Les communicants syndicaux se retrouvent à Budapest

Cette réunion s'est tenue les 19 et 20 juin, en présence de 54 participants des quatre coins de l'Europe, et notamment du Kosovo, de Turquie, de Russie, de Bulgarie, de Finlande, de France, de Belgique et d'Allemagne. Dans une tentative innovante pour atteindre une audience aussi large que possible, cette manifestation a été diffusée en direct sur Facebook où elle a été suivie par des milliers de personnes.

La réunion a été ouverte par Valter Sanches, Luc Triangle et Tamás Székely, les Secrétaires généraux des organisations hôtes. Le premier a évoqué l'éternelle rengaine des messages antisyndicaux diffusés sur les médias traditionnels de tout le continent ainsi que l'urgente nécessité pour les syndicats de faire preuve d'innovation pour faire passer leur message auprès du grand public.

"Nous vivons une époque compliquée, et nous assistons à la montée du nationalisme populiste. Huit hommes blancs sont aussi riches que la moitié du monde. Le propriétaire d'Inditex, une firme avec laquelle nous négocions, est un de ces huit.

"Cela ne va pas du tout.

"Nous pouvons compter sur les doigts de la main les pays où les syndicats sont les bienvenus. Les médias sont contrôlés par les entreprises et nous entendons bien des contre-vérités sur les méfaits des syndicats. C'est pourquoi nous avons besoin de nos propres médias."

Séance inaugurale

Après que les participants se soient présentés et aient expliqué ce qu'ils attendaient de la réunion, le militant irlandais Eugene Flynn a présenté une session intitulée "Donner le point de vue des syndicats  – comment pénétrer les médias traditionnels ?" Il faut comprendre la manière dont les médias rendent compte pour pouvoir infiltrer nos arguments.

Flinn explique:

"On convainc les gens en agissant sur leurs émotions. Ils recherchent alors des faits pour étayer leurs convictions. Si le but de notre communication est de les faire adhérer à notre point de vue, il faut s'en souvenir et faire appel à l'aspect universel et humain de la narration."

Présentation des participants

Eugene Flynn

Consultante en médias et ancienne présidente du Syndicat national des journalistes, Scarlett MccGwire a parlé des récentes élections législatives au Royaume-Uni et de la campagne de Jeremy Corbyn qui a bien saisi l'état d'esprit général et a su présenter avec clarté une nouvelle politique, progressiste.

Scarlett MccGwire

Observations finales

Le second jour, le responsable de la communication de la Confédération européenne des syndicats, Daniele Melli, a parlé de la campagne pour une hausse des salaires des travailleurs en Europe.

Les participants ont exprimé leur soutien à cette campagne.

"Les miettes ne servent à rien," a-t-il déclaré.

"Mais une hausse des salaires fera remonter le niveau général. Des rémunérations et des conditions de travail décentes sont une excellente formule pour bloquer la montée du populisme réactionnaire et nationaliste."

Daniele Melli

Scarlett MccGwire a ensuite parlé de l'adaptation à un avenir numérique et les participants ont discuté de ce qui fonctionne le mieux dans leurs syndicats.

Qu'est-ce qui fonctionne bien pour votre syndicat ?   

Ce fut ensuite un exposé sur l'action menée par les syndicats IndustriALL Global et IndustriALL Europe et sur les résultats obtenus par les campagnes communes.

IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe : qui sommes-nous et comment travaillons-nous ensemble ?

La journée s'est achevée par un exposé sur la force d'un réseau  et un exercice pratique dans lequel les affiliés ont discuté des façons les plus efficaces d'échanger des informations et de mettre en place une structure qui leur permettra de réagir rapidement aux appels à la solidarité, tout en collaborant dans des campagnes.

La force d'un réseau

Grasberg : 4.220 travailleurs licenciés au moment où la grève se prolonge pour un troisième mois

Le conflit qui dure avec PT Freeport Indonesia a maintenant débouché sur le renvoi de 4.220 travailleurs et travailleuses pour fait de grève. Leur mise à pied est intervenue lorsque l’entreprise a estimé que leur participation à la grève équivalait à une “démission volontaire”.

