Marché du travail: l’écart entre les hommes et les femmes demeure toujours aussi important

Selon ce rapport, non seulement les femmes ont moins de chance que les hommes d’entrer sur le marché du travail. Néanmoins, lorsqu’elles y parviennent, elles rencontrent plus de difficultés pour trouver un travail. Globalement, le taux de chômage des femmes est de 6,2 pour cent contre 5,5 pour cent pour les hommes.

(Participation globale des femmes et des hommes au marché du travail)

Au niveau mondial, ces écarts n’ont pratiquement pas changé même si, dans certains pays, ils se réduisent plus rapidement.

Une grande proportion de femmes n’ont pas accès à un travail décent. 15 pour cent des femmes actives sont des travailleuses familiales. Cette proportion a diminué ces dernières années. Cependant, elle traduit un changement d’orientation des femmes vers des *emplois où elles travaillent pour leur propre compte et pour lesquels elles ne bénéficient d’aucunes protections sociales.

Bien que l’écart de rémunération entre les sexes varie d’un pays à l’autre, il demeure considérable. Dans certains pays, l’écart des taux de salaire horaire entre les femmes et les hommes peut atteindre 40 pour cent. Dans les pays développés, non seulement les femmes sont moins payées mais moins de femmes que d’hommes occupent des postes fortement rémunérés.

« Plus de 800 millions de femmes ne bénéficient toujours pas d’une protection de la maternité au travail adéquate. L’écart entre salaires féminins et salaires masculins se réduit très lentement. Les femmes continuent à occuper des emplois à bas salaires, et le concept de valeur égale demeure symbolique pour beaucoup trop d’entre elles. […] Cette tendance devrait et doit nous préoccuper. Les progrès ne se réaliseront pas en poursuivant dans la même voie », a indiqué Guy Rider, Secrétaire général de l’OIT, au Sommet sur le monde du travail organisé par la Conférence international du travail 2017.

La ségrégation fondée sur le genre en fonction de la répartition sectorielle est une réalité. Au niveau mondial, les femmes travaillent essentiellement dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’assistance sociale, suivi du commerce de détail. En Asie et en Afrique du Nord, les femmes se concentrent dans l’industrie manufacturière, avec une forte proportion de travailleuses dans la fabrication de vêtements. Cette ségrégation montre les difficultés rencontrées par les femmes pour accéder à certains emplois.

Les femmes font face à de multiples contraintes socioéconomiques, qui varient d’un pays à l’autre, à savoir la discrimination, le conformisme au modèle traditionnel des rôles entre les femmes et les hommes, le manque d’éducation, la conciliation travail-vie personnelle, ainsi que le manque de structures de garde d’enfants et de moyens de transport.

Les violences et le harcèlement sexuel continuent également d’être des obstacles pour l’entrée et l’évolution des femmes sur le marché du travail.

« Nous devons mettre en mesure les femmes de comprendre leurs droits et ceux qui ne constituent pas des droits sur elles; elles ne comprennent pas leurs droits au travail, parce qu’elles ne les connaissent pas. Elles pensent qu’il est juste pour elles d’occuper les postes qu’elles ont. Nous devons leur permettre d’avoir prise sur leur propre vie. Qu’elles sachent que ce n’est pas normal … Le véritable enjeu est la prise de conscience des femmes », a souligné Rehema Ludanga, membre du syndicat tanzanien des travailleurs du commerce et de l’industrie, au Sommet sur le monde du travail accueilli par la Conférence international du travail 2017.

L’OIT demande aux gouvernements et aux autres parties prenantes d’intervenir en promouvant l’égalité de rémunération pour un même travail ou un travail de même nature, en luttant contre les causes profondes de la ségrégation professionnelle et sectorielle, en transformant les institutions pour empêcher et venir à bout de la discrimination, et en s’attaquant aux violences et au harcèlement dont sont victimes les hommes et les femmes.

