L’UAW perd le scrutin de Nissan face aux menaces et intimidations

“Les courageux travailleurs et travailleuses de Nissan, qui se sont battus sans relâche aux côtés de représentants des communautés locales et de militants des droits civiques pour obtenir une représentation syndicale, peuvent être fiers de leurs efforts en vue d’être représentés par l’UAW,” a déclaré Dennis Williams, président de l’UAW. “Le résultat de ce vote est un revers pour ces travailleurs et travailleuses, l’UAW et la population active américaine d’où qu’elle soit, mais ne peut en aucun cas être considéré comme une défaite.”

Dès que ce scrutin sur deux jours a été annoncé pour les 3 et 4 août, Nissan a donné un coup d’accélérateur à ses manœuvres anti-syndicales au sein de l’usine de Canton. Les contre-maîtres ont abreuvé les salariés de messages anti-syndicaux, collectivement et lors d’entretiens en face-à-face. L’entreprise a diffusé des vidéos au sein de l’usine pour marteler aux ouvriers le message “Votez Non” et a lancé une campagne anti-syndicale de publicité télévisée d’une ampleur appréciable.

“Nous sommes déçus mais pas surpris par le résultat à Canton,” a dit Gary Casteel, secrétaire-trésorier de l’UAW et directeur du département international du syndicat nord-américain. “En dépit d’avoir clamé pendant des années sa neutralité par rapport au fait syndical, Nissan a mené une des campagnes anti-syndicales les plus irrégulières et anti-éthiques que j’ai vues de toute ma vie”

Voilà 14 ans que l’UAW se bat pour obtenir de représenter les salariés de l’usine.

Dans sa dernière plainte auprès de la Commission nationale des relations de travail (NLRB) juste avant la clôture du scrutin le 4 août, le syndicat fait état de violations supplémentaires de la législation nationale sur les relations de travail, dont un espionnage répandu des activités syndicales des travailleurs et travailleuses, la menace que des prestations seraient supprimées en cas de vote en faveur de la représentation par l’UAW ainsi que la menace de licencier une travailleuse si elle devenait déléguée des travailleurs de Nissan.

Des salariés disent que Nissan a même menacé de leur reprendre des véhicules en leasing alors que l’entreprise a accordé des augmentations longtemps souhaitées et des avantages spéciaux sur l’achat de voitures en retour d’un vote négatif. Dans le même temps, des vidéos anti-syndicales tournaient en boucle dans les salles de repos.

S’exprimant dans le journal The Guardian, le Sénateur américain Bernie Sanders a déclaré : “Ceci pourrait entrer dans l’histoire comme l’une des plus viles et irrégulières campagnes anti-syndicales depuis des décennies. Jamais des travailleurs et travailleuses ne devraient avoir à endurer ce genre de campagne de menaces ou avoir à s’aventurer en pareil terrain miné pour pouvoir se choisir un syndicat.”

La campagne de l’UAW pour obtenir droit de cité à Canton a reçu le soutien d’organisations militant pour les droits civiques, de représentants des communautés locales et de groupements religieux ainsi que de vedettes d’Hollywood. En mars de cette année, plus de 5.000 personnes avaient participé à un rassemblement en soutien aux travailleurs et travailleuses de Canton.

Des affiliés d’IndustriALL de France, du Brésil et du Japon ont affiché une solidarité constante par rapport aux efforts de l’UAW visant à syndiquer l’usine Nissan de Canton et certains parmi eux étaient présents comme témoins du scrutin. Notre affilié japonais JAW avait écrit au nouveau PDG de Nissan, Hiroto Saikawa, pour appeler à la neutralité au cours du processus électoral.