L’affilié d’IndustriALL Global Union présent dans cette mine, le CEMWU SPSI PTFI, Syndicat de la Chimie, de l’Énergie et des Mines a annoncé une deuxième extension de la grève jusqu’au 30 juillet. Les travailleurs et travailleuses ont maintenu leur participation à ce mouvement en dépit de tentatives de la part de l’entreprise de les diviser.

Le syndicat a travaillé d’arrache-pied à la mise en place d’un soutien pour la grève et il a convoqué pour le 10 juillet une conférence de presse avec toutes les confédérations syndicales indonésiennes, ce qui confirme le soutien du mouvement ouvrier du pays aux grévistes.

Le syndicat a obtenu le soutien du gouvernement régional au sein de la Chambre des Représentants de Papouasie. Le Gouverneur de Papouasie a publiquement appelé Freeport à réintégrer les grévistes. Le gouvernement local a essayé de résoudre la question en convoquant des réunions de conciliation. Freeport a négligé de répondre à deux demandes de rencontre et ne s’est pas présenté à une réunion tenue le mardi 20 juin. Une troisième invitation va être lancée.

IndustriALL prévoit une mission de haut niveau en Indonésie début août, qui sera accompagnée d’une délégation de solidarité d’affiliés des secteurs des mines et des métaux de base. La délégation s’efforcera de rencontrer les représentants du gouvernement, le gouvernement régional, l’entreprise, les syndicats et les groupements des communautés locales afin de trouver une issue à ce conflit ravageur.

La mission se penchera également sur le conflit connexe chez PT Smelting, en partie propriété de Freeport, qui mène des activités en aval et où plus de 300 travailleurs et travailleuses ont été mis à pied.

IndustriALL poursuit une campagne avec LabourStart, qui appelle le gouvernement indonésien à prendre une position ferme contre le licenciement des travailleurs par Freeport pour avoir mené une action de grève légitime. L’Indonésie a ratifié les conventions fondamentales de l’OIT et les actions de Freeport sont en contravention avec les normes du travail indonésiennes.

IndustriALL a rencontré des représentants du gouvernement indonésien pendant la Conférence internationale du Travail à Genève, en juin. S’exprimant lors de la CIT, le Secrétaire général adjoint Kemal Özkan a déclaré :

“Nous en appelons au gouvernement d’Indonésie pour qu’il intervienne au sein de la mine de Grasberg pour prévenir une catastrophe sociale au sein des communautés locales, qui serait la conséquence du licenciement illégal de ces plus de quatre mille travailleurs et travailleuses.

“Le gouvernement d’Indonésie doit intervenir pour défendre les droits fondamentaux des travailleurs et pour prévenir toute violence qui pourrait surgir en réaction à la posture inhumaine et intransigeante prise par PT Freeport Indonesia.”

IndustriALL est convaincue que l’entreprise utilise ce conflit comme tactique de négociation avec le gouvernement qui a exigé une participation de 51% dans les activités. L’entreprise essaie également de briser le syndicat et de précariser la main d’œuvre. On s’attend à ce que Freeport, lorsque la production augmentera, tente de remplacer la main d’œuvre mise à pied par des sous-traitants.

Les syndicats de l'industrie aérospatiale confrontés à des campagnes antisyndicales

Des syndicats de l'industrie aérospatiale d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Asie ont discuté de stratégies nouvelles et innovantes afin d'organiser les travailleurs non syndiqués du monde entier, de Caroline du Sud à Shanghai, en passant par le Maroc et par Mobile, en Alabama.

65 participants ont discuté de la négociation de conventions collectives devant améliorer les salaires, les prestations et apporter la sécurité de l'emploi et de la retraite à des millions de travailleurs du secteur dans le monde entier.

Le co-Président du secteur et Président international de l'IAM, Bob Martinez, a déclaré :

"Nous avons l'occasion de poursuivre les efforts entrepris pour apporter justice et dignité à tous les travailleurs de l'industrie aérospatiale du monde grâce à la force des syndicats. Ce sera l'occasion de bâtir un mouvement mondial des travailleurs de l'aérospatial capable de tenir front aux grandes firmes du secteur."

