera difficile de contenir. Évoquant le massacre de mineurs grévistes survenu en Afrique du Sud en 2012, le Directeur du département des mines d'IndustriALL, Glen Mpufane, a déclaré :

"La situation est très tendue. Il faut intervenir d'urgence pour empêcher un nouveau Marikana."

IndustriALL a écrit au CEO de Freeport-McMoRan au début du mois de mai, mais la direction a balayé les arguments avancés. Le Secrétaire général Valter Sanches lui a écrit une nouvelle fois aujourd'hui en la mettant en garde contre la crise déclenchée par sa filiale :

"Je suis forcé de vous demander d'intervenir d'urgence auprès de PT Freeport Indonesia à Grasberg pour empêcher un désastre social dans la communauté qui serait la conséquence des licenciements de plus de 2.000 travailleurs, et éviter la violence qui pourrait éclater et serait la conséquence directe de l'indifférence et de l'intransigeance de votre filiale.

"PT Freeport Indonesia doit réintégrer sur-le-champ les 2.018 travailleurs permanents licenciés illégalement le 22 mai, en plus des 1.100 autres licenciés auparavant.

"PT Freeport Indonesia doit accéder aux revendications légitimes des travailleurs de Grasberg comme condition préalable à l'arrêt de la grève."

IndustriALL a également écrit au Président indonésien pour lui demander d'intervenir d'urgence et pour évoquer la possibilité de dénoncer ces violations des droits des travailleurs à la Conférence internationale du travail qui se tient cette année à Genève :

"Nous espérons qu'il ne sera pas nécessaire d'attirer l'attention des plus de 4.000 délégués qui assisteront à la Conférence internationale du travail, du 5 au 16 juin 2017 à Genève, sur les violations flagrantes des droits des travailleurs commises à Grasberg.

"En conséquence, nous vous exhortons, en votre qualité de Président de la République d'Indonésie, à intervenir immédiatement pour favoriser un règlement équitable, durable et pacifique de ce conflit lourd de conséquences…"

Le CEMWU s'est adressé aujourd'hui même à l'ambassade des États-Unis de Jakarta pour lui demander d'intervenir et d'inciter Freeport à accepter sa proposition de constituer un Groupe spécial d'arbitrage. Le CEMWU s'est également adressé au ministère du Travail.

Agissez

IndustriALL demande à ses affiliés, en particulier à ceux des secteurs de la mine et des métaux de base, d'envoyer une lettre de protestation au gouvernement indonésien. Veuillez envoyer la lettre de protestation en annexe en l'imprimant sur votre papier à en-tête, en ajoutant le nom de votre syndicat à la première ligne et en la signant. Envoyez-la aux adresses électroniques figurant au début du texte.