14 enseignes de l’habillement expriment leur soutien à une réforme des juridictions du travail au Mexique

Adidas, C&A, Inditex et Nike font partie des enseignes qui se sont écrire au Secrétaire d’État mexicain au Travail et à la Sécurité sociale, Alfonso Navarrete Prida, pour appeler à des améliorations des juridictions du travail et à des garanties pour les droits des travailleurs.

La réforme constitutionnelle abolit les commissions tripartites de conciliation et d’arbitrage (JFCA) et transfère leur rôle légal à une Haute Cour de Justice (Tribunal Superior de Justicia). Cela signifie que le système juridictionnel du travail ne sera plus directement contrôlé par le Président de la République, des gouverneurs d’États agissant en collusion et des syndicats manipulés par les employeurs.

L’institution indépendante et décentralisée sera composée d’experts qui enregistreront les syndicats et les conventions collectives de manière impartiale, transparente et efficace. Cette réforme va permettre de combattre l’un des problèmes les plus importants auxquels les travailleurs mexicains sont confrontés : les “contrats de protection”.

Au stade actuel, les JFCA permettent l’enregistrement de conventions collectives conclues par des syndicats non-représentatifs qui ne peuvent pas démontrer par le biais d’un processus démocratique qu’ils disposent du soutien légitime des travailleurs et travailleuses qu’ils sont censés représenter.

Ces enseignes de l’habillement soutiennent le respect des normes du travail reconnues au plan international et de la Législation fédérale du travail. Cette réforme va ouvrir pour les travailleurs la voie à une meilleure application de leurs droits à la liberté syndicale et à la négociation collective, tels que les protègent les Conventions 87 et 98 de l’OIT, et à un système juridictionnel du travail plus fort.

“Nous espérons que cette nouvelle législation garantira aux travailleurs et travailleuses mexicains le droit à être représentés au niveau des négociations collectives par un syndicat choisi librement et où toutes les règles de procédure, en particulier s’agissant du droit d’élire démocratiquement le syndicat et les délégués syndicaux de leur choix et de s’exprimer par scrutin à propos de toute convention collective avant qu’elle ne soit enregistrée, seront observées et respectées,”

indique le courrier.

La lettre commune est une initiative du Comité Mexicain, un forum multipartite qui comprend des marques internationales de vêtements qui produisent et/ou fabriquent des vêtements et des produits de chaussures au Mexique, la FLA, l'organisation syndicale internationale IndustriALL Global Union et la Maquila Réseau de solidarité (MSN).

Le Sénat a approuvé cette réforme constitutionnelle en octobre 2016. Le décret établissant la réforme de diverses dispositions de la Constitution a été publié au Journal officiel fédéral le 24 février. Un an après cette date, le gouvernement fédéral va promulguer pleinement ces changements constitutionnels, lorsqu’il aura terminé la rédaction des nécessaires projets concernant la législation dérivée.

“Il faut dès lors faire pression pour s’assurer que cette législation dérivée reflète pleinement les progrès réalisés par la réforme constitutionnelle,”

a déclaré Fernando Lopes, directeur auprès d’IndustriALL Global Union.

Lesotho: un syndicat maintient ses revendications salariales

Moleboheng Koqo, employée à l’usine textile Middle Sky, à Maseru, assistait au rassemblement.

« Nous sommes venus parce que nous voulons obtenir des hausses salariales qui améliorent la vie des travailleurs. Dans notre usine, nous revendiquons une hausse de 21 pour cent de nos salaires actuels qui sont de 106 US$. Nous demandons également le paiement de nos heures supplémentaires ».

Les femmes représentent plus de 90 pour cent des travailleurs du secteur du textile, dont les taux de rémunération sont bas, avec des salaires moyens inférieurs à 100 US$ par mois.