« Ces écarts entre les sexes ne sont plus acceptables. Les changements se produisent trop lentement. En tant que syndicats, nous avons une très grande responsabilité sociale de les combler. Nous devons lutter au travail pour faire avancer les droits des femmes et promouvoir l’égalité entre les genres. Nous devons donner une autonomie accrue aux femmes qui adhèrent à notre syndicat, renforcer leur aptitude à diriger pour leur offrir les opportunités et un espace pour lutter conjointement avec les travailleurs de sexe masculin pour les droits des travailleurs et des travailleuses, et promouvoir l’égalité des droits! » a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

Ukraine: des mineurs restent sous terre pour exiger le paiement de leurs salaires

Le 15 juillet, 70 mineurs de la première équipe de travail attachée à la mine Kapustin ont entrepris une grève souterraine pour protester contre les arriérés de salaires qui courent depuis 2015 et se montent à 96 millions de hryvnia (soit 3,7 de millions de US$).

31 mineurs se trouvent actuellement sous terre, selon l’affilié à IndustriALL, le Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine (NPGU). Les systèmes de drainage et de ventilation fonctionnent à l’intérieur de la mine. Néanmoins, l’administration de la compagnie a gardé le silence sur le rassemblement durant plus d’une journée et n’a pas averti les services de secours, en violation flagrante du droit du travail.

Le 16 juillet, 21 mineurs employés à la mine Novodruzhska sont également entrés en grève.

Selon le président du NPGU, Mykhailo Volynets, des arriérés de salaire sont également à déplorer dans d’autres mines d’Etat:

« Le 13 juillet, les parlementaires ont approuvé les modifications du budget national. 280 millions de hryvnia (10,8 millions de US$) ont été alloués à l’industrie minière. J’espère que ces fonds serviront à payer les arriérés de salaires. 100 millions de hryvnia (3,8 millions de US$) supplémentaires ont été attribués à la mise en place de mesures de protection des travailleurs, mais ce montant représente seulement la moitié de ce qui a été promis ».

D’après Volynets, des grèves similaires devraient avoir lieu en Ukraine si la dette n’est pas remboursée d’ici la Journée des mineurs, prévue à la fin du mois d’août.

Le 17 juillet, les familles des mineurs ainsi que les collègues des mineurs d’autres mines ont organisé un rassemblement près de la mine Kapustin pour exprimer leur solidarité avec les manifestants.

Vadim Borisov, Secrétaire régional d’IndustriALL, a déclaré:

Il est scandaleux que les mineurs doivent faire grève pour être payés. Nous demandons à l’employeur d’entamer un dialogue avec le syndicat et les travailleurs.

LafargeHolcim : dernière étape en vue d’un Accord-cadre mondial

Les trois parties étaient convenues plus tôt dans l’année d’entamer des discussions, de négocier et de conclure un ACM en 2017. Cet accord confirme que les travailleurs et travailleuses sont au cœur du succès de LafargeHolcim et que son ambition est de créer un espace qui soit sûr, diversifié, inclusif et respectueux, où toute personne puisse apprécier de venir travailler

L’objectif de l’ACM est de mettre en place et mener un dialogue social constructif et responsable entre l’entreprise et les fédérations syndicales internationales.

Après la fusion de Lafarge et de Holcim, IndustriALL Global Union et l’IBB ont formé un Conseil syndical mondial (CSM) impliquant les syndicats présents partout dans le monde chez LafargeHolcim. Par le truchement d’une décision démocratique du CSM, une campagne efficace a été menée et couronnée de succès, dont l’une des revendications identifiées était d’aboutir à un ACM.

Entretemps, LafargeHolcim a signé un nouvel accord en mars 2017 pour la création d’un Conseil d’entreprise européen (CEE). L’objectif d’un ACM a été réaffirmé et a reçu le soutien de l’Assemblée générale des actionnaires de LafargeHolcim en mai 2017.

Durant le processus de négociation, une série de consultations a eu lieu avec les affiliés concernés et un certain nombre de commentaires et suggestions ont été formulés et adjoints. Il reprend les principales conventions de l’OIT, la notion de neutralité par rapport au fait syndical, un champ d’application qui couvre tous les sites d’activité de l’entreprise, l’accès à tous les sites, la Conférence annuelle de LafargeHolcim (CALH) en tant que plateforme de dialogue au plan mondial et une procédure de résolution des conflits.