Pendant la conférence, les participants ont discuté de la montée de l'extrémisme antisyndical et anti-ouvrier qui veut réduire à néant le droit fondamental de l'homme d'adhérer à un véritable syndicat qui n'est pas sous la mainmise du gouvernement ou de l'entreprise. Il a aussi été question de l'externalisation continue des opérations de travailleurs syndiqués à l'intérieur comme à l'extérieur des pays producteurs, souvent pour du personnel non syndiqué de pays comme la Chine qui ne reconnaissent pas ou n'appliquent pas les droits fondamentaux de l'homme, comme le droit de constituer un syndicat et de négocier collectivement. Les débats ont aussi porté sur la concurrence déloyale de pays comme la Chine qui ne respectent pas les règles du commerce international et exigent des transferts de technologie et de production en contrepartie de ventes d'avions, au détriment d'échanges commerciaux équitables et de conditions égales pour tous.

Les participants se sont intéressés de près aux campagnes antisyndicales orchestrées par les deux plus grandes firmes de l'industrie aérospatiale civile, Boeing et Airbus. S'inspirant des entreprises connues pour être les plus antisyndicales au monde, la direction de Boeing a dépensé des millions de dollars pour empêcher son personnel de Caroline du Sud d'adhérer à l'IAM. Pour ne pas être en reste, la direction d'Airbus organise une campagne antisyndicale en Alabama, violant tout simplement l'accord-cadre mondial qu'elle a signé avec IndustriALL.

Au vu de la situation actuelle en Alabama, les participants ont appelé IndustriALL à revoir son accord avec Airbus. Les participants ont aussi demandé à IndustriALL de coordonner les campagnes de recrutement chez Airbus et Boeing.

Les participants ont exhorté tous les affiliés à redoubler d'efforts pour :

Les délégués ont remercié le directeur sortant du Secteur Aérospatial, Brian Kohler, pour le travail effectué et se sont engagés à coopérer étroitement avec son successeur.

IndustriALL fête ses 5 ans d’existence

Le 20 juin 2012, trois fédérations ont fusionné pour former IndustriALL Global Union, unissant 50 millions de travailleurs et de travailleuses dans 140 pays. IndustriALL a plus de 600 affiliés dans les secteurs tels que l’industrie minière, des métaux, énergétique, chimique, textile et manufacturière.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Au cours des cinq dernières années, IndustriALL a très souvent démontré que nous sommes plus forts ensemble. Nous avons réussi à faire en sorte que les compagnies multinationales soient comptables de leurs actes et que les gouvernements écoutent, nous avons lutté pour les droits des travailleurs et des travailleuses, et gagné. IndustriALL est la preuve que la solidarité internationale fonctionne! »

Suite à l’effondrement désastreux du bâtiment du Rana Plaza abritant plusieurs entreprises, qui s’est produit au Bangladesh, en 2013, et au cours duquel plus de mille travailleurs et travailleuses du secteur de la confection ont été tués, IndustriALL a joué un rôle moteur dans la signature par plus de 200 marques mondiales de l’Accord du Bangladesh juridiquement contraignant sur la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments. Depuis lors, l’Accord a inspecté plus de 1 600 usines et amélioré la sécurité de deux millions de travailleurs et de travailleuses. IndustriALL, en collaboration avec ses partenaires et le syndicat mondial Uni Global, est également parvenu à obtenir 30 millions de dollars américains de compensation pour les victimes.

Le travail d’IndustriALL au cours des cinq dernières années a été et continue d’être guidé par ses cinq objectifs stratégiques, à savoir constituer des syndicats puissants, relever le défi des capitaux mondiaux, mettre fin au travail précaire, promouvoir une politique industrielle durable et défendre les droits des travailleurs et des travailleuses. 