Figuraient parmi les revendications du syndicat émises lors de la manifestation, le paiement de salaires décents et à plein traitement des congés maternités, le doublement de la durée des congés maternité des travailleuses du textile de six à 12 semaines comme c’est le cas dans le service public, l’amélioration des conditions de santé et de sécurité, la sécurité de l’emploi, les droits des travailleurs, une meilleure résolution des conflits du travail et la création d’un tribunal des prud’hommes.

Les ministres des mines et de l’énergie ainsi que les petites entreprises, présents à l’événement, ont promis d’examiner les exigences du syndicat. Quelques semaines auparavant, ces mêmes demandes avaient été formulées auprès du Premier ministre du pays, Thomas Thabane.

Le rassemblement a été organisé dans le cadre du projet d’IndustriALL de renforcement des syndicats au Lesotho.

Tendai Makanza, coordinatrice pour l’Afrique subsaharienne du projet d’IndustriALL de renforcement des syndicats, a déclaré:

« Nous espérons que le gouvernement répondra aux revendications salariales à temps parce que les travailleurs sont à bout de patience. Le projet de renforcement des syndicats vise à mobiliser les femmes et à organiser leur autonomisation sur le lieu de travail ainsi qu’à obtenir l’égalité des sexes. Nous travaillons également à réactiver le comité des femmes d’IndustriALL ».

Pakistan : les démolisseurs de navires obtiennent une hausse salariale

L’explosion d’un pétrolier en 2016 sur le chantier de démolition navale de Gadani, au Pakistan, avait tué 26 travailleurs et en avait blessé 19 autres. En dépit de promesses de la part des employeurs, aucune amélioration des conditions de travail n’a été apportée depuis cette tragédie. Six autres travailleurs ont perdu la vie et bien davantage ont été blessés dans des accidents du travail, les salaires sont restés inchangés et il n’y a eu aucun progrès accompli s’agissant de l’inscription des travailleurs auprès de la sécurité sociale.

Le SBWUG avait donné un ultimatum aux employeurs, en appelant à une grève illimitée sur les chantiers de démolition navale à dater du 5 août si leurs revendications n’étaient pas rencontrées. Le syndicat a revendiqué une augmentation des salaires de 50%, une semaine de congés payés, la mise en œuvre du code de la démolition des navires, des mesures en matière de santé et sécurité, l’inscription auprès de l’institution en charge des prestations de vieillesse pour les salariés et la fourniture de cartes de sécurité sociale.

Un accord a été conclu le 4 août comportant une augmentation des salaires de 10% pour toutes les catégories de démolisseurs de navires. À l’avenir, en cas d’accident, les plaintes seront uniquement portées contre l’employeur ou la direction de l’entreprise et non contre les contremaîtres ou les personnes responsables des ouvriers.

Nasir Mansoor, président de la Fédération nationale des syndicats a déclaré :

“C’est une importante victoire pour les démolisseurs de navires. Les employeurs n’ont pas pris les problématiques au sérieux. Ce n’est qu’après que nous avons appelé à la grève que les employeurs sont venus à la table des négociations et ont accepté nos principales revendications.

“Cependant, il nous reste beaucoup de chemin à parcourir pour améliorer les conditions de travail au sein des chantiers de démolition navale. Nous avons besoin de la collaboration des autorités gouvernementales et des employeurs.”

Le chantier de démolition navale de Gadani au Pakistan, dans la province du Baloutchistan, est l’une des destinations principales pour les navires en fin de cycle en Asie du Sud. L’affilié d’IndustriALL NTUF a constitué le SBWUG et œuvre dans la région à l’amélioration des conditions de travail et de rémunération des démolisseurs de navires.

Les syndicats indiens appellent à une mobilisation massive contre les politiques anti-travailleurs du gouvernement Modi

Une convention nationale qu'avaient organisée, le 8 août à Delhi, dix centrales syndicales en association avec toutes les fédérations nationales de travailleurs indépendantes de l'industrie et des services, a exprimé ses vives préoccupations devant les politiques du gouvernement Modi qui privilégient les entreprises au détriment de la population. 