Lors de la signature du PE à Zurich, LafargeHolcim était représenté par Eric Olsen, PDG, et Caroline Luscombe, DORH ; notre Secrétaire général adjoint Kemal Özkan représentait IndustriALL et l’IBB était représentée par son Secrétaire général Ambet Yuson.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré à propos du PE :

"Un Accord-cadre mondial entre LafargeHolcim, IndustriALL et l’IBB sera maintenant une référence au niveau des industries des matériaux et aura un impact sur l’amélioration des conditions de travail et de vie de nos adhérents.

“C’est également un signal fort aux autres multinationales du secteur en vue de s’impliquer aux côtés de leurs principales parties prenantes et de leurs salariés. Notre travail consiste maintenant à nous assurer que cet ACM soit un succès avec une mise en œuvre et un suivi appropriés."

En vertu du PE, dans la période qui s’ouvre et dans le cadre des dispositions de l’ACM en matière de santé et sécurité qui reprennent des droits fondamentaux, IndustriALL Global Union et l’IBB vont élaborer un Accord mondial de santé et sécurité détaillé avec LafargeHolcim.

Le Secrétaire général de l’IBB, Ambet Yuson, a indiqué :

"La santé et la sécurité sur le lieu de travail sont une priorité pour les syndicats et constituent un domaine critique couvert par cet accord. Cette année encore, nous allons élaborer un accord mondial de santé et sécurité avec LafargeHolcim et l’entreprise a accepté de mettre sur pied un groupe de travail santé et sécurité. Nous nous réjouissons de pouvoir collaborer avec LafargeHolcim et nos affiliés de par le monde en vue de mettre en œuvre ces normes et nous remercions l’équipe de négociation qui a travaillé très patiemment pour amener cet accord à maturité.”

Caroline Luscombe, Directrice Organisation et Ressources humaines chez LafargeHolcim a déclaré :

“Nous progressons de manière positive vers la construction d’un schéma de relations chez LafargeHolcim basé sur la confiance réciproque. Cet accord contient des éléments importants pour l’approche sociale qui est la nôtre et constituera à coup sûr un pilier du dialogue social que nous aspirons à développer."

LafargeHolcim a été constitué à la suite de la fusion sur base égalitaire de Lafarge et Holcim en 2015 pour devenir le plus grand groupe du secteur des matériaux de construction, en particulier au niveau de la production de ciment et de béton. Le groupe, basé en Suisse, emploie plus de 90.000 salariés directs et déploie des activités dans environ 80 pays.

Étaient également présents à la signature les membres de l’équipe de négociation : Feliciano Gonzalez, Chef des relations du travail et des politiques sociales de LafargeHolcim, Vincent Giard,  ‎Responsable relations sociales et politiques sociales du Groupe ‎LafargeHolcim, Fiona Murie, Directrice de l'IBB pour la Santé et la Sécurité et l’Industrie de la Construction ainsi que Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour l’ingénierie mécanique et les industries des matériaux.

Le syndicat CFMEU résiste contre un géant minier

Le 11 juillet, un rassemblement de soutien aux travailleurs de la mine Oaky North, detenue par Glencore, a eu lieu dans la ville de Tieri, située au centre du Queensland. Les mineurs sont en grève depuis le mois de mai, à savoir depuis l’échec des négociations menées depuis deux ans pour parvenir à un accord équitable.

Des centaines de membres de la communauté locale ont participé au rassemblement, rejoints par des sympathisants venus montrer leur solidarité avec les travailleurs de Oaky North.

Tony Maher, président national du CFMEU, a indiqué:

« Glencore cherche à imposer à ces travailleurs une série de conditions qui réduiraient leur salaire, leur offriraient moins de sécurité et accroîtraient leurs coûts.

