Les dirigeants du G20 ne peuvent plus ignorer les inégalités

“Le niveau extrêmement élevé de sécurité entourant cette réunion du G20 démontre que les gouvernements sont en train d’échouer et que les gens sont en colère,” a confié le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches. “Les disparités de richesse et d’opportunités ont continué de croître à la faveur d’un modèle économique dont le ressort est cassé. Les dirigeants du G20 ne peuvent plus continuer à ignorer les appels à une société plus égalitaire.”

S’exprimant lors du sommet de la solidarité, une rencontre internationale alternative organisée à Hambourg les 5 et 6 juillet, Valter Sanches a affirmé qu’il n’est pas acceptable que huit hommes blancs détiennent autant de richesse que la moitié de la population mondiale. Il a également évoqué des pays du G20 comme la Turquie, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, l’Argentine et les États-Unis où les tentatives pour organiser les travailleurs en syndicats se heurtent à une opposition farouche.

IndustriALL s’active à influencer l’ordre du jour du G20. En mai de cette année, IndustriALL s’est jointe à d’autres fédérations syndicales internationales lors du sommet syndical L20 pour revendiquer un modèle de mondialisation plus inclusif, durable et responsable.

Dans une déclaration remise à la Chancelière allemande et présidente du G20 Angela Merkel, les leaders du L20 ont indiqué :

“Ni la stratégie des “retombées automatiques” ni les politiques d’austérité budgétaire ne fonctionnent. Alors que ceux qui constituent 1 ou 10% des revenus les plus élevés captent une part disproportionnée des bénéfices de la mondialisation et des progrès technologiques aux dépens des 90 autres pourcents, les politiques monétaires soit sont inefficaces à relancer l’économie, soit font courir le risque de créer une dette financée par des envolées des valeurs des actifs qui sont au bout du compte suivies par un crack.”

ACT, une initiative d’IndustriALL avec des enseignes de stature mondiale dont le but est d’atteindre des salaires vitaux au sein des chaînes d’approvisionnement de la confection, a été présentée comme modèle lors de la réunion des Ministres de l’Emploi et du Travail du G20, tenue également en mai de cette année en Allemagne. Cela a abouti à l’inclusion d’ACT dans le paragraphe 26 de la Déclaration ministérielle de la réunion Vers un avenir inclusif: façonner le monde du travail.

“Nous présentons nos revendications aux nations du G20 et nous voulons qu’elles respectent les Conventions de l’OIT et les Principes directeurs de l’OCDE, non seulement dans leurs propres frontières mais aussi dans les pays où sont basées les chaînes d’approvisionnement mondiales. C’est un domaine au sein duquel existe un déficit de gouvernance et où les travailleurs et travailleuses sont particulièrement exploités dans le cadre de la production de biens pour les nations plus riches,” a déclaré Valter Sanches.

Alors qu’il y a de nombreuses bonnes intentions à l’issue d’un sommet du G20, celles-ci se concrétisent rarement en changement. L’objectif du G20 de Brisbane de faire augmenter le PIB de 2% pour 2018 paraît hors de portée.

“IndustriALL va continuer à influencer l’ordre du jour international pour assister ses affiliés dans le processus de négociation. Nous avons récemment mis sur pied un groupe de travail sur le commerce et le développement et nous tiendrons une conférence sur Industrie 4.0 et la politique industrielle durable dans le courant de cette année,” a indiqué Valter Sanches.

Bosnie-Herzégovine : un syndicat se bat pour sauver 1.000 emplois

Ce syndicat, le Samostalni sindikat hemije i nemetala u Federaciji Bosne i Hercegovine, ou syndicat indépendant des travailleurs de la chimie et des non-métaux de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, est affilié à IndustriALL Global Union.

L'usine, en activité depuis 1945, est située dans la ville de Lukavac, à 145 kilomètres de Sarajevo, dans le canton de Tuzla. Depuis longtemps, ses 1.000 salariés ne perçoivent pas leurs salaires à temps. 

La direction a signé une convention collective avec la direction et, pendant quelques mois, on a pu croire que le problème était réglé. Mais récemment, elle a recommencé à différer le versement des salaires. Après plusieurs tentatives de négociation infructueuses, le syndicat a déclenché une grève le 5 juin.