Canton est l’une des trois seules usines de Nissan dans le monde à ne pas être syndiquée. Les deux autres sont dans le Tennessee, également dans le sud des États-Unis. Même au Mexique, où les syndicats indépendants peinent à se faire reconnaître, le syndicat de Nissan a l’une des meilleures conventions collectives du pays.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

“Nous félicitons les treize cents travailleurs et travailleuses de Canton qui ont voté oui à un syndicat face à des pressions et intimidations extrêmes. Ils et elles ont été suffisamment courageux pour se dresser en faveur de leurs convictions et fait la démonstration, en dépit de tout ce que l’entreprise pouvait leur envoyer à la figure, de leur détermination à tenir leurs positions. IndustriALL et ses affiliés partout dans le monde se tiennent solidairement et fermement aux côtés des travailleurs et travailleuses de Nissan à Canton.”

Les travailleurs de la Trinité-et-Tobago marchent pour l'égalité, l'emploi et la justice

Des milliers de travailleurs de la Trinité-et-Tobago ont perdu leur emploi à cause de la situation économique du pays. Plus d'une trentaine de syndicats et mouvements sociaux ont manifesté pour réclamer que le gouvernement prenne des mesures pour stimuler l'économie, réduire le chômage et enrayer la montée de la criminalité.

Notre affilié OWTU, qui représente les travailleurs du pétrole, a aussi demandé une hausse du salaire minimum, une amélioration de la santé et la sécurité au travail et plus d'emplois décents et durables. Il veut aussi que des échéances soient fixées aux négociations collectives en cours.

Le syndicat a tenu sa conférence annuelle des délégués le 28 juillet pour commémorer son 80e anniversaire et expliquer les raisons de la manifestation du 4 août.

Il a annoncé que le défilé avait pour but de dénoncer les inégalités massives dans le pays. Alors que la majorité de la population a du mal à survivre, une minorité s'enrichit par ses opérations commerciales.

Marino Vani, le Secrétaire régional adjoint d'IndustriALL, assistait à cette conférence et a participé au débat sur les solutions de rechange aux politiques d'austérité du gouvernement et sur les inégalités et les injustices dont souffre le pays comme le reste du monde.

Il a dit constater une baisse de la capacité des sociétés à formuler des politiques qui favorisent une redistribution des richesses avec des résultats plus équitables. Entre-temps, les politiques néolibérales ont affaibli le pouvoir d'achat des travailleurs.

Marino Vani a déclaré que, face aux politiques d'austérité du gouvernement, les syndicats doivent mener une action politique et sociale et revendiquer un modèle économique et social mondial qui donne la priorité aux citoyens et aux travailleurs.

Enfin, le Secrétaire régional adjoint d'IndustriALL a exprimé son soutien total à la marche du 4 août et a ajouté :

"Nous félicitons notre affilié à l'occasion du 80e anniversaire de sa création. Il reste fort et inébranlable dans son combat pour plus de justice sociale et un pays plus développé et inclusif".

IndustriALL condamne les procès fictifs de syndicalistes au Kazakhstan

Les trois dirigeants syndicaux ont été traduits en justice en raison des protestations des travailleurs grévistes du secteur pétrolier employés par la compagnie de construction pétrolière (OCC) du Kazakhstan. Les travailleurs se battaient contre la fermeture de leur centrale syndicale indépendante, la Confédération des syndicats indépendants (KNPRK), au début de cette année.

La peine la plus récente a été prononcée contre Larisa Kharkova, ancienne présidente de la KNPRK. Le 25 juillet, Kharkova a été condamnée, sur de fausses accusations, à quatre ans de restriction de sa liberté de circulation, 100 heures de travail obligatoire et à une interdiction de cinq ans d’exercer des fonctions dans toute organisation publique ou non gouvernementale.

En outre, il lui est interdit de changer de lieu de résidence et de travail, de se rendre dans certains endroits et de quitter sa ville de résidence sans autorisation.

Dans la lettre qu’il a envoyée au Président du Kazakhstan, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré : « Nous considérons la sentence rendue contre Larisa Kharkova, ainsi que la condamnation précédente de Nurbek Kushakbayev, vice-président de la KNPRK, à deux ans et demi d’incarcération, et celle d’Amin Yeleusinov, à deux ans d’emprisonnement, comme relevant de procès fictifs conduits en violation flagrante des droits de l’homme et des droits syndicaux au Kazakhstan ».