« Cela est simplement inacceptable. Ces travailleurs combattent cet accord injuste depuis deux mois. Il est temps que le reste du pays se joigne à eux en prenant parti ».

La Secrétaire du Conseil australien des syndicats (ACTU), Sally McManus, qui a participé au rassemblement, a indiqué que les grévistes étaient « une source d’inspiration pour le pays en menant la lutte contre notre système industriel défaillant et la cupidité des entreprises ».

De son côté, le président du district de Queensland du CFMEU, Stephen Smyth, a mis l’accent sur la portée du conflit:

« Il ne s’agit pas seulement de lutter pour Tieri mais de se battre pour tous les travailleurs du pays, dans lequel nous luttons tous pour réparer un système défaillant qui ne parvient pas à assurer aux travailleurs un traitement équitable. C’est le combat de notre vie, un combat que nous gagnerons par l’action collective ».

L’accord de travail concernant Okay North proposé par Glencore:

Lors du rassemblement de masse à Singleton, dans la vallée de la Nouvelle Galle du Sud, le 10 juillet, plus de 1 000 mineurs des sept sites de Glencore opérant dans la région, ont décidé de poursuivre la campagne coordonnée d’arrêts de travail.

S’adressant aux manifestants, le président du district Nord du CFMEU, Peter Jordan, a rappelé les paroles d’un membre qui qualifiait cette lutte non seulement de combat pour les membres actuels du syndicat, mais également pour ceux des générations futures.

« Il s’agit de nous battre pour nos droits, en menant maintenant une lutte de principe, et ne pas la remettre à plus tard. Affrontons Glencore pour protéger les emplois locaux et l’économie locale ».

Les questions de l’utilisation de travailleurs contractuels, constituant environ 40 pour cent de la main-d’œuvre selon le CFMEU, des indemnités de licenciement inadéquates et des augmentations de salaire insuffisantes se trouvent au cœur de la résolution du conflit.

Le Secrétaire national du CFMEU, Michael O’Connor, a indiqué à l’assemblée que les compagnies comme Glencore attaquent les droits des travailleurs depuis des décennies:

« …en détruisant peu à peu un système dont nous étions sûrs qu’il nous protégeait. C’est pourquoi nous assistons à une mobilisation massive des travailleurs à travers le pays visant à rétablir l’équité du système industriel ».

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, condamne le comportement de Glencore:

« Nous sommes consternés par l’approche déraisonnable de Glencore, dépourvue de toute intention de bonne foi dans la négociation collective et portant atteinte aux saines relations du travail. Nous demandons à Glencore de retourner à la table des négociations et de négocier de bonne foi ».

L’employeur refuse de verser des indemnités en dépit d’une décision de justice

Le 19 juin, l’affilié d’IndustriALL Global Union ITUWA, Syndicat interrégional “Association des travailleurs”, a remporté le procès contre l’employeur AvtoVAZ, après avoir tenté d’obtenir des compensations financières pour travail dans des conditions dangereuses qui n’ont pas été versées pendant plusieurs années. Plus de 1.000 travailleurs et travailleuses devaient recevoir une compensation sous forme de congés payés allant de 5 à 25 journées additionnelles pour 2014, 2015 et 2016.

Après la procédure judiciaire, durant laquelle on a vu la direction de l’entreprise forcer des travailleurs à retirer leurs requêtes, pour ensuite les menacer de renvoi, et Sergey Topolov, le président de la délégation de l’ITUWA, envoyé pour un traitement obligatoire au sanatorium de l’entreprise pour y empêcher sa participation, le syndicat a gagné le procès.

Mais en dépit de cette victoire, l’entreprise continue de refuser de donner ces congés aux travailleurs et travailleuses, en prétextant un manque de personnel et de possibles interruptions de production.

Sergey Topolov a déclaré :

“En réalité, la situation c’est que le salarié part en congé, non pas quand ça lui convient, mais quand ça convient à l’employeur.

Le syndicat a gagné au tribunal. Nous rencontrons la direction le 21 juillet. Si les problèmes ne sont pas résolus d’ici là, nous partirons alors en grève illimitée, ce qui va réduire la capacité de production.”