Le syndicat affirme que l'entreprise est mal gérée, avec un manque d'investissement et une direction qui épuise ses actifs pour se payer de gros salaires. Il demande que les salaires des membres de la direction soient liés au salaire moyen payé par l'entreprise et que la structure de l'actionnariat soit tirée au clair.

GIKIL est une coentreprise entre Global Steel Holdings et KHK, un conglomérat spécialisé dans le coke et les produits chimiques dont le propriétaire est le gouvernement de Bosnie-Herzégovine. Global Steel Holdings est une entreprise indienne ayant son siège dans le paradis fiscal de l'Île de Man et qui a acquis une participation majoritaire lorsque l'entreprise a été partiellement privatisée en 2003. Son propriétaire est Pramod Mittal, le frère du patron d'ArcelorMittal, Lakshmi Mittal.

GIKIL est fortement endettée, mais les syndicats pensent que cette situation a été créée artificiellement, les actifs étant dissimulés dans des structures opaques. L'usine produit du coke métallurgique ainsi que du goudron brut, du sulfate d'ammonium, du benzène brut, de l'anhydride maléique et des engrais minéraux.

Le syndicat a organisé une manifestation le 7 juin devant le siège du gouvernement du canton de Tuzla. Il a aussi tenu dans les locaux de l'entreprise une assemblée générale à laquelle assistaient le Premier ministre du canton de Tuzla, Bego Gutić, et le ministre en charge du secteur, Srđan Mićanović.

Le 22 juin, sous la pression du syndicat, l'Assemblée du canton de Tuzla a tenu une réunion consacrée à la question et a discuté des revendications des syndicats :

L'Assemblée a adopté une résolution appuyant les revendications des travailleurs, mais la question n'a toujours pas été réglée.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a écrit au Premier ministre du canton de Tuzla en ces termes :

"Nous condamnons fermement les mauvais traitements infligés aux 1.000 travailleurs de l'entreprise, qui n'ont laissé aux travailleurs d'autre possibilité que de faire grève et manifester. Le non-paiement des salaires est une violation inacceptable des droits internationaux des travailleurs ainsi que de la législation nationale de Bosnie-Herzégovine."

Deux mille travailleurs et travailleuses serbes de FIAT partent en grève

La grève a débuté le mardi 27 juin après deux journées d’action de protestation menées en guise d’avertissement. Deux mille travailleurs et travailleuses cols bleus, représentant 90% des salariés, sont partis en grève pour revendiquer une hausse de salaire modérée, le paiement des heures supplémentaires, un arrêt des licenciements, une réorganisation pour diminuer les charges de travail et une indemnité de déplacement pour les équipes qui débutent ou terminent lorsqu’il n’y a pas de transports en commun.

La problématique centrale concerne l’intensification du travail ainsi et les faibles salaires. L’été dernier, une équipe entière a été licenciée, mais le volume de travail est resté le même.

Les travailleurs et travailleuses sont partis en grève après que la direction a refusé de négocier. IndustriALL compte deux affiliés présents dans l’usine, le Syndicat des métallurgistes autonomes de Serbie (SSMS) et le Syndicat de l’industrie, de l’énergie et des mines, GS IER Nezavisnost. Les deux syndicats sont impliqués dans les actions qui sont coordonnées par le biais d’un comité de grève conjoint.

La grève est vue comme un test hautement significatif de la faculté des travailleurs et travailleuses serbes à résister à l’intensification du travail et à obtenir un salaire vital décent. De nombreux constructeurs automobiles européens ont déplacé de la production vers l’Europe de l’Est, où les salaires sont bas. Les ouvriers et ouvrières de production de FCA Srbija gagnent environ 400 Euros par mois. Récemment, les travailleurs slovaques de VW ont obtenu une hausse de salaire significative après avoir mené une grève.

Cette usine est celle qui rapporte le plus à la Serbie en termes d’exportations. Elle produit des Fiat Punto et 500L. L’usine a un objectif de production de 440 voitures par jour, ce qui signifie que la grève a déjà coûté à l’entreprise plusieurs milliers de véhicules.