Défendre les droits des travailleurs et des travailleuses

Le monde entier fait face à une guerre d’usure sur les droits des travailleurs et des travailleuses. Le soutien des affiliés à IndustriALL envers leurs collègues syndicalistes vivant sous la contrainte montre que la solidarité internationale fonctionne. Les campagnes d’IndustriALL ont contribué à libérer les syndicats emprisonnés au Cambodge et au Bangladesh, à défendre les droits des travailleurs et des travailleuses au Yémen et en Espagne, et ont concouru à la chute de la Présidente autoritaire coréenne. La campagne d’IndustriALL contre les contrats de protection au Mexique a mené à la reconnaissance du problème et conduit l’OIT à faire des recommandations au gouvernement mexicain afin qu’il se mette en conformité avec la Convention 87 de l’OIT sur la Liberté syndicale. Cette pression a abouti à des réformes concernant la législation sur le travail de 2016, qui permettraient l’abolition des contrats de protection qui privent tant de travailleurs et travailleuses mexicains du droit de s’organiser syndicalement et de négocier collectivement.

Se doter de syndicats puissants

Accroître l’adhésion syndicale est au centre de la mission d’IndustriALL. Les projets d’IndustriALL en matière de renforcement des syndicats ont conduit à l’adhésion de milliers de nouveaux membres dans les pays comme l’Inde, l’Indonésie et la Zambie. L’augmentation de la participation des femmes et des jeunes est essentielle à la construction de la puissance syndicale. Depuis le deuxième Congrès d’IndustriALL, qui a eu lieu à Rio de Janeiro, en octobre 2016, IndustriALL a établi un objectif de 40 pour cent de femmes occupant des postes de responsable et exerçant des activités dirigeantes. Les efforts déployés pour accroître la participation des femmes à IndustriALL ont, à leur tour, influencé les structures syndicales nationales. Ainsi, l’affilié à IndustriALL, la Fédération syndicale indonésienne des métallurgistes (FSPMI), a fixé un quota d’occupation de 40 pour cent des postes par des femmes au sein de ses propres structures. 

Relever le défi des capitaux mondiaux

Les campagnes d’IndustriALL visant les entreprises, telles que celles ciblant Rio Tinto et LafargeHolcim, ont permis aux travailleurs et aux travailleuses d’obtenir des avantages significatifs. IndustriALL lutte contre les capitaux mondiaux si nécessaire mais a également conscience de l’importance du dialogue social pour atteindre ses objectifs. Les accords-cadres mondiaux, concernant près de 50 compagnies multinationales, contribuent à garantir la défense et la protection des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses, et des droits syndicaux. Ceux signés avec le géant de l’automobile français PSA et la marque de vêtements H&M veillent à ce que les droits des travailleurs et des travailleuses s’appliquent aux travailleurs et travailleuses directs et indirects employés par les fournisseurs tout au long des chaînes d’approvisionnement mondiales des deux compagnies. De même, grâce au partage de l’information et aux actions menées en commun, les réseaux syndicaux d’IndustriALL au sein des entreprises multinationales contribuent à renforcer la position des syndicats et des travailleurs et des travailleuses.

Mettre fin au travail précaire

IndustriALL a toujours fait campagne contre le travail précaire à travers des projets ciblés et aidé les syndicats à organiser des dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses précaires. La participation des affiliés à IndustriALL à la Journée mondiale pour un travail décent, organisée le 7 octobre pour protester contre le travail précaire, s’accroît d’année en année.

Promouvoir une politique industrielle durable

Face à la transformation numérique de l’industrie, parfois appelée Quatrième révolution industrielle, IndustriALL a intensifié sa campagne pour des emplois sûrs et durables ouverts à tous les travailleurs et travailleuses touchés par l’automatisation et la numérisation. Afin de relever les défis de la lutte contre le changement climatique et de l’atteinte des objectifs en matière d’émissions mondiales, IndustriALL réclame une Transition juste pour qu’aucun travailleur ou travailleuse ne soit laissé pour compte durant la période où nous passons à une énergie plus propre.

IndustriALL est une organisation militante. La campagne pour un salaire décent englobe l’accord ACT novateur signé avec des marques de vêtements majeures visant à accroître les salaires par la négociation collective sectorielle.

« IndustriALL s’est doté d’assises solides permettant d’aller de l’avant. Les défis auxquels nous faisons face sont considérables mais nous sommes préparés à les relever. Nous remercions nos affiliés pour l’immense soutien qu’ils nous ont apporté au cours des cinq dernières années et nous comptons sur eux dans l’avenir », a indiqué Sanches.