AvtoVAZ est le plus gros producteur de véhicules particuliers en Russie et est la propriété de l’Alliance Renault-Nissan et de l’entreprise publique russe Rostec.

Turquie: conflit résolu à l’usine de fabrication de chaussettes et de sous-vêtements Beck

L’affilié à IndustriALL, Öz İplik-İş, a rencontré des problèmes lors de la campagne de syndicalisation qu’il a menée activement à l’usine de fabrication de chaussettes et de sous-vêtements Beks, située dans la ville de Çerkezköy.

Cette usine, qui emploie 2 000 travailleurs, est un important fournisseur des marques Tchibo, H&M et M&S, qui sont intervenues pour que la direction de Beks adopte des mesures correctives suite au conflit. En début de semaine, celle-ci s’est réunie avec IndustriALL Global Union et Öz İplik-İş à Istanbul, et un protocole visant à régler les problèmes en cours a été signé.

La direction de Beks a clairement déclaré respecter le droit à la liberté syndicale émanant d’un choix personnel de ses employés, et reconnaître Öz İplik-İş en tant que représentant légitime d’un dialogue constructif.

« Le soutien et l’intervention d’IndustriALL Global Union ont été essentiels et contribués à ce résultat positif avec Beks », ont déclaré Murat İnanç, président général, et Raif Ay, Secrétaire général d’Öz İplik-İş.

« Ce cas démontre, une fois encore, l’immense importance et utilité des accords-cadres mondiaux signés avec les marques multinationales dans nos actions quotidiennes ».

Le protocole signé offre également la possibilité aux travailleurs licenciés de reprendre leur travail. Le syndicat et la direction ont convenu de régler les procès en cours et d’organiser, à la place, des réunions de discussion régulières.

« IndustriALL Global Union est satisfait de cette solution », a indiqué le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, qui a assisté à la dernière séance avec la direction de l’entreprise.

« Je félicite notre affilié pour sa détermination  dans la campagne de syndicalisation et son comportement constructif pour arriver à une solution, ainsi que la direction de Beks pour les mesures qu’elle a prises pour parvenir à un accord.

« Nos partenaires Tchibo et H&M ont, avec sincérité, satisfaits pleinement aux exigences des dispositions de l’accord-cadre mondial que nous avons signé avec eux ».

Non aux diamants sales!

Les représentants des syndicats se sont rencontrés à Windhoek, en Namibie, du 3 au 5 juillet pour mettre en place ce Réseau mondial Diamants (RMD) dans le but de mettre fin aux violations des droits de l'homme et d'améliorer les salaires et les conditions de travail dans l'extraction du diamant.

Le réseau RMD aura pour mission de garantir l'emploi et de combattre le travail précaire et le recours à la sous-traitance. La fixation de salaires minimums, le recyclage des travailleurs ayant perdu leur emploi et des indemnités équitables en cas de licenciement collectif permettraient d'améliorer les conditions d'existence des mineurs. L'égalité hommes-femmes, un développement économique durable et une concurrence loyale figurent parmi les revendications majeures.

Le RMD veut collaborer avec des organisations locales et mondiales, y compris avec les firmes impliquées dans le commerce du diamant, ainsi qu'avec les gouvernements. Il fera campagne pour l'adoption de normes de diligence requise aux échelons national et mondial. En l'absence d'une instance réglementaire mondiale pour l'extraction du diamant, le RMD a décidé de participer à des systèmes de certification volontaire crédibles tels que l'Initiative d'exploitation minière responsable (IRMA), et d'appeler les pouvoirs publics à réglementer cette industrie.

Des initiatives de solidarité seront également lancées afin de promouvoir l'externalisation responsable et boycotter les diamants produits dans des conditions qui ne respectent pas les droits de l'homme.

Pour atteindre ses objectifs, le RMD organisera des campagnes pour réclamer la certification des diamants ainsi que des législations du travail, des conventions collectives et des règles de santé et de sécurité qui protègent les droits des travailleurs. Le réseau favorisera aussi l'échange d'informations et de connaissances en matière de syndicalisation, de renforcement des capacités, de négociation collective, d'autonomisation des femmes et de sens du leadership.

