Les verriers turcs obtiennent d’importantes hausses salariales après avoir mené une action sans précédent

Près de six mille membres de l’affilié à IndustriALL Global Union, Kristal-İş, ont remporté une importante victoire après avoir occupé neuf fabriques de verre détenues par Şişecam à travers le pays.

Ne pouvant accepter l’offre salariale de l’employeur, le syndicat avait annoncé son intention de faire grève le 24 mai. Néanmoins, afin de soutenir l’employeur, cette grève avait été interdite par le gouvernement turc pour des raisons de sécurité nationale.

Aussi, les travailleurs ont décidé de rester dans leurs fabriques jusqu’à ce que leurs revendications aient été satisfaites. Ils ont maintenu leurs trois quarts et dressé des tentes sur le terrain des usines ou dormi à l’intérieur de la cantine à la fin du dernier quart. Ils étaient soutenus par leurs familles, qui leur apportaient de la nourriture, et qui ont aidé à rallier une grande partie de la communauté à leur cause. Ils ont également bénéficié du soutien de politiciens locaux, de chefs religieux et d’hommes d’affaires modestes.

Les affiliés à IndustriALL ont envoyé des messages de soutien et de solidarité aux travailleurs. IndustriALL a écrit à la compagnie pour exhorter ses dirigeants à s’abstenir de commettre des actes d’intimidation et de harcèlement, et à négocier avec les travailleurs.

Après treize jours d’action, la compagnie a accepté de rencontrer les représentants des travailleurs. Après trois sessions de négociation, une convention collective globale d’une durée de deux ans a été signée, le 8 juin, entre le syndicat et l’employeur.

La convention prévoit des primes de quart pour le travail de nuit, une allocation de congé et vestimentaire, une indemnité de déplacement ainsi qu’une augmentation salariale importante. Les travailleurs mal rémunérés ont obtenu la plus forte hausse; l’augmentation moyenne étant de 16,3 pour cent.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Je suis très impressionné par le courage et la détermination des verriers qui ont permis d’aboutir à cette victoire remarquable. Même dans des pays comme la Turquie où les droits d’organiser les travailleurs sont limités, nous pouvons gagner si nous sommes unis et opposons une forte résistance.

« Les fabriques de verre Şişecam font partie d’une multinationale très prospère ayant récemment augmenté ses bénéfices de 164 pour cent. Ils peuvent se permettre de payer un salaire décent ».

Dans une déclaration annonçant le résultat, le syndicat a expliqué:

« Face au blocage des négociations contractuelles, l’employeur devait faire face à la ferme volonté des verriers, et le contrat a été conclu.

« Nous remercions tous nos membres ».

Un des travailleurs de l’usine a indiqué:

« Nous avons attendu dans l’enceinte de la fabrique pendant trois jours, nous ne sommes pas rentrés chez nous, nous n’avons pas vu nos enfants. Notre patron a vu que nous étions unis et déterminés.

« Maintenant nous comprenons qu’aucune force ne peut nous résister si nous menons une lutte consciente et organisée. J’ai remporté ma victoire, mais si nous étions encore mieux organisés, nous obtiendrions plus de droits ».

Des syndicats du secteur de la confection d’Afrique du Sud s’entendent pour collaborer sur la question des chaînes d’approvisionnement

Les pays d’Afrique australe sont impliqués à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement, allant de la production de matières premières à la vente au détail, en passant par la confection de vêtements. Alors que, par exemple, le Malawi, le Mozambique, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe fournissent les fibres de coton, la majorité des pays disposent d’ateliers de confection ainsi que de réseaux de distribution et de vente au détail.

Reconnaissant l’importance des chaînes d’approvisionnement, le syndicat Amalgamated du Swaziland, le syndicat démocratique et indépendant du Lesotho, et le syndicat des travailleurs du secteur de l’habillement et du textile de l’Afrique australe (Sactwu), représentant à eux trois plus de 110 000 travailleurs, se sont mis d’accord pour se battre pour « un salaire égal pour un travail égal » au-delà des frontières nationales. Le partage des conventions collectives pourrait être l’une des modalités pour y parvenir. En outre, les programmes d’échange entre les syndicats permettent d’apprendre des expériences des uns et des autres.