Les secrétaires généraux d’IndustriALL Global et IndustriAll Europe, Valter Sanches et Luc Triangle, ont écrit aujourd’hui à la direction de FCA, avec copie aux dirigeants des syndicats de la métallurgie italiens. Ils déclarent :

“IndustriAll European Trade Union et IndustriALL Global Union soutiennent pleinement la ferme décision des travailleurs et travailleuses de partir en grève. En prenant toute la mesure de cette situation critique, il est impératif que le Groupe FCA intervienne immédiatement pour mettre fin au conflit.

“Dès lors, nous vous invitons à donner pour instruction aux représentants de votre filiale d’agir en pleine collaboration avec nos membres, le SSMS et le GS IER “Nezavisnost”, et d’entamer sans délai des négociations avec le comité de grève en vue de trouver une solution qui soit au bénéfice de tous.

“Les syndicats membres d’IndustriAll sont déterminés à combattre le travail précaire et ont fait campagne pour davantage d’emplois de meilleure qualité partout en Europe. Nous sommes donc pleinement solidaires de nos membres et des travailleurs et travailleuses de FCA Srbija dont les efforts visent à obtenir des salaires et des conditions de travail décents.”

Les travailleurs de FIAT ont reçu des messages de solidarité de ceux de Volvo en Suède ainsi que de travailleurs de la région. Les dirigeants des syndicats italiens de FIAT ont proposé leur soutien, indiquant que les travailleurs et travailleuses serbes avaient raison de combattre les faibles salaires et les cadences de travail intenses. Les syndicats italiens prévoient une visite de solidarité en Serbie pour y afficher leur soutien en personne.

Les revendications du comité de grève sont les suivantes ;

  1. Augmentation du salaire minimum horaire de 2 à 2,40 Euros (290 dinars) ;
  2. Amélioration de l’organisation de la production et remplacement des travailleurs et travailleuses absents pour congé de maternité ou paternité ou pour des maladies de longue durée ;
  3. Accorder des primes liées à la fois à l’atteinte des objectifs d’efficacité et l’obtention des statuts bronze et silver de World Class Manufacturing ;
  4. Appliquer la convention collective de travail par rapport à l’indemnité de transport lorsqu’à la fois les prestations se situent en dehors des horaires de travail conventionnels et qu’aucun transport public n’est disponible (la nuit, entre 22h00 et 5h00).

Guatemala : le Conseil mondial des travailleurs soutient la lutte chez Ternium

Ils venaient de terminer la réunion annuelle du Conseil mondial des travailleurs de Tenaris – Ternium, qui s'est tenue du 3 au 5 juillet. Ce Conseil regroupe les syndicats de Ternium, qui exploite des aciéries en Amérique latine et aux États-Unis, et du fabricant de tubes en acier Tenaris. Les deux firmes, dont les ventes représentaient 15 milliards $ en 2016, appartiennent à Techint, dont le siège est à Luxembourg.

Le Conseil a décidé de cette manifestation après que la direction de Ternium ait laissé sans réponse ses demandes répétées pour une réunion. Au lieu de représentants de la direction, c'est une vingtaine de gardes en armes, de policiers et de militaires qui ont accueilli le Conseil aux grilles de l'usine. Les membres du Conseil ont ensuite été rejoints, au changement d'équipes, par des dizaines de travailleurs de Ternium et par des sympathisants d'autres syndicats guatémaltèques.

Pendant la réunion, les participants venus de huit pays ont une fois encore appelé Tenaris et Ternium à reconnaître officiellement le Conseil et à collaborer avec lui sur des questions d'intérêt commun, comme la santé et la sécurité. Trois salariés de Tenaris sont décédés en 2016.

Ils ont discuté de stratégies pour faire face aux défis actuels, parmi lesquels les pratiques déloyales du commerce international et l'utilisation des nouvelles technologies pour réduire l'emploi. Une question récurrente est de savoir pourquoi Ternium refuse de négocier avec le syndicat Sintraternium, membre de notre affilié FESTRAS, dans son usine du Guatemala, alors qu'elle reconnaît les syndicats dans tous ses autres établissements.

Le vice-ministre du Travail guatémaltèque Guillermo Gándara a rencontré le Conseil au début de la semaine et s'est engagé à obliger Ternium à rencontrer Sentraternium si elle ne l'a pas fait dans les trente jours.

Lors de la Conférence internationale du travail du mois de juin, le directeur d'IndustriALL Fernando Lopes a accusé le gouvernement guatémaltèque de ne pas faire appliquer la loi qui impose à Ternium de négocier collectivement avec Sintraternium cinq ans après l'enregistrement du syndicat.

Pour la direction du syndicat, Ternium "a instauré un climat de terreur" au Guatemala. L'entreprise a licencié illégalement tout le comité d'organisation du syndicat et a refusé de les réintégrer jusqu'à ce qu'un arrêt de la Cour suprême l'y oblige, il y a deux ans. En toute illégalité toujours, Ternium refuse un congé rémunéré aux activistes syndicaux et de prélever les cotisations sur les salaires de ses membres dans le but de le priver des ressources nécessaires à son fonctionnement.

Une action de soutien de ce comité avait aidé le syndicat Sintratucar à se faire reconnaître par Tenaris après une campagne antisyndicale du même genre en 2010 en Colombie. 

"Ce que Ternium fait aux travailleurs guatémaltèques est honteux; et il est tout aussi honteux que le gouvernement du Guatemala ne fasse rien pour l'empêcher," a déclaré le directeur d'IndustriALL en charge des métaux de base, Adam Lee.

"IndustriALL et le Conseil mondial des travailleurs de Tenaris – Ternium exhortent Ternium à mettre fin à sa campagne antisyndicale, à reconnaître Sintraternium et à négocier une convention collective équitable. Nous nous sommes engagés à soutenir ce combat sur les lieux de travail que représente le Conseil, à l'OIT et à Luxembourg jusqu'à ce que l'entreprise cède."

Les centrales syndicales du Brésil à la tête des manifestations contre Temer

C’est la seconde fois en deux mois que travailleurs et travailleuses partout dans le pays descendent dans la rue. Lors d’un récent sondage mené par CUT-Vox, 90% des Brésiliens interrogés se sont dits opposés aux réformes du travail et des pensions débattues au Congrès.

Cette journée d’action comprenait des grèves, des manifestations et des rassemblements. 40.000 personnes ont rempli l’Avenida Paulista à São Paulo. Les protestataires veulent convaincre les parlementaires de rejeter le projet de loi présenté par le gouvernement.

“Nous savons que l’unité d’action est cruciale dans la lutte syndicale, en particulier en des temps aussi troublés que ceux-ci,” ont indiqué les centrales syndicales dans un communiqué de presse commun.

La réforme du travail entrera en vigueur si elle reçoit l’aval du Sénat en plénière et ensuite celui du Président. Cependant, la réforme du système des pensions est au point mort au sein de la Chambre des Députés.

Les protestataires s’opposent à la réduction de leurs droits contenue au sein des deux propositions de modification de la législation du travail. Ils rejettent également la montée du chômage, qui dépasse maintenant les 13% dans le pays. Il y a environ 14 millions de personnes sans emploi au Brésil, la plus grande économie d’Amérique du Sud.

Les syndicats sont également opposés à ce que M. Temer reste Président, lui qui a été impliqué dans une série de scandales au cours des derniers mois.

Il est récemment entré dans les livres d’histoire en tant que premier président brésilien en exercice à être l’objet d’accusations au pénal de la part du Procureur de la République. M. Temer est l’objet de poursuites pour corruption après qu’un des propriétaires du groupe JBA, la plus grande entreprise de transformation de viande au monde, a accusé le Président de percevoir des pots-de-vin depuis 2010.

Les centrales syndicales ont annoncé qu’elles ne rendraient pas les armes. Elles seront à nouveau dans la rue le jour où le Sénat se prononcera sur la réforme du travail à Brasilia.

Le Directeur de département d’IndustriALL Global Union, Fernando Lopes, a déclaré :

“L’unité d’action des travailleurs et travailleuses est essentielle pour mettre un terme à ces réformes qui détruisent nos droits. La lutte continue jusqu’à la victoire !”

Bangladesh: 11 travailleurs tués et plus de 50 blessés dans l’explosion d’une usine de confection

L’incident est survenu à environ 19h30 au sein de l’usine de confection Multifabs Limited située à Gazipur, à la périphérie de Dacca. Au moment de l’explosion, les travailleurs qui se trouvaient dans la zone de teinture effectuaient, selon les informations disponibles, des travaux d’entretien sur la chaudière. L’impact de l’explosion a été tellement puissant qu’une partie du bâtiment de l’usine de quatre étages a été également endommagée.