Le besoin d'un réseau RMD vient d'un passé dans lequel les diamants étaient associés au sang et à la guerre. L'argent retiré a permis de financer des armées et des milices rebelles dans des guerres civiles qui ont fait près de quatre millions de morts en Sierra Leone, au Liberia, et République du Congo, en Côte-d'Ivoire, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo.

L'extraction du diamant est aussi associée à d'autres violations comme les viols, le travail forcé et le travail des enfants, la dégradation de l’environnement et les risques pour la santé des communautés locales. Le droit international humanitaire a été violé dans le conflit armé qui ravage la République centrafricaine et par les violations des droits de l'homme commises par les forces de sécurité gouvernementales au Zimbabwe.

Les mécanismes existants se sont avérés totalement inefficaces pour remédier à ces situations. Le Processus de Kimberley de certification des diamants, certaines réglementations de l'Organisation de coopération et de développement économiques, voire d'associations de l'industrie telles que le Responsible Jewelry Council n'ont pas servi à grand-chose.

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, a déclaré :

Le RMD associera les parties prenantes ainsi que les marques de bijouterie et les distributeurs pour faire en sorte que l'extraction du diamant profite aussi aux travailleurs et que les violations des droits de l'homme cessent.

Yves Toutenel, d'AVC-Transcom (Belgique), et Beverley Murangi, du Syndicat des mineurs de Namibie, coprésideront le réseau.

Le moment est venu pour Nissan aux USA de se doter d’un syndicat

L’usine Canton de Nissan fait partie de l’une des trois seules installations de Nissan dans le monde, les deux autres se trouvant dans le Tennessee, au sein de laquelle les travailleurs ne sont pas représentés par un syndicat. Cette semaine, les employés ont annoncé leur intention de demander la tenue de l’élection des représentants des travailleurs manuels du 31 juillet au 1er août.

« Ce que veulent les employés de chez Nissan, ce sont des salaires équitables pour tous, de meilleures prestations, la fin des quotas de production déraisonnables et des conditions de travail dangereuses dans le Mississippi », a indiqué Nina Dumas, une technicienne de chez Nissan, employée dans l’usine durant cinq ans. « La compagnie ne respecte pas nos droits. Il est temps de créer un syndicat à l’usine Canton ».

L’usine Canton affiche un sombre tableau en matière d’abus relatifs au travail, et le Bureau national des relations du travail [National Labor Relations Board (NLRB)], une agence du gouvernement américain, a accusé Nissan:

« Lorsque nous revendiquons des protections fondamentales, Nissan nous menace et nous harcèle », a indiqué McRay Johnson, un technicien employé également à l’usine Canton pendant cinq ans. « Les employés ont besoin et méritent d’être représentés au travail ».

En plus de la plainte déposée par le NLRB, l’Administration américaine de la sécurité et de la santé au travail [U.S. Occupational Safety and Health Administration (OSHA)] a publié des citations contre Nissan pour les violations de la législation fédérale en matière de sécurité et de santé commises à l’usine Canton. Les citations les plus récentes, datant de février 2017, ont jugé que la compagnie:

n’avait pas fourni un emploi et un lieu de travail exempt de risques connus comme ayant été à l’origine de décès d’employés ou leur ayant causé des blessures graves, ou susceptibles de provoquer ces morts et ces blessures.

« Chaque jour, nous risquons littéralement notre vie chez Nissan », a indiqué Rosiland Essex, un technicien qui a travaillé chez Nissan durant 14 ans. « Nous méritons mieux ».

La direction de l’usine Canton a déjà fait savoir qu’elle ne soutenait pas la décision des travailleurs à se faire représenter.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré:

« Il est scandaleux que les travailleurs se voient refuser le droit fondamental de se syndiquer. IndustriALL continuera de soutenir le combat des travailleurs et nous demandons à Nissan de faciliter le vote ».