Les peines injustifiées rendues contre Kushakbayev et Yeleusinov, ainsi que les accusations retenues contre Kharkova ont poussé la Confédération syndicale internationale (CSI) à déposer officiellement plainte devant l’OIT contre la violation des droits syndicaux au Kazakhstan. IndustriALL s’est associé au recours.

Dans sa lettre, Sanches a également rappelé les obligations internationales que le Kazakhstan s’est engagées à respecter, en particulier la Convention n° 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical.

En raison des violations de la Convention de l’OIT susmentionnée, le Kazakhstan a récemment fait l’objet d’un examen minutieux à une Conférence internationale du travail de l’OIT ayant eu lieu en juin 2017, en Suisse.

Sur la base de cet examen approfondi, la Conférence internationale du travail a émis plusieurs conclusions, dont les demandes suivantes adressées au Gouvernement du Kazakhstan de:

A la fin de sa lettre, Sanches a indiqué: « il incombe à votre administration de rétablir la justice au Kazakhstan en réexaminant les peines judiciaires rendues contre les dirigeants de la KNPRK susmentionnés, en abandonnant les poursuites contre eux et en coopérant ouvertement et honnêtement avec l’OIT et les autres institutions compétentes afin de mettre en œuvre les recommandations de l’OIT ».

Et de poursuivre: « L’échec du Gouvernement du Kazakhstan à régler de façon adéquate ces violations des droits fondamentaux du travail nous obligerait à soumettre cette question à d’autres organisations internationales, dont l’Union européenne, ce qui remettrait fortement en cause la coopération de l’UE avec votre pays ».

Biélorussie : IndustriALL condamne la détention arbitraire du dirigeant d’un syndicat indépendant

Une dizaine de personnes a pénétré dans les locaux du syndicat REPAM dans la matinée du 2 août en présentant le mandant d’un procureur pour procéder à la perquisition des bureaux syndicaux. La porte du bureau du chef-comptable a été forcée, une clé lui donnant accès n’étant pas disponible au moment de la perquisition. Des ordinateurs ont été confisqués alors que ceux restants ont vu leurs disques durs emportés par les agents. Dans le même temps, une perquisition similaire a eu lieu dans les locaux de Soligorsk du Syndicat indépendant des mineurs, BITU.

Selon un communiqué officiel paru sur le site du Comité de Contrôle de l’État de Biélorussie, Fedynich et Komlik sont accusés d’évasion fiscale. Ces dirigeants syndicaux risquent sept ans d’emprisonnement et la confiscation de leurs biens.

Natalia Pichuzhkina, militante syndicale et ancienne rédactrice du site syndical praca-by.info a également été détenue. Ces trois militants ont été retenus sur leur lieu de résidence, qui ont également été perquisitionnés. Natalia a été libérée plus tard, dans la soirée, alors que Gennady a été privé de liberté jusqu’au matin du 3 août. Ihar Komlik reste détenu. On sait seulement qu’il a été transféré au centre de détention d’Okrestina.

Pour l’instant, le travail du syndicat n’est pas paralysé. Cependant, on soupçonne que les perquisitions et détentions ont eu lieu pour bloquer les activités du syndicat. Le REPAM a toujours été actif dans la protection des droits des travailleurs en Biélorussie. Récemment, le syndicat a mené une campagne ferme contre le tristement célèbre décret présidentiel n°3, également connu pour être “le décret sur les parasites sociaux”, pénalisant les sans-emplois en Biélorussie.

Plus tôt cette l’année, en mai 2017, les membres du Comité exécutif d’IndustriALL ont affiché leur plus ferme soutien à leurs collègues biélorusses combattant le travail forcé et la criminalisation de la dissidence en Biélorussie en adoptant une résolution spéciale à ce sujet.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global union a déclaré :

“IndustriALL condamne fermement la détention arbitraire de dirigeants de syndicats indépendants et affirme sa solidarité avec le BITU, le REPAM et leurs dirigeants. Il s’agit ici d’une attaque à l’encontre du mouvement syndical indépendant en Biélorussie. Nous allons continuer à soutenir nos affiliés en Biélorussie. Nous n’allons pas rester les bras ballants alors que là-bas nos camarades subissent l’oppression. La Biélorussie reste depuis des années un sujet d’attention particulière pour la communauté internationale, précisément en raison des violations des droits des syndicats et des travailleurs. Nous allons dénoncer ce cas à l’Organisation internationale du Travail.”

IndustriALL dirigera une mission aux opérations de Freeport en Indonésie

Des responsables de certains des syndicats les plus puissants du monde feront partie de cette mission.

Une conférence de presse doit avoir lieu le 11 août, à 10h00, à l’hôtel Sari Pan Pacific, à Jakarta. Les responsables syndicaux de Grasberg participeront à l’événement et rapporteront les discussions.

La mission vise:

La mission de solidarité d’IndustriALL est composée de responsables de certains des syndicats les plus puissants du monde, à savoir:

En réponse aux propos récents du PDG de Freeport-McMoRan, Richard Adkerson, selon lesquels il n’y aurait pas de grève à Grasberg, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Nous nous rendons en Indonésie pour être au côté et défendre les travailleurs licenciés pour avoir exercé leur droit à faire grève. Il est totalement faux d’affirmer qu’il n’y a pas de grève. Il y a une grève officiellement annoncée et légitime, qui entre dans son quatrième mois.

« La situation à Grasberg est grave, même si la compagnie fait tout ce qu’elle peut pour la minimiser. Freeport prend prétexte de la grève pour licencier plus de 4 000 travailleurs et décrédibiliser le syndicat ».

Il existe une situation remarquablement similaire à PT Smelting dans l’est de Java, où les travailleurs ont également perdu leur emploi pour avoir fait grève. PT Smelting dépend de Grasberg pour le concentré de cuivre, et est détenu et exploité conjointement par PT Freeport Indonesia de Freeport-McMoRan et Mitsubishi Materials.

« Nous demanderons à ce que le gouvernement fasse respecter les normes fondamentales du travail. Les droits des travailleurs sont bafoués. Freeport et PT Smelting ne peuvent pas déclarer que les travailleurs ont démissionné volontairement alors qu’ils ont été renvoyés pour avoir exercé leur droit légitime à faire grève», a indiqué Özkan.

Viré par messagerie vocale : un travailleur d’EDF dénonce

Ces licenciements, intervenus alors que se tenait la réunion annuelle du Comité de Dialogue sur la Responsabilité Sociale du Groupe EDF (CDRS), contreviennent de manière grossière aux pratiques les plus élémentaires applicables au secteur du gaz et de l’électricité dans le pays ainsi qu’à l’Accord sur la responsabilité sociale de l’entreprise signé avec IndustriALL Global Union et l’ISP en 2005 et renouvelé en 2009.

IndustriALL Global Union s’est entretenu avec l’un des travailleurs affectés à propos de ce qui s’est passé. En l’espace d’un instant, il était dehors.

Il raconte :

“J’étais en vacances en France à la fin du mois de juin lorsque j’ai reçu sur mon portable un message vocal de mon chef disant qu’il avait de très mauvaises nouvelles pour moi, que j’avais perdu mon emploi.

Je ne devais plus me représenter au bureau, pour “raisons économiques” mon emploi n’existait plus. J’étais abasourdi, non seulement par la façon dont mon renvoi m’était signifié mais aussi par le fait qu’il n’y avait eu absolument aucun indice qu’il pouvait survenir.

Au contraire, quelques semaines auparavant, au cours d’une réunion de l’équipe avec tout le département, on nous avait informé que les projets annoncés étaient confirmés. Mon délégué syndical n’a été ni informé, ni consulté, aucune autre perspective d’emploi dans l’entreprise ou le secteur ne m’a été proposée. En l’espace d’un instant, j’étais dehors.”

À la suite de l’annonce de ces licenciements, les travailleurs et travailleuses de Luminus, avec leurs syndicats nationaux, ont mis en place des manifestations et des grèves sur différents sites en Belgique pour exprimer leur indignation face à ce mépris pour des droits sociaux fondamentaux et à l’absence de consultation avec les syndicats. Un soutien international a par ailleurs été demandé.

Sous la pression des Fédérations syndicales internationales, du Comité de Dialogue sur la Responsabilité Sociale (CDRS) et de divers syndicats européens présents chez EDF, la direction de Luminus a fini par présenter par communiqué de presse ses excuses pour la manière dont les licenciements ont été annoncés.

Mais l’entreprise a refusé de revenir sur sa décision et de réintégrer les travailleurs et travailleuses. Au lieu de cela, la direction s’est engagée à mettre en place un “suivi personnalisé” pour tous les travailleurs et travailleuses licenciés et a promis que davantage serait fait pour anticiper ce type de situation.

“On m’a proposé une aide au reclassement, le soutien d’un coach pour m’aider dans la recherche d’un emploi, mais qui voudra recruter un type de mon âge ?” s’interroge le travailleur de Luminus.

Je travaille chez Luminus depuis longtemps et je n’avais jamais fait l'objet de plaintes. J’ai atteint mes objectifs personnels chaque année et durant les bilans de performance avec mes chefs ou les ressources humaines, j’ai toujours clairement indiqué que j’étais content de mon boulot et que j’avais l’intention de travailler jusqu’à ce que je doive prendre ma retraite à 65 ans. On ne m’a pas proposé de plan de pré-pension, donc non seulement je suis sans emploi, mais je vais aussi perdre les prestations sociales auxquelles j’aurais eu droit si j’avais travaillé jusqu’à l’âge de 65 ans.”

Alors que la direction d’EDF cherche à lancer des négociations pour un nouvel accord de RSE, Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union déclare :

“Ce qui s’est passé chez Luminus est une honte. Le mépris de la direction pour les règles fondamentales du dialogue social jette le doute sur sa détermination annoncée à renégocier en toute bonne foi.”

Dans un communiqué conjoint adressé au PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, IndustriALL Global Union et l’ISP préviennent :

“Une résolution satisfaisante du conflit chez Luminus est pour nous une étape critique pour restaurer la confiance et remettre en place des conditions adéquates pour le dialogue social et l’établissement de relations sociales constructives au plan mondial.”

Los Mineros bouclent dix ans de grève contre Grupo Mexico

La durée des grèves de Cananea à Sonora, Taxco à Guerrero et Sombrerete à Zacatecas montre la résistance et la persévérance du syndicat des mineurs, Los Mineros, affilié à IndustriALL Global Union, dans la défense des droits des travailleurs.

Le 30 juillet 2007, les syndiqués ont entrepris une action au sein de trois mines gérées par Grupo Mexico, à la suite de problèmes de santé et sécurité à répétition. Un des pires incidents a été l’homicide industriel de Pasta de Conchos, le 19 février 2006, qui a provoqué la mort de 65 travailleurs et en a blessé 29 autres.

L’entreprise et le gouvernement n’ont pas, comme il convenait, enquêté sur les causes réelles de ce désastre, amené les coupables devant la justice, récupéré les dépouilles des victimes, ni indemnisé de manière équitable leurs familles.

De plus, le propriétaire de Grupo Mexico, German Larrea, a refusé de prendre des mesures pour améliorer la sécurité de la mine ou de se conformer aux instructions du ministère du travail. Comme on pouvait s’y attendre, d’autres accidents se sont produits. Un des plus récents est survenu le 6 août 2014, lorsqu’un déversement de matières toxiques dans le fleuve Sonora a causé des dommages à l’environnement et a sérieusement affecté la santé des communautés riveraines.

Les travailleurs et travailleuses grévistes protestent également contre le refus de l’entreprise de reconnaître le syndicat et les violations répétées des trois conventions collectives. Les travailleurs ont aussi dénoncé les attaques, soutenues par le gouvernement, de Grupo Mexico à l’encontre du syndicat.

À Sombrerete, par exemple, l’entreprise a essayé de faire passer la question de la responsabilité de la grève en arbitrage et a même mis en cause en plusieurs occasions la légitimité du syndicat en matière de négociation collective, mais elle a échoué dans ces tentatives.

Dans le cas de la grève chez Taxco, l’entreprise a essayé à deux reprises de faire résilier la convention collective pendant la grève, mais a échoué les deux fois. Elle a fait la même chose chez Cananea, où elle a demandé la résiliation de la convention collective au milieu de la grève sous prétexte de force majeure.

Dans aucun des trois cas, l’entreprise n’a cherché à résoudre les grèves par le biais de procédures de conciliation. Cependant, Los Mineros sont encore et toujours disposés à rechercher une solution négociée pour mettre un terme à ces grèves :

“Une fois encore, dix ans après le début de ces conflits, nous dénonçons l’entreprise pour son manque de principes et de valeurs et exigeons qu’elle rencontre nos revendications et recherche une solution négociée,”

a indiqué le syndicat dans un communiqué officiel.

Les Métallos USW, syndicat d’Amérique du Nord également affilié à IndustriALL, a exprimé son total soutien à Los Mineros :

“L’USW s’est tenu aux côtés de ses camarades mexicains tout au long de la décennie écoulée, collaborant avec eux pour construire une solidarité transfrontalière pour la défense des droits des travailleurs et en soutien aux communautés locales affectées. Nous maintiendrons notre solidarité jusqu’à ce que justice soit obtenue”.

Fernando Lopes, Directeur auprès d’IndustriALL Global Union, conclut :

“Au bout de dix ans, ces grèves jouissent d’un ferme soutien et les travailleurs et travailleuses restent unis derrière leur syndicat. IndustriALL soutient les luttes menées par Los Mineros et en appelle au gouvernement pour qu’il prenne des mesures pratiques en vue de trouver une solution à ces conflits”.

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Afrique du Sud: quatre travailleurs tués dans un accident minier

Les travailleurs ont été pris au piège au fond de la mine suite à une secousse sismique. L’accident s’est produit après que la direction de la mine ait passé outre les conseils en matière de sécurité émis par les ingénieurs géologues venus inspecter la mine quelques jours avant l’accident.

Les travailleurs effectuaient des heures supplémentaires lors de l’événement. Il est possible que la pression exercée sur eux pour atteindre les objectifs de production les ait forcés à travailler dans des conditions dangereuses. Le droit des travailleurs à refuser un travail dangereux a été souligné dans les campagnes syndicales.

L’affilié à IndustriALL, le Syndicat national des mineurs (NUM), a indiqué que l’accident, imputable à la négligence, aurait ainsi pu être évité, et s’est dit choqué par le nombre de mineurs tués dans les mines. Bien que ce nombre ait diminué au fil du temps, il craint cependant que cette tendance s’inverse.

Les quatre corps ont été retrouvés. Trois des mineurs étaient Sud-Africains, le quatrième était originaire du Lesotho. NUM a demandé au Département des ressources minières d’enquêter sur les circonstances de l’accident.

La santé et la sécurité au travail reste une préoccupation majeure dans les mines sud-africaines où 73 mineurs ont été tués en 2016 et 2 662 blessés. 30 des 73 mineurs décédés travaillaient dans des mines d’or, 27 dans des mines de platine  et 12 dans des mines de diamant, de chrome, de cuivre et de minerai de fer. Le nombre aussi élevé de mineurs décédés montre que l’atteinte de l’objectif « zéro blessure » dans les mines d’or profondes d’Afrique du Sud nécessitera plus de temps que prévu.

IndustriALL se joint à NUM pour présenter ses condoléances aux familles des travailleurs décédés, a déclaré Fabian Nkomo, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne:

« C’est avec consternation et tristesse que nous avons appris la mort des travailleurs à la mine d’or Tau Lekoa, notamment parce que ces décès auraient pu être évités. Les employeurs doivent garantir et donner la priorité à la sécurité des travailleurs dans les mines. Egalement, la direction des mines doit toujours veiller à garantir la sécurité des travailleurs. Respecter les dispositions de la Convention n° 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines ainsi que la Loi sur la sécurité était important ».

Serbie : fin de trois semaines de grève chez FIAT

Ceci fait suite à une action de grève sans précédent de trois semaines à l’usine de Kragujevac et à une mobilisation syndicale efficace qui a bénéficié du soutien et de la solidarité d’organisations syndicales apparentées de partout en Europe et au-delà.

Le 27 juin, 2000 travailleurs et travailleuses de la filiale serbe de Fiat Chrysler Automobiles et leurs syndicats ont pris la décision de faire grève après que leur appel à des négociations ouvertes en vue de trouver une solution par rapport à leurs conditions d’emploi de plus en plus difficiles est resté sans réponse.

Des négociations entre la direction de FIAT et les syndicats serbes ont débuté le 19 juillet avec la médiation de la Première Ministre serbe Ana Brnabic, les autorités publiques détenant un tiers des parts de FCA Srbija. Ces négociations sont intervenues après des appels répétés dans ce sens des syndicats et un ordre donné par l’inspectorat national du travail de se conformer aux lois serbes sur les grèves, que la direction locale de FCA avait violées.

IndustriALL Global Union et IndustriAll Europe ont affiché leur solidarité avec les travailleurs et travailleuses de FCA Srbija et leurs affiliés SSMS (Syndicat indépendant des métallurgistes de Serbie) et GS IER “Nezavisnost” (Syndicat des secteurs de l’industrie, de l’énergie et des mines) dans le cadre de leur combat pour des salaires et conditions de travail décents.

Des syndicats dans toute l’Europe (Italie, Autriche, République Tchèque, Allemagne, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, Slovénie, Espagne) et au-delà (par le biais du réseau syndical mondial FCA-CNH d’IndustriALL Global Union) ont exprimé leur soutien à leurs collègues de l’usine serbe et exhorté la direction du groupe au siège de FCA en Italie de s’assurer que les droits des travailleurs sont respectés et qu’un dialogue social digne de ce nom est ouvert avec les syndicats.

IndustriAll Europe et IndustriALL Global Union ont salué le fait qu’un dialogue social est finalement ouvert par suite des revendications des syndicats serbes, ce qui a permis aux négociations d’avoir lieu et de récolter pour les travailleurs de FCA Srbija ces premiers importants résultats :

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Valter Sanches a indiqué :

“Nous saluons l’esprit de lutte et la détermination de nos affiliés serbes au cours et à l’issue de ce conflit et notons l’importance de la solidarité internationale pour l’obtention de ce résultat. Nous attendons de la signature de cette convention qu’elle crée les fondements d’un authentique dialogue social.

“FCA Srbija doit maintenant s’engager à travailler avec les syndicats pour satisfaire les légitimes revendications et attentes des travailleurs et travailleuses.

“Une fois encore notre solidarité et notre soutien vont et iront à nos camarades de Serbie dans le cadre de leur combat pour de meilleures conditions de travail et de vie.”

La convention apporte de premières réponses à certaines de revendications les plus urgentes des travailleurs et travailleuses et jette les fondations d’un dialogue social qui se poursuivra après septembre avec des négociations en vue d’une convention collective de trois ans.

Luc Triangle, Secrétaire général d’industriAll Europe, a déclaré :

“Le combat contre le travail précaire et les inégalités salariales est une priorité absolue pour industriAll Europe. Nous ne pouvons plus accepter que des travailleurs et travailleuses qui font le même boulot pour la même entreprise à travers l’Europe aient des niveaux de salaires et des conditions de travail significativement différents. Nous saluons donc l’accord conclu chez FCA Srbija, qui représente un premier pas dans la bonne direction. Nous serons particulièrement attentifs à nous assurer que les futurs pourparlers prévus permettent à l’ensemble des travailleurs et travailleuses de FCA Srbija d’atteindre un niveau de vie décent.”