Dans une déclaration publiée aujourd’hui, IndustriALL Global Union, qui représente les affiliés syndicaux dans l’industrie de la confection au Bangladesh, a présenté ses plus sincères condoléances aux familles des victimes et témoigné sa sympathie aux nombreux blessés.

L’usine Multifabs Limited, qui fournit des vêtements en tricot à de nombreux détaillants et marques occidentales, est couverte par l’Accord du Bangladesh sur la sécurité contre les incendies et la sécurité des bâtiments, et a été inspectée par des ingénieurs mandatés par l’Accord.  Suite à cette inspection, l’usine avait installé des séparations coupe-feu dans le local de la chaudière et effectué les travaux de rénovation requis en matière de sécurité contre les incidents et de sécurité des structures. Néanmoins, l’Accord ne s’applique pas aux inspections des chaudières, qui sont du ressort du gouvernement bangladais.

IndustriALL Global Union a également souligné:

« Il reste encore énormément à faire pour améliorer la sécurité au sein de l’industrie de la confection au Bangladesh. Cette nouvelle tragédie démontre la nécessité de poursuivre le travail visé par l’Accord du Bangladesh, et les syndicats signataires de l’Accord vont exiger qu’il soit étendu, dès que possible, à la sécurité des chaudières ».

Heureusement, la plupart des effectifs de la compagnie, d’environ 3 500 personnes, étaient en congé au moment de l’accident pour célébrer l’Aïd el-Kebir et ne devaient pas reprendre le travail avant le 4 juillet. Selon les informations, la validité de la chaudière qui a explosée avait expiré le 24 juin et n’avait pas été renouvelée. L’administration du district a constitué un comité d’enquête composé de huit membres pour enquêter sur l’incident.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré:

« Nous sommes peinés par les morts tragiques provoquées par l’explosion survenue au sein de l’usine de confection Multifabs. Toutes les personnes blessées dans l’explosion doivent recevoir un traitement médical adapté, et les victimes et les personnes à charge des travailleurs tués doivent être indemnisées de façon appropriée. 

« Le gouvernement et les employeurs doivent davantage coopérer avec les syndicats et l’Accord pour améliorer la sécurité contre les incendies et la sécurité des bâtiments au Bangladesh, qui doit désormais comprendre les inspections des chaudières ».

La plupart des blessés sont soignés dans les hôpitaux médicaux universitaires de Dacca et Shaheed Tajuddin Ahmad.

Le 29 juin, un nouvel Accord de 2018 a été lancé, qui prolonge jusqu’en 2021 le programme de sécurité, expirant en mai 2018. Ce nouvel Accord comprend des engagements supplémentaires concernant le droit des travailleurs à s’organiser et à adhérer à un syndicat afin de protéger leur propre sécurité. L’usine Multifabs n’était pas syndiquée. Sanches a déclaré:

« Le nouvel Accord du Bangladesh met davantage l’accent sur les droits des travailleurs à la liberté syndicale, reconnaissant le rôle essentiel joué par les syndicats en matière de renforcement de la sécurité au travail. Les travailleurs sont les yeux et les oreilles de l’usine dans laquelle ils travaillent et, grâce au soutien d’un syndicat, ont davantage qualité pour revendiquer des conditions de travail sûres et refuser d’effectuer un travail dangereux ».

Multifabs Limited figure dans l’Accord du Bangladesh en tant que fournisseur actif des signataires suivants: Lindex, ALDI North, ALDI South, Dansk Supermarked A/S, Shop Direct, Wuensche Group, Teddy Spa et Gekås Ullared AB.

La direction de Multifabs a fermé l’usine pour une période indéterminée. Dix autres usines de confection situées non loin de Multifabs sont restées fermées aujourd’hui en raison de l’incident.

Les syndicats internationaux aux côtés des grévistes de l'usine de matériel ferroviaire GOŠA en Serbie

Le 23 juin, des représentants des syndicats Metalicy (Bulgarie), FNS Solidaritatea Metal et FSLI Metal (Roumanie), VASAS (Hongrie) et Industrijski Sindikat Srbije et du Syndicat autonome des travailleurs de la métallurgie de Serbie se sont joints aux grévistes pour un blocage d'une heure de l'usine dans la ville de Smederevska Palanka.

Les travailleurs sont en grève depuis 100 jours, et ils n'ont pas perçu leurs salaires ni leurs primes depuis 15 mois. Ils sont représentés dans cette usine par trois affiliés d'IndustriALL Global Union et d'IndustriALL European Union, Industrijski Sindikat Srbije, le Syndicat autonome des travailleurs de la métallurgie de Serbie et le Syndicat des travailleurs de l'industrie, l'énergie et la mine IER Nezavisnost, qui participent tous trois à cette action.

L'entreprise GOŠA fabrique des tramways et des wagons de chemin de fer. C'était un des groupes industriels les plus importants de l'ex-Yougoslavie. Il a été privatisé en 2007 et vendu à une firme slovaque, ŽOS.

ŽOS est lourdement endettée et elle doit deux millions d'euros aux travailleurs pour 15 mois de salaires impayés et d'absence de versements de cotisations aux fonds de retraite et d'assurance-maladie. Elle doit aussi trois millions d'euros au gouvernement serbe. Un acquéreur a été récemment trouvé pour l'entreprise en déroute et le 15 mai a été signé un accord qui comportait un plan d'apurement de la dette envers les travailleurs.

Or, les travailleurs n'ont pas été payés et l'entreprise prétend que l'accord ne tient plus.

Le problème est encore aggravé par le fait que, avec cette vente, les travailleurs ne savent plus très bien quel est le partenaire avec qui négocier. Lorsqu'il faut motiver le personnel pour terminer une commande, la direction leur verse de temps en temps de petites sommes, une centaine d'euros sur plusieurs mois par exemple. Cela donne aux travailleurs l'illusion que les choses s'arrangent. Leur situation est désespérée et l'un d'eux s'est pendu dans l'usine, se voyant dans l'impossibilité de sortir de cette situation.

Au début de la grève, les Secrétaires généraux d'IndustriALL Global Union et d'IndustriALL European Union ont envoyé une lettre commune à ŽOS pour lui demander d'honorer ses dettes.

Pour Dragan Matic, le Président d'IndustriALL Trade Union en Serbie, :

"Le soutien et la solidarité des collègues de Hongrie, de Roumanie et de Bulgarie ont internationalisé cette grève; c'est la première fois en Serbie. Nous ferons tout ce qui est possible pour trouver une solution équitable pour les travailleurs de GOŠA, mais il fait que les institutions de l'État s'impliquent."

Les syndicats rendent aussi les institutions de l'État serbe – le ministère du Travail, le ministère de l'Économie et surtout le ministère des Finances – responsables pour avoir toléré que l'entreprise ne paie pas d'impôts pendant plus d'un an. Ils ressentent une absence de volonté politique de sortir de cette situation, ce qui, pour un candidat à l'adhésion à l'Union européenne, est grave.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré : 

"Il y a dix ans, ŽOS a racheté une part importante de l'héritage industriel de la Serbie à l'occasion d'une campagne de privatisation. L'entreprise a échoué et elle a abandonné son personnel qui est dans une situation désespérée.

"C'est à ŽOS, le nouveau propriétaire, et aussi au gouvernement serbe de trouver une solution juste pour les travailleurs de l'usine de matériel ferroviaire GOŠA. Leurs salaires doivent être payés et leur avenir garanti.

Le mouvement international continuera à soutenir les travailleurs."

Le Secrétaire général d'IndustriALL Europe, Luc Triangle, a déclaré :

"Lorsque nos affiliés se sont joints aux travailleurs de GOŠA pour bloquer la ligne de chemin de fer, ils ont symbolisé la solidarité des travailleurs syndiqués de l'Europe entière.

"Les travailleurs de GOŠA et leurs familles sont réduits à une situation de pauvreté extrême, abandonnés par leur employeur et délaissés par leur gouvernement. Nous continuerons à nous battre pour que justice leur soit rendue."

Les travailleurs de GOŠA ont promis de bloquer la ligne de chemin de fer plusieurs heures par jour.

La délégation de travailleurs de la métallurgie assistait à une conférence à Belgrade sur le processus d'information et de consultation dans le secteur de la métallurgie.

Déclaration sur l’explosion mortelle à l’usine de confection Multifabs Limited au Bangladesh

L’explosion survenue au sein de l’usine non-syndiquée Multifabs souligne l’urgent besoin de prendre en charge la question de la sûreté des chaudières au niveau des usines textiles et de confection au Bangladesh. En tant qu’usine couverte par l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, celle de Multifabs a été inspectée par des ingénieurs chargés de son application. Elle avait effectué le cloisonnement anti-feu du local de la chaudière ainsi que toutes les autres adaptations des mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments, à l’exception de l’installation systèmes automatiques d’extinction. L’Accord ne couvre pas l’inspection des chaudières, qui est du ressort des autorités gouvernementales du Bangladesh.

Il reste encore énormément à faire pour améliorer la sécurité au sein de l’industrie de la confection au Bangladesh. Cette dernière tragédie en date souligne le besoin de poursuivre le travail sous l’égide de l’Accord du Bangladesh et les organisations syndicales signataires vont revendiquer son extension, dès que possible, à la sûreté des chaudières.

Depuis la tragédie de Rana Plaza en 2013, lorsque plus de mille travailleurs et travailleuses de la confection ont été tués, l’Accord a mené à bien l’inspection des mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au sein de 1.800 usines de confection qui fournissent plus de 200 enseignes signataires. Les ingénieurs qui œuvrent pour l’Accord ont identifié plus de 118.000 facteurs de risque incendie, électrique ou structurel dans ces usines. À ce jour, 79% des facteurs de risque répertoriés au cours de la tournée d’inspection initiale de l’Accord ont trouvé remède.

Le 29 juin dernier, un nouvel Accord 2018 a été lancé, qui étend jusqu’en 2021 le programme pour la sécurité qui doit venir à expiration en mai 2018. Ce nouvel Accord comprend des engagements complémentaires concernant le droit des travailleurs et travailleuses à s’organiser et rejoindre un syndicat afin de protéger leur sécurité. À ce stade, quinze enseignes ont signé l’Accord 2018. Nous exhortons davantage de marques à suivre cet exemple.

Habiliter les affiliés bulgares dans la chaîne d’approvisionnement d’Inditex

Au cours de la réunion, tenue dans la capitale Sofia du 17 au 19 juin, les affiliés d’IndustriALL FOSIL et la Fédération de l’Industrie légère ainsi que les représentants d’Inditex ont débattu de la situation dans le secteur du textile et de la confection ainsi que des mesures à prendre pour promouvoir la mise en œuvre de l’ACM au niveau de la chaîne d’approvisionnement d’Inditex en Bulgarie.

Le textile et la confection représentent le plus gros employeur du secteur manufacturier en Bulgarie, avec quelque 100.000 travailleurs et travailleuses dont approximativement 9.000 sont occupés par des fournisseurs d’Inditex. Les dirigeants syndicaux ont fait part de conditions de travail inférieures à la norme et de bas salaires dans le secteur. “Les travailleurs et travailleuses perçoivent le salaire minimum, bien inférieur à un salaire vital et les jeunes ne sont pas motivés à rechercher un emploi dans ce secteur,” a indiqué un responsable syndical. “Ils préfèrent quitter le pays.”

Christina Hajagos-Clausen, directrice du département textile et confection d’IndustriALL Global Union, a présenté un exposé sur la politique sectorielle d’IndustriALL concernant les chaînes d’approvisionnement et a déclaré : “Il est impossible d’avoir son mot à dire dans le débat sur les salaires sans négociation au plan sectoriel. Nous voulons promouvoir un modèle de relations sociales au sein des chaînes d’approvisionnement qui fonctionne bien, y compris ici en Bulgarie.”

On a présenté aux participants bulgares le contenu de l’ACM entre IndustriALL et Inditex et indiqué comment sa mise en œuvre pouvait améliorer le dialogue social dans le pays. Les représentants d’Inditex ont évoqué l’action coordonnée avec IndustriALL pour la promotion du respect de l’accord, en particulier s’agissant de la liberté syndicale. “Notre objectif est d’atteindre des conditions de travail soutenables et une situation de gagnant-gagnant tout au long de la chaîne d’approvisionnement,” a indiqué Murat Akkün du Département de la Durabilité d’Inditex en Turquie. Il a également parlé du projet commun de formation qu’IndustriALL et Inditex ont élaboré pour les travailleurs et les managers chez un fournisseur en Turquie et souligné l’avantage d’avoir des représentants syndicaux librement élus ainsi qu’un bon dialogue social pour assurer la durabilité de l’entreprise.