La convention a adopté un programme d'action en quatre points, avec notamment une campagne massive de mobilisation des travailleurs dans tout le pays et trois journées de manifestations à Delhi du 9 au 11 novembre 2017, ainsi que la préparation à une action de grève d'ampleur nationale et à durée illimitée contre les politiques du gouvernement dirigées contre les gens.

Elle affirme dans une déclaration que le chômage s'aggrave avec des réductions draconiennes des dépenses sociales, une hausse des prix des denrées de base et un appauvrissement croissant des travailleurs du secteur non organisé.

Le gouvernement Modi fragilise le dialogue social en refusant d'appliquer les recommandations de consensus sur l'égalité de salaires et de prestations pour les travailleurs contractuels et sur les normes de salaire minimum énoncées par plusieurs Conférences indiennes du travail, le forum qui chapeaute le dialogue social dans le pays.

Les syndicats condamnent les réformes de la législation du travail hostiles aux travailleurs. Ils s'opposent à la volonté du gouvernement de modifier le code de la sécurité sociale en démantelant l'infrastructure existante et en usurpant l'énorme fonds de sécurité sociale constitué par les travailleurs et qui représente maintenant plus de 300 milliards de dollars, pour l'offrir à la spéculation sur le marché des actions sous le prétexte d'une "universalisation de la sécurité sociale".

G. Sanjeeva Reddy, le Président de notre affilié INMF et de la centrale nationale INTUC, qui est aussi membre du Comité exécutif d'IndustriALL, a déclaré :

"Le mouvement syndical indien est très uni. Les politiques anti-travailleurs du gouvernement Modi forcent les syndicats à lancer des actions de protestation collective pour préserver les intérêts de la classe laborieuse. Le mouvement syndical poursuivra le combat."

Les dix centrales syndicales organisatrices de la convention sont : INTUC, AITUC, HMS, CITU, AIUTUC, TUCC, SEWA, AICCTU, UTUC et LPF.

Une mission d'IndustriALL en Indonésie constate une crise des droits humains pour des travailleurs licenciés

Plus de 4.200 travailleurs de PT Freeport, du groupe américain Freeport-McMoRan, qui exploite la gigantesque mine d'or et de cuivre de Grasberg, en Papouasie occidentale, ont été renvoyés pour fait de grève, et 300 autres, de PT Smelting à Gresik, ont été renvoyés pour le même motif en janvier.

Cette mission qui a duré du 8 au 11 août, était composée de hauts responsables d'affiliés d'IndustriALL d'Australie (AWU et CFMEU), des Pays-Bas (FNV), d'Amérique du Nord (USW) et d'Afrique du Sud (NUM).

Elle a rencontré des dirigeants des syndicats indonésiens CEMWU SPSI, FPE SBSI et FSPMI, du ministère de la Main-d'œuvre et du ministère des Ressources minérales et énergétiques, ainsi que la direction de PT Freeport, et aussi de Rio Tinto qui a une participation dans la mine. PT Smelting, détenue en majorité par le japonais Mitsubishi et dont PT Freeport détient 25%, a refusé toute entrevue.

Les membres de la mission ont entendu des témoignages graves sur le traitement des travailleurs de PT Freeport, dont la direction dit qu'ils ont "démissionné volontairement" :

"La mission a été informée qu'après avoir licencié les travailleurs, l'entreprise les a fait expulser de force de ses logements, leur refuse l'accès à ses hôpitaux et ses écoles, et s'est entendue avec les banques locales pour qu'elles leur refusent tout crédit. Nous avons été bouleversés d'apprendre que plusieurs travailleurs et membres de leurs familles étaient décédés par manque de soins médicaux qu'on leur avait refusés. Beaucoup de travailleurs qui ont perdu leur logement vivent maintenant sous tente ou dans les locaux du syndicat", écrit la mission d'IndustriALL dans une déclaration du 11 août.