AKG Thermotechnik vire des leaders syndicaux en Turquie

Les travailleurs et travailleuses ont répondu au licenciement des leaders syndicaux en restant dans l’usine. La direction a alors appelé la police qui a évincé les travailleurs. Au total, 25 travailleurs et travailleuses ont maintenant été licenciés. Un piquet reste assuré en-dehors de l’usine.

L’affilié d’IndustriALL Global Union, Birleşik Metal-İş, a organisé syndicalement l’usine d’Izmir en février 2017. Le syndicat s’est formé pour contester les difficiles conditions de travail et les bas salaires.

Comme requis par la législation du travail turque, le syndicat a reçu de la part du Ministère du Travail un certificat de majorité. Celui-ci atteste qu’il représente la majorité des 120 salariés de l’usine et que l’entreprise devrait entreprendre des négociations.

Cependant, l’entreprise a contesté ce certificat en justice et le procès est en cours. Au lieu de négocier avec le syndicat, ce 25 mai, l’entreprise a commencé à licencier des leaders syndicaux.

À l’origine, six travailleurs ont été licencié, suivis par deux autres. L’entreprise a mis la pression sur les travailleurs pour qu’ils démissionnent du syndicat en menaçant leurs emplois s’ils ne le faisaient pas.

Les leaders renvoyés ont entamé la tenue d’un piquet devant leur usine. Ce piquet a pris de l’ampleur, des travailleurs et travailleuses appelant à la réintégration de leurs collègues et tenant des réunions syndicales lors des pauses repas et café. Un groupe de 17 personnes est resté dans l’usine et a arrêté la production.

La direction a fait appel à la police anti-émeute, qui les a évincé par la force de l’usine. Ils ont alors été licenciés. Les 15 et 16 juin, qui marquent l’anniversaire d’un important soulèvement de travailleurs en 1970, Birleşik Metal-İş tiendra des manifestations et des rassemblements devant l’usine, pour appeler à la réintégration des travailleurs et inviter l’entreprise à reconnaître le syndicat et à négocier avec lui.

IndustriALL Global Union et industriAll Europe ont écrit à AKG pour exiger que l’entreprise négocie avec le syndicat et réintègre les travailleurs licenciés. AKG est très dépendant de deux grands clients, Claas Group et Liebherr International. IndustriALL a également écrit à ces deux entreprises pour les appeler à mettre la pression sur AKG.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Il est devenu courant pour les employeurs en Turquie de se servir de l’État pour briser les syndicats. AKG est une entreprise allemande qui a l’habitude de fonctionner dans un environnement où les droits des travailleurs sont respectés.

“Il est dès lors répréhensible qu’elle vire des leaders syndicaux et appelle la police contre sa propre main d’œuvre au lieu de négocier. Nous appelons l’entreprise à changer de comportement. IndustriALL restera aux côtés de Birleşik Metal-İş jusqu’à ce que nous obtenions justice.”

Un employeur du secteur de la confection engage des poursuites pénales contre les travailleurs

Suite aux événements qui ont eu lieu fin mai, lors desquels des travailleurs ont été menacés et agressés physiquement pour avoir voulu former un syndicat au sein de l’usine Orchim détenue par le groupe Azim, la direction de la compagnie a déposé plainte contre les 61 travailleurs et responsables syndicaux impliqués. Alors que 38 d’entre eux ont été libérés sous caution, 22 sont toujours emprisonnés.

Selon les informations disponibles, environ 200 travailleurs sont constamment menacés par des truands locaux et cessent de rentrer chez eux ou d’aller travailler par crainte pour leur sécurité.

Pour pouvoir retourner à leur travail, les travailleurs ont été contraints par la direction de signer un document dans lequel ils déclarent ne pas vouloir de syndicat pour les représenter sur leur lieu de travail.

Le gouvernement du Bangladesh, de même que tout employeur responsable, doivent comprendre les conséquences des actions d’employeurs sans scrupule, comme le groupe Azim, sur la réputation de l’industrie au niveau international,

a déclaré la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Jenny Holdcroft.

Ils doivent intervenir pour faire cesser la violence, l’emprisonnement des travailleurs ainsi que culture de la répression syndicale.

Ce n’est pas la première fois que le groupe Azim prive du droit à la liberté syndicale des travailleurs, des faits similaires s’étant produits à l’usine Global Garment/Trousers en 2014.

IndustriALL exhorte le gouvernement ukrainien à faire respecter les règles de santé et de sécurité dans les mines

Le 12 juin, une explosion de méthane a eu lieu dans la mine Novodonetskaya située dans la région de Donetsk. Au moment de l’accident, 122 mineurs se trouvaient à l’intérieur de la mine, dont 29 dans la zone touchée.
 
Le président du syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine, Mychailo Volynets, a déclaré:

« C’est une triste matinée pour notre famille de mineurs. Quatre ont été brûlés et grièvement blessés. Parmi eux, trois ont le corps brûlé de 50 à 60 pour cent, et le quatrième, à 15 pour cent. Tous sont actuellement hospitalisés au centre pour les brûlés de Kramatorsk. Les docteurs sont optimistes sur leur état de santé ».

Une commission spéciale, composée de représentants des syndicats, de l’administration de la mine, de l’inspection du travail de l’Etat et de la Caisse d’assurances sociales, a été créée pour enquêter sur cet accident.
 

Auparavant, le 9 juin, un mineur est mort électrocuté à la mine Velikomostovskaya dans la région de Lviv; et le 6 juin, un autre est décédé suite à un éboulement à la mine Oktyabrskaya à Kryvyi Rih.
 
Tous ces accidents confirment une fois encore la situation quasiment d’urgence en matière de santé et de sécurité dans la majorité des entreprises. Ils revêtent une importance particulière parce qu’ils sont survenus lors de l’examen par la Commission de l’OIT de l’application des normes du respect par l’Ukraine des conventions n° 81 sur l’inspection du travail et n° 129 sur l’inspection du travail dans l’agriculture de cette organisation.

Lors de son intervention à l’audition publique de la Commission de l’OIT de l’application des normes, Suzanna Miller, d’IndustriALL, a déclaré:

« Dans la majorité des entreprises, les mineurs travaillent avec du matériel désuet, sans bénéficier des équipements de protection individuelle nécessaires, ce qui donne lieu à des explosions dans les mines, à la mort de travailleurs ou à de graves blessures. Pendant combien de temps encore les travailleurs vont-ils devoir supporter cela? »

Le 12 juin, la Commission de l’OIT de l’application des normes a exhorté le gouvernement ukrainien à ne pas imposer de restrictions en matière d’inspection du travail, et de former et d’améliorer les compétences des inspecteurs du travail.
 
Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a indiqué:

« Ces accidents miniers sont surtout des crimes contre les mineurs. IndustriALL Global Union soutient les revendications de nos affiliés ukrainiens sur la base du rapport soumis à la Commission de l’application des normes à l’OIT. Il est vital de veiller à ce que le gouvernement ukrainien approuve et finance, en 2017 et les années suivantes, un programme public approprié sur l’élaboration de mesures sanitaires et sécuritaires, y compris la mise en place d’organes solides composés de personnel hautement qualifié ».

Algérie : la répression à l’égard des syndicats libres portée devant l’OIT

Alors que la situation économique en Algérie se dégrade en raison de la chute du cours mondial du pétrole, le gouvernement a recours à des tactiques de plus en plus agressives pour se maintenir au pouvoir, selon Rachid Malaoui, Président de la CGATA (Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie). “Nous sommes dans une situation de crise qui pourrait exploser à tout moment,” a indiqué Malaoui lors d’une conférence de presse à Genève ce mardi 13 juin.

Au cours de la CIT de cette année, l’Algérie a été soumise à l’examen de la Commission de l’application des normes (CAN) pour avoir enfreint la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale.

Au cours de ce qui a été décrit comme une “année sombre” pour les syndicats, les autorités algériennes ont déclaré des grèves illégales, empêché des sections syndicales de se réunir, mis à pied des leaders syndicaux et harcelé physiquement des adhérents syndicaux.

L’affilié d’IndustriALL, le SNATEGS, représente 35.000 travailleurs et travailleuses de Sonelgaz, la compagnie de gaz et d’électricité qui appartient à l’État. Sonelgaz emploie 86.000 personnes et est la deuxième plus grande entreprise du pays. Le Président du SNATEGS, Raouf Mellal, conteste une sentence de six mois de prison reçue pour avoir été le lanceur d’alerte de la corruption chez Sonelgaz qui a permis de gonfler de manière illicite les factures d’électricité de plus de huit millions de particuliers en Algérie pendant plus de dix ans.

Mellal n’a plus qu’une seule possibilité d’appel de sa sentence d’emprisonnement et est confronté à 26 autres chefs d’accusation face aux tribunaux. Il a été forcé de changer d’adresse en raison du harcèlement de la part des autorités et ses parents ont dû faire de même.

“En tant que président de notre syndicat, je souffre. Je suis soumis à une répression totale. Ma carrière est détruite. J’ai perdu mon emploi voici trois ans,” a dit Mellal lors de la conférence de presse à Genève. “Maintenant, le gouvernement m’a même retiré le droit de travailler en tant qu’avocat. Pourquoi ? Parce que je suis le président d’un syndicat indépendant.”

Depuis mars 2017, le SNATEGS a mené une série de grèves bien suivies qui revendiquaient de meilleurs salaires et des améliorations en termes de santé et sécurité, sachant que les décès au sein de l’entreprise sont fréquents. À leur suite, 92 membres du SNATEGS ont été licenciés, 12 sont sous le coup d’accusations criminelles et plus de 800 travailleurs et travailleuses sont accusés au civil pour faits de grève. De plus, le gouvernement a annulé l’enregistrement du SNATEGS le 16 mai, en violation non seulement de la loi algérienne, mais aussi des Conventions de l’OIT.

“Maintenant, c’est une question de dignité. Nous ne nous sentons plus humains. Nous ne sommes plus des travailleurs et des travailleuses. Si vous voulez conserver votre dignité, vous devez être prêts à en payer le prix. Nous sommes déterminés à faire tout ce qu’il faudra pour récupérer notre dignité,” a indiqué Mellal, qui, à 37 ans, est l’un des plus jeunes leaders syndicaux du monde arabe.

“Sonelgaz est l’unique fournisseur de gaz et d’électricité en Algérie. C’est un secteur vital. Les travailleurs de Sonelgaz ont beaucoup de pouvoir, s’ils le veulent. En dépit de cela, le salaire de base d’un travailleur est de 200 euros par mois. Par contraste, le salaire de base au Maroc est de 600 euros, alors que l’Algérie exporte de l’électricité vers le Maroc et qu’elle est le principal fournisseur d’énergie en Afrique du Nord.

“De plus, il n’existe même pas de seuils minimums de sûreté sur le lieu de travail. Nous évoluons sans protection et nous risquons la mort. Dans la journée d’avant-hier encore, un travailleur est décédé sur une ligne à haute tension. Sonelgaz a déclaré que c’était de la faute du travailleur lui-même, mais ce n’est pas vrai. Sonelgaz ne met pas en place les mesures de sûreté voulues. L’entreprise est responsable de la mort de ses travailleurs. C’est pourquoi ceux-ci sont déterminés, en dépit de la répression, en dépit des poursuites judiciaires, en dépit des licenciements, à tenir un grand rassemblement en juillet que nous appelons la marche de la honte.”

IndustriALL s’est positionnée contre les maltraitances à l’égard du SNATEGS et de ses membres lorsque l’Algérie a été le sujet de débat de la CIT, ce 12 juin. S’exprimant par la suite, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“IndustriALL Global Union va se tenir aux côtés de ses camarades du SNATEGS jusqu’à ce que la justice triomphe. Leur combat est le nôtre. Nous exhortons les autorités en Algérie à immédiatement abandonner les charges contre Raouf Mellal, ainsi que contre les centaines d’adhérents syndicaux dont le seul crime a été d’exercer leur droit légitime à faire grève. Nous exigeons également que le gouvernement rétablisse l’enregistrement du SNATEGS et s’assure de la réintégration des travailleurs et travailleuses mis à pied.”