Edcon, Foschini, Mr Price, Truworths et Woolworths figurent parmi les marques sud-africaines ayant fait l’objet d’un examen attentif. Celles-ci achètent des biens aux usines ayant délocalisé leur production d’Afrique du Sud au Lesotho et au Swaziland, où les salaires sont plus bas.

Les usines ne respectent pas non plus les droits de négociation et le droit à la liberté syndicale. L’application de la législation du travail est faible dans les deux pays. Les employeurs font craindre la fermeture des usines aux travailleurs revendiquant de meilleures conditions de travail. Néanmoins, en Afrique du Sud, Sactwu organise les travailleurs dans les usines, surveille les propriétaires d’usines irrespectueux de la législation du travail et intervient lorsque les droits des travailleurs sont menacés.

La réunion a adopté un plan fondé sur l’ACT, l’initiative lancée par IndustriALL auprès des marques mondiales afin d’obtenir des salaires décents dans les chaînes d’approvisionnement du secteur de la confection. Elle s’est également appuyée sur l’Accord du Bangladesh qui établit des normes de santé et de sécurité pour les travailleurs dans les usines.

Il est important que les syndicats renforcent leur pouvoir le long des chaînes d’approvisionnement en collaborant au sein de coalitions,

a déclaré Paule-France N’dessomin du Bureau régional pour l’Afrique subsaharienne d’IndustriALL.

La réunion a été soutenue par la Fondation allemande Friedrich et suivie par 21 responsables et délégués syndicaux, dont dix femmes.

Des mineurs au Kirghizstan exigent leurs arriérés de salaire

Ces travailleurs et travailleuses, qui sont membres de l’affilié d’IndustriALL Global Union, le Syndicat des mines et de la métallurgie du Kirghizstan (MMTUK), ont indiqué qu’ils maintiendraient leurs protestations pour une durée illimitée si la dette n’était pas soldée prochainement.

TK Geo Reserve transforme le minerai d’or de la mine de Kuran-Jailoo en concentré dans son usine du district de Kemin au Kirghizstan. L’entreprise appartient à Boratero Trading Limited, une entreprise enregistrée à Chypre et appartenant à l’oligarque russe Dmitri Bosov.

Début juin 2017, le MMTUK a tenu deux journées de réunion avec la direction de l’entreprise pour l’appeler à rembourser les arriérés de salaires allant de janvier à avril 2017, ce qui représente environ 150.000 dollars. Il a aussi été demandé à la direction de fournir des vêtements de travail et de conclure des contrats à durée indéterminée au lieu de ceux portant sur trois mois.

La direction avait promis à l’origine de résoudre la question des salaires impayés pour le 2 juin. Cette date limite a maintenant été repoussée au 14 juin. Le directeur général de l’entreprise a refusé de rencontrer les revendications des travailleurs en invoquant le manque de fonds levés par la vente de concentré et la difficulté d’obtenir des permis.

Cependant, selon le président du MMTUK, Eldar Tadjibayev, l’entreprise a récemment signé un important contrat pour la vente de concentré, suffisant pour verser les salaires :

“TK Geo Reserve a vendu 300 tonnes de concentré et prépare actuellement des demandes de permis pour 1.000 tonnes de plus. Nous avons parlé à la direction, ainsi qu’au propriétaire, et suggéré qu’ils demandent un prêt interne, l’entreprise faisant partie d’une importante société russe diversifiée. L’entreprise pourrait ainsi rembourser son prêt à l’issue de la vente du concentré. Nous travaillons sur cette proposition.”

Le non-paiement de salaires est une violation patente de l’article 157 du Code du Travail de la  République Kirghize et de la loi qui “assure le paiement dans les délais convenus des salaires, pensions, allocations et autres prestations sociales” adoptée le 26 juin 1996.

Le département juridique du MMTUK a appelé l’entreprise à cesser ses violations de la législation du travail du Kirghizstan qui pourraient être l’objet de mises en accusation disciplinaires et criminelles. Si la dette n’est pas apurée dans un avenir proche, plus de 100 travailleurs vont tenir un rassemblement à durée illimitée devant les bureaux de l’entreprise à Bichkek.