"PT Freeport et PT Smelting ont traité de manière inhumaine et avec mépris les travailleurs qu'elles ont licenciés. PT Smelting a refusé de verser les salaires et les prestations des travailleurs malgré une note du ministère de la Main-d'œuvre de la province lui demandant de le faire, tandis que leur syndicat conteste les licenciements devant les tribunaux. Elle a aussi refusé à plusieurs reprises de rencontrer le syndicat des travailleurs, FSPMI, pour trouver une solution négociée au conflit. Le FSPMI indique que, lors des audiences du tribunal, les travailleurs licenciés sont traités plus mal que des terroristes, gardés par des policiers armés et équipés de bombes lacrymogènes. Il s'agit là de violations flagrantes des droits des travailleurs de s'organiser, de négocier collectivement et de faire grève inscrits dans les conventions de l'OIT", poursuit cette déclaration.

Lors d'entrevues avec des représentants des ministères de la Main-d'œuvre et des Ressources minérales et énergétiques, le 9 août, les membres de la mission leur ont demandé de redoubler d'efforts pour obtenir un règlement des conflits chez PT Freeport et PT Smelting.

Ils ont aussi exhorté les deux entreprises à réintégrer sur-le-champ tous les travailleurs qu'elles ont licenciés, puis à négocier des solutions équitables sur les questions qui ont poussé les travailleurs à se mettre en grève au départ.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"Il ne s'agit pas de simples conflits du travail, il ne s'agit pas simplement de violations du droit de grève, c'est une crise des droits de l'homme. PT Smelting n'a pas versé aux grévistes les salaires et les prestations auxquels ils ont droit depuis six mois et les familles souffrent. PT Freeport veut frapper durement les grévistes, leurs familles et leurs communautés pour briser la grève. Cela ne peut continuer. Nous exhortons les deux entreprises à réintégrer leurs travailleurs et à entamer d'urgence des négociations avant que la situation se dégrade davantage. Entretemps, IndustriALL va étudier avec ses affiliés du monde entier les possibilités d'intensifier son soutien et d'accroître les pressions sur les deux entreprises."

Lire la version intégrale de la déclaration ici. 

Les fédérations syndicales internationales appellent à la libération du dirigeant syndical en Biélorussie

Dans leur courrier au Président biélorusse, les fédérations syndicales internationales indiquent que le travail des organisations syndicales du pays est en danger après que les autorités ont mené des raids dans de nombreux locaux syndicaux et saisi des disques durs d’ordinateur ainsi que des biens personnels de dirigeant syndicaux. De plus, le chef-comptable du syndicat REP, Ihar Komlik, a été arrêté.

La CSI et IndustriALL ont déclaré : “Nous avons de sérieuses raisons de penser que ces actions sont destinées à saper les activités du mouvement syndical indépendant en Biélorussie en représailles à la posture civique active des dirigeants syndicaux et aux activités des syndicats indépendants en vue de protéger les intérêts économiques et sociaux de la population active de la République de Biélorussie.”

Les fédérations syndicales internationales ont qualifié ces récentes attaques contre des dirigeants syndicaux et leurs organisations de la part des autorités biélorusses d’“ingérence dans les affaires internes des syndicats, ce qui constitue une grave violation de la Convention n° 87 de l’OIT sur la Liberté syndicale.”

Les fédérations syndicales internationales exigent du gouvernement qu’il "arrête les ingérences des structures de l’État dans les affaires des syndicats REP et BNP et adopte des mesures urgentes afin d’assurer des conditions normales pour le travail des organisations syndicales conformément aux obligations de la République de Biélorussie en vertu de la Convention n° 87 de l’OIT.”

La CSI et IndustriALL ont également protesté fermement et exigé "la libération immédiate d’Ihar Komlik, l’arrêt des poursuites criminelles à l’égard de Gennady Fedynich et Ihar Komlik, dirigeants du syndicat biélorusse REP et le retrait de toutes les accusations sans fondements portées contre eux.”