Dans son projet de conclusions publié le 15 juin, la Commission de l’application des normes a prié le Gouvernement de l’Algérie de prendre, sans délais, les mesures suivantes :

La CAN a ajouté que le gouvernement devrait accepter une mission de contacts directs avant la prochaine Conférence internationale du Travail et faire rapport à la commission sur les progrès accomplis avant sa session de novembre 2017.

Renault placé sur liste noire par une banque d’investissement suédoise

En février 2016, la direction de l’usine Renault Oyak à Bursa, en Turquie, a annulé un scrutin planifié sur la représentation des travailleurs à la veille de sa tenue, sous prétexte de pressions de la part du Ministère turc du Travail et de la Sécurité sociale, qui avait qualifié ce scrutin d’illégal. De plus, le grand constructeur automobile avait immédiatement mis à pied dix travailleurs, dont deux porte-paroles.

La direction de l’usine d’Oyak a ensuite licencié davantage de travailleurs : 76 personnes ont perdu leur emploi et environ 600 ont été priées de s’en aller dans les jours qui ont suivi moyennant un plan de départ avec indemnités. La direction de l’usine a fait intervenir la police contre des manifestants pacifiques et a intimidé des travailleurs à leur domicile alors qu’ils allaient prendre ou venaient de terminer leur poste de travail.

IndustriALL a fermement condamné les actions de la direction de l’usine et l’absence patente de mesures prises par Renault aux fins de remédier à la situation en Turquie, ce qui est une violation flagrante des engagements pris en vertu de l’accord-cadre mondial avec IndustriALL Global Union, qui renforcent ceux de l’entreprise vis-à-vis des normes de l’OIT, notamment s’agissant de la liberté syndicale et de la neutralité par rapport au fait syndical.

Renault est responsable de toutes ses unités de production de par le monde et de l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement. Le fait que Renault soit maintenant placé sur liste noire par une grande banque d’investissement démontre qu’il n’y a nulle part où se cacher quand on viole les droits des travailleurs,

indique Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

IndustriALL Global Union continue à exiger que Renault remplisse ses engagements tels qu’établis par l’ACM.

Des travailleurs arrêtés après un mouvement de protestation chez SiderPerú Gerdau

La police a arrêté aux petites heures du 7 juin cinq travailleurs qui participaient à une action de mobilisation au sein de SiderPerú, qui fait partie de Gerdau depuis 2006. Deux d’entre eux ont été libérés immédiatement alors que les trois autres ont été retenus jusqu’à la soirée.

La manifestation a débuté dans le centre-ville de Chimbote pour atteindre son point culminant devant les bureaux du Ministère régional du Travail, où les participants ont demandé que SiderPerú Gerdau négocie en toute bonne foi.

Le Syndicat des salariés de SiderPerú (qui appartient à la Fédération des Mines, elle-même affiliée à IndustriALL Global Union au Pérou) a également dénoncé la politique anti-ouvrière de Gerdau :

“En 2016 et 2017, la politique anti-ouvrière de l’entreprise Gerdau s’est intensifiée à l’égard de ceux qui défendent leurs droits, principalement des syndiqués et leurs leaders”

a indiqué le syndicat dans une déclaration publique ; il a ensuite rapporté qu’il y avait déjà eu 180 licenciements.

Le Comité mondial des travailleurs de Gerdau a tenu une réunion en mai à Belo Horizonte, au Brésil, où il a approuvé un plan d’action et visité, pour la première fois en quatre ans, une des usines de Gerdau à Ouro Branco.

Le Comité a interprété la visite et la réunion qui a suivi avec les autorités de l’entreprise comme un signe positif, signifiant que des progrès étaient accomplis dans le sens de sa revendication à être reconnu par Gerdau et à travailler ensemble pour aborder les préoccupations des travailleurs et travailleuses.

“IndustriALL et le Comité mondial des travailleurs de Gerdau insistent à nouveau sur le besoin pour l'entreprise d’enfin reconnaître le Comité et de rechercher ensemble des solutions aux conflits, comme celui au sein de SiderPerú.”