IndustriALL lance une campagne devant la montée de la crise à la mine de Grasberg

En décidant unilatéralement de mettre à pied et de licencier les grévistes, PT Freeport a enfreint la législation indonésienne du travail et sa propre convention collective. Jusqu’ici, plus de 3 000 travailleurs employés à la mine de Grasberg ont été renvoyés. Plusieurs centaines d’autres ont été congédiés de chez PT Smelting, une co-entreprise détenue par Freeport et Mitsubishi, et spécialisée dans la transformation du cuivre provenant de la mine de Grasberg.

IndustriALL a lancé une campagne conjointe avec LabourStart exhortant le gouvernement indonésien à veiller à ce que Freeport respecte le droit. Le message prie le gouvernement d’intervenir à la mine de Grasberg et à PT Smelting pour annuler les licenciements injustes.

Le gouvernement doit s’assurer que Freeport et Mitsubishi respectent les droits des travailleurs et que, d’une part, Freeport revienne à la table des négociations avec le syndicat des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des mines (CEMWU) à la mine de Grasberg, et, d’autre part, que Freeport et Mitsubishi s’assoient à nouveau à la table des négociations avec la Fédération des syndicats indonésiens de métallurgistes (FSPMI) à PT Smelting. Les droits fondamentaux des travailleurs ne peuvent pas être violés. Le gouvernement doit intervenir avant que ces différends dégénèrent en troubles civils ou en violence.

Signez la campagne LabourStart

IndustriALL se réunira avec les représentants du gouvernement indonésien demain, à Genève, pour souligner l’urgence de la résolution de la crise et œuvrer à sa résolution.

Dans une démonstration sur la question des licenciements ainsi que dans un élan de défiance, des milliers de grévistes, mis à pied et licenciés, ont manifesté pacifiquement hier devant le siège des autorités locales de Mimika Regency, dans le centre administratif de Timika, en Papouasie.

La crise de l’industrie de la construction navale au Brésil fait 50.000 sans emploi

L’âge d’or de l’industrie de la construction navale du Brésil semble un lointain souvenir. Les jours se sont enfuis où les carnets de commande étaient remplis après la découverte des champs pétroliers Pre-Sal de la compagnie pétrolière Petrobras et que le secteur employait 82.000 salariés.

La situation d’aujourd’hui est très différente : 50.000 travailleurs et travailleuses ont perdu leur emploi. Douze des quarante chantiers navals du pays sont à l’arrêt et les autres fonctionnent en-deçà de leur capacité. C’est la conséquence directe de la tourmente des scandales de corruption qui a balayé le pays et Petrobras.

Le secteur a cherché à se diversifier dans de nouvelles activités et à créer des centres industriels et logistiques. Certains travailleurs et travailleuses envisagent la possibilité de s’enrôler auprès du Programme de développement des sous-marins de la marine brésilienne (PROSUB). Bien que celui-ci a débuté avec un modeste groupe de 32 ingénieurs de marine et membres du personnel technique, il s’est déjà développé pour comprendre plus de 300 travailleurs et ce chiffre devrait croître de manière significative.

Entretemps, les travailleurs et travailleuses prennent des mesures pour défendre leur industrie et leurs droits. La Fédération des travailleurs du pétrole (FUP-CUT) et la confédération à laquelle elle est affiliée, la CNQ-CUT (elle-même affiliée à IndustriALL Global Union), ont organisé d’importantes manifestations et la campagne “Petrobras est à nous” contre la privatisation de l’entreprise. Cette campagne a organisé un grand rassemblement de protestation ce 8 juin.

Depuis avril, la CNM/CUT (affiliée à IndustriALL) pousse à la création d’un Front parlementaire de défense de l’industrie de la construction navale, qui soutiendrait les revendications du secteur, ferait pression auprès du gouvernement pour prendre des mesures pour revitaliser cette industrie et se battrait pour maintenir et protéger les emplois, les investissements et la politique de contenu local.

La CNTM/FS (affiliée à IndustriALL) a également exprimé sa préoccupation face aux pertes d’emploi dans le secteur. La confédération s’oppose à la commande de plateformes en dehors du pays, soutient l’investissement dans l’ingénierie nationale et la politique de contenu local ; elle appelle aussi à l’adoption de mesures pour garantir la croissance du secteur et la création de davantage d’emplois.

Les membres de la CNM/CUT et de la CNTM/FS ont tenu une journée de lutte nationale des métallurgistes en novembre 2016 pour montrer qu’ils sont tous du même bord et vont travailler ensemble pour davantage d’emplois, défendre l’industrie nationale et protéger les droits des travailleurs.

En 2016 et 2017, les travailleurs et travailleuses de tous les secteurs affiliés aux grandes centrales syndicales du Brésil ont organisé des marches pour la défense de leurs droits, pour davantage d’emploi et contre les réformes du gouvernement de Michel Temer. Les centrales syndicales se sont rencontrées à São Paulo le 5 juin pour s’accorder sur un calendrier des actions entre maintenant et la prochaine grève générale.

Petrobras est responsable de 90% de la production pétrolière au Brésil et est l’un des piliers de l’industrie navale et de l’économie brésilienne. Les chantiers navals se sont développés en réponse à d’ambitieux plans d’expansion qui se sont effondrés en 2014 lorsque l’entreprise est devenue le centre d’un scandale de corruption.

Bangladesh: IndustriALL demande la réintégration des travailleurs de Chevron licenciés

Chevron, qui est l’une des plus grandes sociétés pétrolières au monde et le plus grand investisseur direct étranger au Bangladesh, a licencié 148 travailleurs au cours des deux dernières années.

Ces licenciements sont intervenus alors que les travailleurs revendiquaient un emploi permanent et le droit de former un syndicat après plus de dix ans durant lesquels la compagnie les a maintenus en tant que travailleurs précaires.

Contestant ces licenciements abusifs, plus d’une centaine de travailleurs ont déposé plainte devant le tribunal des prud’hommes afin d’être réintégrés.

Les travailleurs sont profondément préoccupés par la vente imminente des actifs de Chevron à Himalaya Energy. Chevron a également menacé de congédier son personnel actuel qui demande à la compagnie de répondre aux préoccupations des employés avant de procéder à la transaction. Sans réponse de sa part, la sortie de Chevron aura un impact majeur sur leur vie et celle des membres de leurs familles.

Dans le but de défendre les intérêts des travailleurs, IndustriALL Global Union a demandé à la société publique du pétrole, du gaz et des minéraux du Bangladesh (Petrobangla) de faire usage de son droit de préemption sur la vente de Chevron au Bangladesh à Himalaya Energy jusqu’à ce que Chevron règle toutes les questions en suspens, à savoir le règlement des affaires portées devant le tribunal, la réintégration de tous les travailleurs licenciés, le paiement des indemnités de retard et la garantie de la sécurité de l’emploi, durant trois ans au moins, au sein de la nouvelle compagnie.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré:

« Il est indispensable que Petrobangla intervienne pour veiller à ce que Chevron au Bangladesh agisse en totale conformité avec la législation nationale du travail et les normes fondamentales du travail reconnues au niveau international. A cet égard, Chevron au Bangladesh devrait pleinement informer et consulter les travailleurs ainsi qu’engager des négociations collectives avec le syndicat qui les représente afin d’assurer une transition équitable ».

La lettre exhorte Petrobangla à appuyer à la sauvegarde des droits fondamentaux des travailleurs à Chevron au Bangladesh quelle que soit la propriété future de la compagnie.  

IndustriALL se dit préoccupé par le retrait américain de l’Accord de Paris sur les changements climatiques

Cette décision a des conséquences mondiales et va à l’encontre des intérêts des travailleurs, de leurs familles et de leurs enfants, ainsi que des communautés qui en dépendent.

En freinant les progrès visant à répondre aux changements climatiques, les dirigeants américains ont mis en danger tout l’avenir de l’humanité.

Se retirer de l’Accord de Paris ne ramènera pas les emplois dans les mines de charbon.

Grâce à l’évolution technologique, il ne faut plus autant de travailleurs pour produire une tonne de charbon en 2017 qu’il en fallait dans les années 1950. La réduction des dépenses énergétiques s’est déplacée. Il est d’ores et déjà moins cher dans de nombreux cas de produire de l’électricité à partir de l’énergie éolienne ou solaire. La majorité des investisseurs ne sont pas intéressés à risquer leur argent dans une « industrie en déclin » et préfèreraient plutôt investir dans des projets d’énergie renouvelable ayant un avenir plus sûr.

Les Etats-Unis ne seront plus liés par les attentes de l’Accord de Paris voulant que les gouvernements créent une Transition juste pour les travailleurs touchés dans les communautés minières de charbon. Cette situation affaiblira la capacité des syndicats à négocier de bons accords pour ces travailleurs lorsque ceux-ci seront confrontés aux transformations industrielles inévitables.

Les Etats-Unis cèdent du terrain en matière d’hégémonie dans les technologies du futur aux pays réellement prêts à investir dans la recherche et le développement, comme dans la région asiatique, notamment la Chine. La Chine possède déjà des technologies clés en matière d’énergie renouvelable.

La science est claire et irréfutable à propos des changements climatiques. Les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ont probablement sous-estimé le problème. Une action urgente est nécessaire.

La signature de l’Accord de Paris a été l’aboutissement de plus de 20 ans de négociations difficiles. Il s’agit d’un document imparfait qui représente néanmoins un grand pas en avant. Bon nombre des compromis qu’il renferme ont été insérés par les Etats-Unis, avec l’acceptation réticente des autres pays afin de maintenir les Etats-Unis dans l’Accord.  

D’autres pays ont déjà indiqué qu’ils allaient écarter l’administration Trump des prises de décision et travailler conjointement ainsi qu’avec les entreprises américaines et les politiciens locaux pour mettre en œuvre l’accord.

Le Président américain Trump n’a apparemment pas tenu compte du fait que les autres pays pourraient imposer des droits de douane compensatoires sur les biens américains subventionnés injustement par des coûts carbone moins élevés. Trump n’a pas non plus pris en considération la taille et l’importance de l’économie verte pour les Etats-Unis, ou le fait que les entreprises, les politiciens au niveau des états et des villes, à travers le pays, se sont engagés à respecter les engagements pris en matière de changements climatiques.

A la réunion du Comité exécutif, tenue à Frankfurt en mai 2016, IndustriALL Global Union a adopté un document d’orientation ambitieux, dans lequel l’organisation et ses affiliés s’engagent à travailler à la réalisation d’une Transition juste. IndustriALL Global Union s’est engagé à mener la lutte syndicale pour un avenir juste et durable. Concrètement, cet engagement signifie de soutenir l’abandon des combustibles fossiles à travers des programmes garantissant le maintien des emplois, des compétences et des communautés, et n’obligeant pas les travailleurs à payer le prix.

« IndustriALL Global Union et ses affiliés continueront de demander aux entreprises, aux autorités locales et aux gouvernements nationaux de mettre en œuvre des politiques industrielles durables et des programmes de Transition juste », a indiqué Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

« La vaste coalition d’intérêts qui reconnaît que les changements climatiques menacent notre existence sur cette planète collaboreront malgré la décision prise par les dirigeants américains ».

« Il n’y a pas d’emplois sur une planète morte ».

Le parlement irakien exhorté à rejeter une loi sur les syndicats illégitime

Les syndicats d’Irak ont fait 28 remarques de nature juridique sur la Proposition de loi sur les fédérations professionnelles et les syndicats, qui a été rédigée par le Ministère du Travail et des Affaires sociales sans consultation avec les syndicats.

Cependant, toutes ces remarques ont été ignorées et le projet de loi a été ratifié par le Conseil des Ministres et soumis au Conseil des Représentants (parlement).

Parmi ces 28 remarques, les syndicats indiquent que le projet de loi néglige de donner une description adéquate d’un syndicat. Le projet ne fournit pas non plus de protection juridique pour l’exercice du travail syndical des organisations ou des adhérents individuels, ni ne mentionne d’interdiction de discrimination à l’encontre des adhérents syndicaux.