Dans ce courrier, IndustriALL et la CSI se réservent le droit d’informer l’Organisation internationale du Travail, l’Union européenne et d’autres institutions internationales compétentes des violations en cours.

Les syndicats irakiens exhortent le parlement à rejeter le projet de loi sur la sécurité sociale

La législation proposée a été approuvée par le cabinet irakien le 1er août et est soumise dans la précipitation au parlement sous la pression de la Banque mondiale qui conditionne des prêts de plusieurs millions à une diminution des dépenses publiques. Le gouvernement irakien a ignoré les commentaires et les objections au projet de loi sur la sécurité sociale de la part des syndicats et de groupements de la société civile.

Les syndicats irakiens, sous l’égide de la Conférence des Fédérations et Syndicats ouvriers irakiens, appellent à une nouvelle loi sur la sécurité sociale qui offre une protection sociale exhaustive pour le peuple irakien afin de promouvoir la stabilité sociale en temps de crise.

Des milliers de citoyens irakiens ont été déplacés en raison du conflit interne et le récent déclin des prix du pétrole a approfondi la crise économique dans le pays, contribuant à une hausse du chômage et du travail précaire. En conséquence, des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses ainsi que leurs familles vivent dans la pauvreté.

"Ce projet de loi est contraire aux normes et conventions internationales et a été dicté par la Banque mondiale pour obtenir d’elle des prêts. Ceux-ci feront couler l’Irak. L’adoption de cette loi conduirait à l’augmentation de la pauvreté parmi les Irakiens, alors qu’ils vivent dans l’un des pays du monde possédant les plus grandes richesses pétrolières,” indique Hashmeya Alsaadawe, Présidente du Syndicat général des Ouvriers et Techniciens de l’Électricité et membre du Comité exécutif d’IndustriALL.

La situation économique précaire en Irak a accru la pression sur un système de sécurité sociale relativement faible, ce qui souligne le besoin d’en étendre la couverture plutôt que de la réduire, indiquent les syndicats.

Les syndicats s’opposent à un projet de loi sur la sécurité sociale qui :

La Conférence a appelé le Ministère irakien du Travail et des Affaires sociales à entamer d’urgence un dialogue social avec les syndicats afin de débattre de la proposition législative.

Dans un courrier aux membres du parlement d’Irak, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, écrit :

“IndustriALL exhorte le parlement irakien à renvoyer le projet de loi au gouvernement pour qu’il puisse être discuté avec les syndicats irakiens et toutes les parties prenantes concernées, dans le cadre d’un processus de consultation adéquat. De plus, IndustriALL appelle le gouvernement à s’assurer que toute nouvelle législation sur la sécurité sociale soit en conformité avec les normes internationales du travail, en particulier la Convention n° 102 concernant la sécurité sociale et la Recommandation n° 202 sur les socles de protection sociale.”

Afrique du Sud : Le NUM manifeste contre des plans de destruction de 8.500 emplois chez AngloGold Ashanti

Le syndicat appelle le gouvernement à intervenir en appliquant les politiques de protection de l'emploi dans des secteurs importants de l'économie tels que la mine, la construction et l'énergie.

Les compagnies n'ont pas tenu compte d'un accord qui garantit la protection de l'emploi, ce qui a amené le NUM à réclamer notamment un mois de salaire par année d'ancienneté à titre de prime de licenciement.

Le NUM a exhorté les compagnies minières d'Afrique du Sud à trouver des solutions pour sauver l'emploi, en particulier dans un contexte dans lequel 70.000 emplois au moins ont été perdus dans les mines au cours des cinq dernières années, selon la Chambre des Mines.

En plus de ce projet de suppressions chez AngloGold Ashanti, près de 6.000 travailleurs devraient voir leurs emplois disparaître chez Bokoni Platinum, dont la moitié d'emplois contractuels. Par ailleurs, Sibanye Gold a annoncé un plan de suppression de 10.000 postes tandis que, plus tôt dans l'année, le sud-africain Anglo American Platinum disait s'attendre à supprimer jusqu'à 2.000 emplois dans ses mines d'Union et de Twickenham.

"Le NUM condamne fermement ces entreprises irresponsables. Ce bain de sang social est incontestablement une attaque contre la classe ouvrière, les communautés et les démunis, une attaque frontale contre les mineurs en particulier," peut-on lire dans un communiqué du syndicat.

Pour le NUM, le seul souci des compagnies minières est d'accroître leurs profits et de mécaniser les mines sans se préoccuper de la sécurité d'emploi ou du recyclage des travailleurs. Ces réductions d'effectifs arrangent bien les entreprises qui disent souvent essuyer des pertes pour justifier leur décision, même lorsqu'elles ont fait des bénéfices l'année précédente. Les compagnies minières ne sont pas socialement responsables lorsqu'il s'agit des droits des travailleurs et de leur bien-être, affirme le NUM.

L'activité minière est en déclin en Afrique du Sud, certaines mines voient leurs filons s'épuiser, descendent plus bas avec des risques accrus. On estime que les gisements aurifères d'Afrique du Sud seront épuisés dans les trente prochaines années.

Glen Mpufane, le directeur en charge des mines chez IndustriALL, a déclaré : "Nous sommes vivement préoccupés par l'ampleur des pertes d'emplois proposées par AngloGold Ashanti, qui auront des conséquences désastreuses pour les communautés de travailleurs d'Afrique du Sud. En 2015, AngloGold Ashanti a dénoncé unilatéralement l'accord-cadre mondial qui nous liait à elle. Cela ne fait que renforcer notre détermination à unir les travailleurs par-delà les frontières pour faire front contre cette entreprise.

Des travailleurs du textile de Haïti dénoncent des violations des conventions de l’OIT

Les organisations ouvrières de Haïti, dont le syndicat GOSTTRA, affilié à IndustriALL Global Union, mènent des actions depuis mai pour revendiquer leurs droits. Cependant, les employeurs ont pris des mesures de représailles en réponse aux dénonciations de ces injustices et aux revendications pour un emploi décent.

Le syndicat GOSTTRA indique que Interamerican Wovens (IW) et Sewing International SA (SISA) refusent de négocier des conventions qui amélioreraient les salaires et les conditions de travail, alors même que ces entreprises sont bien conscientes du coût élevé de la vie.

Le syndicat indique encore que les protestations ont mené à une répression policière brutale, à la confiscation des téléphones de membres, à de mauvais traitements sur des femmes enceintes et au renvoi de nombre de travailleurs et travailleuses ayant pris part à des actions syndicales.

Les syndicats ont décidé de solliciter une réunion avec le Président Jovenel Moïse ce 20 juillet au Palais national pour tenter d’identifier les problèmes qui affectent la branche textile et leur chercher des solutions.

Le Président Moïse s’est déclaré surpris d’apprendre que les conditions faites aux travailleurs et travailleuses au sein des zones franches étaient inacceptables et a promis des prestations de sécurité sociale pour leur venir en aide.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit aux directeurs des sociétés IW et SISA, Gilbert Durand et Alain Vilard, pour condamner les manœuvres anti-syndicales et les graves violations des droits à la liberté syndicale (C87) et à la négociation collective (C98) de la part de leurs entreprises :

“Nous devons vous rappeler que Haïti, en ratifiant les Conventions de l’OIT 87 et 98, a pris l’engagement de respecter et mettre en œuvres ces conventions. De la même manière, votre entreprise, en adhérant au programme Travailler mieux, s’est également engagée à respecter toutes les conventions fondamentales de l’OIT.” Il ajoute :

“IndustriALL Global Union affirme sa solidarité avec la lutte de ses collègues haïtiens et va soutenir leurs organisations syndicales et leur porter assistance dans le cadre de toutes les actions intentées aux niveaux national et international pour défendre leurs droits.”

Le combat des syndicats nigérians du pétrole et du gaz contre le travail précaire

Le combat contre le travail précaire que livrent le Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz naturel (NUPENG) et l'Association des cadres du pétrole et du gaz naturel (PENGASSAN) est une tâche ardue qui se heurte à l'opposition systématique des multinationales du secteur. 

Le projet syndical en place au Nigeria, soutenu par les affiliés d'IndustriALL FNV (Pays-Bas), CSC-BIE (Belgique) et FCE-CFDT (France), s'inscrit dans un projet plus vaste sur le travail précaire concernant aussi le Cameroun et le Sénégal. Il a parrainé, en juillet 2017 à Lagos, un atelier du NUPENG et de la PENGASSAN visant à renforcer la capacité des recruteurs et des délégués d'atelier à organiser les travailleurs précaires.

Tant le NUPENG, qui représente les salariés subalternes, que la PENGASSAN, qui représente les cadres, combattent depuis longtemps le travail occasionnel et contractuel dans l'industrie pétrolière et gazière du Nigeria. Les grandes multinationales du secteur présentes dans le pays, dont Royal Dutch Shell, ConocoPhillips, ExxonMobil, Chevron et Agip, ont commencé à externaliser les emplois dans les années 1980 et 1990. Aujourd'hui, les travailleurs intérimaires et externalisés représentent la majorité de la main-d’œuvre du secteur.

Une tâche herculéenne

La syndicalisation des travailleurs précaires dans la chaîne d'approvisionnement du pétrole et du gaz au Nigeria est une tâche colossale. Les multinationales et leurs sous-traitants empêchent les travailleurs de se syndiquer, tandis que des associations communautaires négocient le recrutement et les promotions de leurs membres dans les compagnies pétrolières par le biais d'intermédiaires, ce qui a pour effet, indirectement, d'affaiblir les syndicats. Les entreprises du secteur recourent à un nombre croissant de sous-traitants, ce qui fragmente la main-d’œuvre. Certains sous-traitants ne sont rien de plus que des sociétés de façade et échappent à leurs obligations légales. Pire encore, les recruteurs sont victimes d'agressions et parfois d'enlèvements.

Les multinationales ont remplacé l'emploi direct par des contrats avec des tiers, supprimant ainsi la sécurité de l'emploi et les prestations liées à l'emploi permanent, ce qui contribue à appauvrir davantage encore les travailleurs. En outre, ces contrats ne sont conclus que pour trois mois et les travailleurs hésitent à se syndiquer de peur de représailles et de voir leur contrat non reconduit. En fait, ces multinationales, agissant de mèche avec des tiers, cherchent à contourner la législation du travail nigériane et à limiter le droit des travailleurs de se syndiquer. Il est difficile de contester ce système de travail contractuel en raison de l'inefficacité du système judiciaire nigérian et de l'arriéré judiciaire des juridictions du travail.

Faute d'investissements, les capacités de raffinage du Nigéria sont obsolètes, ce qui veut dire que des emplois sont perdus au profit de l'étranger et les raffineries contrôlées par l'État tournent à moins de 30 pour cent de leur capacité. Les emplois disparaissent aussi dans la pétrochimie en raison de conflits sociaux et politiques incessants, d'activités criminelles qui endommagent les oléoducs et de l'agitation sociale dans tout ce qui touche au pétrole.

Un coup de frein aux externalisations

Dans un but d'entraide en matière de syndicalisation des travailleurs intérimaires et externalisés du secteur pétrolier et gazier, les syndicats ont créé une plateforme commune baptisée NUPENGASSAN. Ce projet a permis aux deux syndicats de recruter des dizaines de travailleurs précaires dans les secteurs en amont et en aval de l'industrie. Ils ont aussi réussi à obtenir des emplois permanents pour 200 travailleurs contractuels en 2016. La solidarité des travailleurs dans la chaîne d'approvisionnement a aussi joué un rôle en permettant au NUPENG d'apporter son soutien à la syndicalisation de travailleurs contractuels. Par exemple, le NUPENG a mobilisé les chauffeurs de camions-citernes qui ont bloqué des entreprises qui s'opposaient aux efforts des syndicats pour organiser les travailleurs contractuels. Grâce à leur action, les directions de ces sociétés ont finalement accepté de reconnaître les syndicats.