Un débat animé a eu lieu sur les exposés et les actions menées dans les différents pays en vue de promouvoir la mise en œuvre de l’ACM et de solutionner les problèmes rencontrés. Víctor Garrido Sotomayor, le coordinateur d’IndustriALL pour l’ACM Inditex a donné différents exemples de violation des droits des travailleurs et la manière dont il y avait été trouvé remède avec succès. La densité syndicale au sein de l’industrie textile bulgare est très faible et les travailleurs et travailleuses ont peur de se joindre à un syndicat par crainte de perdre leur gagne-pain. “Ce que nous avons découvert et appris par les exposés de cette réunion nous donne espoir,” a confié un dirigeant syndical bulgare. Cependant, un besoin important existe d’habiliter les travailleurs et syndicats bulgares si l’on souhaite voir un véritable changement au sein du secteur du textile et de la confection en Bulgarie.

La réunion a été suivie par la visite de deux fournisseurs d’Inditex, l’un situé à Pleven et l’autre à Pernik. Ces visites ont donné aux dirigeants syndicaux l’occasion de rencontrer pour la première fois la direction ainsi que les travailleurs et travailleuses directement dans les ateliers. Les affiliés ont exprimé leur détermination à assurer le suivi des discussions et, avec le soutien d’IndustriALL, ils ont l’intention d’interpeller d’autre fournisseurs d’Inditex en Bulgarie et d’engager des démarches dans le sens d’un système de relations sociales durables dans le secteur.

Faire reculer le travail précaire au Sénégal

65 journaliers sur 287 ont obtenu un emploi permanent chez Gandour, un fabriquant de parfums et de produits cosmétiques; 58 emplois sur 90 ont également été transformés en emplois permanents chez le fabricant de matières plastiques, Polyplast.

Si cette tendance se poursuit, davantage d’emplois dans l’industrie manufacturière deviendront stables. Cette évolution revêtait une importance pour les secteurs chimiques et de la construction, alors en croissance et donc, plus à même de créer des emplois.

Les affiliés à IndustriALL ont fait campagne pour mettre fin au travail précaire au Sénégal au cours de ces trois dernières années, et continent de lutter pour la création d’emplois décents.

La campagne contre le travail précaire, qui a eu lieu aux niveaux national, sectoriel et entrepreneurial, était adressée aux employeurs préférant offrir des emplois aux travailleurs temporaires plutôt que des emplois permanents sécurisés. Par exemple, les travailleurs journaliers recevaient des salaires inférieurs à ceux des travailleurs permanents pour un travail identique. En outre, ils ne bénéficiaient pas de la sécurité sociale en dépit du fait qu’ils étaient exposés à des risques d’accidents du travail et des maladies professionnelles.

Le coordinateur d’IndustriALL du projet relatif au travail précaire en Afrique sub-saharienne, Augustin Adakou, a déclaré que le gouvernement sénégalais devrait abroger la législation du travail, dont le Décret 70-183 sur l’emploi des travailleurs journaliers et saisonniers de 1970, car cette législation obsolète n’incitait pas à créer des emplois décents.

Figuraient parmi les autres pays ayant participé à la campagne pour mettre fin au travail précaire, le Cameroun, le Burkina Faso et le Nigeria, où des efforts similaires ont été déployés pour favoriser la création d’emplois plus stables.

Grâce à cette campagne, les affiliés à IndustriALL dans les pays participant au projet, ont syndiqué, en 2016, 4 500 travailleurs précaires; plus de 1 500 emplois temporaires sont également devenus permanents au cours de cette même année. En outre, des ateliers ont été organisés sur le droit du travail, les techniques de négociation et la négociation collective. Les affiliés ont organisé les travailleurs dans les secteurs des matériaux de construction, des produits chimiques, de l’énergie, des métaux, des mines, du pétrole et du gaz, du caoutchouc, de la pâte à papier et du papier, des textiles et des vêtements, ainsi que du cuir et des chaussures.