Hassan Juma, Président de l’affilié d’IndustriALL, la Fédération irakienne des syndicats du pétrole, déclare :

L’absence de considération du Ministère pour la position du mouvement syndical et son insistance à soumettre un tel projet, qui contrevient aux lois irakiennes et aux conventions internationales, est motivée par certaines forces politiques qui ne veulent pas de l’indépendance des organisations syndicales et ne croient pas au pluralisme syndical, en particulier dans le secteur public. Nous rejetons avec force toute ingérence dans les affaires syndicales et toute restriction aux libertés syndicales.

En lieu et place de cela, IndustriALL et ses affiliés irakiens appellent le parlement à considérer un projet intitulé Libertés syndicales, qui avait été soumis plus tôt par les syndicats irakiens auprès du Ministère du Travail et des Affaires sociales.

Dans un courrier aux membres du parlement irakien, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, écrit :

“IndustriALL Global Union appelle le parlement d’Irak à rejeter la Proposition de loi sur les fédérations professionnelles et les syndicats et à plutôt adopter le projet soutenu par les syndicats, dont les 28 remarques soumises en décembre 2016. De plus, nous saisissons cette opportunité pour inviter le parlement d’Irak à accélérer le processus de ratification de la Convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical.

“Nous exhortons avec force le parlement à aller de l’avant sur base des propositions émanant des syndicats afin d’assurer que tout nouveau cadre légal octroie aux travailleurs et travailleuses leurs droits légitimes et fondamentaux en vertu de la loi nationale et internationale.”

IndustriALL compte neuf syndicats affiliés en Irak et Hashmeya Alsaadawe, Présidente du Syndicat général des Ouvriers et Techniciens de l’Électricité, est membre du Comité exécutif d’IndustriALL.

Les travailleurs du verre turcs ripostent à l'interdiction de faire grève en ne quittant pas leurs usines

Cette action singulière fait suite à l'interdiction d'une action de grève légitime par le gouvernement turc dans le cadre d'un conflit sur les salaires et d'autres conditions de travail. Şişecam a vu ses bénéfices progresser de 164 pour cent, mais elle n'a fait aucune proposition salariale sérieuse.

Lorsque notre affilié Kristal-İş a annoncé son intention d'appeler à la grève le 24 mai, le gouvernement a publié un décret interdisant la grève pour cause de sécurité nationale. Le syndicat est convaincu que cette interdiction a été demandée par l'entreprise qui refuse de négocier sérieusement.

Les travailleurs de neuf usines de Şişecam sont représentés par Kristal-İş et, dans chacune, les affiliés du syndicat n'ont pas quitté les lieux à la fin de leur travail.

En faisant de la sorte, les travailleurs ne contreviennent pas à la loi. En pratiquant une grève du zèle, en ralentissant la production par moments et en ne quittant pas leur lieu de travail, ils envoient un message fort de résistance à leur employeur et au gouvernement, et peuvent compter sur un soutien populaire.

Le travail à l'usine est organisé en trois équipes. À la fin de chaque pause, plutôt que de rentrer chez eux, les travailleurs tiennent des réunions et des manifestations avant de dormir sur place. Ils campent sous tente autour des bâtiments ou sur des lits dans la cantine. Ils ont le soutien total de leurs familles et de la communauté. Des propriétaires de petites entreprises des environs ont manifesté leur soutien, et des mosquées leur ont apporté des vivres. Des partis politiques d'opposition et des politiciens locaux soutiennent aussi cette occupation.

Des travailleurs d'autres entreprises ont mené des actions de solidarité, de même que d'autres affiliés d'IndustriALL, parce la répression qui ne cesse de se durcir contre les syndicats affecte tous les travailleurs en Turquie.

Le Président général de Kristal-İş, Bilal Cetintas, a déclaré :

"Parce que nous n'avons fait que demander un salaire qui nous permette de vivre, ce géant mondial veut nous punir et nous priver de notre contribution à l'entreprise que nous avons créée et qui exporte dans des centaines de pays.

"Nous n'avons pas cédé, nous avons fait grève, et ils savent que nous avons raison. Ils se sont adressés au gouvernement derrière notre dos pour nous déposséder de nos droits par des procédés antidémocratiques."

Les Secrétaires généraux d'IndustriALL Global Union et d'IndustriALL Europe, Valter Sanches et Luc Triangle, ont écrit au gouvernement turc pour condamner cette interdiction de faire grève, ainsi qu'à Şişecam pour l'appeler à négocier avec le syndicat.

Ils ont écrit :

"Nous demandons à Şişecam de satisfaire les revendications légitimes des travailleurs, de s'abstenir de toute manœuvre d'intimidation, de harcèlement ou de représailles et, plutôt que de prendre le décret d'interdiction du gouvernement comme excuse, de négocier de bonne foi avec Kristal-İş."

La Şişecam a été fondée en 1935, lorsque Kemal Atatürk a proposé de créer une industrie du verre en Turquie. Elle est devenue un des plus grands producteurs de verre d'Europe.

"Au fil des ans, les travailleurs du verre ont mis en place une tradition de militantisme syndical puissant en Turquie. Ces actions remarquables ont marqué la Turquie d'aujourd'hui de leur empreinte en unissant les travailleurs et leurs communautés,"

a déclaré le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, Kemal Özkan.

"IndustriALL clame sa détermination au monde entier pour lui dire que les travailleurs du verre turcs ne sont pas seuls.

"Ils doivent continuer à résister."

Agissez

Prenez une photo de vous tenant un message de solidarité et partagez-la avec les travailleurs en grève sur Twitter @cam_iscileri_ ou sur Facebook Cam İşçisinin Grevi Engellenemez, en utilisant le hashtag #direnşişecamiscisi.

Freeport Indonesia poursuit ses exactions dans une fonderie

Plus de 300 travailleurs de PT Smelting, qu'exploitent ensemble ses propriétaires Mitsubishi Materials et l'entreprise PT Freeport Indonesia de Freeport-McMoRan, ont été licenciés après avoir participé à une action de grève le 19 janvier 2017.

En 2016, PT Freeport Indonesia a fourni près de 90 % des besoins de PT Smelting en concentré de cuivre.

Comme c'était le cas pour les 2.000 travailleurs renvoyés à la gigantesque mine de cuivre et d'or de Grasberg, en Papouasie occidentale, PT Smelting prétend que 309 travailleurs ont démissionné volontairement en participant à la grève. Aucun n'a reçu son salaire depuis. L'entreprise a aussi refusé les prestations et droits dus à la famille d'un des grévistes décédé entretemps.

Le conflit a éclaté lorsque PT Smelting a enfreint la convention collective en matière de salaires sans avoir consulté les syndicats. Notre affilié, la Fédération des syndicats indonésiens de travailleurs de la métallurgie (FSPMI), est un des syndicats indépendants représentant les travailleurs de cette usine.

PT Smelting n'a pas suivi la procédure de médiation requise au niveau local et a porté le litige relatif aux licenciements devant le tribunal du travail de Gresik. Les 309 travailleurs, parmi lesquels des membres et des dirigeants du syndicat, ont été convoqués à une audience qui a débuté le 31 mai.

PT Smelting a également rejeté une offre de médiation de la Commission nationale des droits de l'homme d'Indonésie.

Les syndicats ont demandé au Président-directeur japonais de PT Smelting, Hiroshi Kondo, d'entamer un dialogue afin de sortir de ce conflit. Ils veulent que l'entreprise réintègre les 309 travailleurs qui ont été licenciés illégalement et se conforme à la convention collective et à l'accord commun sur le travail. Ils réclament aussi que PT Smelting verse les prestations dues à l'épouse et aux enfants du travail décédé, Agus Setiawan.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

Nous exhortons PT Smelting à abandonner immédiatement la procédure en justice entamée contre plus de 300 travailleurs et à les réintégrer. Le gouvernement indonésien doit lui aussi intervenir pour éviter que le conflit s'envenime et revenir sur la résiliation cynique des contrats des travailleurs, qui est une violation flagrante des normes internationales du travail, notamment du droit de grève.

Les faits :