La négociation collective au niveau de l'entreprise est la formule qui prévaut dans l'industrie pétrolière et gazière du Nigeria et, de ce fait, les multinationales du secteur refusent de reconnaître aux travailleurs contractuels le droit d'être protégés par les conventions collectives conclues pour les salariés directs. Par exemple, la PENGASSAN et Shell Nigeria ont une convention qui ne couvre que les travailleurs des activités de base de l'entreprise (4.500 salariés permanents); or, l'entreprise emploie plus de 50.000 travailleurs contractuels. Pour enrayer cette pratique, la PENGASSAN et le NUPENG ont imposé une négociation collective multipatronale avec les divers sous-traitants des différentes multinationales.

Les deux syndicats réclament la création de forums de pourvoyeurs de main-d’œuvre dans les sociétés du secteur en amont. Ces forums sont des organes-cadres dans lesquels, dans les entreprises concernées, les sous-traitants négocient avec le syndicat représentant les travailleurs contractuels. Dans les secteurs en aval, les syndicats mènent aussi des négociations multipatronales avec des associations de distributeurs.

Le chômage élevé que connaît le Nigeria facilite la tâche des entreprises du secteur pétrolier et gazier qui veulent exploiter les travailleurs. Des milliers travaillent sans contrat d'emploi depuis des années pour des sous-traitants de multinationales. Les disparités entre les conditions de travail des salariés et des travailleurs précaires sont énormes. Le personnel de base bénéficie de nombreuses prestations comme la gratuité des soins médicaux, les indemnités de maternité, la prime de Noël, les allocations de congé, une participation aux bénéfices, une prime de rendement et une indemnité de logement. En revanche, il peut arriver que des travailleurs précaires ne gagnent pas plus de 10 pour cent du salaire des salariés permanents alors qu'ils effectuent un travail équivalent. La plupart ne bénéficient pas de la gratuité des soins ni d'un plan de pension et ils n'ont pas les mêmes protections en matière de santé et de sécurité.

Sous la pression constante de la PENGASSAN et du NUPENG, le ministère fédéral du Travail et de la Productivité a adopté en 2011 des Principes directeurs sur les questions d'administration du travail pour l'embauche contractuelle et l'externalisation dans le secteur du pétrole et du gaz. Bien que ces principes directeurs n'aient pas été publiés officiellement en raison de la chute du gouvernement, ils restent une référence pour les syndicats. Ils comportent notamment des dispositions relatives à la limitation de l'externalisation des fonctions non essentielles, au respect des conventions collectives et imposent la négociation collective entre les sous-traitants et leurs salariés. Ils stipulent également que le personnel contractuel lié par contrat d'emploi ou de travail devra être membre du NUPENG ou de la PENGASSAN. Les deux syndicats continuent de se battre pour que ces principes directeurs soient adoptés par le gouvernement mais les progrès sont d'une extrême lenteur.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, déclare :

"La manière dont les travailleurs contractuels sont exploités dans la chaîne d'approvisionnement du pétrole et du gaz au Nigeria est inacceptable.

Malheureusement, l'emploi précaire ne cesse de gagner du terrain, mais nous continuerons à soutenir nos affiliés, comme le NUPENG et la PENGASSAN, partout dans le monde, pour y mettre fin. Nos réseaux syndicaux des secteurs du pétrole et du gaz donnent la priorité de leur action à la lutte contre le travail précaire. Ils prendront une part active à la protestation contre le travail précaire que lancera IndustriALL en octobre 2017 par un appel à une journée d'action mondiale."