L’initiative des employés de chez Nissan de former un syndicat survient quatre mois après l’historique « défilé du Mississippi », lors duquel environ 5 000 travailleurs et militants pour les droits civiques ont convergé vers l’usine Canton pour demander à la compagnie de respecter les droits des travailleurs. Figuraient au nombre des participants à cette manifestation, organisée par la Mississippi Alliance for Fairness at Nissan (MAFFAN), une coalition de leaders des droits civiques, de ministres et de défenseurs des travailleurs, le Sénateur américain Bernie Sanders, le président du Sierra Club Aaron Mair, l’ancien président du NAACP Cornell William Brooks, l’acteur Danny Glover, ainsi que d’autres personnalités.  

Les syndicats argentins protestent contre les licenciements à Atucha

La manifestation s’est tenue le 9 juillet, anniversaire de la déclaration d’indépendance de l’Argentine. Mais en raison des licenciements qui affectent plus de 1.000 familles de la ville de Zárate, l’esprit festif n’était pas vraiment notable à cette occasion.

La manifestation avait pour but de mettre en lumière le conflit et de dénoncer une situation qui n’est devenue que trop courante en Argentine. La perte de 1.000 emplois à la centrale nucléaire d’Atucha est une conséquence directe des mesures économiques prises par le gouvernement de Mauricio Macri.

Ce gouvernement démantèle les politiques énergétiques qui avaient permis le développement de centrales comme celle d’Atucha à Zárate. La construction d’autres tranches a été suspendue ou annulée, faisant empirer le chômage.

Des licenciements ont lieu dans tous les secteurs de l’économie argentine. De plus, un licenciement sur quatre survenu au cours du second trimestre de l’année était dû à une fermeture d’entreprise, selon la dernière enquête sur l’emploi menée par le CEPA (Centre d’économie politique d’Argentine).

Le rapport du CEPA note que 3.700 travailleurs et travailleuses ont été concernés chaque mois depuis le début de l’année. Le CEPA a calculé qu’un total de 264.143 licenciements et mises à pied (76.526 dans le secteur public et 187.617 dans le secteur privé) ont eu lieu depuis que Macri est devenu président en décembre 2015.

S’agissant d’Atucha, les syndicats ont décidé d’agir parce que le Ministère du Travail a négligé de lancer les procédures obligatoires de conciliation. Les syndicats rencontrent les responsables du Ministère le 11 juillet et espèrent à cette occasion avoir des réponses à leurs questions et des solutions pour les travailleurs et travailleuses licenciés.

Fernando Lopes, au nom d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Le gouvernement de Macri met en œuvre des politiques d’ajustement néo-libérales qui ont un impact sur des travailleurs et travailleuses. Ces politiques leur sont inacceptables et la lutte va devenir de plus en plus dure. Le soutien d’IndustriALL Global Union leur est acquis”.

Le Syndicat de la construction, UOCRA, affilié à l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), a organisé la manifestation avec le soutien du Syndicat de l’automobile, SMATA et le Syndicat de la métallurgie, UOM, tous deux affiliés à IndustriALL Global Union, ainsi que les syndicats de la chimie.

Les syndicats coréens ont besoin de votre soutien !

Le Président de la Confédération coréenne des syndicats, Han Sang-gyun, est toujours en prison. Le 15 août est une date essentielle à laquelle il arrive que le Président de la Corée accorde une amnistie de détenus, et il faut maintenir la pression pour que Han puisse en bénéficier.

IndustriALL Global Union appelle les sympathisants à réitérer leur soutien aux syndicats coréens. Nous vous prions instamment d'agir dès que possible, et avant la fin du mois de juillet, pour demander que le Président de la KCTU, Han Sang-gyun, soit amnistié et aussi pour réclamer des réformes de fond pour que les droits des travailleurs coréens soient respectés.

Vous pouvez agir de deux manières :

" Il faut que le gouvernement et l'Assemblée nationale de Corée sachent que le monde entier continue à exiger le respect des droits des travailleurs sud-coréens"

a dit le serétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches.